Le parler français, 1 juin 1918, Revues et journaux
REVUES ET JOURNAUX L’art classique et français.A propos de la reprise de Lucrèce Borgia de Victor Hugo, au Théâtre-français, M.Alfred Poizat publie dans le Correspondant du 10 avril dernier une excellente étude sur le théâtre romantique, sur celui d’Hugo en particulier.On en sait les faiblesses, et les moyens dramatiques d'ordre inférieur, et en partieluier tout le luxe nécessaire de la mise en scène pour frapper l’imagination et l’œil du spectateur.Combien différent fut le théâtre classique où l’esprit ayant davantage son compte, ne cherchait pas dans des effets de décor son intérêt.M.Poizat parlant de la Comédie-Française, qui est le théâtre chargé à Paris de conserver les gloires de l’art classique, définit justement cet art lui-même.Elle est (la Comédie-Française), par excellence, le théâtre de la pensée, la maison des œuvres aux tendances desintéressées et sereines, le foyer d’un art fait de raison, de simplicité et de mesure, disons le mot, d’un art plus intérieur qu’extérieur.L’art de la mise en scène y est subordonné à l’art du comédien qui y est lui-même subordonné à l’art de l’auteur.Toute la valeur en est concentrée dans le texte, qui, s’il était dit avec une intelligence complète, devrait suffire à l’effet et déchaîner, par la seule vertu de la diction, l’enthousiasme, l’émotion ou le rire.Nulle part au monde n’existe un théâtre comme celui-là et où la pensée se suffise ainsi à elle-même.Partout ailleurs la partie spectacle domine ou bien est encombrée de figuration et de hors-d’œuvre.Ici tout est combiné pour parler à l’esprit plutôt qu’aux yeux et pour amener l’auditeur jusqu’à l’âme même de l’œuvre.” M.Poizat peut ensuite se demander ce que vient faire Lucrèce Borgia sur la scène où l’on doit jouer Horace, Polyeucte, le Misanthrope, Britannicus.476 REVUES ET JOURNAUX 477 De VAmérique, journal du Comité France-Amérique, numéro spécial consacré a l’“ Exposition des dons américains ” : “ La générosité du Canada envers nos blessés mérite une égale reconnaissance du peuple français.Et, à cet égard, il ne convient pas d’établir de distinction entre la population d’origine française et les provinces de langue anglaise, — inspirées, la première, par une touchante fidélité à l’ancienne mère-patrie, et les autres par un sentiment d’admiration pour la vaillance française.Tout le Dominion, en effet, a répondu avec une unanime spontanéité à l'appel cjui lui était adressé, et la Croix-Rouge Canadienne, notamment, a rendu à nos hôpitaux, depuis trois ans et demi, des services considérables.” _ xj: * * La Petite Gironde, dans son numéro du 9 avril 1918, consacre un long article aux Canadiens et au Canada.Elle rappelle la vaillance de nos soldats aux tranchées de la France, et les témoignages de dévouement qui furent par eux donnés à l’ancienne mère-patrie.Elle termine par cet éloge de nos forestiers.Un certain nombre de Canadiens, anglais et français, qui sont en France, appartiennent aux bataillons de forestiers qui ont été chargés d'exploiter nos forêts à l’usage de la guerre.Qui n'a vu les forestiers canadiens, opérer dans nos landes de Gascogne n'a rien vu.Ils font l’ébahissement de nos bûcherons, qui en sont restés aux vieilles méthodes.Leur chantier, installé en pleine forêt, est activé par l'électricité et la vapeur, qui meuvent câbles en fer, treuils, locomotives et wagons.E?i un rien de temps, l'arbre est scié, écorce, débité et embarqué.Les déchets de la production assurent le chauffage.Tout le reste est destiné à la guerre pour construire des aéroplanes, des navires, des camions, des traverses de chemins fer, etc., etc.Comment la France ne garderait-elle pas à jamais le souvenir du concours que lui prête aiîisi sous toutes les formes le Canada ?* * * Le Bulletin de Propagande française, du 15 mars dernier, donne une large place au compte rendu de la séance académique au cours de laquelle l’Université Laval décernait à M.François Veuillot le diplôme de docteur ès lettres, et à M.Eugène Duthoit celui de docteur en droit.Il conclut : “ La grande fête universitaire de Québec ainsi que les réunions diverses qui l’ont accompagnée auront servi magnifiquement la cause française : les nombreuses lettres que nous avons reçues du Canada en témoignent.” C.R.
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