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Titre :
Prêtre aujourd'hui
Revue de l'Action catholique ouvrière qui offre réflexion et support aux prêtres en vue de la stimulation de l'action pastorale populaire.
Éditeur :
  • Montréal :Aumôniers nationaux et diocésains de la J.O.C. et de la L.O.C,1958-1966
Contenu spécifique :
janvier
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
chaque mois
Notice détaillée :
Titre porté avant ou après :
    Prédécesseur :
  • Action catholique ouvrière
  • Successeur :
  • Prêtres et laics
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Prêtre aujourd'hui, 1963-01, Collections de BAnQ.

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REVUE D'ACTION CATHOLIQUE Janvier 1963 Vol.XIII No 1 i-l~elle à pénétrer \yomme chercne-t~eiie a pêne dans le monde nouveau de la jeunesse Travailleuse E.H.Huyboom, ptn • L'orientation générale de la L.O.C.Jacques Champagne • L'entrevue des fiancés avec le prêtre durant une série de cours Fernand Ostiguy, ptre Rédaction et Administratioi 6901, rue St-Denis.Montréal -10, Que. A l'enseigne des produits de qualité BEURRE "Avec du beurre c'est toujours meilleur! De cette affirmation on ne peut discuter, Si le beurre employé est du Fédéré», Car toujours vous y trouvez qualité et saveur.Le beurre Fédérée fait partie d'une série de produits de même marque offerte à la ménagère du Québec par la Centrale des Coopératives agricoles de notre province.Les produits "Fédérée" sont toujours appréciés COOPÉRATIVE FÉDÉRÉE DE QUÉBEC Montréal — Québec — Trois-Rivières — Victoriaville Princeville — Rimouski — La Sarre fjoseph^lîe, ftee, GASTON EUE, prés.• Vente, installation et service de brûleurs par des experts.• Service complet de système à chauffage.• Service jour et nuit.• Livraison automatique.WE 3-8403 • Huile à chauffage Domestique et Industrielle.1944, ouest, Boul.Dorchester Montréal 25, Que.— n — J.L.SÉGUIN & FILS LTÉE Plombarie — Chauffage 114 Marier Ave., Eastview, Ont.Tél.: SH.5-1508 LES EQUIPEMENTS DE BUREAU RICHELIEU LTÉE 224 rue Champlain, St-Jean, Que.Montréal: OLympia 8-2808 J.I.CHARETTE, Prés.Tél.: FI.7-7425 OVERNITE EXPRESS LIMITED 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STE-CATHERINE MONTRÉAL (Hctaaitattt $xnt& LIMITÉE St-Hyacinthe, Que.Facteurs d'orgues et aussi d'ameublements d'églises Cette maison fondée en 1880 est aujourd'hui l'une des plus importantes au monde, dans ce genre d'industrie._ rv — Volume XIII No 1 Janvier 1963 Prêtre, AUJOURD'HUI HORIZON L'orientation générale de la L.O.C.Jacques Champagne 2 PASTORALE Comment la J.O.C.cherche-t-elle à pénétrer dans le monde nouveau de la jeunesse travailleuse E.H.Huyboom, ptre 12 Des témoignages éloquents .22 PRÉDICATION L'entrevue des fiancés avec le prêtre durant une série de cours .Fernand Ostiguy, ptre 29 Les retraites de fiancés au diocèse de St-Hyacinthe .François Ménard, ptre 37 VOIX DE L'EGLISE Un cantique de louange à la famille et au travail humain S.S.Jean XXIII 41 I- "Prêtre, Aujourd'hui" est sous la responsabilité des Aumôniers nationaux et diocésains d'Action Catholique Ouvrière Rédaction et administration: 6901 rue St-Denis, Montréal 10, P.Q.Canada.CR.: 3-2891 Directeur: R,P.Roger Poirier, o.m.i.— Rédacteur: R.P.Paul-Emile Pelletier, o.m.i.Administrateur: R.P.Jacques Lemay, o.m.i.— Publicist.?: R.P.Paul-E.Deschênes, o.m.i.Avec autorisation de l'Ordinaire — Abonnement régulier: $3.00 "Le Ministère des Postes, à Ottawa, a autorisé l'affranchissement en numéraire et l'envoi comme objet de deuxième classe de la présente publication." tM^S^aS 2 L'orientation générale de la L.O.C.Jacques Champagne Secrétaire national de la L.O.C.Le présent numéro de la revue "Prêtre aujourd'hui" offre à ses lecteurs la première tranche d'un travail effectué lors du dernier Conseil National de la L.O.C.(10 et 11 novembre 1962) sur l'orientation générale de ce mouvement.Cette première partie est constituée d'un certain nombre de faits, de situations, observés en L.O.C.depuis une couple d'années.La seconde tranche, qui paraîtra dans la prochaine édition de "Prêtre Aujourd'hui", livrera les réflexions du Comité National et du Conseil National sur cette situation.Ajoutons que le texte qui suit a fait l'objet d'un long échange de vues lors du Conseil National, lequel a permis d'apporter des précisions sur les différents problèmes soulevés sans mettre en doute l'existence d'aucun de ces problèmes.On peut donc affirmer que ce texte, préparé par la Centrale Nationale, a reçu la ratification du Conseil et représente le point de vue de l'ensemble du mouvement sur l'état actuel de la L.O.C.2 1ère partie LA SITUATION ACTUELLE DE LA L.O.C.Ce texte ne veut pas nécessairement présenter un portrait complet de la situation actuelle du mouvement.Il veut plutôt ramasser ensemble un certain nombre de faits, de situations concernant une bonne douzaine d'aspects de la marche du mouvement.La plupart de ces situations ou des problèmes qu'elles soulèvent ont déjà été abordés à l'occasion de conseils nationaux ou de sessions intensives ou encore découlent d'études ou d'échanges de vue faits à ces réunions.Quant aux quelques autres problèmes qui n'entrent pas dans cette catégorie, le comité national a été amené à en prendre conscience par ses contacts avec des comités ou dirigeants fédéraux, avec des prêtres, etc.Ce qu'il y a de plus nouveau, c'est de grouper ensemble ces situations et ces problèmes.Il y a là, croyons-nous, matière à réflexion; et à des réflexions différentes de celles qu'amènerait une discussion sur chacun de ces aspects pris séparément.a) LE PROGRAMME D'ACTION Le programme d'action a toujours été, dans le mouvement, le principal moyen dont celui-ci disposait pour atteindre sa mission de christianiser le monde ouvrier.Il le demeure encore.Il n'est pas exagéré d'ajouter que depuis trois ans des efforts considérables ont été déployés à tous les échelons du mouvement pour donner à cette méthode de travail toute sa place et toute sa valeur (il en a été longuement question, sous un aspect ou l'autre, à presque tous les conseils et sessions; les bulletins, en particulier le Bulletin des Chefs d'équipe et le Meneur, ont été en bonne partie réformés dans ce but; le programme d'action est davantage la principale préoccupation des cercles d'étude, des comités locaux et des conseils fédéraux, etc).Malgré les améliorations sensibles obtenues à la suite de ces efforts, au moins deux questions importantes continuent de se poser: — quand on regarde les résultats du dernier programme d'action, on ne peut faire autrement que de se demander: est-ce là tout ce qu'un programme d'action, réalisé pendant un an par tout un mouvement, doit donner?Est-il normal que l'action des militants consiste presque uniquement en une éducation individuelle 3 d'hommes ou de femmes du milieu ouvrier?Sinon, que peut-être l'action organisée ou collective?L'an passé, elle a consisté principalement à organiser des activités destinées à occuper une part des temps libres des adultes et un bon nombre de ces activités ont été du domaine "sport" ou "divertissement"; est-ce normal?En définitive, quel genre de transformation veut-on réaliser avec le programme d'action?— les difficultés rencontrées dans la réalisation du programme d'action au niveau local demeurent encore très nombreuses et sérieuses.Il faudrait trouver les causes profondes de cette situation.A ce sujet, une enquête doit être mise en marche dans tout le mouvement dès cet automne.b) LA REVISION DE VIE Depuis moins d'un an, la revision de vie a été pour de bon ajoutée au programme d'action comme méthode de travail.Il est encore trop tôt pour en analyser les résultats et la portée.Mais déjà on peut noter que l'introduction de cet item dans les cercles d'étude a répondu à un besoin ressenti par plusieurs équipes de base.Est-ce parce que la nécessité d'un tel item était ressentie depuis longtemps?Est-ce parce qu'on juge que la revision de vie est plus facile ou plus attrayante que le programme d'action?Est-ce plutôt à cause des difficultés rencontrées dans la réalisation du programme d'action?Toujours est-il qu'on entend parler dans quelques régions, de la possibilité de sections qui mettraient de côté le programme d'action pour ne travailler qu'avec la revision de vie.c) L'ACTION DE MASSE Par cette expression, nous entendons certains moyens d'action établis depuis un certain temps dans le mouvement et susceptibles de rejoindre une proportion importante du monde ouvrier adulte.Plus précisément, il s'agit de la Semaine de la Famille Ouvrière et du Magazine, à quoi nous pouvons ajouter le tract "le 7e jour" qui a été une action particulière à l'année 1961-62.Au sujet de la S.F.O., tous se rappellent que la proposition faite par une fédération lors du Conseil de novembre 1961 à l'effet d'abolir cette activité à cause de toutes les énergies perdues à de l'organisation matérielle et à cause du fait que la S.F.O.ne rejoint à peu près que les membres des cercles d'étude.La discussion fut reprise au Conseil National 4 de mars dernier.On sait que depuis, de nouvelles possibilités ont été entrevues et ont même été expérimentées une première fois quant aux formes que les manifestations peuvent revêtir au cours de la S.F.O.La proposition à l'effet de publier et vendre un tract populaire en rapport avec le programme d'action sur les temps libres a suscité d'assez vives discussions en Conseil National (novembre 1961).En dehors de l'élément finance qui complique toujours ces discussions, l'aspect le plus discuté fut la valeur même de ce type d'action.Quant au magazine, il est un instrument d'action fort semblable au tract "le 7e jour".Toutefois, son existence ou le type d'action qu'il représente ne fut pas mise directement en doute, du moins au cours des dernières années.Craint-on de le faire à cause de son importance financière pour le mouvement.d) FONDATION DE SECTIONS La L.O.C.est loin d'avoir couvert tout le terrain qui lui est confié.Dans plusieurs diocèses du Québec et de l'extérieur, la L.O.C.est inexistante.Dans ceux où le mouvement est organisé, il y a place pour un grand nombre de nouvelles sections.Lors de la Journée d'étude nationale tenue en février dernier sur la question du recrutement, les constatations suivantes ont été faites: — à la L.O.C.F., les 9 fédérations présentes avaient fondé depuis 11/2 an 5 nouvelles sections.— à la L.O.C, les 7 fédérations présentes avaient fondé 1 nouvelle section depuis la même période de temps.— à quoi s'ajoutaient un petit nombre de tentatives de fondation non réussies et un plus petit nombre encore de fondations en marche.Quant à la façon de fonder de nouvelles sections, il faut mentionner que: — à la L.O.C.F.on ne met pas en doute la méthode du noyau de formation.Toutefois, plusieurs fédérations ont modifié le nombre de réunions et parfois même le contenu des réunions.— à la L.O.C, il est arrivé plusieurs fois de rencontrer des dirigeants fédéraux qui ne croyaient plus à la méthode du noyau de formation, qui se demandaient comment procéder pour fonder des sections ou qui demandaient au comité national d'inscrire cet item dans une réunion nationale en vue, un de ces jours, de préparer un nouvel instrument de fondation plus adapté.5 — récemment, il nous a été donné de voir naître de nouvelles sec-lions qui ont tout simplement été invitées dès les débuts à travailler avec le programme d'action ou avec la revision de vie.e) RECRUTEMENT ET EFFECTIFS Il s'agit ici du recrutement dans les sections déjà existantes.Cette question lut particulièrement l'objet des deux dernières journées d'étude nationales pour les responsables de noyaux de formation (mai 1960 et lévrier 1962) et tie la Session Intensive 1960.Si les orientations prises à ce moment lurent unanimement acceptées, on ne peut pas dire qu'elles eurent beaucoup de résultats pratiques.C'est assez compréhensible, puisque le recrutement devenait très relié à la réalisation du programme d'action, lequel pose encore beaucoup de difficultés.Un résultat de ceci, c'est que l'ensemble des sections voient leurs effectifs diminuer peu à peu et ne reçoivent à peu près pas de sang neuf.Indépendamment de l'âge des membres des sections, celles-ci souffrent en général de vieillissement, la majorité de leurs membres ayant connu pendant un certain temps une L.O.C.moins exigeante que celle qui est proposée actuellement.L'ensemble du mouvement est dans le même état: des sections tombent et ne sont pas remplacées par des équipes plus fraîches et plus dynamiques.En plus des conséquences et de cet état de recrutement sur la vie même du mouvement, il est facile d'en deviner les conséquences d'ordre financier.Pour terminer voici quelques chiffres sur les effectifs du mouvement depuis 1956: ANNEE MEMBRES L.O.C.MEMBRES L.O.C.F.1956 1472 3490 1957 1384 3215 1958 1233 3114 1959 1173 3040 1960 1041 3019 1961 907 2752 1962 684 2251 f) LA STRUCTURE DE BASE DU MOUVEMENT Par structure de base, nous entendons l'organisation du mouvement à l'échelon local, organisation qui comprend actuellement le cercle fi d'étude et le comité local.Depuis quelques temps, nous avons constaté un certain nombre de faits qui indiquent que tous ne sont pas satisfaits de-cette structure.Une tendance non généralisée dans le mouvement mais que l'on peut observer dans au moins 3 diocèses, consiste à diminuer la place du comité local.On le fait de différentes manières et pas nécessairement de la même manière dans tous ces diocèses: diminution du nombre de réunions, diminution du nombre de personnes membres du comité, remplacement du comité par un responsable, etc.Il semble exister trois motifs principaux qui mènent à ces transformations: — le nombre de militants étant peu élevé, on veut éviter que la moitié ou plus de ceux-ci fassent partie du comité local.Il s'agit d'une raison pratique.— on ne voit pas la nécessité de réunir quatre ou cincj personnes entre chaque cercle d'étude pour reviser et préparer les cercles d'étude ou encore on croit, après expérience, que des dirigeants locaux seront toujours enclins à être des officiers, à mettre d'abord et avant tout des militants.Ici, c'est l'efficacité de la structure même du comité local qui est mise en doute.— pour d'autres, la transformation qu'on fait subir au comité local n'est qu'une conséquence de celle qu'on apporte au cercle d'étude.Cette transformation du cercle d'étude traditionnel consiste à former des groupes plus restreints ((maximum de 10 à 12 personnes et souvent moins) et destinés à demeurer aussi peu nombreux.Au lieu que le groupe augmente sensiblement le nombre de ses membres, on préférera qu'un second groupe se constitue à côté du premier, même si pour cela il devait enlever une couple de membres à celui-ci.Ces groupes tendent à s'appeler "équipe" plutôt que "cercle d'étude" bien que le travail ou le contenu des réunions ne diffèrent pas nécessairement.Une telle équipe n'a pas à sa tête un comité local mais un ou une responsable ou encore un couple responsable s'il s'agit d'une équipe de loyers.Elle est assistée d'un aumônier.On semble considérer qu'une équipe peut fonctionner par elle-même et être la structure de base du mouvement.S'il existe plusieurs équipes dans la même paroisse ou sur un territoire assez limité, il arrive que les responsables de chacune de ces équipes se réuniront ensemble plus ou moins souvent pour reviser et préparer le travail des équipes.Ce qui vient d'être dit, que ce soit pour le comité local ou pour le cercle d'étude, n'est qu'au stade d'expérience et dans un petit nombre de 7 diocèses.C'est toutefois une indication que dans ces fédérations, on se pose de sérieuses questions sur les structures de bases actuelles du mouvement.g) GROUPES ORGANISÉS SUR LA BASE "FOYER" Il est tout d'abord important de préciser qu'il ne s'agit pas ici des "jeunes foyers".On reviendra un peu plus loin sur cette question.Il s'agit plutôt de sections, cercles d'étude ou équipes qui cherchent à atteindre les objectifs du mouvement par le programme d'action ou par la revision de vie ou par ces deux moyens à la fois mais qui, au lieu d'être composés uniquement d'hommes ou de femmes, seraient composés de couples.Ajoutons pour le moment, qu'à notre connaissance, des expériences de ce genre sont en cours dans 3 ou 4 fédérations depuis quelques mois et que d'autres songent à en tenter.h) LES JEUNES FOYERS Un fait avait été constaté lors du Conseil National de novembre 1961: sur plus de 3,000 membres, la L.O.C.et la L.O.C.F.comptaient à peine 100 membres qui n'avaient que cinq ans ou moins de vie conjugale.Ce phénomène avait été alors longuement analysé: causes, conséquences pour les personnes et pour le mouvement, nécessité de tenter des expériences, orientations que devraient prendre ces expériences, etc.Si un courant d'opinion existe de plus en plus pour que le mouvement mette sur pied des sections ou équipes organisées sur la base du foyer pour des couples qui sont mariés depuis 10, 15 ou 20 ans (voir aspect précédent), à combien plus forte raison ce courant se manifeste-t-il lorsqu'il est question de ceux qui ont 5 ans ou moins de vie conjugale.Au conseil de novembre 1961, le problème avait été posé par le comité national qui s'inquiétait que le mouvement ne réussisse pas à engager dans l'action catholique ouvrière adulte la portion la plus jeune du monde ouvrier adulte et particulièrement ceux et celles qui avaient déjà milité en J.O.C.Mais de plus en plus le problème est posé par ces jeunes foyers et déjà plusieurs comités fédéraux en ont été saisis.i) LES ENGAGÉS AU PLAN TEMPOREL Deux constatations principales ont été faites à date au sujet des personnes engagées au plan temporel (syndicat ou union, caisse populaire, 8 commission scolaire, organisme de loisirs, association parents-maîtres, Union des Familles, etc).— un grand nombre sinon la majorité des militants ou dirigeants du mouvement qui prennent un engagement dans un organisme temporel, quittent la L.O.C.à ce moment-là.Cette constatation avait été rapportée en réunion distincte (branche masculine) lors du Conseil National de mars dernier.Si quelques membres du Conseil ont alors laissé entendre que ce phénomène était dû au fait que ces personnes, durant leur passage dans le mouvement, n'avaient pas compris un peu profondément la mission de la L.O.C, la majorité des membres du Conseil étaient plutôt d'avis que la faute incombe au mouvement qui, tel que présentement bâti, ne leur propose pas un style de réunions et de travail qui corresponde à leurs préoccupations et à leurs possibilités.— la seconde constatation fut exprimée lors de l'échange de vues qui suivit le panel sur l'orientation du mouvement à la Session Intensive de Valleyfield.On pourrait la résumer ainsi: il y a un nombre important de personnes du milieu ouvrier adulte qui sont engagées au plan temporel (dont la majorité n'ont pas milité en L.O.C.auparavant).Ce sont ces personnes qui détiennent les postes d'influence, les leviers qui permettent de travailler à l'amélioration de la classe ouvrière au plan humain.Ne faudrait-il pas que ces personnes puissent remplir leur engagement à la façon de chrétiens, avec une inspiration chrétienne de la vie?A qui revient-il de les animer sinon à la L.O.C?Ne serait-ce pas là une tâche qui permettrait à la L.O.C.d'atteindre plus totalement sa mission?j) L'APRÈS S.O.F.Le S.O.F.est de loin le principal service de la L.O.C.Son action et son engagement sont considérables.En 1961-62, 1840 couples répartis en 175 groupes ont suivi les cercles d'étude du S.O.F.Ce succès à la fois qualitatif et quantitatif du S.O.F.a pour effet de créer une vague profonde.Des personnes qui, en grande majorité, n'avaient jamais participé à un mouvement avant de connaître le S.O.F., retirent de ce service des bienfaits considérables pour elles-mêmes et pour leur foyer.De là naît un désir de poursuivre cette première expérience.Comment?C'est à voir! Mais le besoin existe et il est exprimé de plus en plus fortement depuis quelques années.Le mouvement ne peut pas se 9 dérober, il doit apporter une réponse.Tel est le problème qui avait été posé au Conseil National lors de sa réunion de novembre 1961.Deux faits nouveaux doivent être enregistrés: — l'enquête annoncée en novembre 1961, enquête qui devait être menée auprès de participants au S.O.F.de 1960-61 et de 1961-62, a été réalisée.Sa compilation est à la veille d'être terminée.— devant l'urgence du besoin exprimé par d'anciens participants, le nombre de fédérations augmente qui ont commencé des expériences ou du moins qui ont précisé l'orientation qu'elles donneront à des expériences prochaines.k) LE CERCLE SOCIAL FÉMININ Ce service, lors de sa création, visait à faire découvrir aux célibataires leur rôle dans la société et l'Eglise.Tout en voulant aider à l'épanouissement des célibataires, il les orientait à dépenser leur énergie dans des organismes ou mouvements pour lesquels elles avaient le plus d'aptitudes.Au cours des années le Service a perdu sa première orientation et est devenu un cercle plutôt fermé.Lors d'un comité national de la L.O.C.F.tenu en août dernier, il a été décidé de faire une petite enquête pour découvrir si la formule des S.O.F.telle que préconisée lors de sa création est encore valable, sinon recueillir en même temps les suggestions adaptées aux besoin de 1962.I) UN MANUEL DE LA L.O.C.CANADIENNE Il nous arrive assez régulièrement, à l'occasion de contacts ou dans des lettres, de nous faire demander de la littérature qui explique ce qu'est la L.O.C, quels sont ses buts, ses méthodes de travail, son organisation, etc.Présentement, il n'existe aucun livre ou brochure qui puisse répondre à ce besoin.Il y a bien le manuel "la L.O.C.Canadienne" édité en 1947.Mais, autant nous sommes convaincus que ce manuel était valable en 1947 et au cours des années qui suivirent, autant nous croyons qu'il aurait besoin de retouches substantielles avant d'être remis sur le marché.En effet, la situation du monde ouvrier québécois a considérablement évolué depuis 15 ans (le manuel contient 50 pages sur ce sujet).De plus, des précisions importantes ont été apportées depuis cette date sur la nature et la mission de l'A.C, donc de la L.O.C.Enfin, l'ensemble de ce texte 10 d'introduction laisse voir suffisamment de problèmes concernant l'organisation ou la technique du mouvement pour que vous compreniez que le comité est hésitant à diffuser le manuel de 1947.m) UNE DERNIÈRE QUESTION Lors de la dernière Session, à l'occasion du panel sur l'orientation du mouvement, M.Jean Joseph Fortin, président de la fédération de Chi-coutimi affirmait: "Plusieurs points d'orientation pourraient être mentionnés, mais d'après moi, le plus pressant pour le moment serait que la L.O.C.canadienne détermine, une fois pour toutes, quel genre ou quelle forme un mouvement d'action catholique adulte devrait prendre pour atteindre son but.La L.O.C.doit-elle être un mouvement de revendication et d'organisation ou doit-elle être un mouvement qui aurait pour but de faire prendre conscience aux gens de l'aspect chrétien qui doit prôner dans nos milieux de vie?Laquelle de ces formes la L.O.C.canadienne devrait-elle prendre?A mon avis, c'est la principale question qui se pose présentement au mouvement." Cette question, même si elle devrait être précisée, est vraiment fondamentale.Pose-telle un problème réel?Les lignes qui précèdent semblent l'indiquer.RICHES ET PAUVRES dans l'Eglise ancienne Textes essentiels recueillis et présentés par A.Hamman Traduits par France Quéré-Jaulmes et les Bénédictines de Calluire et Cuire.A une époque par bien des aspects semblable à la nôtre, les Pères de l'Eglise ancienne ont mis en lumière les grands thèmes sociaux: droits et limites de la propriété, dignité de toute personne humaine.Ils se sont attaqués aux fléaux de leur époque: le luxe et la cupidité.Jean Chrysostome a pu dire: "Des mulets promènent des fortunes et le Christ meurt de faim, devant ta porte".L'honneur de l'Eglise est de n'avoir pas pactisé avec les puissances d'argent et d'avoir par ses Maîtres jeté les bases d'un ordre social chrétien.Voici réunies les pièces essentielles du dossier de la justice et de la charité plaidé par Clément d'Alexandrie, par les Cappadociens, Basile le Grand, Grégoire de Nazianze et Grégoire de Nysse, et par le plus illustre avocat des pauvres: Jean Chrysostome.A l'Orient répond la voix de l'Occident: Ambroise à Milan, Augustin en Afrique du Nord.Leurs paroles n'ont rien perdu de leur actualité.Bernard Grasset Editeur 61, rue des Saint-Pères.Vie PARIS.11 I?X Pasvorale Comment la J.O.C.cherche-t-elle à pénétrer dans le monde nouveau de la jeunesse travailleuse?E.H.Huyboom, ptre Aumônier national de la J.O.C.de Hollande INTRODUCTION La J.O.C, si elle veut rester authentique, devra veiller sans cesse à être, au sein de la masse des jeunes travailleurs, la réponse chrétienne à tous les besoins humains, désirs, aspirations et intérêts qui se manifestent parmi eux.Particulièrement dans les villes et les grands centres industriels, les aumôniers, dirigeants et dirigeantes ont peine à suivre l'évolution de ce "nouveau type" de jeune travailleur.Certains se forment devant son apparition et restent confinés dans le passé.D'autres, malgré une recherche très intense, obtiennent peu de résultats et ont de la peine à résister au découragement.D'autres enfin regardent cette évolution en face et expérimentent des chemins nouveaux en vue de replacer la J.O.C.dans toute sa dimension, dans ce monde nouveau.Ce Conseil International réunit ici les équipes nationales des différentes J.O.C.Nous devons être convaincus que ce n'est pas à partir de la tête que nous fabriquerons une solution-clé, qui permettra de faire rentrer les jeunes travailleurs en masse dans la J.O.C; nous ne donnerons pas une recette pour résoudre toutes les difficultés à la base.La réponse à ce problème d'adaptation qui devra prendre corps lentement, devra partir de la base, de l'intérieur même de ce monde de jeunes.Une équipe nationale n'est qu'une aide, un appui, une inspiration et un poteau indicateur pour engager les sections locales dans la vraie voie.12 Ce problème d'adaptation a fait l'objet de nombreuses réunions européennes: Innsbruck, Luxembourg, Barcelone, Berlin.Toutes ces études et discussions ont donné déjà des résultats appréciables.C'est en partant de toutes ces données que nous essayerons de donner quelques lignes générales; elles peuvent inspirer nos discussions à ce Conseil et orienter nos conclusions.1.LA JEUNESSE TRAVAILLEUSE ACTUELLE D'EUROPE: UN TYPE NOUVEAU La jeunesse travailleuse actuelle vit dans des conditions totalement différentes de celles d'il y a 30 ans (voir Chapitre I).Elle constitue un "type nouveau".N'était-ce pas la conclusion toujours unilatérale de toutes nos journées d'étude des dernières années?Cette évolution varie, bien sûr, et se fait selon un rythme différent, d'après les pays, les régions.Mais partout nous avons découvert la même tendance, le même développement.Ne voyons-nous pas que partout se lève une jeunesse travailleuse plus émancipée, plus instruite et plus développée?Un type de jeune plus libre, plus indépendant dans la vie sociale?Un type qui se sente moins lié à une tradition, une classe et même à une patrie?N'y a-t-il pas aussi le fait que dans ce monde de technique et d'administration, la jeunesse travailleuse préfère être traitée comme "homme" ou "professionnel qualifié", plutôt que comme "ouvrier"?La jeune fille d'aujourd'hui est peut-être plus sensible encore dans ce domaine?Ne constatons-nous pas souvent, dans le mouvement, que les jeunes sont actuellement plus indépendants et autonomes qu'auparavant?qu'ils attachent une importance très grande à l'indépendance et au libre choix?qu'ils se laissent difficilement "organiser"?qu'il y a en eux une opposition inconsciente à toute communauté sociale organisée?Cette rapide évolution creuse un fossé toujours plus profond entre les générations.Très facilement et cnsciemment d'ailleurs, beaucup de jeunes arrivent à faire muer cet écart en un conflit de générations; ils adoptent une attitude de conflit à l'égard des parents, de certaines institutions ou organisations existantes, de l'Eglise et de ses exigences spirituelles, et parfois même vis-à-vis de toute la vie sociale.N'est-ce pas une des caractéristiques les plus typiques des "bandes" modernes?Tout cela n'empêche pas cependant que les jeunes travailleurs d'aujourd'hui restent capables de réagir positivement devant un mouvement tel que la J.O.C.avec toute son organisation.N'aspirent-ils pas tous à être davantage reconnus et respectés?A avoir une mission personnelle?A rencontrer plus de cordialité et un climat plus humain?A jouir d'une amitié et d'une fraternité plus larges?Au sein de leur vie "basée sur le bien-être et le matérialisme pratique" ne ressentent-ils pas cet appel vers des actions plus radicales et ce besoin de dépasser le temporel et le relatif?La J.O.C.devra donner à ces jeunes travailleurs plus d'envergure, pour que, entre eux, par eux et pour eux, ils découvrent leur "mission 13 humaine et divine, leur vocation personnelle et communautaire'" et pour qu'ils la réalisent dans la liberté.Dans et par le mouvement jociste, ils apprendront à vivre en "enfants libres de Dieu" au sein d'un monde tendu vers le bien-être et dominé par la technique.2.UNE FOI PROFONDE DANS CETTE JEUNESSE TRAVAILLEUSE NOUVELLE, DANS CE MONDE NOUVEAU Si la J.O.C.veut pénétrer dans la vie réelle des jeunes d'aujourd'hui, les aumôniers, dirigeants et dirigeantes devront croire profondément dans les jeunes travailleurs.Pour tracer des routes nouvelles, il faut la loi de l'Evangile dans la jeunesse nouvelle et dans ses possibilités latentes dont le Royaume de Dieu a besoin pour pénétrer dans ce monde nouveau.De même que Dieu a envoyé son Fils dans le monde, parce qu'il aimait le monde (quia dilexit mundum — Joës 3, 16) de même nous aussi, nous entrerons dans ce monde nouveau avec une grande foi, une ferme confiance et avec "une miséricorde et un amour de l'humanité tels qu'ils sont apparus dans la personne du Sauveur" (St Paul à Tite, 3,4).C'est par cette foi que le monde nouveau doit être conquis.C'est cette confiance et cette fraternité qui permettront à ces recherches nouvelles de la J.O.C.de porter du fruit et de rayonner.Il ne faut pas être inquiet devant le progrès qui se dessine dans le monde entier.Il faut oser y croire.C'est d'ailleurs Dieu lui-même, qui, par son Fils ressuscité, Jésus-Christ, est présent activement avec tout son amour, dans le monde et conduit l'ensemble du Corps du Christ, vers son achèvement (Eph.3 et 4).Dans la J.O.C.d'aujourd'hui, toutes nos recherches, nos efforts d'adaptation sont-ils suffisamment basés sur la foi et la confiance?Au cours de ces journées d'étude, nos dirigeants et dirigeantes ne sont-ils pas trop absorbés par des considérations théoriques concernant cette jeunesse perdant de vue qu'ils sont lancés dans "une joyeuse et merveilleuse expérience".3.LA SECTION JOCISTE TYPE DEMANDE-T-ELLE UNE ADAPTATION?Au cours des années, un modèle déterminé de section jociste s'est dessiné.La situation toute différente d'aujourd'hui, n'exige-t-elle pas une adaptation également dans ce domaine?Ce besoin d'adaptation se fait sentir surtout là où le monde nouveau et la jeunesse travailleuse nouvelle se manifestent davantage; dans les villes et les centres industriels.Le mouvement jociste (et toute la pastorale) dans la ville n'a-t-il pas une forme de penser et d'agir qui trouverait davantage sa place dans une paroisse de village?Il est indispensable que les responsables jocistes dans les villes et centres industriels se penchent sérieusement sur ce problème.La jeunesse travailleuse qui y vit a d'autres liens avec la paroisse que n'en a la jeunesse rurale; l'emploi de son temps libre est différent; elle a un autre rythme de vie, dispose de "moins de temps", a d'autres centres d'intérêt.C'est pour cela qu'elle attend autre chose de la J.O.C.14 On devra donc y promouvoir une activité jociste adaptée à leur cadre réel.Peut-être des groupes plus restreints et plus différenciés?Des groupes surtout où les jeunes travailleurs puissent trouver de l'amitié, de la cordialité et un climat humain.Probablement faudra-t-il travailler par à-coups (des activités brèves, des week-ends, des camps de vacances) et préconiser une certaine spécialisation (écoles techniques — par professions, hobbies).Mais n'exagérons pas la différence avec les villages.Le monde moderne rayonne à partir de la ville jusque dans les villages grâce aux moyens de communication modernes) et c'est la ville qui exerce sur les gens de la campagne une si forte attraction.4.LA MOBILITÉ ET LA COMPLEXITÉ DES RELATIONS DES JEUNES TRAVAILLEURS D'AUJOURD'HUI Dans la recherche d'une activité jociste plus adaptée, il faut tenir compte principalement de deux facteurs: la mobilité des jeunes et la complexité des relations où ils sont insérés.La mobilité Autrefois, la jeunesse travailleuse avait des liens assez forts avec la famille, le voisinage et ceux de la même profession.Sous-développement, misère sociale, etc., les rendaient plus dépendants de leur famille, de leurs groupements, de leur voisinage (paroisse) et de leur profession.Ils y trouvaient une certaine sécurité dans l'existence.En ce temps (pour eux du moins), il y avait beaucoup moins de possibilités de "vie mobile", de déplacements rapides, de changements de profession, de choix dans les études, de loisirs, de sports et de vacances.De plus, ils n'étaient pas en mesure de jouer décemment un rôle de consommateur sur le marché des denrées alimentaires et des articles de luxe.Actuellement, leur rattachement au foyer familial, au milieu (paroisse) et à la profession, est plus relâché.Ils sont plus instruits.Ils se sentent plus libres et plus indépendants.Ils savent qu'ils vivent dans un monde démocratisé.La technique et le bien-être sont en leur possession et font à présent partie de leur vie.Tout cela rend leur vie plus mobile, les fait vivre à un rythme plus rapide et de façon plus complexe.Dans ce monde nouveau, la vie est pleine d'aventures.Ils veulent tout essayer, surtout ce qui peut leur procurer un avantage pé-cunier.On peut aussi parler de "nomadisme moderne" et grouper sous cette dénomination beaucoup de phénomènes de la jeunesse: l'exode vers la ville (travail et loisirs); le foyer familial et le milieu de travail très éloignés l'un de l'autre; vie individuelle dans des appartements (pensions) surtout pour les jeunes filles; préférence très marquée pour les transports motcriés; changements fréquents de profession, attrait des voyages ou vacances et aux week-ends.Ils butinent de fleur en fleur dans le riche jardin de la vie moderne, de métier en métier, de hobby en hobby, d'une mode à une 15 autre.Et tout ce qui reste en dehors de leur atteinte, ils le trouvent dans les illustrés, dans les réclames, à l'écran du cinéma et de la télévision.Le nomadisme moderne place l'activité jociste devant de sérieux problèmes qui battent en brèche l'organisation jociste classique et découragent aumôniers, dirigeants et dirigeantes, habitués de travailler à partir de situations stables.La complexité des relations L'activité jociste cherche à s'insérer étroitement dans les relations naturelles du jociste avec les jeunes de son milieu.Dans certains pays même, la J.O.C.utilise à cet effet les "cartes de relation".C'est sur la base des relations naturelles des jeunes entre eux que la J.O.C.veut atteindre la masse et la gagner à son idéal.Mais pensons-nous suffisamment que ces relations peuvent différer très fort d'un jeune à un autre?Que le canevas de ces relations est très complexe?N'est-ce pas ici, probablement, que réside le fond des difficultés d'adaptation que la J.O.C.connaît pour le moment?Pour plus de clarté, il serait bon d'établir une distinction entre les relations résultant d'attitudes individuelles s'exprimant par l'amitié, la solidarité, l'antipathie et la haine, et les relations plus exclusivement façonnées par le milieu où une participation personnelle intervient très peu.En termes scientifiques, on parle de "primary relations" (relations face à face) et "secundary relations".Si on la compare à autrefois, toute la vie sociale est de loin beaucoup plus organisée.L'homme moderne doit tenir compte d'une multiplicité d'instances, de bureaux et d'organisations.Pour son développement et ses loisirs, il peut choisir parmi une foule d'instituts et d'organisations spécialisés.Il en use d'après sa fonction.Autrefois, le monde des jeunes travailleurs était très petit et très limité, suite au sous-développement, à la pauvreté et à tous les besoins.La vie était beaucoup moins organisée, la gamme de leurs divertissements beaucoup plus restreinte.Tous vivaient dans les mêmes circonstances et situations de travail et avaient les mêmes ambitions.On avait sa famille, son voisinage, ses camarades de travail et probablement sa J.O.C! Toutes leurs relations reposaient sans doute dans une mesure plus ou moins grande, sur une prise de position plus personnelle ou sur des rapprochements de conceptions identiques.Actuellement, les relations sont d'un genre très différent.Un jeune travailleur a son usine, son bureau, son école du soir, son club préféré, son heure de natation, son parti politique, son syndicat, etc.Une parcelle de sa personnalité est prise par ici, une autre par là.Il vit dans plusieurs groupements à la fois, qui lui offrent souvent des relations plus "fonctionnelles".Souvent il a aussi un petit groupe d'amis (un une amie) avec lesquels il part en voyage, etc., et qui reste tout à fait séparé de toute influence organisée de l'extérieur.Mais il se peut aussi que ce petit groupe d'amis lui manque.Même s'il a toutes sortes de relations "fonctionnelles", il n'y trouve pas 16 un contact personnel, pas d'amitié: c'est la solitude moderne.Dans ce monde moderne des jeunes, nous voyons naître de nombreuses bandes libres, qui mènent leur vie propre, libre de toute organisation, libre aussi de tout contact avec l'Eglise.Quelles en sont les causes?Est-ce la difficulté qu'ils éprouvent de s'adapter à un monde tellement structuré?Est-ce une opposition contre tout ce qui est organisé ou fonctionnalisé?Cherchent-ils — jusqu'à l'extrême — l'expérience libre et sentimentale de relations personnelles qu'ils ne trouvent pas dans leur vie familiale, au travail et dans les groupements officiels La J.O.C.se trouve ici devant une jeunesse nouvelle vivant dans un monde nouveau; et cependant, si nous partons de l'idée fondamentale de la J.O.C, il est possible de l'aider dans sa recherche d'une attitude personnelle, d'une unité et détente harmonieuse au sein d'une vie très compliquée.La jeunesse actuelle, mieux encore peut-être que la jeunesse d'autrefois, peut trouver dans la J.O.C.la réponse essentielle à ses besoins vitaux.Dans ce monde de jeunes, les groupes jocistes seront sans doute plus restreints et plus centrés autour des centres d'intérêts.Ils auront sans doute aussi un cachet moins stable et moins structuré.Ils pénétreront peut-être de façon plus occasionnelle dans la masse, avec des activités qui constituent une réaction spontanée à des besoins et des événements actuels.Mais tous les groupes jocistes, chaque action et chaque activité jocistes devront porter le témoignage des débuts; toujours ils devront s'inspirer de cette amitié, de ces sentiments humains et de cette bonté "tels qu'ils nous furent apportés par notre Dieu et Sauveur".5.PAS D'ACTION JOCISTE VÉRITABLE SANS GROUPES DE MILITANTS L'apostolat au sein de l'Eglise et le mouvement jociste ne peuvent avancer si les aumôniers et les dirigeants cèdent à la tentation de transformer l'activité jociste en des sociétés ou des clubs socio-culturels.Sans un groupe de militants qui doivent parvenir, grâce à la revision de vie, à constituer un groupe missionnaire et évangélique parmi et dans la masse, il ne peut être question d'un véritable mouvement jociste.Certes, il faut se poser la question si, à la base du mouvement, on a une notion exacte des mots "élite" et "masse".Une idée claire à ce sujet peut éviter de fréquents découragements et favoriser le choix judicieux de militants.Inutile de nous perdre dans des considérations théoriques et dans des discussions.La J.O.C.constitue à la fois une élite et la masse, car dans la vie on ne peut séparer les deux.Chaque noyau de militants (élite) vit dans SA masse.Chaque masse se polarise autour de ses pro-proes noyaux de militants.Si le mouvement jociste veut pénétrer dans le monde du sport, cela devra se faire grâce à un athlète-modèle, dans les bureaux, grâce à un employé modèle, dans le monde technique, grâce à un technicien 17 modèle, etc.Le choix des militants et la répartition des militants parmi la jeunesse travailleuse tout entière sont d'une grande importance dans le monde moderne des jeunes travailleurs.6.LA J.O.C, CENTRE DE SERVICES C'était un fait évident du temps où la jeunesse travailleuse vivait en marge de la société, et que la J.O.C.était d'une nécessité vitale pour son développement, pour ses loisirs et pour sa promotion sociale.Cela paraît moins évident de nos jours où une multiplicité d'écoles s'offrent à la jeunesse travailleuse, des organisations sportives, la danse, des hobbies et bien d'autres possibilités; ils ont des organismes de santé, d'assurance, des centres d'embauché et des syndicats.Y a-t-il encore des domaines qui ne sont pas organisés, que ce soit par l'Etat, des institutions, l'Eglise ou d'autres instances privées Le mouvement jociste n'a certainement plus, du point de vue de son fonctionnement, la même signification qu'autrefois, au sein de la jeunesse travailleuse.Il ne faut pas la regretter; nous devons nous réjouir de ce que la J.O.C.puisse s'orienter à présent vers l'essentiel: la notion fondamentale du respect de la personne humaine, l'amitié et la solidarité chrétiennes; nous réjouir de ce qu'elle puisse se libérer davantage pour amener la jeunesse travailleuse à faire de véritables revisions de vie.Ce ne sont pas des théories qu'on achète; ce sont des vérités qu'on trouve dans un authentique mouvement jociste.C'est là que les jeunes doivent découvrir ensemble, par un apport mutuel et dans l'amitié, le sens de leur vie, de leur travail, de leurs fiançailles et de leurs loisirs.Tout cela dans un esprit d'évangile.Sommes-nous suffisamment conscients de la transformation organique du mouvement 7.LA GRANDE DIVERSITÉ DANS LE MONDE DES JEUNES TRAVAILLEURS Quelle diversité de formations, de qualifications et de tâches spécialisées dans le monde des jeunes travailleurs d'aujourd'hui.Cette grande diversité dans les professions et donc aussi dans la rémunération brise complètement la monotonie qui caractérisait le monde des jeunes travailleurs d'autrefois.La J.O.C.tient-elle suffisamment compte de cette diversité?Ne s'adresse-t-elle pas trop aux traditions du passé, à une catégorie déterminée?N'oublie-t-elle pas de s'occuper de la jeunesse du secteur technique, administratif et commercial?Combien de jeunes sont occupés dans le secteur socio-culturel et sanitaire et dans les services sociaux?Nous rendons-nous compte que le travail de plus en plus technifié opère un glissement toujours plus rapide des puissances de travail vers le secteur tertiaire de la vie professionnelle?(employés, transports, services divers, etc.) Par ailleurs, la prolongation et la démocratisation de l'enseignement ont amené un changement dans la façon de voir des jeunes travailleurs.Dans les écoles d'enseignement technique et administratif su- 18 périeur et dans les centres d'instruction plus spécialisés, les garçons et les filles des familles ouvrières se créent une existence de travailleur très différente de celle d'autrefois.Sommes-nous conscients que les cours du soir, des cours de tout genre et les études techniques accepteront précisément ceux-là qui, par leurs capacités d'esprit et de coeur, entrent en ligne de compte pour la direction du mouvement jociste?Que cet enseignement technique si unilatéral développe l'esprit et l'activité pratiques des jeunes et qu'à cause de cela, il empêche une pensée et une activité d'ordre plus élevé, une organisation de vie plus transcendante?De là, la nécessité d'une activité jociste spécialisée: — dans les écoles techniques inférieures et supérieures; — dans les écoles administratives inférieures et supérieures; — dans les centres de formation spécialisée et dans les cours du soir; — dans la formation des infirmières et des assistantes sociales.8.LA JEUNE FILLE DANS LE MONDE INDUSTRIALISÉ MODERNE Lorsque nous comparons la vie réelle d'une jeune travailleuse d'aujourd'hui avec celle d'il y a 30 ans, nous sommes étonnés de l'évolution qui s'y est produite.Autant dans les milieux de travail que dans les sports et les loisirs, nous trouvons ce caractère mixte.En tient-on suffisamment compte?Le monde de travail de la femme a fortement changé.Si le travail salarié de la femme se limitait autrefois à des travaux d'usine bien déterminés ou à une aide dans les magasins et les foyers, à présent nous voyons la jeune fille dans presque toutes les branches de l'activité économique.Le monde du travail a pris un autre visage.Le travail généralisé de la femme pose bien des problèmes, étant donné surtout que toute l'organisation du travail se trouve entre les mains des hommes et qu'elle doit être adaptée différemment pour la jeune fille.Les syndicats, par exemple, sont orientés davantage vers les problèmes de travail masculin que vers le travail féminin.Ils restent perplexes devant nombre de problèmes posés par le travail de la femme.La J.O.C.F.a dans ce domaine une grande responsabilité.Les professions féminines présentent une grande diversité; le tempérament propre de la jeune fille fait parfois que cette diversité soit la cause de séparations très nettes dans le monde des jeunes travailleuses.C'est souvent l'origine de difficultés très grandes à la base du mouvement.Cette diversité s'accentue encore du fait de la démocratisation de l'enseignement pour les jeunes filles également.Nous voyons toujours plus de jeunes filles de la classe travailleuse pénétrer dans les secteurs de l'activité économique, réservés autrefois à la bourgeoisie ou à l'aristocratie: institutrices, infirmières, puéricultirces, assistantes sociales, secrétaires, etc.Et n'oublions pas les professions modernes: air-hostess, manequins, analyste, diétiste, police et tant d'autres.Est-ce que la J.O.C.F.pénètre dans ces milieux sans perdre sa fraîcheur?19 Le caractère mixte du milieu de travail, de la vie scolaire, de la vie de loisirs et surtout les conceptions toujours plus larges au sujet des relations entre jeunes gens et jeunes filles ont posé au mouvement jociste le problème de l'éducation mixte.Tout en rejetant une J.O.C.complètement mixte, et en maintenant l'autonomie de la J.O.C.et de la J.O.C.F.au sein d'un seul mouvement, il faudra cependant parvenir en de nombreux endroits à une collaboration plus étroite, à cause de la vie concrète des jeunes travailleurs et jeunes travailleuses de l'heure actuelle.Il va de soi qu'il faudra tenir compte dans ce domaine des habitudes et normes existantes.9.IMPORTANCE DE PROMOUVOIR UNE ACTIVITÉ JOCISTE SPÉCIALISÉE a) Parmi les jeunes qui quittent l'école pour aller au travail Depuis le début, la J.O.C.s'est fortement intéressée à ces jeunes.Le passage d'un milieu à un autre est souvent pour beaucoup de jeunes une période de désarroi spirituel.D'autant plus que ce passage a lieu au moment justement de leur crise de croissance physique et psychique.Ajoutons à cela l'effort qui se fait partout pour obtenir une prolongation de la scolarité et une entrée au travail plus reculée.La J.O.C.ne doit pas cesser d'exercer une influence auprès des autorités gouvernementales et autres pour atteindre cet objectif le plus vite possible.Dans la Jeune J.O.C, on s'attachera spécialement à les introduire dans la vie de travail en leur donnant une préparation et une action éducatives, (action pour ceux qui quittent l'école).Dans certains pays, la J.O.C.a pris des initiatives afin d'obtenir, en collaboration avec les syndicats et les employeurs, la création d'instituts où les jounes de 14 à 18 ans puissent se réunir en vue d'une certaine formation à la vie.Les employeurs accordent à cet effet un congé payé.Aux Pays-Bas, il existe déjà plus de 60 écoles de ce genre.Au plan européen, la J.O.C.devra essayer d'obtenir, avec l'aide des syndicats, un statut des jeunes, admis par tous et destiné à tous les jeunes, dans toutes les branches de l'activité économique.Ce statut fixerait la condition des jeunes au travail (durée de travail — vacances — salaires — conditions de travail).Aux Pays-Bas, la J.O.C.a déjà obtenu beaucoup de résultats dans ce domaine, en collaborant, avec les syndicats.Tout cela exige des échanges d'expériences au plan européen et une étude collective.Cela vaut la peine et c'est urgent.b) Parmi les jeunes qui fréquentent et qui se préparent au mariage L'action jociste s'est toujours intéressée très fort aux jeunes fiancés qui par leur mariage entrent dans un milieu nouveau.Là encore, la vie moderne a apporté d'autres habitudes, normes et perspectives.La J.O.C.n'est-elle pas en retard ici?N'attend-on pas ici également une adaptation très urgente?Les jeunes travailleurs qui, après avoir quitté l'école, ne reçoivent aucune formation à la vie, connaissent parfois un grand désarroi spirituel 20 résultant des relations entre jeunes gens et jeunes filles et de leur conception souvent erronée de l'amour pendant les fiançailles et le mariage.La vie moderne avec toute sa publicité a mis l'accent sur la vie sexuelle procurant ainsi de gros bénéfices financiers.D'autre part, sous l'influence des sciences modernes, une grande évolution s'opère dans la mentalité des chrétiens concernant la signification du corps et la conception de la sexualité.Actuellement les jeunes gens et les jeunes filles cherchent très tôt à avoir des relations et à se marier.Faut-il voir là une certaine fuite du monde trop technique et tellement structuré?Dans un monde où une conception chrétienne semble quasi absente, avoir une attitude chrétienne dans les fiançailles et dans le mariage exige de la part des jeunes une forte dose de générosité et de maîtrise de soi.Dans le monde qui les entoure, ils trouvent un appui bien maigre pour avoir une attitude chrétienne.La J.O.C.doit être convaincue de ses responsabilités à l'égard des jeunes qui fréquentent et qui se préparent au mariage.Avec l'aide de spécialistes profondément chrétiens et en collaboration avec l'autorité religieuse, la J.O.C.devra éclairer honnêtement les jeunes et leur inculquer des attitudes de vie vraiment évangéliques.Les jeunes gens et les jeunes filles doivent se rencontrer dans une ambiance saine et ouverte, à l'occasion de fêtes diverses et de l'activité du mouvement tout entier.CONSIDÉRATIONS FINALES ET PROPOSITIONS Dans ce chapitre, nous n'avons pas voulu donner une description complète de tous les problèmes qui regardent l'adaptation de la J.O.C.à une jeunesse travailleuse nouvelle.Ce fut plutôt la juxtaposition d'une série de questions importantes dont on a discuté dans les réunions nationales et européennes; ce travail demande un approfondissement et une étude.Il exige surtout une expérimentation riche à la base du mouvement.Dans les fondements de la J.O.C, tels qu'ils ont été établis au Conseil International de Rome en 1957, il est explicité clairement comment cette adaptation continuelle aux exigences de la vie est vraiment la caractéristique de la J.O.C.(Il, 2c, b).Nous sommes convaincus qu'elle est l'essence même de notre méthode jociste si répandue.Des chapitres précédents, il ressort très clairement que la jeunesse travailleuse actuelle, éprouve, au sein de ce monde de technique, un besoin vital d'amitié véritable et de compréhension humaine.Et en revenant à ces mêmes fondements, nous trouvons à la fin du chapitre II, a, c, b, la réponse que donne la jeunesse actuelle: "notre force c'est notre amitié.la J.O.C.est un mouvement de ressuscites".21 PROPOSITIONS 1.Le Conseil International, pleinement conscient du pouvoir dépersonnalisant de la vie actuelle, insiste auprès de toutes les J.O.C.nationales d'Europe, afin que les groupes jocistes locaux soient de réelles communautés de jeunes travailleurs, témoins de l'amitié évan-gélique et des véritables relations humaines, basées sur les principes fondamentaux tels qu'ils furent stipulés au 1er Conseil International de la J.O.C.2.Le Conseil International demande à toutes les J.O.C.nationales d'Europe de continuer à approfondir l'étude autour de la jeunesse travailleuse actuelle, sous la direction de la Commission européenne et avec la collaboration de scientifiques modernes.Il demande aussi d'adapter la méthode jociste à cette situation nouvelle.3.Il insiste en outre auprès de toutes les J.O.C.nationales d'Europe, afin de promouvoir un mouvement jociste effectivement organisé.a) dans les écoles techniques et administratives b) dans les écoles normales et les centres d'instruction spécialisée c) dans les métiers modernes, surtout pour les jeunes filles.Il demande encore à la Commission européenne de prévoir un échange d'expérience dans ce domaine, de même que des réunions d'étude régulières pour les dirigeants, dirigeantes responsables de cette action jociste spécialisée.4.En ce qui concerne "le changement dans le fonctionnement" de la J.O.C.sous son aspect "services", le Conseil International insiste spécialement sur l'esprit de service personnel dans la vie jociste.Les services organisés n'ont qu'un seul but: favoriser cet esprit de service personnel dans la vie.Il renvoie aux "fondements de la J.O.C." (Rome 1 957, Ile partie, Chapitre I, in fine).5.Le Conseil International est pleinernent conscient des besoins particuliers de la jeunesse travailleuse qui quitte l'école: de même aussi des besoins spirituels des jeunes qui se préparent au mariage.Il insiste auprès de la Commission européenne pour qu'elles consacrent toute leur attention à ce problème, pour qu'elles stimulent les échanges d'expériences et qu'elles cherchent les solutions nécessaires, en collaboration avec des spécialistes et d'autres compétences ecclésiastiques.Des témoignages éloquents Quelle sorte d'homme je serais sans la J.O.C?Aujourd'hui je regarde le passé et je me demande quel sorte d'homme je serais si la J.O.C.n'avait pas com menée dans ma ville.J'ai laissé l'école à 16 ans en 10e année pour travailler dans une compagnie pour installer des fournaises.J'ai travaillé 16 heures par jour et je mis $630.00 en banque.Mais je dépensai tout cet argent dans mes vacances à New-York à boire et avec les filles.A mon retour de vacances je commençai à travailler dans un magasin de linge.Là encore je dépensais tout mon argent avec les filles dans les clubs.C'est pendant ce temps-là que la J.O.C.a commencé dans la ville.Un gars m'a alors invité à aller à un meeting mais lorsque j'ai vu qu'il y axiait un prêtre, j'ai tourné de bord.Ça ne m'intéressait pas de voir un prêtre et je n'avais pas mis les pieds à l'église depuis ma sortie de l'école.Je pensais que seuls les "nonos" pouvaient s'intéresser aux affaires des prêtres.J'avais bien des affaires à apprendre sur la J.O.C.et son aumônier.C'est aussi à ce moment que les gars ont commencé à former une ligue de balle-molle.Tous mes amis y jouaient et je savais qu'ils n'étaient pas des "nonos".J'acceptai alors de jouer mais je disais que je n'étais pas dans la J.O.C.C'est alors que j'appris à connaître l'aumônier qui était le meilleur joueur.Mes amis commencèrent à venir me chercher le dimanche pour aller à la messe.Ce qui m'a convaincu 100% c'est lorsque l'un des joueurs, mon meilleur ami, s'est fait tuer en jouant à la balle.L'aumônier a alors écrit un article sur la mort de mon ami en disant qu'il était bien chanceux d'être un jociste car il vivait une belle vie chrétienne et allait à la messe 3 fois par semaine.C'est alors que j'ai réfléchi à ce qu'il me serait arrivé à moi qui n'était pas allé à confesse depuis 9 ans.Je décidai alors d'être un vrai jociste.la J.O.C.m'a aidé à apprendre ce que le Christ voulait de moi.La J.O.C.m'a aidé à connaître presque tous les gars de mon quartier.F.Quand je quitterai la J.O.C.pour aller au séminaire.A l'âge de 17 ans je quittais l'école, après avoir fait une bonne lie année.J'ai travaillé 3 ans dans une épicerie.A cause de mauvais compagnons de travail j'ai commencé à faire des "folies".Je suivais les gars et on avait du "fun" avec des filles pas très bien.Depuis ce temps pour éviter ces méfaits, j'ai donné ma démission à ce magasin et je travaille maintenant dans un magasin de chaussures.Mes parents qui ont une belle éducation et surtout des principes de vie, m'ont donné une bonne base religieuse.Malgré la grande sévérité de mon père, je suis toujours resté attaché à lui.23 Avant mon entrée dans la J.O.C j'étais un gars très renfermé en moi-même.Mes problèmes je ne les confiais à personne et je me rongeais en moi-même pour les résoudre.C'est là qu'un jour je rencontrai un aumônier de la J.O.C.qui voulait fonder ce mouvement dans ma paroisse.Il me déclara avoir besoin d'un gars pour fonder et le gars c'était moi.L'idée ne me souriait pas beaucoup mais j'embarquai quand même et ainsi la J.O.C.fut fondée dans ma paroisse.C'est en travaillant pour la I.O.C.que j'appris à me donner pour les autres, clwse que je n'avais jamais faite.J'appris comment tenir des gars dans la J.O.C.C'est en me donnant pour ce mouvement que je découvris vraiment ma vocation, c'est-à-dire prêtre et sûrement futur aumônier de la J.O.C.Aujourd'hui, mes idées ont bien changé sur l'amour, le mariage, les loisirs, le travail, ma famille, la religion car en discutant et en agissant avec les gars, on découvre tout le bien qu'il y a là-dedans.Aies idées sur le sacerdoce sont toutes contraires car avant je me disais qu'un prêtre n'était pas un homme normal et c'est pour cela que je n'osais m'aventurcr dans la vocation que je désirais depuis ma tendre enfance.Grâce à mon aumônier à qui je confiais les problèmes de section, j'ai réussi à aider plusieurs gars de ma section en les confiant particulièrement à l'aumônier et en y mettant du mien.Le Christ est pour moi aujourd'hui, celui que je veux toute ma vie servir, faire connaître à d'autres.A l'heure du découragement, le Christ-est mon aumônier qui se donne pour que j'arrive un jour à sortir de ma paresse physique et surtout morale.Quand je quitterai la J.O.C.pour aller au séminaire, je promets au Christ-Ouvrier de devenir un jour aumônier de la J.O.C." M.Mes idées n'étaient pas justes Je suis un gars comme tant d'autres, j'ai laissé l'école à 17 ans, tanné des professeurs.Là, j'ai commencé à travailler.Comme bagage intellectuel, mon tout se résumait à une onzième année scientifique.Malgré cela, je croyais pouvoir obtenir un salaire moyen de quarante dollars.Je me détrompai bien vite lorsque, après plusieurs démarches infructueuses, je finis par me trouver un emploi me semblant dans mes goûts.Aussi, je travaillai dans une banque à un salaire de vingt-cinq dollars par semaine.24 Avec ce salaire si minime, j'aurais dû faire plus attention mais le contraire se produisit et au lieu d'arriver, je constatai bien vite que cela m'en coûtait trente-cinq pour vivre.Je donnais quinze dollars pour aider à la maison et sur les dix qui me restaient, je trouvais les moyens d'en dépenser vingt.Après un an et demi de ce régime, je me réveillai avec, au lieu de quelques économies, quelques cent dollars de dettes.Alors, je fus accroché par la J.O.C.C'était pendant la semaine nationale des jeunes travailleurs.Je trouvai leur programme tout simplement formidable et j'embarquai immédiatement dans la "patente".Avec quelques chums, j'embarquai dans une section en fondation.Là, encouragé fortement par un gars de la Fédé, j'acceptai les différentes responsabilités qu'on voulut bien me confier.Très vite, je m'aperçus d'un très grand changement dans ma vie de jeune travailleur.En effet, en suivant le système "D", et en participant activement aux discussions, je vis plus clair dans mon jeu.Par la direction et le contact fréquent des aumôniers, on ne peut faire autrement que d'être en paix avec Dieu.Pour ce qui est du mariage, des fréquentations, de nos loisirs, très vite, je m'aperçus que, mes idées n'étaient pas tout à fait justes et, par la suite, je pus éclairer les gars avec la juste théorie qu'on nous donnait.Pour ce qui est du Christ, dans ma vie, présentement, je peux dire en toute franchise que maintenant c'est un ami que je n'ai aucune difficulté à garder.Ainsi, tout le reste de la machine marche beaucoup mieux.Pour ce qui est d'un engagement futur, je n'y songe pas pour l'instant." C.Je parlais de me suicider J'étais un garçon au coeur volage et aux idées "écartées" et très froufrou.Je ne pensais pas à l'avenir, pour moi ça me disait rien.Lorsque j'ai quitté l'école à l'âge de seize ans, je n'étais pas préparé pour affronter la vie avec un degré d'instruction plutôt pauvre; je ne voulais pas toujours écouter mes parents.J'ai commencé à travailler pour un cultivateur.Ce n'était pas riche.Pendant un an j'ai fait cela.Après j'ai commencé A travailler dans une usine de Textile.Pendant deux ans j'ai travaillé de nuit.Ah! quel désastre pour moi j'étais découragé, je blasphémais, je parlais toujours de me suicider.A l'âge de dix-neuf ans à peu près, un de mes amis me dit "tu devrais venir voir cela, on a besoin de ta collaboration pour la J.O.C.25 Voici ma vie depuis que je suis dans la J.O.C.Ça commencé par un système "D", il y avait une discussion sur les problèmes des jeunes chômeurs, j'y étais de ceux-là.J'ai compris que la plupart des jeunes étaient trop excités et pas assez sérieux.Aujourd'hui je n'ai pas honte de le dire, j'ai acquis une bonne formation et surtout une bonne personnalité dont je suis fier.J'ai aussi compris que l'instruction était nécessaire pour réussir dans la vie.Maintenant je suis en train de faire une neuvième année et j'ai une forte idée de suivre un autre cours l'an prochain pour devenir opérateur de pelle mécanique.J'ai rencontré une jolie fille il y a pas longtemps.J'ai vingt et un uns et demi.Il y a une couple d'années je sortais simplement pour le plaisir de la chose et surtout je cherchais à être seul avec ma petite amie.J'ai compris par la J.O.C.que ce n'était pas bien de rester toujours seuls.Depuis ce temps je cherche à rester avec des amis et ensemble on va souvent dans les salles de loisirs où il y a de la surveillance.Depuis ce temps je suis doublement sérieux et je pense beaucoup plus à l'avenir.Dans le lieu de travail je suis encouragé parce que j'ai appris à économiser.Tant qu'à l'aumônier je dirais que sans lui on est tout bouleversé.Il sait nous encourager, nous convaincre et nous garder dans la bonne voie.J'ai fait de mon mieux pour aider les jeunes à évoluer.Ça nous a apporté un énorme succès car lorsque nous avons débuté la section nous étions seulement quatre et maintenant nous sommes environ une douzaine.On invite les jeunes à pratiquer le sport et à suivre un système "D".Je pense que le Christ est le Sauveur du monde.Il nous a donné son exemple, à nous de faire comme Lui.Lorsque je quitterai la J.O.C.je vais essayer de continuer d'encourager la jeunesse à suivre leurs études.Avec un peu de chance je vais entrer dans le comité des loisirs pour la jeunesse, l'O.T.J.Pour terminer je dirai que la J.O.C.m'a rendu d'énormes services et c'est grâce à elle si je suis en train d'évoluer dans la vie.Je suis très heureux d'y être et surtout j'encourage les jeunes d'en faire autant." G.Je ne pense qu'aux autres Vers l'âge de dix-huit ans je décide de quitter le collège en pleine année scolaire afin de vivre l'aventure.J'étais alors eu lie année scientifique.Par l'entremise d'une personnalité je réussis à me trouver une place sur un brise-glace canadien, position de matelot que j'occupai durant deux 26 ans.Deux années de soûleries au rhum et à la bière en plus des filles de vie que je fréquentais.Ces deux années écoulées; je m'engage sur un bateau suédois afin de voir plus de pays.Mais à peine parti, un beau matin, alors que je venais de terminer mon "quart à la barre", je me demande vers quoi je m'en allais.Alors je quittais le monde maritime ce matin-là en arrivant dans le port de Boston et là je me décide de retourner aux études afin de terminer mon secondaire.Par une occasion spéciale je rencontre un de mes anciens professeurs qui me conseille de m'inscrire dans un pensionnat à 21 ans.Imaginez pour un beau "cave" qui venait de sortir d'un milieu si écoeurant.En effet j'ai été pensionnaire dans une maison des Clercs de St-Viateur afin de faire ma onzième année que j'ai bien réussie.De cette vie de pensionnaire il en résulta que je décidai d'entrer en communauté.A peine rendu au noviciat je me rendis compte que ce n'était pas ma place.Ne sachant pas où aller, je décide encore une fois de retourner à l'école afin de terminer ma douzième année dans une école laïque où la formation et l'éducation religieuse était mise de côté.Alors il en résulta que je retombai encore une fois dans le précipice.Mais au mois de juin dernier, Yvan, un de ces gars qui a mené la même vie que moi, s'embarque dans la J.O.C.et moi qui critiquait à ce moment-là toutes les manifestations et les agissements extérieurs des jo-cistes locaux, je me demandais ce à quoi mon meilleur ami s'en allait.Par simple curiosité un de ces soirs j'entre au local en pleine réunion et m'apercevant que personne ne voulait répondre aux questions du B.D.C.je m'empresse d'y répondre.Depuis ce temps j'ai partagé mes problèmes de vie avec les gars de la section et avec mon aumônier je jase régulièrement de ceci et de cela.En définitive je n'ai plus de graves problèmes de vie personnelle car maintenant je ne pense qu'à régler ceux des autres qui en ont souvent si besoin, parce que l'on regarde trop souvent soi-même au lieu des autres qui attendent un gars à qui ils peuvent se confier.Père en écrivant cette lettre je veux non pas vous épater car je sais que vous en avez vu de toutes les couleurs; mais surtout vous démontrer comment la Providence peut intervenir dans la vie d'une jeunesse.Je suis président depuis quelques jours et je vous assure que nous avons tout un programme pour la période à venir.A mon avis je suis d'accord que la technique de la J.O.C.s'acquiert mais en premier ordre je suis d'accord que la J.O.C.doit être chose vécue, sinon ce ne sera qu'un 27 flot (le paroles et d'organisations qui ne rapporteront aux jeunes travailleurs qu'une évolution de la personnalité, mais il ne faudrait pas oublier que nos gars ont aussi un aspect spirituel qui trop souvent à mon sens est oublié." Y.RELATIONS INDUSTRIELLES Industrial Relations Revue trimestrielle bilingue publiée par le Département des Relations industrielles de l'Université Laval, Québec, Canada.Volume 17, numéro 4, octobre 1962 SOMMAIRE — CONTENTS Page Rendement économique et rémunération des instituteurs Jacques St-Laurent .365 Economie Returns to Education and Teacher's Salaries 386 The Law and Industrial Relations Justice I.C.Rand .389 Le droit et les relations industrielles .399 La Fédération Ouvrière Mutuelle du Nord Michel Têtu .402 Le rôle politique des syndicats aux Etats-Unis Léon A.Dale .422 Contribution à l'histoire de la législation québécoise du travail Roger Chartier .444 Commentaires • Pour la création d'un conseil provincial du Patronat G.-H.Dagneau .465 • Propriété et Socialisation Gérard Dion .468 Jurisprudence du travail • Reconnaissance syndicale — Réserve d'un droit de vote particulier en faveur d'un employé suspendu et absent de l'unité de négociation au moment du scrutin .471 • Congédiement illégal — Délai de la plainte en vertu des articles 21a et 21b de la Loi des Relations ouvrières de Québec 474 • Congédiement illégal — Une mise-à-pied est-elle un congédiement au sens de la loi?.480 • Convention collective — Validité de certaines clauses — Caractère légal d'un arrêt de travail destiné à les respecter 487 Informations • La socialisation: Message de l'épiscopat à l'occasion de la fête du travail 1962 .491 • La Confédération des Syndicats Nationaux et l'action politique 495 • Lettre de démission de monsieur Claude Jodoin du C.N.P.499 • T.U.C.Plans to Recast Trade Unionism and Joint National Economy Enquiry .501 Recensions — Book Reviews .504 Publications récentes — Recent Publications .511 Livres reçus — Books Received .519 Table de Matière de l'année 1962 .521 Volume 17, Number 4, October 1962 Abonnement annuel: Canada $5.00; autres pays $5.50; le numéro $1.50.Administration et abonnements: Les Presses de l'Université Laval, casier postal 999, Québec 4.Direction: Département des Relations industrielles, Faculté des Sciences sociales, Université Laval, Québec, Canada.28 L'entrevue des fiancés avec le prêtre durant une série de cours 0) Fernand Ostiguy, ptre Aumônier diocésain du S.P.M.de St-Jean A) NÉCESSITÉ DE CETTE ENTREVUE: En parlant du rôle de l'aumônier local S.P.M., nous avons abordé son rôle d'éducateur auprès des fiancés.A cette occasion nous disions: "il fera connaissance avec les fiancés dès le premier cours.Lorsque c'est possi ble, il existe de nombreux avantages à ce que l'aumônier soit présent au début de la réunion, ou durant l'intermission.ou à la fin de la réunion, quand ce n'est pas lui qui donne le cours.Ses apparitions fréquentes aux assemblées lui permettront de se familiariser avec les jeunes, de les connaître mieux et de les disposer à aller le rencontrer.Nous devons viser à ce que chaque fiancé et chaque fiancée soient rencontrés par un prêtre durant la série de cours.Il serait préférable de ne pas attendre à la fin pour tous les rencontrer".Aussi dans le but de vous aider dans cette rencontre avec chaque fiancé et chaque fiancée, avons-nous cru bon de vous livrer quelques réflexions à ce sujet.Les fiancés ont besoin de ce contact avec le prêtre.Votre expérience pastorale vous a certainement amené à constater combien ces contacts pouvaient être avantageux sinon nécessaires.B) LE MOMENT DE CES ENTREVUES: Pour les deux raisons que nous donnerons plus bas, vous conviendrez avec nous que nous devons faire un effort pour que tous rencontrent le prêtre avant la fin des cours.Et ceci croyons-nous sans préjudice pour la retraite et les rencontres que nous encourageons à cette occasion.Les statistiques du S.P.M.de Saint-Jean nous ont en effet révélé deux choses: 1) l'assiduité aux cours dépasse 85%; 2) les présences à la récollection ou retraite semi-fermée ne sont que de 30 à 35%.Plusieurs (1) Ce texte a été publié par la Commission diocésaine du S.P.M.de St-Jean et préparé par M.l'abbé Fernand Ostiguy, aumônier diocésain du S.P.M.29 autres diocèses consultés ont constaté la même anomalie.La récollection est loin d'atteindre la moitié des couples.Nous croyons cependant qu'il y aurait un effort à faire de ce côté-là.De plus, même si théoriquement à la retraite chaque couple doit rencontrer un prêtre en direction: en pratique, il est difficile de réaliser ce but parce que le nombre de prêtres disponibles en fin de semaine est toujours restreint.Sans compter qu'alors la direction se fait souvent dans des locaux de fortune.Le résultat de tout cela, c'est que très peu de fiancés peuvent causer avec le prêtre à leur aise et à leur goût.C) PRÉPARATION DE L'ENTREVUE: Comme pour toutes autres choses ces rencontres ne s'improvisent pas, il nous faut les préparer; elles pourraient l'être: 1 — d'abord en faisant voir aux jeunes gens et jeunes filles ce qu'ils peuvent retirer de ce colloque intime avec le prêtre.L'aumônier et les responsables devraient revenir régulièrement sur le sujet.Lorsque l'on est vraiment convaincu d'une chose, on sait être convaincant.2 — ensuite en organisant systématiquement la rencontre de chaque couple avec un prêtre.a) Prêtres étrangers au groupe S.P.M.— A l'intermission du troisième ou du neuvième cours, on pourrait suggérer aux jeunes gens et jeunes filles les noms de 2-3 ou 4 prêtres de la paroisse ou de la ville qui ont accepté de rencontrer les fiancés.— Ils indiqueraient sur une feuille de papier respectivement leur premier, deuxième et troisième choix.Ils pourraient également y manifester leur indécision ou le nom d'un prêtre non suggéré.— L'aumônier, un responsable ou une responsable avertiraient alors les fiancés que le prêtre choisi s'entendra lui-même avec chaque couple pour la date et l'heure de l'entrevue.— Après le cours, l'aumônier revoit les billets pour classer les choix des fiancés en tenant compte du goût et des besoins des fiancés, ainsi que du temps disponible des prêtres concernés.— Encore une fois l'aumônier, un responsable ou une responsable remettraient à chaque prêtre concerné la liste des couples qui veulent le voir, avec adresse et numéro de téléphone.— Finalement on pourra contacter ces prêtres afin de se rendre compte si les fiancés ont été fidèles à leur rendez-vous avec le prêtre.30 b) Avec l'aumônier du groupe Cependant nous croyons qu'il faudrait insister sur le fait que les participants y gagneraient à rencontrer l'aumônier du S.P.M.(insister délicatement), mais leur dire qu'ils sont parfaitement libres de choisir celui qu'ils veulent.3 — finalement en distribuant à chaque couple de fiancés trois feuilles-questionnaire (en annexe) qu'ils rempliraient "chez eux" pour se préparer à cette entrevue avec le prêtre.— L'aumônier ou le responsable expliquera clairement que cette entrevue n'est pas une confession.On veut leur donner la chance tie se faire expliquer certains points traités aux cours mais restés obscurs.Le prêtre est souvent aussi le seul conseiller désintéressé, compétent et discret qu'ils peuvent rencontrer.El très rares sont les couples qui n'ont pas quelque problème qui les tracasse, dont ils n'osent parler et qui risque de compromettre la réussite de leur mariage.— La responsable devra tranquilliser les jeunes filles qui se demandent toujours ce qu'elles vont dire, et qui se font une montagne de cette entrevue qui est souvent la première de leur vie.Elle n'a qu'à remplir son questionnaire et le donner au prêtre qu'elle rencontrera, c'est ce dernier qui engagera et dirigera la conversation.— La jeune fille et le garçon remplissent leur feuille séparément et ensemble ils répondent au questionnaire préparé pour les deux.— S'ils ont des questions embarrassantes qu'ils ne savent pas comment poser de vive voix, qu'ils les écrivent au verso et le prêtre leur en parlera lui-même.— Cette entrevue avec le prêtre fait partie des cours S.P.M., et l'on ne peut s'en dispenser.D) L'ENTREVUE ELLE-MÊME: (à celui des deux qui attend son tour, passer une revue).Le prêtre doit voir l'un et l'autre des fiancés d'abord séparément, en commençant par la fille ou le garçon, selon leur goût, et ensuite les deux ensemble.1) L'entrevue avec la fille: —Comme la plupart des filles rencontrent le prêtre pour la première lois, il est bon au début de causer de sujets personnels, mais non intimes comme: milieu familial, nombre d'enfants, situation du 31 père, milieu et conditions de travail, longueur des fréquentations, impressions sur les cours du S.P.M., etc.Ces détails ne sont pas une perte de temps et aident à mieux comprendre les réponses données sur le questionnaire.— Ensuite le prêtre examine avec la fille les réponses au questionnaire, on s'efforcera dans cette conversation de découvrir si la lille a réfléchi, si elle s'est adaptée à elle-même les cours du S.P.M., si elle a cherché avec son ami afin de trouver des solutions aux points sur lesquels ils se heurtaient.— Il est bon d'insister sur ce qu'elle considère comme des défauts chez son ami, ceci vous permettra de trouver ordinairement le point faible, non apparent de leur futur mariage, dont ils ne se sont peut-être pas rendu compte eux-mêmes.— D'ordinaire les fiancés s'arrêtent aux conséquences apparentes sans en chercher la cause, notre rôle est de la découvrir avec eux.—Une autre remarque — ce qu'elle appelle un défaut chez son fiancé peut souvent être l'indice d'un défaut chez elle sans qu'elle s'en soit rendu compte, ainsi une jeune fille qui avait noté que son ami était orgueilleux, prompt et manquait de volonté, prouvait qu'elle était trop autoritaire et qu'elle essayait de mener son ami.Des choses comme celles-là peuvent finir par être grave une fois mariés, le couple n'aurait peut-être pas pu trouver cela seul.— Il est bon également de s'informer auprès d'elle si son fiancé semble suivre plus les idées de sa mère que les siennes.— Lui demander aussi comment ils se débrouillent avec les marques d'affection, jusqu'à quel point la jeune fille en garde le contrôle, cet indice est très révélateur sur le degré du véritable amour, il s'agit dans tout ceci de lui faire penser à son rôle d'éducatrice vis-à-vis son fiancé sans être dicta trice et achalante.— Il est bon de savoir ce qu'ils ont décidé sur la question travail de la femme mariée et aussi sur le contrôle des naissances.— Le prêtre devra être très circonspect sur l'item confession, surtout vis-à-vis la jeune fille.— Ce ne sont là que quelques suggestions que vous pourrez compléter, d'après votre expérience.N.B.Cette entrevue peut facilement durer 1/^ ou % d'heure.2) L'entrevue avec le garçon: — Ce qui a été dit pour la jeune fille vaut clans une certaine mesure pour le garçon. — S'assurer pour voir si le garçon a compris le sens des sacrifices que l'Eglise lui demande dans les marques d'affection.— Voir jusqu'à quel point la jeune fille aide ou expose son ami inconsciemment.— Voir si les défauts qu'elle lui reproche correspondent aux défauts qu'il lui reproche.(Souvent les fiancés appellent défauts, des aspects de leur vie sur lesquels ils n'ont pas réussi à s'entendre; si ces points ne sont pas éclaircis avant le mariage, ils risquent d'empoisonner toute leur vie et de dégénérer en maladie mortelle).— Discuter aussi avec le gars de l'aspect "argent'' pour voir s'il y a des choses qu'il n'a pas réussi à faire comprendre à sa fiancée.(Dans les fréquentations, très souvent la jeune fille dit plus facilement son idée que le garçon, un des rôles du prêtre sera de saisir la pensée de celui-ci et de l'expliquer à la fille et vice versa.— C'est surtout là le rôle que joue le prêtre dans l'entrevue, plutôt que de répéter le cours de morale ou de la vocation chrétienne du mariage.— Les difficultés d'ordre moral qui se présentent entre fiancés (impureté, etc.) sont souvent causées par une incompréhension psychologique de l'un et de l'autre plutôt que par un manque de morale, de piété ou de bonne volonté.3) L'entrevue des deux ensemble: — La longueur et le contenu de cette entrevue dépendent évidemment des deux précédentes.— Le prêtre révélera aux deux ensemble ce qu'il aura convenu de dire avec chacun en particulier, gare au manque de discrétion involontaire qui pourrait éloigner les couples du prêtre (ceci vaut surtout pour les questions de pureté et les relations avec les futurs beaux-parents).— Le prêtre devra causer avec les deux sur l'aspect apostolique de leur foyer.— Chacun des fiancés doit évidemment avoir des points à améliorer pour en venir à un mariage heureux ,il est bon de leur faire préciser avant qu'ils quittent le prêtre.— Il peut arriver aussi qu'on ait à revoir le couple, en tous les cas il faut insister sur la disponibilité du prêtre, sur la confiance que l'on a en eux et combien il est facile de réussir son mariage si on s'en sert comme Dieu l'a voulu.33 Inutile d'insister pour terminer sur le doigté, la discrétion et le respect de la liberté qu'on doit apporter dans ce travail.11 n'y a pas de recette pour le réussir.Une chose compte: que les fiancés soient bien préparés et satisfaits.Annexe I FEUILLE QUESTIONNAIRE POUR PRÉPARER LA RENCONTRE AVEC LE PRETRE Mademoiselle, Les quelques questions suivantes vous aideront à vous mieux connaître et guideront le prêtre dans ses conseils.Répondez seule.1.—Etes-vous craintive en lace du mariage?.Doutez-vous de l'avenir — au point de vue de votre bonheur?.— au point de vue argent?.— au point de vue enfants?.2.— Faites-vous part de vos goûts, de vos préférences à votre fiancé?.— aimez-vous son travail?.— vous informez-vous de son travail?vous en parle-t-il?— change-t-il souvent d'emploi?.S.— Quand vos opinions diffèrent, osez-vous le lui dire franchement?.— accepte-t-il une remarque?.4.— Craignez-vous de déplaire à votre ami en étant énergique sur certaine marque d'amour?.5.— Avez-vous un certificat médical?.L'exigerez-vous de votre futur?.(i.— Etes-vous naturellement pieuse?.7.— Quels défauts remarquez-vous chez votre fiancé?— orgueilleux.jaloux.— égoïste.manque de volonté.— avare.buveur.■.— gaspilleur.sacreur.— prompt.sans pitié.8.— Qualités que vous trouvez, chez votre fiancé?— aimable.sincère.— poli.bon jugement.— propre.travailleur.— courageux.patient.34 — distingué.sobre.— bon chrétien.La Commission Diocésaine du S.P.M.du diocèse de Saint-Jean.Annexe II FEUILLE QUESTIONNAIRE POUR PRÉPARER LA RENCONTRE AVEC LE PRÊTRE Monsieur, En répondant seul aux questions suivantes, le prêtre que vous consulterez vous donnera des conseils plus personnels en vue de votre bonheur futur: 1.— Etes-vous craintif en face du mariage?.Doutez-vous de l'avenir — au point de vue de votre bonheui?.— au point de vue argent?.— au point de vue enfants?.2.— Faites-vous part de vos goûts, de vos préférences à votre fiancée?.— lui parlez-vous de votre travail?.— avez-vous un métier?.— depuis quand gardez-vous le même emploi?.— votre fiancée s'intéresse-t-elle à votre travail?.3.— Quand vos opinions diffèrent, osez-vous le lui dire franchement?.4.— Dans vos marques d'affection — cherchez-vous le bonheur de l'autre?.— ou votre propre satisfaction?.5.— Avez-vous un certificat médical?.L'exigerez-vous de votre fiancée?.6.— Dans les pratiques religieuses, attendez-vous toujours que l'initiative vienne de votre fiancée?.7.— Quels défauts remarquez-vous chez votre fiancée?orgueilleuse triste.égoïste.manque de volonté.autoritaire aime le grill, la danse, la boisson, la cigarette.jalouse entêtée sentimentale rancunière.8.— Quelles qualités trouvez-vous chez votre fiancée?bonne.délicate.bonne cuisinière douce travaillante.bonne couturière sympathique.discrète pieuse.courageuse.35 Annexe III FEUILLE QUESTIONNAIRE POUR PRÉPARER LA RENCONTRE AVEC LE PRÊTRE Réflexions à deux 1- — Quels cours de Préparation au mariage vous ont fait le plus de bien?2.— Avez-vous discuté ensemble de ce qui vous était dit aux Cours?3.— Avez-vous cherché à comprendre les désirs, les goûts, le caractère de l'autre?.4.— Quand vous serez mariés, où allez-vous demeurer?Chez vos pa- rents?.A loyer?.Dans votre propre maison?.5.— Que pensez-vous du travail de la femme en dehors du foyer après le mariage?.K.6.— Avez-vous des dettes?.Avez-vous des économies?Quand vous aurez meublé votre maison, fait votre voyage de noces, payé votre loyer, aurez-vous des dettes?.7.— A-t-il été question des enfants que vous aurez?.Etes-vous d'accord?.Sur quoi êtes-vous d'accord?.8.— Avez-vous parlé ensemble des responsabilités et de la préparation nécessaire pour former le corps, l'esprit et le coeur de vos enfants?Quel livre avez-vous lu?.9.— Avez-vous commencé à prier ensemble?.à aller à la confesse et communier ensemble?.10.— Etes-vous gênés de parler de vos pratiques religieuses?.Etes-vous convaincus que votre amour dépend de votre vie spirituelle?.11.— Avez-vous le souci de communiquer aux autres ce que vous avez reçu dans les Cours de Préparation au mariage?.12.— Quand vous serez mariés, croyez-vous que la participation à un mou- vement d'apostolat familial (par exemple, la L.O.C.) ou social, etc.(Lacordaire, Ligue du Sacré-Cour, Coopérative) serait une bonne manière de protéger votre amour?.La Commission Diocésaine du S.P.M.du diocèse de Saint-Jean.36 Les retraites des fiancés au diocèse de Saint-Hyacinthe François Ménard, ptre Aumônier diocésain du S.P.M.de St-Hyacinthe "Tous ceux que préoccupe le problème de la préparation des jeunes au mariage ne peuvent négliger l'organisation de retraites de fiancés.Parmi tous les moyens dont peuvent disposer les fiancés pour préparer leur foyer, il n'en est pas de si bienfaisant que les retraites." Ces paroles qu'écrivaient Son Excellence Monseigneur Guyot en 1953, les aumôniers et les responsables des cours de préparation au mariage du diocèse de Saint-Hyacinthe, les ont mises en pratique.En effet, des retraites de fiancés s'organisent dans le diocèse depuis 1952.Elles ont commencé sans bruit.Certains ne voyant pas sans inquiétude une pareille innovation, d'autres les trouvaient superflues.Malgré tout, l'extension des retraites de fiancés clans le diocèse a été visible.D'une en 1952, elles sont passées à neuf en 1961.Ce qui l'est moins ce sont les fruits que ces retraites ont portés.Néanmoins on peut affirmer, sans crainte de démenti, que nombre de fiancés ont été sauvés par elles et combien d'autres ont été mis en marche sur les routes du progrès spirituel.Avant de vous communiquer l'orientation nouvelle que nous voulons donner aux retraites de fiancés dans le diocèse, j'aimerais vous livrer comment elles s'organisaient dans le passé.A St-Hyacinthe et à Granby, nous tenions nos retraites fermées de fiancés dans les maisons de retraites fermées.Elles s'organisaient sur le plan régional après les séries d'hiver c.a.d.après Pâques.Après les séries d'automne, nous n'avions pas de retraites nous contentant de récollections d'une journée sur le plan local pour les quelques paroisses qui donnaient les cours.Ces retraites avaient une certaine particularité en ce sens qu'elles se donnaient séparées et mixtes.Du vendredi soir au dimanche matin, les filles et les garçons étaient dans leurs maisons de retraite respectives.Le dimanche matin, ils se rejoignaient pour la dernière journée.Les premières années que ces retraites ont été organisées, elles ont connu de la vogue.Elles groupaient environ 65% des participants aux cours.Ajoutons que quelques paroisses tenaient quand même une récollection d'une journée.Ce qui veut dire que 70% des participants aux cours étaient rejoints par les retraites et les récollections.Les régions de Sorel et d'Acton-Vale, tiennent depuis quelques 37 années des retraites semi-fermées à la fin des cours, pour leurs participants.L'assistance est bonne en moyenne.Certaines années 80% de leurs participants les ont suivies.Toutefois, depuis deux ans, nous avons constaté une baisse appréciable dans la participation aux retraites chez les fiancés.L'année dernière, dans la région de Saint-Hyacinthe, sur deux cent dix couples qui ont suivi les cours, seulement quatre-vingt-sept se sont enregistrés aux trois retraites organisées à la fin des cours, pour un pourcentage de 24.1%.Dans la région de Granby, il y eut baisse également mais beaucoup moins sensible qu'à St-Hyacinthe.A leur dernière réunion, les aumôniers locaux du S.P.M.se sont penché sur le problème et ont cherché les causes de cette situation.Pour ce faire, ils se sont posé certaines questions: 1 ) Nos retraites viennent-elles trop tard?2) La formule "Séparée et mixte" plaît-elle aux fiancés?3) Les prédicateurs demandés sont-ils préparés et adaptés?A la première question, les aumôniers ont répondu qu'une cause certaine de la baisse des participants aux retraites étaient la suivante: Les retraites, placées à la fin des cours, viennent trop tard.Il est alors plus difficile aux responsables de contacter leurs participants et de les amener à la retraite surtout si celle-ci est séparée de la fin des cours par la fête de Pâques.De plus, pour certains des participants aux cours, ils ont l'impression d'en savoir assez après quatorze semaines de cours et ne voient pas la complémentarité de la retraite.Us sont à bout de souffle et ne sont pas prêts à sacrifier une autre fin de semaine.Alors ce ne sont que les meilleurs couples, les plus généreux qui s'inscrivent.Les autres, ceux qui en auraient le plus besoin, échappent aux bienfaits de la retraite.Pour d'autres encore, la préparation matérielle d'un mariage très prochain les distrait à tort, des retraites.Pour remédier à cet état de chose, les aumôniers ont décidé d'insérer la retraite dans les cours.Elle se placera au 9ième cours et celui-ci, la Vocation Chrétienne du Mariage, se donnera pendant la retraite.D'ailleurs, bien approfondi, il fait un excellent plan de retraite de fiancés.Les aumôniers voient plusieurs avantages à ce faire.D'abord les participants seront en plein dans l'atmosphère.Après avoir suivi huit cours, ils seront prêts à recevoir une spiritualité conjugale.Us auront l'occasion de briser la glace et d'échanger leurs problèmes avec un des prêtres mis à leur disposition pendant la retraite.En fin, ils seront mieux préparés à continuelles cours et à les poursuivre jusqu'au bout.38 Les aumôniers en sont venus à cette solution non seulement en envisageant les avantages énumérés plus haut mais aussi après avoir pris connaissance d'une expérience du genre tentée à St-Pierre-de-Sorel, au mois de novembre dernier.En effet, cette paroisse a tenu sa retraite de fiancés la fin de semaine du neuvième cours.Sur vingt-huit couples inscrits aux cours, vingt-sept ont suivi cette retraite semi-fermée.Le programme de cette retraite était simple.Basée sur la vocation chrétienne du mariage et de ses différentes exigences, les instructions étaient toujours suivies de période de réflexion personnelle et de réflexion à deux.Ces périodes étaient facilitées par des questionnaires qui revoyaient l'instruction passée et préparaient la suivante.Ce fut une vraie retraite et non seulement de simples journées d'information.En plus des périodes de réflexion, un temps appréciable fut réservé à la prière personnelle et communautaire.Ces trois temps: prière, instruction, réflexion, devaient permettre la rencontre personnelle avec Dieu.Pour aider les couples à éliminer les obstacles à cette rencontre, des prêtres étaient à leur disposition.Aux témoignages des participants eux-mêmes, le temps choisi pour la retraite et la façon de procéder, les aidèrent beaucoup.A la deuxième question, les aumôniers ont répondu que la formule employée dans le passé ne satisfaisait pas tous les fiancés d'après les sondages faits auprès de ceux-ci.Il est apparu aux aumôniers qu'il est préférable que les retraitants soient rassemblés et qu'ils fassent leur retraite "en couples'' dans des endroits propices.Donc à l'avenir, les retraites seront mixtes, semi-fermées, et dureront deux jours.Pour ce est cjui des prédicateurs, nous avons eu quelques expériences malheureuses.Des prédicateurs se sont présentés sans trop grande préparation.Ils ont répété les cours et trop souvent se sont contentés d'informations sur les réalités du mariage négligeant de donner une vraie spiritualité de ce grand sacrement.Pour éviter une telle répétition, les aumôniers ont décidé de se réunir de nouveau en janvier et février pour préparer un plan de retraite adapté aux fiancés.Pour les aider dans ce travail, un questionnaire sera distribué aux anciens retraitants leur demandant ce qu'ils ont reçu dans leur retraite et ce qu'ils auraient aimé recevoir de plus.Les aumôniers étudieront alors les réponses et élaboreront en équipe un plan de retraite.Ils se prépareront donc eux-mêmes à prêcher ces retraites.Plusieurs se sont d'ailleurs engagés à le faire.Si j'ai voulu vous donner un bref résumé de la situation des retraites 39 de fiancés au diocèse de St-Hyacinthe, mon unique intention était de vous communiquer certaines expériences tentées dans ce domaine.Si elles peuvent vous être utiles, je crois que les aumôniers du S.P.M.de St-Hyacinthe auront rempli un devoir.Je puis vous assurer que tous nous voulons chez nous des retraites de fiancés vraiment adaptées, qui leur permettront de s'orienter toujours de plus en plus vers Dieu.C'est là notre unique but.Rome,29 novembre 1962 Aux membres des Comités Nationaux JOC-JOCF Mademoiselle la secrétaire, Je tiens à vous dire un très cordial merci pour les bons sentiments et les hommages exprimés dans la lettre que je viens de recevoir, datée du 7 novembre.Soyez aussi remerciés, vous tous, membres des Comités Nationaux de la JOC-JOCF, pour les prières que vous faites, les sacrifices que vous vous imposez et, surtout, pour cette messe collective spéciale que vous avez offerte lors de la réunion de votre Conseil National, les 17 et 18 novembre dernier.Je vous encourage fortement à continuer de vivre "en état de Concile", car déjà le Concile a porté des fruits immédiats chez tous les participants.Chaque jour, nous avons, de plus en plus, l'intime conviction que c'est la grâce de notre siècle.Ces heureux effets, qui vont bientôt s'étendre au monde entier, sont, pour une bonne part, le résultat de la coopération spirituelle de tous les catholiques, mais surtout de nos généreux apôtres de la grande armée de l'Action Catholique dont les membres de la JOC-JOCF sont loin d'être les derniers.Soyez sûrs, mes chers militants, qu'à Rome, j'ai prié pour vous et, qu'en votre nom et pour vous, j'ai reçu la bénédiction de Notre Saint-Père le Pape.Lionel Audet évêque auxiliaire à Québec Jeunesse Ouvrière Catholique Centrale Nationale a/s Mlle Marie-Paule Lemieux, 1212,Panet Montréal 24 P.Québec.40 Vc »r ^c n5u Un cantique de louange à la famille et au travail humain Allocution de S.S.le Pape Jean XXIII prononcée à Lorette, le 4 octobre 1962 La rencontre d'aujourd'hui, sous le regard bénissant de Marie, Nous suggère trois pensées, auxquelles la Basilique elle-même, qui glorifie le secret de Nazareth, fait allusion et dont elle célèbre les fastes.Le mystère de l'Incarnation du Verbe et de sa vie cachée est tout un cantique de louange à la famille et au travail humain.1.— L'Incarnation du Verbe est un motif de prière à l'heure de l'Angelus Domini, récité par les âmes pieuses éparses dans le monde.Cette contemplation qui Nous est si familière veut prendre particulièrement d'ici son élan pour inviter les hommes à réfléchir sur ce rapprochement du ciel et de la terre qui est le but de l'Incarnation et de la Rédemption, et par conséquent, en réalité, le but du Concile Oecuménique qui veut en étendre toujours plus le rayon bienfaisant, à toutes les formes de la vie sociale.Le grand fait historique de l'Incarnation qui ouvre le Nouveau Testament et marque le départ de l'histoire chrétienne, mérite bien d'être salué par les cloches du monde entier trois fois par jour; et il est bien naturel qu'églises et chapelles et jusqu'à cette insigne Basilique, soient consacrées à la mémoire du premier mystère joyeux, devenu source de méditation et de bonnes résolutions.En fait, nous sommes tous des pèlerins sur la terre, avec sur les lèvres une prière commune à tous, quoique exprimée de multiples façons: 41 allons vers la patrie! Là-haut est le but de notre marche quotidienne, le désir ardent tie nos coeurs: les cieux s'ouvrent au-dessus de notre tête et le messager céleste nous rappelle le prodige par lequel Dieu s'est fait homme, et l'homme est devenu frère du Fils de Dieu.Le mystère de l'Incarnation consacre les trente années de vie, passées dans le silence de Nazareth, avec Marie et Joseph.Et de même que l'Incarnation marque un nouveau départ de l'homme vers la patrie céleste, et son élévation au noble rang de cohéritier du ciel, de la vie cachée s'élève le cantique de louange à la dignité et à la grandeur de la famille, au devoir sacré du travail et à sa noblesse.2.— La famille.Lorsque nous vînmes à Lorette, en 1900, le monde retentissait des nobles appels de Léon XIII à la sainteté du mariage, à la discipline domestique, à la responsabilité des parents dans l'éducation des enfants, à la sauvegarde des valeurs sacrées de la civilisation chrétienne.L'exemple vivant souligné avec tant de force par notre grand Prédécesseur, il l'avait puisé dans la Sainte Famille de Nazareth, dans ses leçons de piété, d'amour, de sacrifice.Et saint Joseph venait enfin, aux côtés de Jésus et de Sa Mère Marie, prendre la place que lui avait confiée la Providence dans l'ample vision des siècles et du développement merveilleux du Corps Mystique.Tel est l'enseignement de Nazareth: familles saintes, amour béni, vertus domestiques, s'épanouissant dans la douce chaleur de coeurs ardents, de volontés généreuses et bonnes.La famille est le premier exercice de vie chrétienne, la première école de courage et de sacrifice, de droiture morale et d'abnégation.Elle est la pépinière de vocations sacerdotales et religieuses et aussi d'entreprises apostoliques pour le laïcat chrétien.La paroisse acquiert une dignité nouvelle et une physionomie singulière et s'enrichit d'une nouvelle lymphe vitale d'âmes régénérées, et vivant dans la grâce du Seigneur.Le Concile Oecuménique ne manquera certainement pas de rappeler solennellement la grandeur de la famille et les devoirs qui lui incombent.Accueillez-en comme un premier échantillon dans Nos paroles, qui vous convient à considérer toujours plus à fond, à la lumière de la Sainte Famille, la grandeur des devoirs que l'Eglise veut vous voir remplir.3.— Le travail: c'est là le troisième enseignement de Nazareth.De la vie cachée de Jésus nous savons bien peu de choses, mais en ce qui concerne le travail de ces trente années, nous en savons assez.A l'exemple de Jésus, vingt siècles de christianisation ont aidé l'homme à se reconnaître dans son intégrité, en lui donnant conscience de sa dignité.42 11 peut s'agir d'un travail exclusivement intellectuel, que doivent cependant soutenir les forces physiques de l'homme.Mais il n'est pas question d'un travail purement matériel: le souffle de l'esprit, par lequel Dieu a imprimé dans l'homme son image et sa ressemblance (cf.Gen.1, 26) doit vivifier tout ce qui émane de l'homme: les machines agricoles, les merveilleux outils de la technique, les instruments de la recherche subtile.Autrement la matière pourrait prendre le pas sur l'homme et lui enlever le pouvoir sur les lois mêmes qu'il a réussi à découvrir.Alors que, au contraire, c'est l'homme qui doit régner sur le cosmos, selon l'ancien commandement: "Remplissez la terre et assujettissez-là" (ib.1, 28).L'homme est en effet appelé à coopérer aux desseins de Dieu Créateur, et cette noblesse de la fatigue humaine, même de la plus humble, est rappelée et ennoblie par le travail de Jésus dans l'atelier de Nazareth.Vénérables Frères et chers fils! Chaque dimanche, de Notre fenêtre du Palais Apostolique au Vatican, à l'heure de l'Angélus de midi, Nous apercevons sur la place Saint-Pierre, un rassemblement d'âmes, et ce spectacle Nous réconforte et Nous comble de joie.A la voix du Pape qui répète, d'une âme émue, Angélus Domini nuntiavit Mariae, la foule où sont représentées toutes les races du monde, répond: Et concepit de Spiritu Sancto.La terre s'unit ainsi à la joie du Ciel dans un unique mouvement d'amour et de louange à l'adresse du Divin Sauveur et de Sa Mère bénie qui est aussi la nôtre.Puisse le Sanctuaire de Lorette, dont, à l'exemple de Nos Prédécesseurs, Nous avons à nouveau couronné la pieuse image mariale, être toujours comme une fenêtre ouverte sur le monde, à l'appel de voix mystérieuses annonçant la sanctification des âmes, des familles, des peuples.Qu'il transmette lui aussi, en parfaite harmonie avec la voix de l'Eglise, la joyeuse nouvelle de l'Evangile, pour une coexistence fraternelle des peuples, sous le signe de la justice la plus généreuse, de la plus éloquente équité, afin que, sur tout et sur tous, resplendissent les dons de la miséricorde du Seigneur.En gage de ces voeux paternels, et en confirmation de Notre bienveillance, que descende sur vous, ici présents et sur vos maisons, sur tous ceux qui suivent cette cérémonie à la radio ou à la télévision sur les enfants, les malades, les plus pauvres, le don de Notre Bénédiction Apostolique, reflet lumineux des divines complaisances.O Marie, ô Marie, Mère de Jésus et notre Mère! Nous sommes venus ici ce matin pour vous invoquer comme la première étoile du Concile qui 43 va s'ouvrir, comme une lumière propice pour éclairer notre marche confiante vers les grandes assises oecuméniques, universellement attendues.Nous vous avons ouvert Notre âme, ô Marie! Elle n'a pas changé depuis notre première rencontre au début du siècle: le même coeur ému d'alors, le même regard suppliant, la même prière.Au cours de près de soixante années de Notre sacerdoce, chacun de nos pas sur la voie de l'obéissance a été fait sous votre protection et Nous ne vous avons jamais demandé autre chose que de Nous obtenir de votre Divin Fils la grâce d'un sacerdoce saint et sanctificateur.Vous le savez, ô Mère, Nous n'avons convoqué le Concile que pour obéir à un dessein qui Nous a paru vraiment correspondre à la volonté du Seigneur.Aujourd'hui, une fois encore, et au nom de l'Episcopat tout entier, ô très douce Mère, qui êtes saluée du titre d'Auxilium Episcoporum, Nous vous demandons pour Nous, Evêque de Rome et pour tous les évêques de l'univers, de nous obtenir la grâce d'entrer dans la Salle du Concile de la Basilique Saint-Pierre comme entrèrent au Cénacle les Apôtres et les premiers disciples de Jésus: un seul coeur, un unique mouvement d'amour pour le Christ et les âmes, une même résolution de vivre et de nous immoler pour le salut des individus et des peuples.Ainsi, grâce à votre maternelle intercession, dans les années et les siècles futurs, on pourra dire que la Grâce de Dieu a prévenu, accompagné et couronné le XXIe Concile Oecuménique, en infusant en tous les enfants de la Sainte Eglise une nouvelle ferveur, un élan de générosité, une fermeté de résolutions.A la louange de Dieu tout-puissant: Père, Fils et Saint-Esprit, par la vertu du Sang précieux du Christ, dont la pacifique domination est la fleur de liberté et de grâce pour tous les peuples, pour toutes les civilisations et institutions, pour tous les hommes.Amen.La Revue Prêtre Aujourd'hui offre à ses fidèles lecteurs, aux annonceurs si bienveillants, et à tous ses dévoués collaborateurs, une Bonne, Heureuse et Sainte Année.Sous le signe du Concile, nous avons à réaliser notre travail pastoral avec une ardeur renouvelée, un esprit apostolique rajeuni afin que l'Eglise du Christ retrouve les traits de sa jeunesse dans le monde ouvrier de 1963.44 CH ANDELLERI E GAÉTAN DUPUIS A.D.1949 505 rue Ste-Marguerite — St-Jérôme, P.Q.Tél.: GE 8-3710 Le Restaurant et Club LA FAYETTE Trois salles: Comptoir-lunch — Restaurant — Orgue électrique Air climatisé 565-587 Boul.Charest, Est, Québec 2, P.Q.Tél.: 522-2053 COMPAGNIE D'ASSURANCE SUR LA VIE Ha £?>aubegarbe Siège Social — Montréal LES PRODUITS ALIMENTAIRES DE LA MAURICIE INC.DISTRIBUTEURS DE VIANDES EN GROS 630 POISSON Trois-Rivières Tél.: FR 5-7739 PRECISION PANELS INC.Industrie du contre-plaqué — Bois contre-plaqués Portes Northline St-Basile, Cté Portneuf Tél.: 46-S-2 Toujours à votre service Maurice, André, Jean-Louis, Pierre, Claude Courtiers agréés BERNARDIN FRERES INC.ASSURANCES Tél.: 845-6257 715 CARRE VICTORIA MONTREAL HUILE, BRULEURS • FUEL OIL, BURNERS E L I E C 0 Joseph Elie 4135, rue Ro-.en — Montréal 4 CL.4-7141* P.L.TURCOTTE Marchand de Fourrures Confection et Réparation 464 De La Chapelle QUÉBEC Tél.: LA.4-1030 Hommages RIMOUSKI TRANSPORT, LTÉE "Votre Service Préféré" Rimouski, Que.Tél.: 723-3321 Avec les hommages de la Charbonnerie St-Laurent Cie Ltée Charbon — Huile à chauffage 2620 Notre-Dame TROIS-RIVIERES Tél.FR.4-6221 MANGEZ CE QU'IL Y A DE MEILLEUR! 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