Le parler français, 1 janvier 1918, Lexique canadien-français
LEXIQUE CANADIEN-FRANÇAIS Peloter (ploté) v.intr.|| Se rouler en pelotes.(Se dit surtout de la neige fondante).Ex.: Il fait doux ce matin, la neige pelote.Fr.-can.Id., Potier, Détroit, 1743.— Le Père Potier a de plus relevé, à Lorette, en 1743, l’expression suivante : Le bois pelote, c’est signe de neige.Peloter (se) (sè ploté) v.réfl.|| Se dépêcher.Ex.: T’as besoin de te peloter, si tu veux finir ce soir.Pelure (plu:r) s.f.1° || (Synonyme de blonde ou de cavalier).Ex.: Il va voir sa pelure tous les jeudis.— Elle attend sa pelure à soir.(Relevé dans le Nouveau-Brunswick, chez les Acadiens.) 2° || Femme, épouse.Ex.: Vous êtes venus tout seuls, pourquoi n’avez-vous pas amené vos pelures?(Relevé dans le Nouveau-Brunswick, chez les Acadiens.) Pénalité (pénalité) s.f.| Amende.Ex.: Il a été condamné à une pénalité de = à une amende de.Étym.Anglicisme : penalty.Pendandrilloche (pàdàdriybe) s.f.|| Pendeloque.232 LEXIQUE CANADIEN-FRANÇAIS 233 Pend’oreilles (pàdbr'ey) s.m.|| Pendant d’oreilles.Vx FR.Id., COTGRAVE.Dial.Id., Normandie, Moisy.Pendrilloche (pâdriyoc) s.f.|| Pendeloque, prisme de cristal qui pend à un lustre, pendant d'oreilles.Dial.Line pendrilloche, dans l’Anjou, est une chose qui pend, Verrier.Fr.-can.On emploie le mot pendrioche, par dérision, pour désigner les bijoux, les ornements de mauvais goût et de peu de valeur.Par extension, on appelle aussi pendrioche des morceaux, des lambeaux de vêtements tout déchirés, et en général les choses de peu de valeur suspendues ou qui pendent.Pendriloque (pàdrilbk) s.f.| Pendeloque.(Voir le mot précédent.) Pénigue (pénig) s.f.| Chose de peu de valeur.Ex.: C’est de la pénigue, on n’en donnerait pas un sou.— C’est pas de la pénigue.Pénille (péniy) s.f.1° || Guenille, loque.Ex.: Faire de la catalogne avec de la pénille.Di al.Fd., Anjou, Verrier.En Bretagne, la pénille est une grosse étoffe du pays en laine cordée et en fil.2° || Etoffe grossière fabriquée de vieilles étoffes défaites par l’effilage et le cardage.Pennette (penci) s.m.11 Pennon, espèce de petit drapeau qui se termine en pointe.Étym.On rattache le fr.-can.pennette au mot anglais pennant ; mais il faut remarquer que l’anglais pennant vient du fr.pennon.Pennette (cache) (Aàe penèt) s.m.| Caleçon de bain ; tablier.Dial.Dans l’Anjou, le mot pennette signifie séant, Verrier.Pension de table (pâsyô de tàb) | Pension où l’on nourrit sans loger. 234 LE PARLER FRANÇAIS Pensionner (pàsybné) v.tr.et intr.1° V.tr.|| Loger ou nourrir pour un prix convenu.Ex.: C’est lui qui pensionne tous les hommes du chantier.— Il pensionne à bien meilleur marché que son voisin.2° V.intr.|| Loger (chez quelqu’un) ou être nourri pour un prix convenu.Ex.: J’ai pensionné à l’hôtel pendant deux ans.Fr.Can.Avec le dernier sens on dit aussi : se pensionner.Ex.: Je me pensionne chez un tel.Fr.Le verbe pensionner est transitif : gratifier d'une pension.Pente (pâ:t) s.f.11 Pente latérale dans les chemins d’hiver.Ex.: Il y a des pentes tout le long de la route, et notre voiture a baraudé tout le temps.Penteux (pâté) adj.|| (Chemin d’hiver) où il y a beaucoup de pentes latérales.Pepa (pœpà) s.m.|| Papa.Dial.Id., Ille-et-Vilaine, Orain.Fr.-can.Aussi poupa.Pépé (pépé) s.m.| Grand’-père.Pepére (pœpé:r) s.m.1° || Grand-père, grand-papa.Dial.Id., Anjou, Verrier ; Picardie, Corblet, IIaignerê ; Normandie, Delboulle.2° || Vieillard.Dial.Id., Anjou.Verrier ; Picardie, Corblet, Haigneré ; Normandie, Delboulle.Fr.-can.On dira d’un enfant qui porte des vêtements qui ne sont pas de son âge : Il est habillé comme un petit pepére ; il a l’air d’un pepére.— Et le mot s’emploie, en général, pour désigner un homme un peu vieillot.— Aussi pépére.3° || Le mot s’emploie aussi pour marquer une espèce de superlatif, pour signifier qu’un objet, un animal est très gros, très gras.Ex.: Il a un pepére de chapeau = un très grand chapeau.— C est pas un petit pepére = c’est un dur à cuir, un original, etc.— De même on emploie l’expresssion : en pepére, adverbialement pour signifier : beaucoup.Ex.: Il mange en pépére = il mange beaucoup.4° || Espèce de pâtisserie (surtout appelée grand-père). LEXIQUE CANADIEN-FRANÇAIS 235 Pepite (pœpit) s.m.| Pupitre.Fr.-can.Aussi pupite.Pèque (;pèk) s.f.| Visière de casquette.Etym.Cf.l’anglais peak = visière.— Mais le mot anglais peak semble venir lui-même du normand pèque.Péquot (pékô) s.m.1° || Cheval maigre, efflanqué, chétif.2° || Individu niais, de peu d’esprit, lâcheur (terme de mépris).Fr.-can.Aussi pêquiot.Percentage (persâtà.j) s.m.|| Pourcentage Fr.Le percentage est un droit de tant pour cent ; le pourcentage, c’est l’établissement du tant pour cent.Fr.-can.Aussi parcentage.Perchaude (:pèrcô:d) s.f.| Poisson d’eau douce, perche canadienne.Fr.-can.Voir parchavde.Dial.Id., Anjou, Verrier.Percher (percé) v.tr.et intr.1° V.tr.|| Assujettir (un voyage de foin, de bois.etc.) avec une perche.E.r.Il perche son voyage avant de partir.Fr.-can.Le verbe percher, en ce sens, s’emploie aussi absolument.Ex., Il y a assez de foin, tu peux percher maintenant.— Au figuré, le verbe percher s’emploie aussi absolument pour signifier : s’apprêter à partir.Ex.: Il y a assez de monde dans la voiture, perche.— Voir le mot parcher, même sens.—• “ Ça perchait cette année ”, pour dire que le foin était abondant, qu’il f'allait en conséquence percher les voyages.2° || Conduire un bateau à la perche.Fr.-can.Le verbe percher, dans ce sens, a été relevé à Québec par le Père Potier, en 1743.3° V.intr.|| Aller vite, marcher vite.Fr.-can.Aussi tnècher. 236 LE PARLER FRANÇAIS Percheter (pèreté) v.tr.|| Assujétir (le foin dans une charrette) au moyen d'une perche.Fr.-can.C’est le premier sens du verbe percher.On dit aussi parcheter.Perçoir (pèrswa) s.m.|| Perçoir.Fr.-can.On dit aussi parloir.Perçoué, perçouêr (pèrswé, pèrswè:r) s.m.|| Perçoir.Fr.-can.On dit aussi par^oué, et par^ouèr.Perdre (perd) v.tr.1° || Perdre une motion = se dit de celui qui a fait une motion, laquelle a été rejetée.2° || Perdre l’haleine = mourir.Fr.-can.Dans ce dernier sens, perdre l'haletine a été relevé par le Père Potier, à Lorette, en 1743.— Aussi perdre le souffle, le respir.— Aussi pardre.Père (pe:r) s.m.|| Pis de vache.Dial.ID., Maine, Montesson.Fr.-can.Mettre du temps à faire son père = être lent à agir, prendre du temps à faire quelque chose.Père (son) (sô pe:r) s.m.11 L’expression son père s’emploie souvent par une femme s’adressant à son mari, ou parlant de lui.Fr.-can.De même l’expression sa mère s’emploie pour désigner l’épouse à qui le mari s’adresse.Les enfants aussi, en s’adressant à leur père ou à leur mère, ou en parlant d’eux, emploient ces expressions.Père Antoine (pe:r àtwèn) s.m.| Péritoine.Le Comité du Glossaire
Ce document ne peut être affiché par le visualiseur. Vous devez le télécharger pour le voir.
Document disponible pour consultation sur les postes informatiques sécurisés dans les édifices de BAnQ. À la Grande Bibliothèque, présentez-vous dans l'espace de la Bibliothèque nationale, au niveau 1.