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Titre :
Bulletin du parler français au Canada
Organe de la Société du parler français au Canada qui y publie des études de linguistique et des réflexions sur les conditions de l'évolution de la langue française au Québec et au Canada.
Éditeur :
  • Québec :Société du parler français au Canada,1902-1914
Contenu spécifique :
avril
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
chaque mois
Notice détaillée :
Titre porté avant ou après :
    Successeur :
  • Parler français
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Bulletin du parler français au Canada, 1905-04, Collections de BAnQ.

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ol.Ill AVRIL 1905 No 8 p-dot -?A L J BULLETIN DU SOMMAIRE Pages 233—Étude sur l’histoire de la littérature canadienne—Nos origines littéraires—1760-1800 .L'Abbé C.Roy.246—Relation par lettres de l'Amérique septentrionale.L’Abbé A.Gosselin.250—Noms sauvages—Étymologie (suite).Eug.Rouillard.252—Façons de parler proverbiales, triviales, figurées, etc., des Canadiens au X Ville siècle— Par le P.Potier, S.J.256—Lexique canadien-français (suite).Le Comité du Bulletin.259—Glanures.263— Sarclures.*,.Le Sarcjæur.264— Bibliographie —Victor Delah’ate, Dictionnaire de la Prononciation moderne de la langue française, etc.A.Rivard-Laglanderie.Georges Saint-Mleux, De la formation des Noms de lieux du Poulet.A.R.-L.Émile Lante, Les Émotions modernes.“ Georges Saint-Mleux, De la véritable nature des Diphtongues dans la langue française.“ Rapport du surintendant de F Instruction publique de la pro v ince de Québec pour F année 1903-1904.268—Anglicismes.Le Comité du Bulletin.REDACTION ET ADMINISTRATION LA SOCIÉTÉ DU PARLER FRANÇAIS AU CANADA UNIVERSITE LAVAL QUÉBEC Editeur-dépositair^.à Paris: H.CHAMPION, libraire-éditeur, 9, Quai Voltaire. ALPHABET PHONETIQUE (Signes conventionnels pour la figuration de la,prononciation) d'après MM.Gilliéron et l’abbé Rousselot Lettres françaises.Les lettres a, e, i, o, u, b.d, n, f, j, k, /, m, n, p, r, t, v, z, ont la même valeur qu’en français.g = g dur (gateau); s — s dure (sa); œ — eu français (heureux) ; w = ou semi-voyelle (oui) ; y = i semi-voyelle (pied) ; iv = u semi-voyelle (huile); ê — e féminin (je); h marque l’aspiration sonore.Lettres nouvelles, îi = ou français (coucou); e = ch français (chez).Signes diacritiques.Un demi-cercle au-dessous d’une consonne indique que cette consonne est mouillée : / (son voisin de l + y, l mouillée italienne), k (son voisin de k + y), g (son voisin de g + g), n (gu français de agneau).—Un point au-dessous d’une consonne indique que cette consonne est prononcée la langui entre les dents: t, d (sons voisins de t + s, d + z; c’est le t et h d sifflants canadiens de : ti, du).Les voyelles sans signes de quantité ou de qualité sont indéterminées (tantôt ouvertes, tantôt fermées), ou moyennes: a (a de potte), e (e de péril), o (o de botte), ce (eu de jeune).—Les voyelles marquées d'un accent aigu sont fermées: o (a de pâte), é (e de chanté), ô (o de pot), œ (eu de eux).—Les voyelles marquées d’un accent grave sont ouvertes : à (a de il part), é (e de père), à (o de «encore), de (eu de peur).—Les voyelles surmontées d’un tilde sont nasales: â (an de sans), ë (in de vin), ô (on de pont), œ (un de lundi).—Suivies d’un point supérieur, les voyelles sont brèves : a', i', etc.; de deux points, elles sont longues: a:, i:, etc.; d’un accent, elles sont toniques: a', i', etc.Deux lettres qui se suivent, et dont la seconde est entre crochets, représentent un son intermédiaire entre les deux sons marqués.Ainsi, ô[o] = o demi-nasal.Les petits caractères représentent des sons incomplets.Il n’y a pas de lettres muettes dans la prononciation figurée; chaque son n’est représenté que par une lettre, et chaque lettre ne représente qu’un son. s Vol.Ill, N» 8—Avril 1905 ETUDE SUR L UIS DE LA LITTÉRATURE CANADIENNE*1' NOS ORIGINES LITTÉRAIRES 1760-1800 C’est de 1760, ou, si l’on aime mieux, c’est de la cession du Canada à l’Angleterre que l’on peut vraisemblablement dater le commencement de notre histoire littéraire.Jusque-là, il y a bien eu en ce pays quelques manifestations de vie intellectuelle, des récits de voyage, comme ceux de Champlain, des relations fort intéressantes, comme celles des jésuites, des histoires, comme celle de Charlevoix, des études de mœurs, comme celles du Père Lafiteau, des Lettres édifiantes et remplies de fines observations, comme celles de la Mère Marie de l’Incarnation, mais outre que ces ouvrages ont été pour la plupart écrits et tous publiés en France, ils ont aussi pour auteurs des écrivains qui sont de France bien plus encore que du Canada, et la France peut donc aussi bien que nous les réclamer comme son patrimoine.On sait, d’autre part, que les Canadiens qui sont nés en ce pays, ont été pendant les cent cinquante années de la domination française au Canada, bien empêchés de s’occuper avec quelque soin des choses de l’esprit.Pendant cette période de notre vie nationale, que Lord Elgin appelait l'âge héroïque de la Nouvelle-France, toutes les forces vives du peuple naissant étaient absorbées (1) Voir le Bulletin de janvier et juin 1904.233 6 Bulletin du Parler français 234 par les rudes travaux de la colonisation, du commerce et de la guerre.L’établissement de la race française sur les bords du Saint-Laurent s’est fait dans des conditions si pénibles, parlois si maladroites, et toujours si laborieuses, qu’il n’y eut guère ici de loisir et d’encouragement pour le travail peu lucratif de la pensée.Et des gouverneurs amis des lettres comme Frontenac, épris d’histoire naturelle comme de la Galissonnière, n’ont pu entreprendre de mêler à la vie besogneuse du Canadien les occupations et les agréments de la science et de la littérature.Aussi bien, semble-t-il que nos rois de France eux-mêmes n’aient pas eu d’autre ambition à cette époque que de former ici de solides colons pour abattre la forêt, de braves agriculteurs pour labourer le sol et lui laire produire des moissons, et des soldats qui fussent toujours prêts à faire le coup de feu contre l’Iroquois ou l’Anglais ; ils avaient .encore sans doute le très noble dessein de répandre sur ce pays les lumières de la civilisation chrétienne ; mais il paraît bien aussi qu’ils se sont hâtés lentement de procurer à leurs sujets d’outre mer les moyens d’orienter vers les lettres et les arts leur activité.Et par exemple, on leur a reproché de n’avoir pas voulu introduire ici l’imprimerie à une époque où les colonies anglaises qui se développaient à côté de nous en étaient pourvues, 0) Certes, il ne faut pas trop insister sur ces reproches; il convient plutôt de se rappeler que la situation politique de la France dans l’Europe du dix-huitième siècle ne lui permettait guère de pousser toujours aussi activement que possible le perfectionnement de son œuvre coloniale.Quoiqu’il en soit, la littérature canadienne n’existait pas en 1760.Y avait-il des chances qu’elle pût naître et se développer bientôt?Et quel était donc le milieu, l’état d’esprit et de mœurs qui la pouvait créer, d’où elle pouvait, un jour ou l’autre, sortir et se constituer ?Il est inutile de rappeler quel climat enveloppait d’une atmosphère plutôt froide, et quel pays neuf, large, immense, gracieux ou sauvage, entourait de décors variés notre naissante littérature.Je n’ose parler de ces spectacles extérieurs qui s’offraient aux (1) Voir à ce sujet Voyage en Amérique, par P.Kalra, édit.Marchand, Montréal, 1880, p.137-138. Étude sur l’histoire de la littérature canadienne 235 regards de ceux qui se seraient plus à les observer et à les décrire, de ces fleuves si profonds, majestueux ou pittoresques, dont on peuplait les rives, de ces lacs qui ressemblent à des mers, de ces forêts qui déroulaient partout le tableau mouvant de leurs gaies ou sombres couleurs.La nature n était pas encore devenue matière à développements lyriques, un thème littéraire que 1 on recommence sans cesse au gré de son imagination, que l’on brode le soir sous la lampe dans le rayonnement des visions rappelées ou des souvenirs accourus.J.-J.Rousseau et Bernardin de Saint-Pierre n étaient encore en France que des précurseurs isolés, dont on ignorait peut-être ici les œuvres et les tendances.Mais la vie canadienne avait encore un large contact avec la vie primitive des indiens ; et les mœurs des sauvages, leurs superstitions, les alertes de la vie nomade, les surprises nocturnes, les scalpes victorieux et barbares, les incantations magiques, les naïves légendes qui ne pouvaient manquer de pousser et de fleurir sur le tond un peu sévère de la vie coloniale, ou de s’enrouler en gracieuses guirlandes sur les récits véridiques des grand’mères: tout cela pouvait, à coup sur, suggérer à l’esprit des sujets d.’une singulière originalité; mais tout cela, il faut le déclarer dès maintenant, ne devait entrer que bien plus tard dans le courant de notre vie littéraire.Cette vie littéraire pouvait-elle du moins, dans la société de l’époque où nous nous reportons, bientôt jaillir et prendre son cours ?Québec était, vers la lin du régime français, le centre d’une civilisation polie, élégante, raffinée même, et souvent très mondaine, qui depuis longtemps déjà avait pénétré jusqu en ce pays.Kalm, qui visita la Nouvelle-France en 1749, et qui a laissé sur son voyage des notes si curieuses, si instructives et si sincères, a remarqué comme notre capitale, réunissait alors les éléments d’une société distinguée, où le bon goût était cultivé, où l’on se plaisait à le faire régner en ses manières, en son langage et en sa toilette.Il constate même que Québec l’emporte sur Montréal par son luxe bien plus que par sa vertu .Esprit saturé de cette atmosphère de scepticisme et d'irréligion que l’on respirait partout en France, il ne pouvait s’accorder, ni surtout s’indentifier avec l’esprit canadien, lequel était resté par dessus tout chrétien, et respectueux de l’autorité religieuse.Il exerça pourtant ici une influence que l’on retrouve dans le cercle bien connu de ces Canadiens qui à la fin du dix-huitième et au commencement du dix-neuvième siècle constituaient en ce pays le groupe des libertins, ou de ceux que l’on nommait les voltai-riens.C’est donc cet esprit qui apparaît, se manifeste et s’exprime dans plusieurs pages de la Gazette littéraire ; comme l’on voit aussi protester dans ces mêmes pages, et s’affirmer l’esprit de ceux qui étaient vraiment nôtres, l’esprit national.Nul doute, d’ailleurs, que l’esprit national li ait plus d’une fois bénéficié de sa rencontre avec l’esprit français.Ces deux esprits ne pouvaient être, ils ne seront jamais, c’est du moins notre espérance, absolument opposés et contraires.Notre esprit canadien retrouvait d’abord au contact de l’autre, plus vif et plus actif, une ardeur nouvelle, et comme son élan vers les choses de la vie intellectuelle ; il retrouvait encore en lui cette bonne humeur, ce besoin de rire et de chanter, et aussi cette malice qu'il se plaisait à exercer dans ces courtes poésies, dans ces couplets, épitres, épigrammes et satires que l’on rencontre sous le doigt en feuilletant la Gazette littéraire et les autres journaux de cette époque.Camille Roy, ptre (la suite prochainement) (1) On peut trouver quelques renseignements sur Jautard et Mesplet dans les Mémoires de Pierre de Sales Laterrièrc.Voir le chapitre sixième. SEPTENTRIONALE On se rappelle peut-être
de

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