Le parler français, 1 octobre 1917, La Société du parler français
LA SOCIÉTÉ DU PARLER FRANÇAIS La Société du Parler français a repris, avec octobre, ses travaux du lundi.Elle a commencé par reconstituer son bureau de direction.A la première assemblée générale de la présente année académique, le lundi, 8 octobre, on a procédé au dépouillement du scrutin d'élection des deux nouveaux directeurs.Plusieurs centaines de nos membres avaient envoyé leur bulletin de vote.La majorité a renouvelé sa confiance à nos deux directeurs sortant de charge, M.l’abbé Antonio Huot et M.le docteur Arthur Vallée.Après le dépouillement du scrutin et la proclamation des directeurs réélus, le bureau a tenu sa séance d’organisation.Les mêmes officiers ont été réélus pour l’année 1917-1918.Le bureau se trouve donc ainsi constitué : Président d'honneur : Mgr Frs Pelletier, recteur de l’Université ; Président : M.l’abbé Antonio Huot ; Vice-Président : M.le docteur Arthur Vallée ; Secrétaire général : M.Adjutor Rivard ; Archiviste-trésorier : M.l’abbé Camille Roy ; Directeurs : S.G.Mgr P.-E.Roy, archevêque de Séleucie, Mgr C.-O.Gagnon, l’honorable M.Cyrille Delâge, Surintendant de l'Instruction publique, M.le docteur Calixte Dagneau.M.l’abbé Cyrille Gagnon, M.le chanoine Charles Beaulieu, M.L.-P.Geoffrion.Après la première assemblée générale, les membres se sont donné rendez-vous pour les soirées du lundi, à 8 heures.C’est, en effet, tous les lundis, à 8 heures, que les bons ouvriers de l’œuvre entreprise par la Société du Parler français se retrouvent 78 LA SOCIÉTÉ DU PARLER FRANÇAIS 79 pour continuer dans une commune pensée de patriotisme, et dans l’échange le plus cordial d’une très simple camaraderie, le travail commencé et poursuivi depuis quinze ans déjà.On y étudie, exactement pendant une heure et demie, — neuf heures et demie est l’heure obligée de la séparation, — les vieux vocables du parler français qui se rencontrent encore sur les lèvres de nos gens, et aussi les nouveaux, bien ou mal faits, qu’inventent la logique populaire ou le laisser aller parfois regrettable, l’insouciance verbale de toutes gens.On met sur fiches les observations ; on fait à chaque mot son état philologique, et l’on recherche avec soin ses origines françaises ou canadiennes.Le travail est austère le plus souvent, très amusant parfois, toujours instructif pour ceux qui s’y emploient.Il contribue à édifier lentement le glossaire canadien-français, que certains peuvent estimer n’être pas une œuvre pratique, mais qu'une province linguistique doit s'estimer heureuse de posséder.La plupart, sinon toutes les provinces du parler français ont, en France, un semblable glossaire dont s’honore chaque petite patrie.Il ne peut être indifférent à un Canadien français, attaché aux choses de sa province, que nous puissions un jour posséder le nôtre.Et c’est ce légitime et fier désir qui groupe chaque semaine quelques membres zélés, pas assez nombreux, de la Société du Parler français.Ils travaillent joyeusement dans cette grande salle, fraîche, toute nouvellement restaurée, que les directeurs du Séminaire ont très généreusement mise à leur disposition, et qui est voisine du Secrétariat de la Société.Sous des flots de lumière électrique qui descendent du plafond blanc, qui tombent sur les tables rouges, sur les fiches blanches et sur les têtes studieuses, dans la fumée odorante des cigarettes, et à travers les plus variables propos, s'élabore lentement l’œuvre patiente.Une longue bibliothèque couronnée de tableaux anciens couvre un pan de la salle ; des peintures italiennes, espagnoles et françaises, récemment acquises par l’Université Laval, ornent somptueusement les autres murs.C’est sous les regards des personnages de Murillo, de Giraldi, de Rigaud, de Largil-lières et de Jules Romain, c’est dans ce décor précieusement artistique que siège le comité d’étude.Et vraiment, il n’y a pas au.monde de comités d'étude qui soient logés comme le nôtre! 11 y a des images de beauté classique et des rêves d’artistes dans ce salon de la langue française.Le comité d’étude, composé tie tous les volontaires de la Société, se préoccupe aussi de la fortune de notre revue.Il y publie par tranches non définitives, et qui seront donc encore revisées, les cha- 80 LE PARLER FRANÇAIS pitres du glossaire.Il s’inquiète de voir se répandre partout dans notre province, et dans tous les centres canadiens-français de l’Amérique, cet utile et très actif périodique.Il souhaite que ses abonnés lui soient fidèles, et qu’ils lui amènent par un persuasif apostolat de nouveaux encouragements.La Société du Parler français poursuit donc avec une généreuse ténacité son œuvre patriotique ; puisse l’année nouvelle accroître encore les nécessaires sympathies qu’elle mérite.Louis de Maizerets.
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