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Titre :
Prêtre aujourd'hui
Revue de l'Action catholique ouvrière qui offre réflexion et support aux prêtres en vue de la stimulation de l'action pastorale populaire.
Éditeur :
  • Montréal :Aumôniers nationaux et diocésains de la J.O.C. et de la L.O.C,1958-1966
Contenu spécifique :
février
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
chaque mois
Notice détaillée :
Titre porté avant ou après :
    Prédécesseur :
  • Action catholique ouvrière
  • Successeur :
  • Prêtres et laics
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Prêtre aujourd'hui, 1964-02, Collections de BAnQ.

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aujomd'fau Février 1964 Vol.XIV No 2 Afin que tcuJ Acieht un Albert Lefebvre, ptre.LE MYSTERE PASCAL D'UNE BANLIEUE OUVRIÈRE Bernard Lucas, f.m.i.L'HISTOIRE D'UN REVE RÉALISÉ Clémence Lavoie.Rédaction et Administration 6901, rue St-Denis, Montréal-10, pué. Téléphone: 285 CIMENT QUÉBEC Inc.manufacturiers de ciment portland SAINT-BASILE DE PORTNEUF, P.Q.Un ciment de haute qualité .De plus en plus recherché .100 chambres avec bain, douche, radio Service d'ascenseur Air climatisé Entièrement à l'épreuve du feu HOTEL ST-LOUIS L.-R.MARTIN, prop.6, rue St-Edmond RIMOUSKI, Que.Téléphone : Réservation : 723-2251 et 723-2385 Sous la même direction : MANOIR ST-LAURENT, Luceville, Que.Laboratoire DU-VAR Inc.Manufacturier de Cosmétiques et de parfumerie 9100, La jeunesse MONTREAL DUpont 8-8602 HANDY CHEMICALS LTD.225 St.Denis Ave., — St-Lambert — Montréal 23, Que.Equipements d'entretien : Polisseuses, Aspirateurs, etc.Déodorants et savons germicides.Tél.: ORchard 1-4433 — 1-4576 Représentant technique : Léo L.Sénécal y.\B.JLanouette ASSURANCES GENERALES Service • Sécurité • Satisfaction Représentant : André Lanouette 30, St-Philippe Cap-de-la-Madeleine Tél.: FR.6-7921 59 ans d'expérience à votre service GERMAIN & FRÈRE LTÉE Chauffage, plomberie, couverture et ventilation Agents pour les brûleurs à l'huile TIMKEN & IRON FIREMAN 237, rue St-Antoine TROIS-RIVIÈRES Tél.: FR.6-2555 (Eaaauant 3xnvz LIMITÉE St-Hyacinrhe, Que.Facteurs d'orgues et aussi d'ameublements d'églises Cette maison fondée en 1880 est aujourd'hui l'une des plus importantes au monde, dans ce genre d'industrie. 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Ce qu'est la prière Louis Evely, ptre.Qu'est-ce que prier ?Qu'y a-t-il là de si grand et de si terrible pour que cela nous fasse tellement peur ?Nous l'avons oublié, hélas ! Nous nous sommes tellement éloignés de la prière que nous sommes arrivés à croire que c'est une activité purement humaine, un appel, un discours à Dieu.Nous ne savons plus que c'est Dieu qui prie en nous.Nous commettons tous, pour la prière, l'erreur de Chantecler qui croyait, par son chant, faire lever le soleil.Il s'imaginait que celui-ci s'éveillait à sa voix et que si un jour, par malheur, Chantecler manquait à chanter, pensez ! le soleil ne se lèverait pas.La réalité était bien plus belle que ne le supposait Chantecler.C'était le soleil qui du plus tendre rayon de l'aube, allait éveiller Chantecler.Celui-ci n'était que le héraut de tout ce que le coeur de l'univers contenait de chaleur, de lumière et de bonté.Dans la prière, nous aussi, nous nous croyons chargés d'éveiller un Dieu lointain.Quelle triste image nous faisons-nous de Dieu ?Chacun se représente un Dieu à son image, sec, dur, blasé, vaguement mécontent.Voltaire a dit cette parole terrible : Dieu a créé l'homme à son image et à sa ressemblance, mais l'homme le lui a bien rendu, faute de nous surveiller, nous imaginons un Dieu tellement pauvre que nous sommes persuadés, dans l'intime de nos coeurs, que nous serions meilleurs que lui.Qui de nous ne croit pas qu'il se serait mieux doué, mieux doté que Dieu ne l'a fait, qu'il se serait montré envers soi-même plus généreux, plus favorable, plus miséricordieux que lui.La Hire, le rude capitaine que Jeanne d'Arc avait converti, avait coutume avant chaque 46 bataille de s'agenouiller non loin d'elle et de faire, pour lui complaire, cette prière qu'il avait inventée dans la naïveté de son coeur et qui n'est au fond qu'un blasphème : Seigneur, disait-il, faites pour La Hire ce que La Hire ferait pour vous si maintenant vous étiez La Hire et si La Hire était Dieu.Il conseillait à Dieu de faire effort pour se montrer aussi bon que lui.Beaucoup d'entre nous ne voudraitent pas être le Dieu qu'ils imaginent : ils seraient meilleurs que l'idée qu'ils se sont faite de lui.Mais justement Dieu est meilleur que nous ne le croyons.Dieu est le meilleur.C'est Dieu qui veut donner, ce sont les hommes qui ne veulent pas recevoir.Jésus a prié les hommes, dit Pascal, et il n'en a pas été exaucé.Dieu veut donner bien plus que nous ne voulons recevoir, dit saint Augustin.Joie, la prière est surnaturelle, la prière est un don, une action de Dieu en nous.Quand vous entrez dans une église, quand vous vous agenouillez pour une prière, ah ! poussez des cris de joie, commencez par rire d'allégresse.Dieu est à l'oeuvre, voilà que Dieu travaille en vous, voilà que Dieu a déjà commencé à miner la résistance que vous lui opposez sans cesse.Il a déjà obtenu de vous sa première victoire : ce geste incroyable de vous être mis en prière, et maintenant, si vous restez, si vous attendez assez longtemps, vous allez savoir, vous allez apprendre comment Dieu vous a déjà exaucés.Toute notre vie religieuse est une vie surnaturelle et donc une vie inspirée.Sans l'action de l'Es prit-Saint et de son secours, vous êtes incapables de faire un seul acte de vraie foi, un acte d'espérance ou de charité, un vrai acte de repentir, une vraie prière."L'Esprit vient en aide à notre faiblesse.Car nous ne savons pas de nous-mêmes, prier comme il faut, mais l'Esprit lui-même prie pour nous avec des gémissements ineffables." Prier, c'est se mettre sous l'influence de l'Esprit-Saint, se calmer, se recueillir pour laisser sourdre, filtrer, jaillir, nos activités les plus profondes pour se rendre docile à un autre qui prie en nous.Prier, c'est consentir à plus grand que soi, c'est laisser s'éveiller en nous, laisser déborder en nous la joie, l'amour du Fils pour son Père.Il n'y a qu'une prière que le Père aime, il n'y a qu'une prière que le Père écoute avec ravissement, avec infiniment de joie et de complaisance, et c'est le murmure incessant d'amour, de désir, de révérence, d'admiration, de respect qui s'élève du coeur du Fils vers le Père.Toute vraie prière est union à cette prière ; prier, c'est laisser monter de son coeur à ses lèvres, l'amour du Fils pour le Père : l'Esprit.Prier, c'est se mettre à la disposition de Dieu pour le laisser un moment faire en nous ce qu'il veut depuis toujours faire et que nous ne lui laissons jamais le temps de faire.Nous sommes comme ces enfants boudeurs et entêtés, à qui leurs parents voudraient bien pardonner, arracher l'aveu de leur 47 faute, afin de pouvoir leur dire leur pardon.Mais les enfants s'en doutent et se méfient, ils s'entêtent dans leur solitude, ils évitent les occasions de rencontrer leur mère seule, ils feignent de ne pas comprendre ses avances, ils s'arrangent pour avoir toujours un tiers en sa compagnie.Car, sinon, ils le savent bien, s'ils allaient se laisser faire, s'ils allaient l'écouter quelque temps, rester avec elle seule, eh bien, ce serait terrible, ils auraient tout de suite envie de lui demander pardon, ils se mettraint à pleurer, à regretter tout de suite et ils sauraient, voilà, qu'elle leur avait déjà pardonné.C'est parce qu'elle leur avait pardonné, parce qu'elle brûlait de le leur dire, qu'ils ont été amenés à demander eux-mêmes pardon.Dieu est ainsi, Dieu est aussi bon.Et c'est pourquoi d'ordinaire nous nous défions de lui, nous le craignons, nous restons à distance, car, voyez-vous, ce peut être terrible tout ce que Dieu nous donne, tout ce que Dieu est capable de faire en nous quand nous le laissons agir.Rien ne transforme comme cette prière, rien ne fait autant de bien, autant de mal.C'est une activité continue, presque imperceptible comme l'avance des aiguilles d'une montre et cependant c'est douloureux tant c'est fort.On se branche sur le courant de Dieu, on le sent circuler en soi à une profondeur vertigineuse et on se retrouve tout différent de ce qu'on était au début.La mère qui vient prier parce que son enfant est malade, parce qu'elle ne veut pas qu'il meurt (son médecin lui a dit : "Madame, il n'y a plus rien à tenter, je ne puis faire plus, il faut se résigner à l'inévitable.) Elle n'a pas cru le docteur, elle n'a pas écouté son mari qui essayait de la raisonner, elle leur a dit à tous deux ce quelle -pensait, qu'ils abandonnaient tout de suite, qu'ils renonçaient tout de suite, mais qu'elle n'abandonnerait pas son fils, qu'elle était sûre qu'on pouvait encore le sauver.Alors, elle a été à l'église, elle a été le dire à Dieu qu'il ne fallait pas qu'il meurt, qu'elle ne voulait pas, qu'il ne pouvait pas mourir, que Dieu ne pouvait pas faire une chose pareille.Et à force de prier, si elle prie, si elle prie longtemps devant Lui, elle entre dans une plus profonde prière.S'opère lontement en elle ce détachement qu'elle repoussait, et quand elle se relève, elle est toute surprise elle-même des mots qu'elle trouve sur ses lèvres : Seigneur, je vous le confie, il est mieux dans vos mains que dans les miennes.Vous en prendrez meilleur soin que je ne puis faire.C'est votre enfant désormais, bien plus que le mien.Vous en êtes responsable.Que votre Volonté se fasse.Jésus, Jésus lui-même a prié ainsi et ayant commencé par dire : "Seigneur, s'il est' possible que ce Calice s'éloigne de moi, Seigneur, s'il est possible que ce Calice s'éloigne de moi .", parce qu'il est resté toute une nuit il est entré dans une plus profonde prière et quand il s'est relevé il disait : "Non pas ma volonté, mais la vôtre".48 Essayez de prier ainsi, essayez de vous prêter à cette puissance transformante et vous sentirez se modifier sous l'influence de la prière les dispositions que vous y avez apportées.Nous étions venus accablés de nos fardeaux, écrasés par des montagnes de soucis, de ressentiment, de dépression, d'obsession et de peur.Jamais, nous ne les soulèverons, jamais nous ne serons libérés.Elles nous collent à terre, elles nous tiennent sous le joug pour toujours.Et puis voilà que dans la prière, lentement Dieu surgit, Dieu agit, Dieu se manifeste.Dieu devient Dieu devant nous.Et tous les noeuds se défont, les montagnes sont soulevées, on ne sait comment cela s'est fait, mais c'est vrai que maintenant elles flottent comme des nuages autour de nous, on pourrait souffler dessus, les écarter avec le doigt.C'est vrai que la prière soulève les montagnes, c'est vrai qu'elle marche sur la mer.Quand Dieu est devenu Dieu devant nous, tout a changé, et cependant tout est resté le même ; toutes nos questions ont trouvé réponse, tous les maux leur guérison uniquement parce que Dieu a repris sa place et moi j'ai repris la mienne.Dieu est Dieu, Dieu est bon, Dieu est sage, Dieu est proche, Dieu est heureux, que de motifs de joie et de confiance.Et moi, je suis sans importance.J'ai perdu mes fardeaux en même temps que la primauté que j'avais usurpée.Je suis redevenu libre, joyeux, léger, vrai.Comment pouvaient avoir de l'importance des maux qui affectaient un être aussi nul, aussi léger, aussi insignifiant que moi, un être tellement aimé cependant, constamment soutenue entre des bras paternels.C'est cela que Dieu fait en nous.Dieu seul peut agir en nous à une telle profondeur.On ne connaît bien Dieu, on ne devient sûr de Lui que par ce qu'il fait en nous.Quand la Samaritaine revient vers ses concitoyens, elle leur dit : "Venez voir un homme, il m'a dit tout ce que j'avais fait".Et ils durent lui dire en se moquant qu'il lui en avait dit beaucoup.Mais quand ils le virent eux-mêmes et qu'ils l'eurent entendu, ils le prièrent de rester deux jours.Et ils disaient à la Samaritaine : "Maintenant ce n'est plus à cause de ce que tu nous as dit que nous croyons, mais nous l'avons entendu nous-mêmes et nous savons qu'il est vraiment le Sauveur du monde." Quand vous aurez prié ainsi, quand vous aurez été transformé ainsi vous direz à vos éducateurs religieux, à vos prédicateurs, à vos prêtres : "Maintenant ce n'est plus seulement à cause de ce que vous nous avez dit que nous croyons, mais je l'ai entendu moi-même et je sais qu'il sauve le monde.Il m'a parlé à moi-même.Il m'a transformé moi-même et j'ai senti combien II est puissant pour me sauver." 49 "Afin que nous soyons tous un" Albert Lefebvre, ptre.Avant la fête de la Pâque, Jésus, sachant que l'heure de sa Mort et de sa Passion était venue, légua sa dernière volonté qui devait être transmise par ses disciples à travers les âges : "L'Unité Chrétienne".N'avait-il pas déclaré avant de mourir : "Afin que tous soient un comme toi, Père, tu es en moi et moi en toi, afin qu'eux aussi soient en nous, pour que le monde croie que c'est toi qui m'as envoyé." S.Jean 17, 20-21.Il est raconté que lorsque S.Jean vieillit en voyant approcher l'heure de sa mort, on l'entendit souvent répéter aux chrétiens qui désiraient un dernier conseil : "aimez-vous les uns les autres." Dans un monde ébranlé et divisé par les guerres, l'immoralité, l'idolâtrie, le matérialisme et le sécularisme, nous avons tous besoin de nous rappeler qui que nous soyons prêtres ou laïcs, de la nécessité pressante de l'unité parmi les chrétiens.Nous devons donc faire face au monde et rassasier sa faim de Dieu.Si nous faillissons à cette tâche, c'est peut-être la fin de tout.Unis, nous pouvons sauver le monde mais divisés, nous tomberons : "Tout royaume divisé contre lui-même est ruiné et toute ville divisée ne peut se maintenir." S.Matthieu 12, 25.Le Concile Oecuménique Vatican II a placé en perspective les deux problèmes suivants de l'époque : réformer l'Eglise dans ses membres et l'Unité Chrétienne.C'est l'heure de l'oecuménisme.Pouvons-nous nous en désintéres-resser ?Nous les prêtres, nous devons donner l'exemple et guider les laïcs à désirer, chercher, prier pour cette unité.Nous devons personnellement conduire tous nos frères séparés à la plénitude du Christ : "Vous êtes la lumière du monde .qu'ainsi brille votre lumière aux yeux des hommes, pour qu'ils voient vos bonnes oeuvres et glorifient votre Père." S.Matthieu 5, 14.Nous devons être les premiers à donner des leçons de compréhension et de tolérance : savoir respecter et même apprécier la foi, les moeurs et la tradition des autres.Comme l'affirmait si bien le regretté Jean XXIII nous ne devons pas connaître seulement ce qui divise mais surtout connaître et aimer ce qui unit.Je me suis engagé dans le travail d'Unité Chrétienne depuis mon bas âge.Cette question m'a terriblement fasciné.Vers l'âge de 16 ans j'avais déjà fréquenté les Protestants, les Orthodoxes et les Juifs, désireux de les mieux connaître.Pendant mon stage au Grand Séminaire, les vacances me fournissaient l'occasion de visiter plusieurs ministres protestants, prêtres orthodoxes et rabbins.En sollicitant le privilège de parcourir leurs églises, j'exprimais ainsi M.l'abbé Albert Lefebvre est vicaire à Ste-Rose de Lima, Que., dans le diocèse de Hull.50 mon intérêt réel à nouer des liens mutuels d'amitié et de sympathie.Cette confiance réciproque me permit de les interroger au sujet de leurs croyances.Ainsi j'ai appris que l'on pouvait dialoguer sans litige, tout en évitant la controverse.Aussi je me rendis compte que ces conversations diminuaient leurs préjugés contre notre foi et que les miens disparaissaient, car nous aussi nous en avons.A ma grande surprise, ces entretiens m'ont révélé une foi commune en plusieurs dogmes cependant exprimés en terminologie dissemblable.Je me souviens que notre groupe de compagnons incluait le fils d'un ministre luthérien.Un jour il nous avait invités à visiter son église.L'offre fut acceptée plutôt par curiosité.En approchant près de l'autel, mes compagnons sachant que je désirais devenir prêtre me ptessèrent de monter en chaire pour leur prêcher.Je le fis sans hésitation.Une des paroles prononcées devait demeurer fixée dans ma mémoire : "L'amour nous rend capable d'accomplir l'impossible." J'étais loin de me douter que j'avais posé un geste symbolique des relations de fraternité, qui devaient un jour rapprocher les communautés chrétiennes du monde.Cet incident devint encore plus appréciable lorsque plus tard je devais instruire dans notre foi une paroissienne de cette église luthérienne et lui dire avec fierté : "vous savez, j'ai déjà prêché dans votre église." Ces notes explicatives indiquent pourquoi j'ai porté un intérêt spécial au mouvement d'oecuménisme.Au cours de mes douze années de ministère paroissial, le Seigneur a daigné m'envoyer un bon nombre de frères séparés afin de les diriger à confesser le Christ dans l'Eglise Catholique Romaine.Ces contacts de jeunesse et de ministère pastoral m'ont enseigné de nombteuses leçons.J'ai appris que je n'avais pas seulement quelque chose à leur donner et enseigner mais qu'eux aussi pouvaient m'enseigner de graves et salutaires leçons.Ces contacts personnels avec nos frères séparés m'ont révélé les armes devant servir à l'Unité Chrétienne, beaucoup plus que les volumes ont su le faire.L'expérience m'a démontré que cette unité se réalisera peut-être beaucoup plus par les petites choses que par les grandes choses.Je partage donc ici quelques-unes de ces inoubliables leçons.1ère leçon : la charité : "Présentement la foi, l'espérance et la charité demeurent toutes les trois ; mais la plus grande d'entre elles, c'est la charité." 1 Cor.13,13.J'étais vicaire dans une paroisse bilingue.Un dimanche matin, sous une inspiration, avant de commencer la messe je me tournai vers le peuple en disant : ce matin, je célèbre la messe pour tous ceux qui sont dans cette église, à vos intentions, pour tous vos problèmes." Quelque temps après, le curé me parlait d'un grand gaillard, je crois un ancien athlète, qui avait demandé de suivre un cours d'instruction sur le Catholicisme.Je ne portai pas plus d'attention puisque ce genre d'apostolat était assez fréquent dans cette paroisse.Plusieurs mois s'écoulèrent lorsque, un samedi soir le curé me dit : 51 "C'est ce soir que je baptiserai le monsieur en question." A l'heure des confessions, je descendis dans le corridor lorsque par coïncidence le nouveau baptisé entrait au presbytère en compagnie du curé.En passant près de moi, il me prit chaudement par la main et s'écria : "cher monsieur le vicaire, je suis enfin Catholique et je suis si heureux." Sans m'accorder le temps de répliquer, il procéda au salon avec le curé en me laissant dans la main une somme d'argent.J'étais tout perplexe car je n'avais rien fait de positif pour le conduire au Christ.Je pensai dans mon for intérieur : ''Je présume que son offrande est inspirée par sa grande joie".Environ deux semaines après cette conversion, je cheminais sur la route de l'Université d'Ottawa, voilà qu'une voiture de marque impressionnante s'arrêta près de moi.J'entendis une voix connue : "M.le Vicaire, puis-je vous accommoder ?" "Bien sûr si vous vous dirigez vers l'Université." En montant dans la voiture, je m'aperçus qu'il était en compagnie de son épouse.Voici ce qu'il déclara : "Il y a longtemps que je désirais vous parler.Je vois que l'occasion est maintenant favorable.Je voulais vous exprimer ma reconnaissance.C'est vous qui m'avez converti." Je lui fit remarquer que j'étais très impuissant à convertir qui que ce soit, Jésus-Christ étant le seul capable d'attirer à Dieu le Père.D'autant plus c'était M.le Curé qui avait présidé à son instruction et réception.Il m'expliqua comment une parole prononcée à l'occasion d'une messe l'avait décidé à chercher le Christ dans l'Eglise Catholique.C'était une énigme.Donc je lui a demandé d'élaborer sa pensée.Alors j'ai scruté dans ma pensée les sermons capables de produire une telle décision.J'allais apprendre que ce n'était pas un sermon mais une simple petite parole prononcée sur l'impression du moment.Dans un langage énergique, il me raconta son odyssée : "Vous souvenez-vous, dit-il, ce dimanche matin lorsque vous aviez annoncé que votre messe était aux intentions de tous les assistants.C'est cette parole qui m'a décidé.Je cherchais la vérité.J'allais d'église en église pour entendre les sermons dans l'espoir de trouver l'Eglise du Christ dans le labyrinthe des églises.J'étais convaincu de reconnaître la véritable Eglise par sa charité.Ce dimanche matin, j'étais présent dans votre église.Quand vous avez indiqué que la messe serait appliquée à tous les assistants, j'ai conclus que même moi, non-Catholique, j'étais inclus dans cette prière.C'était une prière, un geste de charité, que j'appréciais beaucoup à ce moment quand j'étais si déprimé.Votre promesse m'avait profondément bouleversé et impressionné.Je réfléchis pendant tout l'office.Mon raisonnement était pourtant simple.Je voyais un coeur charitable en vous.Cependant sa charité ne provient pas uniquement de lui-même, pensais-je, assurément sa foi est inspirée et dictée par son Eglise.Et si son Eglise lui dicte d'être charitable, cela prouve que l'Eglise Romaine Catholique est celle établie par le Christ." Sans se douter, notre nouveau converti me donnait une leçon de charité que je n'allais jamais oublier .52 2e leçon : la nécessité d'être des témoins de la foi : Mais, quand le Saint-Esprit descendra sur vous, vous recevrez de la force et vous serez mes témoins." Actes 1,8.Une jeune fille de haute culture, de savoir faire et de moeurs impeccables se présenta au parloir.Son père occupait une fonction importante au sein du gouvernement.Elle était née dans l'Ouest du Canada et se trouvait à Ottawa à cause de son père.La foi Catholique semblait lui fournir les réponses à ses questions sur la vie et le salut éternel.Elle désirait rencontrer le Christ et en vivre.C'était un charme de lui donner les cours requis car elle les goûtait tellement et les conservait dans son coeur.Sa mémoire était phénoménale.Pas encore Catholique elle assistait tout de même à la messe à tous les dimanches dans notre église paroissiale, ce qui dénotait son enthousiasme surnaturel.Je prévoyais qu'elle pourrait accomplir le pas désisif à la fin des six mois d'instructions.Avant le terme du cours, elle s'excusa pour partir en voyage avec son père en destination de la Saskatchewan.Cependant elle promit de reprendre les cours dès son arrivée.Au bout d'un mois elle fut fidèle à sa promesse et se présenta au cours.Avec peine et déception, je me rendis compte qu'elle avait perdu sa ferveur première.Néanmoins elle suivit le cours jusqu'au bout mais sans émotion évidente.Quand le moment de signaler sa décision vint, je fus attristé d'entendre qu'elle préférait retarder sa décision.Pour le moment elle n'était pas suffisamment convaincue, m'avoua-t-elle ! Je lui dis de prendre le temps nécessaire.Si elle ne se décidait jamais, alors il ne fallait pas pour autant conclure à l'inefficacité de ses efforts.Au contraire ces instructions nous avaient mutuellement donné l'opportunité d'approfondir les enseignements de la Bible.Deux années passèrent sans recevoir aucun signe de vie.Un appel téléphonique devait changer la direction de sa vie : "C'est Lois qui parle, me reconnaissez-vous ?" — "Mais oui, je vous reconnais et je ne vous ai pas oubliée dans mes humbles prières." — "Et bien, mon Père, j'ai la joie de vous annoncer que j'ai décidé de faire le grand pas.Pourriez-vous me donner quelques leçons pour rafraîchir ma mémoire." Son histoire se résumait ainsi.Lors de son voyage dans l'Ouest, elle avait rencontré des compagnes de foi Protestante.En prenant connaissance de sa joie de devenir Catholique, elles essayèrent de la dissuader : "Réfléchis beaucoup avant de faire une telle confession de foi.Regarde autour de toi et vois comment les Catholiques vivent.Maintenant tu es Protestante et tu es fervente chrétienne.Si tu deviens Catholique tu deviendras semblable à eux." Je regardai autour de moi et je me suis aperçue qu'elles avaient raison.Dans le bureau où je travaillais, les Catholiques donnaient le mauvais exemple : certains blasphémaient, d'autres s'enivraient et plusieurs se vantaient de leurs prouesses sexuelles.De fait les Protestants vivaient mieux leur foi.Ces constatations m'influencèrent profondément.Alors je décidai de poursuivre le cours pour être fidèle à ma promesse avec l'intention de me retirer à la fin.Cependant depuis ces deux dernières années, le Seigneur m'a placée en contact avec de nombreux Catholiques, ex- 53 emples vivants du Christ Jésus.C'est alors que j'ai compris qu'il ne fallait pas juger l'Eglise par ses membres non-pratiquants mais plutôt par ceux qui sont ses témoins." J'eus le bonheur de la baptiser et elle devint un témoin véritable de sa foi .3e leçon : la compréhension : "Vivez tous en parfait accord, en union de sentiments dans l'amour fraternel, pleins de compassion et d'humilité." 1 Pierre 3,8.J'écrivais souvent dans les différents journaux de la Capitale pour expliquer notre croyance surtout quand certains dogmes étaient mis en doute.Pendant l'Octave de prières pour l'Unité, j'avais fait parvenir une lettre à l'éditeur en formulant le souhait que les notions de compassion, de compréhension et de charité fraternelles puissent préparer la route à l'Unité Chrétienne.J'expliquais comment la connaissance exacte des doctrines opposées aux nôtres saurait libérer le coeur humain de ses rancunes, haines et préjugés.Parfois on prétendait que ces lettres demeuraient inutiles.Heureusement que je portais une sourde oreille à ces prétentions.Un bon matin, j'entendis sonner la sonnerie au presbytère.Je n'avais jamais l'habitude de répondre à la porte.Même si la ménagère était absente, ma chambre étant plus éloignée, les autres prêtres se prêtaient bien volontiers à la fonction de portier.Ce matin-là, j'étais seul au presbytère.Je fis face à un monsieur qui me dit : "M.le Vicaire, auriez-vous l'obligeance de donner quelques classes de catéchisme à mon fils qui doit faire sa première communion.Ma femme n'a pas pu lui aider car elle est Protestante." Voyant que son fils n'était pas suffisamment préparé à la visite du Roi des rois, j'acceptai avec plaisir avec la promesse de me rendre chez lui.Après cette première visite, je me suis rendu compte que son épouse nourrissait une foi vive.Les présentations d'usage accomplies, j'ai procédé à interroger son fils.Cependant il était évident qu'il fallait l'instruire davantage.A la fin du cours, elle me dit: "M.l'abbé, j'aurais un mot à vous dire.Etes-vous le prêtre qui écrivait des articles dans les journaux de la Capitale?" — "Oui, c'est moi." —■ "C'est extraordinaire, dit-elle, comment Dieu exauce nos prières.Ecoutez-moi, j'ai un fait à vous raconter.Vous souvenez-vous de l'article dans lequel vous affirmiez la nécessité de compréhension entre nous?Je suis luthérienne.Depuis longtemps je voulais me renseigner au sujet de la foi Catholique.Cependant je n'avais jamais osé me présenter devant un prêtre Catholique.Je craignais qu'il me fermerait la porte au nez ! A la suite de votre article, j'ai éprouvé le sentiment que je pourrais frapper à votre porte pour les renseignements.Il prétend que l'on doit être compréhensif les uns envers les autres.S'il pratique ce qu'il prêche assurément il me recevra bien.Vous ne me croirez peut-être pas, mais je me suis coiffé dans l'intention de me rendre au presbytère, mais rendue à la porte, la peur me prit et je n'eus pas le courage d'exécuter ma décision.Cependant je me suis mis à genoux et je dis au Seigneur: Seigneur, vous connaissez mes désirs, permettez donc qu- 54 un jour je puisse rencontrer ce prêtre.Voilà que ma prière a été exaucée." Ce qui s'était passé, c'est que j'avais été changé de paroisse en même temps que son époux recevait l'ordre de ses supérieurs de s'établir à Hull.Voilà comment on se retrouvait dans une même paroisse de Hull.Aujourd'hui ce fils communie accompagné de sa mère.4e leçon : l'attrait universel du Christ : "Le désiré de toutes les nations viendra." Actes 2,7.Au cours de mes premières années scolaires, je désirais devenir un prêtre Capucin.J'ai fréquenté le Collège Séraphique d'Ottawa où j'appris de nombreuses leçons sur la charité et l'amout fraternels de tous les hommes indépendamment de leur couleur, leur race ou leur religion.Lors d'une promenade, la conversation s'était déroulée sur le sujet des missions.J'avais émis l'idée de ne jamais partir en missions, car je n'en sentais aucunement l'attrait."Mon fils", me dit le père surveillant, "souvent le Seigneur envoie en mission précisément ceux qui ne songeaient pas à la vie missionnaire." De toute façon l'avenir allait soutenir le bien fondé d'un simple sentiment intérieur.Cependant le Seigneur a voulu me montrer qu'on ne devait pas nécessairement se rendre en mission pour devenir missionnaire.Dans cette même paroisse de Hull, je reçus la visite d'un Chinois qui étudiait en médecine à l'Université d'Ottawa.Il était Bouddhiste.Il manifesta le désir d'accepter le Christ Jésus, tout au moins d'en entendre parler.Une dame Catholique de ma connaissance l'avait dirigé vers moi.C'était édifiant de le voir venir au bureau à toutes les semaines et cela d'une distance éloignée.Je me souviens encore de ses yeux brillants évocateurs de l'éternelle recherche de la vérité.Contrairement à plusieurs de sa race, il était grand de taille.C'était ttès impressionnant au spectacle des inclinations profondes qu'il m'accordait voulant signifier son respect pour la Personne de Notre-Seigneur Jésus-Christ ! Sa famille était aussi bouddhiste.Son père, propriétaire d'un vaste terrain, occupait un poste dans le gouvernement.Cet étudiant avait été envoyé au Canada pour s'initier à notre système et philosophie de la vie.Pendant la veillée pascale, j'eus la joie de le voit baptisé.Aujourd'hui il est de retour en Chine travaillant à convertir sa famille.Sans être missionnaire en Chine, je le fus d'une façon mystérieuse grâce au Messie qui exerce un attrait universel.5e leçon : le rôle de la Ste-Vierge dans l'économie de notre salut : "C'est pourquoi le Seigneur lui-même vous donnera un signe : Voici que la Vierge a conçu, et elle enfante un fils, et elle lui donne le nom d'Emmanuel." Isaïe 7,14.Je connaissais une dame Protestante, d'une vie sans reproche.Elle est depuis lors décédée sans se convertir au Catholicisme.Cependant le Seigneur l'avait choisie d'instrument pour conduire dans son bercail un jeune aviateur.Un après-midi cette dame s'est présentée au presbytère en compagnie de l'aviateur en question.Quelle scène émouvante, une Protestante présentant un autre Protestant à un prêtre Catholique pour le convertir ! Elle me dit : "M.55 l'abbé, veuillez donner les cours d'usage à cet aviateur.Il avait déjà commencé ses instructions avec un aumônier Catholique.Malheureusement celui-ci osa insinuer que les Protestants étaient semblables aux païens.Alors l'aviateur avait été choqué et peiné.Il tira la conclusion que si l'Eglise pensait ainsi de nous, il était préférable de demeurer Protestant.Dans une conversation, il laissa échapper combien il avait tant désiré devenir Catholique, qu'il avait encore la nostalgie de l'être.Je lui ai dit que je savais que l'Eglise Catholique enseignait une notion plus juste et charitable.C'est ainsi que je lui ai suggéré de recommencer ses cours." C'est donc avec application que je me remis à la tâche.Ayant été si bien averti par cette dame non-Catholique, je pris toutes les précautions pour ne pas heurter ses sentiments tout en expliquant le Credo sans compromis.Cependant après quelques mois, il n'était pas encore tout à fait certain que l'Eglise Catholique était la seule établie par Jésus-Christ.Je n'avais pas encore parlé de Marie.Dans mes cours je centralisais toute l'attention sur la Personne du Christ Jésus et sur la Bible.Je réservais un des derniers schémas sur la Ste Vierge.A l'aide de la Bible je lui avais montré comment la Mère du Christ était devenue aussi la nôtre et comment Elle était le signe pour reconnaître la présence du Christ.Un samedi soir il m'arriva en me disant que "Maman Marie", (c'est ainsi qu'il surnommait la Ste Vierge), l'avait convaincu : "Une croyante Catholique m'a conduit à la Grotte d'Eastview.Une fois rendu devant la Grotte, elle m'expliqua brièvement l'historique de l'apparition de Marie à Ste Bernadette.Me souvenant que vous m'aviez indiqué comment la Bible nous révélait que Marie était notre Mère et un signe, je me suis agenouillé et je lui ai parlé dans un langage tout simple mais rempli de confiance.Je lui ai fait part de mes troubles et entre autre de ma difficulté de tout accepter le Credo Catholique.Je ne sais pas ce qui c'est passé, mais je me suis relevé comme si je sortais d'un bain Turc.J'ai senti un calme et une assurance qu'aucun mot ne pourrait décrire.Toutes mes inquiétudes et malaises disparurent comme par enchantement.Je ne peux pas vous dépeindre par des mots l'expérience que j'ai subie.Elle est unique.Je suis assuré que jamais plus je ne pourrai éprouver un semblable sentiment.A ce moment-là, Maman Marie m'a conduit à Jésus-Christ.Voilà quelques leçons tirées parmi plusieurs autres dans lesquelles le Saint-Esprit m'avait enseigné que la charité, la compréhension, l'amour du Christ et la Vierge Marie constituent les meilleures armes pour assurer l'Unité Chrétienne.Puissions-nous faire nôtre cette sublime prière de S.François d'Assise : "Seigneur faites de moi un instrument de votre paix.Là où la haine existe, faites que je sème l'amour; là où l'injure existe, le pardon.accordez-moi la grâce de consoler plutôt que de chercher à être consolé, de comprendre plutôt que de chercher à être compris, d'aimer plutôt que de chercher à être aimé, car c'est en partageant que l'on reçoit, c'est en pardonnant que l'on est pardonné et c'est en mourant que nous naissons à la vie éternelle." 56 G X Vamorale UNITÉ ET SPÉCIALISATION Application à la J.O.C.Chan.A.Dondeyne, de l'Université de Louvain.Est-il vrai, comme certains le prétendent, que l'idée d'Action Catholique spécialisée en milieu ouvrier, pour le monde du travail, est une formule dépassée par les événements ?Telle est la question que nous devons examiner maintenant.L'argumentation dont on se sert pour nier le bien fondé d'une J.O.C.spécialisée est la suivante: de grands changements sont survenus dans le monde et, dans un certain nombre de pays, les ouvriers ne se distinguent plus guère des bourgeois; de ce fait on met en doute l'existence même d'un monde de travail distinct, d'une jeunesse ouvrière distincte des autres jeunesses; on met en doute l'existence de problèmes propres à ce monde et à cette jeunesse; mais s'il n'y a plus à proprement parler de réalité ouvrière, c'est-à-dire une classe ouvrière à part, un monde ouvrier plus ou moins distinct, pourquoi maintenir en vie un mouvement d'Action Catholique spécialement adapté 57 à ce monde perdu dans le reste ?Voilà le problème.Je pense que chez beaucoup c'est ainsi qu'il se formule.On entend dire souvent: le problème ouvrier est dépassé, le problème social avait un sens il y a un demi siècle, mais maintenant il est dépassé et donc la J.O.C.est dépassée comme mouvement spécialisé.Comment répondre ?Il ne s'agit évidemment pas de nier les grands changements survenus dans le monde du travail depuis un demi siècle, du moins dans la plupart des pays occidentaux ayant une conjoncture économique assez élevée.Mais ces changements ne sont pas tels qu'on puisse déjà parler de l'inexistence de la réalité ouvrière, du problème ouvrier.Ce qu'il faut plutôt dire si on voit les choses à l'échelle planétaire, c'est que cette réalité ouvrière s'est étrangement amplifiée; étant donné l'évolution de notre monde, elle domine de plus en plus l'histoire de notre temps.Il y a amplification et approfondissement de la réalité ouvrière.Aussi peut-on dire et faut-il dire que les raisons invoquées il y a trente ans, lors de la fondation de la J.O.C, pour justifier la spécialisation, valent toujours et valent même plus que jamais, si on pose le problème à l'échelle mondiale qui est l'échelle actuelle.En d'autres mots, l'idée qui a si souvent été développée par Mgr Cardijn quand il dirigeait les grandes semaines jocistes, à savoir que l'heure de la classe ouvrière est en train de sonner, traduit plus que jamais la réalité historique de notre temps.Voyons cela de plus près.Qu'entend-on par: heure de la classe ouvrière ?En quoi consiste-t-elle ?Dans ce qu'on appelle "l'heure de la classe ouvrière", il faut distinguer plusieurs événements.1) Evénement sociologique Un premier événement est l'éveil des grandes masses, leur apparition ou avènement sur le théâtre de l'histoire, ou encore la rébellion des grandes masses.Intentionnellement je me suis servi de trois mots : éveil, avènement, rébellion.58 • Eveil : L'éveil des grandes masses est d'abord un événement de prise de conscience collective.Cela a commencé il y a environ un siècle et demi, c'était l'avènement du prolétariat; par elle, peu à peu l'humanité pauvre a pris conscience de sa condition moindre, sous-développée, etc.C'est un événement formidable dans l'histoire.Certes, il y a toujours eu beaucoup plus de pauvres que de riches, mais on ne le savait pas, on en s'en rendait pas compte.Il n'y avait pas une conscience collective des pauvres.Celle-ci a été rendue possible par la technique.C'est d'abord l'industrialisation qui a rassemblé des milliers d'ouvriers prolétaires autour de l'industrie; en ce moment c'est l'unification du monde qui travaille en faveur d'une prise de conscience collective de la collectivité des pauvres.Tout le monde sait maintenant, et les pauvres le savent mieux que personne, que les deux tiers de l'humanité sont sous-développés.Cette prise de conscience est un événement historique très important, il ne peut que déclencher une volonté collective de changer cette situation, coûte que coûte.• Avènement ou apparition sur le terrain de l'histoire en vue de changer cette situation.Cette collectivité des grandes masses est devenue, parce qu'elle a pris conscience de sa condition, une force historique; elle est en quelque sorte l'aile marchante de l'histoire, ce qui fait que l'histoire bouge.Autrefois c'étaient les princes, les militaires qui faisaient l'histoire, maintenant ce sont les masses en éveil.Il n'y a rien à faire contre une grève.Lorsqu'une grève économique éclate (supposez seulement une grève des postiers) elle paralyse la vie économique de tout un pays.Lorsque les postes ne marchent pas, plus rien ne va.Si à certains moments les postiers disent "non", aucun gouvernement si fort soit-il n'y peut rien.Les peuples d'Asie et d'Afrique sont devenus des puissances historiques également, pas encore suffisamment organisées, mais l'éveil peu à peu prend forme.Cela veut dire que les grandes masses sont devenues une force historique.Autrefois elles étaient passives, elles subissaient l'histoire, mais maintenant elles sont devenues constructives d'histoire.59 • Rébellion : Et comme tout cela ne se fait pas sans heurt ni lutte, il y a dans l'éveil des masses forcément un élément de violence.D'où l'idée de révolte, de rébellion des grandes masses.Il faut cependant que la lutte soit aussi humaine que possible, qu'elle se fasse dans le respect de la personne humaine.Ce grand événement sociologique qu'est l'éveil des grandes masses a commencé au siècle passé avec la révolte du prolétariat; il se continue maintenant à l'échelle mondiale par la révolte des pays colonisés et des pays en voie de développement, mais c'est le même événement qui se continue : la grande colleaivité des pauvres qui disent "nous en avons assez" et qui cherchent et tâtonnent un ordre de justice plus réel.Croire que le problème social est résolu parce que dans certains pays, comme en Belgique, les ouvriers vivent mieux qu'il y a cinquante ans, c'est évidemment une illusion très dangereuse.Le mouvement ouvrier lui-même n'était qu'un aspect de quelque chose de plus profond, l'avènement des masses miséreuses dans l'histoire du monde.Cet avènement n'est nullement achevé ni dépassé, mais quelque chose qui est en train de se faire.Voilà donc un premier événement constitutif de ce que l'on appelle l'heure de la classe ouvrière.2) Evénement d'ordre culturel et moral : la valorisation du travail Le deuxième événement est la revalorisation du travail; il y a une prise de conscience de la valeur du travail.Ceci est même plus important que le simple éveil des masses ouvrières.Le travail n'est plus considéré maintenant comme une punition du péché ou le lot des esclaves, le travail est considéré comme une dimension humaine universelle.L'homme est "être ouvrier", diraient les modernes.Le travail n'est plus quelque chose qui diminue l'homme, c'est quelque chose qui l'élève.Autrefois le travail était humiliant, diminuant.Maintenant, il est devenu l'expression de l'homme comme homme.C'est par le travail, en un certain sens, que l'homme se distingue de l'animal.60 Autrefois au XVIIe siècle, on aurait dit que l'homme se distingue de l'animal par la raison ("animal raisonnable") et les grands hommes étaient ceux qui cultivaient la raison, les intellectuels, les gens bien cultivés.Les autres étaient une humanité moindre.Au Moyen-Age, la grandeur de l'homme résidait dans sa proximité avec Dieu.L'homme supérieur n'était pas l'intellectuel, mais celui qui représentait le sacré ici-bas: le prince, le guerrier, l'évêque et le Pape, tous ceux qui ont part à l'autorité laquelle dérive de Dieu.Chaque époque est caractérisée par le fait que certaines valeurs sont mises en avant.Actuellement on dira que ce qui différencie l'homme de l'animal, c'est que l'homme peut transformer la matière par le travail, humaniser la matière, humaniser le monde; ce qui distingue l'homme de l'animal c'est qu'il est "être ouvrier".Ceci implique aussi un élargissement du concept de travail.Le philosophe Marleau Ponty dit: le travail pour l'homme moderne ce n'est plus simplement la production des richesses, mais toute activité par laquelle l'homme transforme la nature brute et inculte en un milieu humain.Il y a là un événement culturel très important qui fait son chemin et qui fait qu'il y a un problème du travail.3) Marxisme — Communisme Le troisième événement qui est une des raisons pour lesquelles il y a un problème ouvrier, qui n'est pas du tout dépassé, c'est la présence dans le monde du marxisme-communisme qui prétend apporter une solution, et l'attrait qu'il exerce sur ce monde en développement.En effet, le marxisme piétend être l'aile marchante de l'histoire d'aujourd'hui, l'avant-garde, celle qui a le mieux compris ce qui se passe dans le monde actuel.Marx seul, dit-on, aurait compris le sens de l'histoire et serait capable de mener ce monde vers un idéal de justice, d'égalité, de valorisation du travail, de créer une société du travail et un état qui soit vraiment une démocratie du travail.C'est pourquoi le marxisme est un événement mondial.Il prétend exprimer et résumer le monde d'aujourd'hui.61 L'histoire de ce troisième événement n'est pas encore achevée, nous sommes en plein dedans.Probablement que le communisme est à son sommet, on commence à se rendre compte : — que Marx et les communistes ont exagéré quand ils ont dit: le renouvellement du monde ne peut se faire que par le communisme, — que l'interprétation marxiste de l'histoire n'est pas la seule possible, — que le tiers du monde africain ne va pas prendre ce chemin-là, mais un chemin intermédiaire.Le communisme russe, bien qu'il soit encore très attrayant, a trop montré ses défauts pour qu'il soit sûr de l'avenir.Mais quoi qu'il en soit, c'est un des grands événements de notre temps.4) La mise en question de l'homme et du christianisme en raison des trois premiers événements que je viens de décrire.En raison de tout ce que je viens de dire, l'éveil des masses, la valorisation de la dimension du travail, la présence de l'athéisme marxiste, l'humanité se pose à nouveau la question : Qu'en est-il de l'existence humaine ?L'homme est-il appelé à vivre plus tard dans le ciel ou est-ce qu'il existe uniquement pour cultiver la terre ?C'est dire que le christianisme est mis en question.On se demande : qu'est-ce que le christianisme signifie encore pour les hommes ?Le christianisme est comme interpellé, interrogé par les événements mondiaux de notre temps.Beaucoup de gens diront que le christianisme est dépassé, qu'il n'est plus une réponse aux problèmes de notre temps.Il promet toujours mais ne fait rien.Dans un des derniers numéros de la "Revue nouvelle", il y a un article de Monsieur l'abbé Tshibangu, docteur en théologie de l'Université de Louvain, qui donne trois caractéristiques de l'intellectuel africain chrétien : — son nationalisme ; 62 — les difficultés en matière de foi : la foi est devenue problème au contact de l'Occident non-chrétien ; — l'inefficacité du christianisme dans les grands problèmes temporels.devant lesquels ils se trouvent.Le christianisme est mis en question tout comme l'homme est mis en question dans les romans, dans la littérature.En Russie, ce n'est plus l'ancienne conception de l'homme, la conception chrétienne, c'est une autre qu'on met à la place.La Chine aussi remplace la conception que les missionnaires avaient apportée.Que le christianisme est mis en question veut dire que l'humanité se pose la question : le christianisme est-il capable d'apporter une réponse aux questions de l'homme d'aujourd'hui ?La J.O.C.et les mouvements ouvriers chrétiens ont toujours affirmé que le christianisme est capable de fournir cette réponse.Que pouvons-nous conclure de tout cela ?Tout cela montre l'urgence de plus en plus inéluctable du laïcat ouvrier; notre époque est l'époque de la classe ouvrière dans un sens très large : éveil des grandes masses, valorisation du travail, l'événement communiste et, faisant suite à tout cela, la mise en question de l'homme et du christianisme.Le laïcat ouvrier est plus que jamais nécessaire et plus que jamais il faut un mouvement organisé qui soit simultanément une école de formation et un organe représentatif au milieu du monde.Il faut que quelque part l'Eglise montre au monde qu'elle a une réponse aux problèmes de notre temps ; qu'il n'y ait pas que de Marx qui prétende représenter ce monde, qu'il y ait aussi des ouvriers qui le représentent, des ouvriers chrétiens qui disent : nous parlons au nom de tout le monde, pas seulement au nom de notre petite Action Catholique; des ouvriers parmi les ouvriers, des africains qui sont de vrais africains, mais qui parlent chrétiennement, qui représente ce monde tout entier, mais dans une perspective chrétienne.Cette Action Catholique spécialisée doit être aussi une puissance organisatrice, qui mobilise des forces, pas seulement des forces chré- 63 tiennes, mais encore d'autres et qui les dirige même.Bref, une Action Catholique spécialisée, en particulier une J.O.C.spécialisée, est toujours très actuelle et n'est pas une formule dépassée par les événements, au contraire.Quelques applications pratiques Il reste deux questions pratiques à examiner rapidement; ce sont des questions d'organisation.Etant donné le bien fondé d'une J.O.C.spécialisée, comment intégrer cette J.O.C.spécialisée dans les mouvements d'Eglise en général et comment la concilier avec les mouvements non-confessionnels.1) Pour ce qui est du premier problème: la conciliation de la spécialisation avec l'existence d'autres mouvements d'Eglise (mouvements spécialisés et mouvements unificateurs, tels les organismes paroissiaux), cette question est aussi vieille que la J.O.C.; on en discute depuis trente ans.L'essentiel est de ne pas dramatiser les choses, de faire avec soin ce qu'on a à faire.La J.O.C d'une paroisse est aussi un mouvement de paroisse comme tous les autres mouvements; il y aura toujours un travail commun à réaliser, comme il y aura toujours des erreurs, des froissements, des difficultés; seulement cela n'est pas grave, c'est la conséquence du fait qu'on travaille.J'ai l'impresion qu'on a perdu beaucoup de temps à discuter cette question de la coordination, qui est avant tout une question de pratique.Où il y a des gens avec un bon sens et un esprit ouvert, tout marche bien.Le gros problème n'est pas tant de coordonner, mais de faire qu'il y ait de quoi coordonner, c'est-à-dire de bien travailler.Une J.O.C.florissante va facilement s'entendre avec les autres mouvements.Beaucoup dépendra des dirigeants, des aumôniers : il faut qu'ils pratiquent le bon sens et sachent que personne ne peut tout faire, que nous avons tous besoin les uns des autres et que nous avons tous à apprendre des autres et à donner aux autres.2) Le deuxième problème est plus important.Il s'agit des relations avec les mouvements non-confessionnels.Je suis incapable d'y répondre car c'est un problème propre aux nouveaux pays, au tiers monde, que je ne connais pas.64 En Belgique le problème ne se pose guère, mais il est évident, étant donné toute la signification d'une J.O.C.représentative du monde, que dans les pays neufs, une J.O.C.ne doit pas faire bande à part, ce qui suppose tout d'abord qu'elle soit forte par elle-même.Le problème de la masse et de l'élite est toujours corrélatif.Le but de la J.O.C.internationale n'est pas de partir avec quelques membres en A-frique ou en Inde en s'imaginant que seuls ils vont révolutionner ces immenses continents.Chez nous, il y a derrière la J.O.C.un syndicat aussi fort que le syndicat socialiste, mais là-bas il faut repenser les rapports; plus on veut être au milieu des masses, alimenter les masses, parler au nom des masses, plus il faut être soi-même.Pour être iVraiment apôtre sur ce terrain, cela suppose qu'on ne soit pas "à côté" çles autres, mais qu'on vive même à l'intérieur d'autres mouvements si possible, si ces mouvements ne sont pas positivement anti-chrétiens ( supposez marxistes ).Et cela aussi pose un problème important : quelle doit être notre attitude à l'égard des marxistes ?Que la J.O.C.soit inconciliable avec un mouvement marxiste c'est évident.Un autre problème est de préciser et de justifier l'attitude des chrétiens devant le marxisme; autre est l'attitude de ceux qui, comme nous, vivent en dehors du communisme et l'attitude de ceux qui vivent dedans, les chrétiens qui sont au-delà du rideau de fer; leur attitude est différente, il faut qu'ils trouvent un modus vivendi.Puis il y a ceux qui sont tentés par l'expérience communiste, comme en Amérique du Sud; ils doivent bien comprendre que le communisme, s'il a réalisé de grandes choses, est une expérience terriblement dangereuse, car il considère l'athéisme comme doctrine d'état et suppose pour s'installer un demi siècle de sang, de violence, de camps de concentration, etc.il n'est pas possible de le penser autrement.C'est donc une expérience dangereuse non seulement du point de vue chrétien et religieux, mais du point de vue humain.Partout où la J.O.C.s'implante, il faut qu'elle perce ce problème, pas simplement pour elle-même, pour les jocistes, mais au nom des autres, en liaison avec des mouvements non-confessionnels.Il est évident que tout cela suppose une J.O.C.fortement organisée et solidement spécialisée.65 La pleine efficacité pastorale est aujourd'hui inconcevable et irréalisable sans l'Action Catholique Paul VI Le 7 décembre, le Saint-Père a dit notamment en recevant le Comité central de l'Action catholique italienne : "Nous voulons reconnaître dans la formule de vie associée et active aue vous représentez et promouvez aujourd'hui dans l'Eglise, une nécessité morale.La pleine efficacité pastorale est aujourd'hui inconcevable et irréalisable sans l'Action catholique, aussi bien diocésaine et paroissiale — ce qui est sa forme primitive — que spécialisée et destinée à l'apostolat de milieu.C'est le devoir des pasteurs de la créer, de la soutenir, de la former, de la faire sortir du stade de la peine et de l'effort par lequel elle doit d'abord passer pour l'amener à un rayonnement pastoral plus ordonné et efficace.C'est à cela que tend l'organisation.Les catholiques de bonne volonté y sont constamment invités.Nous ne ferons pas de reproches à ceux qui n'accueillent pas cette invitation si, par ailleurs, ils restent fidèles à une vie chrétienne authentique ; et Nous considérons toujours avec une égale affection tous ceux qui recherchent leur perfection et qui exercent leur apostolat selon d'autres formes associatives et religieuses reconnues par l'Eglise, si large et maternelle pour admettre la pluralité dans les voies du bien et de la piété.Mais Nous serons reconnaissants aux fils de notre laicat qui voudront reconnaître dans l'Action catholique la voie maîtresse pour professer leur adhésion à l'Eglise, pour alimenter en eux le sensus Ecclesiae dans toute sa plénitude." Le mystère pascal d'une banlieue ouvrière Bernard Lucas, Fils de Marie Immaculée.Les arpenteurs des trottoirs de Montréal et surtout ceux qui faisaient le pied de grue en attendant l'autobus, regardaient ce "curé", qui coiffé d'un béret basque bleu-marin, monté sur un scooter, ne semblait pas être comme les autres.Les expressions du visage et des yeux de tous ces gens, leur sourire, les passagers des voitures qui se retournaient pour mieux voir la soutane qui flottait au vent semblaient dire : "d'où sort-il ?" Cette question me fut souvent posée par des hommes rencontrés sur la rue ou dans des magasins.Je répondais toujours la même chose : "de France".Mes interlocuteurs allaient toujours plus loin : — "mais où travaillez-vous?" 'à Cité de Laflèche." 'c'est nouveau?" 'non, jadis cette place s'appelait Mackayville." 'ah, oui .et puis vous travaillez là .c'est une drôle de ville .c'est le refuge des "bums", des voleurs, des "accouplés", etc.Je leur répondais bien amicalement que je n'étais pas tout çà .et concluais : "il y a du bon monde partout .j'aime cette petite ville, j'ai besoin d'elle et elle a besoin de moi sans doute." "Instaurare omnia in Christo", "tout restaurer dans le Christ"."Donner à toutes choses une seule tête, le Christ"."Ramener toutes choses sous un seul Chef, le Christ".Cette parole de Paul aux Ephésiens, que Pie X prit comme devise est le point de départ de ces quelques réflexions.LE PASSAGE DU PONT Il y a quelques dizaines d'années seulement, la rive sud n'avait que peu de municipalités.Saint-Lambert, Longueuil étaient le refuge des hommes d'affaires, des ouvriers spécialisés, des professionnels qui après leur travail recherchaient la tranquillité de la campagne.La paroisse Saint-Antoine de Longueuil avait un immense territoire et s'étendait jusqu'au rang de la "Côte Noire", aujourd'hui Grande Allée, seule route qui traversait cette région de campagne.67 Près des quais du port de Montréal et des manufactures établies sur la rive nord du fleuve, une population pauvre habitait des mansardes recouvertes de fumée.Les logis étaient petits et les familles nombreuses.La ville entreprend de démolir bien des taudis.Quoi faire ?Passer le pont.Cette population du "bas de la ville" ne pouvait s'installer ni à Lon-gueuil ni à Saint-Lambert.Elle dût aller plus loin, dans le champ.Et c'est autour de la "Côte Noire" que cette population vint cacher sa pauvreté ou sa situation matrimoniale.DU CHAMP AUX BIDONVILLES C'est au début du siècle que de ces vastes étendues de bois et de marais surgirent un petit peu partout des cabanes faites de planches de boites d'emballage, de tôle et de papier goudron.Chacun aimait sa petite maison, elle n'était ni grande ni belle, mais elle lui appartenait.Loin du bruit et des curieux, chaque famille vivait isolée se défendant contre la faim, le froid et même la pluie.L'Eglise de Montréal veille sur son troupeau qui s'accroît et dès 1909, la paroisse Saint-Josaphat est fondée.En 1921 le lieutenant colonel François Samuel Mackay, propriétaire de nombreuses terres sur la "Côte Noire" donnera du terrain pour construire la desserte du Sacré-Coeur qui sera érigée quatre ans plus tard en paroisse sous le vocable de St-Jean-Eudes.La rive sud se développe très vite surtout aux limites de la paroisse Saint-Antoine de Longueuil.En 1934 le diocèse de Saint-Jean est fondé.La paroisse Saint-Jean-Eudes avait déjà 150 familles.La ville elle-même est née en 1947, lorsqu'on a coupé le territoire de la paroisse Saint-Antoine pour créer Ville Jacques-Cartier et Mackayville.La vague de prospérité d'après guerre qui a vu s'épanouir la rive sud, n'a jamais atteint Mackayville.La population date surtout des 15 dernières années.Puisque la ville n'avait pas de règlements de construction, venait s'y établir qui voulait, mais surtout qui pouvait accepter de vivre dans un marais à la saison des pluies, dans un nuage de poussière au temps sec et par surcroît aller chercher l'eau au coin de la rue.DE MACKAYVILLE À CITÉ DE LAFLÈCHE Les paroisses se multiplient, N.-D.de l'Assomption et N.-D.des Sept Douleurs se partagent la population avec St-Jean-Eudes et tous les Anglais 68 forment une autre paroisse.Une amélioration très nette se fait sentir, mais la renommée de cette petite ville de banlieue n'inspire pas confiance.Et pourtant l'urgence des travaux d'aqueduc et de route est manifeste.Au conseil de ville on se pose la question : qui achètera les obligations ?C'est alors que Mackayville changea son nom pour celui de Cité de La flèche en 1959.Très vite les travaux d'égoûts commencèrent, les rues s'ouvrirent, mais peu de familles avaient le coeur et le goût d'embellir leur maison.Le gazon et la peinture étaient une exception.La population n'avait pas beaucoup de choix pour se faire représenter à la tête de la ville.L'administration a toujours été assez louche et un travail d'ensemble impossible; ce qui faisait dire à un journaliste de La Presse : "si quelqu'un décidait un jour d'écrire un opéra-bouffe sur les conseils municipaux de nos banlieues, il n'aurait pas de meilleure source de renseignements que les archives de la Cité de Laflèche." Aujourd'hui l'aqueduc est posé, les routes et trottoirs en majorité terminés.Les maisons se recouvrent de briques, le gazon et les fleurs mettent une note de gaieté et de jeunesse.Chacun sent un besoin de renouveau, de neuf.Mackayville disparaît, Cité de Laflèche demeure.Tout se transforme progressivement vers l'ordre, l'unité qui est dans le plan du Seigneur.Bien incomplètement, j'ai essayé de montrer le Mystère Pascal de cette ville de banlieue habitée par 12,000 âmes.C'est dans cette transformation qu'est sortie une J.O.C.qui a marqué tous les jeunes et beaucoup d'adultes.LE MYSTÈRE PASCAL, DES JEUNES TRAVAILLEURS ET TRAVAILLEUSES Nous sommes en 1959.La cité en pleine évolution manifeste une grande instabilité et tout s'en ressent.Les organismes municipaux, scolaires, sociaux et religieux sont atteints soit de sclérose ou de rivalité.Cependant on remarque un besoin d'action concrète, on veut faire quelque chose, mais l'ambition, la volonté de dominer, d'imposer ses idées, de se montrer, détruisent toute action.Beaucoup de comités s'amorcent, certains arrivent à vivre quelques années.On fait du travail mais il n'y a ni suite ni ordre.On se dévoue pour les jeunes sans les consulter et très peu sont appelés à collaborer avec les adultes.Mais où sont les jeunes travailleurs et les jeunes travailleuses et que font-ils ?Les jeunes se rencontrent surtout au restaurant pour jaser, jouer aux machines à boules et au pool.Les restaurants sont nombreux et les seuls 69 lieux de ralliement.Pas de cinéma et aucun local de sport intérieur.Les sports extérieurs ne sont pas tellement en vogue.Des "gangs" sérieuses sont cependant organisées, un jeune travailleur va nous faire connaître l'une d'entre elles : "Révolté contre la société et la religion à cause de mon orgueil développé par ma famille qui m'avait élevé pour être fier, je trouvais plaisir à mener une petite gang dans laquelle nous avions comme mot d'ordre de ne jamais faire de bien à autrui.Autrement dit, il fallait écraser l'autre avant de se faire écraser.Je m'étais promis de ne jamais aider personne car je croyais fermement que dans ce monde on ne pouvait vivre qu'en fraudant, alors commença cette vie d'enfer dont je me réjouissais.Notre gang s'appelait les "cats" et pour y être admis, nous devions comme initiation primaire, dépecer un chat vivant.Plusieurs ne pouvaient procéder jusqu'au bout.J'avais eu cette idée quand j'avais lu un livre sur un sadique qui dépeçait des personnes vivantes et j avais trouvé cela tellement écoeurant que je m'étais dit que ce ne serait peut-être pas une mauvaise idée de voir s'il y avait des gars qui seraient capables de tenir cette épreuve jusqu'au bout .il y en eut.Nous étions à peu près sept ou huit et nous faisions les magasins après les heures de fermeture, toujours d'après les plans que je trouvais dans les bouquins que je lisais à l'époque ." Ce fait en dit long et nous fait découvrir bien des problèmes : • relations jeunes-adultes, • influence des livres • besoin d'être avec d'autres • besoin d'action, action pas comme les autres .Sans le savoir ces jeunes vivent la méthode de la J.O.C.• ils agissent en équipe • ils doivent se compromettre, s'engager (l'initiation) • ils se réunissent au restaurant pour reviser ensemble ce qu'ils ont fait et décider ce qu'ils vont faire.D'autres "gangs" moins dures existent dans chaque restaurant.Le travail est de pénétrer cette masse .70 DE LA "GANG" À L'ÉQUIPE En fin d'année 1959, un gala de sport est organisé pour fonder un centre de culture physique avec poids et haltères.Quelques jeunes prennent des responsabilités mais les culturistes sont trop personnels et nous ne sommes pas arrivés à former une équipe.Au cours de 1960, un tapis de lutte, une table de billard et du matériel de gymnastique attirèrent d'autres jeunes.Ce fut la première année d'observation et de contacts.Pendant ce temps les filles organisaient le club des as et un S.P.A.Il leur a fallu trois ans pour découvrir le sens de l'équipe : sa technique, sa pédagogie et son esprit.Pendant cette première année, quelques gars se sont ouvert les yeux sur de vrais problèmes : • loisirs • fin de semaine • "flanage" • "gang" de restaurant • manque de préparation au travail • révolte contre les parents, les adultes .C'est alors qu'ils organisèrent un Système D (série de rencontres durant lesquelles on discute des problèmes soulevés plus haut).A partir de ces rencontres, des sorties furent mises sur pied : "sleigh-ride" et partie de sucre l'hiver et excursions l'été.Cependant aucun gars n'a voulu prendre la responsabilité du mouvement.Ils organisent quelque chose quand çà leur tente .L'instabilité régnait tout simplement parce que pas un gars n'avait encore découvert sa place auprès des autres jeunes.C'était difficile pour eux de comprendre leur devoir de disponibilité et de service vis à vis de leurs semblables.Un an plus tard, le groupe prit forme et en 1962 la section était sur pied bien structurée : un gars avait découvert ce don aux autres, l'amitié qui doit régner dans l'équipe et entre les responsables.Rapidement les activités se multiplient : bowling, camping, fin de semaine organisée, carnaval de Québec.Les jeunes sont décidés et travaillent ensemble pour les autres.La "gang" était devenue une équipe d'activité.71 DES JEUNES AUX ADULTES Pendant ce temps-là les foyers se regroupent en équipes de quartier.Cette année la J.O.C.et les équipes de foyers travaillent ensemble le programme social.Les jeunes et les adultes se découvrent mutuellement.Ces rencontres ont toujours apporté un véritable épanouissement et réconfort à chaque groupe.Il y a toujours eu un vif désir de compréhension grâce sans doute à l'esprit que donne le travail en équipe.C'est l'équipe qui lentement va amener chaque membre à accepter l'autre avec ses idées, son caractère, son âge, sa formation.Le programme social de l'an passé sur l'amour a fait connaître la J.O.C.à tous les habitants de la cité.Il a été vraiment pris au sérieux.Les enquêtes se sont faites dans tous les milieux de vie et les neuf équipes ont réfléchi profondément.Ensemble ils ont vu : • une mauvaise conception de l'amour • des fréquentations trop précoces et trop longues • un manque de préparation au mariage et à la vie • beaucoup de mariages de mineurs • des séparations après un ou deux ans de mariage.La section toute entière passe à l'action : • au Centre des Jeunes une équipe organise la danse chaque samedi • des forums sur l'amour et la danse attirent beaucoup de jeunes • un cours d'éducation sentimentale de sept semaines est suivi par cent cinquante jeunes • quelques équipes ont visité des couples pour échanger sur l'amour.L'année s'est terminée en beauté à la Semaine Nationale des Jeunes Travailleurs surtout par la rencontre des chefs d'équipes avec les différents conseils et organismes de toute la ville.Bien que les principaux comme le conseil de ville étaient restés sourds à l'invitation, tous les adultes présents avaient découvert le mouvement et donnaient entièrement leur appui aux jeunes.Jeunes et adultes furent enthousiasmés.Les jeunes étaient passés aux adultes.DES AUTRES .AU CHRIST A travers toutes ces activités et rencontres, les jeunes réfléchissent, é- 72 voluent jusqu'à la rencontre personelle avec le Christ.Celle-ci est difficile et on ne peut la prévoir car elle est l'oeuvre de la grâce.Le jeune qui commence à voir les problèmes, s'il n'est pas sans coeur, va faire quelque chose pour trouver une solution, pour aider.Je comparerais ce jeune au Cyrénéen qui aide Jésus sur la route du calvaire.On demande à un passant Simon de Cyrène de soulager Jésus, il le fait.Mais quand a-t-il découvert que celui qu'il aidait était Jésus ?Le jeune a besoin d'action, d'expression, en lui les sentiments dominent et par conséquent la continuité de son action apportera des difficultés, exigera des efforts et c'est là que la découverte du Christ commencera dans les autres.Cette vision du Seigneur peut emballer des âmes surtout des jeunes comme elle peut aussi en rebuter parce qu'elle est exigeante.Cette vie de foi qui se développe n'est-ce pas le mystère pascal de toute vie et chaque vie a son histoire, son chemin.L'équipe, l'activité et la revision de vie sont à la base de l'évolution.Il est remarquable qu'un jeune qui s'engage, va prendre de l'assurance, et des responsabilités dans la liturgie dominicale.On a constaté que certains qui ne venaient même pas à la messe se sont acheminés progressivement de la rue au fond de l'église et de là jusque dans le choeur.Les jeunes eux-mêmes ont demandé à être initiés le dimanche pendant la messe afin de donner un témoignage.Cependant le mouvement reste toujours instable, il y a des hauts et des bas.Parfois au moment où on espérait le plus c'est une déchéance et quelques semaines plus tard, çà repart.C'est le mystère pascal qui se réalise dans nos jeunes.C'est dur pour les adultes, mais il faut être là, présent, il faut savoir attendre, patienter, et en agissant ainsi les jeunes nous aideront à réaliser en nous le mystère pascal.Pour ne pas vivre toujours sur une tension nerveuse, il faut découvrir et former un ou deux vrais militants pour assurer une certaine stabilité à la section et aider à l'éducation de la foi et à cette découverte personnelle du Christ.On a pu constater que le jeune ne peut faire cette découverte personnelle et s'engager vraiment dans le mouvement s'il a toujours fréquenté depuis 13 ou 14 ans et s'il se refuse à admettre les adultes.Aujourd'hui la J.O.C.est pleine de promesses parce que tous les mardis soirs jeunes et adultes prient ensemble et travaillent la main dans la main pour construire l'Eglise de la Cité de Laflèche.Si le jeune se sent responsable de la paroisse, s'il travaille avec des adultes, il n'y a rien à craindre.73 Après une rencontre avec des jeunes, un adulte exprimait sa découverte ainsi : "J'ai été stupéfait de voir ce que ces jeunes voulaient accomplir".Vraiment cette petite ville de banlieue connaît un renouveau dans le Christ.Cette petite ville fait sa Paque (son passage de l'esprit païen .à l'esprit du Christ) et elle fait cette Paque à travers tous les événements qui la touchent et parce que cette Paque est douloureuse et unie à celle du Christ, elle est sûre d'arriver à la Résurrection avec le Christ.Certains envisagent le mariage trop légèrement Paul VI S'adressant aux juges du tribunal de la Rote, cour vaticane jugeant les appels dans les affaires matrimoniales, le pape Paul VI a déclaré que certains "envisagent le mariage avec beaucoup trop de légèreté et le réduisent à des expériences dégradantes, des aventures hasardeuses, quand ce n'est pas à de terribles fiascos"."Nous nous sommes demandés, a ajouté le Saint-Père, si l'augmentation du nombre d'affaires matrimoniales soumises au tribunal de la Rote, au cours des dernières années, ne peut être lié, dans certains cas, à l'affaiblissement du sens de la conscience morale qui devrait toujours guider l'homme, et surtout le chrétien, dans sa vie, et particulièrement au momnent des décisions les plus graves".Le pape s'est également demandé si ceci indiquait "une attitude quelque peu superficielle et légère, pour ne pas dire foncièrement irrévérencieuse à l'égard du mariage".Le Saint-Père a souligné "la nécessité absolue de mettre fortement l'accent sur la primauté des valeurs morales, spécialement parmi les jeunes, qu'une robuste conscience morale doit préparer à la fondation d'un foyer"."Il est certain, a poursuivi le Saint-Père, que l'influence nocive d'une certaine littérature, d'une certaine presse, de certains spectacles, a contribué dans une mesure plus ou moins grande à répandre des conceptions dangereuses et des attitudes erronées"."Il est vrai également que ce stimulant rencontre une résistance plus faible que par le passé dans le sanctuaire que doit être la famille", a conclu le pape.74 Action au travail Roger Poirier, o.m.i.Si la J.O.C.veut être fidèle à sa mission elle doit s'efforcer de transformer tous les milieux de vie où évoluent les jeunes travailleurs.Mais pour les juristes le milieu de travail demeure le plus important.C'est souvent ce milieu qui, au point de départ, façonne la mentalité d'un jeune.En le rendant individualiste et matérialiste durant plusieurs années, le jeune subira son travail et cherchera à s'évader par ses loisirs.Pour cette dernière raison il sera difficile au militant de mener une action qu'il voudrait plus efficace.Mais à cause de cette importance du milieu de travail, des efforts de pénétration et d'évangélisation sont constamment suscités par le mouvement.C'est une expérience de cet ordre que nous voulons souligner en puisant dans le rapport d'un militant de Québec.Serge, 21 ans, est jociste depuis 2 ans.Lui-même ancien chef de gang, il est en mesure de connaître et de comprendre ce comportement et la psychologie de ses compagnons.C'est un peu à cause de cette expérience qu'il est engagé pour un chantier de construction de Lauzon.On l'engage comme chef de département dans lequel un groupe de 5 gars causent des difficultés à la Compagnie.Celui qui l'engage est un ancien jociste bien au courant du mouvement et qui espère beaucoup de l'action de Serge.Déjà éveillé par l'action du mouvement qui existe pour organiser une action d'évangélisation dans le milieu de travail, Serge se met aussitôt à la tâche.1ère ÉTAPE : DÉCOUVERTE DU MILIEU ET DES GARS Il s'agit d'un chantier qui emploie 3,000 hommes dont 1,500 jeunes.Le département dans lequel Serge travaille est à part des autres ; on y reproduit des plans pour tout le chantier.Les conditions de travail sont difficiles.Les gars sont nerveux et la senteur d'ammoniaque fatigue beaucoup les yeux et endort.Les salaires ne sont pas très élevés.L'atmosphère est lourde et les gars ont toujours hâte que la journée soit terminée.Peu d'amitié et d'entraide.A cause de tout ça, les gars n'ont pas de conscience professionnelle : perte de temps considérable, bataille ; on brise le matériel et on endommage facilement les murs, les chaises et les tables."Les gars sacraient et blasphémaient à la moindre contrariété .c'était décourageant." 75 "J'avais cinq gars : Jos, Ray, Jock, Dodo et Laurent.Une semaine après mon arrivée, Ray a été transféré.Jos, 24 ans a huit ans de service pour la compagnie.Il est assez sérieux et il aime son métier d'opérateur, c'est ce qui faisait qu'il n'était pas aimé des autres.Jos est orphelin de sa mère.Jock, 20 ans, n'a plus ses parents et il vit en pension.Il est opérateur depuis deux ans.Sa vie de loisir est assez mouvementée : filles, boisson, etc .Il n'a pas d'instruction.Laurent, 19 ans, un an de service, très travaillant et setviable.Toujouts prêt à rendre service.Dodo, 19 ans, six ans de service, agit comme messager.C'est un gars dur.Il ne sait ni lire ni écrire.Il sort en gang et ne pense qu'à son bicycle à gaz.Lui aussi il est orphelin.Je me fis très vite ami avec eux, car je sors, moi aussi, d'une gang de durs ; alors en langage on se comprend très bien ! Durant les premiers quinze jours je ne parlai pas ; je les laissais faire et briser comme avant".Le premier geste de Serge a été de faire installer son bureau dans le département.Les autres contremaîtres étaient installés au deuxième.Ensuite afin de les faire réfléchir, il les a réuni sous prétexte de parler du travail.2e ÉTAPE : AMITIÉ ET PARTAGE DE RESPONSABILITÉS Après trois réunions durant trois semaines consécutives, les gars commençaient à mieux se connaître.Mais ils continuent de briser et de perdre du temps malgré un règlement sévère que Serge leur avair proposé.C'est durant cette période que la J.O.C.a organisé une fin de semaine de camping.Serge en était responsable sur le plan fédéral.Jock accepte d'être responsable sur le plan local, c'est-à-dire pour Lauzon."Mon travail devint plus facile.Je l'encourageais et je lui aidais à organiser son camping.Les échanges devenaient plus faciles ainsi que les contacts.Enfin deux du groupe sont venus au camping et cela m'a petmis de lier amitié et de prendre connaissance plus à fond de leurs problèmes personnels".3e ÉTAPE : ON PASSE À L'ACTION, ENTRAIDE A l'occasion des réunions durant lesquelles on discutait du travail, Serge en profitait pour susciter des revisions de vie et les aider à juger leurs com- 76 portements.Aptes la cinquième réunion c'était admis de faire une revision de vie er chacun prenait une résolution.C'est ainsi que Dodo a décidé d'apprendre à écrire et que Jock s'est lancé dans l'anglais.Laurent et Jos se sont offerts pour rendre service à la J.O.C.locale."Il y a plus d'amitié et d'entraide parce qu'ils ont découvert leurs qualités réciproques.Par exemple, Jos qui depuis deux ans ne s'entendait pas avec Jock a réussi, par les réunions, à lui faire comprendre que c'était pour son bien qu'il lui répétait de mieux travailler".IMPRESSIONS : "Voilà où j'en suis rendu avec mon groupe d'action au travail.J'ai l'impression que c'est de la J.O.C.authentique, vécue chaque jour.En revisant mon action je remarque que mes armes spéciales ont été l'amitié et la diplomatie.Il ne faut pas oublier de prier pour nos gars et les aimer".CONCLUSION : Comme on a pu le constater d'après ce témoignage, la J.O.C.a donné à Serge un véritable esprit missionnaire dans son milieu de travail.C'est parce qu'il avait découvert le vrai sens de sa vie qu'il a été capable de "voir" son milieu, ensuite de l'aimer et d'utiliser les méthodes jocistes dans l'espérance d'opérer une transformation chrétienne.Dodo, Jock et les autres ont apptis eux aussi à "voir".Ils ont aussi appris à mieux se connaître, à devenir amis.Ne s'agit-il pas de véritables étapes pour une conversion en profondeur des personnes et des milieux ?D'autres étapes sont à franchir pour que le Christ soit reconnu mais l'action de Serge est un acheminement."Ubi amor, Deus ibi est".Nouveauté LA PRÉPARATION AU MARIAGE Publication de la Commission de pastorale familiale de Bruxelles.Collection "Recherches pastorales".Cet ouvrage réalisé par une équipe de spécialistes s'adresse aux responsables de la préparation au mariage, prêtres ou laïcs, pour guider leur réflexion et répondre à leurs questions en vue d'aider les fiancés à profiter au maximum de ce temps privilégié, à découvrir la vocation chrétienne à laquelle ils sont appelés dans le mariage ; guide pratique aussi pour l'organisation de sessions, soirées, récollections, retraites, etc.Un volume de 184 pages.77 Carrefour sur la pastorale en monde ouvrier Du 4 au 6 mai prochain aura lieu chez nous une session d'étude qui réunira les principaux aumôniers des syndicats ouvriers, de la J.O.C., de la L.O.C.ainsi qu'un groupe de curés et vicaires de paroisses ouvrières.Ce carrefour permettra une mise en commun de travaux entrepris depuis un certain temps par des équipes de prêtres plus spécialement responsables du milieu ouvrier.Un questionnaire de base a guidé les recherches.A.— Evaluer l'influence sacerdotale dans le secteur ouvrier que nous atteignons.1.Qui atteignons-nous ?2.Quelle est la valeur des moyens que nous employons pour diffuser l'enseignement social de l'Eglise ?3.Quelle est la valeur des moyens que nous employons pour assurer l'alimentation spirituelle des militants ?4.Quels sont les besoins spirituels de nos milieux ?5.Quelles sont les lacunes de notre apostolat ?6.Quelle est la valeur réelle de l'engagement et de l'influence apostolique des militants et dirigeants dans nos milieux ouvriers ?B.— Serait-il nécessaire de "repenser" le rôle du prêtre en fonction des besoins actuels du milieu ouvrier ?C.— Comment organiser la collaboration qui devrait exister entre les prêtres des paroisses ouvrières, les aumôniers d'action catholique ouvrière et les aumôniers de syndicats ?D.— Comment pouvez-vous définir votre rôle sacerdotal en monde ouvrier ?N.B.Nos lecteurs sont invités à nous faire parvenir leurs points de vue en préparation de cet important carrefour.78 "Nous ne comprenons pas mais nous y voyons une marque de confiance" La présidente diocésaine de Rimouski.Le 28 décembre dernier, un tragique accident faisait quatre morts dont Clémence Lavoie, présidente de la section jociste de l'hôpital St-Joseph de Rimouski.Voici un extrait de la lettre de Denise Hains, la présidente diocésaine, adressée le 6 janvier à la responsable nationale de cette fédération, Car-melle Benoît : Bonjour Carmelle, Inutile de te dire tout le bien que m'a lait ta lettre .Eh oui ! Le grand chef, qui nous avait donné une jeune fille avec des qualités naturelles de chef et une âme d'apôtre, est venu chercher notre Clémence.Nous ne comprenons pas pourquoi mais nous essayons d'y voir là une marque de confiance.Nous avons toutes et tous été bouleversés par ce tragique événement.Cet accident a fait quatre morts et un survivant pas bien fort : trois dans l'auto où se trouvait Clémence et le seul occupant de l'autre automobile.Dans l'auto de Clémence, un jeune homme de 21 ans, Clémence 18 ans et Mouette 17 ans.Notre J.O.C.F.a fait une double perte puisque Clémence était un chef engagé et Manette une participante au cours de personnalité.La consolation que nous a donnée le Christ est que cette épreuve nous a prouvé qu'il existait une fraternité jociste chez-nous et Clémence nous a tous réunis autour de sa tombe.Nous commençons à nous remettre du choc et maintenant forte du témoignage de Clémence qui rayonnait et dans son milieu de travail et dans son milieu de pension, nous nous engageons plus que jamais au service des jeunes travailleuses.L'une des dernières actions de Clémence a été le dépouillement d'arbre de Noël qu'elle et ses filles ont organisé pour sa maison de pension afin d'intensifier l'amitié entre les pensionnaires.Agir était pour elle une préoccupation constante.Et maintenant qu'arrivera-t-il de l'hôpital ?L'oeuvre de Clémence sera continuée car en éducatrice, elle a formé ses filles.Qui était Clémence Lavoie ?Une petite travailleuse de 18 ans, pleine de richesses intellectuelles et spirituelles.Qu'on en juge par cette lettre savoureuse écrite le 17 octobre dernier.79 Chère grande amie Carmelle, Bonjour ! Comment vont les affaires par chez-vous ?Tu vas toujours bien ! .ah ! pas nouveau avec moi, ça va toujours bien.Dans notre section nous avons six membres nationaux et cinq membres locaux.Ça s'en vient ! Les équipes sont toutes formées et les activités sont en branle, c'est-à-dire, commencent.Je puis constater l'engagement plus profond de mes filles depuis leur initiation.A la prochaine nous aurons notre aumônier et peut-être qu'au cours de l'automne, nous aurons un local ici même à l'hôpital.Les affaires se tassent comme on dit parfois.Nous projetons faire une assemblée générale vers la fin de novembre ou début de décembre.Au printemps nous comptons faire une initiation à la chapelle de l'hôpital.Alors pour tout ce que je viens d'énu-mérer, j'aimerais bien avoir ton opinion.Ne te gênes pas de me le dire si je vois la chose trop en rose.Il faut toujours que je me surveille car parfois j'ai des petits bas, pas parce que je me décourage, mais il y a des moments que çà me le dit moins comme on dit.Il me prendrait des idées parfois de m'évader.Une chance que mon directeur spirituel est là.Mais tu sais, même si je suis très ouverte, il y a des choses que je garde, de peur qu'il ne me comprenne pas, car tu sais, il est très exigeant.D'un autre côté, c'est peut-être mieux comme çà, je serai moins portée à me négliger.Je m'en prend parfois à ma crise d'adolescence que je n'ai jamais passé entièrement et qui se traîne encore et pour longtemps.Tu sais parfois, on me dit que j'ai vieilli trop vite et il y a des moments que j'ai surpassé et je crois qu'ils reviennent.Veut-être, est-ce que je me fais des idées.Tu sais que mon imagination est fragile.En tout cas, je vais en parler plus clairement avec mon directeur.Excuse-moi si je t'ennuie avec tous ces problèmes, on lui en demande beaucoup à notre dirigeante.De toute façon ne te tracasse pas avec çà, çà va venir qu'à passer un bon jour.A part ça, tout va bien, ma famille, mon travail, mes "amours" {même si j'en ai pas ) ah !.etc.Je dois te quitter pour aller patiner avec une de mes jocistes.Alors union de prière toujours.Jocistement, Clémence Lavoie.L'expérience de Clémence étant des plus intéressantes, Carmelle Benoît lui avait demandé d'écrire l'histoire de sa section.Vers la fin novembre, Clémence écrivait à Carmelle."Enfin, j'en viens à l'histoire de la section .Je ne sais si c'est comme ça que vous le voulez.J'ai fait mon gros possible.Vu que le temps me manquait, Rollande m'a fait les dernières copies au propre pour te les envoyer.Tu peux le faire lire à tous ceux que tu voudras même si j'ai entré un peu dans ma vie personnelle.Dans les prochaines saisons je pourrai continuer l'avancement de notre section.Car j'entrevois du nouveau d'ici un an.J'étais tellement heureuse quand on m'a demandé ça.Je sais tant maintenant les problèmes qui peuvent exister dans un gros milieu.Il y en a de tout genre.C'est pour ça que je livre ce résumé avec joie !" 80 L'histoire d'un rêve réalisé Clémence Lavoie, de Rimouski 1 — mon ENTRÉE COMME JEUNE TRAVAILLEUSE À L'HÔPITAL.Me voilà dans ce gros milieu de travail qu'est l'hôpital.J'étais un peu perdue .La première question que je me suis posée fut : Que font toutes ces jeunes filles et comment ça marche dans ce groupe ?Selon la formation que j'avais reçue de la J.E.C, je ne pouvais pas rester inerte devant ce grand nombre de jeunes travailleuses.Comme la Providence veille toujours sur ses enfants, le mot J.O.C.a attiré mon attention.Je n'en comprenais pas la signification, mais je voulais continuer l'apostolat que j'avais commencé, car je ne pouvais être heureuse sans avoir rien à m'occuper.Alors je demandai de me transférer dans la J.O.C.et c'était le mouvement qui correspondait le mieux à ma situation.Tout ça, le Christ l'avait tracé dans ses plans.Il fallait que je marche d'avant.Une de mes dirigeantes de J.E.C.en glissa un mot et l'on m'invita à une réunion de chefs de la J.O.C.(ayant fait un camp de J.E.C.comme chef d'équipe).2 — MA FORMATION JOCISTE À LA SECTION ST-GERMAIN.Après quelques réunions de chefs, je commençai à comprendre le sens de la J.O.C, son but, son idéal.Voyant tout l'ouvrage qu'il y avait à faire, je vins à un moment toute bouleversée.C'était l'Esprit-Saint qui agissait en moi.A la grande attention que me portaient ma présidente et mes compagnes, je ne pouvais reculer.Il me fallait accepter les sacrifices et me renoncer.J'y ai trouvé une amitié si atttachante que je devins toute enthousiasmée.Par la formation que je recevais toujours à la section St-Germain, je me rendais compte des problèmes qui existaient dans l'hôpital.Je ne pouvais dire non .car le bonheur de jeunes filles qui attendaient secrètement la joie de connaître un jour la J.O.C.aurait pu être restreint.81 3 — SONDAGE À L'HÔPITAL.Durant que j'agissais comme sous-chef au cours de personnalité à la section St-Germain, je gardais contact avec des filles d'un peu de tous les milieux de l'hôpital.Voici quelques problèmes que j'ai pu constater : on rencontre des jeunes filles de tous les coins du Québec, des filles de mentalités différentes.Il y a des murs entre les employées de certains départements.Deux mouvements déjà existaient ; les plus âgées en avaient les responsabilités (moyenne de 40 ans).Donc on pouvait compter les jeunes filles qui voulaient s'y joindre.Il fallait attendre .pour le moment que pouvais-je faire?Sous la sage direction de mes dirigeants, je devais donc continuer de faire des sondages discrètement.attendre, prier, enfin tout remettre entre les mains de Dieu.Durant ce temps j'essayai aussi de faire accepter l'idée de la J.O.C.aux autorités.Un beau jour le mot J.O.C.commença à circuler à quelques endroits.Pour faire connaître le mouvement davantage, le moment était venu de donner des responsabilités à quelques filles afin de les préparer à leur mission de chefs plus tard.Je me rendais compte, plus j'avançais, que seul Dieu peut bâtir en une journée.Je ne pouvais bâtir seule ; il me fallait des ouvrières.Connaissant un peu les filles, je savais à qui m'adresser en premier.Je changeai donc de chambre pour avoir un contact plus régulier avec elles et pour les suivre de plus près.En causant amicalement avec elles je pouvais leur faire connaître le mouvement car elles commençaient à me poser des questions.C'est ça que j'attendais.Alors je conduisis Y .au S.P.A.comme chef d'équipe, celle avec qui je chambrais.Ensemble nous faisions des contacts pour amener des filles comme participantes.Connaissant A .depuis quelques temps, je l'amenai comme chef d'équipe au cours de personnalité.Elle amena quelques filles comme participantes.En ce moment elle ne travaille plus à l'hôpital et elle fait partie d'une équipe de la ville.Aucune d'entre elles ne connaissaient mon rêve d'une section.Je crois que c'était mieux ainsi car il ne fallait pas les faire reculer.C'était le rêve des dirigeants, mais personne n'en avait parlé.Tout était resté secret.On peut voir la mystique de l'Esprit-Saint dans ce cas, car le 82 travail se faisait petit à petit.Les semaines et les mois passèrent.On voyait la J.O.C.comme un mouvement d'activisme à l'hôpital.On voulait me garder toute entière dans un autre mouvement qui existait déjà.J'y participais de reculon.J'y restai quand même afin de ne pas brusquer personne.Un jour, j'ai fini par faire comprendre aux responsables de ce mouvement que je ne pouvais me donner à deux mouvements intensément ; car on voulait me confier la charge de présidente.Mais je crois aussi qu'on avait peur que je renverse les autres mouvements en entrant une section de J.O.C.Je ne sais pas ce qui se passait, mais on voulait me mettre des barreaux.La seule chose à faire était encore d'attendre et de prier afin qu'un jour il se fasse justice, car nous les jeunes, nous avions droit de faire partie d'un mouvement de jeunes.Enfin il faut passer à travers sans trop voir les choses en noir.Alors, je ne voyais pas encore de filles prêtes à agir comme chef d'équipe au sein d'une section.Un soir dans ma prière, je demandai à Dieu pour sa gloire, de me faire découvrir de vrais chefs qui travailleraient avec moi au bonheur des jeunes travailleuses.Des filles qui m'aideraient à surmonter ces difficultés car, seule, je ne pouvait agir.Déjà mes futures jocistes étaient dans le Coeur de Dieu.C'était la meilleure place, pour elles ; que pouvais-je faire de plus ?Je la désirais tant cette section .malgré ma peur, malgré ma faiblesse.Je devais faire face à la réalité et attendre dans la confiance du Seigneur.Cette pensée me poursuivait tout au long des jours, à mon travail, dans mes loisirs, enfin partout.Un soir, mon aumônier demanda à me voir.Il me fit part de son rêve d'une section à l'hôpital.Je m'en doutais, mais j'en voyais trop l'impossibilité pour voir ce rêve réalisé.Mais c'était bien vrai.On voulait vraiment que cette section existe.Là, j'étais perdue et je craignais ma faiblesse .ce n'était plus le temps de reculer.Il fallait avancer ! Après mon entrevue, la grande responsabilité que l'on voulait me donner pour de bon m'a touchée .et puis, Dieu ne demande pas l'impossible ! Puisque l'on me le demandait, c'est que j'étais capable de le faire.Alors je devais marcher .et j'étais décidée.4 — JE LAISSE MON ÉQUIPE POUR EN FORMER UNE À L'HÔPITAL,.Par prudence et connaissant la situation, je n'en formai qu'une.J'avais toujours gardé contact avec les filles que je prévoyais comme équi-pières et qui pourraient me donner un bon coup de main.83 A mon stage au cours de personnalité, je sortais avec ces filles là.Au cafétéria, je mangeais avec elles régulièrement afin qu'elles sentent que ce n'était pas qu'un espionnage, car je travaillais pour la directrice des employées.Je devais donc faire chasser l'idée que je faisais un reportage secret.Je voulais donc former une équipe dans l'amitié, afin que ce soit solide et que les filles s'engagent plus à fond.Trouvant l'amitié à l'équipe, elles la donneraient automatiquement aux autres filles.Après discussion de goûts et des problèmes en général du milieu, nous décidions d'organiser une activité de tennis.Une participante du S.P.A.était secrétaire de l'équipe.C'était M.P.avec qui j'ai déjà chambré.Y.qui agissait comme chef d'équipe était trésorière.Une de mes capitaines, était H .je l'avais rencontré au cours d'une excursion, voulait faire partie de la J.O.C.Je l'accrochai dans l'équipe.Une des amies à Y.avait déjà fait de la J.E.C., elle entra comme capitaine, c'était C.Une autre fille que je rencontrais chaque jour désirait jouer.Je l'entrai donc comme publiciste.Nous étions donc six filles.Il y avait beaucoup d'absence à l'activité, mais nous ne voulions pas forcer les filles à venir, tout en leur laissant entendre que nous avions besoin d'elles.Quant aux responsables, en plus de leurs responsabilités d'équipe, j'essayai de les faire partir avec une action à faire, découlant de la discussion de la semaine, afin de les ouvrir aux autres.Ainsi, je pouvais voir où j'en étais rendue dans l'évolution des filles.Les semaines passèrent.Quelques-unes demandèrent à signer des cartes bleues.Elles commençaient donc à s'intéresser pour de bon à la J.O.C.J'étais heureuse ! Je commençais à croire qu'un jour nous l'aurions cette section.Le temps ne me faisait plus peur.Je devais tout essayer car j'étais vraiment décidée à faire quelque chose.Maintenant il fallait choisir mes chefs.Pour un début comme ça, il fallait des filles fortes qui tiendraient jusqu'au bout.5 — LE CHOIX DES CHEFS.Durant mon centre d'entraînement à Duchesnay, j'en discutai avec les dirigeants.Je ne voyais donc qu'un chef possible.C'était Y .Que faire ?Attendre encore.Après une étude approfondie de mes filles j'en trouvai une deuxième ; c'était C .la compagne de travail de Y .Alors, je revins toute enthousiasmée de mon stage.Il me fallait donc garder une équipe.84 Je me souviens d'un soir à Duchesnay où l'on m'a demandé d'agir comme maître de cérémonie à la soirée d'adieu, avec une autre fille.Cette confiance que l'on m'avait faite m'a grandement influencée.Il fallait donc que je fasse confiance à mon tour.Alors, je trouvai une troisième fille comme chef d'équipe.C'était H .qui était un de mes capitaines.Elle tenait ses responsabilités à merveille.Après une entrevue avec chacune, elles étaient prêtes à agir en tant que chefs.Pour ce qui est des deux autres équipières, nous devions les accrocher dans les équipes.6 — LA PREMIÈRE RÉUNION DE CHEFS.Il fallait commencer maintenant puisque nous étions déjà rendues au mois de septembre.Durant les deux premiers mois, l'aumônier ne vint pas aux réunions afin de permettre aux filles d'être plus à l'aise pour discuter.Les premières furent assez complètes, mais plutôt courtes.Nous parlions surtout de la formation de l'équipe, et de l'importance des responsabilités confiées.Il ne fallait tout de même pas trop faire un contraste entre une réunion d'équipe et une réunion de chefs.Quand les activités furent décidées, nous dressions une liste des filles que nous connaissions et que l'on pensait pouvoir accrocher.Après les contacts, les chefs les dirigeaient dans l'équipe qu'elles préféraient.7 — LES ACTIVITÉS.C .s'occupait des quilles.Elle jouait au Centre des Loisirs, en ville.Elle a quatre équipières et atteint douze filles.Y .s'occupe du folklore.Elle a cinq équipières et atteint 18 filles.Les cours se donnent à l'hôpital même.L'an dernier je l'avais organisé.Etant impossible d'en mettre d'autres responsables, on voulait que ce soit moi qui l'organise.J'avais donc compris que ce n'était pas encore le temps.On ne comprenait pas le sens des responsabilités.Ce n'était pas mûr, comme on dit.H .décida d'organiser le ballon-balai.Elle a quatre équipières et atteint une vingtaine de filles.Avec le temps, nous espérons bien que les équipes augmenteront.8 — JE LAISSE DÉFINITIVEMENT LA SECTION ST-GERMAIN, POUR ME CONSACRER À L'HÔPITAL.C'était difficile, croyez-moi.Je devais laisser mon groupe de filles avec qui nous avions débuté, avec qui j'avais été formée jociste.Mais Dieu m'appelait sans doute à me donner entièrement à mon milieu de travail.85 La dernière réunion de chefs à laquelle j'ai assisté m'a semblée la plus courte.Mais l'amitié jociste est si forte, que je partais avec regrets mais sans remords et pleine d'espoir.Ce n'était pas adieu, mais un aure-voir, car je voulais venir les voir de temps en temps.Maintenant, c'était fait, il fallait conduire ma barque.9 — LA MARCHE DE NOTRE SECTION.Notre aumônier venait maintenant aux réunions.Ça nous aidait beaucoup.D'ailleurs, l'aumônier n'est-il pas la bonne étoile ?Il sait toujours trouver le mot d'encouragement et je vous assure que pour une débutante.ça fait du bien de sentir qu'il y a quelqu'un pour nous appuyer.On fit part aux autorités de ce que l'on voulait organiser sans y mêler le mot J.O.C.ni faire de propagande.D'ailleurs, pour la bonne marche de notre section il faut toujours être en accord avec elles.Enfin, ce sont elles qui priment.Ainsi les mêmes problèmes de contradiction ne reviennent pas toujours et l'on n'a pas l'impression que l'on veut tout busculer.Les activités plaisaient aux filles.Ce sont les équipières qui, dès le début, contactèrent les filles pour l'activité.Pour ce moment-là c'était le pep et la bonne marche de l'activité qui comptait.La J.O.C.faisait son nom ! .Ce devait être une chose solide et intéressante.Au contraire, la relève serait très difficile car on aurait l'idée que c'est une chose qui ne dure pas.Plus on avance, plus nous allons à la découverte des milieux et de leurs problèmes.Au début, on est porté à croire que c'est un mouvement d'activisme.Je crois, qu'il faut profiter des occasions possibles pour montrer que nous travaillons dans un but bien précis : celui de rendre les jeunes travailleuses plus heureuses, en solutionnant ensemble leurs problèmes.nos problèmes ! Les jeunes sont faites pour bouger et non pour regarder agir les adultes.Je suis assurée que si la section aurait été partie par les filles de l'hôpital de 40 à 50 ans, rares seraient les jeunes filles qui en auraient fait partie.10 — CE QUE NOUS PRÉVOYONS.Les chefs ayant vécu l'expérience entrevoient d'autres chefs.Il faut aussi prévoir des changements de milieux ou d'études nouvelles.Pour la prochaine saison, les trois chefs actuels prévoient quatre autres chefs.86 11 — IMPRESSIONS — TÉMOIGNAGES.Je sais que les filles de la section sont heureuses maintenant et encouragent les autres jeunes filles des hôpitaux à s'organiser et à agir dans leur milieu de travail.Il y aura plus de bonheur, car chacune aura posé son action jociste.En mon nom personnel, je remercie la Centrale de m'avoir fait le bonheur de partager ma joie avec toutes les fédés.Ces jeunes filles n'attendent plus que la J.O.C.pour solutionner les nombreux problèmes qu'elles rencontrent.Donnons-nous la main pour bâtir un monde nouveau ! .Pour ne pas se faire organiser, on s'organise.Ainsi se réalisa mon rêve.Rimouski, 13 décembre 1963.VIE DES MOUVEMENTS Une longue mais belle veillée.Rhécil Legault, ptre.Le 28 décembre dernier, soit le dernier samedi de l'année '63, une cinquantaine de membres de la J.O.C, J.O.C.F.du diocèse de Hull se réunissait au Centre Diocésain.Cette soirée n'avait aucun but spécifiquement loisir, récréatif ; mais les organisateurs voulaient en faire une "veillée de prières", où tous ensemble dans un esprit de retraite nous voulions jeter un oeil sur l'année qui venait de s'écouler et jeter un premier regard sur l'année nouvelle.Le tout débutait vers les 9 heures où durant une heure à l'aide de psaumes, de lectures bibliques, de réflexions communes, de réflexions personnelles nous nous sommes regardés en face du Maitre et nous avons découvert si oui ou non, nous avions remplis nos tâches de jocistes.Certes, cette trop courte heure de prières n'a vraiment eu de lendemain qu'à la condition d'avoir pris des résolutions bien précises pour l'année '64.A 10 heures 15 p.m., tous se sont engagés dans un panel vraiment intéressanr sur le programme social de l'année soit : "Relations entre jeunes et adultes".Des adultes avaient accepté de prendre part à ce forum.En effet, Mmes Fortin et Gauthier, deux membres du Comité diocésain de la L.O.C., M- Gabriel Roy, professeur au Collège 87 Marie-Médiatrice et M.Conrad Charlebois, un des direaeurs du Journal Le Droit à Ottawa, ont présenté tout d'abord durant quelques minutes leur différent point de vue sur les trois grands organismes qui font partie de notre programme de l'année à savoir : la famille, les loisirs, le travail.Après leur exposé vraiment intéressant les jocistes posèrent de nombreuses questions à nos panelistes.Ce qui nous frappa surtout ce fut l'esprit de compréhension qui existait entre jeunes et adultes.De part et d'autre on déplorait les maladresses qui pouvaient exister et chacun a pu découvrir toute l'amélioration qu'on pouvait apporter soit dans la famille, aux loisirs ou au travail.Dans chacune des questions posées par les jeunes on voyait que ceux-ci cherchaient non pas à accuser les adultes mais bien à les comprendre et cela réciproquement.Ail heures 45 p.m., il nous a fallu, à regret, terminer cette trop courte mais combien intéressante discussion.D'ailleurs, cette rencontre jeunes et adultes n'était qu'une esquisse de la soirée sur le plan diocésain qui est projetée pour la St-Valentin en février prochain, où nous tâcherons de rassembler 2 à 300 jeunes et adultes pour étudier ensemble ce même problème.A minuit, tous avaient le bonheur d'assister à la messe et d'y faire la sainte communion.Au sermon, le prédicateur fit un rapprochement entre les bergers de la Crèche et les jocistes.Les bergers furent les premiers à apprendre la nouvelle de la naissance du Christ.C'étaient des âmes simples, pas tellement instruites qui vaquaient à des travaux ordinaires mais qui cependant plaisaient à Dieu.Peut-être n'avaient-ils à présenter comme offrande à la Crèche que leur "lunch" du midi.Ils ont dû avoir aussi à offrir un coeur pur et bien disposé.Ainsi en est-il des jocistes qui ne sont peut-être pas des âmes les plus instruites mais qui sont sans aucun doute les âmes les plus recherchées par Dieu.Ils n'ont pas de parchemin, reçu de grandes Universités, ils n'ont aucun qualificatif à ajouter au bout de leur nom.Mais tout cela ce n'est pas nécessaire.Ce qui compte surtout, c'est de sentir qu'il y a du bien à faire autour de nous et d'être prêt dès que Dieu nous appellera à nous "retrousser" les manches et à faire comme les bergers de la crèche, partir à la conquête du Christ là où II se trouvera.Après avoir participé à ce Banquet Eucharistique, tous furent invités à prendre part aux Agapes préparées par nos filles de la J.O.C.F.Tout était succulent et tous repartirent en se disant que la J.O.C.c'était Xamitié organisée.STAGE DE FORMATION Pour la septième année consécutive, le comité national vient d'organiser un stage de formation pour dirigeants.Le stage s'est ouvert le 27 janvier pour se terminer le 7 février.Les stagiaires étaient : Gilles Frenette et Robert Paquette de Hull, Daniel Forget d'Ottawa, Marc Bettez de Trois-Rivières, Serge Provost de Cité Laflèche (St-Jean) et Raymond Ruest de Baie Comeau (Hauterive).C'est le président national, Jacques Boucher, qui dirigea le stage.Certains conférenciers de marque sont venus entretenir les stagiaires.Citons Mgr Roland Porvin, P.D., aumônier national de l'Action Catholique Canadienne, M.Bernard Solasse de la CS.N., M.Claude Ryan du journal Le Devoir et M- Jean-Marc Lebeau, secrétaire de l'A.C de St-Jean et ex-président national de la J.O.C.88 Deux nouveautés des Editions Ouvrières Huguet J.L'UNITÉ DE LA VIE SPIRITUELLE ET DE LA VIE APOSTOLIQUE D'APRÈS SAINT PAUL Collection Sacerdoce et laïcat 108 pages."Le problème de l'unité de notre vie s'impose toujours davantage à notre attention.Dans un sens, on pourrait dire que c'est le problème de la vie apostolique.Nous ne pouvons plus espérer aujourd'hui le rythme calme et paisible de la vie d'autrefois ." Mgr Alfred Ancel.préface.Rolin-Chadenier Céline."SIMPLE HISTOIRE D'UN MILITANT OUVRIER - Hector Carteron 1914-59" Collection Eglise et monde ouvrier 112 pages.Préface de l'abbé Georges Guérin.Ce livre est simplement un témoignage d'un militant d'A.C.O., "un témoignage pris sur le vif où générosité, grandeur et faiblesse se trouvent intiment mêlées." Deux très bons volumes.En vente aux ÉDITIONS OUVRIÈRES, 1617, MAISONNEUVE, MONTRÉAL.COLLET FRÈRES Limitée Entrepreneurs généraux OTTAWA — MONTRÉAL — QUÉBEC Bureau Chef : 1978 Parthenais, Montréal Tél.: LA.6-4407 ROLAND LARIVIERE LTÉE MAÇONNERIE - MASONRY Roland Larivière 288, rue Altha OTTAWA 7, Ont.Bur.: 746-4773 Rés.: 771-6082 }\£aîll4rgeon-£wté£ Pionniers de l'industrie de la chandelle au Canada SAINT-CONSTANT.105 Est, St-Paul, Cté Laprairie, Que.Tél.: 866-6913 MONTRÉAL P.L.TURCOTTE Marchand de Fourrures Confection et Réparations 464, De La Chapelle QUEBEC Tél.: LA.4-1030 53, Elisabeth DOLARD LUSSIER LTÉE Assurances générales SO REL RI.3-3391 PRECISION PANELS INC.Industrie du contre-plaqué — Bois contre-plaqués Portes Northllne Saint-Basile Cté Portneuf, Que.Tél.: 46-S-2 OVERNITE EXPRESS LIMITED OTTAWA-HULL PR.7-4301 MONTRÉAL FE.4-2210 TORONTO EM.2-2466 HAWKESBURY ME.2-7210 "LARGE OR SMALL WE HAUL IT ALL" BUCKINGHAM ST-JÉRÔME MANIWAKI YU.6-2012 GE.8-6007 LE.4800 '~\! 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