Prêtre aujourd'hui, 1 août 1965, Août - Septembre
prêtre aujourd'hui ./ revue d'action catholique 7 et de pastorale populaire Août septembre 1965 Vol.XV • Hommage à deux pionniers de l'Action Catholique Canadienne Paul-Emile Pelletier, o.m.i.• Le couple devant Dieu Guy Brouiller, ptre.• L'Equipe Seréna Louise Robillard-Lachance et Louis Lachance • "Le progrès social a toujours été connexe à l'engagement du monde ouvrier" S.E.Mgr Gaston Hains RÉDACTION ET ADM 1 NISTRATI O N 69D1 RUE ST-DENIS MONTRÉAL-ID, QUE. NOUVEAUTES : DISQUES RM POUR LA CATECHESE RM 36501 - Messe paroissiale R.P.JULES MARTEL, O.M.I.12", 33 tours, microsillon — $4.00 RM 36504 - Messe pour l'assemblée CLAUDE THOMPSON, PTRE 12", 33 tours, microsillon — $4.00 RM 36519 - Célébrons ses mervei Iles (CHANT POUR CATÉCHISME DE 2ème ANNÉE) 12", 33 tours, microsillon — $3.50 AUX ÉDITIONS RM Sanctuaire II{atlonal de i/otre- oDame au L^ap CAP-DE-LA-MADELEINE, P.QUE. Hommages à tous nos travailleurs MAISON NOTRE-DAME-DU-CAP * * * RETRAITES FERMÉES, Rouyn, Que.Rév.Père Paul Chamard, o.m.i., Directeur, et son personnel.LE POISSON DE MARQUE Bluecold IDENTIFIE LES PÊCHEURS COOPÉRATEURS 27 usines de transformation 3 succursales de ventes Pour vous servir poissons, crustacés et conserves PÊCHEURS UNIS DE QUEBEC QUEBEC UNITED FISHERMEN Montréal — Québec — Matane HOMMAGES À TOUS NOS TRAVAILLEURS PAROISSE ST-SAUVEUR ET CENTRE DUROCHER DE QUÉBEC HOMMAGES À TOUS NOS TRAVAILLEURS PAROISSE STE-BERNADETTE SOUBIROUS Montréal Rév.Père Simon Chênevert, o.m.i., curé, et les RR.Pères Oblats de M.I.— m — DOCTEUR JEAN M.TREMBLAY OPTOMÉTRISTE EXAMEN DE LA VUE AL.BENOIT-BENOIT PROTECTAL Inc.1617.RUE ST-DENIS — VI.2-4904 DUSTBANE Service moderne d'entretien des immeubles maisons canadiennes produits et matériaux d'entretien des édifices ainsi que les contrats à forfait.465, RUE MARCONI, QUÉBEC 8, Que.2068, 55e AVENUE, DORVAL, Que.Hommages à nos travailleurs Paroisse N.-D.de Lourdes MONT-JOLI, Que.Les Rév.Pères Oblats de M.I.Encouragez nos annonceurs ! Hommages des Oblats de la Paroisse Sacré-Coeur Rév.Père Vincent Tremblay, o.m.i., curé HULL, Que.Hommages à tous nos travailleurs Paroisse de l'Immaculée Conception KAPUSKASING, Ont.Rév.Père O.Ménard, o.m.i.Curé, et les Rév.Pères vicaires.et son personnel.Hommages à tous nos travailleurs Maison des Retraites Fermées de Ville La Salle MONTRÉAL Rév.Père Real Arsenault, o.m.i., directeur et les membres de son Personnel Pour tout genre de retraites, téléphonez à 00.6-0902 ou DO.6-1430 Hommages à nos travailleurs Maison de Retraites Fermées de MONT-JOLI, Que.Les Rév.Pères Oblats de M.I. prêtre aujourd'hui Revue d'Action Catholique et de Pastorale populaire Direction et rédaction : Paul-Emile Pelletier, o.m.i Publicité : Paul-E.Deschênes, o.m.i Administration : Jacques Lemay, o.m.i.Secrétariat : Thérèse Delage.Rédaction et administration : 6901, rue St-Denis, Montréal 10, Que.Canada.Tél.: 273-2891 Prêtre Aujourd'hui est sous la responsabilité du R.P.Jean-Louis Dion, o.m.i,, aumônier national du M.T.C., du R.P.Roger Poirier, o.m.i., aumônier national de la J.O.C.et des aumôniers diocésains d'Action Catholique Ouvrière.Prêtre Aujourd'hui veut surtout être l'instrument de travail de tous les prêtres préoccupés de pastorale populaire, aumôniers d'A.C.O., de Syndicats ouvriers, aumôniers du travail, prêtres de paroisses populaires tout spécialement.Avec la permission l'Ordinaire.de Abonnement : $3.00 pour un an.$5.00 pour deux ans.$5.00 de soutien."Le Ministère des Postes, à Ottawa, a autorisé l'affranchissement en numéraire et l'envoi comme objet de deuxième classe de la présente publication"."Frais de port garantis si non-livrable".SOMMAIRE Août-septembre 1965 Vol.XV Hommage à deux pionniers de l'Action Catholique Canadienne .Paul-Emile Pelletier, o.m.i.266 Pastorale Le couple devant Dieu Guy Brouillet, ptre.267 Régulation des naissances : l'Equipe Seréna Louise Robillard-Lachance et Louis Lachance 283 "Le progrès social a toujours été connexe à l'engagement du monde ouvrier" S.E.Mgr Gaston Hains 288 Le Mouvement des Travailleurs Chrétiens (suite) 289 Pastorale en marche Lancement officiel du M.T.C.308 17e congrès national du S.P.M.309 Nouveaux aumôniers nationaux .310 Nouveaux aumôniers diocésains .311 Les centres d'entraînement de la J.O.C.312 Des publications sur le M.T.C.307 Retraite pour aumôniers fédéraux .282 Une missionnaire jociste part pour l'Afrique 282 Imprimerie W.-H.Gagné & Fils Ltée, St-Justin, Cté Maskinongé, Que. Hommage à deux pionniers de l'Action Catholique Canadienne Au cours de l'été qui finit, deux apôtres de la jeunesse travailleuse de chez nous nous quittaient pour gagner la maison du Père et recevoir la récompense de leur dévouement inlassable.Le premier, le T.R.Père Henri Roy, Supérieur Général et fondateur de l'Institut séculier Pie X ainsi qu'aumônier fondateur de la J.O.C.canadienne, est décédé le 11 juin à 67 ans.Le second, M.l'abbé Leopold Godbout, curé de Ste-Anastasie de Lachute avait été auparavant aumônier national-adjoint de la J.O.C.des garçons pendant huit ans.Il décédait le 22 juillet dernier à l'âge de 61 ans.Ajoutons que le Père Roy fut le fondateur de notre revue qui à ce moment s'appelait "Notes de postorale jociste".Le Père Godbout allait, en 1951, réanimer la revue qui prendra un nouveau nom : "L'Action Catholique Ouvrière".De 1952 à 1956, il en sera le directeur attitré.Ce sont vraiment deux pionniers de l'Action Catholique ouvrière canadienne qui viennent de disparaître.Ils avaient d'ailleurs des traits de ressemblance marqués.Tous deux étaient des vocations tardives qui avaient fait leurs études classiques au Séminaire de St-Victor de Beauce.Ils sont devenus ensuite des Oblats de Marie Immaculée.Le Père Roy fut ordonné en 1929 et le Père Godbout en 1932.Pendant que le Père Roy lançait la J.O.C.à Montréal, en 1931, le Père Godbout se préparait à devenir, en 1933, l'aumônier fondateur de la J.O.C.masculine du diocèse d'Ottawa.Le Père Roy sera l'aumônier national de la J.O.C.juqsu'en 1939.A l'occasion de l'inoubliable cérémonie des cent mariages, il lancera la L.O.C., le premier mouvement adulte d'Action Catholique spécialisée.Il fondera par la suite la J.O.C.de Manchester aux Etats-Unis puis lancera l'Institut séculier Pie X dont il deviendra le premier Supérieur général, le 22 août 1960.Les carrières des Pères Roy et Godbout furent autrement plus fécondes.Il faudrait des pages nombreuses pour décrire leurs multiples initiatives apostoliques.Nous nous contentons, pour le moment, de souligner un trait évangélique qu'ils possédaient à un très haut degré, l'amour des pauvres, des petits, des travailleurs.Le Père Roy a sûrement été dans notre milieu, à une heure pénible de notre histoire, la crise économique des années 30, un véritable prophète au plein sens du mot.Il fallait une âme de feu comme la sienne pour réussir, avec le support compréhensif de Varchevêque de Montréal, Mgr Gauthier, à implanter une formule aussi audacieuse que la J.O.C.et cela dans un Canada français encore enraciné dans une puissante pastorale traditionnelle.Le Père Roy et, dans son sillage, le Père Godbout ont alors provoqué une authentique révolution pastorale et déterminé une orientation majeure de toute notre Action Catholique canadienne.La revue Prêtre Aujourd'hui veut ici rendre hommage à ces deux apôtres de première grandeur et invite les lecteurs à poser un geste fraternel à leur endroit en offrant une prière fervente pour le repos de leurs âmes.Paul-Emile Pelletier, o.m.i.266 Sexualité et vie chrétienne ( v ) Le couple devant Dieu Guy Brouiliet, pire.''Sitôt que l'amour eût commencé à jouer non plus seulement entre deux parents, mais entre deux personnes, alors tl a fallu que te découvre plus ou moins confusément en avant des umants le ternie final où seraient à la fois sauvées et consommées non pas seulement leur race mais leur personnalité .Et finalement c'est le Centre total lui-même, bien plus que l'enfant, qui apparaît comme nécessaire à la consolidation de l'amour.L'amour est une fonction à trois termes : l'homme, la femme et Dieu.Toute sa perfection et sa réussite sont liées à l'harmonieux balancement de ces trois éléments." (Teilhard de Chardin).Il me faut dans cette dernière partie essayer d'établir "cet harmonieux balancement" : il me faut tâcher de montrer comment les données offertes dans les précédents articles convergent toutes vers un "Centre total" qui vient les accomplir et leur donner pleine signification.Auparav int il ne sera sans doute pas inutile de revoir brièvement l'itinéraire emprunté jusqu'ici.Notre point de départ était l'acceptation d'une donnée fondamentale, c'est-à-dire la dualité de l'être humain, sa répartition en deux sexes, l'homme et la femme.C'est une donnée fondamentale, on pourrait dire un vérité de toujours, et pourtant on ne fait que commencer à réfléchir aux implications multiples de cette donnée de base.Notre réflexion sur ce sujet nous a permis de mieux comprendre la responsabilité d'assurer la solidité des pôles masculins et féminins et de dégager certaines indications pour l'éducation ou la rééducation de sa personnalité.Il fut nécessaire aussi d'insister sur la différence en même temps que la complémentarité des pôles masculins et féminins, sur les chances de bonheur et d'épanouissement que celles-ci permettaient.Par la suite j'ai souligné un des signes privilégiés de cette complémentarité, l'intimité conjugale et enfin, à cause de l'importance du sujet je me suis 267 arrêté plus longuement au fruit de cette intimité à la recherche d'une fécondité responsable et généreuse.Tout cela bien vécu devrait logiquement conduire au bonheur.Ici l'expérience montrait la possibilité de ce bonheur mais en révélait aussi la fragilité.Il a fallu se demander pourquoi, mieux connaître les raisons de cette fragilité, analyser le terrain où se joue le drame, et au terme de notre dernier article nous étions en mesure de comprendre que l'amour ne pouvait se suffire à lui-même.De tout temps d'ailleurs on a senti le besoin d'une aide extérieure pour surmonter cette fragilité et pour y échapper on a voulu sacraliser la sexualité ou l'amour.Quelques grossières et imparfaites qu'aient pu être les approches humaines en ce domaine, elles révélaient quand même un besoin profond du coeur humain en même temps qu'une intuition fondamentale sur ces réalités.L'intuition de quelque chose de mystérieux et en même temps l'appel à une Parole ou à une Révélation qui viendrait projeter quelque lumière sur ce mystère.C'est à la fois par les mythes et par les rites que les religions du monde ancien ont voulu sacraliser la sexualité.Sous l'aspect de la fécondité, la sexualité humaine trouvait la source de sa sacralité, son sens, sa raison d'être dans l'activité de ces nombreux couples de dieux et de déesses qu'il fallait tâcher d'imiter sur cette terre car c'est par cette imitation que l'action humaine prenait sa valeur.A côté de ces dieux pères et de ces dieux mères on connaît les dieux amants et les déesses amantes qui viennent sacraliser un autre aspect de la sexualité, l'amour-passion.L'amour, tant comme sentiment que comme volupté physique, recevait dans le mythe de la déesse-amante sa justification intrinsèque et sa sacralisation."Tous les amants vivent dans la sphère d'influence d'Aphrodite ou de Vénus; c'est sa présence qu'ils trouvent dans toute femme, pour leur joie ou leur malheur, puisque l'amour est alternativement porteur de salut et de mort.(1) On pourrait aussi parler des mariages divins qui viennent sacraliser les rapports de la sexualité avec l'institution.Cela va nous permettre de dire un mot des rites qui viennent incarner, concrétiser la pensée des mythes, la faire passer dans l'ordre de l'action, établir un lien réel (et non pas seulement idéal comme dans le mythe) entre la terre et les dieux.Par le rite, par le culte, l'homme est introduit dans la sphère sacrée du divin, il peut participer et bénéficier de l'efficacité créatrice du dieu.Les mariages divins étaient donc l'objet de célébrations solennelles qui avaient pour but de sacraliser la sexualité et d'assurer la fécondité et la fertilité, si importante pour des peuples pasteurs ou agriculteurs.On connaissait aussi l'union sexuelle avec les prostituées sacrées qui voulait opérer une véritable intégration religieuse de la sexualité.Car, pensait-on.( 1 ) P.Grelot.Le couple humain dans l'Ecriture.Coll.Lectio Divina.268 la force divine est présente dans les amants (ou amantes sacrées) et peut donc favoriser un ressourcement de la puissance génitale.Ces quelques notes rapides auront suffi à montrer comment l'homme semble avoir un besoin fondamental de sacraliser tout ce qui touche à la vie, au sexe, à la fécondité et de protéger toutes ces valeurs contre les profanations par des règles rituelles ou des interdits religieux.Sous cet aspect les mythes et les rites véhiculent quelque chose de positif.Mais il faut voir en même temps comment laissé à lui-même l'homme ne sait pas dépasser certaines limites et aboutit souvent à l'échec.Car il aurait fallu dire un mot de toutes les aberrations auxquelles de telles pratiques conduisaient et surtout faire voir comment le mythe étant souvent inventé pour justifier des pratiques courantes on ne pouvait qu'aboutir à des choses assez monstrueuses.On dira : c'est de l'histoire ancienne, du temps passé.L'homme d'aujourd'hui est plus intelligent, plus évolué, sait mieux se conduire.Rien n'est aussi sûr.On peut penser que notre époque a aussi sa mythologie.Ceux que ne sauraient convaincre l'expérience quotidienne offerte par les journaux, la publicité, la presse du coeur et le cinéma pourront référer aux deux volumes suivants : "Un mythe moderne, l'érotisme par Violette Morin et Joseph Mnjauld chez Casterman et Les Stars par Edgar Morin aux Editions du Seuil.Ainsi donc la preuve semble faite que la sexualité et l'amour ne sauraient se suffire à eux-mêmes mais aussi que les efforts des hommes pour échapper à cette insuffisance et surmonter cette fragilité en créant des absolus ne réussissent pas à combler les lacunes.Ils expriment cependant un appel qui demande une réponse, une attente qu'il ne faudrait pas décevoir.Cette réponse existe-t-elle ?Cette espérance serait-elle illusoire ?C'est ici qu'intervient la Révélation divine qui va nous révéler le projet de Dieu sur le inonde en même temps que sa pensée sur l'amour humain et sur la sexualité.L'un et l'autre nous seront nécessaires pour mieux comprendre comment Dieu intervient dans l'histoire du couple humain et comment il s'offre à collaborer avec chaque couple à la pleine réalisation de ces espérances.Cette enquête dans la Bible, cette interrogation de la parole de Dieu va nous permettre de présenter quelques jalons de spiritualité conjugale.Mais auparavant il semble nécessaire de déblayer le terrain et de liquider certaines hypothèques qui nous viennent du passé.Il restera par la suite à montrer comment l'ensemble du projet divin rencontre de façon étonnante les données analysées dans les précédents articles en profitant des leçons de l'expérience biblique sur la sexualité proprement dite.269 L'HÉRITAGE DU PASSÉ a) La femme, une mineure ?Il apparaît difficile et inconvenant de proposer une spiritualité conjugale, une spiritualité du couple si l'on ne reconnaît pas l'égalité des deux partenaires en présence.Or cette reconnaissance est chose tout à fait récente (à quand remonte le droit de vote pour les femmes) et encore n'est-elle bien souvent que juridique et abstraite.L'héritage du passé apparaît si lourd dans ce domaine qu'il s écoulera un temps très long avant qu'une égalité réelle puisse exister, respectueuse des différences mutuelles et soucieuse d'une complémentarité bienfaisante.Les Grecs n'aiment pas leurs femmes.Les unions étaient discutées et préparées par les parents et l'on se procuraient une femme par nécessité, pour assurer la continuité de la famille et du culte familial.Quelques citations très brèves donneront une idée de la mentalité grecque."Aie d'abord une maison, une femme et un boeuf de labour".Hésiode.Car c'est de celle-là qu'est sortie la race, l'engeance maudite des femmes, terrible fléau".Hésiode."Contre de l'or les gens devraient acheter des enfants dans les temples et habiter des maisons affranchies de l'engeance féminine".Euripide.La gloire de la femme doit se réduire à faire parler d'elle le moins possible que ce soit en bien ou en mal ".Périclès."Une honnête femme reste chez elle, et la rue est pour les femmes de rien".Ménandre m Or la civilisation grecque a profondément marqué les débuts de 1ère chrétienne et l'on ne s'étonne plus après cela (moins en tout cas) de certains textes des Pères de l'Eglise.Saint Augustin dont la pensée aura tellement d'influence sur toute la morale conjugale, commentant le verset biblique de Genèse II, 18 sur "l'aide semblable à lui", ne retient, après analyse, d'autre motif que celui de la procréation pour lequel la femme aurait été faite l'aide de l'homme.Quant à saint Thomas, il considère la femme comme un animal imparfait, qui a besoin de l'homme pour engendrer, pour être gouvernée à cause de son inconstance, pour être enseignée à cause de son peu de raison."Il est non moins certain que l'attitude de l'Eglise ne fut pas, au fil des siècles, toujours conforme à l'Evangile; elle dût tenir compte de la situation civile, de la mentalité.Tenir compte ne signifie pas qu'elle possédât consciamment tout ce (1) Extraites de l'excellent volume de Jean Onimus : Un livre pour mes filles.D.de B.Je conseille forcement la lecture de ce volume.270 que revendique d'humanité l'Evangile : elle le découvrit peu à peu dans l'évolution de la société civile.11 serait donc vain de s'étonner que le Droit Canon, dans sa législation sur les femmes, suive le Droit civil et que la minorité de la femme y éclate aussi fortement que dans les lois des Etats.(1) Pour ceux qui trop facilement jettent la pierre à l'Eglise en ce domaine on pourrait rappeler certaines phrases de Diderot ou de Montesquieu (1755).Celle-ci par exemple : "C'est un sexe bien ridicule que la femme".On comprend que cette mentalité ait pu conduire à des situations sociales injustes, ce qu'Emmanuel Mounier appelait le prolétariat féminin.Pas de droits civils, pas d'instruction, salaire moindre, confinement aux travaux serviles, ménagers, sans importance.Il y a beaucoup de justesse dans ce texte de Simone de Beauvoir : "Enfin et surtout pour nier la contingence charnelle qui le voue à la mort et que l'amour lui rappelle, l'homme s'est appliqué avec une tenace mauvaise foi à dissocier ces deux aspects de la féminité, la mère-mort et la femme-chair.Les raffinements de l'érotisme, les lois de l'esthétique, les injustices de la polygamie, presque toutes les servitudes sexuelles en sont nées.Condamné aux trois maux que le Bouddha dénonçait comme consubstantiels à la condition humaine, la maladie, la vieillesse et la mort, l'homme a voulu voir en la femme un antidote à ces maux.Il la veut jeune, belle, saine, même si lui-même n'a pas d'autre valeur que celle de la fortune qu'il doit à son âge.Même si l'homme veut l'ignorer, il est opportun de lui rappeler que sa compagne est comme lui un être humain voué à la déchéance, à la vieillesse et à la mort.De quel droit l'exige-t-il parfaite et immuable ?De quel droit exige-t-il une part de chair fraîche éternellement renouvelée ?Sur le visage de la petite Vénus qu'il croit avoir épousée il faudra bien qu'il voit apparaître le visage de son propre squelette.Du fond de sa mauvaise foi, il le sait si bien, il l'a toujours si bien su que les fables de tous les temps ont transféré sur le personnage de la belle-mère les sentiments ambigus que l'homme porte à la femme.S'il a de tous temps moqué, ridiculisé la belle-mère, c'est que sur ce visage, il reconnaissait sa nropre mère, sa propre femme, sa propre mort, et qu'il avait le droit de les haïr." Que cet héritage du passé nous influence même à notre insu cela ne fait aucun doute.Te pense à ce très haut personnage ecclésiastique qui définissait ainsi la mission des auditrices au Concile : "Elles pourront prier et devront se taire".On me racontait récemment qu'un curé avertissait ses paroissiens qu'il ne pourrait faire la visite paroissiale si le mari n'était pas à la maison.Une femme, douée d'un bon sens de l'humour, manifestait de meilleurs signes de santé et de vitalité : "Monsieur le curé, mon mari est absent, faut-il que j'aille chercher l'eau bénite ?" Ce qui étonne dans toute cette histoire, c'est l'oubli fondamental de la parole de Dieu, c'est que les influences extérieures aient été plus fortes que la ( 1 ) C.Duquoc : L'Eglise et le Progrès p.74-80.Ed.du Cerf.271 révélation divine.Et pourtant celle-ci possédait assez de clarté et de puissance pour susciter une révolution qui aurait dû se faire.La leçon est assez concluante pour nous rendre attentifs dans l'avenir à ne pas orienter notre conduite d'après les préjugés du milieu ou les conformismes sociaux.Déjà, en effet, le récit de la création aux premières pages de la Genèse disait l'essentiel de ce qu'il y avait à dire sur le sujet.Révélation incroyable, rupture presque totale avec le milieu culturel; le couple parfait c'est un homme et une femme, de même nature et d'égale dignité, attachés, unis l'un à l'autre pour toujours, jusqu'à devenir une seule chair.Le couple n'est plus sacralisé par l'effort ou l'imagination de l'homme, il est sanctifié par l'initiative de Dieu qui les crée homme et femme à son image.Certes l'idéal ne sera pas vécu en plénitude.Israël sera infidèle et l'on pourra assister lors du déroulement de l'histoire du peuple élu aux lamentables déviations et aux concessions nécessaires (polygamie, concubinage, lévirat) que provoqueront cette infidélité.Mais toujours le modèle persistera à l'horizon et, malgré les écarts inévitables d'un peuple dans l'enfance, sera même susceptible d'un approfondissement doctrinal grâce principalement au thème de l'alliance.Nous y reviendrons.Et puis il y a l'attitude et l'enseignement du Christ.Son attitude si libre à l'égard de la femme, de toutes les femmes.Jamais la moindre trace négative, de mépris, de peur, ou de supériorité.Il profite des joies de l'amitié féminine."Or Jésus aimait Marthe et sa soeur Marie et Lazare".(Jean H, 5).Je ne résiste pas ici à la tentation de citer ces lignes si riches de Teilhard."Il me parait indiscutable (en droit aussi bien qu'en fait) que chez l'homme — même et si voué soit-il au service d'une cause ou d'un Dieu — nul accès n'est possible à la maturité et à la plénitude spirituelles en dehors de quelque influence "sentimentale" qui vienne chez lui, sensibiliser l'intelligence et exciter, au moins initialement, les puissances d'aimer.Pas plus que de lumière, d'oxygène ou de vitamines, l'homme — aucun homme — ne peut dune évidence chaque jour plus criante se passer de féminin".(Le coeur de la matière).Le Christ n'hésite pas non plus à traiter comme des personnes routes celles que les sociétés pharisiennes excommunient et regardent avec mépris.Dans son enseignement il va rappeler l'unité et l'égalité fondamentale, il va insister sur la dignité de la personne humaine quel que soit son rang, son sexe, sa classe ou sa religion.Tout cela aurait dû suffire mais n'a pas été compris.Et cela n'est pas encore bien compris aujourd'hui.A preuve la réaction de compensation provoquée chez bon nombre de femmes pour qui l'important ce n'est pas de devenir elle-même mais bien plutôt d'imiter l'homme, de pouvoir faire ce qu'il fait, comme il le fait et aussi bien que lui.A preuve aussi la persistance de nombreuses injustices sociales v.g.prostitution, exploitation par la publicité, conditions de travail inadéquates, assistance nettement insuffisante de celles qui sont abandonnées.272 Nous serions entrés, paraît-il, dans "une époque virile" où domineraient le raisonnement logique, mathématique, la planification abstraite.Ne serait-ce pas un des rôles de la femme de préserver les valeurs de civilisation, tendresse, sens du mystère, intuition, douceur, calme et sérénité, confiance et abandon au milieu d'un monde inquiet et tendu.Peut-être aussi faudrait-il protester contre l'usage intempestif du texte de Paul aux Ephésiens au chapitre V, 21-25.Dans ce texte il est question de la soumission de la femme au mari et du mari comme chef de sa femme.Ce qu'on a moins remarqué c'est que le verset précédent (21) nous rappelle que nous devons être soumis les uns aux autres dans la crainte du Christ.A partir de là on peut facilement penser qu'il s'agit bien moins d'une hiérarchie, du rapport d'un inférieur à son supérieur mais plutôt d'une manière d'être, d'une position convenable à l'égard de l'autre, position que des égaux doivent adopter les uns par rapport aux autres.Et surtout rappelons que ce texte renvoie à l'autorité et à l'amour du Christ, donc à une réalité divine bien plus qu'à un contexte sociologique.Or le Christ s'est fait chef en se faisant serviteur et il a manifesté son amour de façon concrète par un service total de ses frères.Une des tâches de la spiritualité conjugale sera donc de réfléchir très sérieusement à ce problème et de proposer des solutions conformes à la vraie pensée de Dieu et aux vrais besoins des personnes en cause.Ce ne sera pas facile car les préjugés, les idées toutes faites, les réflexes ancestraux sont plus nombreux qu'on ne le croit.Et ne l'oublions pas, tout aussi graves pourraient être de fausses adaptations.Par ailleurs une émancipation bien comprise ne peut apporter que d'excellents résultats."C'est la femme qui a la vie personnelle la plus riche, qui donnera le plus à l'enfant, et qui lui demandera le moins ; c'est celle qui acquiert dans l'effort, dans la lutte, la connaissance des vraies valeurs humaines qui sera la meilleure éducatrice".Cette phrase est de Simone de Beauvoir.On la complétera par l'affirmation de Léon Bloy : "Plus une femme est sainte, plus elle est femme".On peut aussi se demander : Une femme peut-elle être sainte si elle n'est d'abord femme?Comme quoi toute cette question est vraiment un aspect important de la spiritualité conjugale.A tel point qu'on a pu noter que l'accent mis unilatéralement sur la virginité et le veuvage au début du christianisme relève pour une bonne part sur la situation d'inégalité faite à la femme.Pour elle le moyen de manifester son égalité c'est-à-dire d'échapper à la servitude du partenaire était de rester vierge.N'oublions pas que dans la société grecque le seul chemin vers la liberté, c'était de devenir courtisane.On ne compte plus, tant ils sont nombreux les volumes qui paraissent sur le sujet actuellement.Ils sont d'inégale valeur mais il faudrait connaître les meilleurs et aussi ceux qui ont le plus d'influence.On en trouvera une liste dans l'article du Père X.Tillette de la Revue Etudes mai 1965.Le plaidoyer féminin.Signalons en plus un excellent numéro (43) de la revue Lumière et Vie, Conception chrétienne de la femme et le livre de F.X.Arnold : Pour un statut de la femme dans l'Eglise.273 b) Le mépris du corps 11 n'est jamais facile de réussir des synthèses.Sans cesse l'homme a tendance a privilégier l'un des aspects au détriment de l'autre ou des autres, ou à ne considérer que l'une des facettes de la réalité.Quant au plan de l'expérience concrète, des phénomènes particuliers sembleront vouloir accentuer la dissociation, on peut penser qu'il s'en faudra de peu de chose pour que cette dissociation devienne une théorie, un système de pensée dont l'influence pourra devenir des plus pesantes.C'est ce qui est arrivé dans l'histoire des rapports entre le corps et l'âme, entre la chair et l'esprit.Voulant expliquer le tiraillement entre l'un et l'autre et surtout le liquider, des philosophes, comme Platon ont conçu une sorte d'idéalisme.Le corps est un obstacle, une prison et la perfection consiste à s'en libérer le plus possible pour communiquer au mieux avec le monde idéal, seul immortel.Transposant les mêmes idées au plan religieux, on ira encore plus loin en affirmant le double principe du bien et du mal.Pour Manès (3e siècle après J.C.d'où viendra le manichéisme) le dieu bon répond de l'âme, le dieu mauvais répond du corps.Le corps est impur et la descente de l'âme dans le corps est une déchéance dont il faut se racheter.Par une interprétation très maladroite et d'ailleurs fausse de certains textes sacrés, ces idées ont réussi à pénétrer à l'intérieur de la pensée chrétienne et à l'influencer considérablement tout au long de son histoire.Des erreurs, comme le Jansénisme chez les catholiques et le Puritanisme chez les protestants, en sont nées et n'ont pas encore été digérées.Or il apparaît certain qu'on ne saurait avoir de spiritualité conjugale si l'on n'a pas une théologie chrétienne authentique du corps.Celle-ci sera d'autant plus facile à faire que la philosophie moderne a pour sa part mieux expliqué les rapports intimes de l'âme et du corps et pourra rendre ainsi de précieux services.Aujourd'hui en effet on comprend que l'homme est présent au monde, à ses semblables et à son milieu par son corps.La corporéité n'est plus vécue comme un obstacle, mais comme un chemin, un moyen privilégié de communication.Et d'ailleurs ici encore une lecture attentive de la Parole de Dieu aurait pu permettre d'éviter de telles aberrations.Le simple fait que le Verbe de Dieu se soit fait chair et que Jésus-Christ ait pratiqué "le loyalisme de l'Incarnation" en acceptant pour communiquer avec les hommes les possibilités et les limitations d'un corps, ce simple fait devrait être la révélation évidente que le corps est chose sacrée.Comment ne pas regretter aussi que l'on n'ait pas mieux exploité le dogme si plein d'espérance et de réalisme de la Résurrection de la chair.274 Certes la Bible n'ignore pas le conflit intérieur dont l'homme est le théâtre mais elle n'en rend pas le corps responsable."C'est du coeur, en effet, que sortent pensées perverses, meurtres, adultères, impuretés, vols, faux témoignages, diffamations".(Matth.15, 18) Il faudra donc bien noter que lorsque dans la Bible il est question de la chair dans un sens préjoratif, (ainsi dans Galates 5, 13-26) ce n'est pas la chair ou le corps au sens où nous l'entendons qui est désigné mais bien l'homme dans l'une de ses options devant Dieu.L'homme conduit par l'esprit c'est l'homme qui fait les oeuvres de Dieu mais il les fait avec son corps et son âme; l'homme conduit par la chair c'est l'homme qui fait les oeuvres mauvaises mais celles-là aussi il les fait avec sa chair et son esprit.Il nous faut donc affirmer l'unité essentielle du composé humain "recomprendre" que le corps est spirituel et l'esprit est charnel.L'évasion sprirituelle (l'angélisme) est donc impossible et toute tentative pour le réussir laisse les plus fâcheuses conséquences.Le vrai spiritualisme saura donc intégrer la réalité du corps et encore ici on voit combien le dogme chrétien rejoint profondément l'attente humaine puisque loin d'enseigner le mépris ou l'évasion du corps il invite à la sanctification par le corps (pensons à la liturgie et au réalisme sacramentel) et promet aussi la participation du corps à la gloire éternelle du Christ ressuscité.Il ne s'agit donc pas d'étouffer les sensibilités, de brimer les instincts, de dompter les passions mais de réussir leur pleine intégration à la personnalité, de les rendre en somme disponibles pour la pleine réalisation de soi-même dans le respect et le service des autres et du Christ.Il faut donc que le corps participe de plein pied à l'aventure de la liberté, cette première conquête de l'homme.Sans verser d'ailleurs dans un optimisme qui serait pure naïveté.Car chacun sait que cette conquête n'est pas facile et que toute liberté terrestre est d'ailleurs forcément limitée.Limites d'une intégration des passions et des instincts qui ne se construit qu'après de laborieux efforts et peut-être des échecs répétés; limites aussi d'une liberté qui doit assumer des phénomènes parfois cruels, maladie, vieillissement, mort.(1) Le mystère pascal de mort et de résurrection pourra faire échapper à la désespérance.Si tout cela est bien compris, on saura donner une orientation vraiment positive aux renoncements nécessaires pour l'accession à cette liberté et l'on é-vitera ainsi de verser dans le moralisme, le rigorisme et parfois la morbidité.La continence, prémaritale ou conjugale pourra se découvrir comme une valeur et non comme une mise en parenthèse, la première préparant un don que l'on voudra parfaitement libre, la seconde permettant d'échapper à un usage qui risquerait de devenir superficiel, routinier et insignifiant, au sens primitif du mot.( 1 ) Sur ces problèmes importants mais trop peu étudiés on trouvera des réflexions intéressantes dans Théodore Bovet : "Pour mieux vivre", les chapitres 6 et 7.275 Ce n est aussi qu'à partir d'une vision juste et vraiment chrétienne du corps que la pudeur prendra normalement sa place.La pudeur signifie l'angoisse qu'éprouve l'être humain à livrer son corps comme une chose alors qu'il le perçoit comme sien, comme intimité, comme ce par quoi il se sirue devant autrui comme un sujet.La relation vraiment amoureuse fait disparaître cette angoisse car le regard humain ne supprime pas la nudité, mais la dépasse en quelque sorte.L être aimé apparaît alors dans sa totalité, comme une personne, comme un sujet, comme quelqu'un d'unique et de singulier.On voit la différence entre la pudeur et l'obscénité puisque celle-ci schématise en ne considérant que le corps et non pas tel corps, c'est-à-dire une personne dans sa singularité.Ceci est si vrai que la psychanalyse a fait remarquer que les prostituées retrouvent le sens de la pudeur si un jour elles rencontrent l'amour.Il y a là peut-être matière à examen pour certains époux afin d'éviter aussi bien la pudibonderie que les manques de délicatesse.Mais c'est sans doute à travers la rencontre charnelle que le corps pourra révéler toutes ses possibilités d'expression et sa valeur de communication.C'est par le corps que se personnalisera au maximum la rencontre de deux ê-tres, si l'amour est vrai bien entendu.Car dans le cas contraire le corps loin d'être une présence devient un masque qui cache les plus odieux mensonges.Je ne reviendrai pas sur ce qui a été dit là-dessus dans le commentaire de ia sixième proposition sinon pour signaler que l'union conjugale étant l'une des expressions de l'amour est de ce fait même partie du sacrement de mariage.On peut donc la regarder comme un des moyens de ressourcement de la grâce sacramentelle.Pour finir comment ne pas signaler, ne fût-ce qu'en passant, les multiples implications que commandent cette estime et ce respect du corps.L'hygiène, la santé, le repos, le loisir, l'activité artistique sont des valeurs naturelles qu'un chrétien ne saurait négliger.Ainsi donc le couple chrétien saura refuser tout autant le mépris que l'idolâtrie du corps.Il évitera l'évasion dans le spirituel tout autant que l'enlisement dans le charnel pour vivre la mystique de l'Incarnation.L'Incarnation c'est la présence dans la chair, dans la matière, mais une présence dans la liberté.Sachant que cette liberté ne sera jamais totale, le couple chrétien ne s'étonnera pas de rencontrer sur son chemin, la Passion.Car la liberté est unc-conquête et toute présence vraiment sérieuse, toute valeur humaine vécue en plénitude, toute fidélité authentique doit faire face à l'obstacle et doit accepter la lutte.Mais l'espérance est audacieuse car la victoire est certaine puisqu'au terme il y a la Résurrection.La méditation des trois étapes, des trois moments du mystère chrétien (Incarnation — Passion — Résurrection) apparaît fondamentale.Claudel sait dire tout cela dans des mots magnifiques : "Aile dit que c'était son âme seule que j'aimais?C'est elle tout entière.Et je sais que son âme est immortelle, mais le corps ne l'est pas moins, et de tous deux 276 la semence est faite qui est appelée à fleurir dans un autre jardin".(Le soulier de satin;."Prends garde à toi si tu approches autrement qu'avec un esprit de foi et d'humilité et de crainte ce sacrement qui est une âme dans un corps.Ce n'est point avec de la boue qu'on épouse l'étoile du matin".(Le livre de Tobie de Sara).c) L'oubli de la notion de temps "Le temps passe sous nos pieds comme une mesure avec laquelle il nous faut absolument garder l'accord".(Claudel, conversations dans le Loir-et-char).On comprendra facilement que le mépris du corps conduit à l'oubli du temps.Un spiritualisme abstrait ne tient pas compte du temps, parce que le temps d'une certaine façon, c'est de la matière.Le corps situe la personne dans un espace donné, le temps la situe dans une époque précise.Encore faut-il noter que cette situation, ou, si l'on préfère, ce milieu, n'est pas isolé, indépendant, autonome mais qu'il est en relation avec d'autres espaces et d'autres é-poques.Par là nous sommes conduits à la notion d'histoire.La personne que j'ai devant moi je dois la considérer non simplement par rapport' à son présent, mais aussi, si je veux bien la comprendre, connaître son passé et penser à son avenir.Il me sera aussi très utile de méditer sur la solidarité universelle qui relie les vivants les uns aux autres dans le temps et dans l'espace."Le temps n'est donc pas une succession neutre d'instants juxtaposés, mais une séquence organique, intérieurement liée dans une unité un jour enfin révélée".(M.D.Chenu, l'Evangile dans le temps, p.414 et sq.).Il me semble donc que l'éducation religieuse ou morale n'a pas toujours tenu compte de cette notion de temps et que ce handicap ne pouvait qu'affecter sérieusement la spiritualité et la morale conjugale.Voici quelques exemples pour appuyer mon affirmation.1.La phobie de la mort subite Nous avons tous récité des Ave Maria pout ne pas mourir subitement.C'est sûrement une grande grâce de pouvoir mourir en pleine conscience et d'avoir l'occasion de faire de sa mort un acte libre et chargé d'amour.Mais notre crainte de la mort subite révèle souvent des déformations de l'image de Dieu dans nos vies.Dieu apparaît comme le gendarme ou le douanier impitoyable pour ceux qui ne seront pas en règle ou qui seront surpris en flagrant délit.Ne devrait-on pas plutôt penser que Dieu jugera notre histoire, dans sa totalité et non simplement tel ou tel instant de notre vie?"La véritable face de l'homme pour l'éternité, c'est sa volonté d'être meilleur, c'est ce qu'il aura voulu être, même sans y atteindre.C'est l'idéal, même désormais inaccessible, pour ce qu'il aura combattu et souffert.Ton vrai visage, homme, pauvre créa- 277 rure, vaincue et courageuse, c'est ton rêve".Maxence Van der Mursch (Masque de chair).Ne devrait-on pas répéter cela à nombre de couples qui se débattent avec angoisse dans des difficultés insurmontables.Je me rappelle cet aumônier d'hôpital intervenant dans une discussion sur les difficultés conjugales par ces mots révélateurs "No way out".2.Le perfectionnisme Puisqu'il faut être en règle parce qu'on peut mourir subitement et puisque d'un aurre côté il faut tâcher d'être fidèle à la loi, on va supprimer les cheminements et les apprentissages d'une personnalité en devenir pour faire atteindre de façon trop rapide à l'idéal proposé.C'est l'erreur du légalisme qui réfère sans cesse aux principes en oubliant l'histoire personnelle du sujet et en jugeant les actes isolément alors qu'en fait ils s'inscrivent dans une continuité dont il faut tâcher de percevoir l'orientation."Il n'y a rien à faire", disent certains confesseurs, "il n'y a vraiment rien à faire répondent certaines pénitentes.Je reviendrai dans un temps plus propice, c'est-à-dire après ma ménopause".C'est oublier que la perfection (relative) est au terme et non point au départ, que la vie chrétienne est dynamique, passe par des stades de croissance, doit accepter des délais, des tâtonnements, de lentes maturations et parfois aussi certains reculs."Le mieux seul est le mieux.Qui est le grand commandement incorruptible.Mais le mal même comporte son bien qu'il ne faut pas laisser perdre." Partage du midi (Paul Claudel).Face à ce perfectionnisme qui risque de tout gâcher en ne respectant pas la loi du temps il faudrait relire les paraboles qui nous présentent le Royaume qui progresse à la manière d'une semence.On devine comment cette notion de progression respectueuse des étapes et de l'histoire des personnes pourra être utile au couple dans l'évolution de son amour.3.Notion mécanique de la grâce Puisqu'il faut être parfait, puisqu'il faut être en règle et pour que tout cela se fasse rapidement, sans perte de temps, on va demander l'aide d'un plus puissant que soi.Cette collaboration est d'ailleurs promise et toujours prête à entrer en action au moindre signe.En effet Dieu est totale disponibilité et n'attend que la liberté de l'homme pour prêter main forte.Simplement Dieu va respecter intégralement cette liberté jusqu'à refuser obstinément de faire à la place de l'homme ce que celui-ci peut lui-même accomplir.Ce dernier aspect, on l'oublie trop facilement pour ne retenir que l'aspect du secours promis.En termes techniques on va majorer l'aspect "ex operato" de la grâce au détriment de l'aspect "ex opère operands", c'est-à-dire de la collaboration de l'homme.Ici encore le temps, l'historicité de la personne ne sera plus respectée.On va équiper sacramentellement un jeune enfant comme adulte, on va le "surcon- 278 fesser" et le "surcommunier" et à l'âge adulte il aura de fortes indigestions jusqu'à parfois un rejet violent, radical et définitif.Ou bien encore on offrira les sacrements à bon marché, sous prétexte que "ça ne fait toujours pas tort et qu'on ne sait jamais".Ou l'on tombera facilement dans la tentation de multiplier les exercices spirituels sans trop savoir à quoi ils correspondent dans l'histoire personnelle du sujet.Au bout de la ligne on aura une confusion désastreuse entre la vie chrétienne et les exercices de piété et ce sera le dernier handicap qu'il faudrait lever avant de proposer quelques jalons de spiritualité conjugale.Mais auparavant il faut rappeler combien la pédagogie divine est respectueuse du temps et qu'il faut absolument l'imiter.L'oeuvre du salut se fait à travers une histoire, et c'est dans cette histoire avec ses problèmes, ses limitations, ses progrès, ses reculs, ses déviations que Dieu s'insère et collabore avec l'homme.La révélation est respectueuse des étapes et des situations mais sans cesse en appel de dépassement.Et par là on échappe au relativisme confortable de la morale de situation.Celle-ci de façon subtile et déguisée rejoint le légalisme qu'elle dénonce puisqu'elle cherche aussi la conformité avec la loi, mais en supprimant ou relativisant celle-ci.La distinction n'est donc pas facile, mais elle est essentielle.Il faut sans cesse juger à partir d'une situation, mais ne pas faire de celle-ci le seul pôle de référence.Il faut sans cesse être en progrès, en marche comme l'homme de la Bible à qui les prophètes enseignent que la grande erreur est de s'installer.C'est donc dire qu'il ne faut pas s'étonner si dans l'histoire de chaque personne, il y a ce qu'on pourrait appeler une période d'Ancien Testament.D'où qu'on soit et qui que l'on soit, l'important c'est une marche amoureuse et sereine vers Jésus-Christ sauveur dans le déroulement d'un devenir qui possède son propre rythme et ses chances personnelles d'achèvement.Ce sont ces dernières qu'il s'agit de ne pas compromettre.d) Croyant ou pratiquant Reste donc une dernière hypothèque à liquider, celle que je viens d'amorcer au sujet de cette annexion par les exercices spirituels de la vie chrétienne.On a vu plus haut comment l'on a pu penser être plus spirituel si l'on réussissait à ignorer ou à s'évader de son corps; c'est un peu le même phénomène qui s'est passé à propos de la vie chrétienne par rapport à la vie proprement religieuse.Celle-ci tranquillement en est venue à prendre toute la place et à être ainsi indûment valorisée.N'oublions pas qu'il fut une époque où pour se sauver on fuyait le monde en s'enfermant dans les monastères.Et comme les moines furent pendant longtemps les maîtres de la vie spirituelle, quand on voulait chercher une spiritualité c'est chez eux qu'on allait la puiser.Il s'agissait de réaliser dans le monde la réplique de ce qui se faisait dans les monastères, de devenir en somme des moines en miniatures.Ainsi s'explique, semble-t-il, que le clergé diocésain soit à la recherche d'une spiritualité qui lui soit propre.Pensons à l'embarras des Pères du Concile pour adresser leur message aux prêtres.279 Ainsi s'explique aussi que toute la vie spirituelle des laïcs ait pu être pensée en termes de prières ou d'exercices religieux à accomplir.Des malins pourront dire, c'est bien plus simple que cela.Le laïc n'avait pas de spiritualité parce que le laïc n'existait pas dans l'Eglise.L'on doit admettre en effet que son passage de la sujétion à la responsabilité est chose récente et que son accession à la majorité est encore bien plus juridique que réelle.Mais ceci est une autre histoire et les récents développements sont des plus prometteurs.Il s agit donc d'établir très clairement au départ la distinction fondamentale entre foi et religion.Je demandais récemment à des couples réunis en récollection de me dire ce que c'était qu'un chrétien.Un très brave homme de me rapporter la conversation qu'il avait eue avec un de ses amis : "Le bon Dieu tu lui joues pas dans les oreilles.Il finira bien par t'attrapper à quelque détour '.Une oreille attentive peut dans les salons mortuaires capter des réflexions révélatrices."C'est le bon Dieu qui est venu chercher votre enfant"."On était trop heureux", "je me demande ce que j'ai pu faire au bon Dieu pour que ça m'arrive".Un tel dieu est le dieu des religions.Un dieu gendarme, un dieu qui se venge, un dieu qui punit, un dieu capricieux et tyrannique.Le dieu des religions et non pas le Dieu de la Révélation, connu par Jésus-Christ.Le dieu des religions qui pénètre à l'intérieur de la foi chrétienne et qui engendre l'athéisme car la réflexion de Fluerbach est vraie et fort logique."L'homme devient athée quand il devient meilleur que son Dieu!" Il faut donc redécouvrir le vrai Dieu, le Dieu de Jésus-Christ et de l'Evangile.Il faut se dépouiller de toutes les fausses images de Dieu.Ce sont autant d'idoles qu'il faut détruire.Il faut saisir que la foi c'est cette initiative de Dieu qui vient à la rencontre de l'homme lui dire qui II est et comment il veut que l'homme partage sa plénitude de vie.Tandis que la religion c'est la recherche tâtonnante et forcément incomplète, souvent équivoque, parfois déviée, de l'homme.La foi et la religion ne s'opposent pas, mais il faut qu'elles se rencontrent et que la foi vienne purifier la religion qui part d'en bas, de l'homme, de ses craintes, de ses aspirations, de ses besoins.La foi vient d'en haut, c'est Dieu qui parle, qui appelle, qui propose.La foi engage tout l'homme, suggère la conversion, la réorientation du coeur, la rééducation des pensées.La foi rejoint toute la vie tandis que la religion (au sens strict de sentiment religieux) ne rejoint que le secteur du culte.Certes celui-ci est important mais il n'est qu'une partie de la vie chrétienne, qu'un moment de la vie de foi.Aussi bien pourquoi ne pas préférer l'expression "pratiquer sa foi" à celle de "pratiquer sa religion".La pratique religieuse, la vie de prière a donc sa place, mais à l'intérieur d'un ensemble.Cette distinction capitale permettra d"éviter des réflexions du genre de celles-ci et elles sont très fréquentes."Monsieur l'abbé, depuis que nous sommes 280 mariés nous vivons comme des païens.Au temps des fiançailles, nçus allions souvent à la messe ensemble, nous lisions l'Evangile, nous méditions régulièrement, mais maintenant, ça ne vaut pas cher".Et d'aimer son mari, et de bien élever ses enfants, et de travailler sérieusement à bâtir un monde meilleur, cela n'est donc rien?Ce qui ne veut pas dire encore une fois que l'on ne doive pas être ingénieux et courageux afin de trouver le ressourcement nécessaire à la qualité de son témoignage.Je viens de poser la question : "qu'est-ce qu'un chrétien.A mon sens il faut beaucoup réfléchir et faire réfléchir à cette question.Peut-être sera-t-il utile de proposer quelques pistes de réflexion.Le chrétien c'est : a) Quelqu'un qui croit au vrai Dieu et qui démasque sans cesse les idoles.b) Le vrai Dieu nous est révélé par Jésus-Christ sauveur, ce qui permet d'échapper au piège de l'indifférence : "Toutes les religions sont bonnes" comme à celui de la sincérité : "Il suffit d'être sincère".En faisant attention à la tentation du monopole ou de l'arrogance.Nous sommes souvent en deçà de notre vérité tandis que d'autres vont au-delà de la leur."Les païens ont les yeux ouverts dans les ténèbres, les mauvais chrétiens ont les yeux fermés dans la lumière" (saint Augustin).c) Jésus-Christ nous propose de nous aimer les uns les autres.Ce qui permet d'échapper à l'illusion du culte sans charité.A méditer la parabole du Samaritain, la leçon du jugement dernier.d) Jésus-Christ nous propose aussi de nous éclairer de sa parole afin de bâtir sur le roc et non sur le sable c'est-à-dire sur l'accessoire ou dans le gauchissement; de nous nourrir de son Eucharistie afin de tenir bon sur une route parfois difficile.e) Jésus-Christ nous demande de vivre dans une Eglise afin d'éviter l'individualisme.f) Afin de bâtir un monde meilleur.Ce qui va permettre d'éviter la désincar-nation et l'évasion, si souvent reprochée aux chrétiens, des tâches terrestres.Le chrétien c'est celui qui prête son coeur et sa main au Seigneur pour continuer la multiplication des pains.Le chrétien c'est celui qui est assez ingénieux pour multiplier les pains et assez généreux pour les partager.Le drame du monde moderne est là.Les civilisations chrétiennes ont l'ingéniosité et le pouvoir de donner du pain à tous, mais la générosité fait défaut.Comme quoi la distinction entre foi et religion est importante.Car il se trouve par exemple que des civilisations dites chrétiennes peuvent encore invoquer le nom de Dieu pour opprimer des gens qui ne sont pas de même couleur.Note : Le dernier article de cette série paraîtra le mois prochain sous le titre : "Eléments de spiritualité conjugale".28 ï SEXUALITÉ ET VIE CHRÉTIENNE Plusieurs de nos abonnés ont hautement apprécié la série d'articles de M.l'abbé Guy Brouillet sur "Sexualité et vie chrétienne".Nous avons pensé rendre service en les regroupant dans un tiré à part.Il s'agira d'une brochure d'une centaine de pages qui sera offerte au prix de 50 c.Ceux qui seraient intéressés à posséder cette brochure voudront bien le faire savoir au plus tôt à la secrétaire de la revue, 6901, rue St-Denis, Montréal 10, Que.RETRAITE POUR AUMÔNIERS FÉDÉRAUX Du 17 au 22 octobre prochain il y aura une retraite pastorale pour les aumôniers fédéraux de la J.O.C., de la I.O.C.F.et du S.P.M.L'animateur de cette retraite sera le R.P.Auguste Le Toulec, assistant-général des Fils de la Charité.La retraite se tiendra à la Solitude de Pierrefonds.en banlieue de Montréal.On acceptera également un certain nombre d'aumôniers locaux en autant que l'espace le permettra.Ceux qui seraient intéressés à participer à cette retraite spécialisée voudront bien s'inscrire en s'adressant au R.P.Roger Poirier, o.m.i., 6901, rue St-Denis, Montréal 10, Que.UNE MISSIONNAIRE JOCISTE PART POUR L'AFRIQUE Le 28 mars dernier, après une longue année d'attente, s'envolait vers l'Afrique noire Mlle Blandine Boudreau comme missionnaire iociste du Malawi (diocèse de Blan-tyre).Mlle Boudreau est une ancienne présidente diocésaine de Moncton, N.B.et une ancienne dirigeante national.L'an dernier elle avait été assignée par le Congo-Léo.Mais les difficultés politiques ont empêché la réalisation de ce projet.11 y a déjà deux garçons, extension workers, dans ce diocèse du Malawi.Et ils y font du très bon travail auprès des garçons.A l'occasion de la consécration épiscopale de Son Eminence le Cardinal Cardiin, l'évêque de Blantyre fit officiellement la demande de deux filles au comité international.Ce sont Mlle Boudreau, du Canada français et Mlle Jeanne Camus de Belgique qui furent désignées.Elles ont suivi toutes deux un cours de six semaines avec les compagnons bâtisseurs (sorte de peace-corps belge qui envoie des jeunes dans les pays en voie de développement).Toutes deux ont fait également un stage d'un mois en Angletette et un autre stage d'un mois au bureau international.Elles sont parties pour l'Afrique en juillet dernier.282 REGULATION DES NAISSANCES L'ÉQUIPE SERENA Louise Robillard-Lachance et Louis Lachance, couple-moniteur.Le problème de la régulation des naissances demeure le plus délicat, le plus crucial, le plus angoissant pour les couples mariés.Ce problème touche à plusieurs autres aspects de la vie conjugale : le bonheur du couple et de ses enfants, l'harmonie au sein du foyer, l'épanouissement des conjoints, la possibilité d'une vie humaine normale.Mal conçu et mal réglé, ce problème mène aux pires réalités, à des situations inhumaines rencontrées plus d'une fois : séparation, divorce, déséquilibre des enfants, perte d'idéal et chez plusieurs, perte de la foi.A la recherche de solutions valides Face à ce problème de la régulation des naissances, l'humanité a tenté, à maintes reprises, d'apporter des solutions valides et permanentes.Aussi avons-nous vu différentes techniques et différents procédés prendre la vedette tour à tour au cours des siècles.Aux procédés mécaniques connus depuis longtemps, s'est ajouté dernièrement toute la gamme des procédés chimiques.Plusieurs spécialistes ont opté à différentes époques pour l'un ou l'autre de ces procédés.L'argument principal de ces défenseurs demeure évidemment l'efficacité de ces moyens quant à la sécurité qu'ils offrent.On reconnaît depuis quelque temps que la pilule anovulatoire offre un maximum d'efficacité pour quiconque ne veut pas d'enfant.Mais bien au-delà de l'efficacité d'un moyen, se situe l'idéal et l'amour de ceux qui l'emploient.La pilule répond-elle à toutes ces exigences?Qu'elle est, devant tous ces moyens, la position de l'Eglise?Nous devons malheureusement admettre qu'en ce domaine, il règne plus de confusion que de clarté, si bien que la morale des uns en est une de permis-défendu et celle des autres permet n'importe quoi.On confond tradition et révélation, notion de nature et d'instinct etc.On oublie souvent dans tout ceci l'essentiel du message du Christ, l'essentiel de toute vie humaine : l'amour.Nous croyons fermement ( 1 ) Pour toute demande d'information au sujet des Equipes Seréna, vouloir bien s'adresser au Centre de liaison des Equipes Seréna, a/s M.et Mme Gilles Breault, 634, 20e Avenue, Lachine, Oué.Il existe également un autre organisme qui fait un travail analogue aux Equipes Seréna, c'est l'Equipe Serf.Les responsables sont M.et Mme Raymond Pellerin, 10221, rue Rome, Montréal-Nord, téléphone 321-2003.L'aumonier de l'Équipe est le R.P.Lionel Mathieu, o.m.i.de la paroisse Ste-Bernadette de Montréal.283 que le couple doit sans cesse se redéfinir, s'orienter, rechercher en quelque sorte le moyen qui permettra à cette femme et à cet homme de devenir de plus en plus humains, i.e.êtres conditionnés par un cerveau et non par un instinct.L'amour humain s'adresse à des êtres faits de corps et d'esprit.Dès qu'on tente de confiner l'amour au niveau du corps seul, on fait irrémédiablement fausse route.Toute solution valide doit tenir compte de la réalité humaine.Les discussions dans les hautes sphères de la science, que ce soit en théologie, en médecine ou en démographie nous seront utiles uniquement si elles tiennent compte de la réalité du couple dans la vie quotidienne.Dès qu'on fait abstraction qu'homme et femme sont corps et âme fondus en une seule unité, en une seule vie, on ergote sans espoir d'aider l'amour humain à se réaliser et à se sublimer.La méthode sympto-thermique Pour améliorer cet amour humain conjugal, pour assurer une plus grande dignité et un bonheur plus intense, des milliers de couples ont expérimenté la méthode sympto-thermique, méthode qui dépasse infiniment la mise en pratique d'une simple technique.Voyons d'abord brièvement ce qu'est cette technique pour voir par la suite à quel esprit nous essayons de l'incorporer.Dès 1847, on soupçonna que la température basale de la femme pouvait être de quelque utilité.Cependant, on doit attendre à 1868 avant la découverte de certaines fluctuations et ce n'est que dix ans plus tard qu'on en reconnaît la nature cyclique.En 1904, Van de Velde note des avantages à ce que la femme prenne sa température au réveil et en 1928, il démontre la relation qui existe entre la température et le corps jaune.Notons que depuis, la science a réussi pleinement à montrer les avantages nombreux de la prise de température par la femme.Cette méthode est évidemment indirecte, puisqu'elle reflète les phénomènes produits sans les prévoir.Mais il n'existe aucun moyen sûr actuellement capable d'agir en ce sens.Que nous révèle donc la méthode sympto-thermique?Elle nous montre que chez la femme, de la puberté à la ménopause, il existe deux niveaux de température.Un premier palier débute avec les menstruations et se poursuit jusqu'à l'ovulation; un second palier part de l'ovulation pour se terminer avec le retour des menstruations.La première partie du cycle, qui comprend la période pendant laquelle l'ovule mûrit et se détache de l'ovaire est une période d'hypothermie.La seconde partie du cycle, pendant laquelle la muqueuse utérine se prépare à recevoir éventuellement l'ovule fécondé, est une période d'hy-perthermie.Le premier palier ou la première partie du cycle est un temps de fertilité.On préconise justement les rapports conjugaux durant cette période, à ceux qui désirent un enfant.La fécondation possible au début du cycle devient de plus en plus probable vers la fin de ce premier palier.Qu'on nous permette d'insister sur le sens d'une grossesse voulue et désirée.Quoi de plus merveilleux dans la vie qu'un couple qui se prépare physiquement, psycholo- 284 giquement et spirituellement, en toute conscience et en toute liberté à la venue d'un enfant ?Quoi de plus enrichissant que cette attente du couple qui, ayant fait l'effort d'une étude plus approfondie de ses capacités, en arrive à concevoir un être au temps voulu, souhaitable et acceptable?C'est une joie et une paix si raffinées, qu'il faut avoir vécu cette expérience pour en mesurer toutes les dimensions.Le deuxième palier correspond à une période de stérilité.Les couples qui désirent pour un certain temps espacer une naissance, ou qui jugent avoir atteint un nombre normal d'enfants, peuvent, durant cette période avoir des relations conjugales sans crainte d'une grossesse surprise ou non désirée.Cette prise de température est donc une sorte de guide pour la femme; elle lui permet une connaissance plus intime d'elle-même et de ses capacités.A cette prise de température s'ajoute une étude plus intéressée sur les différents symptômes qui apparaissent chez la femme au cours de son cycle mais qu'il serait trop long d'expliquer dans le cadre de cet article.L'équipe Séréna Mais comment connaître cette méthode dans tous ses détails?Comment la mettre en pratique?Si les hommes de science soupçonnent depuis près d'un siècle les conséquences et applications de la température basale de la femme, c'est en 1955 que débuta vraiment à Montréal l'application de cette méthode.C est à un couple de Lachine, M.et Mme Gilles Breault que nous devons la mise en pratique de cette méthode.Ils sont les pionniers en Amérique du Nord de cette façon de régulariser les naissances.Jugeant nécessaire cette régularisation, ils s'informèrent à des sources européennes et connurent la méthode.Cependant, ils désirèrent partager leurs connaissances pour le plus grand bien d'autres couples.C'est avec l'abbé Georges Matte qu'ils élaborèrent leur premier enseignement de la méthode.Bientôt les demandes d'informations affluèrent.Le Docteur Claude Lanctôt, conscient du problème et de ses implications, s'intéressa à la question d'une façon active et scientifique.Il n'a cessé depuis de collaborer à la précision et à l'avancement de la méthode.Son travail est de toute première importance, puisque, par lui, nous avons la possibilité de prouver à la lumière des statistiques ce que nous avançons.En 1959, les premiers couples moniteurs s'adjoignent aux Breault, dans le but d'aider les gens à régler leur problème.A ce moment, on joint au graphique proprement dit, l'étude et l'observation des symptômes qu'une femme peut remarquer durant son cycle, d'où le nom de la méthode d'ailleurs : symp-to-thermique.Ces symptômes donnent des indications précieuses sur l'évolution du cycle.1962 : l'équipe se donne un nom.Séréna : Service de régularisation des naissances.Le nom choisi reflète bien l'esprit qui anime ce petit groupe de couples.Quels sont les buts que cette équipe se propose de poursuivre?Avant 285 tout, aider les autres, rendre service, être utiles.Le premier but est de renseigner sur les avantages et l'efficacité de la méthode préconisée.Le second est de suivre les couples jusqu'à la compréhension et la maîtrise de cette méthode.Le troisième est de profiter des échanges entre couples pour les aider à vivre plus intensément leur vie de chrétiens dans le mariage.Nous ne saurions trop insister sur ce troisième point.Plusieurs ont taxé l'équipe de n'être que la vendeuse d'une technique.Mais Seréna a toujours considéré qu'une technique n'est qu'un moyen qui ne peut pas lui seul assurer le bonheur.L'équipe a toujours voulu aller au-delà de cette pratique de la méthode et présenter un esprit qui aiderait les gens à être plus équilibrés et plus humains.Si les deux premiers buts de l'équipe sont de renseigner sur la méthode, c'est à cause des besoins des couples qui vont à elle.Avant toute éducation, il a fallu à maintes reprises, dépanner.Mais de plus en plus, les couples prennent conscience du problème avant qu'il ne soit trop tard et le champ d'action de l'équipe Seréna peut s'élargir et s'oriencer davantage du côté de l'esprit et non uniquement du côté de la lettre.Enfin, le quatrième but de l'équipe est de recruter d'autres couples-moniteurs qui voudront bien travailler auprès d'autres couples.Foyers moniteurs et conférences Seréna travaille donc depuis 1955.Son enseignement a pris de l'aplomb et de la maturité.Jusqu'en 1962, le foyer personnel de chaque couple-moniteur était la classe où s'enseignait la méthode.Devant les demandes de plus en plus nombreuses, l'équipe décida de donner un enseignement public.Depuis trois ans donc, Seréna renseigne sur la méthode sympto-thermique, à l'hôpital Notre-Dame.Cette conférence est suivie, pour les couples qui le désirent, d'une rencontre où l'on discute, en petit groupe, des questions d'amour conjugal, d'éducation, d'adaptation, etc.Seréna n'impose rien aux gens; elle propose, elle offre.Elle n'a pas l'impression d'avoir une marchandise unique à vendre.D'ailleurs, l'équipe reste à l'affût de toutes découvertes susceptibles d'aider son action.Certains couples, au sein de l'équipe, expérimentent même tout nouveau procédé, jugeant qu'il est du ressort de Seréna de bien informer les gens.Actuellement, l'équipe Seréna est en voie d'évolution très rapide.Depuis dix ans, elle a aidé quelque 6,000 couples.Des équipes existent dans plus de 60 villes de la province.Il y a environ 125 couples-moniteurs qui travaillent au Québec, en Ontario et au Nouveau-Brunswick.Qu'on se rappelle les débuts de l'équipe et on comprendra facilement que cette évolution indique les besoins immenses de la population.Devant tant de besoins on a fondé un secrétariat national : Le Centre de Liaison des équipes Seréna.M.et Mme Gilles Breault en sont les présidents et leur tâche en est d'une envergure extraordinaire, nullement proportionnée avec les moyens dont dispose le Centre.L'équipe de 286 Montréal, composée d'une vingtaine de couples-moniteurs, a à sa présidence, le docteur Suzanne Parenteau-Carreau et son époux Serge Carreau.L'équipe s'est enrichie d'un guide précieux : en 1963, le docteur Jacques Baillargeon et Mme Hélène Baillargeon publient : "La régularisation des naissances, précis de la méthode sympto-thermique".Voilà donc où en est Serena après dix ans, en 1965.C'est cette réalité encourageante qui fut touchée du doigt lors d'une journée d'étude organisée par l'équipe au mois de mars dernier.Environ 300 personnes étaient présentes, couples, prêtres, médecins, religieux.Un panel, composé des docteurs Jacques Baillargeon, Claude Lanctôt, Pierre Fugère, du Chanoine A.Breault et du psychiatre V.Voyer, termina la journée.Chacun apporta ses connaissances dans son domaine respectif.L'aspect psychiatrique porta à réfléchir particulièrement et c'est à la pilule de progestagène que le docteur Voyer s'en prit spécialement.Mais, parler de "désamorcellement" psycho-sexuel chez la femme qui prend la pilule, parler d'attitude de défense contre le mari ou de castration intime, comme le notait le docteur Voyer, demanderait infiniment plus de précision et dépasserait le but de cet article.Comment se renseigner Pour répondre à la question posée ci-haut : "comment se renseigner au sujet de la méthode sympto-thermique?", nous invitons tout simplement les couples intéressés à s'adresser à une équipe susceptible de les renseigner adéquatement.Il faut ici mettre les gens en garde contre toutes les fausses vulgarisations qui ne manquent pas d'envahir le marché.Ce n'est certes pas le téléphone à une émission quelconque de radio, ni le journal en quête de sensationel qui apporteront une solution au problème de la régularisation des naissances.Consulter des experts en la matière, se renseigner auprès des gens susceptibles de comprendre les conjoints au-delà d'un simple moyen, devient pour le couple, un devoir.Nous considérons que cette situation ne doit pas être confiée à une pilule ou à un procédé quelconque, mais à des humains, capables de concilier régulation, maîtrise, amour humain, fécondité, mariage et vie chrétienne.Qui confierait son mal de dent au menuisier ou le plan de sa maison à son médecin?En terminant, nous lançons un appel aux couples, prêtres, médecins, désireux de travailler dans le sens de l'équipe.Seréna compte sur peu de ressources quand on considère l'oeuvre à accomplir.Vingt couples- moniteurs pour notre population, c'est très peu.Mais l'équipe Seréna a entrepris une action d'une importance capitale puisqu'elle oeuvre sur ce qu'il y a de plus grand chez l'homme : l'amour humain, participation étroite à la création, dans le mariage.Enseigner aux gens à se servir de tout leur être, corps et âme, dans leurs relations d'amour, éduquer les couples à une maîtrise intelligente et possible, comprendre tout simplement que nous nous adressons à des êtres humains, c'est le champ d'action de Seréna, c'est l'idéal à proposer et à poursuivre.287 progrès social a toujours été connexe à rengagement du monde ouvrier" ( i ) S.E.Mgr Gaston Hains.Au nom de Mgr P.-E.Charbonneau, président de la Commission Episcopale de l'A.C.C, j'ai le plaisir, ce soir d'approuver et surtout d'encourager le lancement du mouvement des travailleurs chrétiens (M.T.C).Nous saisissons l'occasion pour vous exprimer nos félicitations pour le magnifique travail accompli par votre mouvement depuis bientôt vingt-six ans.Vous avez vraiment été, dans cette province, des pionniers pour l'éveil de laïcs éclairés et actifs dans l'Eglise.Nous savons que votre travail n'a pas toujours été facile.Placés providentiellement à 1 intérieur du monde ouvrier, vous y avez découvert de nombreux problèmes, et vous avez aussi contribué à l'éveil des consciences individuelles et de l'opinion publique.N'êtes-vous pas comme l'exprime Pie XII aux premières lignes de l'action de l'Eglise auprès du monde-ouvrier?D'ailleurs, le monde ouvrier n'a-t-il pas un rôle indispensable à exercer dans la société humaine?L'histoire nous indique nettement, que depuis les cent dernières années, le progrès social a toujours été connexe à l'engagement du monde ouvrier.L'insécurité qui le caractérise a engendré chez lui une solidarité qui l'a toujours placé à l'avant-gar-de des réalisations sociales contemporaines.Le congrès d'aujourd'hui marque une étape dans votre mouvement.Vous demeurez vraiment des pionniers parmi les mouvements apostoliques adultes.Vous voulez tenir compte davantage de toutes les réalités de la vie ouvrière.Plusieurs problèmes se présentent à vous sur le plan politique, scientifique et technique, sur le plan social, sur le plan de l'éducation, sur le plan de l'économie et de la profession.Le M.T.C.vous invite à vous engager dans le monde "en chrétiens", mettant plus d'amour dans vos foyers et dans toutes les institutions humaines qui appellent votre collaboration.Fils de l'amour de Dieu, vous avez à reproduire dans votre vie de tous les jours, selon les circonstances de cette vie, l'amour que le Christ a manifesté en vivant et en mourant pour nous.Pour accomplir votre tâche, vous avez d'ailleurs l'exemple du Christ qui a basé la continuation de son oeuvre sur une équipe de travailleurs humbles, ses témoins dans son amour pour tous les hommes.( 1 ) A l'occasion du Congrès de lancement du nouveau mouvement des travailleurs chrétiens (M.T.C), le 3 juillet 1965, Son Excellence Mgr Gaston Hains, Évêque auxiliaire de St-Hyacinthe et secrétaire de la Commission épiscopale d'Aaion Catholique prononça cette allocution.288 Le Mouvement des Travailleurs Chrétiens (i) ses fondements et son orientation (suite) — V L'ACTION DU M.T.C.ET DE SES MEMBRES De l'énoncé des objectifs du mouvement, on peut dégager les lignes qui permettent de définir l'action du mouvement et l'action des membres.Une action essentiellement apostolique L'action du M.T.C.comme l'action de ses membres doit être essentiellement apostolique.Que faut-il entendre par l'expression "action apostolique" ?Toute action est apostolique lorsqu'elle se situe dans le sens de la participation des laïcs à la mission de l'Eglise.C'est donc dire que toute action qui est dans le sens de la consécration du monde ou de l'évangélisation des personnes, (puisque ce sont là les deux plans sur lesquels les laïcs doivent plus particulièrement jouer un rôle d'Eglise) est une action véritablement apostolique.Et cela est vrai, qu'il s'agisse d'une action des membres du M.T.C.ou d'une action du mouvement lui-même.Voyons plus concrètement ce que peut signifier d'abord l'action apostolique des membres et ensuite l'action apostolique du mouvement.A — L'action apostolique des membres du M.T.C.On peut la situer par rapport aux deux tâches des chrétiens: la consécration du monde et l'évangélisation.1 — Commençons par ce qui a trait à la consécration du monde.Le contenu de cette responsabilité est déjà défini aux pages 12 et 13 du présent document.On voit, par cette explication de ce qu'est la consécration du monde, toute la variété d'actions qui peuvent se situer dans cette ligne.On doit saisir surtout : a) qu'il s'agit de toute action qui fait avancer la construction du monde, qui bâtit un, monde plus humain, plus juste, où il y a plus de fraternité; que cette action comprend l'occupation professionnelle des travailleurs elle-même mais doit aller jusqu'à un engagement véritable au service des autres dans une organisation; que cette action comptend une gamme très variée de formes: à partir d'une action très matérielle jusqu'à une action d'éduca- ( 1 ) Ce texte dont la première partie a paru dans le numéro précédent nous a été remis par le comité national du M.T.C.Il est le manifeste de lancement du mouvement.289 tion, d'éveil de conscience, peu importe qu'elle soit simple ou de grande portée.C'est à travers cette action temporelle, en particulier leur engagement temporel, et dans leurs relations humaines que les laïcs chrétiens peuvent travailler à la consécration du monde.b) si la consécration du monde suppose une telle insertion dans le monde, celle-ci ne suffit cependant pas.Elle exige une qualité particulière : que l'action temporelle soit menée en conformité avec le plan de Dieu, qu'elle respecte son plan sur le monde, qu'elle soit faite selon la vraie conception de l'homme, de la liberté, de la justice, du travail, de la famille.Il est à noter que le monde est alors consacré même si les personnes qui agissent ainsi n'ont pas conscience de travailler à cette tâche.2 — Quant à leur action dans le sens de I'evangelisation, elfe peut viser à une evangelisation personnelle ou à une evangelisation collective.a) l'évangélisation personnelle se fait par le témoignage d'une vie authenti-quement chrétienne, une vie de charité, dans toutes les circonstances de la vie : vie familiale, vie de travail, relations humaines avec voisins, amis, compagnons de travail, confrères d'associations, etc.Cette vie de charité se manifeste par la façon de vivre l'engagement temporel et par une foule d'actions (services rendus, éveil de conscience, encouragement, etc.) menées auprès des personnes avec lesquelles un membre du M.T.C.est en contact.C'est pour lui une équipe naturelle qu'il porte et essaie de faire évoluer.Il faut ajouter que le témoignage qu'il porte peut parfois être expliqué.L'évangélisation devient alors plus explicite.b) chaque membre du M.T.C.peut aussi faire une evangelisation collective.Son action consiste alors à faire de son équipe naturelle (dont il a été question dans le paragraphe précédent) une véritable communauté chrétienne, un groupe soudé dans la charité.Une telle communauté donne un témoignage collectif de charité.3 — Une remarque s'impose pour conclure ces quelques lignes sur l'action apostolique des membres : si la distinction doit être faite entre les deux tâches du chrétien (consécration du monde et evangelisation), il n'en demeure pas moins qu'il y a unité dans la vie des personnes.Ceci ne signifie pas seulement que l'unité doit s'opérer dans la conscience des laïcs mais aussi que les actions par lesquelles les militants accomplissent leur double tâche sont habituellement les mêmes.C'est donc par les mêmes actions qu'ils travaillent à bâtir le monde avec un esprit chrétien et qu'ils témoignent du Christ.Et ces actions sont celles de toute leur vie temporelle, y compris leur engagement.290 B — L'action apostolique du M.T.C.Pour le mouvement, l'action apostolique se définit par rapport à l'animation des personnes et à l'évangélisation.1 — Par rapport à l'animation des personnes a) l'animation est cette tâche du mouvement qui consiste à donner aux chrétiens la formation doctrinale et spirituelle dont ils ont besoin pour travailler à la consécration du monde.Le mouvement donne principalement cette animation à ses membres par ses réunions, par ses moyens de formation : en particulier la révision de vie, et aussi les récollections et le jour-pal.b) si l'animation atteint principalement les membres du mouvement, ellle ne leur est pas exclusive.Par des déclarations publiques sur des événements de la vie ouvrière ou d'ordre général, par des publications (entre autres le journal), par certaines formes de rencontres auxquelles participent des personnes qui ne sont pas membres du mouvement, etc., le mouvement peut rejoindre des non-membres qui en retirent une animation habituellement moins intense mais tout de même valable.2 - Par rapport à l'évangélisation a) le mouvement peut et doit lui aussi porter un témoignage collectif de charité, qu'il s'agisse d'une équipe de base, du plan national ou des structures intermédiaires.Un tel témoignage collectif peut être donné par les moyens mentionnés dans le paragraphe précédent (déclarations publiques, certaines rencontres, publications, etc.).b) enfin l'existence même d'une équipe du mouvement regroupant au plan de la foi et de la charité des personnes ayant des engagements diversifiés et prenant des options temporelles différentes et parfois opposées, est un témoignage collectif de charité lorsque l'existence d'une telle équipe est connue.Sur le plan des solutions techniques La solution technique des problèmes humains ne relève pas du mouvement, pas plus qu'elle ne relève de l'Eglise.Voici tout de même quelques propositions qui éclairent cette affirmation générale.— toute action qui est directement dans le sens de la construction du monde, c'est-à-dire qui a pour but d'apporter des éléments de solution à un problème temporel et qui suppose des précisions techniques, ne doit pas 291 être réalisée ni décidée par le M.T.C.Cest la responsabilité des organismes temporels.— les membres du M.T.C.eux, au contraire, doivent participer de leur mieux et chacun selon ses possibilités, comme les autres hommes, aux décisions et à la réalisation de ces actions.Ils ne le font pas toutefois en tant que militants d'Action Catholique mais en tant que travailleurs, parents, syndiqués, etc., qui, dans toutes ces circonstances, agissent en chrétiens éclairés par leur foi.— lorsqu'il n'existe aucune solution organisée ou aucun organisme en place qui puisse prendre en charge la solution d'un problème, faudra-t-il agir par suppléance ?Nous répondons dans la négative si la suppléance signifie que le M.T.C.prenne lui-même en charge la solution du problème, soit par un service ou une initiative même prévue comme temporaire.Ce genre de suppléance distrait les membres et le mouvement de leur action propre.La suppléance serait possible dans le sens suivant : une équipe de militants, consciente d'une situation donnée et de l'existence d'une solution quelque peu organisée, pourrait discuter des moyens à prendre pour susciter dans la localité ou le quartier la naissance d'un mouvement qui viendrait répondre aux besoins constatés.L'organisme en question serait ensuite fondé par un groupe de personnes intéressées à l'affaire, y compris des membres du M.T.C, mais à titre personnel, à qui ce type d'engagement apparaîtra important et possible.— ceci amène la question des services déjà existant dans le mouvement.Le M.T.C.ne doit pas garder de services qui sont dans la seule ligne de la construction du monde : budget, camps, etc.Cette position ne doit pas signifier un désintéressement de la part des membres du mouvement.Au contraire, dans leur action personnelle, il leur faudra souvent aider concrètement les gens qui vivent autour d'eux en référant aux solutions temporelles organisées Quant au Service d'Orientation des Foyers, nous ne le considérons pas comme étant uniquement un service temporel, mais nous nous posons quand même la question de son appartenance au M.T.C.La question reste à l'étude.Même si aucune décision n'est prise quant aux liens possibles entre le mouvement et le SO.F., deux autres points importants sont acceptés actuellement : 1 ) Ce service est considéré par les membres du mouvement comme une réponse à certains besoins des familles ouvrières.Dans la mesure où ils découvrent ces besoins, chez des foyers qu'ils connaissent les membres du mouvement orientent ces foyers vers le S.O.F.2) Les meneurs de groupes et les responsables fédéraux du S.O.F., tout com- 292 me d'autres personnes qui ont un type d'engagement différent, sont invités à faire partie d'équipes du M.T.C, où ils peuvent recevoir une alimentation spirituelle.Leur responsabilité au S.O.F.est considérée comme un engagement temporel, s'ils sont véritablement engagés au service des participants.— VILE CHAMP DE TRAVAIL DU M.T.C.Dans quel milieu social le M.T.C.doit-il travailler, agir ?Bien sûr, c'est le monde ouvrier adulte.Mais qui fait partie de ce groupe social ?Qui le compose ?Y a-t-il lieu pour le M.T.C.de mettre plus d'efforts, de tenter de rejoindre davantage certaines catégories du monde ouvrier ?C'est à ces questions que le présent chapitre veut répondre par les quelques propositions qui suivent.(211 A — Les classes sociales étant des groupes de personnes ayant des intérêts divergents, des points de vue différents sur la société et ses problèmes, une mentalité, des modes d'agir qui leur sont propres, nous affirmons qu'il existe vraiment une classe ouvrière au Canada-français.Elle est caractérisée par : 1) L'insécurité et la dépendance : — sur le plan du travail — le travailleur se sent à la merci de son employeur et des circonstances qui peuvent lui apporter la perte de son emploi ou le chômage saisonnier ou encore une maladie industrielle, etc.— sur le plan économique — le travailleur est constamment sollicité par le genre de vie des autres ou par la publicité, il vit souvent au-dessus de ses moyens afin d'accéder à un niveau social plus élevé.Etant plus faible, il est plus dépendant que les autres.— sur le plan, de l'instruction — malgré les avantages actuels, le travailleur doit encore trop souvent préférer pour ses enfants un salaire immédiat à une instruction plus poussée.2) La non responsabilité — au plan de l'entreprise — le travailleur a peu de responsabilité à ce niveau.— au plan social et politique — le travailleur est absent de la gestion de (21) Ces propositions sont extraites de "Recherches sur le monde ouvrier", rapport de la 2e commission créée par la L.O.C.en vue de déterminer l'avenir du mouvement.S'adresser au Secrétariat National du M.T.C.293 la cité, surtout dans les villes d'une certaine importance.Il est également absent des cadres et structures politiques.Il y a interrelation entre ces deux caractéristiques.D'une part, le travailleur vivant dans une continuelle insécurité et en grande dépendance des autres, ne peut facilement prendre de responsabilités à quelque niveau que ce soit.D'autre part, constatant qu'il ne peut pratiquement rien faire ni rien changer à ce qui existe, cela aggrave encore son insécurité et sa dépendance.3) Le sens de la solidarité et de la justice A l'avantage des travailleurs, nous signalons que ce sont eux qui ont le plus le sens de la justice, de l'égalité des chances, de la solidarité de type fraternel.Les travailleurs sont à l'origine des réformes sociales, qu'il s'agisse de syndicats, de sécurité sociale, caisses populaires, coopératives de consommation, etc.C'est à travers les unions ouvrières spécialement que nous retrouvons aujourd'hui ce sens de la solidarité et de la justice.B — Sur le plan professionnel, la classe ouvrière comprend 3 grandes catégories de travailleurs : — les travailleurs d'usines et de la construction (environ 60%) — les travailleurs des services (environ 25%) — les employés de bureau dans des entreprises de fabrication (environ 15%).Tel est le groupe social dont est responsable l'A.C.ouvrière adulte chez nous avec une priorité accordée aux travailleurs des catégories 1 et 2 parce qu'ils sont des groupes plus importants numériquement mais surtout parce qu'ils sont ceux qui vivent le plus totalement la condition ouvrière.C —■ Par ailleurs, il y a d'autres groupes professionnels que, en tant que groupes, nous ne considérons pas de la classe ouvrière mais dont les personnes prises individuellement peuvent très bien se situer dans un mouvement d'A.C.ouvrière.Il s'agit des contremaîtres, des employés de la finance, de certains employés gouvernementaux, des courtiers en assurances, des employés de grands bureaux, des propriétaires de petits magasins, des infirmières, des professeurs, des travailleurs sociaux, etc.Le principal critère qui permet de juger de l'appartenance possible de ces personnes au M.T.C., est leur possibilité de jouer un rôle dans la promotion sociale ou collective du monde ouvrier.294 D — Les recherches faites sur le monde ouvrier (ce qui le caractérise, sa mentalité, ses préoccupations, etc.) sont loin d'être pleinement satisfaisantes.Nous le reconnaissons volontiers.Comme il n'en existait pas de toutes faites, même partielles, et comme le peu de temps à notre disposition ne permettait pas d'en faire ou d'en faire faire rapidement qui soient approfondies, nous avons dû nous contenter d'une recherche plutôt sommaire.Toutefois une étude constante du monde ouvrier est prévue.Le mouvement en réalisera une part et suscitera, pour l'autre part, des recherches plus scientifiques sous la direction de sociologues.Il sera particulièrement précieux de déterminer les dynamismes du milieu ouvrier, dynamismes sur lesquels le mouvement doit pouvoir appuyer son action.— VII — LES STRUCTURES DU M.T.C.A — Au plan de la base L'équipe La structure "équipe" a été choisie parce qu'elle permet un regroupement et une participation plus faciles, qu'elle respecte davantage les affinités entre les différentes catégories de travailleurs en même temps qu'elle favorise un regroupement de personnes ayant un degré d'engagement semblable.1) Composition de l'équipe Dans la plupart des cas, les équipes sont mixtes, c'est-à-dire qu'elles peuvent être composées de couples seulement ou encore de couples, d'hommes et de femmes sans leur conjoint et de célibataires.Même si nous favorisons la participation d'un couple à une même équipe, nous sommes conscients du danger possible pour de telles équipes de se limiter au domaine de la famille, faussant ainsi les objectifs du mouvement et ne donnant pas à l'engagement temporel toute son importance.Nous soulignons par ailleurs les avantages incontestables de cette participation du couple à une même équipe : compréhension par chacun des engagements de l'autre et soutien dans ces engagements, plus grandes possibilités de s'arrêter, de réfléchir sur tous les aspects de la vie, avantages pour la vie même du foyer, etc.Pour bien préciser la position du M.T.C.sur cette question, ajoutons que le mouvement ne veut pas rejoindre le couple comme tel mais les deux personnes qui en font partie.Le mouvement les regroupe pour favoriser la réali- 295 sation la plus complète possible de leur vocation totale de chrétiens et dans tous les aspects de leur vie.Leur vocation conjugale apparaît alors comme un aspect de leur vocation chrétienne et non comme le tout.Le couple n'étant pas une condition d'acceptation dans le mouvement, toutes les possibilités d'équipes sont donc admises dans le M.T.C.: équipes mixtes ou équipes d'hommes, de femmes, de célibataires.Les équipes peuvent regrouper des gens demeurant sur le territoire d'une ou plusieurs paroisses.L'essentiel est que les équipes existent en fonction des milieux de vie.L'équipe est composée d'une personne ou d'un couple qui en est responsable, d'un aumônier et d'un nombre de personnes formant un total de 8 à 12 participants.Les rencontres sont mensuelles et préparées par les responsables et l'aumônier.2) Sortes d'équipes a) Les équipes du M.T.C.Elles regroupent uniquement des personnes ayant un engagement temporel (cf.chapitre IX).Ces engagements sont diversifiés (familial, syndical, économique, scolaire, politique, de quartier, etc.) pour éviter la tentation que l'équipe prenne des décisions relevant d'un organisme temporel, pour favoriser la réflexion de l'équipe sur les divers aspects de la vie ouvrière et pour diminuer le danger que l'équipe se replie sur elle-même.Ces équipes veulent regrouper sur le plan de la foi et de la charité ces gens diversement engagés.Seules ces équipes sont du mouvement, en admettant qu'il faut quelques rencontres régulières avant qu'elles soient acceptées comme faisant partie du mouvement et afin de permettre aux participants de se situer dans l'équipe, d'en accepter la marche et l'orientation.b) Les équipes d'acheminement Ce sont des équipes en formation.Elles ne sont pas considérées comme équipes du mouvement.Elles regroupent des chrétiens qui sont "à l'aise dans le temporel" et qui sont aptes à un travail d'équipe.Il s'agit donc de faire découvrir à ces personnes la vie ouvrière, leurs responsabilités de laïcs et la nécessité de l'engagement temporel, en vue de les amener à une découverte d'une vie de foi et de charité par et à travers ces réalités.Les responsables de ces équipes sont en même temps dans une équipe du M.T.C.afin de recevoir une alimentation pour eux-mêmes, d'être en lien avec le mouvement et aussi afin de pouvoir orienter plus facilement les participants à ces équipes d'acheminement vers les équipes du mouvemenr.296 c) Les équipes d'acheminement (Jeunes Foyers) Ce qui est signalé pour les équipes d'acheminement vaut également pour celles-ci.Nous ajoutons cependant les deux caractéristiques suivantes : 1) elles s'adressent uniquement à des jeunes foyers de moins de 5 ans de mariage et 2) durant la première année, elles ont un programme spécial de rencontres sur les thèmes qui rejoignent leurs préoccupations immédiates : psychologie, adaptation, régulation des naissances, etc.Ces rencontres les ouvrent à toute la vie ouvrière, à l'engagement temporel, afin qu'ils puissent s'orienter vers les équipes du mouvement.Ce sont donc de véritables équipes d'acheminement; seul l'itinéraire du début est différent.Ces équipes sont acceptées actuellement à titre d'expérience.B — Au plan du diocèse 1) Possibilité de deux structures a) La fédération La fédération correspond au diocèse.Nous trouvons cet échelon essentiel, étant donné que l'A.C, participation des laïcs à la mission de l'Eglise, doit respecter la structure diocésaine.Il y a donc un comité responsable du mouvement sur le plan du diocèse.b) Les secteurs Toutefois, pour respecter les réalités sociologiques différentes à l'intérieur d'un même diocèse et pour que les responsabilités soient davantage à taille humaine, il y a un échelon intermédiaire entre la fédération et la base : c'est le secteur.Pour qu'il y ait un secteur, il faut : — un minimum de trois équipes du mouvement sur le territoire — que le comité fédéral en approuve la création.2) Responsabilités a) Le comité fédéral est responsable de l'organisation, du développement et de la promotion du mouvement dans le diocèse.Il a à partager cette responsabilité avec les différents comités de secteurs s'il y a lieu.b) Le comité de secteur a la même responsabilité sur un territoire plus restreint, mais toujours en lien avec le comité fédéral.297 3) Composition des comités a) Le comité de secteur Le comité de secteur est mixte et constitué principalement de tous les responsables des équipes du mouvement existant dans le secteur.De plus, le comité de secteur comprend un nombre variable mais plutôt restreint de personnes qui, tout en étant au moins membres d'une équipe du M.T.C.remplissent des responsabilités particulières sur le plan du secteur, entre autres un homme et une femme qui agissent comme les responsables du secteur.Le comité comprend également un aumônier.b) Le comité fédéral Le comité fédéral est mixte et formé d'un homme et d'une femme représentant chacun des secteurs auxquels sont ajoutées quelques personnes appelées à prendre des responsabilités spéciales au niveau fédéral, entre autres un homme et une femme qui sont les premiers responsables du comité fédéral.Un aumônier fait partie de l'équipe.S'il n'y a pas de secteurs, la composition du comité fédéral est celle donnée ci-haut pour le comité de secteur.C — Au plan national 1) Le conseil national a) Responsabilité Le conseil national est l'autorité première à l'intérieur du mouvement.Il est donc l'organisme qui a la responsabilité du mouvement et qui prend les décisions qui en concernent l'orientation, la marche, etc.b) Composition Il est formé des représentants des différentes fédérations du mouvement et des membres du comité national.2) Le comité national a) Responsabilité Le comité national est l'exécutif du conseil national en ce sens qu'il s'occupe de la mise en oeuvre concrète des orientations et décisions pri- 298 ses par celui-ci.Le comité national peut être assisté d'un comité plus restreint, composé de personnes choisies parmi les membres du comité national et qui voit à la bonne marche du mouvement entre les réunions du comité.b) Composition Le comité national est mixte et formé d'un nombre de personnes à déterminer.Elles sont choisies parmi les dirigeants fédéraux et élues par le conseil national.3) Le secrétariat national Le conseil national et le comité national, pour réaliser concrètement leurs responsabilités, ont besoin d'un certain nombre de personnes libérées (des permanents) qui voient à l'exécution pratique des décisions, la rédaction des publications, les visites de fédérations, etc.Ces permanents sont engagés par le comité national.— VIII — MÉTHODE DE TRAVAIL DU M.T.C.L'équipe est la structure de base du M.T.C.Mais l'équipe n'est pas qu'une structure.Elle est le grand moyen que le mouvement offre aux travailleurs chrétiens pour qu'ils puissent construire chrétiennement le monde et être personnellement et collectivement les témoins du Christ.Et la rencontre mensuelle de l'équipe du M.T.C, comme celle de l'équipe d'acheminement, est le temps fort de l'équipe.La vie de l'équipe ne se limite pas à cette rencontre, mais l'équipe vit alors ses moments les plus intenses, les plus riches, les plus féconds.Pour donner de tels résultats, la rencontre ne peut être faite n'importe comment.Elle doit suivre la méthode de travail qui offre le plus de chance d'atteindre son but.C'est pourquoi le M.T.C.propose à ses équipes de travailler avec la révision de vie.Celle-ci est le "gros morceau" d'une rencontre d'équipe.Elle sera précédée de quelques minutes de réflexion et de prière, destinées à mettre l'équipe dans le climat nécessaire pour bien faire la révision de vie plutôt qu'à être une étude religieuse ou à être le principal moment de formation spirituelle des membres de l'équipe.La révision de vie demeure le grand instrument de formation spirituelle, lequel doit être complété par une couple de récollections annuelles.Outre la révision de vie et ces minutes de réflexion et de prière, la rencontre d'équipe devra permettre de parler de la vie du mouvement (organisation des récollections, participation aux journées d'étude, journal, finance, etc.).299 Voyons donc en quoi consiste cette méthode de travail qu'est la révision de vie.Nous soulignerons ensuite quelques aspects de l'utilisation que le M.T.C.prévoit en faire.A — Ce qu'est la révision de vie Plutôt que de décrire le déroulement d'une révision de vie à l'intérieur d'une rencontre d'équipe, nous voulons en indiquer la nature et l'esprit.De quoi s'agit-il lorsqu'on parle de révision de vie ?"De revoir ensemble la vie à la lumière du Christ, afin de découvrir comment, concrètement, là où l'on est, nous avons à collaborer à l'oeuvre de Dieu dans le monde".
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