Prêtre aujourd'hui, 1 octobre 1961, octobre
^7 Octobre 1961 Vol.XI No 8 JL encyclique il Cater et ntaglsli*a Paul-Emile Pelletier, o.m.i.• Un cas concret de financement d'une "mise en foyer" M.et Mme Jean-Marc LeBeau • Domrémy, espoir des alcooliques Yvon Isabelle, o.m.i.Rédaction et Administration 6901, rue St-Denis, Montréal-10, Que. 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"CROQUETTE" BISCUITS GATEAUX TARTES 4!0> Choisissez un Stuart.il est plus succulent I _m— sommaire Volume XI No 8 Octobre 1961 Prêtre, AUJOURD'HUI HORIZON L'encyclique Mater et Magistra Paul-Emile Pelletier ,o.m.i.307 PASTORALE Un cas concret de financement d'une "mise en foyer" .M.et Mme Jean-Marc LeBeau 311 Le prêtre face au problème de la fécondité II — Le problème vu dans l'optique du prêtre .Jules Parenteau, ptre 316 Une belle expérience de J.O.C.missionnaire .Roger Poirier, o.m.i.326 Domrémy, espoir des alcooliques .Yvon Isabelle, o.m.i.334 PREDICATION Récollection sur la charité.Roger Poirier, o.m.i.339 VOIX DE L'EGLISE Nos responsabilités sociales .Déclaration de la commission épiscopale d'action sociale à l'occasion de la fête du travail 342 La femme et la vie sociale .S.S.Jean XXIII 346 VIE DES MOUVEMENTS .349 "Prêtre, aujourd'hui" est sous la responsabilité des Aomôniers nationaux et diocésains d'Action Catholique Ouvrière Redaction et administration: 6901 rue St-Denis, Montréal 10, P.Q.Canada Directeur et Rédacteur: R.P.Roger Poirier, o.m.i.Avec autorisation de l'Ordinaire — Abonnement régulier: $3.00 Ûïe£gE$a»S 2 Horizon jL encyclique ((Later el KLaaisl agistra Paul-Emile Pelletier, O.M.I.A l'occasion du 70e anniversaire de Rerum Novarum, le Pape Jean XXIII vient de promulguer une encyclique sociale d'une rare envergure: Mater et Magistra.Déjà des commentaires nombreux et élo-gieux de toutes sortes ont été publiés dans journaux et revues.Soulignons en particulier la magnifique étude de M.Claude Ryan secrétaire de l'Action Catholique Canadienne publiée en introduction du texte de l'Encyclique des Editions du Jour.Situant la nouvelle encyclique face aux deux documents pontificaux qui l'ont précédée, M.Ryan en fait ressortir les aspects les plus riches et nous donne dès le départ certaines lignes de fond qui facilitent grandement l'intelligence du texte lui-même.En guise d'hommage de notre revue pastorale à cet événement ecclésial de première grandeur, nous voudrions nous arrêter à certaines consignes contenues dans Mater et Magistra quitte à reprendre plus tard l'un ou l'autre des chapitres où le Pape Jean XXIII "rappelle et précise" des points de la doctrine sociale de l'Eglise.Si le document veut rejoindre "tous les hommes de bonne volonté", il n'en reste pas moins que les premiers intéressés, ce sont les prêtres et les militants d'Action Catholique.Depuis un certain temps, les préoccupations d'ordre social et communautaire ont davantage pénétré le champ de la pastorale.Pourtant le Pape Pie XII ne craignait pas d'affirmer, le 23 septembre 1950, 307 dans son exhortation au clergé, qu'ils "ne sont pas rares les prêtres qui se montrent timides et incertains" en face des problèmes sociaux de l'heure présente."Il est cependant indispensable, ajoute Jean XXIII, aujourd'hui plus que jamais, que cette doctrine soit connue, assimilée, traduite dans la réalité sociale sous les formes et dans la mesure que permettent ou réclament les situations diverses".Et il ajoute aussitôt: "Nous réaffirmons que la doctrine sociale chrétienne est partie intégrante de la conception chrétienne de la vie." D'où il ressort trois devoirs bien précis où nous, les prêtres, nous avons nos responsabilités propres.Si la "consecratio mundi" est pour l'essentiel, l'oeuvre propre des laïcs, si les tâches temporelles sont de leur ressort, il reste que nous avons une immense tâche d'éducation qui nous revient.1.- INSTRUCTION La première tâche sera donc de faire connaître cette doctrine sociale dans ses principes de base et dans ses applications à notre temps."Nous insistons, dit le Pape Jean XXIII,pour que l'on en étende l'enseignement dans des cours ordinaires, et en forme systématique, dans tous les séminaires, dans toutes les écoles catholiques à tous les degrés.Elle doit de plus être inscrite au programme d'instruction religieuse des paroisses et des groupements d'apostolat des laïcs; elle doit être propagée par tous les moyens modernes de diffusion." Le Pape ne s'arrête pas à cette sorte d'enseignement théorique, il fait appel aux laïcs en leur enjoignant de donner un témoignage qui souvent gagnera l'adhésion des esprits plus sûrement que tout autre moyen."Qu'ils n'oublient pas que la vérité et l'efficacité de la doctrine sociale catholique se prouvent surtout par l'orientation sûre qu'elle offre à la solution des problèmes concrets." 2.- EDUCATION Le Pape est conscient que dans ce domaine social, il faut plus qu'une simple connaissance des principes et des applications possibles.Aussi insiste-t-il sur la nécessité d'entraîner les chrétiens aux vertus sociales essentielles à la mise en pratique de la doctrine sociale de l'Eglise.Et il nous avertit que ce n'est pas une tâche facile."Le passage de la théorie à la pratique, dit-il, est de soi difficile.Il l'est d'autant plus qu'il s'agit de traduire en termes concrets une doctrine sociale comme la doctrine chrétienne." Il ajoute trois cause qui rendent ce travail ardu: — l'égoïsme profondément enraciné dans les hommes, 308 — le matérialisme où baigne la société moderne, — les difficultés à découvrir avec clarté et précision les exigences objectives de la justice dans les cas concrets.Mais le Pape ne se contente pas d'indiquer un devoir, il prône une méthode d'éducation sociale, méthode qui consacre celle que nous utilisons dans nos mouvements d'Action Catholique spécialisée."L'éducation à l'action chrétienne, même en matière économique et sociale, sera rarement efficace, si les sujets eux-mêmes ne prennent pas une part active à leur propre éducation et si l'éducation ne se réalise dans l'action." "L'éducation à l'action chrétienne en matière économique et sociale ne s'acquiert que par l'action chrétienne concrète en ce domaine." Le Pape continue plus loin en détaillant davantage les éléments de cette méthode active qu'il suggère comme moyen de base de l'éducation sociale.Il explique "ces trois moments que l'on a l'habitude d'exprimer par les mots: voir, juger, agir." On comprend pourquoi le Souverain Pontife fait un appel spécial aux organismes d'apostolat des laïcs."C'est pourquoi dans l'éducation sociale, une tâche importante est réservée aux Associations et aux organisations d'apostolat des laïcs, à celles en particulier qui se proposent comme objectif propre l'animation chrétienne, de quelque secteur d'ordre temporel." Il apporte aussitôt une explication qui fait penser à la place importante occupée par la revision de vie dans nos mouvements d'Action Catholique ouvrière."En effet beaucoup des membres de ces associations peuvent utiliser leurs expériences quotidiennes pour s'éduquer toujours mieux et contribuer à l'éducation sociale des jeunes." 3.- ACTION MULTIPLE ET RESPONSABILITÉ DU LAICAT C'est la troisième consigne du Pape Jean XXIII."Cette tâche, dit-il, concerne surtout nos fils du laïcat, puisque habituellement, ils s'adonnent en vertu de leur état de vie à des activités et à des institutions à contenu et finalité temporels." Deux conditions sont nécessaires à l'accomplissement de cette tâche: a — Qu'ils soient "compétents dans leur profession et exercent leurs activités temporelles selon les lois naturelles qui conduisent efficacement au but." b — "Que ces activités s'exercent dans la mouvance des principes et des directives de la doctrine sociale chrétienne, dans une attitude de confiance sincère et d'obéissance filiale envers l'autorité ecclésiastique." Le Pape invite donc les laïcs chrétiens à "renouveler et accentuer leur engagement chrétien dans le monde." 309 Car "l'Eglise affronte aujourd'hui une tâche immense: donner un accent humain et chrétien à la civilisation moderne, accent que cette civilisation même réclame, implore presque, pour le bien de son développement et de son existence même." Il rappelle en même temps le contraste souligné par le Pape Pie XII entre l'immense progrès scientifique et technique et le recul effrayant de l'humanité.L'Eglise redonnera cet accent humain et chrétien à notre monde moderne "surtout par le moyen de ses fils, les laïcs." L'Encyclique "Mater et Magistra" vient remettre en lumière le rôle irremplaçable des laïcs sur le plan social, profane, temporel.Mais en même temps, elle nous permet une nouvelle prise de conscFence de nos responsabilités sacerdotales dans ce domaine difficile et indispensable de l'éducation sociale de nos laïcs.• • • OH! CHARITÉ! LUI ET MOI, N'EST-CE PAS ETRANGE?Quand lui n'achève pas son travail, je me dis: il est paresseux.Quand moi, je n'achève pas mon travail: c'est que je suis trop occupé, trop surchargé.Quand lui parle sur quelqu'un, c'est de la médisance.Quand moi je le fais, c'est de la critique constructive.Quand lui tient à son point de vue, c'est un entêté.Quand moi je tiens à mon point de vue, je suis ferme.Quand lui ne me parle pas, c'est un affront.Quand moi, je ne lui parle pas, c'est un simple oubli.Quand lui prend longtemps à faire quelque chose, il est lent.Quand moi je prends longtemps à faire quelque chose, je suis soigneux.Quand lui est aimable, il doit avoir une idée derrière la tête.Quand moi je suis aimable, je suis vertueux.Quand lui voit les deux aspects d'une question, il est opportuniste.Quand moi je vois les deux aspects d'une question, je suis large d'esprit.Quand lui est rapide pour faire quelque chose, il est négligé.Quand moi je suis rapide pour faire quelque chose, je suis habile.Quand lui fait quelque chose sans qu'on le lui dise, il ne se mêle pas de ses affaires.Quand moi je fais quelque chose sans qu'on me le dise, j'ai de l'initiative.Quand lui défend ses droits, c'est un mauvais esprit.Quand moi je défends mes droits, je montre du caractère."OUI C'EST BIEN ETRANGE!" Y.BLONDEL 310 X Vamorale Un cas concret de financement dune "Mise en foyer" M.et Mme Jean-Marc LeBeau Quelques mois d'expérience et plusieurs contacts avec la catégorie des jeunes foyers donnent suffisamment de matière pour rédiger un article.Les lignes qui suivent veulent simplement être un fait concret de la vie d'un jeune foyer parmi des centaines.Certes, il y aura des nuances à placer ici ou là.Permettez-nous de conseiller de placer les nuances après vérification avec la vie d'un jeune ménage de votre connaissance.Il aurait été préférable de présenter cet article en l'appuyant sur un sondage.Dans le milieu, nous entendons dire: "Ça coûte cher" "J'avais jamais pensé que." "On n'est pas capable d'arriver" etc.Rares sont ceux qui peuvent dire: combien ça coûte pour vivre?Après ces quelques mots nous vous livrons d'abord le coût de notre mariage, le coût des premiers mois de ménage, et quelques réflexions personnelles.1.- LE COUT DU MARIAGE Le coût du mariage ne signifie pas uniquement "l'achat des meubles".Il comprend une série de dépenses qui s'échelonnent de la période des fiançailles à quelques mois si non une année après le mariage.Il s'agit aussi d'établir la sécurité à court et à long terme du nouveau foyer (assurance maladie, assurance vie, etc).311 a) Fiançailles et préparation au mariage Alliance (bagues et joncs) $183.20 Cours de Préparation au Mariage 10.00 Retraite fermée 20.00 Examens médicaux 18.00 Livres 12.00 Taxi, téléphones etc.19.00 $262.20 b) Cérémonie du mariage et réception Honoraires à l'église $ 50.00 Réception (55 invités) 138.15 Gateaux de noce 18.00 Fleurs (à l'église et pour les mariés) 23.00 Photos et films 64.00 Taxi 10.00 Livrets pour la messe 6.00 $309.15 c) Voyage de noce (6 jours) Transport $ 6.00 Souvenirs (cadeaux, etc.) 49.00 Chambre et pension 106.00 Films et photos 17.00 $178.00 d) Le mobilier Chambre à coucher (lit, bureaux, sommier, matelas) $300.00 Set de cuisine (en bois) 225.00 Réfrigérateur 300.00 Poêle électrique 300.00 Laveuse 100.00 Télévision (antenne incluse) 309.00 Chaise (genre Lazy boy) 105.00 4 petites chaises pliantes 18.00 2 petits lits pliants et matelas 63.00 Fournaise à l'huile 52.00 $1772.00 e) Habillement Fille 495.00 Garçon 350.00 $845.00 312 f) Les divers Résumé Bibliothèque 8.75 Rideaux 10.95 Toiles pour fenêtres (3) 9.02 Planche à repasser 11.12 Marteau, pince, tournevis, chaudières, pinceaux, panier à linge 30.82 Contrat d'électricité (dépôt) 10.00 Loyer (2 mois à l'avance) 150.00 Brosses et produits d'entretien 57.60 Acompte sur assurance-vie 25.00 Première commande d'épicerie 64.75 $378.01 Fiançailles et préparation au mariage 262.20 Cérémonie et réception 309.15 Voyage de noce 178.00 Mobilier 1772.00 Habillement 845.00 Divers 378.01 $3744.36 Peut-être à première vue trouvez-vous que certains articles coûtent trop cher.Que quelques économies auraient pu être réalisées ici ou là.Cependant il manque beaucoup d'articles.1 ° Un trousseau d'environ $250.00 n'est pas inclus dans les dépenses plus haut mentionnées.Ni le prélart, m les frais de ménage.2° Voici quelques articles qu'il faudra acheter dans un proche avenir: set de salon, tables de salon, moulin à coudre, balayeuse, polisseuse, décorations, radio, etc.Ce qui peut signifier environ $1,000.00.3° Un jour il faudra aussi prévoir une verrerie et différents articles utiles mais non essentiels.2.- COUT DE LA VIE DES PREMIERS TEMPS Nous vous livrons le détail des différentes dépenses effectuées durant les deux premiers mois de mariage.C'est le budget de la Ligue Ouvrière Catholique qui nous permet de préciser quotidiennement nos différentes dépenses.Les numéros entre parenthèses indiquent les renvois à différentes explications qui suivent la nomenclature que voici.Items Coût pour 2 mois Moy.par semaine Loyer $150.00 $18.75 Chauffage (1) — — Electricité - téléphone 34.96 4.37 Taxes et impôts (2) 62.40 7.80 Vêtement, — — 313 Assurance (3) 56.91 mère, père 30.90 Association 5.00 Lingerie — Frais scolaire _ Médecin, hôpital _ Charité, banc, quête 24.00 Pharmacie 8.22 Cadeaux (4) 31.01 Vacances _ Loisirs — journaux — revues — livres 30.65 Liqueurs — bonbons 8.99 Tram.— taxi — auto (5) 45.77 Barbier — coiffeuse 12.85 Tabac (6) 44.00 Boisson (7) 10.58 Nettoyage — lavage 9.15 Entretien maison 14.78 Viande — poisson 48.18 Légumes — fruits 9.10 Oeufs — beurre — froma ge 9.50 Lait — crème 7.06 Pain — patisserie 5.60 Epicerie 87.14 Paiement sur auto 32.00 $778.75 7.11 3.86 .63 3.00 1.03 3.89 3.83 1.12 5.72 1.61 5.50 1.32 1.14 1.85 6.02 1.14 1.20 .89 .70 10.90 4.00 $97.38 (8) Explications supplémentaires (1) Ces dépenses couvrent une période de l'été.Il faudra prévoir un montant de $50.00 pour le chauffage de l'hiver.(2) Ce montant inclus uniquement les déductions à la source de l'impôt fédéral et provincial.En plus nous devrons annuellement payer les taxes suivantes: taxe d'eau $1 8.00, taxe locative $54.00.(3) Voici le tableau des primes d'assurances que nous devrons payer annuellement: assurance sur meubles $ 21.00 assurance maladie 126.88 assurance mort avec rente à 65 ans 240.00 assurance automobile 140.00 $527.88 (4) Cadeau de noces pour un ami intime, cadeaux de la fête des mères et des pères, cadeau à l'occasion d'une naissance.(5) Plusieurs petits voyages en auto pour saluer la parenté à l'occasion de notre mariage récent.L'auto est aussi un de nos moyens de prendre un loisir.314 (6) Nous fumons tous les deux.(7) Réceptions pour la parenté et quelques amis.(30 personnes sont venues durant les 2 premiers mois.22 d'entre elles ont pris un repas).(8) Le salaire brut hebdomadaire est de $86.00.Cela signifie que pour les premiers temps, nous vivons à perte.Une chance qu au retour du voyage de noces, il nous restait quelques économies.Il faut dire aussi que durant les semaines suivantes quelques items des dépenses se stabilisent, ce qui permet d'équilibrer les revenus et les dépenses.3.- LES JEUNES FOYERS ET L'ARGENT En vous révélant notre situation financière, loin de nous l'idée de crier du jansénisme.Nous croyons utile d'apporter ces chiffres à titre d'exemple de réalisme et de concret.Nous n'ignorons pas les centaines de jeunes foyers qui ne sont pas financièrement favorisés comme nous.Notre sympathie va à ceux qui sont torturés par des dettes au début du mariage, pour ceux qui dès le premier mois de mariage doivent contracter un emprunt pour combler un déficit.Nous ne sommes pas surpris que plusieurs jeunes femmes continuent à travailler, que d'autres habitent temporairement en chambre ou chez leurs parents.Nous pensons aussi à ceux qui doivent couper des dépenses nécessaires à la sécurité à long terme du foyer (v.g.: assurances).Enfin il est malheureux de constater qu'une situation financière difficile sabotte la construction psychologique de nombreux jeunes foyers.Ceci nous amène à souligner fortement l'utilité, plutôt la nécessité d'un budget familial.Nous remarquons que plus de la moitié des dépenses ne sont pas hebdomadaires.Il faut donc prévoir, quinze jours, un mois et même plusieurs à l'avance.(Electricité, téléphone, chauffage, habillement, médecin, dentiste, assurances, loyer, vacances, etc., etc.).Oublier de prévoir plusieurs mois à l'avance c'est risquer de s'endetter et ne plus en sortir.Nous connaissons un couple qui après 3 ans de mariage doivent rembourser mensuellement 3 emprunts contractés pour payer des meubles, des vacances et un déficit accumulé de la vie courante.Nous connaissons un autre couple qui ne connaît pas le montant de ses dettes.Plusieurs couples après avoir vu notre budget de la L.O.C.désirent que nous leur apportions notre aide pour partir leur budget.Les conséquences économiques et humaines du chômage se placent beaucoup plus en relief en prenant connaissance concrètement du coût de la vie.Qu'advient-il d'un jeune foyer quand l'unique source de revenu tombe du soir au lendemain?Tout est remis en cause.Dire qu'il y a beaucoup "de bon monde" pour critiquer l'action des unions ouvrières qui revendiquent le salaire annuel garanti, le plan de pension, le salaire convenable, etc.N'oublions pas que seulement 30% des travailleurs au Québec sont syndiqués.Ne parlons pas pour l'instant des obligations financières concernant la venue des enfants, la construction d'une maison, l'éducation des enfants, etc.Faut-il ajouter que dans le 315 cas présent, les impôts coûtent $400.00 par année.L'exemption de base n'est-elle pas trop mince?L'économie, pour la majorité des foyers, est-elle possible?Nos réflexions nous font revoir la situation économique de la jeunesse travailleuse.Voici un cas concret: "Real, 22 ans, travaille depuis 5 ans, dont 6 mois de chômage.Maintenant il est fiancé.Son sa-lafre n'a jamais dépassé $55.00 par semaine.La moyenne de ses revenus depuis 5 ans s'établit à $37.00 par semaine".Soustrayons le montant de sa pension, son habillement, ses loisirs, vie sociale, etc.En forçant la note, disons qu'une économie de $10.00 par semaine était possible.Real posséderait donc à son mariage $2600.00.Est-ce assez?Il y a aussi la catégorie de gars qui gagnent cher et s'installent dans un "standard de vie" qui ne les favorise pas.Après ces réflexions, il est facile de saisir toute l'importance des caisses de prévoyances de la J.O.C., de l'éducation économique des jeunes, etc., etc.Au milieu de ces constatations, il faut retrouver la signification de l'esprit de pauvreté.Savoir accepter chrétiennement quelques privations.Savoir se refuser des caprices.Faire l'effort pour aider ceux qui sont moins avantagés en partageant avec des oeuvres de charité, etc.L'esprit de pauvreté est-il possible pour ceux qui ne connaissent que privations, déceptions, difficultés?Voici ce que nous voulions livrer.Nous avons espéré que ces humbles réflexions peuvent aider ceux qui se préoccupent de la préparation au mariage.Notre désir serait de reprendre ce travail en nous basant sur l'expérience vécue de quelques dizaines de jeunes foyers.Le témoignage d'un chef ouvrier "Mater et Magistra" est le document pontifical, sur les questions sociales, qui m'a le plus impressionné.Est-ce parce qu'il décrit une situation que je connais mieux et qu'il s'attaque à des problèmes que nous pouvons plus froidement identifier parce que plus contemporains?De toute façon, il marquera certainement en profondeur la pensée sociale chrétienne et inspirera une multitude de réalisations heureuses, à condition, toutefois, que les chrétiens aient la force et le courage d'entreprendre les réformes proposées." Extrait du rapport moral du président général de la C.S.N., M.Jean Marchand, le 17 septembre 1961 316 Le prêtre face au problème de la fécondité Jules Parenteau, ptre LE PROBLÈME VU DANS L'OPTIQUE DU PRÊTRE Les laïcs auraient volontiers la tentation d'exagérer le nombre des prêtres qui ne les comprennent pas et les reçoivent mal au confessionnal.Mais pour que ceux-ci apprennent à les comprendre et deviennent sensibilités à leurs problèmes (sans évidemment verser dans l'obsession), il faut au préalable qu'existent entre clercs et laïcs des rapports cordiaux et confiants.Il faut que les deux groupes apprennent à se connaître et à se rencontrer.Ce dialogue existe-t-il présentement?Un problème que le prêtre affronte souvent Il n'y a pas tellement longtemps, la plupart des prêtres étaient absorbés par un ministère de grosses paroisses (2000 à 4000 familles, au moins dans les villes): il leur était alors impossible de "suivre" leurs fidèles, de multiplier les contacts et d'entreprendre une action en profondeur.Alors ils se limitaient par la force des choses, en plus du ministère sacré, aux oeuvres traditionnelles et au travail de bureau, faisant figure malheureusement, aux yeux de plusieurs, de fonctionnaires sacerdotaux.L'Action Catholique, en mettant à contribution toutes les énergies sacerdotales, a fait éclater, semble-t-il, ces cadres de vie un peu trop bourgeoise et routinière.Un renouveau pastoral s'en est suivi.Aujourd'hui, tous les prêtres ne craignent pas de "se mêler" aux fidèles dans leurs milieux de vie et d'aller au-devant des laïcs.Surtout les dernières générations se préoccupent particulièrement d'exercer un ministère plus empressé auprès des fiancés et des époux.Il n'y a pas si longtemps, c'était plutôt rare, car il n'y avait alors pas d'oeuvres ou d'associations prévues pour l'apostolat sacerdotal auprès des couples comme tels.On pouvait même attirer quelque vague suspicion à trop fréquenter les foyers et les familles, même dans un but purement apostolique.Aujourd'hui, pour peu qu'un prêtre soit ouvert aux problèmes des couples, qu'il se prête à leurs confidences, il recevra presque tous les jours l'aveu souvent pénible, parfois douloureux, d'hommes et de femmes qui, pour une multitude de raisons ne veulent plus d'enfants.Cet aveu pourra se faire spontanément ou encore il surgira d'une façon imprévue au 317 détour d'une conversation sur un sujet fort étranger à celui-là.Parfois une excessive réserve, une crainte revérentielle à l'égard du prêtre, surtout si celui-ci affecte un dehors froid et impassible, empêcheront de parler à l'aise.Mais à ce moment on sentira au ton de certaines allusions, à quelque réticence, la présence du problème au plus intime des âmes.Il n'y a pas d'actes, de démarches de son ministère, où le prêtre ne doive affronter ce problème.Que ce soit en visite paroissiale ou au bureau du presbytère, dans une veillée, au cours d'une entrevue avec des époux démoralisés, en rédigeant un certificat de naissance ou en donnant un "reçu d'impôt", en accordant des secours matériels à une famille pauvre.Parfois ce sera à l'occasion du baptême d'un enfant-surprise, de diverses interventions pour obtenir des soins médicaux, des pensions d'Assistance Publique, du travail, une réduction de dettes ou un logement.Pour l'aumônier d'un mouvement d'Action Catholique familiale ou d'un groupe de foyers, le problème surgira brusquement au cours de la revision d'action, au forum ou en récollection.Cette question, il ne pourra éviter de la traiter "in extenso" au cours de Préparation au Mariage ou au Service d'Orientation des Foyers et en réponse aux questions des couples.Ce problème, il va sans dire, sera abordé au plan sacramentel lors des confessions pascales ou de retraites paroissiales, en direction spirituelle, en retraite fermée individuelle et surtout conjugale.Quant aux cas les plus pénibles et les plus difficiles, l'aumônier les rencontrera dans les hôpitaux, les maternités, tandis que d'autre part des moralistes seront appelés à dispenser lumière et réconfort aux âmes inquiètes, dans d'innombrables courriers de revues et "cliniques du coeur".Les difficultés à surmonter Après avoir fait la revue des multiples circonstances de son ministère où le prêtre affronte ces situations conjugales, essayons d'évaluer du point de vue sacerdotal et pastoral les difficultés à surmonter, les pièges à éviter, les précautions à prendre pour pouvoir efficacement et surnaturellement venir en aide aux couples.C'est maintenant aux laïcs qu'il appartient de faire effort pour entrer dans la perspective et dans la psychologie sacerdotales.Commençons d'abord sur un plan purement humain.Pour beaucoup de couples, le prêtre est encore considéré comme un personnage qu'il est bien impressionnant d'aborder seul à seul.C'est un homme "gênant", à l'aspect sévère et sérieux.C'est un célibataire qui ne gagne pas sa vie 318 comme les autres, donc en marge des réalités quotidiennes des couples mariés.C'est un homme instruit qui parle un langage parfois abstrait et un peu irréel.C'est un homme bien occupé, souvent pressé, qu'il ne faut pas déranger ni retenir trop longtemps.Il a l'habitude de commander, de trancher rapidement et avec autorité les questions, etc.A beaucoup de prêtres ceci apparaîtra comme une caricature.Pourtant plusieurs fidèles nous voient ainsi, et sont surpris de recontrer des prêtres qui les mettent à l'aise.La première difficulté du prêtre est d'établir le climat propice à un dialogue amical et pastoral à la fois.Or malheureusement, ces échanges ne prennent place souvent qu'à l'improviste, en des temps et lieux peu propices à une bonne explication.L'exemple le plus classique se trouve dans le choix des jours d'affluence au confessionnal (v.g.: temps de Pâques) pour venir exposer les plus gros problèmes.Souvent, on se décide à consulter quand la situation est extrêmement problématique, autant au point de vue émotionnel et psychologique que moral et spirituel.L'homme ou la femme qui se présentent au prêtre vivent intensément un drame dans leur coeur et dans leur chair, dans leur esprit et dans leur âme et rien d'autre au monde ne compte pour eux à ce moment-là.Devant des situations fréquemment renouvelées, il est compréhensible que certains prêtres se défendent mal d'une certaine réaction d'impatience et d'agacement, d'un réflexe instinctif de régler le cas en un tournemain par quelques questions directes et par une solution préfabriquée, valable pour tous les cas semblables, quand ce n'est pas par un refus catégorique d'absolution.Cette habitude de dénouer rapidement et avec autorité des situations complexes, utile en maintes circonstances, ne serait pas faite en l'occurrence pour faciliter les aveux, pour donner l'impression aux fidèles qu'ils ont été pleinement compris.Beaucoup se disent déçus de ne pas rencontrer un prêtre qui prenne le temps de les écouter patiemment, de leur témoigner toute sa sympathie.Ils souhaiteraient être interrogés avec toute la douceur et la patience possibles et tout en se sentant traités en chrétiens adultes, être guidés pas à pas dans l'analyse de leur situation morale pour en arriver ensemble, comme par étapes progressives, aux meilleures solutions concrètes, compte tenu des circonstances.Le prêtre doit prendre garde de donner même l'impression de se substituer au couple, dans sa décision personnelle, car c'est à celui-ci qu'appartient en définitive la responsabilité de prendre les résolutions qui s'imposent, de s'engager sur la route, muni des indications et des avertissements nécessaires, stimulé par des motifs renouvelés et puissants de 319 progrès spirituel.De plus, le prêtre doit ménager cette répugnance naturelle des époux, bien compréhensible au plan humain, de s'ouvrir à un étranger de leurs états d'âmes les plus intimes, surtout s'ils ne trouvent pas les mots qu'il faut ou s'ils ressentent une honte particulière de leur conduite: on répugne toujours à avouer ses faiblesses secrètes, à déclarer son impuissance à dominer ses passions charnelles, à s'accuser toujours des mêmes fautes.Cette gêne diffère chez l'homme et chez la femme, mais elle s'accompagne souvent chez plusieurs époux d'une peur excessive "d'être chicané", comme si le confesseur pouvait omettre la monition sacramentelle, partie du sacrement, et ne devait pas jouer le rôle d'un médecin parfois, pour le plus grand bien de l'âme, même si cela revêt un caractère pénible.Le prêtre se souvient-il toujours que célibataire, il est à priori suspect aux yeux des gens mariés, de ne pas connaître grand'chose des réalités matrimoniales, d'ignorer presque tout des liens qui captivent les coeurs et des désirs qui attirent mutuellement les corps, de ne pas évaluer à leur juste valeur les difficultés, les échecs et les tentations de la vie à deux?// pourrait exister une manière maladroite et simpliste de traiter des devoirs conjugaux qui ne réussirait qu'à décevoir ou à irriter les époux aux prises avec les complexités de la vie réelle.En conséquence, le prêtre ne peut se permettre d'oublier qu'il traite avec un couple ("ils seront deux en une seule chair") et non pas seulement avec deux individus quelconques.Entre les époux existent des liens intimes, une "complicité" à la fois consciente et inconsciente, que toute la perspicacité sacerdotale n'arrivera jamais à identifier parfaitement, à évaluer à son juste poids.A ce propos, rien n'est plus révélateur que l'attitude souvent radicalement différente que chaque époux adopte suivant qu'il est en présence ou en l'absence de son conjoint.D'où l'importance pour le prêtre de toujours tenir compte du conjoint absent, de son influence favorable ou non, de sa collaboration empressée ou au contraire de sa force d'inertie.Or trop souvent, l'absent c'est le mari: outrepassant ses droits, il impose souvent ses jugements et ses décisions à son épouse timorée et ignorante, avec le résultat que celle-ci est comme mise en demeure de choisir entre les recommandations de son confesseur et le bon plaisir de son compagnon de vie.Malgré cette absence, le prêtre doit s'appliquer à fortifier l'unité du couple, inviter les époux à poursuivre à deux leur perfectionnement total, surtout éviter de paraître même s'immiscer entre eux, mais installer Dieu au coeur de leur amour.Une fois éliminés tous les obstacles à la compréhension réciproque, le prêtre doit chercher à adopter rapidement la même longueur d'ondes 320 que ses interlocuteurs, pour éviter de se méprendre sur la qualité de ceux à qui il a affaire, pour savoir discerner les pensées profondes des paroles, démêler le jeu des intentions plus ou moins contradictoires, pour replacer la situation des personnes en jeu dans son vrai contexte familial, social et ecclésial, etc.Une oeuvre éducatrice de longue haleine Une fois ces préliminaires posés, le pasteur est à pied d'oeuvre pour commencer son oeuvre éducatrice.Il s'agit d'amener deux chrétiens à prendre en mains leur propre ascension vers l'idéal chrétien.Le premier devoir est d'éclairer, de clarifier les notions en cause, de faire entrer dans la véritable optique surnaturelle.Et alors se pose un problème de communication.L'illusion ici n'est pas permise, d'autant plus que les prédicateurs eux-mêmes ont requis les laïcs de dire franchement ce qu'ils en pensent.(Voir le rapport officiel de la Grande Mission de Montréal 1960).Entre le pasteur et la masse des fidèles moyens d'aujourd'hui, il existe trop peu de véritables échanges spirituels, parce qu'on ne parle pas la même langue.Trop de prêtres, sans qu'il soit de leur faute, demeurent prisonniers, à leur grand regret d'ailleurs, des formules sèches d'une théologie trop conceptuelle et n'arrivent que difficilement à s'exprimer de façon à être entendu des laïcs.Au lieu de proposer en termes de vie le pain nourrissant de la doctrine, d'une façon vraiment appétissante, certains n'arrivent qu'à présenter un aliment substantiel certes, mais sec et indigeste.Même les fidèles de bonne volonté ne parviennent pas facilement à s'assimiler la Vérité, voilée sous un langage parfois trop abstrait et un peu irréel, qui prédomine malheureusement en trop de prédications et d'exhortations pastorales.Et cela se retrouve en particulier dans le domaine du mariage.Ainsi, les laïcs cultivés attendent de tout prêtre qu'il soit capable de faire une récollection spirituelle conjugale qui réponde à leurs vrais besoins, ou de donner avec aisance et clarté le cours de morale conjugale prévu par les Services de Préparation au Mariage et d'Orientation des Foyers.Les laïcs d'aujourd'hui seraient-ils trop exigeants?Plusieurs se disent déçus et on n'a pas raison de douter de leur sincérité.De plus, tandis que le prêtre tire parti de sa formation classique, philosophique et théologique pour définir sa doctrine en termes précis, pour nuancer ses exposés et pour déduire correctement ses conclusions des premiers principes, le laïc moyen pense par images concrètes et par comparaisons familières.Il alimente sa pensée aux réminiscences du passé, à ses expériences de travail et de foyer, aux slogans à la mode, aux idées 321 toutes faites et souvent confuses qui ont cours dans son milieu, aux bribes de lectures et de conversations puisées ça et là.Ainsi combien d'expressions précises et de distinctions théologiques couramment employées par les moralistes et pleinement valables pour préciser et définir la doctrine, nos laïcs de culture moyenne peuvent-ils saisir?Par exemple, que peuvent-ils entendre par des termes tels que "loi de nature et loi positive divine, le respect du processus naturel de l'acte procréateur?", etc.Comment peuvent-ils arriver à imaginer la distinction entre la "fin primaire" et la "fin secondaire", et la subordination de la seconde à la première, l'ordination d'un acte à sa fin et l'obtention réelle de cette fin, la moralité objective et la moralité subjective d'un acte humain, une morale de la loi et une morale de la charité, la nature et la personne, un précepte positif et un précepte négatif.Comment concilier la prudence et la confiance en Dieu; la chasteté, la continence et l'usage des droits conjugaux, etc.Quant au laïc cultivé, qui possède une formation technique et scientifique, il sera souvent amené à croire qu'il peut appliquer en théologie morale et en spiritualité les mêmes barèmes, suivre les mêmes normes que dans les sciences et les arts appliqués.Il existe il est vrai des points de rapprochement plus nombreux qu'on ne pense entre les sciences théologiques d'une part, et les autres sciences profanes: la psychologie, la sociologie, la médecine et la psychiatrie, l'anthropologie, la biologie, d'autre part.// ne faudrait pas prétendre transformer les conclusions d'observations partielles, d'expériences limitées, même exprimées en chiffres et en statistiques, en lois générales, en normes absolues de la conduite humaine car jamais des lois scientifiques ne pourront rendre caduques les vraies lois morales.Ceci dit, il reste que le plus grand handicap à une rééducation spirituelle des époux c'est leur impréparation tragique à vivre leur mariage dans la condition normale d'une authentique vie chrétienne.Il faut donc excuser volontiers l'ignorance lamentable et incroyable d'un grand nombre d'époux sur les principes les plus fondamentaux de la vie conjugale, leur incapacité presque irrémédiable dans les conditions présentes à refaire ces bases essentielles.De plus en plus, on réalise aujourd'hui, et Mgr Suenens le mettait vigoureusement en relief récemment, qu'il y a une disproportion flagrante entre la préparation rapide des laïcs à leur sacrement de mariage et la préparation soignée des clercs à leur sacrement d'Ordre et à tout leur état de vie.322 "Mettons en regard de ce manque de préparation au mariage la doctrine de l'Eglise sur ce sacrement de mariage.Qu'enseigne-t-elle, sinon que ce sacrement va lier les époux pour la vie, indissolublement; qu'il exclut le divorce avec remariage, quoi qu'il advienne; qu'il a comme fin primaire la procréation des enfants et que la fraude conjugale est une faute mortelle; qu'il y va non seulement de l'avenir des deux conjoints, mais d'une famille à fonder, de la société à servir, du ciel à peupler.Voit-on la gravité de l'engagement d'une part, de la légèreté, la frivolité parfois, avec laquelle tant de couples vont au devant de ce geste d'alliance sacramentel d'autre part?" (7) Concédons que déjà nos cours de Préparation au Mariage et d'Orientation des Foyers ont rendu les plus grands services à une multitude de foyers.Mais n'oublions pas qu'il existe encore des régions de notre province où on ignore simplement l'existence de ces cours (à moins qu'on en dénie même l'utilité).Beaucoup de jeunes gens et d'adultes parmi ceux qui ont le plus besoin de ces cours, n'y ont pas accès ou ne désirent pas y participer.Enfin parmi ceux qui les suivent, un trop grand nombre viennent trop tard, se sont déjà engagés sans retour dans une orientation défavorable à leur vie chrétienne et cela pour la vie entière.Toutes ces lacunes importent moins encore que l'absence de véritable maîtrise sexuelle chez les époux, due à une déficience d'éducation.Il est vraiment trop commode de faire appel au seul péché originel pour expliquer la violence de l'instinct sexuel et pour se dispenser de tout effort de maîtrise.Il ne s'agit pas de renier quoi que ce soit des méthodes ascétiques qui ont fait leurs preuves depuis deux millénaires.Il faut y faire appel plus que jamais et les revaloriser.Mais aussi, le moment est venu, croyons-nous, de commencer une étude vraiment scientifique et approfondie des données psycho-physiologiques qui conditionnent cette maîtrise, en particulier chez l'homme.Car c'est souvent de celui-ci qu'au plan du couple dépend le succès d'une solution morale chrétienne.Combien de fois entendons-nous des femmes avouer candidement que, pour ce qui les concerne, elles peuvent facilement observer la continence mais qu'il est absolument impossible d'attendre cet effort de leur mari.Ceci rejoint la remarque du sociologue Paul Bureau à l'effet que "l'exemple canadien prouve qu'en ce pays les femmes sont admirables de générosité et de dévouement, mais que les maris le sont beaucoup moins." (8) Collaboration étroite entre prêtres et médecins Pour l'exploration de cette "terra incognita", une collaboration étroite et amicale entre prêtres et médecins s'impose, soit au niveau de la 323 paroisse et du bureau de pratique générale, soit au plan de l'étude théorique et de la haute recherche.Bien que nos médecins canadiens-français aient fréquenté hier encore les mêmes collèges que leurs confrères prêtres, on croirait à certains moments que les études universitaires et les rencontres trop rares ont laissé croître un certain malaise, une certaine gêne, un certain hermétisme dans leurs rapports mutuels.On ne sait au juste s'il faut attribuer cet esprit à la difficulté de se rencontrer, à la spécialisation trop poussée ou à une mentalité de caste propre à des disciplines très anciennes et de plus en plus divergentes.Quoiqu'il en soit, le prêtre doit pouvoir référer les époux en quête de méthodes éprouvées et efficaces de continence à des médecins vraiment chrétiens, profondément pénétrés de leur responsabilité professionnelle, et largement informés des dernières acquisitions scientifiques en ce domaine.Peut-on en trouver beaucoup aujourd'hui qui accepteront avec joie de collaborer avec le prêtre pour apporter une solution concrète aux époux en peine?On entend plutôt parler de plusieurs qui affirment que les "méthodes autorisées par l'Eglise ne sont pas du tout valables et qu'il est imprudent de s'y fier", sans avoir pris la peine de vérifier honnêtement dans quelle limite elles peuvent s'appliquer concrètement.Il existe beaucoup de médecins qui se dévouent gratuitement auprès des Services de Préparation au Mariage et d'Orientation des Foyers.Mais pour diverses raisons, aussi valables les unes que les autres (dont le classique "manque de temps") ils ne réussissent pas à se grouper pour mettre en commun leur expérience et en faire profiter toute la profession médicale.Comme il serait à souhaiter qu'une "Société Saint-Luc" se fonde pour polariser toutes les études et recherches médico-morales et pour faire face aux problèmes d'actualité.Cliniques spécialisées de consultations conjugales Pour collaborer à cette activité médicale seule compétente en ce domaine et pour y suppléer dans la mesure jugée nécessaire par les médecins, il faudrait enfin pouvoir compter, au moins dans les grands centres urbains, sur des cliniques spécialisées de consultations conjugales, pleinement respectueuses de l'esprit chrétien.Dans ces centres médico-sociaux, des conseillers conjugaux, surtout des couples, travailleraient en équipe avec des théologiens et des médecins dans un grand souci d'esprit apostolique, de rectitude doctrinale, d'adaptation psycho-sociologique, d'exacte information scientifique.Quand pourrons-nous voir à Montréal, par exemple, ces cliniques où l'on procédera à l'éducation totale des couples 324 et où on les conseillera sagement en vue de trouver avec eux des solutions personnelles concrètes tenant compte des techniques les plus modernes?Il faudrait se hâter, avant que les cliniques de "Birth Control" n'envahissent notre milieu, ce qui n'est peut-être pas si loin d'arriver, quoi qu'on en pense.Pour terminer sur une note plus spirituelle ces considérations qui paraîtront peut-être à plusieurs trop profanes, soulignons la responsabilité exceptionnelle du prêtre en ce domaine de la vie chrétienne des couples.Par son ministère spirituel il se trouve situé au carrefour des voies de la nature et de la grâce, au point de rencontre des exigences de Dieu et des aspirations des hommes, au noeud des tensions et des conflits possibles entre la chair et l'esprit, entre les lois de la nature et le destin de la personne, au coeur de la lutte entre l'esprit du Christ et l'esprit du monde.Pour les chrétiens, l'enjeu est un des plus graves et des plus formidables: il s'agit en définitive de promouvoir la collaboration avec Dieu le Père dans le "service de la vie", l'accroissement du Corps Mystique du Christ, la sanctification des baptisés dans l'Esprit d'Amour.De l'accomplissement de cette mission des époux dépend leur bonheur temporel mais surtout dépend leur destinée éternelle qui fait tout le prix de la vie ici-bas.C'est donc au prêtre en définitive qu'appartient la responsabilité de témoigner au nom du Seigneur, d'expliquer inlassablement son plan de sagesse, et les desseins de son amour, d'apporter aux époux ses dons inouïs, leur montrant et à les demander et à se disposer à les recevoir.Comme à l'expérience il se révèle difficile de rendre sensible à des esprits captivés par les soucis temporels, et à des coeurs charnels tournés vers les nourritures terrestres, l'insondable sagesse de la Providence qui exerce son souverain domaine sur la Création et sur chaque destinée humaine, son incommensurable Amour paternel qui nous fait entrer comme ses enfants, en communion de pensée et de vie, avec Lui, nous élevant à son niveau par sa grâce et nous faisant participer à son propre ravissement d'amour.Et pourtant, si l'on veut que nos fidèles chrétiens comprennent quelque chose à la vie et à la morale chrétienne, surtout en ce qui concerne les lois du mariage, il ne faut pas craindre de remonter jusqu'au coeur même de Dieu, Source inépuisable et terme dernier de tout amour.Devant une mission si vaste et si exigeante qui s'impose pour le salut d'une multitude d'âmes en ce XXe siècle tourmenté, le piètre d'aujourd'hui, tout surchargé qu'il soit, saura accorder à ce ministère spécial l'importance primordiale qu'il mérite.S'il a choisi librement en toute (suite à la page 333) 325 Une belle expérience de J.O.C missionnaire Roger Poirier, O.M.I.Depuis quelques années un souffle missionnaire traverse notre J.O.C.canadienne.Jusqu'à date une dizaine de jeunes travailleurs et travailleuses ont répondu à cet appel qui venait, par l'intermédiaire de la Centrale Nationale, de la hiérarchie des diocèses d'Hauterive, d'Ambs, Timmins, Valleyfield etc.Pour chacun d'eux ce fut une aventure apostolique qui a nécessité beaucoup de générosité et d'esprit de sacrifice.Mais puisque l'on juge l'arbre à ses fruits, nous pouvons aujourd'hui témoigner que trois fédérations de filles et quatre fédérations de gars ont vu le jour grâce au travail de nos missionnaires."Prêtre Aujourd'hui" a d'ailleurs relaté comment ces jeunes avaient contribué à faire découvrir à leurs frères du travail la noblesse de leur vocation de fils de Dieu.Aujourd'hui nous voudrions relater le travail apostolique d'un jeune missionnaire jociste dans une région éloignée de la province de Québec dans le diocèse d'Amos.C'est à la demande de S.Exe.Mgr A.Sanschagrin que la J.O.C.a lancé un appel dans les fédérations jocistes pour obtenir un jociste pour les régions minières de Chapais-Chibougamau.La réponse est venue du diocèse de St-Jean.C'est en décembre dernier que Jean-Louis Tremblay, jusque-là président de la section Cathédrale, partait pour son nouveau champ d'apostolat.Son expérience a été suivie de près par la Centrale Nationale.Entre autre nous avions demandé à Jean-Louis d'écrire son journal afin que nous puissions tous profiter de son expérience pour guider les futures tentatives missionnaires.C'est dans ce journal que nous puiserons largement pour relater son travail apostolique.AU JOUR LE JOUR.6 décembre: Arrivé à 6 hres du soir avec mon nouvel aumônier de Chapais.A quelques 50 milles de Chapais il pleuvait très fort mais en approchant de la ville le temps était plus clair.Je suis arrivé dans les 40 Hres de la paroisse et le soir, il y avait une messe à 9 hres.J'y ai assisté et j'en ai profité pour me donner à Dieu durant ma mission que j'ai à accomplir ici.J'ai tout mis dans les mains du Christ-Ouvrier en lui disant que chaque action que je ferais serait sa volonté.Je ne me suis jamais senti si seul.Aucun ami, 326 aucune personne que je connaissais à part du clergé; mais je suis allé communier et j'étais avec le Christ.7 décembre: Je suis allé à la messe et ensuite je me suis cherché du travail dans un garage.Le propriétaire est très intéressé mais ne peut m'employer tout de suite car il vient d'acheter le garage.Après le dîner, je suis allé déposer à la banque et faire une tournée de reconnaissance mais il n'y avait pas beaucoup de jeunes travailleurs à la salle de pool.J'y suis retourné le soir mais il y en avait que quelques-uns.Je me suis contenté de les écouter parler; il y avait bien quelques sacreurs et j'ai bon espoir de leur mettre la patte dessus avant longtemps.Découverte du premier chef 10 décembre: Aujourd'hui j'ai fait mon premier contact à l'hôtel.Il s'appelle Normand F., il vient de R.Ça fait un mois qu'il est arrivé à Chapais et espère devenir mineur.Je devrai le contacter de nouveau.12 décembre: Ce matin je suis allé voir pour un emploi dans la construction.Peut-être qu'ils vont me prendre dans le courant de la semaine s'ils ont besoin de moi.Ce soir, je suis allé à la salle de pool mais il n'y avait pas grand monde.Ceux qui y jouaient sacraient comme des déchaînés; c'était surtout des gens mariés.Il y avait des enfants présents qui les écoutaient.Bel exemple.Premier contact 13 décembre: En me levant, je demande à Dieu de m'aider à contacter un gars sur qui j'avais l'oeil dessus.Il se nomme Jean-Noël.Dieu m'a aidé.Ce soir je l'ai rencontré au bowling j'ai joué une partie avec lui et un autre gars, Claude L.11 est très populaire auprès des gars.J'ai remarqué aussi que dimanche, il est allé communier et le soir il était présent à la prière à l'église.Je crois que c'est le gars qu'il faut que je suive de près.Je remercie Dieu de m'avoir donné le moyen de le contacter et je lui demande maintenant de m'aider pour que je sois ami avec Jean-Noël et je sais qu'il le fera.Je suis fier de ma soirée car ça m'a "peppé" parce que je commençais à trouver ça dur mais Dieu y a vu.14 décembre: Messe et communion.J'avais promis d'aller à la messe pour remercier Dieu de m'avoir fait rencontrer Jean-Noël.327 Ce soir, j'ai fait mon tour à la patinoire pour voir les gars pratiquer.Ils avaient fini mais j'ai réussi à revoir Jean-Noël et un autre gars le meilleur ami de Jean-Noël, Aidée L.J'ai passé la soirée entière avec les 2 gars.Aidée m'a emmené chez lui pour me montrer les gilets du club de hockey.Sa mère nous a fait du café et nous avons jasé assez.Ils m'ont invité à pratiquer avec eux demain soir.J'ai accepté tout de suite.Samedi soir ils organisent une soirée au profit de la ligue de hockey.Ce sont deux bons organisateurs.Problèmes des gars 15 décembre: Avant midi je suis allé voir pour un emploi au garage pour la comptabilité mais ce ne sera pas pour maintenant.Ce soir je suis allé pratiquer au hockey et après, avec l'aide de Jean-Noël et quelques autres nous avons nettoyé la patinoire.Ensuite j'étais seul avec Jean-Noël et nous avons discuté sérieusement.Je lui ai appris la raison de ma présence ici et nous avons discuté de J.O.C.Cela ne l'a pas effrayé.Il en a déjà fait à Shawini-gan il y a 4 ans.Il m'a demandé le véritable but de la J.O.C.Ce fut une de ses premières questions.Il est prêt à m'aider et aussi il va me faire connaître les gars.Les problèmes majeurs sont surtout la boisson, les femmes comme partout ailleurs.Les gars font de très bons salaires et il y en a une quinzaine seulement qui ont des économies.Ils dépensent surtout au pool, bowling, boisson, cinéma, etc.Il m'a dit que j'aurai beaucoup d'ouvrage à faire car les gars ne veulent pas travailler dans les organisations.Dimanche 18 décembre: Messe et communion.Je joue au hockey à Chibougamau durant l'après-midi et je me fais des nouveaux chums.Je suis blessé sur le nez et près de l'oeil et cette blessure me permet de parler à de nouveaux gars.10 janvier: J'ai trouvé un emploi.Je vais m'occuper de la patinoire des jeunes et j'ai eu aussi un offre pour un autre emploi que je vais prendre.Je passerai le pain dans Chapais.Cet emploi me permettra de voir où demeurent les gars et ainsi simplifiera les contacts.23 janvier: A tous les lundis après-midi je devrai rencontrer mon aumônier pour la direction spirituelle et cet après-midi je l'ai rencontré.Ce soir je suis allé à la salle de pool et j'ai rencontré Aidée et quelques autres gars et nous avons jasé. 25 janvier: J'ai passé la soirée avec René L.au restaurant.Jean-Noël est venu nous rejoindre.Demain je vais lui apporter "Pêcheurs d'Hommes".En partant d'avec René, je lui ai demandé s'il connaissait ça la J.O.C.et il m'a répondu un peu, mais il n'y en a pas ici, il devrait y en avoir.Je lui ai dit que l'on était pour s'en reparler.20 janvier: Durant la soirée, j'ai eu une conversation très sérieuse avec Jean-Noël au point de vue J.O.C.Il se doutait que j'avais les yeux sur lui mais il attendait que je lui en parle.Il m'a déclaré qu'il est prêt à m'aider à condition que je lui donne une responsabilité facile.Alors je lui ai demandé s'il pouvait m'aider à faire ma carte ouvrière et il m'a répondu dans l'affirmative.Il a très peu confiance aux autres car il dit qu'il s'est fait rouler assez de fois quand il s'est fié sur d'autres que maintenant il aime autant faire tout seul.Dans le moment, c'est en moi qu'il a le plus confiance malgré qu'il ne me connaît pas gros.Il a toujours l'intention de se marier mais il va me donner le temps qu'il pourra pour m'aider.Je crois que c'est un bon pas de fait et Dieu verra pour plus tard.2 février: Durant la soirée, Dieu ne m'a pas oublié par l'intermédiaire du J.O.J'avais apporté un J.O.pour le lui remettre et après avoir lu mon article, il l'a laissé sur la table où nous étions dans le restaurant.Alors il y a eu trois gars qui sont venus nous parler et tout-à-coup, il y en a un qui a pris le journal.Il semblait très curieux de le lire.Alors Jean-Noël lui a dit de lire mon article "Itinéraire vers le chômage" et ensuite, il lui a dit que c'était moi qui l'avait écrit.C'est comme ça qu'ils ont su que j'étais ici pour la J.O.C.Fait assez remarquable, c'était 3 jeunes chômeurs qui l'ont lu et le J.O.traitait spécialement du chômage.Je cherchais l'occasion pour pouvoir me dévoiler et je n'ai même pas eu la peine de parler et ils l'ont su.Maintenant, ça va se répandre dans la place, et je suis bien content.Il y en a un qui m'a demandé de lui expliquer ce que c'était la J.O.C.Il semble intéressé.C'est René L.Les deux autres sont: Gaston B.et P.J'ai aussi expliqué ce que c'était le Système D à Jean-Noël sur sa demande.René m'a aussi demandé si il pouvait s'abonner au J.O.Je leur ai promis que je leur en donnerais un le lendemain.Les gars étaient intéressés à en avoir un.6 février: Durant l'après-midi je me suis isolé dans l'église et j'ai parlé à Dieu car aujourd'hui, je me suis senti bien seul et je sentais le besoin de parler à quelqu'un que je connais.Je lui ai dit tou- 329 tes sortes de choses car je voulais me confier et je sais qu'il me comprend Lui.Première tentative d'équipe 1er mars: Ce soir, j'ai discuté avec Aidée et Jean-Noël et ils sont bien décidés à m'aider à monter une équipe de culture physique.Je vais distribuer mes journaux et Jean-Noël va m'aider aussi.23 7tiars: Durant la soirée, j'ai vu Jean-Noël, Grégoire G., Gaétan G., et quelques autres.Dans quelque temps nous pourrons partir deux équipes.Culture physique et film.24 mars: Messe et communion.Depuis mon retour, je n'ai plus d'emploi.J'attends la réponse d'un nettoyeur de Chibougamau qui était intéressé à m'avoir.Je l'avais vu avant le Conseil national.Carte ouvrière 25 mars: Messe.Clôture de la retraite.Cet après-midi, j'ai amené Jean-Noël à ma chambre et nous avons fait la liste des jeunes travailleurs.Nous avons amassé 71 noms mais ce n'est pas complet.Nous la compléterons un peu plus tard quand j'aurai la nouvelle liste du syndicat.On trouve un local 27 mars: Rencontre avec l'aumônier pour la direction.Aujourd'hui, j'ai demandé au curé d'avoir un local et il me passe une ancienne classe qui ne sert plus.C'est très bien.J'ai rencontré quelques gars et ils sont intéressés à faire de la culture physique.Lentement, il se fait une propagande et je crois que nous aurons plusieurs gars surtout que nous avons maintenant le local.4 avril: J'ai reçu mes poids et haltères aujourd'hui.Rencontre avec l'aumônier.Je n'ai pas encore d'emploi et le temps se fait long.J'espère que Dieu pensera à moi d'ici quelque temps.Jean-Noël est revenu et il s'est fiancé.Il pourra m'aider jusqu'en juillet.Il va être en charge de l'équipe du film.J'ai passé la soirée avec Aidée, nous avons regardé la partie de hockey ensemble.D'ici quelques jours, l'équipe de culture physique devra partir.6 avril: J'ai montré le local aux gars et ils en sont enchantés.C'est vraiment un beau local.Nous avons fait quelques plans pour la 330 disposition du local et d'ici quelques jours, ça pourra partir.Je mets tout dans les mains du Christ-Ouvrier et j'attends son aide.Je ferai mon possible et lui fera le reste.Première réunion d'équipe 10 avril: Toujours sans travail.Rencontre avec l'aumônier cet après-midi et ensuite, j'ai ouvert le local où quelques jeunes travailleurs et chômeurs sont venus s'entraîner.Ce soir, j'ai fait ma réunion.Il y avait environ une dizaine de gars et je leur ai expliqué ce que j'attendais d'eux en ce sens que s'ils voulaient tous coopérer on pourrait mener à bien notre équipe.Ensuite René a très bien fait sa séance de gymnastique.En somme, c'a été réussi.J'en remercie Dieu et j'espère que ça va continuer.Nous avons établi certains règlements pour le local.Les équipes se structurent 17 avril: Cette après-midi René a fait sa première réunion d'équipe et il a très bien fait.Il y avait 8 gars présents et j'ai trouvé un gars Jean-Guy B.comme secrétaire.Ce soir René a fait sa réunion d'équipe pour l'autre groupe et ça été assez bien.René est en chômage et il peut s'occuper des deux groupes.Je vais le revoir pour reviser ses réunions.18 mai: Premier cercle d'étude ce soir.Moi, Jean-Noël, Aidée et René étaient présents.En général, c'était bien.Jean-Noël discute avec tact et réfléchit bien.Aidée est moins sérieux et René encore moins.Mais ça les a fait réfléchir quand même.Je leur ai fait réciter la prière jociste et chanter le chant international.C'est encourageant.2 juin: J'ai préparé la Session Intensive sur le questionnaire envoyé par la Centrale.Demain nous allons le vérifier, l'aumônier et moi.René n'est pas encore venu à la pratique ce soir.J'ai bien l'intention de le changer.Il a eu sa chance.Messe et communion.S juin: Nous avons une procession dimanche pour la fête du Sacré-Coeur et nous avons décidé de faire un drapeau pour la J.O.C.lors de la procession.13 juin: Je crois que je vais mettre René G.comme chef d'équipe de la culture physique.331 14 juin: Il a neigé ce matin.Une grosse tempête.Ce soir réunion d'équipe de la culture physique.René G.est le nouveau chef; il vient régulièrement s'entraîner et il veut bien.Il a accepté la charge.Aidée et moi avons vendu des J.O.ce soir.Nous nous sommes servis du J.O.pour la réunion d'équipe et aussi du B.D.C.Nous avons discuté sur les Vacances.C'est très bien.RESULTATS APOSTOLIQUES Après la lecture de ces pages on peut se demander quels sont les résultats apostoliques obtenus à date.Jean-Louis a-t-il réussi à structurer une section?Jusqu'à quel point ces jeunes travailleurs ont-ils été engagés et transformés?Les aveugles voient, les sourds entendent.Vivant dans un endroit éloigné, aux prises avec un travail dur pour ceux qui sont mineurs, avec le chômage où les petits emplois pour les autres, sans organisations pour leurs loisirs, voilà autant d'occasions pour des jeunes de rencontrer une foule de problèmes.Jean-Louis en souligne d'ailleurs plusieurs: boisson, bataille, gaspillage, irresponsabilité etc.Pour ceux que la J.O.C.a atteints c'est un éveil au sens des responsabilités qu'ils découvrent."Avant je faisais mon affaire seul sans me préoccuper des autres, maintenant je comprends que je dois travailler avec les autres".Celui qui vient de parler est le chef d'équipe du film.Un autre rapportait que maintenant il a découvert que les autres avaient de graves problèmes.C'est durant la récollection de leur première journée d'étude de juillet dernier qu'ils témoignaient de ces découvertes.A cette occasion les sept premiers jocistes furent initiés.La veille ils avaient organisé une soirée récréative avec démonstration par l'équipe de culture physique.Une centaine de gars et de filles étaient présents.Selon le témoignage du maire, c'était la première soirée qui s'organisait dans la ville sans qu'il y ait boisson et sans que ça se termine par des batailles.Voilà autant de faits qui démontrent que l'action jociste a été efficace.Mais les morts ressuscitent aussi Non seulement ils ont commencé à voir leurs problèmes et à prendre des responsabilités pour solutionner leurs difficultés mais aussi ils retrouvent le Christ et reprennent espoir dans leur vocation de travailleurs.Voici la lettre que m'écrivait l'un d'eux quelques semaines après son initiation.332 Chapais 13 août 1961.Père.Je vous écris pour vous donner de mes nouvelles qui sont excellentes.Premièrement je dois vous dire que la J.O.C.de Chapais va bon train.Les gars s'intéressent de plus en plus à ce mouvement, du moins ceux qui ont compris le bien que ça leur apportait.Nous avons toutes les sortes de gars à accrocher: des durs, des mous, des graves; l'on fait tout notre possible pour les accrocher.Depuis un mois on va en camping tous les "iveek-ends".autre le camping comme organisation nous avons la culture physique, le film qui va bon train, la balle molle, etc.A la première assemblée des chefs, Jean-Louis nous a appris comment régler le problème d'un gars et comme exemple on a pris le mien.un problème d'argent.Le résultat est excellent.Depuis un mois j'étudie le livre "formation syndicale"; aussitôt que j'aurai terminé je tenterai de l'expliquer aux gars.Samedi dernier j'ai communié pour la première fois depuis Pâques.j'étais heureux.C'est la J.O.C.qui m'a réveillé.Je remercie Dieu d'avoir mis sur ma route un compagnon qui m'a aidé à retrouver l'espoir de vivre, un espoir que j'avais perdu depuis longtemps.Jean-Louis a été pour moi un secours obligatoire.Un jociste qui a nettoyé son coeur et son âme pour Voir, Juger.Agir.Ce seul témoignage en dit plus long que toute autre explication.Ils sont nombreux les jeunes travailleurs qui ont besoin d'un compagnon qui les aide à retrouver l'espoir de vivre, à retrouver le Christ.Le prêtre face au problème de la fécondité (suite de la page 325) conscience le célibat consacré, ce n'est pas par peur de la vie ni des pièges de l'amour.C'est d'abord pour servir l'Amour, Dieu lui-même.C'est aussi pour mieux servir le peuple chrétien, dans le sacrement qui lui est propre, pour travailler à la consécration en ce monde de cet autre amour qui donne tant de joie aux coeurs humains.Le défi lancé par le monde actuel à l'Eglise est de ceux auxquels elle a toujours su répondre aux grands tournants de l'histoire.Sans attendre l'apport peut-être décisif du prochain Concile oecuménique, pour une théologie du mariage et du laïcat chrétiens, engageons-nous à fond dès maintenant au service d'une cause si splendide.(7) Mgr L.J.Suenens: "Amour et maîtrise de soi".(8) Paul Bureau: "L'indiscipline des moeurs", p.463, cité dans "Limitation des naissances et conscience chrétienne" (en collaboration) édit.Farm, de France, Paris, 1950.333 DOMRÉMY, espoir des alcooliques Yvon Isabelle, O.M.I.Selon les plus récentes statistiques de \'Alcoholism Research Foundation de Toronto, le Canada comptait 208,000 alcooliques en 1958, contre 158,000 en 1954, ce qui comporte une rapide augmentation proportionnelle, soit de 1,700 à 2,060 par 100,000 adultes.La province de Québec, pour sa part, a vu le nombre des ses alcooliques grimper de 45,000 à 65,000 durant la même période, soit d'un taux de 1,790 à celui de 2,350 par 100,000 adultes.Comme on estime qu'un alcoolique nuit à quatre autres personnes, en moyenne, ces chiffres nous conduisent à une constatation dont les implications pastorales sont évidentes: dans les années à venir, nous allons rencontrer de plus en plus des victimes de l'alcoolisme.Ceux qui ont charge d'âme ne sauraient rester indifférents devant ce phénomène.Par ailleurs, l'alcoolisme est vraiment déconcertant.Même si on est médecin, travailleur social ou prêtre, on se sent habituellement dérouté face à ce mal dont les manifestations paraissent tellement illogiques ou incohérentes.Seul un traitement complet peut en enrayer efficacement l'évolution.On a heureusement trouvé chez nous, au Canada français, une formule adéquate pour le relèvement des alcooliques: celle des Maisons Domremy.Expansion rapide A la fin de 1955, le R.P.Ubald Villeneuve, O.M.I., aumônier national de l'Association Lacordaire, appuyé par les dirigeants de ce mouvement antialcoolique, réunissait quelques amis généreux pour leur exposer son projet: une maison pour accueillir et traiter les alcooliques.Ils comprirent cet appel et donnèrent suffisamment pour que l'oeuvre prit le départ.On débuta très humblement, à Québec, avec deux lits pour recevoir les patients éventuels.Mais ceux-ci ne tardèrent pas à affluer.Il fallu bientôt agrandir.Ce fut possible grâce à de nombreux bienfaiteurs, puis à l'aide de l'Assistance Publique.Montréal et St-Jérôme eurent leur Clinique Domremy en 1957, puis Trois-Rivières, l'année suivante.Sherbrooke vient d'ouvrir la sien- 334 ne, au début de 1961.Ces cinq Maisons de Réhabilitation Domremy peuvent maintenant recevoir ensemble un total de 180 alcooliques, dont 10 femmes au département qui leur est réservé à Québec.Le nombre des patients traités dans ces Maisons croît sans cesse: de 230 en 1956, il est passé à 790 l'année suivante, puis à 1,150 en 1958 pour atteindre 1,315 en 1959 et 1,470 en 1960.Ce dernier chiffre sera vraisemblablement doublé pour l'année en cours, vu les agrandissements réalisés dernièrement à toutes les Maisons Domremy.Afin d'assurer la persévérance des alcooliques réhabilités, on a ouvert des Salles d'Accueil Domremy en différents endroits.Il y en a actuellement une trentaine, compte non tenu de plusieurs autres en voie d'organisation.Les anciens patients des Cliniques Domremy s'y regroupent avec des Lacordaires pour se soutenir mutuellement dans l'abstinence totale, tout en y préparant d'autres alcooliques à se faire hospitaliser à leur tour.Toutes ces Cliniques et ces Salles sont, depuis 1959, groupées dans la "Fédération des Maisons Domremy", dont le secrétariat général est situé à Québec.Celle-ci est indépendante de l'Association Lacordaire, avec laquelle elle conserve cependant certains liens juridiques et surtout amicaux qui assurent une bienfaisante collaboration dans la lutte pour la libération des alcooliques."Traitement à trois dimensions" Il existe plusieurs institutions pour alcooliques.Mais les Cliniques Domremy se distinguent de toutes les autres par ce qu'on appelle le "traitement à trois dimensions", c'est-à-dire le traitement simultanément physique, psychologique et moral.Cette formule s'est avérée adéquate parce qu'elle correspond aux divers aspects de l'alcoolisme.Celui-ci est en effet une maladie, mais d'un type bien spécial.Pour reprendre les mots de NN.SS.les Evêques, "l'alcool a le triste privilège de s'attaquer à la fois au corps et à l'âme".Car l'alcoolique souffre dans son corps des conséquences de ses abus de boisson enivrante.En outre, il s'est graduellement fait une conception de la vie où l'alcool a usurpé un rôle prépondérant.Cela l'a conduit à négliger plus ou moins complètement sa vie morale.Voilà pourquoi la réhabilitation de l'alcoolique doit se réaliser sur ce triple plan, sous peine de n'être qu'éphémère et superficielle.335 But recherché Avant de devenir alcoolique, le buveur est passé par différentes phases.Insensiblement, après une période pouvant varier de deux à quinze ans, il en est arrivé à un point où il est affligé d'une dépendance insurmontable vis-à-vis l'alcool; il est désormais incapable de boire modérément.C'est alors un "alcoolique" au sens strict du terme.Toute sa vie il le restera, même après de nombreuses années d'abstinence totale.Ce fait est indéniable, bien que la science ne puisse encore en fournir l'explication.Cette condition de l'alcoolique détermine le but et les modalités du traitement qu'on lui applique à Domremy.Comme il ne peut plus redevenir un buveur modéré, il ne saurait être question pour lui de "guérison"; encore moins cherchera-t-on à lui enlever "le goût de boire".Puisque, en recourant à l'alcool, il était en train de briser sa vie, tant naturelle que surnaturelle, il va donc falloir l'aider à se rebâtir une existence heureuse, équilibrée et abstinente.Tel est le but du traitement donné à Domremy.Itinéraire suivi Pour bien des gens, relever un alcoolique c'est le désintoxiquer.En réalité, la désintoxication n'est que le prélude au traitement véritable; elle consiste à laisser, s'il y a lieu, l'alcool s'éliminer complètement de l'organisme et à rendre le malade suffisamment apaisé et fortifié pour entreprendre le stage de la réhabilitation proprement dite.Tout cela requiert rarement plus de deux ou trois jours.La réhabilitation est obtenue d'abord sur le plan physique, corporel.L'alcoolique reçoit, selon les prescriptions du médecin qui l'a examiné, les médicaments requis par les perturbations nerveuses et les déficiences en vitamines causées par sa sous-alimentation.Une nourriture saine et abondante ainsi que des conditions matérielles d'habitation relativement confortables lui procurent un bien-être corporel très appréciable.Au point de vue psychologique, il bénéficie de cours spécialement préparés pour l'amener à VOIR et à JUGER son problème-boisson, afin d'AGIR désormais sans alcool dans la conduite de sa vie.(C'est le R.P.Charles Lajeunesse, O.M.I., qui a élaboré le plan de ces causeries, alors qu'il était aumônier de Domremy-Québec.) De longs moments de loisirs, prévus à l'horaire de ses journées, favorisent la réflexion personnelle, 336 tandis que l'exemple et l'expérience des autres patients lui valent les avantages de la thérapie de groupe.Il rencontre privément l'aumônier qui l'aide à voir clair dans sa vie et à régler ses problèmes intimes; cette psychotérapie est complétée par des entrevues ou des communications épistolaires avec son épouse ou, selon l'occurence, avec d'autres personnes de son entourage.Enfin, l'alcoolique est traité au point de vue moral.Il participe aux richesses spirituelles des sacrements, de la direction de conscience et de la prière collective.Chaque jour, il assiste à la messe et l'occasion de faire une retraite fermée lui est fournie durant son stage.Ainsi se trouve restaurée une vie surnaturelle habituellement très affaiblie — pour ne pas dire davantage — par l'intempérance.Autour du patient Un tel traitement requiert un personnel hospitalier complet (aumônier, médecins, infirmières, gardiens, etc.) et compétent.Le patient doit baigner dans une atmosphère de charité et de compréhension.Lors de son entrée, il est souvent rempli de craintes et d'angoisses, redoutant les blâmes et les reproches dont il est saturé; on l'accueillera donc avec une charité douce, prévenante, calme et ferme.Il n'a encore qu'une vue très confuse de sa propre situation.Comme il désire intensément s'y démêler, il sera prêt à donner toute sa confiance dès qu'il discernera une compréhension authentique et amicale de ses problèmes chez ceux qui s'occupent de l'aider à refaire sa vie.Prolongement du traitement Un stage d'environ trois semaines est ordinairement suffisant pour obtenir la réhabilitation de l'alcoolique.Mais celle-ci doit ensuite être consolidée.L'épouse, les amis, les employeurs, l'entourage ont ici un rôle très important à remplir.S'ils savent comprendre l'alcoolique devenu abstinent, ils pourront collaborer efficacement à sa persévérance.La contribution des services sociaux, lorsqu'elle est disponible, peut alors s'avérer très opportune.Mais celui qui peut faire le plus dans ce domaine, c'est encore le prêtre, qui dispose ses indispensables ressources sacramentelles, à condition qu'il sache se faire accueillant, compréhensif et patient.Cependant, l'expérience de Domremy a établi que les plus forts taux de persévérance se rencontrent là où fonctionnent activement les Salles d'Accueil Domremy.En ces endroits, les alcooliques réhabilités, 337 tout en se protégeant eux-mêmes contre des défaillances toujours possibles, se font apôtres, parfois admirables, auprès de leurs amis encore buveurs.Pour décider ceux-ci à se faire traiter à leur tour, ils utilisent un argument extrêmement convaincant: la transformation de leur propre vie.Espoir pour les alcooliques Domremy apporte aux alcooliques l'Espoir de la libération.Pour apprécier l'importance de ce fait, il faut se rappeler leur état de profonde dépression.Quand on scrute l'histoire intime de chacun d'eux, on constate rapidement qu'ils ont vécu, depuis de nombreuses années parfois, dans une angoisse indicible.Ne pouvant la supporter, ils l'accroissent sans cesse en s'évadant dans l'alcool.Devant l'échec des multiples stratagèmes employés pour maîtriser leur impulsion à boire, ils s'enfoncent dans le découragement, se croyant à la fin irrémédiablement incapables de sortir de ce cercle infernal.Mais, lorsqu'ils voient leurs anciens compagnons de buvette relevés par Domremy, ils se reprennent à espérer, mais avec raison cette fois.L'oeuvre Domremy n'a que cinq ans d'existence.Elle est en pleine expansion.L'expérience lui apportera encore bien des améliorations.Mais, déjà, on peut affirmer que l'essentiel de la formule la plus efficace pour le traitement des alcooliques s'y trouve appliqué.Cela vient d'être reconnu en France, où l'on ouvrait tout dernièrement une clinique pour alcooliques s'inspirant expressément de nos Maisons Domremy.Pour nous, il y a lieu de nous réjouir, avec une légitime fierté, de cette réalisation canadienne où s'unissent harmonieusement la médecine, la psychologie et la religion pour offrir à nos frères, les alcooliques, un espoir merveilleusement sûr de vie humaine et chrétienne vraiment heureuse pour eux-mêmes et pour les leurs.Note.Pour toute information relative aux conditions d'entrée et de séjour des patients, on peut s'adresser à l'une ou à l'autre des cinq Cliniques Domremy, dont voici les adresses: Domremy-Québec: 615, rue Calixa-Lavallée (c'est là que se trouve également le seul département pour les femmes alcooliques).Tél.: 527-3485.Domremy-Montréal: 685 Boulevard Décarie.Tél.: RI.: 4-5841.Domremy-Trois-Rivières: 884, rue Haut-Boc.Tél.: FR.: 5-8909.Domremy-St-Jérôme: Cté Terrebonne.Tél.: GE.: 2-9282.Domremy-Sherbrooke: 154, Boulevard Queen Nord.Tél.: LO.: 2-3196.Le Secrétariat de la Fédération des Maisons Domremy est situé à 295, rue St-Jean, Québec 4, Tél.: 523-2097.338 Roger Poirier, O.M.I.Récollection Ce plan de récollection a été proposé pour les congrès de chefs de la J.O.C.durant le mois d'août.En plus d'être une occasion de réflexion sur la charité cette récollection était une introduction au programme religieux de l'année sur la charité.Comme il est normal qu'au début de l'année les sections locales d'Action Catholique aient une récollection pour leurs chefs, quelques aumôniers nous ont suggéré de reproduire ce plan à l'intention des aumôniers locaux.Entre le forum et les commissions suggérés l'examen personnel, fait en silence, peut favoriser une meilleure prise de conscience de leur attitude de charité et contribuer à un échange plus profond durant les commissions.Ce même examen pourra servir de base à une rencontre personnelle entre les dirigeants et leur aumônier.I - FORUM SUR LA PARABOLE DU SAMARITAIN — la faire lire, — l'aumônier pourrait poser les questions suivantes: 1 — Quelle sorte de charité avait le lévite, le prêtre, le samaritain?2 — Qu'est-ce qui manquait au lévite et au prêtre pour avoir une vraie charité?— conclusion: 1° Montrer les exigences de la charité.2° Montrer comment le Samaritain a vraiment imité Dieu.Dieu nous a aimés le premier et le Samaritain a fait de même envers le blessé.3° Nous aussi nous devons aimer Dieu et nos frères.Nous allons essayer de découvrir notre charité par le questionnaire suivant fait en commissions.Prédication 339 II - EXAMEN DE CONSCIENCE PERSONNEL FAIT EN SILENCE (15 minutes) QUE L'ON POURRA REVISER AVEC L'AUMÔNIER PAR LA SUITE 1 — Est-ce que j'ai réellement de l'amitié pour chaque membre de la section?— de quelle façon je juge leur travail, leurs attitudes, leur comportement?— de quelle façon je me comporte avec eux?2 — Dans mes attitudes envers les équipiers, qu'est-ce qui manifeste une réelle amitié de ma part?— ma régularité à sortir avec eux — l'intérêt que je porte aux problèmes personnels de chacun — le désir que j'ai deles rencontrer plus souvent.3 — Quelles sont mes attitudes devant la misère des pays sous-déve-loppés, devant la haine qui divise les peuples, devant les péchés de la société?— ça me laisse indifférent — ça me fait peur — ça me pousse à mieux jouer mon rôle — je cherche à faire ma part.4 — Quelles sont mes difficultés à donner un témoignage de charité?— dans mes relations de loisirs — dans mes relations de travail — auprès de ma famille — dans mes fréquentations et mon comportement avec les filles.5 — Est-ce que je cherche à augmenter mon amitié envers Dieu, le Christ, la Vierge?6 — Comment mes points jocistes m'aident-ils à développer ma charité et à vivre en état de grâce?Résolution: .III - COMMISSIONS A — Amitié avec nos frères 1 — Est-ce que par nos gestes il nous arrive d'imiter les deux premiers personnages de la parabole?340 — comment?— de quoi ça dépend?2 — Est-ce que nous essayons de devenir vraiment amis avec les gars?— au travail?— dans nos loisirs?3 — Est-ce que cette amitié est exigeante?— au point de vue des contacts, sorties?4 — Avons-nous des faits montrant que notre charité a transformé des gars?Est-ce que ça eu des conséquences pour votre engagement?B — Amitié avec Dieu 1 — Par nos attitudes est-ce qu'on montre qu'on est de vrais fils de Dieu?2 — Qu'est-ce qui nous manque?Que faudrait-il changer dans notre vie?IV - CONCLUSIONS PAR L'AUMÔNIER — Il s'agirait de leur faire comprendre que la charité est une amitié avec Dieu et avec le fils de Dieu.Nécessité de l'état de grâce.— Montrer quelle est notre façon à nous de répondre à l'amour de Dieu et les exigences de cet amour.— Faire ensuite les applications concrètes envers les problèmes de la section, de la paroisse.Fixer un idéal à atteindre d'ici la prochaine récollection.— Inviter chacun à vérifier son degré de charité par une revision avec l'aumônier dans une prochaine rencontre.Pas de discussions interminables."A ce stade de l'application concrète des principes, des divergences de vue peuvent surgir entre catholiques droits et sincères.Lorsque cela se produit, que jamais ne fasse défaut la considération réciproque, le respect mutuel et la bonne volonté qui recherche les points de contact en vue d'une action opportune et efficace; que l'on ne s'épuise pas en discussions interminables; et sous le prétexte du mieux, que l'on ne néglige pas le bien qui peut et doit être fait." Jean XXIII Mater et Magistra 341 V*U >e Y£xli se Nos responsabilités sociales DÉCLARATION DE LA COMMISSION ÉPISCOPALE D'ACTION SOCIALE À L'OCCASION DE LA FÊTE DU TRAVAIL Les enseignements sociaux de l'Eglise sont les seuls capables de rétablir la société dans l'ordre et d'assurer à tous les peuples une ère de prospérité, de joie et de paix, affirme le message publié par la Commission épiscopale d'Action sociale, à l'occasion de la fête du travail.La Commission formule le voeu que tous prennent connaissance des enseignements lumineux de S.S.Jean XXIII dans l'encyclique "Mater et Magistra"."Les directives qui s'y trouvent, précise la déclaration, sont les seules capables de rétablir la société dans l'ordre et d'assurer à tous les peuples une ère de prospérité, de joie et de paix".Les problèmes de notre époque Le message de la Commission épiscopale souligne que le pape Jean XXIII a traité, dans son encyclique sociale, de tous les problèmes sociaux et économiques d'aujourd'hui.Le Pape réclame une rétribution juste et équitable pour les travailleurs des pays industrialisés; parle de la "misère imméritée" des populations des pays sous-développés; souligne que les agriculteurs doivent participer à la prospérité générale et que, pour ce faire, il faut élaborer pour eux des politiques économiques qui leur permettent d'accroître leur productivité; défend le droit des travailleurs à 342 s'unir; aborde le problème des rapports entre l'accroissement démographique et les moyens de subsistance disponibles; refuse l'étatisme étouffant aussi bien que l'individualisme anarchique, et demande que soit respectée la dignité de la personne humaine.La fête du travail revêt cette année une importance bien particulière, souligne la déclaration épiscopale."Le 70e anniversaire de l'encyclique "Rerum Novarum" et la publication d'une autre encyclique sociale "Mater et Magistra" de Sa Sainteté le pape Jean XXIII nous invitent tous d'une façon pressante à approfondir l'enseignement social de l'Eglise et à prendre conscience davantage de nos responsabilités dans ce domaine." La déclaration rappelle que "Léon XIII s'est élevé avec courage contre les préjugés de son temps, contre les postulats du libéralisme économique", et que les réalisations inspirées par Léon XIII furent nombreuses: "les travailleurs ont obtenu des conditions de vie meilleures, les organisations professionnelles se sont multipliées, une législation sociale s'est développée qui accorde aux faibles une meilleure protection".D'autres problèmes actuels "Par ailleurs, toutes les directives de Léon XIII n'auront pas été appliquées aussi longtemps que le fléau du chômage subsistera, que des familles seront condamnées à vivre dans des taudis et que des travailleurs continueront de recevoir un revenu insuffisant aux exigences de la justice et de l'équité." Et le pape Jean XXIII, dans sa dernière encyclique "Mater et Magistra", a appelé l'attention sur la misère imméritée des populations des pays sous-développés."Le devoir de leur venir en aide avec le plus grand désintéressement, affirme la déclaration, est d'autant plus impérieux qu'une paix féconde et durable ne pourra exister tant que les conditions économiques et sociales de ces pays différeront aussi considérablement de celles des pays développés." La Commission épiscopale d'Action sociale souligne que, à l'instar de Léon XIII, Sa Sainteté Jean XXIII veut nous rendre conscients de la collaboration de tous, individus, groupes et pouvoirs publics pour résoudre un nombre toujours plus considérable de problèmes économiques et sociaux propres à notre époque.Au premier rang de ces problèmes, il y a le sort des travailleurs même dans les pays industrialisés."La rétribution du travail est fixée par la justice et l'équité.Cela exige une rémunération qui permette aux tra- 343 vailleurs, avec un niveau de vie vraiment humain, de faire face avec dignité à leurs responsabilités familiales.Le progrès social doit accompagner et rejoindre le développement économique." Le Pape estime qu'il faut promouvoir l'entreprise artisanale et l'exploitation agricole à dimensions familiales et aussi l'entreprise coopérative comme intégration des deux précédentes.Le Pape a également affirmé, ajoute la déclaration, que dans la moyenne et la grande entreprise, l'aspiration des ouvriers à prendre une part active à la vie des entreprises où ils sont enrôlés et travaillent est légitime; elle répond aux exigences légitimes inscrites au coeur de l'homme et est en harmonie avec le déroulement de l'histoire en matière économique, sociale et politique.La déclaration note que la situation de l'agriculteur a aussi retenu l'attention du pape Jean XXIII."La productivité de leur travail de même que leur niveau de vie sont trop souvent inférieurs à ceux d'un bon nombre de citadins.Il est donc nécessaire d'élaborer pour eux des politiques économiques qui leur permettent d'accroître leur productivité, de leur assurer une plus grande sécurité et de mieux participer ainsi à la prospérité générale.Les travailleurs mieux favorisés ne peuvent rester indifférents devant le sort de leurs frères agriculteurs ou autres, qui ne jouissent pas comme eux de conditions économiques et sociales équitables." Le droit d'association "La pratique plus généralisée du droit d'association pour tous les travailleurs, comme pour les agriculteurs, (poursuit la déclaration,) leur permettra d'être mieux intégrés dans notre société et de participer vraiment à tous les niveaux de la vie économique et sociale.Ils pourront ainsi être associés à l'élaboration et à l'exécution des politiques économiques et sociales nécessaires à leur bien-être." "Dans notre pays, même si le syndicalisme s'est largement développé, nous devons constater que notre société n'a pas pleinement accepté l'institution syndicale et qu'un trop grand nombre de travailleurs et d'agriculteurs en sont encore absents.Cet état de choses nuit à l'action directe du syndicalisme et surtout l'empêche de jouer le rôle qui lui revient devant les problèmes complexes et considérables qui se posent dans notre société économique." La Commission épiscopale affirme, dans son message, que le problème des rapports entre l'accroissement démographique et les moyens de 344 subsistance disponibles reçoit sa vraie solution dans l'encyclique "Mater et Magistra"."La solution de base de ce problème ne doit pas être recherchée dans des expédients qui offensent l'ordre moral établi par Dieu et s'attaquent aux sources mêmes de la vie humaine, mais dans un nouvel effort scientifique de l'homme pour augmenter son emprise sur la nature.Les progrès déjà réalisés par les sciences et les techniques ouvrent des horizons illimités." Intervention des pouvoirs publics et liberté "La nécessité d'établir des politiques économiques et sociales, poursuit la déclaration, exige une intervention toujours plus considérable des pouvoirs publics.Comment conserver au monde contemporain des zones suffisantes de liberté et un sens véritable des responsabilités sociales, tout en apportant une solution valable à ces divers problèmes?L'Eglise se refuse autant à l'étalisme étouffant qu'à l'individualisme anarchique.La loi du profit et la raison d'état ne peuvent être considérées comme les bases d'une politique sociale à l'échelle humaine.La politique sociale ne peut être élaborée en l'absence des intéressés." "L'établissement de politiques qui répondent aux besoins de notre temps, tout en respectant l'homme sujet de la vie sociale, requiert donc que l'Etat stimule les intéressés à accepter leurs responsabilités et leur fournisse des cadres propices à une action coordonnée." La déclaration rappelle enfin que "les associations d'employeurs et d'employés, de même que tous les autres groupements, doivent éviter de créer chez leurs membres l'impression qu'elles sont devenues des organismes qui assujettissent, compriment et étouffent"."Initiation à l'action syndicale" C'est le titre d'un nouveau volume de 143 pages dont les auteurs sont Fernand Jolicoeur et Jean-Paul Lefebvre du Service d'éducation de la Confédération des Syndicats Nationaux.En 14 chapitres, les auteurs expliquent brièvement et simplement les rouages du syndicalisme et le rôle qu'il doit jouer à l'égard du travailleur de l'entreprise et de la société.Prix $1.00 En vente aux Editions Ouvrières 1 575A rue St-Denis, Montréal, Que.345 La femme et la vie sociale Jean XXIII "Nous avons dit que vous avez affronté l'examen d'une question de grande importance et d'actualité.En effet, le rythme dynamique de l'évolution technique et sociale de ces cinquante dernières années a eu également pour effet de faire sortir la femme de l'enceinte domestique et de la mettre en contact direct avec la vie publique.Nous la voyons ainsi se livrer à son travail dans les usines, dans les bureaux, dans les commerces et entrer dans un champ de vie et d'action exclusivement réservé à l'homme.Ce n'est pas le cas de Nous arrêter à considérer si cet état de choses correspond au véritable idéal de la femme et, encore moins, de Nous laisser aller à des regrets et à des récriminations.C'est en revanche le devoir des catholiques d'examiner ces faits et, à la lumière des enseignements chrétiens, d'en tirer les indications qui sont susceptibles d'atténuer les difficultés de la condition actuelle de la femme et d'obvier aux dangers qu'un tel état de choses comporte indubitablement.Sans entrer dans les détails de ce problème vaste et complexe, Nous Nous limiterons à mettre en relief certains points d'importance fondamentale pour la juste orientation de vos travaux.Parité de droits et non de fonctions En premier lieu, la profession de la femme ne peut faire abstraction des caractéristiques particulières avec lesquelles le Seigneur a voulu distinguer sa physionomie.Il est vrai que les conditions de vie tendent à introduire l'égalité presque absolue de l'homme et de la femme.Toutefois si la parité de droits justement proclamée doit être reconnue dans tout ce qui est propre à la personne et à la dignité humaine, elle n'implique en aucune manière une parité de fonctions.Le Créateur a donné à la femme des qualités, des inclinations, des dispositions naturelles qui lui sont propres ou à un degré différent de celui de l'homme; cela veut dire que lui ont été aussi assignés des devoirs particuliers.Ne pas bien distinguer cette diversité des fonctions respectives de l'homme et de la femme, 346 voire leur caractère complémentaire nécessaire, serait prendre position contre la nature et finirait pas déprécier la femme et lui retirer le véritable fondement de sa dignité.Vocation maternelle Nous aimons en outre à rappeler que la fin à laquelle le Créateur a voulu ordonner tout l'être de la femme est la maternité.Cette vocation maternelle est tellement propre à la femme et lui est à ce point naturelle qu'elle s'exerce même quand manque l'engendrement direct des enfants.Si l'on doit donc offrir à la femme une aide convenable dans le choix du travail, dans la préparation et dans le perfectionnement de ses aptitudes, il faut qu'elle trouve dans l'exercice de sa profession un moyen de développer de plus en plus un esprit maternel.Quelle contribution pourrait-elle offrir à la société si elle était mise en mesure d'employer plus convenablement ses précieuses énergies, spécialement dans le domaine de l'éducation, de l'assistance, de la religion et de l'apostolat, et de transformer ainsi sa profession en autant de formes de maternité spirituelle! Aujourd'hui encore, le monde a besoin de sensibilité maternelle, pour prévenir et dissiper cette atmosphère de violence et de grossièreté dans laquelle parfois les hommes se débattent.Le principal centre de ses activités Enfin il faut toujours se rappeler les exigences particulières de la famille, qui constitue pour la femme le principal centre de ses activités et dans laquelle sa présence est indispensable.Malheureusement, les nécessités économiques contraignent souvent la femme à travailler à l'extérieur de l'enceinte domestique.Il n'est personne qui ne voit que cette dispersion d'énergies, cette absence prolongée de la maison mettent la femme dans des conditions qui ne lui permettent pas d'accomplir comme il faudrait ses devoirs d'épouse et de mère.Il en résulte un relâchement des liens familiaux et la maison cesse d'être le nid accueillant, chaud, reposant, où chacun retrouve les assises de sa vie à la flamme des affections.C'est précisément pour ramener l'épouse et la mère à sa propre fonction dans le foyer domestique que Nous aussi, dans l'Encyclique "Mater et Magistra", comme Nos Prédécesseurs le firent dans de mémorables documents, Nous avons exprimé Nos sollicitudes en faveur d'un salaire suffisant à l'entretien du travailleur et de sa famille.347 Intervention active de la femme Très chers fils et filles, les structures sociales modernes sont encore loin de faire en sorte que la femme, clans l'exercice de sa profession, puisse réaliser la plénitude de sa personnalité et offrir cette contribution que la société et l'Eglise attendent d'elle.D'où l'urgence de rechercher de nouvelles solutions afin d'arriver à un ordre et à un équilibre plus conformes à la dignité humaine et chrétienne de la femme.D'où, par conséquent, la nécessité que les forces catholiques féminines prennent conscience des devoirs qui leur incombent.Ceux-ci ne se réduisent plus, comme autrefois, au cadre restreint de la vie familiale.L'accession progressive de la femme à toutes les responsabilités de la vie sociale réclame son intervention active sur le plan social et politique.La femme n'est pas moins nécessaire que l'homme pour le progrès de la société, spécialement dans tous les domaines qui exigent tact, délicatesse et intuition maternelle.Faites-vous donc d'actifs réalisateurs de ces sublimes idéaux, chers fils et filles par la parole, par l'exemple, par l'action.Ne vous laissez pas vaincre par les difficultés.Continuez inlassablement à éclairer les consciences clans un esprit de vérité, de justice et d'amour.Afin que Nos voeux s'accomplissent et qu'une flamme renouvelée de zèle se ranime parmi les membres de vos Associations, Nous invoquons non sans tourner un regard pieux et confiant vers la plus grande Femme de la création de Dieu, la sainte et très douce Mère de Jésus et la nôtre.l'abondance des faveurs divines pour chacun de vous, avec le gage de la Bénédiction Apostolique que Nous vous donnons de tout coeur.6 septembre 1961 Aux Associations féminines italiennes • • • Des pierres d'attente pour la vocation.L'an dernier, 80 séminaristes ex-jocistes venaient à Lourdes pour une session d'étude spéciale."A l'heure présente, disait-on, ils sont 104, issus de la classe ouvrière et du mouvement jociste, qui se préparent au sacerdoce." D'après une enquête faite par ces séminaristes auprès de leurs anciens compagnons de travail, "il y a dans le monde ouvrier des pierres d'attente pour la vocation: don de soi, ouverture aux autres, sens de l'universel, amour de la pauvreté, volonté de proclamer la Parole." 348 es mouvements Le S.O.F.de la l.O.C.va de l'avant L'un des services les plus riches et les plus florissants de la L.O.C.est sûrement le Service d'Orientation des foyers (SO.F.).Les rapports officiels pour l'année 1960-61 précisent qu'on a atteint 1712 foyers dans 157 groupes de 18 diocèses du Québec, de l'Ontario et du Nouveau-Brunswick.En 1959-60, on avait atteint 1511 couples et en 1958-59, 1357 couples.Ce qui indique pour cette année une augmentation de 201 couples et de 355 couples sur l'une et l'autre des deux années précédentes.M- et Mme Adrien Malo sont les premiers responsables nationaux du S.O.F.Le R.P.Jean-Louis Dion, o.m.i.l'aumônier national de la L.O.C.est également l'aumônier du Service.Les congrès de chefs Les mois d'août et septembre donnent lieu, chaque année, à une série de journées d'étude qui préparent la semaine nationale des jeunes travailleurs et relancent le travail des fédérations dans la ligne des programmes adoptés lors de la session intensive.Cette année 11 congrès de chefs ont réuni 300 garçons et 12 fin de semaines d'étude ont groupé 300 filles ayant des responsabilités de dirigeantes ou de chefs d'équipe.lères journées d'études ontariennes Depuis deux ans, la J.O.C.franco-ontarienne reprend vie et d'une façon très dynamique.Sept paroisses du diocèse d'Ottawa, trois du diocèse de Sault-Ste-Marie et trois d'Alexandria possèdent des sections masculines et féminines.M.l'abbé Rhéal Legault est l'aumônier diocésain d'Ottawa, M.l'abbé René Hébert celui de Sault-Ste-Marie et M.l'abbé Paul Lapierre celui d'Alexandria.Pour la première fois, le congrès de chefs réunissait des délégués de ces trois diocèses.Seul les garçons du diocèse de Sault-Ste-Marie man- 349 quaient à l'appel.L'un des dirigeants fédéraux, Donald Routhier, est décédé accidentellement, le jour où l'on devait se mettre en route pour le congrès.La J.O.C.ontarienne est en plein essor et manifeste une vitalité apostolique merveilleuse.Les réunions d'aumôniers Six diocèses ont organisé une journée d'étude pour leurs aumôniers locaux.Il s'agit des diocèses de Montréal, d'Ottawa, de Joliette, de St-Hyacinthe, de Nicolet et de St-Jean.Les aumôniers nationaux ont participé à la plupart de ces journées.La semaine nationale des jeunes travailleurs Du 24 septembre au 1er octobre s'est tenue à travers le Canada français, la semaine nationale des jeunes travailleurs.Le thème de la semaine portait sur la vie professionnelle des jeunes travailleurs.Et le slogan était: Jeune travailleur, prends ta place au travail! Une centaine de meetings ont eu lieu à travers les trois provinces où la J.O.C.existe.Environ 25,000 jeunes des deux sexes ont participé à ces meetings.La clôture se fit par une Messe Pontificale à l'Oratoire St-Joseph chantée par Son Excellence Mgr Percival Caza, évêque coadjuteur de Valleyfield et secrétaire de la Commission Episcopale d'Action Catholique.Son Excellence fit également le sermon de circonstance.Un ralliement de quelques milliers de jeunes termina la journée au manège militaire de Côte-des-Neiges, à Montréal.Le Conseil Mondial de la J.O.C.Il aura lieu du 2 au 11 novembre prochain, à Rio de Janeiro au Brésil.On attend des délégations de 90 pays.La délégation canadienne sera composée de Mlle Denyse Gauthier, ex-présidente et candidate au poste d'assistante secrétaire internationale de la J.O.C, Mlle Denyse Gué-vin, présidente nationale de la J.O.C.F., M.Rolland Ouimet, président national de la J.O.C.et le R.P.Paul-Emile Pelletier, o.m.i., aumônier national de la J.O.C.350 Le point le plus important au programme traitera de la préparation des jeunes travailleurs et des jeunes travailleuses à la vie familiale.La J.O.C.internationale est très intéressée à prendre connaissance des expériences faites au Canada français dans le domaine du S.P.M.La J.O.C.canadienne-française a contribué au fonds de solidarité internationale pour une somme de $6,000.Ce fonds spécial est destiné à défrayer une partie des dépenses de voyages des délégués des pays sous développés.Le S.P.M.se remet à l'oeuvre Une centaine de groupes dont 50 à Montréal ont repris avec septembre leurs activités auprès des fiancés.En même temps, les équipes fédérales se préparent pour la grande période de l'hiver.Un peu partout s'organisent des congrès de responsables et des journées d'étude de conférenciers.La Commission Nationale du S.P.M.de la J.O.C.a siégé les 17 et 18 septembre dernier pour entreprendre la refonte de toute la documentation utilisée jusqu'ici.Les marches priantes St-Jérôme, Trois-Rivières, Shawinigan, Joliette, St-Hyacinthe et So-rel ont organisé, au cours de l'été, leur marche priante des jeunes travailleurs et jeunes travailleuses.Environ 2000 garçons ont parcouru des distances variant de 15 à 25 milles et 1000 filles ont marché à leur tour environ 4 à 5 milles.Le long de la route, c'étaient des chants, des prières, des confessions, du silence.Et au bout de la route, c'était la messe avec communion générale.A St-Hyacinthe, Son Excellence Mgr Douville a béni la croix et l'a portée en tête du cortège pour la première étape de la marche.C'est également Son Excellence qui a célébré la messe, à 3 heures a.m.pour le millier de jeunes qui terminaient ainsi leur marche.351 DOCTEUR JEAN M.TREMBLAY OPTOMÉTRISTE EXAMEN DE LA VUE AL.BENOIT-BENOIT PROTECTAL Inc.1617.RUE ST-DENIS — VI.2-4904 La Cie F.-X.DROLET Atelier de mécanique et fonderie Spécialité: ascenseurs 245, rue Du Pont QUÉBEC Tel LA.4-5257 'il Afoupart&Cie ^^^^^^^^^^^ I LIMIT tt ^^—^^— 1715 rue Wolfe Montréal LA 3-2193 Hommages d'un ami Pour vos problèmes de fondations consultez FRANKI Spécialistes en fondations Etudes des sols — Pieux — Caissons — Poutrelles — Palplanches FRANKI OF CANADA LIMITED 187, Boul.Graham Montréal REgent 9-2371 Québec — Ottawa — Toronto — Edmonton — Vancouver — IV — 1909-1961 Acme Vacuum Cleaner Co.Ltd.MAISON CANADIENNE FRANÇAISE DIRIGÉE DEPUIS SA FONDATION PAR MONSIEUR ADÉLARD SALMAN, PRÉS.Centrales de nettoyage par le vide et aspirateurs portatifs pour — Eglises — Ecoles — Centres Récréatifs — 9875, rue CLARK - MONTRÉAL - DUpont 8-5721 A l'enseigne des produits de qualité "Avec du beurre c'est toujours meilleur! De cette affirmation on ne peut discuter, Si le beurre employé est du Fédérée, Car toujours vous y trouvez qualité et saveur.Le beurre Fédérée fait partie d'une série de produits de même marque offerte à la ménagère du Québec par la Centrale des Coopératives agricoles de notre province.Les produits "Fédérée" sont toujours appréciés COOPÉRATIVE FÉDÉRÉE DE QUÉBEC Montréal — Québec — Trois-Rivières — Victoriaville Princeville — Rimouski — La Sarre Jseui* une action d apeslûlaî synchronisée "Au cours de ces quarante dernières années, nos prédécesseurs ont multiplié leurs indications pour une action d'apostolat synchronisée, convergente, qui ne soit pas exposée à d'inutiles et dangereux retards en raison de manque d'accord, de prétentions à l'exclusivité dans le travail ou (Dieu nous en préserve!) une certaine forme d'intolérance pour l'oeuvre, pourtant précieuse, déployée par d'autres dans le même champ du Seigneur.Cette collaboration, selon la pensée des Pontifes Romains, exige l'enrôlement, sur le même plan d'entente, et pour un succès efficace, de tout le clergé actif de chaque diocèse, clergé séculier et clergé régulier, pour seconder de bon gré la volonté de l'évêque et ses indications.Nous avons recueilli ce dépôt comme un devoir sacré.Quelque chose de Notre sollicitude en ce sens se trouve dans le Synode célébré à Venise, en novembre 1957.Et Nous Nous plaisons à rappeler que notre dessein de vouloir considérer comme un tout les prêtres séculiers et réguliers, lesquels constituent ensemble le clergé diocésain, au service des âmes et sous le regard paternel de l'évêque, fut accueilli avec un respect dévoué, dans un climat d'enthousiasme, et reste encore une très heureuse réalité." Discours de S.S.Jean XXIII (15 nov.'60 aux supérieurs provinciaux des états de perfection d'Italie.)
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