Bulletin du parler français au Canada, 1 mars 1905, mars
P'3 Or Vol.Ill MARS 1905 N° 7 BULLETIN DU SOMMAIRE Pages 1«*7 L'Anglicisme-Lettre ouverte au Secrétaire general de la Société du Parler français au Canada.L Abbé F.-X.BcRQUE.209—Noms sauvages—Étymologie (su ite).‘- Egg- ROUHAAKD.213—Façons de parler, proverbiales, triviales, figurées, etc., des Canadiens au XVIlIe siècle—Par le P.Potier,S.J.221—Lexique cauadien-français (tni tel.Le Comité ni BULLETIN.22ü—Glanures.227— Sarclures.LeJJarci.euk.228— Bibliographie—Ernest Gagnon, Choses d'autrefois— Feuilles éparses.A.Rivakd-Laglanderie.Le Palinod de Normandie.232—Anglicismes.Le Comité du Bulletin.RÉDACTION HT ADMINISTRATION LA SOCIÉTÉ DU PARLER FRANÇAIS AU CANADA UNIVERSITÉ LAVAL QUÉBEC Editeur-dépositaire, à Paris: H.CHAMPION, libraire-éditeur, 9, Quai Voltaire. A L P H A B ET P H ON ÉTIQ U E (Signes conventionnels pour la figuration de la prononciation) tl'u])rèx MM.Gii.i iî.mon rl l'abbé Kolsselot Lettres françatsks, Les lettres a, e, i, o, u, b, cl.n, f, j, k, I, ni, n, p, r, t.u, z, ont la même valeur qu’en français.g = g dur (gateau); s - s dure (sa); œ eu français (heureux); iv — ou semi-voyelle (oui); y i semi-vovelle (pied); iv = u semi-vovelle (huile); è — e ftnjinin (je); h marque l’aspiration sonore.Lettres nouvelles, u — ou français (coucou); c = eh français (chez).Signes diacritiques.Un demi-cercle au-dessous d'une consonne indique que cette consonne est mouillée: I (son voisin de l + y, l mouillée italienne), k (son voisin de A + y), g (son voisin de g + y), n (gu français de agneau).— Un point au-dessous d’une consonne indique que cette consonne est prononcée la langui entre les dents: t, d (sons voisins de t + s, d+z; c’est le / et h d sifflants canadiens de: ti, du).Les voyelles sans signes de quantité ou de qualité sont indéterminées (tantôt ouvertes, tantôt fermées), ou moyennes: u (a de patte), e (e de peril), o (o de hotte), œ (eu de jeune).—Les voyelles marquées d’un accent aigu sont fermées: ci (a de pâte), é (e de chanté), 6 (o de pot), æ (eu de eux).—Les voyelles marquées d’nn accent grave sont ouvertes: ci (a de il part), é (e de père), o (o de encore), te (eu de peur).—Les voyelles surmontées d’un tilde sont nasales: ci (an de sans), è (in de vin), 6 (on de pont), ce (un de lundi).—Suivies d'un point supérieur, les voyelles sont brèves: rr, r, etc.; de deux points, elles sont longues: a:, i:, etc.; d'un accent, elles sont toniques: i', etc.Deux lettres qui se suivent, et dont la seconde est entre crochets, représentent un son intermédiaire entre les deux sons marqués.Ainsi, ô[o] = o demi-nasal.Les petits caractères représentent des sons incomplets.11 n’v a pas de lettres muettes dans la prononciation figurée; chaque son n’est représenté que par une lettre, et chaque lettre ne représente qu’un son. Vol.Ill, N" 7—Maks 1905 L’ANGLICISME Lettre ouverte au Secrétaire général de la Société du Parler français au Canada Note.—La lettre qui suit est de M.l'abbé F.-X.Burque, qui a fait sur le franco-canadien de longues observations.On a lu de lui, sans toujours le reconnaître, plus d’un article philologique.Avec une générosité pour laquelle nous voulons lui marquer d’abord notre reconnaissance, M.Burque a bien voulu nous communiquer ses notes, tout le fruit de ses recherches.Après les matériaux recueillis et mis à notée disposition par l’un de nos directeurs, M.Paul de Cazes, et qui sont bien les plus considérables et les mieux ordonnés qu’il nous soit possible de consulter ; après le précieux manuscrit du Père Potier, S.J , où sont enregistrées les formes du langage canadien au XVIIIe siècle, et que M.Philéas Gagnon, le bibliophile québecquois, nous a permis de publier dans le Bulletin ; après le glossaire manuscrit de Jacques Viger, qui paraîtra aussi dans notre revue avec la gracieuse permission du Séminaire de Québec, les notes de M.l’abbé Burque forment la contribution la plus importante que la Société du Parler français a reçue.Quant à l’intéressante lettre qu’on va lire, nous ne pouvons, du moins pour .l’heure, admettre toutes les propositions qu’elle renferme.Plusieurs questions y sont soulevées, où les conclusions de M.Burque sont les nôtres; il en est quelques-unes auxquelles l’état actuel de nos recherches ne nous permet pas encore de toucher, et d’autres sur lesquelles nous serions tentés de contredire.Mais le Bulletin est une revue de libre discussion, et nous sommes heureux que M.Burque ait posé des questions qu’il faudra résoudre tôt ou tard, et donné une opinion, fondée sur de sérieuses recherches.Le Comité de Bulletin.Québec, le 20 février 1905.M.Adjutok Rivard Secrétaire général de la Société du Parler français Monsieur le Secrétaire, 11 y a plus de quinze ans que j'ai commencé à collectionner des mots populaires et des anglicismes.Je travaillais déjà à celte 'collection quand le livre de Clapin parut.J’ai, depuis, 197 198 Bulletin du Parler français recueilli assez de matériaux pour doubler, au moins, celte publication.Mon intention était de la reprendre, en sous-œuvre, après entente avec l’auteur, et de la compléter, lorsque le Bulletin du Parler français est paru à sou tour.Vous m’avez coupé l’herbe sous le pied ! Combien j’en ai été heureux ! D’abord, je voyais avec quelle compétence et quelle garantie de perfection le sujet allait enfin être traité.Puis, je me trouvais, du coup, déchargé du labeur et de la responsabilité du livre cpie j’avais en vue.Je n’ai plus songé, dès lors, qu’à vous faire bénéficier de mes recherches.C’est pourquoi, vous ayant déjà fourni mes notes sur les mots commençant par les lettres A, B et C faible collaboration que vous avez accueillie favorablement et que vous m’avez prié de continuer je vous offre aujourd’hui mon travail entier pour tout le reste de l’alphabet.Ces matériaux sont vôtres maintenant.Il doit y avoir, à côté de choses utiles, beaucoup d’erreurs, d’inexactitudes et de superfluités.Il vous appartiendra, à vous et à vos confrères du Comité d’étude, de faire le triage de ce qu’il y a de bon, de séparer l’ivraie d’avec le froment.Coupez, taillez, corrigez, faites ce qu’il vous plaira.Je ne voudrais certes pas entrer en discussion pour défendre un seul des mots que je suggère.Je ne puis que m’incliner devant votre compétence et votre autorité.Effectivement, Monsieur le Secrétaire, votre œuvre est là qui me trace ma ligne de conduite; car cette œuvre, non seulement je l’approuve, mais je l’admire; non seulement je n'v trouve rien à reprendre, mais je partage, en tous points, les vues et les principes qui vous inspirent.Comme vous, comme votre société, c’est bien réellement un travail d’épuration que je me proposais d’accomplir.J’étais désireux d’éliminer de notre belle langue une foule d’imperfections qui la déparent, soit du côté de l’anglais, soit du côté du français, comme on enlève les taches d’une brillante épée qui s’est rouillée par le temps et par l’usage.Mais en même temps, je me proposais, comme vous, une œuvre patriotique en l’honneur du français que nous parlons, en faisant voir qu’une foule de nos expressions populaires, tout en n’étant pas du dilettantisme moderne le plus raffiné, n’en sont pas moins des joyaux, au sens parfaitement clair et défini, à la forme parfaitement française, dont nous devons être fiers et qu’il nous faut conserver. L’Anglicisme—Lettre ouverte au Secrétaire 199 Il y a toutefois cette différence entre les ternies d origine française et les termes d’origine anglaise que le travail d’élimination ou de correction parmi les premiers est relativement très facile et très agréable, tandis que le même travail parmi les derniers est réellement difficile et ennuyeux.La raison en est que dans ce dernier cas, il s’agit, ni plus ni moins, de l’introduction d’éléments étrangers dans notre parler si pur— chose essentiellement délicate et pleine de responsabilités; tandis que dans l’autre cas, ce qu’on laisse passer étant de nature homogène avec le fond de notre langue, la question ne peut être aussi chatouilleuse.Un cri a été jeté: « L’anglicisme, voilà l’ennemi ! » Jamais on n’a encore entendu personne s’écrier : Le vieux français est aussi l’ennemi.Plusieurs de vos lecteurs, Monsieur le Secrétaire, seraient peut-être portés à se récrier déjà, en disant: «Mais si l’anglicisme est l’ennemi, il faut chasser tous les anglicismes ; alors où est la difficulté ?» Pour vous, Monsieur le Secrétaire, qui avez approfondi la question, et qui m’avouez même que, sur ce terrain, votre course est encore vague, perplexe et indéterminée, il est évident que vous avez découvert, ainsi que moi, deux sortes d’anglicismes: les uns qu’il faut clairement éliminer, et les autres qui sont une source d’embarras.Et puisque vous êtes vous-même actuellement aux prises avec cet embarras, je vous intéresserai peut-être en vous faisant connaître mon opinion là-dessus.Avec votre bienveillante permission, j’oserai insister un peu sur la question des anglicismes.La difficulté que j’v vois- difficulté pratique et inéluctable, à laquelle il me semble qu’on doit faire face de bonne foi et avec une judicieuse attention- est tout simplement celle-ci: Que faire d’une foule de mots anglais, ou dérivés de l’anglais, qui n’ont pas en français de substituts capables de donner une égale satisfaction, et qui sont tellement passés en usage parmi notre peuple qu’on les croirait enfin incorporés de jure dans notre langue canadienne-française ?Vouloir supprimer absolument tous les mots anglais ou dérivés de l’anglais, sans faire de distinction, ne serait-ce pas 1° faire acte de chauvinisme, 2° se heurter contre une tâche à peu près impossible ? 200 Bulletin du Parler français \oilà, selon moi, la pierre d’achoppement.11 importe de présenter, ici, plusieurs considérations.La première chose à considérer est le conservatisme, ou timide ou lier, en tout cas très réel et très exagéré, de la langue française en lace de 1 extrême liberté de la langue anglaise.Celle-ci, en eftet, loin d avoir en horreur les mots tirés des autres langues, les admet toujours sans hésitation, même avec empressement, dès que les équivalents manquent, en anglais, pour rendre aussi bien les choses.Elle est, sous ce rapport, d’un esprit d’accaparement et d une force d’assimilation à peu près sans limites et universels.Elle s’assimile ou peut s’assimiler toutes les langues.Elle s’incorpore surtout les mots d’origine française.On compterait ces mots par milliers dans tous les grands dictionnaires anglais ; non seulement les mots à désinences communes able, ible, on, ence, etc., mais des mots qui ont tout à la fois une désinence et une physionomie purement françaises.Inutile de donner des exemples.Qu’on ouvre un Webster et à chaque page on trouvera de ces mots surprenants.Parfois, avec une espèce de bonhomie, les dictionnaires donnent une physionomie anglaise aux mots français-De cariole, on fera carry-all ; de loup-cervier on fera lucivee ; de soupane on fera supaivn ; de Saut on fera Soo, etc.Une telle conversion rappelle notre propre manière de franciser les mots anglais.Mais en général, sans aucune conversion et sans aucun scrupule, on prend les mots dont on a besoin et on les incorpore tels quels dans l’anglais.Aussi en est-il résulté que le nombre de mots dans la langue anglaise s’élève aujourd’hui à 160,000 ; tandis que la langue française, avec son conservatisme outré, ou plutôt son exclusivisme absolu, est restée stationnaire, depuis longtemps, avec ses 40,000 mots.La disproportion est stupéfiante.En présence d’une telle libéralité de la langue anglaise, on doit être porté à se demander si la langue française est bien venue à se montrer d’un rigorisme tellement sévère, d’un «exclusivisme» tellement absolu que tous les mots anglais seraient traités indistinctement comme de mauvaises herbes qu’il faut sarcler et jeter hors de notre jardin.Un peu de libre-échange entre les deux langues ne semblerait pas déplacé.Deuxième considération.Qui peut dire qu’une seule langue ait jamais existé capable de se suffire à elle-même, tant pour les besoins du présent que pour les besoins de l’avenir,—en supposant la permanence indéfinie de cette langue ?Sans remonter plus L’Angmcisme—Lettre ouverte au Secrétaire 201 haut (|ii aux sources de noire propre civilisation littéraire, qui peut dire que le grec et le latin étaient tellement riches qu’ils n ont jamais eu ou n auraient jamais eu besoin de l’adjonction d aucun élément étranger ?Mais pour nous en tenir aux langues civilisées de I Amérique et de l’Europe, en particulier aux langues latines, y en a-t-il une seule qui soit absolument sui generis et non un amalgame de plusieurs langues différentes ?Y a-t-il une seule langue latine qui ne soit fabriquée de grec et de latin avec un mélange plus ou moins considérable de langues barbares ?Que conclure de la?—sinon que les langues sont pour les hommes, P°ur 1 avantage des hommes, propter homines, et qu’il faut les plier aux besoins, aux exigences de ceux-ci.Que conclure de là encore ?sinon qu’une langue, lorsque les mots lui manquent pour exprimer nettement certaines nuances d’idées, peut légitimement recourir aux langues étrangères et s’approprier ee qui lui convient, saul à le rendre conlonne, autant que possible, à son propre génie.Que conclure de là encore ?—sinon qu’une langue est dans sa pleine voie naturelle d’expansion et de développement lorsqu’elle s’assimile ainsi des richesses qu’elle n’a pas, et que 1 arrêter dans cette œuvre de bienfaisante assimilation, c’est tout simplement lui interdire le progrès, la rendre stationnaire, même réactionnaire, et tendre à en faire une momie.Or, n’est-ce pas ce qu on ferait en partie de la langue française, en lui interdisant 1 appropriation d’une loule de mots anglais dont elle n’a pas les exacts équivalents ?L ne langue morte ne progresse plus ; mais une langue vivante doit toujours progresser.De nos jours on parle beaucoup devolution.Eli ! bien, s’il ne faut pas croire à l’évolution des espèces organiques, il faut bien admettre l’évolution îles langues.Laissons donc les langues évoluer, c’est-à-dire se développer librement selon les progrès des nations et les besoins des idées, La langue Irançaise, alors, aura une chance de se développer comme les autres, au lieu de rester à l'état stagnant par une trop grande peur de se contaminer au contact des mots étrangers, et en particulier des mots tirés de l’anglais.Troisième considération.Pourquoi les puristes se montreraient-ils si susceptibles du côté de l’anglais, lorsque depuis longtemps déjà, par la force irrésistible des choses, la langue de Bossuet, de Fénelon, de Corneille, de Racine, s’est assimilé une loule de mots tirés de toute espèce de langues ?Voulez-vous du sauvage?Voilà wigwam.Voulez-vous de l’arabe?Voilà 202 Bulletin du Parler français drogman.Voulez-vous du turc ?Voilà kiosque.Voulez-vous de l'allemand ?Voilà blochaus.Voulez-vous de l’espagnol ?Voilà toréador, embargo, etc.Voulez-vous de l’italien ?Voilà tombola, farniente, etc.Voulez-vous du hollandais ?Voilà kermesse.Voulez-vous du polonais ?Voilà polka.Voulez-vous du russe ?Voilà ukase, verste, kopek, etc.Maintenant, une simple question: La langue française sera-t-elle plus contaminée par l’adjonction de certains mots anglais que par l’adjonction de ceux-là ?Dira-t-on que la langue française avait besoin de ces derniers et qu’elle n’a nul besoin de mots anglais?l'ne telle prétention ne serait rien moins qu’une erreur de linguistique, une hérésie philologique, fondée sur une ignorance à peu près complète du génie, de la richesse, de la souplesse et des ressources merveilleuses de la langue anglaise ?Ou dirait c’est là ma quatrième considération—que la langue anglaise a le mot propre pour nommer chaque chose et le mot propre aussi pour exprimer les nuances les plus délicates comme les plus subtiles de la pensée; et son génie, d’ailleurs, étant si différent du génie de la langue française, il est tout naturel que les mots ou les tours qui en sont l’expression ne trouvent pas toujours en français leurs équivalents.Or, c est là précisément qu’est le secret de la grande difficulté qu’il y a pour un français à bien parler l’anglais ou à bien le traduire.On n’y parvient que par une longue familiarité qui nous permette, comme on dit, de penser en anglais.Jusque là il y a tentation incessante et presque irrésistible de casser les vitres et d’introduire violemment du français dans l’anglais ou de l’anglais dans le Irançais ; tant est grande la dissimilitude essentielle entre les deux manières de s’exprimer.Or, il faut bien succomber à la tentation lorsqu on a absolument besoin d’exprimer telle idée, que le mot anglais est là au bout de la plume et que le mot français ne se trouve pas: preuve que l’anglais est souvent indispensable au français.Mais je m’attarde, je crois, à enfoncer des portes ouvertes.Tout ce qui précède est de la plus haute évidence et ne me paraît pas susceptible de contradiction.Je m’empresse d’en venir à ma cinquième considération qui est que le mouvement d’assimilation de l’anglais n’est pas à créer dans la langue française, mais qu’il v existe déjà.«Déjà! » s’écrieraient en chœur un bon nombre de sceptiques, plus ennemis de l’anglicisme par préjugé que par raison.Oui, déjà, velis nolis.Récriez-vous tant que vous voudrez.Les dictionnaires sont là : dictionnaires français ou L’Anglicisme—Lettre ouverte au Secrétaire 203 dictionnaires canadiens, dictionnaires pour les savants ou dictionnaires pour les écoliers, vous n’avez qu’à les ouvrir, et vous y lirez de l’anglais à mainte et mainte page.« Cinq ou six mots, direz-vous, est-ce là un argument?» — Mille pardons, il y a plus que cinq ou six mots.En voulez-vous une trentaine ?en voulez-vous cinquante ?en voulez-vous un cent ?Comptez les bien.Baby, bifteck, blue-book, bock, book-maker, bouledogue, boxe, boxer, break, brick, budget, bugle, cab, cabestan, constable, cottage, dandy, dérailler, dock, édredon, express, fashion, fashionable, flint gentleman, gentry, gin, glas, grog, groom, handicap, highlands, highlanders, humour, jockey, jury, keepsake, lady, malt, match, meeting, mess, milady, mistress, mixture, pamphlet, paquebot, placer, plaid, pointer, poil, poney, pouding, pudlage, pudler, pudleur, puff, punch, reporter, revolver, romsteck, run, shérif, skating, snob, snobisme, speech, spleen, sport, sportman, square, stand, steam-boat, steamer, steeple-chase, sterling, stick, stock, stockfiche, stoff, stop, stopper, tender, ticket, toast, toaster, tory, torysme, tramway, trole, trâler, truck, tunnell, turf, wagon, warrant, watercloset, whig, whiskey, whist, yacht, yard, yankee.Oui, tous ces mois-là se trouvent déjà insérés dans nos dictionnaires de la langue française.le voulais en signaler un cent juste, et je crois que j'ai dépassé la centaine.En tout cas, la liste n’est pas complète ; je pourrais l’augmenter.C’est un choix ([lie j'ai fait.Eh ! bien, que faire maintenant ?Et quelle est la conclusion à tirer de cette liste ?Il me semble que la conclusion est évidente : c’est que la bride est lâchée, la porte est ouverte, sinon par l'autorité de l’Académie française, du moins par l’autorité du peuple dont les dictionnaires n’ont fait qu’enregistrer la sentence, à l’appropriation et même à l’assimilation par la langue française des ^nots anglais qui lui sont indispensables.Car ces mots-là déjà insérés, qui les retirera?Personne.Ils sont là pour y rester.Or s’ils sont là pour y rester, ils y sont en vertu d’un principe, celui de l’assimilation d’une chose nécessaire ; et par conséquent, tous les autres mots de même nature, s’il y en a encore dans la langue française, relevant du même principe, auront évidemment le même droit que les premiers d’être introduits, à leur tour, dans nos dictionnaires. 204 Bulletin du Parler français La question n'est donc pas si on va s’arrêter là et fermer la barrière ou laisser la barrière ouverte et continuer à admettre des mots nouveaux.Cette question est décidée par le principe.C’est une question de fait maintenant qu’il s’agit de décider.Y a-t-il encore, oui ou non, dans 1 anglais, des mots tout aussi nécessaires que ceux qui ont déjà place conquise dans les dictionnaires et méritant au même titre d’y être admis à leur tour ?Voilà maintenant la question.Or à cette question, dans mon humble sens, je n hésite pas à répondre affirmativement, appuyé sur ma propre expérience, comme sur l’expérience du peuple et des journalistes.Je [soutiens donc qu’à part les mots déjà insérés, on se heurte à tout instant contre une foule d’autres mots du même genre, c’est-à-dire des mots d’origine anglaise que l’on emploie forcément parce que les équivalents nous manquent ou semblent nous manquer en français.Combien y a-t-il de ces mots douteux ?Ici, je tire ma révérence, pour ne pas trop allonger cette lettre et ne pas trop m’immiscer dans une question aussi délicate et aussi épineuse que celle-ci.Il me plairait pourtant d’être pressé, d’être acculé au pied du mur et d’avoir le champ libre.Je crois que je pourrais facilement remplir une liste de cent mots, suivie au besoin d’une deuxième, et qui sait ?peut-être même d’une troisième.Je tiens tous ces mots à votre disposition, Monsieur le Secrétaire.Ou plutôt vous les avez déjà, disséminés dans mes notes sur le parler populaire et marqués d’un signe spécial.A Dieu ne plaise, néanmoins, que je veuille opérer une réaction et enrayer la lutte qui se fait avec beaucoup d’ardeur contre les anglicismes de mauvais aloi.Si l’on s’en tient à la guerre contre ces sortes d’anglicismes, j’en suis.Et c’est pourquoi je me hâte d’expliquer, à l’égard de tous ces mots nouveaux dont je parle 1° que je ne garantis pas leur absolue nécessité dans la langue française, 2° que si on pouvait me démontrer qu’ils ne sont nullement indispensables dans notre langage et dans nos dictionnaires, je serais le premier à m’en réjouir.Je ne les propose donc, dans le moment, que comme des termes problématiques et des sujets d’étude ; me contentant de dire et de soutenir, par exemple, que je tiendrais mordicus à leur conservation dans notre langage et à leur introduction dans nos dictionnaires si les maîtres en cette science échouaient malheureusement dans leur tâche de me montrer les équivalents français qu’on pourrait employer avec L’Anglicisme—Lettre ouverte au Secrétaire 205 autant d exactitude et de satisfaction.Je demanderais cela en vertu du principe de l’assimilation des mots nécessaires et indispensables.On ni objecterait sans doute qu’avec une pareille latitude, 1 élément anglais introduit dans notre langue étoufferait celle-ci à la longue.A celte objection, je répondrais : Point de danger, ce sont là des craintes chimériques.Car ces mots dont il est question, et même tous les mots remplaçables et non remplaçâmes qu on trouve déjà, à tort ou à raison, introduits dans notre parler populaire, sont en nombre déterminé et peu susceptible d augmentation.On en connaît le chillre à peu près exact : quelques centaines tout au plus ; et franchement, devant un si petit nombre, en face d’ailleurs de la campagne de purification entreprise, Monsieur le Secrétaire, par votre société et continuée, espérons-le, par toutes les classes instruites, je trouve qu’il n’y a pas lieu de s’effrayer.La langue française, ainsi protégée et sauvegardée en Canada, devra survivre toujours à toutes ces petites altérations d’ordre très inférieur, et rester toujours parfaitement française, dans son génie, dans sa grammaire, comme dans 1 énorme prépondérance de ses mots propres.Elle se sera seulement enrichie, sinon embellie, sous quelques rapports.Car en fin de compte, ce serait une erreur de croire qu'il y a, chez notre peuple, une tendance folle à substituer saps raison et indéfiniment, des mots anglais aux mots français, ou à franciser des mots anglais.Je suis convaincu qu’on peut poser, en thèse générale, que le peuple canadien, aux États-Unis comme au Canada, n’incorpore à sa langue des mots anglais ou tirés de l’anglais 1' que lorsque les mots français lui manquent entièrement pour nommer les choses, et 2° que lorsque les mots français à sa disposition ne rendent pas avec une égale exactitude et de manière à le satisfaire aussi bien, certaines idées ou certaines nuances d’idées qu il trouve si nettement rendues en anglais.Ajoutons à celle double catégorie un faible contingent d’expressions familières ou triviales répétéés machinalement, à force d'être entendues.Voilà tout.Si on me demandait une preuve de mon assertion, je citerais, comme exemple, le peuple du Madawaska au milieu duquel j’ai \éeu vingt-deux ans—peuple plus exposé que celui de la province de Québec a corrompre sa langue, à cause de son contact journalier avec l’élément américain, soit dans les villages, soit dans Bulletin du Parler français 206 les hois, soil dans les draves.Eh ! bien, chose consolante, chose encourageante, que j’ai remarquée mainte et mainte lois, on garde invariablement le mot français lorsque le mot français est meilleur que l’anglais.On est alors réfractaire à l’anglais.On force même les Américains, dans ces cas-là, à prendre enx-mêmes le mot français.Il y a des mots typiques, dans les campes, tels que toucheron, vireux de trahie, écluse, cayeux, parta-yeux, etc., (jui ne seront jamais changés.Au surplus, j’oserais dire que le travail de changement ou de cristallisation est à peu près achevé maintenant.D’ici à 50 ans, il ne s’y introduira peut-être pas dix américanismes nouveaux.Or la langue française, dans le Madawaska, est restée foncièrement française.Telle elle restera là ; telle elle restera dans notre province de Québec, en dépit des américanismes légitimes, en dépit même des américanismes illégitimes qu’il sera peut-être impossible d’extirper entièrement.Si vous m’objectez le cri d’alarme poussé par un grand nombre d’observateurs qui disent que, néanmoins, la langue française, en général, est en voie de se perdre parmi les Canadiens émigrés aux Étals-Cnis, je vous répondrai simplement, sans nier le fait : Là où la langue française est réellement en danger de se perdre, c’est parmi les groupes qui se trouvent noyés dans l'élément américain et qui finissent par se persuader qu’il y va de leur intérêt comme de leur honneur tie s’assimiler à cet élément subjuguant.Ceux-là jettent le manche après la cognée ; ils passent, armes et bagages, dans le camp ennemi.Ils commencent par abandonner leur nom ; bientôt ils abandonnent leur langue ; et bienheureux encore quand ils n’abandonnent pas leur Eglise et leur foi.Oui, là, parmi ces groupes, le danger est réel.Mais ce même danger n’est pas grave et ne peut pas être grave dans les endroits oii l’élément canadien n’est pas noyé dans l’élément étranger, comme le Madawaska et la province de Québec.Donc, en définitive, ce qui me paraît désirable, relativement aux anglicismes qui, tout en n’étant pas encore introduits dans nos dictionnaires, sont déjà enracinés dans notre langage populaire, dans la presse même, c’est un choix judicieux.Oui, un choix judicieux pour discerner les anglicismes qui sont tolérables d’avec les anglicismes qui ne le sont pas.Car il faut toujours en revenir à cette considération primordiale que si un nombre assez considérable de mots anglais sut generis et indispensables sont déjà L’Anglicisme- Lettre ouverte au Secrétaire 207 entrés de force dans nos dictionnaires, après avoir envahi notre parler, il est impossible de voir en vertu de quel droit ou de quel principe on voudra interdire et dans nos dictionnaires et dans notre langage un bon nombre d’autres mots qui sont absolument du même genre.L’introduction de ces frères cadets ne serait-elle pas aussi légitime que celle de leurs frères ainés ?Donnons-leur donc droit de cité pour toujours.La difficulté, c’est de faire le triage; c’est de dresser avec autorité une liste de ces mots anglais ou dérivés de l’anglais, sut generis et indispensables dans notre parler canadien, mots qui auraient droit de cité dans nos dictionnaires comme dans notre parler et qui ne seraient plus considérés comme des interlopes ou des intrus.Je n’oserais pas dresser une telle liste.Mais je prévois que votre société, Monsieur le Secrétaire, devra l’oser un jour, sous peine de forfaire à sa tâche.Lacordaire a fort bien dit qu’il y avait deux choses devant lesquelles il ne reculerait jamais, «le devoir et la nécessité».Si c’est une nécessité de votre mission que vous fassiez le discernement de ce qu’il faut élaguer d’avec ce qu’il laul conserver, tant dans le domaine de l’anglais que dans celui du français, je ne vois pas comment vous pourriez reculer.Et je vous assure, cher Monsieur, que ce faisant, vous rendriez un service considérable au public, en nous arrachant une vilaine épine du pied.Car une fois connus les anglicismes qu’on peut tolérer, nous ne serions plus dans le cas de faire la grimace lorsqu’un de ces mots se présenterait involontairement au bout de notre langue comme au bout de notre plume; nous serions, d’ailleurs, exempts de l'obligation d’y mettre une sourdine soit par des italiques, soit par des guillemets.Par exemple, cher Monsieur, une fois faite cette réserve des anglicismes tolérables, j’entre en lice avec vous, de cœur et d’âme, contre tous les autres mots étrangers qui ne font que défigurer notre langue.Voilà les mauvaises herbes qu’il faut extirper.Voilà les anglicismes qui sont l’ennemi.Je me déclare prêt, comme vous, à leur faire une guerre à outrance, unguibus et rostro.(.’est pour en arriver là, cher Monsieur, et vous aider un peu dans votre travail, que dans mes notes je sépare l’élément anglais d avec 1 élément français, afin de le mettre plus en relief et de le mieux combattre.C’est aussi dans le même but que je marque de signes différents les mots cpii me semblent prima facie indignes de considération, et ceux qui constituent l’élément encore 208 Bulletin du Parler français douteux.Allons-y avec ménagement pour ces derniers, (’/est là que le triage doit se laire, que le choix judicieux doit s’exercer.Mais une lois le triage accompli, une lois les mots indignes ieconnus, il faudra sur ces derniers crier sans merci : Haro ! I n dernier mot à 1 égard des puristes intransigeants.S’ils se scandalisent trop de vous voir en train de déclarer tolérables un certain nombre d anglicismes, je vous propose, Monsieur le Seeiétaire, d exercer la science et la perspicacité de ces messieurs, en demandant leur avis sur une centaine ou une cinquantaine de ces mots qui, dans mes notes, sont soulignés rie deux traits.Pour moi, j avoue, dans mon ignorance, que je serais fort en peine d indiquer les substituts corrects en français de la plupart d’entre eux.Pt je persiste a croire que plusieurs qui seraient partis en guerre, comme Don Quichotte, avec le dessein de tout exterminer, finiraient par s apercevoir qu il y a des choses, comme les moulins a vent et les bons anglicismes, auxquelles il n’est pas sage de s’attaquer.Je suis avec la plus parfaite considération, Monsieur le Secrétaire, Votre tout dévoué, F.-X.Burqui-, ptre.Régionalisme en littérature.—M.Émile Langlade, dans la Revue de Bretagne (janvier, p.8.5), à propos de régionalisme en littérature, soutient que « les douanes intérieures de la littérature ne doivent pas être trop rigoureuses, et que le régionalisme ne saurait être prospère que s’il respecte les libertés et ne serre pas la bride ».Le Bulletin et la presse.—M.A.-B.Crucliet a consacré une de ses chroniques (l'Avenir du Nord, 2 février) à la Société du Parler français au Canada et à notre Bulletin.Il en a dit beaucoup de bien et un peu de mal.M.Adjutor Rivard lui a répondu (ibid., l(i février).La Vérité, l’Enseignement primaire, le Nationaliste, l'Avenir du Nord, la Croix (de Montréal), le Saint-Laurent (de Fraserville), etc., reproduisent, chaque mois, notre page d’Anglicismes.L'Hermine (29 janvier), la revue bretonne île M.Louis Tiercelin, rend compte du Bulletin de décembre cl mentionne spécialement le discours de Ms.'r Mathieu, celui de M.Boucher de la Bruére, le rapport de notre secrétaire général, la « remarquable étude » de M.l’Abbé Camille Roy, et le Lexique canadien-fran-çais, « où je trouve, dit le rédacteur, bien des mots de notre parler populaire» NOMS SAUVAGES ÉTYMOLOGIE (SuiteJ LABRADOR Labrador.—Il est impossible d’assigner une étymologie cerlaine à ce mot.M«r ( inay, protonotaire apostolique, croit que nous sommes en présence d’un mol espagnol qu’il faudrait rendre par «cultivateur» ou «riche laboureur».Seulement, comme, à tout prendre, le Labrador est une terre assez désolée et à peu près inculte, il faudrait admettre que ce nom lui a été donné par dérision.C’est cette signification que donne aussi au mol Labrador l'Encyclopédie américaine de George Repley et Chs-A.Dana: «Les Portugais appellent ce pays Terra Laborador, ou terre cultivable, soit un nom dérisoire équivalent à celui de Terre verte.» RÉGION DU SAINT-MAURICE Mékinac.—Est un mot d’origine algonquine qui veut dire tortue.M.1 Abbé N.Caron, dans son ouvrage sur le Saint-Maurice, parait croire que ce nom fut donné à cause d’une montagne qui avait plus ou moins la forme d’une tortue.Miskinak, dans la langue crise, voudrait dire aussi «tortue».(R.P.Lacombe.) Mattawan ou Mattawin (Rivière).—Mot qui relève de la langue algonquine et que M.l’Abbé J.-B.ProulxU) traduit par «décharge ou rencontre des eaux».Le R.P.Lacombe et le R.P.Lemoine donnent la même traduction.T 0) d’Hudson ou récit de la première visite pastorale [de Mgr Z Lorrain, 1800.209 210 Bulletin nu Parler français Chawinigane.—Les Algonquins du Saint-Maurice prononcent encore aujourd’hui Achawinakame, que l’on traduit par crête.Les Anglais ont modifié l’orthographe de ce mot sauvage et écrivent couramment Shawinegan.M.l’Abbé N.Caron11) estime —et nous sommes enclin à lui donner raison—que l’on devrait s’en tenir à l’orthographe Chawinigane, comme se rapprochant plus de la l'orme originaire et étant plus conforme à l’orthographe française.M.Benjamin Suite pense que Chawinigane désigne un objet qui pénètre quelque chose, un perçoir, une aiguille, un outil dirigé à la main.® Le R.P.Lemoine écrit Shawenigan et traduit aussi par « aiguille ».On trouve à peu près la même signification dans la langue crise.Chawinigan, dit le R.P.Lacombe, est mis pour Chaboni-gan, un instrument pour transpercer, traverser, une aiguille.D’autre part, M.l'Abbé N.Caron® est revenu sur celte étymologie du mot Chawinigane, qui est un mot algonquin, et il persiste à dire qu’on doit le rendre par crête, que ce nom est bien trouvé et que ce serait perdre son temps que de chercher une autre étymologie.«Les sauvages, ajoute-t-il à titre d’explication, étaient obligés de monter sur une crête de rocher, quand ils faisaient le portage de la chute.» Il V a enfin une autre version, de M.Charles Gill (4>, qui tire Shawinigan du mot abénakis asawanigan signifiant « l’endroit où la côte change, là ou le portage change».Manigonse (Rapide).—Ce mot veut dire «épinette blanche».(Abbé N.Caron.) Yamaska.—Iyamaska (cris) pour Itgmâskaw ou iyamaskaw, « il y a foin ou jonc au large », ou mieux « au fond de l’eau ».De iyam ou itam, au fond, et askaw, terminaison qui désigne le foin.(R.P.Lacombe.) Dans l’idiome abénakis : « Là où il y a plusieurs maisons.» (Abbé Maurault.) (T) Deux voyages sur le Saint-Maurice.(2) Bulletin des Recherches historiques, 1898.(3) Bulletin des Recherches historiques, 1898.(4) Bulletin des Recherches historiques, 1899. Noms sauvages—Etymologie 211 Yaraachiche.—Mot algonquin qui voudrait dire rivière vaseuse, d’après M.1 Abbé N.Caron.Selon une autre version, ce mot signifierait : « La où il y a de petits joncs.» Dans la langue des (iris, Yamachiche est mis pour iijamajisk pu itamajisk, et signifie, d’après le R.P.Lacombe, « boue au large ou au fond de l’eau ».Cette dernière version confirmerait donc l’étymologie donnée par M.l’Abbé Caron.Manouan (Rivière).—Mena au aunu, « là où il y a beaucoup d’œufs ».(R.P.Lemoine.) Les sauvages paraissent avoir donné ce nom pour rappeler fa ponte considérable des gros oiseaux.Weymontachingue.—Ce que nous appelons de ce nom est une réserve de terrains affectée aux Algonquins du Saint-Maurice.M.l’Abbé Caron traduit ce mot par « jabot » ou « fale d’oiseau ».RÉGION DU BAS DU FLEUVE Kamouraska.—En langue crise, ce mot est mis pour akàmas-kaw et akàmaraskaw, « il y a jonc » ou « il y a foin au bord de l’eau », ou encore mieux, « de l’autre côté de l’eau ».Le R.P.Lacombe décompose ce mot comme suit : àkam, de 1 autre bord de l’eau, et, askaw, ou raskaw (comme prononcent les Cris des bois), terminaison verbale, cpii désigne du foin, des joncs.Cacouna.—(Cris.) Là où il y a du porc-épic.De kàkiva, porc-épic; en ajoutant nàk, terme local, on fait kakwa nàk, parmi les porcs-épics, comme on fait de mustus, buffalos, mustu-sonàk, parmi les buffalos.(R.P.Lacombe.) Rimouski.—Mot sauvage tiré de la langue des Micmacs.Signifie « rivière ou maison du chien ».D’après d'autres : « Terre à l’orignal ».Dans la langue des Sauteux, Rimouski, mis pour animouski, s entend aussi de la «demeure du chien ».Ce mol viendrait, d après le R.P.Lacombe, de animons, chien, et ki, ou
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