Le parler français, 1 janvier 1918, Les livres
LES LIVRES Alphonse Gagnon.Cultures latine et teutonne.Québec, 1917, 56 pages.Notre concitoyen a résumé, dans ces trop courtes pages, l'histoire des deux civilisations qui se font aujourd’hui la guerre.On voudrait que certains passages soient plus développés, mais Fauteur n’a voulu qu’indiquer les étapes et donner une idée d’ensemble.Il conclut : “ L’ambition incommensurable de la nation allemande, si elle n’est pas réfrénée de façon à ne jamais inspirer de craintes, demeurera, non seulement la plus dangereuse menace pour la civilisation latine, qui est aussi la nôtre, mais, ce qui est encore plus grave, une menace pour la civilisation chrétienne tout entière.” A.R.L'abbé Henri Cimon.Aux vieux pays.Montréal (Beauchemin).1917, in-8 : 341 pages.Voici, je pense, l’un des plus grands succès de la librairie canadienne ! Trois éditions, onze mille exemplaires, cela ne se voit pas souvent chez nous.Nous avons rendu compte de cet ouvrage au mois de juin 1908 (Bull.P.F., vol.VI, page 380).Les mêmes éloges et les mêmes légères critiques s’appliquent à l’édition de 1917, sauf que l’apparence du livre est meilleure.D’ailleurs, l'auteur a apporté un soin singulier à la correction des épreuves, à tous les détails typographiques ; il a établi les tables et les index avec plus de précision ; il a orné le volume de nombreuses gravures.A.R.227 228 LE PARLER FRANÇAIS Almanach de I Action Sociale Catholique 1918.Québec (L'Action Sociale Catholique, 103, rue Ste-Anne), 1917, in-8 : 128 pages.Cette publication est unique chez nous.C’est plus qu'un almanach, puisque c’est un livre ; et c’est mieux qu’un livre, parce que c’est une œuvre.On y trouve non seulement les indications précises et diverses qu'on cherche dans les almanachs ordinaires, mais encore des études et des monographies, de l’histoire et de la littérature, de la doctrine et des faits, le tout ordonné de telle sorte qu’un intérêt soutenu entraîne le lecteur du commencement à la fin.On apprend, à lire ce livre, beaucoup de choses, qu’il fallait en effet savoir et qu’on ne pouvait trouver ailleurs.Des gravures nombreuses, les unes hors texte, les autres illustrant les sujets traités, ajoutent à la valeur de l’ouvrage, dont l’exécution typographique fait honneur aux éditeurs.Nous aimons à signaler la belle biographie, écrite par Mgr P.-E.Roy, de M.l’abbé S.-A.Lortie, et intitulée : Un pionnier de l'Action sociale catholique ; une monographie sur l'Eglise et les Curés de Notre-Dame de Québec, par Mgr Amédée Gosselin ; un Noël rustique, de M.l’abbé Camille Roy ; un article de l’hon.M.Thomas Chapais sur le monument Louis Hébert ; Charlesbourg à vol d'oiseau, par M.le chanoine D.Gosselin ; un conte du terroir, par le Fr.Marie-Yicto-rin, Ne vends pas la terre ; le Parc national des Champs de bataille, avec plan ; une poésie de Mlle Blanche Lamontagne, Prière pour la vieille maison ; etc.A.R.P.-G.Roy.Sieur de Vincennes identified.Indianapolis (C.-E.Pauley & Company), 1917 in-8 : 130 pages.Traduction anglaise d’un travail historique, où il est établi qui était le sieur de Vincennes, dont l’identité, dit-on, fut longtemps aussi mystérieuse que celle du Masque de fer.Dans les quelques pages de préface qu'il a écrites pour ce nouveau livre de M.Roy, M.J.-P.Dunn, secrétaire de Y Indiana historical society, fait une haute et juste appréciation des travaux historiques de notre concitoyen.A.R.L'abbé J.-A.D'Amours.Saint-Mathieu de Central Falls.Québec (l'Action Sociale Itée, 103, rue Ste-Anne), 1917, in-16, 125 pages.On a souvent dit quel intérêt présente, comme contribution à l’histoire du Canada français, l’histoire particidière de chacune de nos LES LIVRES 229 paroisses.Un intérêt pareil, et non moins vif, s’attache à cette histoire d’une paroisse de langue française aux États-Unis, paroisse catholique qui s’est fondée, a grandi et s’est développée dans un milieu anglais et protestant.C’est l’histoire locale et particulière des institutions vitales d’un peuple, et qui fait voir de près la vigueur des familles et de la race, leur esprit et leurs ressources.U y a dans cette survivance des nôtres là-bas, un phénomène de conservation et d a-daptation tout à la fois, de vie américaine et aussi canadienne-fran-çaise, “ qui n’intéresse pas seulement, écrit l’auteur, par son côté principal religieux, mais aussi par son côté ethnique et économique.Et le lecteur prend à cette étude un intérêt d’autant plus grand qu il est général ; car le développement de cette paroisse de Saint-Mathieu, “ c’est ce qui s’est réalisé dans vingt, dans cent paroisses de la Nouvelle-Angleterre ”.Un chapitre sur lequel on aime à s’arrêter et sur lequel on peut faire d’utiles observations, c’est celui où l’auteur décrit la vie économique de la paroisse.L’état des recettes et dépenses est instructif et montre, mieux que de longues pages, ce que le maintien de 1 esprit religieux et des traditions nationales a dû coûter d’efforts et de dévouements.En donnant Yimprimatur à cette monographie.Son Éminence le Cardinal Bégin écrivait à l’auteur : “ Je veux vous féliciter d’avoir pu donner une partie de vos travaux à l’exposé de cette vie paroissiale si féconde et si belle, qui conserve aux catholiques américains d’origine canadienne leurs plus belles traditions catholiques et françaises et qui en fait d’excellents citoyens américains.” A.R.Jules Tremblay.Les Ferments.Ottawa (Imp.Beauregard), 1917, in-8 : 78 pages.J’ai pris racine au sol qu'ont découvert les nôtres ; Et, dans chaque sillon puisant leur souvenir Comme un or épuré que rien ne peut ternir.J'écoute dans mon cœur chanter leur voix d'apôtres.” A lire ces quatre premiers vers, je pense que vous prendrez le désir de lire le recueil tout entier.Vous ne le regretterez pas, et vous ne serez pas désappointés ; car vous pouvez, sur cette simple strophe, juger toutes les autres ; elle montre les qualités et aussi les quelques négligences que la suite fait paraître.Inspiration bien canadienne, puisée au terroir natal; des vers corrects et harmonieux ; mais de temps en temps, une interruption 230 LE PARLER FRANÇAIS fâcheuse dans le développement de l’idée, et douze syllables qui semblent étrangères au dessin rythmique.Notons aussi que parfois la pensée est un peu vague, et l’expression un peu hardie.A.R.Ecole Normale de Rimouski.Annuaire No 1.Les on?e premières années, 1906 à 1917.Québec, in-8 : 1917./ Nous venons de recevoir le premier annuaire de l’École normale de Rimouski.C’est un document intéressant pour l’histoire de notre enseignement primaire.On y trouve des détails abondants sur la fondation de l’École, sa vie intérieure, et tous les événements heureux qui ont marqué l’histoire des onze premières années de cette institution.L’École de Rimouski, confiée aux dames Ursulines, et placée sous la direction de son très distingué principal, Mgr F.-X.Ross, est l’une des plus florissantes de notre Province.C.R.J.-A.-ÉMILE Asselin, B.S.Les mamans ontariennes.Poésies.Préface de M.J.-A.Foisy.Ottawa (imprimé au “ Droit ”), 1917, plaquette in-12, 44 pages.Les mamans ontariennes furent admirables comme toutes les mamans héroïques : elles montèrent la garde aux portes de l’école française.Cette action devait faire surgir en l’âme des poètes des visions et des images et des harmonies.M.Émile Asselina vu quel parti on pourrait tirer de ce thème héroïque.Il a composé, avec un épisode de la lutte scolaire un poème.Ce poème est bien inspiré.Il a des vers alertes, vigoureux, des tirades éloquentes, trop éloquentes.Le sujet est peut-être un peu noyé dans la rhétorique.Et puis M.Foisy a eu raison d’observer que le père de famille joue ici un rôle malheureux.Le père est sacrifié à la maman.Le sacrifice est inutile, et laisse même entendre que les pères ontariens n’ont pas eu le patriotisme et la générosité des mamans.Ce qui est inexact.Mais il y a dans cette plaquette des traces évidentes d’inspiration réelle, d’un talent qui devra se développer.C.R.Almanach de la Langue française, troisième année, 1918 ; édité par la Ligue de Droits du français.Montréal (imprimé au “ Devoir ”) 1918, in-18, 130 pages.Cet Almanach fait grand honneur à la Ligue des Droits du français et à ses collaborateurs.C’est le troisième de la série, et il est particulièrement remarquable pour la variété et 1 interet des articles LES LIVRES 231 qui y sont inscrits.La langue française, et notre histoire, et nos institutions y sont tour à tour célébrées, mises en lumière, au besoin défendues par des plumes alertes, documentées, souvent éloquentes, toujours solides.Nous ne pouvons faire ici l'éloge d’aucune en particulier, sans paraître injuste pour les autres.Signalons seulement l’exhortation patriotique de M.Pierre Homier, en faveur de la langue française.Parler la langue au foyer, dans la rue, au téléphone, aux bureaux de services publics, la parler Correctement, voilà ce qu’il faut faire en ce pays, partout où il y a des Canadiens français.Rappeler à tous ce devoir, voilà la “ Croisade nécessaire ”, et tous les lecteurs de Y Almanach entendront l’appel toujours opportun qui leur est fait.C.R.Gaston Pichot.La sublime Epopée.Paris (Revue des Littérateurs indépendants), 1917, 20 pages.C’est du fond de l’Afrique, de Mossaka, dans le Congo français, que M.Pichot a envoyé ces vers à la Revue des Indépendants.La mobilisation coloniale le retient là-bas ; mais le jeune et vaillant poète a voulu participer lui aussi, à la “ lutte des idées, non moins nécessaire que l’autre, que mènent les bons ouvriers de la pensée française.” Dans ce poème, comme le dit M.Robert More he, président de l’Association des Littérateurs indépendants, dans une courte préface, fermente “ toute une ardente vie intérieure favorisée par la solitude ”, et resplendit un enthousiasme vibrant pour la Patrie.A.R.Dernières publications du Ministère des Mines du Canada : B.-F.Haanel.Tourbe, Lignite et Houille, xiit-206 pages.Léopold Reinecke.Gisements minéraux de la rtgion de Beaverdell, C.B.v-167 pages.
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