Voir les informations

Détails du document

Informations détaillées

Conditions générales d'utilisation :
Droit d'auteur non évalué

Consulter cette déclaration

Titre :
Prêtre aujourd'hui
Revue de l'Action catholique ouvrière qui offre réflexion et support aux prêtres en vue de la stimulation de l'action pastorale populaire.
Éditeur :
  • Montréal :Aumôniers nationaux et diocésains de la J.O.C. et de la L.O.C,1958-1966
Contenu spécifique :
Juin - Juillet
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
chaque mois
Notice détaillée :
Titre porté avant ou après :
    Prédécesseur :
  • Action catholique ouvrière
  • Successeur :
  • Prêtres et laics
Lien :

Calendrier

Sélectionnez une date pour naviguer d'un numéro à l'autre.

Fichier (1)

Références

Prêtre aujourd'hui, 1966-06, Collections de BAnQ.

RIS ou Zotero

Enregistrer
prêtre aujourd'hui c revue d'action catholique Vi; .et de pastorale populaire Juin Juillet 1966 Vol.XVI • Vers une théologie du sacerdoce ministériel Chan.Jérôme Régnier • Signification du travail A.Le Toullec, f.c.• Bilan de la J.O.C.Canadienne Michel Lapierre et Anne-Marie Blanchet • Monde et foi Pierre Babin, o.m.i.RÉDACTION ET ADMI NISTRATI C N 69D1 RUE ST-DENIS MDNTRÉAL-ia, QUE. 100 chambres avec bain, douche, radio Service d'ascenseur Air climatisé Entièrement à l'épreuve (1 il feu HOTEL ST-LOUIS L.-R.MARTIN, prop 6, rue St-Edmond RIMOUSKI, Que.Téléphone : Réservation : 723-2251 et 723-2385 Sous la même direction : MANOIR ST-LAURENT, Luceville, Que.LOISELLE PETROLEUM LIÉE SERVICE JOUR ET NUIT LIVRAISON AUTOMATIQUE MONTREAL WE.3-6774 DOCTEUR JEAN M.TREMBLAY OPTOMÉTRISTE EXAMEN) DE LA VUE | chez AL BENOIT-BENOIT PROTECTAL Inc.1617, RUE ST-DENIS — VI.2-4904 COLLET FRERES Limitée Entrepreneurs généraux OTTAWA — MONTRÉAL — QUÉBEC Bureau Chef : 1978 Parthenais, Montréal Tél.: LA.6-4407 DUSTBANE Service moderne d'entretien des immeubles maisons canadiennes produits et matériaux d'entretien des édifices ainsi que les contrats à forfait.465, RUE MARCONI, 2068, 55e AVENUE, QUÉBEC 8, Que.DORVAL, Que. Téléphone : 329-2100 CIMENT QUÉBEC Inc.manufacturiers de ciment portland SAINT-BASILE DE PORTNEUF, P.Q.Un ciment de haute qualité .De plus en plus recherché .Laboratoire DU-VAR Inc.Manufacturier de Cosmétiques et de parfumerie 9100, La jeunesse MONTREAL DUpont 8-8602 POURQUOI PAS LE MEILLEUR * Gâteaux 4!0> Tartes CIE DE BISCUIT STUART LTEE Bureau : 352-1221 Usine : 273-9141 Hommages Rimouski, Que.Tél.: 723-3321 — m — prêtre aujourd'hui Revue d'Action Catholique et de Pastorale populaire Direction et rédaction : Paul-Emile Pelletier, o.m.i.Publicité : Paul-E.Deschênes, o.m.i.Administration : Victor-M.Villeneuve, o.m.i.Secrétariat : Thérèse Detage.Rédaction : 1201, rue Visitation, Montréal 24, Que.Canada.Administration t 6901, rue St-Denis, Montréal 10, Que.Canada.Tél.: 273-2891 Prêtre Aujourd'hui est sous la responsabilité du P.P.Jean-Louis Dion, o.m.i., aumônier national du M.T.C., du R.P.Roger Poirier, o.m.i., aumônier national de la J.O.C.et des aumôniers diocésains d'Action Catholique Ouvrière.Prêtre Aujourd'hui veut surtout être l'instrument de travail de tous les prêtres préoccupés de pastorale populaire, aumôniers d'A.C.O., de Syndicats ouvriers, aumôniers du travail, prêtres de paroisses populaires tout spécialement.Avec la permission de l'Ordinaire.Abonnement : $3.00 pour un an.$5.00 pour deux ans.$5.00 de soutien."Le Ministère des Postes, à Ottawa, a autorisé l'affranchissement |en numéraire et l'envoi comjime objet de deuxième classe de, la présente publication"."Frais de port garantis si non-livrable".SOMMAIRE Juin - Juillet 1966 Vol.XVI Pastorale Vers une théologie du sacerdoce ministériel Chan.Jérôme Régnier .221 Signification du travail A.Le Toullec, f.c.237 Bilan de la J.O.C.Canadienne Michel Lapierre et Anne-Marie Blanchet 245 Catéchèse Catéchèse de la profession de foi Guy Fortin, o.m.i.253 Prédication Service intercommiinautaire des prédicateurs 220 Vie des mouvements Voix de la hiérarchie 259 'La vocation chrétienne est, par nature, une vocation à l'apostolat" .Paul VI 236 Livres 243 - 244 - 256 - 257 - 260 nprimerie W.-H.Gagné & Fils Ltée, St-Justin, Cté Maskinongé, Qu*. Service intercommunautaire des prédicateurs Une initiative aux conséquences considérables vient de prendre naissance dans la province religieuse du Québec.Il s'agit d'un organisme intermédiaire groupant des délégués des différentes communautés de prédicateurs pour l'étude, l'organisation et la prédication des retraites de plus en plus variées, dans le contexte actuel de renouvellement de la pastorale de l'Eglise du pays.Ce projet avait été amotcé, en janvier dernier, lors d'une retraire de prédicateurs de plusieurs communautés."Devant tous les problèmes qui se posent actuellement, disait un participant, nous ne pouvons plus travailler isolément, mais il faut 'avoir du génie collectif, si l'on tient à un minimum d'efficacité." Au comité temporaire, désigné à cette occasion, les Supétieurs majeurs de neuf communautés de prédicateurs ont répondu avec enthousiasme, et ont officiellement nommé un représentant de leur communauté à titre de membre de cet organisme.Le 28 avril dernier, ces délégués se sont réunis à la Maison Provinciale des Capucins, pour une journée de rencontre, de recherche et d'organisation.Un exécutif a été élu : président : R.P.Jean-Joseph Lemire, Capucin, Montréal; vice-prés.: R.P.Aurèle Motard, Rédempstoriste, Aylmer; secrétaire : R.P.Raymond Huot, Dominicain, Québec.Les communautés représentées sont : les Pères Rédemptoristes, Oblats de Marie Immaculée (2 provinces), Sainte-Croix, Dominicains, Franciscains, Montfortains, Capucins et Jésuites.Un inventaire sommaire permet de dire que ces délégués représentent des effectifs de l'ordre de plus de 300 prédicateurs à plein temps ou à temps partiel.C'est une armée considérable dont les forces unies promettent de grands espoirs.Cette mise en commun des idées, des expériences et des projets d'avenir est de nature à revaloriser la prédication et les méthodes de retraites et de Grandes Missions.Lors de la Session spéciale des 245 Supérieurs majeurs de communautés religieuses, à Ste-Anne de Beaupré, du 22 au 24 avril dernier, le P.Jean-Joseph Lemire, Capucin, a expliqué et motivé cette initiative à l'assemblée.Il est à espérer que les autres communautés qui ont des effectifs de prédicateurs, se joindront éventuellement à ce regroupement pastoral.Cet organisme qui s'appelle pour le moment : "Service Intercommunautaire des Prédicateurs" (S.I.P.) prépare dès maintenant un ralliement massif des prédicateurs des différentes communautés pour trois journées d'étude les 10-11-12 janvier 1967, chez les Pères Montfortains, au Sanctuaire Maiie-Reine des Coeurs, rue Sherbrooke, Montréal.Le secrétatiat est établi à la "Fraternité Pastorale" des Capucins, 4373, avenue Esplanade, Montréal 18.Cette réalisation n'est pas un organisme de revendications qui serait établi comme un syndicat selon les normes des droits d'associations; elle veut être une union spirituelle et pastorale, pour que les prédicateurs s'insèrent parfaitement dans les structures d'une pastorale d'ensemble, à mesure que celle-ci se précise.C'est parfaitement dans l'esprit du Concile de voir travailler ensemble des prêtres de toutes les communautés, sans distinction de couleur de robe, pour mettre en commun ce que les experts de chacune et l'expérience de tous peuvent apporter fraternellement.Ceux qui sont aux prises avec les problèmes immédiats de la prédication et qui jusqu'à maintenant ont souffert de l'isolement et de l'angoisse de la solitude, voient arriver ce moment avec une immense joie.P.Jean-Joseph Lemire, Capucin, prés.220 Vers une théologie du sacerdoce ministériel Chan.Jérôme Régnier.La modestie de ce titre me convient, car je n'ai pas la compétence d'un spécialiste de dogme pour traiter à fond ce problème.Je me contenterai de vous donner plutôt des éléments pour lancer votre réflexion, et je traiterai cette question surtout sous l'aspect pastoral.Je commencerai par une introduction sur le type de prêtre que nous a légué le passé.Sur cette introduction, je grefferai d'abord une réflexion sur le sacerdoce comme "ministère intérieur construisant l'Église", puis une réflexion sur le rôle missionnaire du sacerdoce et nous toucherons là un grand point d'interrogation, car c'est une question très ouverte.Introduction : le type de prêtre légué par le passé Cette introduction se situe dans la ligne de ma précédente conférence.Nous disions qu'à une époque et dans une civilisation donnée, il y a eu alliage d'une culture déterminé avec un noyau évangélique primitif.Si bien que beaucoup de choses que nous croirions théologiques sont en réalité historiques.C'est pourquoi, je pense pour ma part que le type de prêtre doit être beaucoup plus libre, beaucoup plus souple qu'on ne pourrait le croire à partir d'une théologie un peu "fermée".Ce que nous a légué le passé, c'est : 1.Vite certaine conception théologique du sacerdoce C'est-à-dire la conception d'un sacerdoce très relié au "sacerdoce in génère", au sacerdoce de toujours, pré-chrétien même.Et notre manière de témoigner du sacré à travers notre personnage est peut-être ainsi plus relié à l'ancienne conception du sacerdoce qu'à un sacerdoce vraiment chrétien.Je veux dire que le témoignage du sacré aurait tendance à l'emporter sur le témoignage évangélique.Par exemple : le prêtre, plus "séparé" que "fraternel" ; le prêtre "religieux de Dieu".le prêtre maîtrisant un certain nombre de forces transcendantes (comme dans les "gestes" du baptême) .Cette théologie du sacerdoce s'est faite dans une Église, nous l'avons dit aussi, très marquée par un style "hiérarchique".On parlait d'une Église-Hiérarchie plus que d'une Eglise Peuple de Dieu, et l'on opposait plus que de raison sacerdoce et laïcat.Notre droit Canon indique encore aujourd'hui que le laïc est celui qui n'est ni prêtre ni religieux.Prêtre et laïc se définissaient ainsi plutôt par antithèse et le sacerdoce avait donc automatiquement autre 221 chose à faire que le laïcat.Cette opposition, je le répète, nous brouille encore les idées aujourd'hui.Elle me paraît l'un des legs historiques qui pèsent le plus sur notre héritage.Cette vue hiérarchique du sacerdoce, dans une Eglise d'autorité où la vérité vient d'en-haut, proposait le prêtre comme l'élément actif de l'Eglise.Il y avait donc d'un côté la masse, ou les fidèles, et de l'autre l'élément actif, ou les prêtres.Un texte pontifical du début du siècle parlait encore des laïcs comme du troupeau fidèle qui n'a pas autre chose à faire qu'à suivre ses pasteurs.Le prêtre apparaissait donc comme l'apôtre.A partir de cette théologie du prêtre, on va donner de l'apostolat des définitions comme celle-ci : "quand le laïc est apôtre lui aussi, c'est par participation à l'apostolat sacerdotal.Les malheurs des temps ou les dispositions de certains laïcs peuvent permettre au laïcat de participer par mandat à cet apostolat hiérarchique, essentiellement sacerdotal." Il y a là source de beaucoup de confusion et d'ambiguité.Pour reprendre les paroles du P.Congar, à la limite dans l'Eglise catholique, on avait conçu un sacerdoce sans peuple, sans doute à l'opposé du protestantisme qui concevait trop un peuple sans sacerdoce.Ainsi donc, ces deux notes théologiques : sacerdoce "in génère" et sacerdoce dans un monde hiérarchique, ont certainement marqué très fort notre état de vie.2.Le passé nous a légué également une histoire du sacerdoce qui nous marque encore En "chrétienté" nous avions un état social très défini, avec les bénéfices.Les historiens de l'Eglise notent assez curieusement que le clergé a commencé de prendre figure à partir du moment où l'Église a eu des biens matériels.Ce qui nous aurait donné naissance, de ce point de vue, c'est la propriété ! La propriété d'Eglise a engendré un type de prêtre rigoureusement plus défini, et distant du laïc ; ce qui n'était pas le cas à l'origine.Et pour que les biens d'Église ne retombent pas dans la masse, il était important que le prêtre n'ait pas d'héritiers.C'est là un aspect mineur de la chasteté sacerdotale, évidemment ! L'existence de biens ecclésiastiques a renforcé la distinction du prêtre et du laïc.Et souvent, les religieux-prêtres sont nés en réaction contre le clergé séculier qui se trouvait un peu trop embarrassé dans les bénéfices ; ils sont nés d'une volonté de témoigner d'un sacerdoce un peu "dégagé".Aujourd'hui où les bénéfices sont tombés, on se demande quelquefois où est la différence entre les religieux-prêtres, qui se sentent beaucoup plus prêtres que religieux, et des prêtres séculiers qui, eux, retrouvent par exemple une certaine vie de communauté etc.Il y aurait ici toute une manière historique d'envisager la différence de la vie religieuse et de la vie sacerdotale.222 Parce que le sacerdoce séculier était lié aux bénéfices, il était lié à l'idée de "carrière".Le prêtre entre dans une carrière, où il doit avancer par progrès de petite en grosse paroisse.Ainsi, quand on a de grandes forces en est dans une petite paroisse, et quand on a de petites forces on est dans une grosse paroisse ! C'est un anachronisme qu'il faudrait faire sauter définitivement, car cette mentalité n'est pas encore complètement disparue.Voyez par exemple les réflexions de prêtres : "Qu'est-ce qu'il a fait celui-là pour avoir déjà un poste pareil?" Chez les religieux, il n'est absolument pas infamant pour quelqu'un qui a été supérieur de redevenir professeur dans la même maison ; alors que dans nos diocèses, on dirait : "il a certainement fait quelque chose de travers! Il doit avoir une doctrine suspecte!" C'est pourquoi d'ailleurs, j'attache une certaine importance à l'élimination des "hochets" sacerdotaux, car tout cela renferme encore cette idée de promotion, de carrière.C'est un legs du passé ; et là, on est loin de la foi.Nous étions donc "en chrétienté", dans un certain état social, et, en même temps, nous avions le service d'institution, c'était là notre métier.Pas toujours cependant.Il y avait en effet aux XVIe et XVIIe siècles des nuées de prêtres, un nombre invraisemblable d'ecclésiastiques qui ne faisaient rien à longueur de journées.C'étaient des "prêtres de fondations", ils célébraient la "messe de fondation".Les indulgences, en particulier, sont nées pour la plupart de cette nécessité de faire vivre les prêtres.D'ailleurs, comme on ne se trouvait pas dans un monde technique, mais au contraire dans un monde peu agité, un monde de semi-chômage permanent (comme le sont aujourd'hui l'Algérie et d'autres pays ), ce n'était pas gênant de voir un ecclésiastique qui ne faisait pas grand'chose.Finalement ; cette caractéristique du métier ecclésiastique, lié à un "style tertiaire" d'institutions, a donné naissance à cette idée que : être prêtre, c'est un métier et faire autre chose, çà ne peut pas aller avec le sacerdoce.Autre circontance historique plus récente et importante, c'est que dans l'esprit du XIXe siècle, le prêtre est un notable.Aujourd'hui, on parle encore des "autorités militaires, civiles et religieuses".Prenez le journal du lundi matin ou du mardi, et vous trouverez un stock de photos : à l'échelon supérieur, l'évêque, le général de division et le préfet; à un autre échelon, le doyen, le conseiller général et le capitaine des pompiers ; et à l'échelon inférieur, le curé avec le maire.Le prêtre est une notabilité, et il doit se comporter comme une notabilité, c'est-à-dire avoir une existence bourgeoise dans un monde où il y a précisément des classes sociales.Il ne doit pas "déroger" de sa dignité, et le travail manuel, c'est une dérogation.Dans un monde du XIXe siècle également, on a accentué de plus en plus cette idée que le prêtre est un "séparé" parce que le monde moderne est mauvais.Vous savez que c'est Pie X qui a insisté beaucoup sur le port de la sou- 223 tane — jusqu'à ce moment-là on allait assez facilement en "habit à la française" — parce que la soutane, dit-il explicitement, montrerait aux gens du siècle qu'on refusait le siècle.Le cérémonial de la tonsure le dit encore : on quitte "l'ignominie de l'habit du siècle" (Traduction Dubosq).Personnellement, j'ai entendu il y a deux ou trois ans, en Session à Clamart, un archidiacre de Paris expliquer que l'on construisait dans la région parisienne de nouvelles églises et des maisons pour les prêtres.On s'est posé la question de savoir si les curés devaient vivre dans les grands immeubles ou si on devrait leur construire une petite maison à part.J'aurais bien compris cet archidiacre s'il avait dit que la petite maison à part, c'est quelque chose d'utile pour telle ou telle raison.Mais il s'est placé sur un plan "théologique" : étant donné que le prêtre est un "séparé", il ne peut avoir le sort commun des autres hommes, il doit loger dans une maison à part ! Voyez cette justification mystique d'une manière de construire les presbytères ! Mais il y a là une vieille tradition.De même en Espagne, un prêtre ne saurait se permettre de voyager en troisième classe dans les chemins de fer, la troisième classe étant celle des gens peu sérieux et bruyants, alors que le prêtre doit avoir une vie digne.Je signale toutes ces choses parce qu'elles sont entrées plus qu'on ne croit dans l'esprit des gens, même des gens évolués.L'un de mes amis est doyen dans une campagne.Son évêque l'a autorisé à travailler.C'est un bon technicien, il est vrai, ingénieur agronome avant d'être prêtre.Il travaille donc dans un garage de temps en temps, conduit l'autobus le cas échéant, et se fait employer dans les moissons.C'est surtout ce travail à la moisson qui a étonné beaucoup de bons chrétiens ; conduire l'autobus, moins, puisqu'il y a déjà des curés qui font du ramassage scolaire."Je ne peux pas aller trop vite, m'a-t-il dit, il faut que je sois très prudent, car les confrères de mon doyenné ne sont pas tous contents de cette affaire; d'autant plus que beaucoup de gens font la réflexion : riens, c'est bien la première fois qu'on voit travailler un curé !" J'ajouterai un tout dernier mot : en général, l'idéal sacerdotal est apparu comme une vocation personnelle.J'ai constaté souvent cela au séminaire : "Si je suis généreux, je serai prêtre ; si je suis moins généreux, je serai laïc." Cette vue des choses nous a fait oublier que le sacerdoce c'est quand même un appel objectif de l'Église.Ce n'est pas parce que quelqu'un veut être prêtre qu'il est appelé par l'Église, c'est l'Église qui appelle certains de ses membres au sacerdoce.On peut très bien concevoir que des gens très généreux, l'Église ne les appelle pas parce qu'elle n'a pas besoin d'eux.Ce n'est pas le canal de la générosité subjective qui fait qu'on est prêtre, c'est le besoin ministériel de l'Église.Qu'on ait une générosité pour développer l'Église, cela peut entrer dans levangélisation ou dans la vie religieuse, mais pas obligatoirement ni directement dans le seul état sacerdotal.224 J'ai voulu faire tous ces rappels, dans la ligne de la précédente conférence, comme un fond de tableau pour les réflexions que nous allons commencer maintenant sur le sacerdoce comme ministère intérieur à l'Église et sur le sacerdoce "ad extra Ecclesiae".* * * 1.LE SACERDOCE, MINISTÈRE INTÉRIEUR À L'ÉGLISE Le sacerdoce est un sacrement d'état dont la fonction est de construire l'Église, comme d'ailleurs tous les sacrements."Ecclesia fabricatur sacramen-tis" (saint Thomas d'Aquin).Mais le sacerdoce comme tel, c'est par fonction, par état, le sacrement qui est député à cette construction de l'Église.Le prêtre est donc, par fonction, ministre de la parole de Dieu, ministre du sacrement, et chef de communauté dans l'Église.1) Ministre de la parole Il y a deux manières d'être ministre de la parole de Dieu, et là se situent encore un certain nombre de difficultés pour le prêtre d'aujourd'hui.1.Ministre de la parole, cela peut vouloir dire d'abord dans certains esprits avoir une doctrine à enseigner, une doctrine systématique et complète, et en particulier une morale.Puisque notre doctrine est précise, elle a donné naissance à une "morale qui a tout prévu".Cela me fait penser à mon adjudant qui répétait invariablement à ceux qui se présentaient au bureau : "Mon ami, votre cas est prévu: le tout, c'est de trouver l'endroit!" Ainsi, beaucoup de gens viennent-ils nous interroger encore : "Qu'est-ce qui est permis, qu'est-ce qui est défendu ?" Dans le domaine du mariage, par exemple, ces demandes sont très fréquentes ; on nous place tout de suite sur le terrain des techniques, des méthodes, nous nous y plaçons nous-mêmes trop souvent ; et c'est catastrophique ! Si nous parlons de l'amour, les gens ne nous écoutent que d'une oreille distraite.Ils pensent que ce n'est pas très pratique, qu'ils savent cela mieux que nous, et persistent à demander : y a-t-il péché mortel, n'y-a-t-il pas péché mortel, puis-je ou non communier ?Suis-je ou non en état de grâce ?Or, il est bien difficile de définir si quelqu'un est ou non en état de grâce.Mais on prend le prêtre pour un "officier de morale", comme on disait au XVIIIe siècle.Et, dans cette mentalité, l'essentiel n'est pas que le chrétien "comptenne", mais qu'il "accepte".A ce sujet, l'acte de foi du catéchisme, qui est profondément anti-protestant, parle de toutes les vérités révélées que l'Eglise me propose et que je dois accepter parce que je sais que l'Eglise ne peut pas se tromper.Le "Je crois en Dieu", lui, est plus explicite.Mais l'acte de foi du catéchisme ne parle même pas de Jésus-Christ.A ce su- 225 jet également, l'examen de prêtrise a longtemps porté sur ce qu'il fallait exactement savoir pour donner aux gens un remède précis dans telle situation.De même, les synodes et les statuts diocésains sont, en général, beaucoup plus préoccupés de précisions de ce genre que de pastorale missionnaire.Nous sommes toujours ici dans le système d'une doctrine complète à enseigner.2.Mais il y a un deuxième style de "ministre de la parole".Le ministre de la parole sera celui qui fait découvrir à l'homme que l'Evangile est principe de vie.Nous n'avons pas de système, mais nous avons des principes de vie.Le schéma XIII note en plusieurs endroits que le christianisme n'est pas un système ni une idéologie.Il y a quelques principes evangeliques, c'est à nous de les connaître et de les faire découvrir pour les faire vivre.Mais nous n'apprenons rien dont nous ne montrions en même temps que c'est une source de vie.C'est pourquoi, quand un précepte ne peut pas être compris du tout par quelqu'un, il ne faut pas le lui dire, parce qu'en christianisme, comme le dit Jésus en saint Jean : "nous en sommes plus des serviteurs, mais des fils".Le serviteur ne sait pas, mais le fils sait, lui, la volonté de son père.Le drame de beaucoup de chrétiens, c'est qu'ils ne connaissent pas le sens des indications que nous leur avons fournies, mais nous leur avons fourni toutes les indications.II y a, par exemple, des enfants qui sont de milieu tout à fait non-chrétien, à qui nous faisons un catéchisme, une catéchèse, comme s'ils allaient être des chrétiens parfaits.Nous leur apprenons l'obligation d'aller à la messe tous les dimanches, alors qu'ils sont incapables de comprendre le sens de l'Eucharistie par rapport à leur vie.C'est un précepte, ce n'est pas une source de vie pour eux.Et pour la morale du mariage, on s'est "délivré" parce qu'on a donné les préceptes, et tout le monde connaît la morale du mariage.Quant à en comprendre le sens profond ! .Un 1er novembre, il y a 4 ou 5 ans, je suis allé chez un curé ami.II me demande : "Que vas-tu leur dire dans ton sermon ?— Je vais essayer de leur parler des Béatitudes et de leur vie.— Mais n'oublie pas de leur rappeler qu'ils doivent venir à la messe tous les dimanches ! — Ecoute, je ne le dirai certainement pas.— Eh bien, si tu ne le dis pas, je le dirai avant ! — Si ru le dis avant, je ne prêcherai pas ! " C'était une conversation de ton d'ailleurs très amical, et j'ai expliqué à ce brave confrère pourquoi ce n'était absolument pas accomplir son rôle de prêtre que de dire ce précepte à ces gens.D'abord, ça risquait d'être un coup d'épée dans l'eau.D'autre part, si ce sont des gens qui ne se trouvent pas à la hauteur de comprendre, il faut les prendre là où ils sonr, à leur hauteur.Leur présenter les préceptes evangeliques pour leur faire faire un pas en avant, bien sûr, mais à partir de là où ils sont maintenant.226 Il y a évidemment une progression dans l'enseignement évangélique qui a été traditionnelle dans l'Eglise.On n'a pas donné de détails de la "didas-calie" avant d'avoir inculqué profondément le "kérygme".Mais aujourd'hui, on en est arrivé à un "tout ou rien".Il fallait tout donner.On oublie qu'autrefois on mettait beaucoup de temps dans "l'ordo des catéchumènes" ou "l'or-do des pénitents" etc.Nous avons à apprendre des principes de vie et non pas un système auquel il faut adhérer les yeux fermés.N'oublions pas que nous sommes ministres d'une parole qui est également "principe d'invention" pour l'homme.Cela touche beaucoup l'homme moderne d'ailleurs.La parole de Dieu n'est pas un ensemble de recettes, la parole de Dieu est une parole de liberté.Nous donnons aux gens, non pas des consignes, mais des principes d'invention.L'Esprit-Saint permettant ensuite à chacun de tirer les conclusions par rapport à sa propre vie.Voici, à ce sujet, le cas d'un mineur de fond qui m'a un jour abordé au sortir d'une prédication sur le Saint-Esprit."Le Saint-Esprit, m'a-t-il dit, je sais ce que c'est.On a réfléchi beaucoup, ma femme et moi, là-dessus.Il y a quelques années, je commençais à faire du syndicalisme dans un milieu très communiste.J'avais une certaine influence sur mes camarades.Un jour, l'ingénieur est venu me proposer d'aller à l'école des surveillants.J'étais perplexe.D'un côté, les camarades allaient me dire : ru es bien comme les autres ! tu fais semblant de t'occuper de nous, mais en réalité, c'est pour te faire remarquer et avoir de l'avancement ! Et mon témoignage de chrétien passerait à l'as ! Je vais trouver mon curé et je lui demande : que faut-il faire ?Il me répond : je n'ai rien à te dire, tu as bien vu le problème.Tu vas rehtrer chez toi et, pendant quinze jours, avec ta femme, vous allez prier le Saint-Esprit.Et vous verrez bien ce que vous devez faire ! On a prié le Saint-Esprit et je suis resté à la base.Quelques années plus tard, j'ai eu un début de silicose.On m'a retiré de l'abattage.Je suis devenu surveillant, mais je n'ai pas perdu la confiance de mes camarades ".Cet exemple m'a beaucoup frappé.Je vois certains prêtres, en effet, qui auraient tendance à prendre les gens pour des imbéciles : "Il faut mettre les points sur les i ou ils ne sauront pas ce qu'ils doivent faire." Or, vous savez comme moi, que certaines gens se plaignent : "Notre curé nous prend pour des imbéciles!" Je crois bien que si saint Paul a parlé tellement de l'Esprit-Saint, dans un temps où le niveau moyen de culture n'était pas si élevé, c'est que ce n'était pas absolument impossible.Remplacer l'Esprit par la Loi, c'est une fameuse déviation.Y aurait-il des prêtres de l'ancienne loi et des prêtres de la nouvelle loi ?Combien de gens pourraient répondre à leur compte le "Nous ne savions même pas qu'il y a un Saint-Esprit!" 227 2) Ministre du sacrement Là aussi, nous voyons bien la double manière d'être prêtre.1.Il y a eu d'abord une manière de donner les sacrements qui a procédé d'un certain esprit de fausse transcendance et d'obligation de la pratique sacramentelle.Fausse transcendance.Certains prêtres se réfèrent à la discipline de "l'arcane" qui manifestait hier la transcendance de Dieu.Or, l'arcane dans les siècles primitifs ne signifiait pas que l'on mettait les mystères sacrés dans une langue inconnue de tous pour éviter qu'ils soient compris.Bien au contraire, l'arcane c'était la pratique d'écarter de l'autel, au moment du sacrement, tous ceux qui n'étaient pas encore des fidèles.Il fallait avoir à plein la foi pour pénétrer dans le mystère.Mais voyez cet esprit de fausse transcendance, avec cette idée qu'il faut une liturgie qui, pour être vraiment le signe de la résurrection et de l'autre monde, soit sans aucun rapport avec celui-ci.Obligation de la pratique sacramentelle.On se réfère ici à l'effet "ex-opere operato" du sacrement.Peu importe que cet enfant continue ou non de vivre en chrétien, il faut tout de même le baptiser, parce qu'autrement, qui sait ce qui va se produire ?Il y a là une inflation du texte du Concile de Trente : tous ceux qui meurent avec le péché originel sont privés de la vision béati-fique.On avait alors raisonné ainsi, à partir de ce texte : étant donné que c'est le sacrement de baptême qui enlève le péché originel, concluons que tous ceux qui meurent sans baptême seront privés de la vision béatifique.Et pourtant, comme l'écrit saint Thomas d'Aquin : "gratia non alligatur sacramento ".— Nous sommes les ministres des sacrements, bien sûr, mais ce qui se passe dans le Royaume de Dieu n'est pas au pouvoir de l'Eglise.Il en est de même pour les indulgences —- "Per modum suffragii".Mais l'Église n'a pas juridiction sur l'au-delà.2.Il y a une autre manière aujourd'hui de présenter le sacrement : que le sacrement soit toujours appuyé sur la foi et ouvert sur la vie.Appuyé sur la foi.Pas de sacrement, et en particulier pas de baptême, sans la foi préalable."Sacramenta fidei", c'est toujours du Saint Thomas d'Aquin et non pas du protestantisme.Le problème pastoral qui se pose ici, et à juste titre, c'est que réserver tous les sacrements à ceux qui ont la foi, c'est du même coup se couper des pauvres.Une bonne théologie sacramentaire nous ferait alors manquer à cet autre principe théologique, à savoir que l'Eglise dans le monde doit porter une attention toute particulière aux pauvres.Dans nos cités de Mines, par exemple, si on appliquait rigoureusement le principe sacramentaire, on baptisetait, on communierait les enfants des "bonnes familles", des "bien-pensants" et l'on refuserait ceux de la masse, et surtout ceux des foyers irriguliers que l'on a repoussés dans les cités lointaines.Il 228 existe un mouvement sociologique qui pousse vers l'Eglise, ce mouvement sociologique doit être pris en considération, à côté du principe théologique.Dans l'état actuel, refuser radicalement les sacrements, c'est être absolument incompris des gens.L'un des principes de solution serait probablement de "déconcentrer", si j'ose dire, de "dilater" les sacrements.On a, en effet, réduit les sacrements à leur état ultime ; c'est tout ou rien.Par exemple, on va se confesser quand on pense qu'on aura l'absolution ; un divorcé ne va pas se confesser, alors que, même s'il ne veut pas recevoir l'absolution, il peut très bien accomplir des éléments du sacrement car il est lui-même, comme tout chrétien, dans la voie sacramentelle.De même, la première Communion, c'est le banquet eucharistique complet ou rien.Le baptême, c'est aussi tout ou rien.Ne pourrait-on pas obtenir cette "dilatation" des sacrements ?Cependant, je ne suis pas du tout pour dire avec ce brave curé du Nord : "Vous autres, jeunes prêtres, avec vos méthodes, vous allez complètement enlever ce qui reste.Déjà les gens n'ont plus la foi et vous voulez encore leur enlever les sacrements ! " Sacrement, source de vie.Cela, c'est plus difficile à présenter.Quant je vois, par exemple, la nouvelle liturgie, je suis plein de joie par rapport à la foi, mais la vie y est-elle bien présente ?Car la liturgie est signe de vie, source de vie, participation de la Communauté.Et c'est là qu'il faut éliminer le faux transcendant de "monachisme" et de "byzantinisme" qui ne signifient rien pour les gens.J'ai entendu une fois une "prière universelle" où les bons litur-gistes qui pilotaient la célébration chantaient les intentions de façon telle que cela faisait une mélopée à caractère d'irréalité.J'ai peur qu'actuellement on sache bien que les sacrements doivent être des sacrements de la foi, mais qu'on oublie qu'ils doivent être aussi la source de la vie, les signes de la vie.C'est la communauté chrétienne qui est fabriquée par les sacrements, et qui est sauvée dans sa vie par les sacrements — "Ecclesia fabricatur sacramentis".On touche ici, je crois, un élément fondamental de déchristianisation qui est tout simplement le dépaysement.Si rien n'est à niveau de leur sensibilité quand ils franchissent le seuil de l'église, les gens ont une impression de dépaysement, et ce dépaysement, à lui seul, suffit à les écarter de l'Église.Le chant grégorien, par exemple, est peut-être très beau en soi, son utilisation dans un milieu choisi, à fortiori un monastère, est très bonne, mais devant une assistance qui n'est pas sur la même longueur d'ondes.Vous avez fait une belle émission, mais il n'y a pas eu de réception, alors que la liturgie est tout de même faite pour la vie d'une communauté ! Le Seigneur m'a fait la grâce d'être prisonnier et, là, j'ai bien compris que la messe avait une tout autre allure, même avec des moyens extrêmement pauvres et lamentables qui auraient pu scandaliser certaines gens, mais au moins c'était lié à une vie.N'est-ce pas décourageanr pour nous de célébrer la messe et d'avoir l'impression que tous nos gens ne répondent à rien dans l'assistance qui est en face de nous ?Au début du saerdoce, on a la 229 ferveur du jeune prêtre, mais quand au bout d'un certain temps on s'aperçoit que tout ce que l'on fait est absolument incompréhensible pour les gens, c'est Li une source de malaise profond.L'Église hiérarchique y pense maintenant.Mais que de temps il a fallu pour en arriver là : des siècles ! .')) Ministre de l'Église Nous trouvons, encore ici, deux manières d'être ministre de l'Eglise, chef de communauté.Et Jésus-Christ, dans son dernier geste : le lavement des pieds, nous a donné le vrai sens de l'autorité.Pour certains prêtres, l'autorité c'est un prestige, et pour d'autres c'est un service.1.L'autorité s'accompagne de prestige.On voit cela, comme dit Jésus, parmi les nations.Mais "pour vous, il n'en est pas ainsi." Et je suis profondément scandalisé du prestige séculier que l'état sacerdotal a accepté autour de lui, cela est radicalement anti-évangélique.Nous l'avons accepté parce que nous étions immergés dans le siècle.J'ai souvent entendu des confrères faire la réflexion suivante : "Après tout, pourquoi n'y aurait-il pas des dignités, des distinctions pour les prêtres.Il y en a bien pour les instituteurs etc." Mais précisément, c'est là le sens de l'Evangile.L'autorité pour nous doit apparaître comme un service, mais absolument pas comme une source de privilèges vides et de vanité.Ne nous laissons pas traiter comme une autorité.Je sais bien que l'importance de son cortège fait reconnaître son rang à un chef musulman.Je sais aussi qu'on reconnaît un agent de ville à son uniforme et que c'est le signe de son autorité.Mais il n'en est pas de même pour le prêtre.C'est précisément ce parallélisme que nous devons absolument refuser, car rien de tout cela ne se trouve dans l'Evangile.2.L'autorité du prêtre est un service.C'est-à-dire que fondamentalement son rôle de chef de communauté consiste à susciter une vraie communauté de personnes.Et c'est l'Église qui, à son tour, transformera le monde en communauté de personne*-; l'Église sauvera le monde par contagion de communautés de personnes.N'est-ce pas ce que le Christ a voulu : "Aimez-vous les uns les autres, à ce signe on reconnaîtra que vous êtes mes disciples.Si vous êtes un, le monde croira." Par contagion, l'humanité, comme dit Schillebeekx, peut devenir Église, si l'Église est vraiment ce qu'elle doit être.Susciter une communauté de personnes, c'est susciter des personnalités qui fassent preuve d'esprit critique et avec lesquelles on dialogue au lieu d'en appeler simplement à l'obéissance, parce que le chrétien c'est quelqu'un qui est "libre".Voilà encore le drame de beaucoup de prêtres : sentir qu'ils n'arrivent pas, alors qu'ils le voudraient pourtant, à susciter cette communauté de personnes.Ce n'est pas pour cela, en effet, que les gens viennent à eux, mais pour avoir des sacrements, ou obtenir ceci ou cela.De plus, cette communauté de personnes, il faut que les prêtres la forment d'abord entre eux et avec l'évêque.Per- 230 sonnellement, je n'ai pas été peiné de ce que le Concile ne parle pas beaucoup de nous en tant que curés ou prêtres.Mais je voudrais que l'idée de collégialité passe partout : ce serait beaucoup plus important qu'un "fervorino" pour dire : "vous savez, vous prêtres de second rang, on vous aime bien, c'est grâce à vous que le Concile passe, etc." Je n'ai pas besoin de cela car je ne suis plus un adolescent, mais que l'on mette en place des structures de presbyterium, cela m'intéresse, parce que je trouve que cela, c'est dans la vocation profonde de l'Église.De même que, pour les évêques, il faut des structures de collégialité, de même par rapport à un diocèse donné, il faut aussi des structures de presbyterium.C'est cela, la communauté de personnes.Tous ces points, vous les connaissiez déjà.Mais il est bon de les regrouper, pour voir en particulier où se situe le clivage des prêtres.Certains prêtres n'arrivent pas à s'entendre parce qu'ils n'ont pas la même notion de l'autorité dans la paroisse ou qu'ils n'ont pas la même notion sacramentaire etc.Il y a tout de même une théologie élémentaire.Et je pense qu'à votre niveau, vous devez être les artisans de ce renouveau théologique.Dans les diocèses, on fait venir de temps en temps de très grands théologiens, c'est très bien.Mais pour beaucoup de prêtres qui ne viennent jamais à ces grandes réunions rien ne vaut le contact individuel, la conversation amicale entre camarades de cours etc.dans laquelle on explique tout cela gentiment et à partir de choses simples.Cela est très important, puisque ce sont les notions élémentaires qui sont différentes.II.Le sacerdoce, ministère extérieur à l'église Ici se posent beaucoup de problèmes.Je vais vous dire ce que je pense.Vous n'êtes pas obligés d'être de mon avis, car ce n'est pas une doctrine officielle.Qui est responsable de la mission ?Le prêtre ou le laïc ?Qui est missionnaire, apôtre ad extra ?1.Je suis de plus en plus tenté de répondre que le prêtre comme tel n'est pas un missionnaire privilégié, mais que c'est le Peuple de Dieu qui a la mission d evangéliser, sous la conduite bien entendu, sous le contrôle de la hiérarchie.Le signe de l'Eglise pour ceux "qui sont loin", ce n'est pas d'abord aux prêtres qu'il appartient de le donner, même en se faisant aider par des laïcs (ce qui est la plus mauvaise conception de l'apostolat), mais il faut que le Peuple de Dieu existe et c'est lui qui évangélise.On évangélise parce qu'on est baptisé, c'est-à-dire parce qu'on est du Peuple.C'est l'inscription dans le Peuple qui donne l'obligation d'évangéliser, parce que c'est cette Communauté de personnes qui est source d'evangélisation.Avant la parole dite par un prêtre 231 ou un missionnaire, il faut le signe de l'Église.C'est le Peuple de Dieu, c'est le sacerdoce des baptisés qui est source d'évangélisation.D'ailleurs, tout baptisé peut baptiser.Le sacrement de "départ dans l'Église", un simple baptisé peut le donner.Ne l'oublions pas, l'acte principal d'évangélisation, ce n'est pas une proclamation abstraite, c'est aux yeux du Christ la Communauté de son Église, Unité de son Église."Qu'ils soient un, afin que le monde croie que tu m'as envoyé." La parole de Dieu, et c'est là une vieille thèse théologique mais souvent mal interprétée, n'a de valeur que quand elle est "à l'intérieur de l'Église." Nous avons souvent compris cela dans un contexte anti-protestant au sens où l'Église garantit l'orthodoxie dans l'interprétation de la Bible.Je crois qu'il y a un sens plus profond et plus théologique de cette affirmation, c'est que la parole de Dieu, le message du Christ-Sauveur, ne peuvent pas être isolés de la société qui en vit.Ce n'est pas l'orthodoxie seule de la parole qui est ici en causf, c'est aussi cette société vivante composée des convertis au Christ.On ne peut donc pas isoler la parole du signe vivant qui l'encadre, qui la vérifie, qui la réalise, à savoir : la Communauté.Ce grand thème de l'évangélisation aujourd'hui est très lié à l'Église primitive : on ne doit pas "dire de vive-voix" sans pouvoir aussi quelque peu "montrer".Le Christ a voulu non pas écrire un livre mais constituer une société d'hommes nouveaux, et agréger progressivement à cette communauté les hommes "qui sont loin." C'est donc le Peuple de Dieu, dans son ensemble, qui remplit cette mission essentielle et première d'évangélisation.2.Si je dis que le prêtre comme tel n'est pas un évangélisateur privilégié, vous comprenez bien que je ne veux pas du tout rabaisser le sacerdoce, mais insister sur la valeur du baptême, comme le Concile qui vient de remettre en évidence l'importance du sacerdoce des baptisés, thème que les controverses anti-protestantes avaient complètement étouffé.Mais alors, le prêtre ?Je crois que le prêtre est essentiellement celui qui anime ce Peuple de Dieu pour qu'il soit en état d'évangéliser.Le prêtre est celui qui va donner vigueur (doctrinale, sacramentelle.) et cohésion à ce Peuple pour qu'il soit toujours en état d'évangéliser.Si j'étais incroyant, ce qui m'intéresserait, ce serait pas de rencontrer un prêtre, mais de rencontrer quelqu'un qui a la foi.Ce qui m'intéresserait, ce ne serait pas d'abord le sacerdoce des prêtres comme tel, ce serait d'abord la foi au Christ.En conséquence, cette idée aujourd'hui défendue par certains que le prêtre doit avoir à tout prix une mission directe et personnelle d'évangélisation, je n'en suis pas théologiquement très sûr.Je crois plutôt que notre rôle fondamental est celui d'animer le Peuple de Dieu, et c'est tout le Peuple de Dieu, je le répète, qui évangélise.Chargés de cette fonction particulière d'animer le Peuple de Dieu, nous sommes de ce Peuple, nous n'en restons pas moins des baptisés, 232 comme nous n'en restons pas moins des hommes.Il y a beaucoup de cas dans lesquels nous sommes au contact de non-croyants, mais là nous nous comportons solidairement du Peuple de Dieu.Après cette remarque théologique, je ferai une remarque sociologique, ou historique, qu'il ne faut pas confondre avec la première.Dans ce Peuple de Dieu, il y aura des gens qui "témoigneront" de façon un peu différente de celle du laïcat.Je veux parler des religieux, dont le témoignage à rendre au Christ portera également sur "l'eschatologie" comme l'on dit.Je place les religieux du côté des laïcs et non du côté des prêtres, les religieux et les religieuses ne sont pas comme nous chargés par fonction de structurer l'Église.Il ne faut pas sa-cerdotaliser la vie religieuse.Les religieux sont essentiellement appelés à vivre la perfection de leur baptême aux yeux des hommes.Vu le recul des institutions chrétiennes temporelles, une religieuse qui se retrouverait sans emploi à l'intérieur de l'Église pourrait se dire : "Si je fais le catéchisme, je serai vraiment religieuse; mais si je continue à être infirmière plus ou moins "civilisée", je serai loin de ma vocation religieuse.Cela serait grave pour levangélisation ! Nous perdrions encore un peu plus contact avec "ceux qui sont loin".Pour en revenir au rôle du prêtre, ce sera, disais-je, celui de soutenir la Communauté chrétienne.Le prêtre est un "permanent" de la Communauté : il la soutiendra à temps plein.Et sans aucun sentiment de frustration ! L'un de mes anciens élèves, prêtre de la Mission de France, me disait un jour : "C'est tout de même anormal que l'Église nous interdise d'être militants ouvriers, d'être mariés, etc.ce qui fait que nous ne sommes pas comme les autres!" Je lui ai répondu : "Tu es resté un vieux clérical, et un clérical individualiste ! " Ebahissement ! "Tu es individualiste parce que tu crois qu'un individu à lui seul peut donner un témoignage, alors que c'est le Peuple de Dieu qui a la mission d'évangéliser et le sacerdoce comme tel soutient le Peuple de Dieu." 3.J'ajoute quelques remarques complémentaires qui sont des remarques de convenance sur le mode de vie du prêtre.II est normal que le prêtre soit parmi les chrétiens un témoin excellent.On pourrait être prêtre tout en étant un homme assez ordinaire, en ayant même pas mal de défauts ! Ce n'est pas plus qu'une convenance, mais c'est une convenance forte, que le prêtre soit chaste, qu'il ait un certain esprit de pauvreté, d'obéissante, de non-réussite humaine.Il est bon que le prêtre connaisse le monde, s'il veut vraiment soutenir les laïcs chrétiens.Comment animer les chrétiens qui sont et pour qu'ils soient dans le monde si on ne connaît rien du monde ! Beaucoup de prêtres se montrent peu capables d'animer des laïcs parce qu'ils sont pris par le "corporatisme ecclésiastique".Je veux dire que, pour eux, leur métier c'est de faire tourner la paroisse et ses organisations.N'ayant pas de contact vrai avec le monde, ils ne peuvent pas comprendre vraiment les problèmes du monde.Tout cela dé- 233 pend beaucoup de la vie de chacun.Personnellement, après des années de service militaire et de guerre, quand je suis revenu pour accomplir ma dernière année de séminaire, j'ai été frappé de constater les soucis des futurs prêtres : acheter des calices, trouver des devises pour les images d'ordination, prévoir les "fastes" des premières messes, toutes choses bonnes, mais qui n'avaient tout de même pas une telle importance ! Une fois mis sur les rails du petit puis du grand séminaire, on arrive comme cela à l'ordination avec un certain esprit ecclésiastique qui manque d'expérience vitale.Un évêque que je connais bien— et pour cause !—m'a dit : "Actuellement, quand un séminariste vient me trouver et me demande de préparer un C.A.P., je l'encourage toujours, car c'est bien qu'il ait un métier et qu'il sache un peu ce que c'est!" Pourquoi les séminaristes, je le pense depuis longtemps, n'auraient-ils pas, au moins pendant une certaine période, à gagner leur vie ?Le service militaire, c'est déjà bien, surtout un service militaire fait en Algérie; mais, en caserne, c'est la colonie de vacances prolongée.Il faudrait qu'un séminariste eût l'occasion de prendre sa vie en charge.Il peut pour cela profiter, par exemple, de ses vacances.Il y a une certaine compétence par connaturalité qui est nécessaire aujourd'hui.On peut, il est vrai, acquérir une compétence par l'écoute des autres.Je connais des prêtres, vocations tardives, anciens jocistes, qui sont de bien moins bons aumôniers de J.O.C.ou d'A.C.O.que des prêtres d'origine bourgeoise qui n'ont jamais travaillé.Le travail, pour des séminaristes n'agit pas "ex opère operato".Mais il y a en ce que j'ai dit l'attitude qui me paraît convenable.Dans un monde où pour les gens "l'Église c'est les curés", la mission requiert peut-être des prêtres "ouvriers" ou des "prêtres scientifiques".Dans un monde qui n'aurait jamais entendu parler de la foi et qui ne saurait même pas qu'il existe un sacerdoce, ce serait différent.Mais dans notre monde d'aujourd'hui le rôle de prêtre "ouvrier" ou "scientifique" est lié, à titre de mission, à cet aspect sociologique de "l'Église vue à travers les curés." Un de mes bons amis prêtre-ouvrier depuis 20 ans, et docker depuis 10 ans à Dunkerque, est venu au mois de juillet à Lille pour participer à une manifestation à propos de la récession des salaires.Dans l'autobus, ses camarades dockers lui ont dit : "Ah Bernard, tu es venu avec nous, ça c'est bien!" Autre chose est la présence de laïcs chrétiens parmi les dockers ( ils sont peut-être quatre sur quinze cents ), autre chose la présence d'un prêtre.Cependant, je redis que le prêtre comme tel est essentiellement fait pour animer le Peuple de Dieu.Ce que je voulais signaler ici, c'est un cas particulier, et particulier peut-être à l'Église en France.De plus, il est important que les prêtres dont je parle ici soient "avec" un laïcat.Jamais de mission ouvrière, par exemple, sans préalable du laïcat.Sans quoi on va à la catastrophe, c'est-à-dire au cloisonnement, à la superposition des "pastorales".Autre remarque de convenance : que l'état du prêtre, je veux dire sa situation, son "métier", ne paraisse pas anachronique, inutile.Qu'il ne le paraisse pas à l'extérieur, mais surtout vécu de l'intérieur.234 Un prêtre qui exerce à temps plein son sacerdoce arrive à la joie humaine, à l'épanouissement.Mais un prêtre qui n'a pas l'occasion d'exercer souvent son sacerdoce, celui-là souffre intérieurement à la fois parce qu'il n'exerce son sacerdoce que rarement et parce que les gens disent de lui que c'est un paresseux.Certains prêtres sont mis, effectivement, dans une situation objective de paresse.Comprenons psychologiquement ce prêtre, cet homme qui se trouve dans un pays déchristianisé, sans communauté pour le soutenir, donc il ne vit plus en Église, c'est un homme qui n'exerce pas son sacerdoce et son "métier" est évidemment décrié par tous ceux qui le voient vivre, car de fait, on ne voit pas bien ce qu'il y a à faire à temps plein pour ce prêtre.Dans ce cas, ne vaut-il pas beaucoup mieux qu'il exerce un métier ?Il n'y aurait là aucune dérogation à la dignité sacerdotale.Mieux vaut exercer un métier sérieusement, que d'utiliser, pour sortir d'une situation jugée inutile, des petits moyens comme de bricoler ceci ou cela ou de se promener en voiture etc.L'équilibre psychologique du prêtre y gagnerait beaucoup.Il s'attirera peut-être au début quelques critiques de la part de chrétiens, mais progressivement il entrera en contact avec tous ces gens qui de loin l'attendent.le dirai, pour finir, un mot du célibat.Il fait partie de ce témoignage excellent que le prêtre doit donner, et dont j'ai déjà parlé.Au dire des popes grecs que j'ai eus comme élèves, à Lille, le fait qu'il y ait chez eux des prêtres mariés et des prêtres non-mariés crée deux classes de prêtres, les uns accédant aux "postes de commandement", et les autres restant en des paroisses où ils ont trouvé le nécessaire pour vivre avec les leurs.Il y a donc convenance spirituelle et convenance "sociale" au célibat du prêtre.Cependant, je veux m'exprimer sincèrement comme je l'ai fait devant plusieurs évêques, d'ailleurs.Il ne faut jamais qu'un prêtre se sente "coincé" par son engagement sacerdotal de telle manière qu'il se trouve désormais dans une impasse.Et je ne comprend pas que l'on dise : "Oui, mais si on commence à entrouvrir la porte." Personnellement, je crois à l'Évangile, j'essaie de le vivre de mon mieux, je suis pécheur bien sûr, mais si le sacerdoce ne tient qu'à cause de cette contrainte nous sommes bien mal partis et comment pourrons-nous encourager quelqu'un à y entrer ?Si c'est cette contrainte, et l'idée qu'en retournant vivre avec les laïcs on sera toujours considéré comme un "défroqué", si c'est cela qui tient le sacerdoce et qui fait que les prêtres restent prêtres, où sommes-nous ?A ce moment-là, il faut que ce soient les frères de Taizé qui nous ré-apprennent le sens du célibat librement consenti.Par ailleurs, cette contrainte peut engendrer comme une névrose qui fait s'engager tel ou tel confrère malheureux sur une route épouvantable, n'ayant pas pu faire un choix humain.Je vous ai dit ma pensée.Elle est discutable.Mais je vous avait promis d'être sincère.* * * Voilà donc un certain nombre de réflexions.Elles vont certainement alimenter maintenant vos échanges.235 ''La vocation chrétienne est, par nature, une vocation à l'apostolat" (Paul VI) "Le Concile est très explicite, tant dans la Constitution sur l'Eglise (chapitre IV), que dans le décret cité, où nous lisons : "La vocation chrétienne .est aussi, par nature, une vocation à l'apostolat" (no 2).Et puis "Les laïcs tiennent de leur union même avec le Christ chef le devoir et le droit d'être apôtres.Insérés qu'ils sont par le baptême dans le Corps mystique du Christ, fortifiés grâce à la confirmation par la puissance du Saint-Esprit, c'est le Seigneur lui-même qui les députe à l'apostolat .A tous les chrétiens donc, incombe la très belle tâche—onus praeclare imponitur —de travailler sans cesse pour faire connaître et accepter le message divin du salut par tous les hommes sur toute la terre" (no 3).Et encore : "La vocation propre des laies consiste à chercher le règne de Dieu, précisément à travers la gérance des choses temporelles qu'ils ordonnent selon Dieu.Ils vivent au milieu du siècle, c'est-à-dire engagés dans tous les divers devoirs et ouvrages du monde, dans les conditions ordinaires de la vie familiale et sociale dont leur existence est comme tissée.A cette place ils sont appelés par Dieu pour travailler comme du dedans à la sanctification du monde." (De Ecclesia no 31).Tout chrétien doit devenir attentif et intéressé au bien d'autrui, soutenir la mission spirituelle de l'Eglise.Toute conscience doit éprouver un sens profond de responsabilité, en écoutant la voix intérieure de l'appel chrétien : c'est à moi, c'est aussi à moi de faire quelque chose pour le règne de Dieu.La mentalité paresseuse du chrétien qui ne veut pas d'ennuis, qui ne veut pas s'occuper du bien d'autrui, qui ne veut pas faire preuve de zèle, devrait disparaître.L'égoïsme spirituel, le respect humain, le désir de minimiser ses propres devoirs envers l'Eglise et envers l'apostolat social devraient céder la place à un désir toujours vigilant du bien, à un effort courageux et continu d'oser quelque geste utile pour autrui, à une adhésion humble et décidée aux formes déjà organisées pour l'action apostolique des laïcs.Quelle mobilisation spirituelle ! Quelle transformation de la communauté catholique ! Quelle somme d'énergies morales serait de cette façon offerte au monde moderne ! Que chacun y pense ! Les formes d'apostolat sont nombreuses et variées.Que chacun se demande : laquelle convient pour moi ?" .23 mars 1966 J 236 Travail, sacerdoce, pastorale SIGNIFICATION DU TRAVAIL A.Le Toullec, f.c.1.Ecueil et difficulté Un fait existe : il est difficile de définir le travail et donc d'en dégager la signification.Dans la langue et la mentalité contemporaine, il est conçu comme engageant tout l'être.Associé aux multiples manifestations de notre vie, il demeure une réalité dont la forme et le contenu sont exrêmement mouvants.De plus, dans la conscience de chacun, et selon les milieux, il ne recouvre pas les mêmes choses.De là, parlant du théâtre, Jean-Paul Sartre pouvait conclure : "Il y a des choses qu'il est impossible de montrer au théâtre : on ne peut que les dire.Je pense à trois de ces choses : le génie, l'activité scientifique et le travail.Certes on a souvent montré des travailleurs, des savants ou des génies sur la scène : les résultats ont toujours été médiocres.Au mieux, on réussissait à camper une silhouette romantique, jamais à évoquer le travail.On ne peut que le saisir du dehors, comme une activité spectaculaire, ou en montrer les répercussions sur un milieu humain, une famille par exemple." (1) Ni effort vital de l'animalité, ni jeu de l'enfant, le travail est le propre de l'homme, et l'engage tout entier.L'activité laborieuse fait l'homme et dès lors se trouve posé le problème des relations de l'homme et de l'univers, car c'est au niveau du travail que se situe la rencontre vitale de "l'homme créateur et du monde créé, du sujet gui signifie et de l'objet qui est signifié.C'est en choisissant le travail comme point d'observation central que la pensée moderne se trouve en prise directe sur la situation concrète de l'homme; c'est dans le travail également qu'elle découvre le sens humain du monde technique." (2) Mais si le travail fait l'homme, il le déforme aussi.Ce n'est pas pour rien que la pathologie du travail a toujours profondément intéressé les psychiatres.Les hommes mis à peindre le pont Jacques-Cartier durent cesser le travail par suite des malaises et cauchemars que le vertige déclenchait chez eux pendant leur sommeil.Plus gravement dans le régime de la rationalisa- (1) J.-P.Sartre.Le théâtre populaire.Paris, l'Arche, mars I960.(2) Henri Arvon.La philosophie du travail, p.12.237 tion et de Pautomation, le meilleur ouvrier devient celui qui, vidé de toute initiative, de toute pensée personnelle, se laisse passivement engrené dans le rouage de la machine comme un objet désanimé et sans réaction.Dégager la signification du travail c'est donc aussi percevoir le phénomène de l'aliénation et en saisir toutes les conséquences.C'est aussi découvrir comment l'esprit humain peut de plus en plus s'incarner dans la matière pour la spir;*ualiser.2.Nature, travail, humanité a) Affrontement de l'homme et de la nature L'homme est neutre.Il émerge de la nature.Il récapitule en lui, "comme dans une suprême perfection, les ressources matérielles, biologiques, psychiques de la nature" et il accomplit son propre destin en accomplissant la nature.ce "macro-cosmos" selon l'expression des anciens (1).C'est pourquoi l'homme domine la nature, la maîtrise et transcende l'animalité par une première évolution : l'outil.Utilisant sa mémoire, son intelligence, son imagination.il est apte à résoudre les situations nouvelles et les problèmes nouveaux parce que l'homme n'étant pas esprit pur, mais esprit humain il est précisément un esprit qui a des mains."Avez-vous regardé un ouvrier quand il travaille ?demande Mgr An-cel.C'est sérieux le travail des mains; c'est intelligent le travail des mains; c'est vivant le travail des mains .Le travail des mains appartient évidemment à la culture humaine, car tout l'homme passe dans son oeuvre : intelligence.volonté, coeur, et le corps tout entier, tout y est" (2 I.Par le jeu réciproque du cerveau et de la main, non seulement l'homme utilise l'outil, mais, à travers le temps, il en invente.Le signe principal de la progression de l'humanité ne sera autre que le perfectionnement progressif de l'outillage et de son utilisation diversifiée.Un survol de l'histoire fait apparaître à travers la prodigieuse croissance de l'équipement, la domination de l'esprit.• Le temps des forgerons est celui où l'être humain domine le fer par l'outil et dont l'utilisation avec l'aide de quelques alliés naturels comme le vent, l'eau.Le cheval domestiqué et transformé par le collier, donne naissance à l'époque artisanale.• Le temps des fabriquants provoque, avec l'emploi du charbon et de la vapeur, la première révolution industrielle.La machine relaie l'outil, transforme l'énergie, modifie les dimensions du travail.La population agricole émigré vers la ville tandis que le capitalisme fait son apparition.(1) R.P.Chenu : L'enfant et son avenir professionnel, B.I.C.E.p.16.(2) Mgr Ancel : La mentalité ouvrière, p.25-26.238 • Le temps des organisateurs, avec le développement de l'électricité et du moteur à explosion, caractérise la deuxième révolution industrielle.L'organisation pénètre ateliers, bureaux et tous les secteurs de la vie de travail.La finance déploie sa puissance et les sociétés se fondent.Les syndicats mobilisent l'énergie des travailleurs pour assurer leur défense.De plus en plus les Etats interviennent fréquemment et profondément dans l'économie.• Le temps des planificateurs révèle l'efficacité d'une rationalisation gui dépasse de plus en plus les entreprises, dans le temps même où s'opère une mutation profonde : celle de la situation de l'homme par rapport à la machine.Ce qui est nouveau à ce stade, c'est l'utilisation de matériels techniques d'une qualité telle qu'ils sont plus fins, plus rapides, et d'une certaine manière.plus habiles, sinon plus intelligents que l'homme.Un rendez-vous spatial aujourd'hui est-il une victoire de l'homme ou de la technique ?En multipliant les échanges et les interdépendances, les phénomènes de socialisation révèlent à l'homme de nouveaux risques et de nouvelles chances de sa domination de la nature.Chaque étape provoque et développe un approfondissement de la conscience.A travers l'avènement des masses et la socialisation elle découvre la dimension temporelle dans laquelle va pouvoir se dégager tout le dynamisme humain de ces phénomènes.Ne sont-ils pas révélateurs de "cette énergie" qui fait que l'homme et le monde sont en mouvement dans un devenir historique, dynamique et non statique.Ainsi grandit la solidarité des hommes du monde entier.Dans l'écrasement du travail deshumanisant, ou dans l'exaltation de la recherche ils se sentent frères et concernés par les mêmes faits.Toute atteinte au moindre d'entre eux les touche au plus profond de leur être.La lutte, pour une libération nécessaire, engendre des absolus, des valeurs qui deviennent le lieu providentiel d'approfondissements même religieux ou l'occasion d'exploitations éhontées.Cette "prise de conscience double et unique, de l'historique et du social" .a provoqué en tous ordres les grands progrès de l'âge moderne.Au plan du travail elle est "violente et massive, déconcertante pour les intellectuels, redoutable pour les économistes, équivoque ou comme on dit ambivalente pour l'esprit; elle se produit aussi bien et peut-être plus purement.dans les petits et les simples que chez les penseurs et les conducteurs de peuples; mais elle a toujours grande allure et une rare puissance de dilatation.pour qui n'a pas perdu confiance en cette marche vers la liberté dans la communauté humaine, toujours mise en échec, mais toujours reprise." Cette libération profonde, la rencontre de l'homme et de la nature en est le terrain fécond.239 A ce stade de notre réflexion, deux conséquences s'imposent : • L'homme est appelé de plus en plus à vivre une expérience de plus en plus scientifique.• Ce travail de plus en plus scientifique ne saurait être séparé de l'art.Sous le signe de la rationalisation, l'expérience humaine s'avère de plus en plus scientifique.Nous sommes dans un monde où aucune concession ne peut être faite à la nature.Les lois économiques, sociologiques, politiques sont imperatives.Les décisions ne relèvent plus seulement du bon sens ou de l'empirisme mais de la technique.Il ne s'agit plus d'amélioration mais d'invention, c'est-à-dire d'une nouvelle manière d'aborder les hommes et les choses.Pour juger du travail, il faut prendre pied dans sa consistance même.Il doit être considéré non à partir des intentions du travailleur, mais au-delà des émotions et sentiments dans sa valeur objective.C'est pourquoi un labeur réalisé scientifiquement ne saurait être dissocié de l'art.L'ouvrier, étymologiquement, est celui qui réalise une oeuvre.Le sommet le plus humain du travail est donc un chef d'oeuvre.Pourquoi les réalisations du travail ne seraient-elles pas belles voire même splendides ?"Le travail n'est plus d'abord, dans cette rencontre de l'homme et de la nature.une discipline, une perfection de l'homme dont le dit travail serait l'occasion : il est d'abord la production d'une oeuvre.Ou plus précisément, c'est en produisant une oeuvre, en se subordonnant à elle, en se soumettant à ses lois dans la matière, que l'homme au travail trouve sa perfection d'homme.Cette "objectivité" un instant dépersonnalissante, matérialiste pourrait-on dire, a de quoi surprendre, et elle est le scandale d'un certain spiritualisme .Dans l'interférence constante de la perfection de l'oeuvre et de la perfection de l'ouvrier, la perfection de l'oeuvre commande, l'ouvrier est soumis à l'oeuvre : il y a une leçon d'oubli de soi et d'objectivité dans le travail qui vaut.non d'après l'intention ou la moralité du travailleur, mais d'après le produit.C'est violer cette loi, et donc pervertir une économie par une espèce de détournement que de faire jouer prématurément, pour qualifier une entreprise, une oeuvre, une construction économique du monde, les fins subjectives du travailleur, ses croyances ou ses options politiques, ses intentions ou ses prétentions.Une théologie, une spiritualité—comme aussi, évidemment, une idéologie—qui viderait, en tout ou en partie, le travail, et les choses, et le monde, de leur contenu, de leurs lois internes, serait dans la même mesure faussée dès le départ; elle ne prendrait pas pied sur la consistance propre de ce travail et des choses.Duperie inconsciente, à laquelle a cédé un certain moralisme, enclin à faire prévaloir les bonnes intentions sur la nature des choses" (1).( 1 ) R.P.Chenu : Pour une théologie du travail, p.32-33.240 b) Travail, transformation de la nature Le travail où l'homme affronte la nature, les oppose et les adapte l'un à l'autre tout à la fois.Le travail est donc réellement humanisation de la nature.L'animal la détruit à son usage ou l'utilise.Mais l'homme imprime sa marque.Culture de la campagne, aménagement des forêts, urbanisation des villes, donnent progressivement à notre monde un visage plus humain, un équilibre plus harmonieux.La rose travaillée par les jardiniers est plus belle que sur le rosier sauvage.Cette transformation, qui engage l'humanité tout entière, ne saurait s'arrêter.Dans une évolution continue et accélérée, elle ne cesse de remodeler la face de la terre, tant il est vrai que l'esprit spiritualise la nature.Mais cet effort gigantesque dans sa splendeur et sa surabondance, reste à la taille de l'homme, à sa mesure."La qualité de ses créations n'est certes pas en cause : l'Acropole d'Athènes, la ville impériale de Pékin, la cathédrale de Chartres constituent des sommets que les époques ne dépassent pas, à côté desquels elles peuvent seulement dresser les leurs.Mais les oeuvres anciennes ont une mesure qui ne paraît que rarement enfreinte, dans certaines constructions assyriennes ou romaines, peut-être.L'espace vital, l'ampleur de la réalisation, la structure de l'oeuvre sont tels que pénétrés du sentiment humain, ils donnent l'impression de continuer et d'accroître directement l'être individuel.C'est cette mesure qui nous porte à employer le mot organique, bien qu'avec toutes sortes de scrupules et de restrictions, pou-T désigner les époques de culture que nous venons de nommer.Dans la manière dont l'homme comprend la nature, se comporte à son égard, l'utilise et lui donne une structure, l'élément rationnel, l'élément iiî?tinctif, l'élément contemplatif et création, sont à peu près en équilibre.L'homme s'accapare du donné, intensifie ses formes, augmente ses efforts, mais, pour l'essentiel et dans l'ensemble, il ne rompt pas sa structure" (1).L'humanisation de la nature manifeste dans le sujet qui s'y engage personnellement et collectivement, par le travail la puissance de l'esprit libérant la création (Rom.8, 18-25).c) Travail, transformation de l'homme La transformation de la nature n'est que le pendant dune autre transformation plus importante, plus intérieure : celle de l'homme.Parce que, à l'origine, il s'est senti inadapté au milieu de la nature, l'homme a dû l'affronter pour l'accorder à ses propres fins.La résistance de la matière à son effort lui révéla l'ambiguïté du travail, à la fois souffrance et joie, contrainte et libération.Le sujet s'oppose à l'objet pour le maîtriser.Ce faisant il se crée lui-même.Dans la réalité du travail qui transforme la nature, l'homme se transforme physiquement et spirituellement.(1) Guardini : La puissance, p.49-51.241 "En humanisant la nature, le travailleur devient plus homme, et en devenant plus homme, il devient davantage un avec l'humanité entière et conquiert son être objectif : le labeur du prolétaire humanise l'univers matériel qui l'universalise en retour.Aussi faut-il dire que c'est) par le travail que l'homme est démiurge de l'homme" (1).S'il est vrai que c'est dans leur ouvrage que l'on reconnaît les qualités des peuples, il est tout aussi réel de savoir que chaque métier détermine un certain type d'homme.Quels que soient les lieux et les temps, la même profession détermine chez ceux qui l'exercent un mode de vie, un ensemble de traits du caractère, un certain type d'homme très ressemblants.En Allemagne, en France, aux États-Unis, au Brésil, j'ai été impressionné de retrouver les mêmes réflexes, les mêmes réactions chez des hommes exerçant le même emploi sur les mêmes chaînes de montage de carrosserie automobile.En transformant les structures sociales, la technique a fait évoluer la condition humaine, et bouleversé les mentalités.Le travail atteint en profondeur la vie de l'homme, bien au-delà des révolutions politiques elles-mêmes.Comment dès lors ne pas être attentif au contenu et aux fins du travail le plus ordinaire ?"L'homme, bien sûr, n'a pas changé de nature, mais sa condition a changé .dans ses ressources individuelles et dans son comportement collectif.par ce travail qui, lui, a changé de nature; changement accidentel pour l'essence métaphysique de l'homme, mais pénétrant si loin que notre sensibilité n'en a guère suivi les effets, que nous sous-estimons communément loin de les surestimer.L'homme vit, d'une manière jadis impensable, non plus la vie de la nature, mais une vie dirigée, rationalisée, une vie qu'il crée lui-même.qu'il s'invente à lui-même.Et ce travail ne va déshumaniser que parce que.de soi, conduit selon sa loi, il serait capable d'humaniser.Comment le théologien, et pas seulement, comme on dit, le "moraliste" n'en serait-il pas ému ?" (1) Dès lors ce monde, qui n'autorise aucune concession à la nature, appelle, pour être humain, toute concession à la personne épanouie dans des relations fraternelles, dans un dialogue où la réciprocité des consciences est vivante et plénière.L'important dans cette mutation profonde, pour une libération profondément humaine c'est, avant même la réalité matérielle comme telle, la conscience que l'homme a de ses choix, de ses motivations, de la finalité de son oeuvre, puisque dans sa liberté il ne se décide que par rapport à des valeurs.Or la valeur n'est-elle pas appel à la conscience et rupture par rapport à ( 1 ) Jean Lacroix : La notion de travail, Vie intellectuelle, juin 1952, p.11 (1) R.P.Chenu : Pour une théologie du travail, p.31.242 lindifference.Puisque pour une bonne part le problème de la religion se situe au niveau des valeurs et de la culture, donc de la conscience, comment pourrait-on exploiter la signification du travail sans découvrir de plus en plus l'intériorisation des phénomènes collectifs dans la conscience personnelle des travailleurs ?Il a fallu que le Père Dillard, mort au camp de concentration de Dachau, vive cette réalité du travail en usine pour réaliser enfin ce que peut être la transformation de l'homme dans son oeuvre : "Le lien par la matière est aussi puissant peut-être que le lien de l'esprit .La réparation d'une machine est source des mêmes joies que la création artistique .Il faut avoir vécu cela pour comprendre que Dieu s'est fait ouvrier .On dira que mon imagination travaille et que tout cela est poésie.Je pense qu'il y a bien plus que cela, et que ce n'est pas par hasard que le Christ a voulu être ouvrier.Il a aimé le bois, dont il connaissait tous les secrets, dans la familiarité d'une collaboration de vingt années.Il est né sur ce bois dans la crèche, et il a voulu mourir dans l'étreinte sanglante de son ami, de son frère le bois.De nos jours peut-être aurait-il aimé le fer comme il aima le bois : il aurait travaillé avec passion la soudure et le tour et l'ajustage." (1) Est-ce une gageure d'affirmer qu'au plan de la vie humaine, le métier de charpentier a contribué à faire de Jésus l'homme qu'il a été, qu'il a achevé humainement de le former et qu'il l'a aidé à se connaître totalement.La personne entière se trouve engagée comme un tout, corps et âme dans le travail qui la transforme profondément.C'est une chance.C'est un risque.Car la manière dont le travail se trouve orienté peut mener à la misère, au prolétariat, à l'aliénation.Cet aspect sera envisagé dans une deuxième partie de la signification du travail, le tout entraînant une réflexion sur les exigences sacerdotales et les orientations pastorales nécessaires.( 1 ) R.P.Dillard : Suprêmes témoignages.OUVRAGES REÇUS Fleurus : Les univers de l'enfant de la naissance à l'adolescence, Cahiers d'éducateurs no 5.De F.Anselme, Jean Caviale, Mgr Yves Lagrée, Georges Mauco, André Merlaud, Joseph Rous-sect.144 pages.Desclé© de Brouwer : Les chemins de l'homme, le tourisme sous le signe de Tobie, de Claire Lucques.168 pages.Pédagogie sacrée, L'attention à Dieu, de Hélène Lubienska de Lenval.120 pages.Le Christ notre vie commune, du Pasteur Jean Bosc et Dom Georges Lefebvre.184 pages.Au coeur même de l'Eglise, une recherche monastique : les frères de la Vierge des Pauvres.204 pages.243 Nouveautés LA RELIGIEUSE ET LES COMMUNAUTES HUMAINES Congrès régional Midi-Pyrénée, de l'Union des Religieuses Educatrices Paroissiales.Coll.La religieuse et la pastorale d'aujourd'hui.Ed.Fleurus Mayenne, 1966, 118 pages.En juillet 1962, le bon Pape Jean disait aux religieuses : "Aucun malheur, aucun deuil, aucune calamité ne doit vous trouver étrangère ; aucune découverte scientifique, aucun congrès culturel, aucune réunion sociale et politique ne doit éveiller en vous l'idée qu'il s'agit là de choses qui ne vous concernent pas.Que l'Eglise militante vous sente présentes partout où votre contribution spirituelle est demandée pour le bien des âmes et aussi pour le vrai progrès humain et la paix universelle".Cependant, pour assurer cette "présence au monde", les religieuses doivent connaître et comprendre non seulement les structures officielles qui sont les charpentes de la cité des hommes, mais surtout, les structures naturelles qui en sont l'âme.Dans les "communautés naturelles", il leur faut discerner les valeurs et les pierres d'attente .Elles ont à s'y intégrer mais à leur juste place.Leurs communautés religieuses doivent à la fois garder leur caractère spécifique et éviter d'être "déphasées" par rapport à la vie des hommes d'aujourd'hui.Le présent ouvrage, préfacé par Monseigneur Garrone, expose les travaux des Religieuses Educatrices Paroissiales du Midi, rassemblées en congrès pour étudier ces importants devoirs.Il en étendra le bénéfice à un grand nombre d'autres religieuses.Mais les "pasteurs" pourraient bien, eux aussi, en tirer profit .Vivre de la foi André de Boris Coll.Bibliothèque de spiritualité.Ed.Beauchesne et fils, Paris, 1966, 318 pages.Ce livre veut être un guide spirituel débordant de doctrine.Solidement appuyé sur la Parole de Dieu et la réflexion théologique, le P.de Bovis offre ce livre à tous les croyants qui veulent approfondir et vivre spirituellement leur foi.ACTIVITES APOSTOLIQUES DES RELIGIEUSES ET REVISION DE VIE Jean-Baptiste Mdraval Coll.La religieuse dans la pastorale d'aujourd'hui.Ed.Fleurus, Biarritz 1966, 159 pages.La "revision de vie", née d'une intuition providentielle au sein de l'Action Catholique Ouvrière et pratiquée dans l'ensemble des mouvements d'apostolat laïc, s'est répandue aujourd'hui dans les "U-nions" de Religieuses sous le terme courant de "réflexion apostolique".Au désir grandissant de s'engager dans cette voie vient se joindre, en maintes communautés, une appréhension : "On voudrait bien.mais on ne sait pas!".Monsieur le Chanoine Maraval a pu constater cette inquiétude car il est aumônier d'une importante maison-mère, supérieur ecclésiastique de deux congrégations et aumônier conseil de l'Union des Religieuses d'Action Hospitalière et Sociale de son diocèse.Persuadé de la puissance extraordinaire de la revision de vie, tant pour l'acuité du regard de foi de la religieuse dans sa "présence au monde" que pour l'authenticité de son action apostolique et pour un renouveau de vie à l'intérieur des congrégations, l'auteur s'est efforcé de saisir la méthode dans son fond, de la décrire en un langage clair et avec une très grande précision technique, de montrer à quelles conditions elle pouvait être pratiquée avec fruit.Ces pages d'inspiration spirituelle, pastorale et pédagogique, seront utiles aux religieuses et aux prêtres qui les associent à une "action concertée" ou à une "pastorale d'ensemble".TEMOIGNAGE DE L'EVANGILE DE MARC Béda Rigaux Ed.Desclée de Brouwer, Bruges, 1965, 191 pages.Quelques professeurs de l'Université de Louvain, respectant autant l'histoire que la foi, ont désiré reprendre, sous l'angle déterminé de l'histoire, le problème des origines chrétiennes.LA PRIERE, INTIMITE FILIALE Jean Galot, s.j.Ed.Desclée de Brouwer, Bruges, 1965, 248 pages.Le but de cet ouvrage est de montrer ce qu'est la prière, en quoi elle consiste dans sa réalité la plus fondementale.244 Bilan de la J.O.C.Canadienne Michel Lapierre et Anne-Marie Blanchet Le dernier congrès national, Vie 65 — J.O.C.65, nous proposait une présence toujours plus grande aux réalités de vie de notre temps et un souci d'adaptation toujours constant à cette vie.La revision de vie était la méthode par excellence que l'on proposait pour lui rester fidèle et porter des solutions chrétiennes au monde d'aujourd'hui.Comment le jeune travailleur peut-il voir, juger, agir efficacement si ce n'est avec les autres, en équipe ?Ce rapport moral se veut une rétrospective de la vie et de l'action réalisée par des centaines de jeunes travailleurs au cours de 1965-66.Ce rapport ne pourra présenter toutes les actions, ni dénombrer toutes les vies, tous les milieux transformés, mais nous voulons qu'il soit le fidèle reflet de l'action de jeunes travailleurs qui ont découvert leurs responsabilités dans la société et dans l'Eglise.Il voudrait être aussi un élément de réflexion pour notre action future en même temps qu'un gage d'espérance pour la jeunesse travailleuse, l'Eglise et le monde.1ère partie LES ACTIONS RÉALISÉES EN 1965-66 I.Intégration sociale de la jeunesse travailleuse Nous assistons à une montée constante de la jeunesse travailleuse.Ici au Ginada français en 1965, environ 500,000 jeunes de 14 à 25 ans oeuvrent sur le marché du travail.S'ils représentent une forte proportion de la population, cela veut dire que leur présence active ou passive fera avancer ou languir la société.La J.O.C, mouvement de jeunesse, particulièrement préoccupée de la jeunesse travailleuse, s'interroge et interroge le monde adulte.Comment ces jeunes sont-ils préparés à mener une vie d'homme et de femme responsable dans la communauté ?( 1 ) Nous publions ici la première partie du rapport moral présenté au congrès national de la J.O.C.Ce document fut une base de réflexion pour déterminer l'orientation de l'année prochaine.Michel Lapierre est le président national de la J.O.C.masculine.Anne-Marie Blanchet est la présidente de la J.O.C.F.nationale.245 Comment les intègre-t-elle véritablement ?Tous ces jeunes viennent-ils tout simplement se juxtaposer aux autres hommes ou peuvent-ils jouer pleinement un rôle dans la société dont l'avenir, nous répète-t-on souvent, est basé sur la jeunesse.L'espace limité de ce rapport ne permettra pas de donner l'ensemble des problèmes, des aspirations, de même que toute l'action de la jeunesse travailleuse au plan social.Nous aborderons ce qui nous semble le plus essentiel dans le temps actuel pouf en arriver à une véritable intégration sociale de la jeunesse travailleuse.A.Travail Depuis l'enquête-travail, on peut dire que notre préoccupation pour la vie de travail a grandi.Chaque fédération a réalisé que le travail est un aspect très important dans la vie du jeune travailleur.Si c'est pour lui une occasion de s'épanouir, de devenir plus homme ou plus femme, c'est aussi là qu'il peut se débâtir.Sa vie de travail conditionne presque toujours son intégration dans la société.Avant de s'intégrer à la société globale, le jeune travailleur participera ou subira sa vie de travail.— Préparation au travail Mais comment les prépare-t-on à leur entrée au travail ?A la vie sociale ?Le statut du jeune travailleur dénonce les cours qui ne préparent pas à la vie, le racket de plusieurs écoles privées, le peu de débouchés qu'offrent différents cours pour certaines régions etc .et demandent une intégration complète de tous les systèmes d'enseignement, une politique rationnelle de la sélection des métiers dans chaque région selon les besoins économiques des régions et les progrès de l'industrie, un enseignement académique qui diffuse une philosophie conforme aux principes des droits de l'homme et à la pensée sociale des différer.'es religions, un enseignement de tous les éléments nécessaires à la connaissance du monde de l'entreprise et des unions ouvrières.La J.O.C.nationale est déjà présente sur deux Commissions sur l'enseignement (Commission des Ecoles privées et Commission des écoles techniques et professionnelles), mises sur pied par le ministère de l'éducation.Dans plusieurs endroits (Montréal), des rencontres avec des finissantes dans des écoles d'initiation au travail furent réalisées.Ailleurs des équipes participent aux transformations de leur école d'apprentissage et agissent pour le mieux-être de '.rur société étudiante (Granby).— Vie de travail Des jeunes travailleurs ont remarqué que bien des conditions de travail entravaient leur épanouissement et leur participation à la société, que dans leur travail, leur dignité d'homme ou de femme n'était pas respectée voire parfois 246 compromise, qu'une solidarité était nécessaire pour partager ces préoccupations et mener une action efficace.Au cours de 1966, nous voyons se multiplier des équipes dans plusieurs milieux de travail particulièrement dans les hôpitaux (Ste-Anne, Lac St-Jean, Hauterive) ; les usines (St-Hyacinthe) ; les magasins (Chicoutimi) ; les bureaux, etc .Des chefs d'équipe en usine (Montréal) ou des travailleurs d'usine (St-Jérôme) se regroupent pour partager leurs situations de travail et élaborer des tactiques d'action.Nombreuses furent les sections qui provoquèrent des tables rondes, des rencontres d'information sur toutes les questions qui touchent le travail (Québec, Joliette, St-Jean, St-Jérôme).Des aide-familiales se groupent (Sudbury), prennent conscience de leurs conditions de travail, dialoguent avec les patronnes, font valoir leurs droits en préparant un mémoire (Québec).A Rimouski, des filles ouvrent leurs équipes aux filles de restaurants.La première société pour le travailleur est son milieu de travail.Celui-ci sera ce que les travailleurs le feront à condition qu'ils participent à sa bonne marche.Jusqu'avant l'enquête-travail, le jeune travailleur ne réalisait pas très bien quelle part il avait à apporter à sa vie de travail.Maintenant la participation de plusieurs jeunes travailleurs (ses) au syndicat (Ste-Anne, Granby, Jo-lietre, Rimouski) à l'organisation de cours ou de journées sur la vie syndicale (Trois-Rivières, Granby) réalisée en collaboration avec les syndicats locaux ; la participation à des rencontres régionales syndicales (Ste-Anne) témoigne de leur désir d'être des éléments actifs dans cette communauté humaine.Nous en avons même vu qui ont organisé un syndicat dans leur milieu de travail (Joliette, Ottawa).Afin de répondre à ce désir de connaître davantage le rouage du syndicat et la participation à y apporter, la Centrale a bâti à cet effet un tract d'éducation syndicale.Quand on parle de ceux qui travaillent, il faut aussi songer à ceux qui sont en chômage.Pour ceux qui ont des temps libres forcés, il est facile de vivre en retrait de la société, de se démolir.Des équipes de chômeurs les ont amenés à partager leurs conditions de vie, à participer à des cours, à se chercher du travail, bref à faire de ce temps une occasion d'épanouissement et d'action cons-tructives.Pendant les meetings locaux de la S.N.J.T., des jeunes travailleurs se sont sentis responsables de l'organisation de leur vie de travail.Par la même occasion, on révéla les situations de travail découvertes, on rendit d'autres jeunes travailleurs conscients de ces situations qu'ils subissaient pour la plupart, on provoqua une action de participation après avoir fait découvrir que des droits, des valeurs de justice, de dignité humaine, de solidarité, de bien commun étaient latents ou compromis dans tout cela.Le Rallye régional a permis une sensibilisation, une conscience des problèmes et des droits au travail et provoqua une 247 action d'ensemble pour la région.La présentation du statut, invita les corps intermédiaires, les autorités, la société à se pencher sur les solutions recommandées.La révélation de ces problèmes nous amena à continuer les actions déjà entreprises ou à en organiser de nouvelles.Mais bientôt nous nous rendions bien compte que la presque totalité des solutions ne tenait que dans l'organisation d'un système adéquat et dans des structures précises.Cela exigea de nous une collaboration avec les organismes susceptibles d'apporter des réponses aux problèmes.B.Formation extra-scolaire Le jeune travailleur, aux prises avec l'évolution rapide de la société industrielle, ne peut plus en rester là dans sa formation.Demain, le (la) jeune travailleur (se) sera un époux, une épouse, un père, une mère de famille.S'il (elle) veut remplir adéquatement sa vocation familiale et sociale, il faut qu'il (elle) s'y prépare dès maintenant.Pour la J.O.C., la préparation à la vie de famille s'insère dans l'ensemble de la préparation qu'elle veut donner aux jeunes pour leur vie adulte.C'est en apprenant à vivre humainement et chrétiennement les gestes concrets de chaque jour, en faisant l'apprentissage de divers aspects tels que le travail, la famille, les loisirs, la santé, l'utilisation de l'argent, l'amitié et l'unité dans la vie ordinaire du mouvement qu'ils trouvent les facteurs indispensables pour une bonne préparation au mariage.Soulignons que la J.O.C.atteignant les jeunes travailleurs dans leur vie par ces trois étapes du voir, juger, agir, a le sentiment d'avoir toujours été et d'être une école de formation extra-scolaire.La J.O.C.dans plusieurs sections, a mis sur pied des cours de système D (St-Jérôme, Juliette, Drummondville), d'éducation sentimentale, de S.P.A.(Val-leyfield, Manitoba, Moncton, Rouyn), de personnalité, (Victoriaville), d'éducation syndicale (Trois-Rivières), d'initiation à la vie adolescente (Sherbrooke), afin de répondre aux besoins d'éducation ressentis à ce moment-là.Des tables-rondes sur l'économie (Bathurst), sur le travail, des soirées d'information sur différents aspects de la vie de travail sont autant d'occasion pour le jeune travailleur d'être conscient de la vie qui bat dans l'ensemble de la société et d'y engager ou d'y poursuivre une action individuelle ou collective.Combien de jeunes travailleurs ont suivi des cours du soir après avoir été éveillés à la nécessité d'un perfectionnement, ou d'une formation professionnelle ou académique plus approfondie ou plus vaste ! D'autres jeunes travailleurs prennenr en charge leurs loisirs (Drummondville, Sudbury, Victoriaville, Manitoba, Ottawa, Rimouski, Chicoutimi, St-Jean.Moncton), des équipes de balle-molle, ballon-balai, hockey, bowling, excursion, danse, ciné-club, chorale, etc .ont été organisées.A Trois-Rivières, nous a- 248 vons vu des jeunes travailleurs pénétrer un centre de loisirs pour le bénéfice des temps libres des autres jeunes travailleurs du coin.Nombreux sont, à Montréal, les jeunes travailleurs qui passèrent de leurs fins de semaine ou de leurs vacances au Camp Ste-Lucie.Des excursions furent organisées pour se rendre au Carnaval de Québec (St-Jean, Hauterive, Sudbury) ou pour mettre en marche un Carnaval de jeunes dans leur ville (Hull).Dans une région donnée, (St-Jérôme) un colloque loisirs réunit plusieurs jeunes autour de la question loisirs.Un mémoire sur les loisirs (St-Jérôme) faisant suite au colloque fut présenté aux autorités de leur ville.A travers toutes ces activités, c'est de l'amitié qui se crée, des responsabilités qui se prennent en équipe, c'est une prise en charge plus grande de leur vie et des autres qui se réalise, c'est l'apprentissage de leur vie d'adulte qui se vit déjà.C.Migration L'évolution de la migration va toujours grandissant dans notre pays.La majorité des migrants sont des jeunes gens et des jeunes filles.Ils viennent soit de pays étrangers ou soit de l'intérieur du pays, c'est-à-dire d'autres régions urbaines ou rurales.La J.O.C.(Montréal) s'est penchée sur ce phénomène plus particulier aux grandes villes et, par des équipes d'immigrés ou de déplacés, veut répondre aux aspirations profondes de ces migrants, leur permettre de nous faire partager leurs richesses et les aider à s'intégrer davantage à la vie canadienne.Ainsi, ils auront la possibilité de vivre leur dignité de fils et de fille de Dieu, dans un espoir de libération et de participation au mieux-être de la société.II.Deux sortes de jeunes travailleurs s'intègrent dans la société La J.O.C.veut amener les jeunes travailleurs à être conscients du rôle qu'ils ont à jouer dans la société comme homme et comme chrétien à part entière et par conséquent veut qu'ils y soient membres intégralement.Cette intégration se fait en plusieurs étapes selon l'âge des travailleurs.Ainsi, on distinguera en général ceux en bas de vingt ans par une ouverture et un désir d'intégration à leur société de jeunes dans tous les aspects de la vie, tandis que les vingt ans et plus veulent faire partie de la vie adulte et être citoyen actif de la société globale.Notre mouvement en 1965-66 a été conscient de ces différences et a voulu les respecter.Pour respecter leur expression et leurs aspirations, des équipes ont réuni des adolescentes au travail (Sherbrooke), des aines présents dans des organismes ou plus inquiets de divers aspects de leur vie, se sont groupés.Les plus jeunes ont besoin de plus d'organisation pour se former tandis que les aînés sont prêts à réfléchir sur leur vie.Les dirigeants (es) fédéraux (les) sentent bien qu'il faut adapter nos moyens aux jeunes et aux aînés si on veut qu'ils s'épanouissent humainement et chrétiennement.249 III.Autres réalisations C'est en 1965-66 qu'un mémoire sur le travail des femmes la nuit en collaboration avec les syndicats et le M.T.C.fut présenté au gouvernement du Québec, que des équipes mixtes (Montréal, Ottawa, Valleyfield, Hull), des équipes d'aînés (Montréal) vécurent des valeurs d'amitié, de solidarité, d'honnêteté et de générosité.La J.O.C.est davantage présente dans les grandes villes (Québec, Montréal, Ottawa).La centrale a voulu favoriser la participation des fédérations à la vie du mouvement.L'orientation du programme d'action, du J.O., fut partagée par des équipes régionales.Une commission nationale de la charte repense la constitution et la charte du mouvement.IV.Une J.O.C.missionnaire Une J.O.C.vivante est celle qui est préoccupée sans cesse de ceux qui ne sont pas rejoints, des plus pauvres.1965-66 fut prodigue en missionnaires.Real Ouellet se rendit à Valleyfield, Danny Forget à Shawinigan, Gilles Fre-nette, Jacques Simoneau, Clément Couillard à Québec, Ninon Harnois à Montréal, Léonne Paquet à Sault Sté-Marie.Dans les diocèses, cet esprit missionnaire se manifeste par la fondation de nouvelles équipes, de nouvelles sections, par des gars et des filles, chefs d'équipe qui vont faire partager à d'autres jeunes travailleurs leur idéal jociste en changeant de milieu de travail, de ville, en fondant d'autres équipes ou d'autres sections.D'autres gestes missionnaires furent posés en faveur d'une plus grande solidarité, d'une plus grande amitié internationale.Bernadette Dionne en 1965 partit pour l'Algérie.L'argent que chaque fédération a fourni pour la réalisation du conseil mondial fut un grand geste missionnaire posé pour la J.O.C.canadienne et pour toute la J.O.C internationale.V Des responsables et des structures qui s'adaptent 1965-66 témoigne d'une présence plus grande à la vie actuelle et d'une action toujours plus adaptée de notre J.O.C.pour bâtir avec les autres une communauté de charité chez les jeunes travailleurs de toutes les cités de notre pays.Tous les responsables locaux, fédéraux et nationaux ont eu le souci de cette a-daptation.A la base, on se voulait présent à la vie dans la mesure de la conscience de ses besoins et de ses aspirations.Des sections de milieux de travail, de nouveaux secteurs sont nés.A la fédération, un comité ville fut créé (Québec), et des journées d'étude furent réalisées sur le plan local (Hauterive) pour mieux répondre aux mentalités de chaque coin et à leurs besoins divers, une représentation qui se voulait révélatrice de problèmes et collaboration avec les organismes s'est faite sur le plan national, (représentation au gouvernement (statut), C.M.J.Q., Expo, etc.collaboration avec les organismes ouvriers).250 VI.Des constantes se dégagent Comme cette vie est diverse, on verra des formes de présence et des actions très diverses, selon les besoins, les âges et les aspirations ou les valeurs découvertes.On pourra déceler deux sortes de jeunes travailleurs dans notre société : ceux qui s'intègrent à la société des jeunes sur tous les aspects de leur vie (les 14-20 ans) et ceux qui s'intègrent à leur vie d'adulte, à une société globale (les 20-25 ans).Notre J.O.C.est davantage présente à toutes les réalités de la vie de travail, de loisirs, politique, sentimentale, etc.Cette année des préoccupations nouvelles amenèrent des réalisations nouvelles qui furent le fruit d'une présence à la vie : aînés, mixité.Notre J.O.C.va vers les plus pauvres, les plus défavorisés.L'enquête-travail nous a rapprochés d'eux.Notre mouvement se veut une révélation de la vie de la jeunesse travailleuse (surtout sur le plan fédéral et national) et participation à l'organisation de la vie en société en collaborant avec, ou en participant à l'intérieur des corps intermédiaires surtout dans la vie de travail, par les syndicats (aspect représentatif).La J.O.C.veut être éducatrice et formatrice de chaque jeune travailleur par une vie d'équipe intense vécue dans le partage de préoccupations, de découvertes des valeurs et de responsabilités ou d'actions de toutes sortes.Une réalité semble nous échapper : les cours du soir.Chaque section, chaque fédération, l'équipe nationale adapte ses structures à la vie, rend plus souple le contenu des rencontres et leur régularité qui se voulait hebdomadaire (dans notre esprit).Pouvons-nous dire que notre J.O.C.1965-66 témoigne de la vie de notre temps ?Ce voir peut nous aider à porter un jugement et à envisager les actions à poursuivre pour que la J.O.C.continue de porter témoignage d'Église vivante dans notte société.2e partie COMMENT A-TON RÉALISÉ LA MISSION DE LA J.O.C.À TRAVERS LES ACTIONS DE L'ANNÉE ?Lors du dernier Conseil national de mars 1966, nous avions vu ce qu'est la mission de la J.O.C en regard de la vie des jeunes travailleurs.Signalons quelques traits de cette mission qu'est la nôtre : a) La J.O.C.doit annoncer le Christ et son message libérateur aux jeunes travailleurs.On disait justement que tout le reste : méthode, technique, représentation, action, doit être utilisée en fonction de cette mission.251 b) La J.O.C.doit être à l'écoute de la vie et offrir aux jeunes travailleurs des moyens adaptés à leur mentalité et leur psychologie.On ajoutait que cette mission d'écoute allait se réaliser en étant la charité implantée dans les réalités de la vie et une communauté d'accueil et de formation.Or on disait aussi que cela ne pouvait se réaliser sans tenir compte de deux conditions essentielles à savoir : 1.Comment les aspirations (désirs) des jeunes travailleurs sont des valeurs propres à favoriser l'évangélisation.2.Comment les difficultés rencontrées (problèmes) sont des obstacles à cette evangelisation.La question à se poser : avons-nous, dans le bilan des actions de l'année, réalisé la mission de la J.O.C.selon ce que nous venons de voir ?Nous disons, oui et peut-être plus que nous le pensons.Nous sommes un peu habitués à voir notre J.O.C.dans les termes suivants : nombre de membres; nombre d'activités; nombre de réunions; nombre de gars atteints.Et ce n'est pas négligeable.Par contre on est moins porté à voir notre J.O.C.dans le sens suivant : évolution des gars et des filles; évolution d'une équipe; changement de mentalité, de façon d'agir; ouverture aux autres; découverte de ses responsabilités personnelles, collectives, dans sa vie, son milieu de travail; petites actions qui se posent dans l'équipe à la section, à la fédération.Cette situation est un peu normale.Ce qui est visible est plus facilement évaluable.Ce qui touche la transformation des jeunes travailleurs est encore plus difficile à évaluer.Mais tout ça fait partie de la mentalité des jeunes travailleurs et nous sommes des jeunes travailleurs et des jeunes travailleuses.Il n'y a donc pas à se surprendre mais à évoluer.Nous prendrons seulement quelques exemples pour voir comment la mission du mouvement a été réalisée : les rallyes régionaux.A l'occasion de ces rallyes des jeunes découvrent leurs problèmes en groupe, prennent des responsabilités et s'ouvrent à leur milieu de travail.Les systèmes D, S.P.A., cours de personnalité, sont autant de regroupements de jeunes travailleurs (ses) qui ont aidé à développer l'initiative personnelle et collective en permettant aux jeunes travailleurs de discuter leurs problèmes.Il faudrait aussi parler des nombreuses équipes de loisirs qui n'en constituent pas moins un élément important dans la création de liens d'amitié et de solidarité entre les gars et filles de ces activités.Or ces divers éléments sont déjà la mission de la TOC en marche.Cet ensemble de moyens même s'ils ne sont pas codifiés, casés dans un ordre logique, sont déjà des moyens qui contribuent à assurer l'évangélisation des jeunes travailleurs.Il reste que c'est à partir de la vie que se réalise la mission de la J.O.C.et la mission devra toujours se faire dans cette vie.C'est donc la vie qui commande.En définitive c'est pour cette raison que la fin qu'on poursuit (l'évangélisation des jeunes travailleurs) ou le but poursuivi est toujours premier dans l'intention mais dernier dans la réalisation.252 Catéchèse de la profession de foi Guy Fortin, o.m.i.Catéchèse sur la Pénitence Nous prenons conscience de notre situation, par la pénitence, de ressuscites avec le Christ.Le sacrement, en plus de nous redonner la grâce baptismale perdue par le péché, nous rend conscients de notre état de baptisés engagés avec le Christ dans l'Eglise.La pénitence exprime un autre passage en Dieu par le Christ immolé sur la croix et à la messe, le passage du confessionnal à l'autel impliquant renoncement et immolation.Le Christ nous dit : "Soyez parfaits comme votre Père céleste est parfait.'" La pénitence est un appel à la perfection.Les chrétiens réalisent la marche de l'Eglise vers la lumière et la résurrection.Comme pour le baptême, chacun d'eux doit passer par le tombeau et vivre la mort du Christ.Dans le baptême, le tombeau est signifié par la piscine baptismale; dans la pénitence, par le confessionnal.Le chrétien sort vivifié et régénéré de ces deux sacrements et il est alors prêt à faire ce passage solennel et définitif en Dieu par l'Eucharistie.Les chrétiens marchent ensemble.Cette marche dans la pénitence se réalise avec le Berger qui vient à leur rencontre comme le Père de l'Enfant prodigue.La pénitence est donc le sacrement de la rencontre.La Pénitence "Oui je me lèverai et j'irai vers le Père." La musique : prévoir deux disques : 1er : Victoire tu régneras (H.32) 2e : l'Alléluia de Haendel.Le matériel : — Aucun éclairage, ambiance la plus froide possible.— La Bible est déposée sur la table mais sans nappe.— Une vasque d'eau est disposée au pied de la grande plante vivante ou de l'image (peinture) représentant un grand arbre.— Préparer pour le retour seulement, au sous-sol, des fleurs, des bouquets, de nombreuses plantes que l'on disposera au pied de la table.— Un grand crucifix pour la procession, placé près de la Bible sur la table.N.B.Il faut en arriver à créer d'une part, avant la confession, une ambiance froide et triste; et d'autre part, après la confession, une atmosphère de joie.253 1er temps : Accrochage en partant de la vie Je ne sais pas s'il vous est arrivé un jour de vous trouver absolument seul, loin de vos compagnons et de vos compagnes, loin de votre famille, de vos frères et soeurs.Personnellement, je vous dirai que cela m'est arrivé alors que j'étais allé dans le bois et que je me suis perdu.Je vous avouerai que je n'ai pas aimé cela et que je me suis senti très mal à l'aise.Il me manquait quelque chose.J'étais loin, d'être vraiment tranquille; je n'étais pas heureux et j'étais porté à me décourager.Avez-vous déjà éprouvé quelque chose de semblable dans votre vie ?D'être seul, n'est-ce pas qu'on n'est pas heureux ?2e temps : Suite de l'accrochage Quand vous êtes dans la cour de l'école tous ensemble, est-ce qu'il est possible qu'en même temps vous soyez seul ?Ainsi moi qui vous adresse la parole, pensez-vous que je puisse me sentir tout seul ?Est-ce que, vous qui êtes-là et qui m'écoutez, vous pouvez être malheureux et tristes ?Etes-vous capables de m'expliquer que bien que nous soyons tous ensembles vous pouvez vous sentir seuls ?Eh bien, voyez-vous c'est que peut-être chacun de nous se sent seul dans son coeur.N'est-ce pas ce qui arrive lorsque vous ne pensez qu'à vous seul sans vous préoccuper de ceux qui vous entourent ?Ne serait-ce pas parce que vous restez renfermés en vous-mêmes ?Vous voudriez bien peut-être vivre vraiment ensemble, mais c'est difficile, c'est gênant.C'est difficile d'aller vers les autres, de penser à eux, de partager avec eux l'amour, l'amour que vous comme moi, nous avons dans le plus profond de notre coeur.Mais vous allez être portés vers les autres parce que vous vous ennuyez seul, parce que c'est dur, c'est triste de vivre seul, parce que vous ne pouvez demeurer seul.3e temps : On passe de la vie à la liturgie Mes amis, dans l'Église c'est la même chose.Quand nous commettons le péché, nous sommes seuls parce que nous laissons Jésus.Nous nous retrouvons seuls avec notre péché au fond de nous-mêmes.Nous nous sommes éloignés de la famille des enfants de Dieu.Nous ne pouvons nous sentir heureux d'être ainsi seuls avec nous-mêmes.Voilà pourquoi il y a chez nous un grand désir de revenir avec ceux que nous avons quittés.Nous sentons bien et nous croyons que nous avons perdu, par le péché, l'amour de celui que nous aimons.Car nous savons que le péché c'est aller contre la volonté de Dieu, notre Père à tous.Ce qui est merveilleux, c'est que cet amour de Dieu pour chacun d'entre nous, nous ne l'avons pas perdu puisqu'il est toujours prêt à nous pardonner par son Fils Jésus.Grâce à cet amour, nous pouvons donc revenir à Lui, nous rendre jusqu'à Lui pour lui demander pardon et ainsi continuer de grandir dans son amour.254 C'est ainsi que nous devenons chaque fois meilleurs, que nous apprenons à le mieux aimer.Eh bien, mes amis, Jésus, dans le livre de la Parole, nous raconte une magnifique histoire que je vous invite à écouter.4e temps : Le rappel d'un texte biblique Le lecteur (un prêtre), lit dans saint Luc : La parabole de l'enfant prodigue (Ch.15, versets 11 à 24, Bible de Jérusalem page 1375).La catéchiste : Rien ne nous empêche à nous aussi d'être joyeux et heureux.Si vous le voulez, ensemble, nous allons nous lever et nous rendre vers Dieu, notre Père à tous et à toutes.5e temps : Célébration à l'église En procession, croix en tête, nous montons du sous-sol à l'église en chantant : Oui je me livrerai.Le prêtre, en aube blanche et en étole violette, attend les enfants déambulant deux à deux.Il les accueille et leur dit que des confesseurs seront à leur disposition à l'église.Les enfants s'assoient dans les bancs d'en arrière.Les uns après les autres, après s'être confessés, passent s'asseoir dans les bancs d'en avant.Les confesseurs peuvent donner comme pénitence d'offrir le reste de la célébration.Quand tout le groupe est confessé, le prêtre se rend à l'autel.Un cérémoniaire allume les cierges de l'autel et ceux des catéchisés.On allume aussi toutes les lumières de l'église.6e temps : Le message proprement catéchistique Le catéchiste : C'est l'amour de Dieu qui nous rassemble tous.Tous ont été pardonnes par Dieu.N'est-ce pas que nous sommes plus heureux maintenant ?Je ne vois plus de visages tristes.Dans l'Évangile, Jésus n'a-t-il pas dit : "Il y a plus de joie au ciel pour un pécheur qui se repent de ses péchés que pour 99 justes qui n'ont jamais péché." C'est que, voyez-vous, nous sommes morts par le péché.C'est grâce au sacrifice de Jésus sur la croix que nous sommes à nouveau vivants dans la grâce et que nous nous retrouvons tous ensemble dans la famille de Dieu.Le prêtre alors récite la préface pascale et, avec tous, chante le sanctus en français.Il prend ensuite la croix qui est couchée en travers sur l'autel; et, en procession, le prêtre en tête, tous redescendent au sous-sol en chantant : Victoire tu régneras (fiche H.32).255 le temps Les élèves s'assoient à leur place et écoutent le disque : Victoire tu régneras.Une nappe couvre la table.Un cierge est allumé et l'on a eu soin de placer des fleurs, ou des plantes avant le retour des enfants.On doit projeter de la lumière sur la grande plante de même que sur la vasque d'eau.Le catéchiste rappelle l'amour de Dieu qui nous aide toujours à franchir tous les obstacles de notre vie et qui nous guide vers notre Père.Pour la sortie des élèves, on suggère de faire jouer 1'Alleluia de Haendel.8e temps Au retour en classe, le professeur invite les élèves à méditer une quinzaine de minutes sur la joie de vivre avec celui qui nous a pardonnes.Nouveautés BAGARRES AVEC DIEU, un nouveau livre fu Père Gaston Morissette, O.M.I., auteur de PASTORALE EN MARCHE et de CARTES SUR TABLE.Un livre vivant qui campe des personnages étonnants d'actualité, un célibataire qui prend ses distances avec Dieu, une épouse trahie et révoltée, un étudiant affranchi et un agnostique sans problème.Quatre nouvelles d'un style alerte, des intrigues originales, des dialogues serrés, des dénouements à l'image de la vie.Dieu veut posséder les âmes dans la paix, mais il accepte le combat avec ses créatures et respecte la règle du jeu.Les voit-il engagées sur des chemins sans retour, il n'hésite pas à appliquer le frein d'urgence.Il préfère solliciter leurs libertés fragiles par la douce lumière d'un soleil qui n'a jamais trahi.BAGARRES AVEC DIEU, un livre populaire, format de poche, est édité par RAYONNEMENT, 2585 avenue Létourneux, Montréal-4.En vente chez tous les libraires, $1.00 l'unité.Héjçeliaiiisnie et christianisme Henri Rondet, s.j.Coll.Théologie pastorale et spiritualité, Ed.P.Lethielleux, 1965, 160 pages.Métaphysicien de la réalité sociale et de l'histoire, Hegel peut-il être pour la théologie du XXème siècle un nouvel A-ristote?C'est ce que s'efforce de montrer cet ouvrage, indispensable préliminaire à l'étude de Karl Mari.Faut-il abandonner saint Thomas?Cette question a été posée à Vatican II.Un des meilleurs philosophes de Rome, dans l'Osservatore Romano, s'est efforcé de montrer quel était l'essentiel du thomisme et n'hésitait pas à orienter les philosophes sur l'étude de Heidegger qui lui aussi place l'ETRE au centre de son système.Le P.Rondet, lui pense qu'il est plus important encore de confronter la Somme theologique avec le système hégélien.Les philosophes ont été attentifs à cet écrit génial qu'est la Phénoménologie (1806).Mais le théologien a beaucoup plus à prendre dans cette Encyclopédie des Sciences philosophiques, où l'Aristotélisme revit, vivifié par Descartes, Spinoza, Kent, Fitche et Schelling.En quelques chapitres très denses, appuyés sur un système de références organiques tant au texte allemand qu'aux récentes traductions françaises, l'auteur étudie l'esprit du système, la logique, la cosmologie, la philosophie de l'Esprit dans ses divers cantons : et très spécialement cette notion d'Esprit objectif qui peut rendre tant de services au philosophe et au théologien.Mais le nouvel Aristote a besoin lui aussi d'être sérieusement redressé, le système hégélien étant une espèce de Panthéisme trinitaire qui démarque dangereusement la théologie chrétienne.Un appendice est consacré aux idées de Gùnther, ce théologien malchanceux, victime d'une trop grande hâte à renouveler la théologie en fonction des systèmes philosophiques de son époque et encore si mal connu.256 Monde et foi Une collection internationale de catéchises pour jeunes sous la direction du Père Babin, o.m.i.Les jeunes d'aujourd'hui sont immergés dans un monde dont ils découvrent les dimensions et les valeurs.Ils applaudissent à sa marche en avant et cherchent à s'y insérer.C'est dans cette situation par rapport au monde que la Parole de Dieu devra les rejoindre, si l'on veut qu'elle soit pour eux Bonne Nouvelle de Salut.D'où, pour la catéchèse, l'exigence d'une triple fidélité : — Fidélité à la Parole de Dieu dans un effort de renouvellement doctrinal et une annonce du Royaume qui soit d'abord Joie, Vie et Plénitude.— Fidélité au monde dans son évolution même, car au-delà de ses ambiguïtés, il est oeuvre de Dieu, et ses échanges recherchent, au-delà de toutes frontières, la communion universelle.— Fidélité aux jeunes eux-mêmes en adoptant résolument le langage dans lequel ils s'expriment profondément, en les initiant aux activités et aux recherches de groupe, en les orientant vers une présence active au monde, en donnant a la catéchèse une dimension internationale.Telles sont les principales orientations de la collection.Une équipe lyonnaise de rédaction a réalisé le premier dossier de la collection : celui sur l'amitié.Une autre équipe est en place à Montréal, une autre à New-York, une quatrième en pays flamand; d'autres s'organisent en différents pays, en Afrique Centrale notamment.Il ne s'agit pas seulement de traduire ailleurs ce qui est écrit dans un pays, ni même de l'adapter à un autre contexte humain.Ce qui est essentiel entre les équipes, c'est l'échange, l'enrichissement réciproque, chacune apportant à l'autre une dimension inédite de cette universalité, signe des temps et volonté de l'Esprit-Saint.Après les ouvrages de recherche, d'analyse et de réflexion—"Les Jeunes et la Foi"; "Dieu et l'Adolescent"—voici enfin la mise en oeuvre et l'instrument de travail attendu par tous les responsables de la Catéchèse des Adolescents 13-17 ans.1 ) Analyse de mentalité Pour chaque sujet d'enseignement religieux, les auteurs font un sondage, ou mieux une enquête de mentalité : ainsi apparaissent les lignes de sensibilité des jeunes, leurs difficultés et le langage même dans lequel ils attendent qu'on leur annonce le Message.2) Réflexions doctrinales et catéchétiques Un second travail—doctrinal celui-là—consiste à cerner les éléments essentiels de la Révélation sur un point précis, à en dégager les arêtes vives, en vue d'une présentation renouvelée du mystère chrétien.Plus concrètement et au plan catéchétique, quels problèmes se posent à l'ducateur qui veut annoncer tel aspect de la Bonne Nouvelle ?3) Schémas de catéchèse En un troisième temps sont élaborés des schémas de catéchèse, à la fois en fonction de l'analyse de mentalité et de la repensée doctrinale.Leur progression est ponctuée de notes pédagogiques : justifications critiques et réflexions pédagogiques.4) Activités de préparation et d'assimilation Sont proposées enfin des activités et des travaux de groupe, soit avant la catéchèse (pour sa préparation), soit après (pour son assimilation par les jeunes).Chaque sujet de catéchèse comporte : — Le dossier complet, destiné à l'éducateur et dans lequel est inclus le Dossier-Jeunes.— Le Dossier-Jeunes, vendu à part du Dossier de l'éducateur.(Avec perforations pour classeurs à anneaux).DOSSIERS PARUS A DATE 1.Le dossier Amitié Cahiers pour l'éducateur Introduction générale — Analyse de mentalité 257 — Réflexions pour une catéchèse de l'amitié — Présentation des catéchèses.Catéchèses 1.Qu'est-ce qui se passe en moi?2.Mon amitié: une toccade ?une illusion?une étape?3.Que vient faire Dieu dans nos amitiés ?4.Le Christ serait-il un ami ?5.Vers une amitié plus ouverte.Fiches pour jeunes — Culture humaine et chrétienne : l'amitié.— Pour chaque catéchèse : activités de préparation et d'assimilation.documents.2.Le dossier Pureté Cahiers pour l'éducateur Introduction générale — Analyse de mentalité et orientations — Réflexions pour une catéchèse de la pureté — Présentation des catéchèses.Garçons-filles : 1.Une pureté en mutation.2.Révélation extraordinaire sur la pureté.Garçons : 3.Jusqu'où peut-on aller ?4.Comment savoir si je suis pur ou impur ?Filles : 5.A quelles conditions une fille peut-elle aimer avec pureté?6.Aime et fais ce que tu veux.Fiches pour jeunes — Culture humaine et chrétienne : la pureté.— Pour chaque catéchèse : activités de préparation et d'assimilation.documents.DEUX DOSSIERS HORS SERIE VIENNENT DE PARAITRE 1.Options pour une éducation de la foi des jeunes par le Père Pierre Babin, o.m.i.Il s'agit d'un bouquin de 124 pages qui se divise en deux parties : — La catéchèse bonne nouvelle pour l'homme d'aujourd'hui.— La catéchèse éducation du monde d'aujourd'hui.2.Méthodologie pour une catéchèse des jeunes par une équipe de spécialistes.Trois chapitres se partagent ce volume de 128 pages.— Une méthode d'alliance.— La réunion de catéchèse.— Méthodes et techniques.Tous ces dossiers sont publiés par les Editions du Chalet de Lyon.On peut se les pro curer dans les divers centres de documentation pastorale.258 Vie des mouvements LES CENTRES D'ENTRAÎNEMENT DE LA J.O.C.La J.O.C.tiendra comme d'habitude ses centtes d'entrainement à la station forestière provinciale de Duchesnay.Du 17 au 22 juillet ce seront les centres d'entraînement des garçons et des aumôniers et du 24 au 29 du même mois, ceux des filles de la J.O.GF.Un centre d'entraînement pour séminaristes est également prévu pour la_ dernière semaine de juillet : soit du 24 au 29.Les aumôniers et séminaristes intéressés à s'inscrire à ces centres d'entraînement pourront le faire en s'adressant à l'aumôniet national, le R.P.Roger Poirier, o.m.i., 685, boul.Décarie Nord, Ville St-Laurent, Que.PRÉSENTATION DU STATUT DU JEUNE TRAVAILLEUR Le 27 avril dernier, quatre dirigeants nationaux, soit MM.Michel Lapierre et Lionel Desrosiers et Mlles Anne-Marie Blanchet et Jacqueline Boisclair présentaient le statut du jeune travailleur à M.Fernand Jolicoeur,, directeur du département provincial de l'éducation des adultes.Il y fut tout particulièrement question du projer d'institut d'éducation populaire pour jeunes travailleurs.La J.O.C.ambitionne de travailler à répondre aux aspirations de nombreux jeunes travailleurs dans la ligne d'une meilleure éducation sociale.M.Jolicoeur s'est déclaré vivement intéressé à ce projet comme à tout le travail du mouvement.DEUXIÈME CONGRÈS DU M.T.C.Le mouvement des travailleurs chrétiens tiendra son congrès annuel, les 2 et 3 juillet prochain au Foyer Patro de Rivière du Loup, Que.Ce congrès comprendra deux parties.La première aidera les dirigeants diocésains à saisir encore davantage leur mission apostolique dans le monde ouvrier et la deuxième à devenir plus familiers avec ce que le M.T.C.leur propose pour réaliser cette mission.LE S.P.M.NATIONAL Le 30 juin et les 1.2 et 3 juillet prochain, le S.P.M.national aura son congrès annuel.Les dirigeants diocésains de 27 diocèses se regrouperont pour reviser le travail accompli au cours de l'année 1965-66 et adapter le programme de l'année prochaine.Une nouvelle initiative, très intéressante, sera lancée au congrès et réalisée du 30 juillet au 5 août.Il s'agit d'un camp de formation pour dirigeants et dirigeantes du mouvement S.P.M.UN NOUVEL AUMÔNIER DIOCÉSAIN DE J.O.C.Il s'agit de M.l'abbé Guy Breton qui devient l'assistant de l'aumônier diocésain de Montréal, M.l'abbé Philippe Dagenais.M.l'abbé Breton était vicaire à Ste-Dorothée de Laval.Nos meilleurs voeux au nouvel aumônier montréalais.DIRECTEUR GÉNÉRAL DE L'ACTION CATHOLIQUE DE TROIS-RIVIÈRES M.l'abbé Marcel Lefebvre a été nommé directeur diocésain de l'A.C.trifluvienne.Il succède à M.le chanoine Charles-Henri Lapointe, nommé curé à Ste-Anne de la Pé-rade.M.l'abbé Lefebvre possède une longue expérience en Action Catholique tout parti-culièremenr en J.E.C.et en L.O.C.- M.T.C.Nos félicitations et nos voeux au nouveau ditecteur.259 VIENT DE PARAITRE MISSEL DE L'ASSEMBLEE DOMINICALE pré sente par l'Abbaye de Saint André sous la Direction générale de Dom Thierry Maertens.Pensé et étudié selon un vaste programme de pastorale et de catéchèse liturgique, ce missel est l'édition populaire du Missel de l'Assemblée Chrétienne.Les commentaires qui introduisent à chaque dimanche, ont été rédigés dans le souci de rencontrer les problèmes de la vie des hommes d'aujourd'hui, en même temps que de définir les solutions de la pensée chré-Henne.Il aidera beaucoup de chrétiens à un approfondissement culturel devenu de plus en dIus nécessaire par l'introduction de la langue vivante dans la liturgie.JE NE MOURRAI PAS, JE VIVRAI Luce Rachel Ed.Fleurus, Mayenne 1966, 86 pages.En ces quelques pages autobiographiques, une jeune femme revit pour nous le drame de sa conversion au Christ et à l'Eglise.Née et élevée au sein d'une riche famille juive d'Europe Centrale, elle évoque tour à tour les joies et les peines de son enfance et de son adolescence ; la misère des camps de concentration, son baptême, l'effrondement de toutes ses sécurités humaines au lendemain de la guerre, son mariage, ses maternités, sa vie d'aujourd'hui.Mystérieusement préparée depuis l'enfance à répondre aux plus grandes exigences de la foi, elle raconte, avec fidélité et discrétion, un cheminement souvent douloureux et le rude combat final où l'amour du Seigneur, qui n'avait cessé de l'appeler, l'emporte enfin.Meubles Sports f*Me/jaAétte, FRtONNHIf FR.5-9661 MMDWAtl Util DIS F0B6ES ET ROTALÏ François Lacroix, gérant Cadeaux Ferronnerie Les Équipements de Bureau Richelieu Ltée J, L.Charette, Prés.Tél.: 346-5159 268, rue Champlaln, 24, Chemin de la Baie.Montréal : 866-4117 Saint-Jean, Que.Valleyfield : 373-3121 LA CONSTRUCTION DAMASE MORIN LTEE ENTREPRENEUR GENERAL, Spécialité : briques et pierre 10210, Ave.Brnehesi Montréal 12.Tél.: 389-2344 — 622-7225 L.R.VIALA INC.TOUT EN PHOTO ET CINÉ VENTES — LOCATIONS — RÉPARATIONS 1280 EST, DE MONTIGNY, — MONTRÉAL 24.— TÉL.LA.6-2535 Attention spéciale aux commandes postales.260 HUILES ELIECQ GAZOLINES 4135 Rouen MONTRÉAL 4 CL.4-7141 Montréal Toronto Hamilton OVERNITE EXPRESS LIMITED OTTAWA-HULL PR.7-4301 Hawkesbury Buckingham St-Jérôme "LARGE OR SMALL WE HAUL IT ALL" Maniwaki Shawville Pembroke P.L.TURCOTTE Marchand de Fourrures Confection et Réparations 464, De La Chapelle QUEBEC Tél.: LA.4-1030 MURDOCK LUMBER Co.CHICOUTIMI, Que.DOLLARD LUSSIER LTEE 53, EMsabeth Assurances générales S O R E L Tél.: 743-3391 LES PRODUITS ALIMENTAIRES DE LA MAURICIE INC.DISTRIBUTEURS DE VIANDE EN GROS 630, Poisson Trois-Rivières Tél.: FR.5-7739 TERREAU & RACINE LTÉE Distributeur et grossiste 196, rue St-Paul QUÉBEC (2) Tél.: 692-0220 Québec 245, rue Du Pont Tél.: 524-5257 LA CIE F.-X.DROLET INC.Atelier de mécanique et fonderie Spécialité : ascenseurs Montréal 4853, Parthenais Tél.: 524-1838 — IV — J.A.HOULE INC.est dépositaire des meubles neufs hors séries ainsi que des meubles légèrement imparfaits provenant de la manufacture "Les Meubles Maskinongé Inc." Pour lout achat de ces meubles offerts à prix spéciaux, adressez-vous à : J.-A.HOULE INC TEL.227-2344 MASKINONGE (voisin de la manufacture) BIENVENUE A TOUS QUEBEC IRON AND TITANIUM CORPORATION SCORIE DE TITANE FONTES EN GUEUSES SIEGE SOCIAL: TRACY, P.Q.Mine : HAVRE ST-PIERRE, P.Q.Pour l'industrie du pigment, la fabrication des revêtements des tiges à souder, et pour la fabrication d'alliages de ferro-titanium.Sorelmetal — Fontes spéciales à faible teneur de phosphore pour fonderies et aciéries.ADRESSE POSTALE : C.P.40, SOREL, P.Q.Usine : ST-JOSEPH-DE-SOREL, P.Q.,_M Aftupart&Cie ^■^^^^™^^^*v I LIMITÉE j^^^^^^^~ Don d'un ami y.& ►AÎLL4RGEON-£wrÉ£ Les plus grands fabricants de chandelles et bougies au Canada SAINT-CONSTAXT.105 Est.St-Panl.Cté Laprairie.Que.Tél.: 866-6913 MONTRÉAL PRODUITS CAILLETTE INC.Maskinongé, Que.Tél.: (Région 819) 227-2363 — v — g.®.£an ouette SJnc.ASSURANCES GÉNÉRALES Service • Sécurité • Satisfaction Représentant : André Lanouette 30, St-Philippe Cap-de-la-Madeleine Tél.: FR.6-7921 Tél.: UN.1-5721 DUCHESNEAU-TRUDEAU Limitée Négociants et Importateurs 81 est, rue St-Paul Montréal Avec les hommages de la Charbonnerie St-Laurent Cie Ltée Huile de chauffage 2620 Notre-Dame TROIS-RIVIÈRES Tél.: FR.4-6221 Sfct vous n'attendez jamais! Comptoir Laitier LA P'TITE VACHE • REPAS LÉGERS ET COMPLETS • SALLE À DINER ET COMPTOIR LUNCH • CAFETERIA • VARIÉTÉ DE PRODUITS LAITIERS PRODUITS ALIMENTAIRES LAPÉRADE INC.Manufacturiers de la margarine "Champlain — Soïa — Pop's" et des fromages "Pavillon et P'tite Vache" En donnant vos commandes exigez ces produits du Québec J.-D.Thibault, prop.Route No 2, GRONDINES, Cté Portneuf, Que.Tél.339-2303 — VI ROUSSEAU METAL INC.CASES POSTALES CASES A LIVRES BIBLIOTHEQUES EN METAL ETAGERES EN METAL PUPITRES CHAISES PLIANTES OU TUBULAIRES Tél.: 300-301 St-Jean Port-Joli C.P.188 Pour vos problèmes de fondations consultez FRANKI Spécialistes en fondations Etudes des sols — Pieux — Caissons — Poutrelles — Palplanches FRANKI OF CANADA LIMITED 187, Boul.Graham Montréal REgent 9-2371 Québec — Ottawa — Toronto — Edmonton — Vancouver J.P.MORIN Ltée ENTREPRENEURS GÉNÉRAUX Spécialités : Edifices publics — Construction en Béton Estimés fournis sur demande 79, rue Latreille CAP-DE-LA-MADELEINE, P.Q.Tél.FR.5-4866 Maurice Bernardin C.D'A.A.J.-Louis Bernardin C.D'A.A.André Bernardin C.D'A.A, Claude Bernardin C.D'A.A.Pierre Bernardin C.D'A.A.Raymond Bernardin C.D'A.A.| BERNARDIN FRERES INC.\* â COURTIERS D'ASSURANCES \# AGRÉÉS 715, Carré Victoria, suite 410, Montréal Tél.: 845-6257 — VII — 1 909- 1966 Acme Vacuum Ci e Ltée MAISON CANADIENNE FRANÇAISE DIRIGÉE PAR MONSIEUR ROLAND SALMAN, PRÉS.Centrales de nettoyage par le vide et aspirateurs portatifs pour — Eglises — Ecoles — Centres Récréatifs — Hôpitaux 9875, rue CLARK MONTRÉAL DUpont 8-5721 BUREAU CHEF — HEAD OFFICE : 625, LAFONTAINE — RIVIERE-DU-LOUP /D'ANJOU \ MONTREAL • QUEBEC • ST JEAN PORT JOLI • ST PACAL • RIVIERE-DU-LOUP EDMUNDSTON • ST.JOHN • MONCTON, N.B dî LE SALON DE BEAUTE POUR L'AUTO G.LEBEAU Ltée 5940, rue Papineau 1690, bcrtil.Ubelle Montréal, Tel.273-8861 Chomedy, Tél.688-3751 6270, Upper Lachine 405, O.Curé Poirier Montréal, Tél.489-822] Jacques-Cartier, Tél.677-9136 Toits • Housses • Nettoyage intérieur • Rembourrage • Vitres — VIII — Les magasins à rayons les plus importants dans le Québec! MONTRÉAL • QIHBSC • LASALLE PONT VIAU • GREENFIELD PARK • CHOMEDEY MAGASIN MIRACLE MART UNE DfWS/ON ûc S1EINÙERG lIMltt
de

Ce document ne peut être affiché par le visualiseur. Vous devez le télécharger pour le voir.

Lien de téléchargement:

Document disponible pour consultation sur les postes informatiques sécurisés dans les édifices de BAnQ. À la Grande Bibliothèque, présentez-vous dans l'espace de la Bibliothèque nationale, au niveau 1.