Bulletin du parler français au Canada, 1 novembre 1905, novembre
NOVEMBRE 1905 N» 3 A-Jot A Vol.IV PII BULLETIN DU Pages SOMMAIRE 81—Étude sur l’histoire de la littérature canadienne—Nos origines littéraires.:.L’Abbé Camille Roy.!I3—Bibliographie du Parler français au Canada./ James Geddes, jr.I Adjutor Rivard.101—Les mots populaires dans la littérature canadienne- française .L’Abbé F.-X.Bürque.103—Façons de parler proverbiales, triviales, figurées, etc., des Canadiens au XVIIIe siècle.Le P.Potier S.J.105—Lexique canadien,français (suite).Le Comité du Bulletin.108— Échos et Nouvelles.“ «c 109— Sarclures.Le Sarcleur.110 Livres et revues./ L’Abbé P.-Eue.Roy.(.A.Rivard-Laglanderie.120—Anglioismes.Le Comité dd Bulletin.REDACTION ET ADMINISTRATION LA SOCIÉTÉ DU PARLER FRANÇAIS AU CANADA UNIVERSITÉ LAVAL QUÉBEC Éditeur-dépositaire, à Paris: H.CHAMPION, libraire-éditeur, 9, Quai Voltaire.t ALPHABET PHONETIQUE (Signes conventionnels pour la figuration de la prononciation) d'après MM.Gilliéron et l’abbé Rousselot Lettres françaises.Les lettres a, e, i, o, u, b, d, n, f, /', k, l, m, n, p, r, t, v, z, ont la même valeur qu’en français.g = g dur (gateau); s — s dure (sa); œ = eu français (heureux); w = ou semi-voyelle (oui); y = i semi-voyelle (pied); iù — u semi-voyelle (huile); è — e féminin (je); h marque l’aspiration sonore.Lettres nouvelles.îi — ou français (coucou); e = ch français (chez).Signes diacritiques.Un demi-cercle au-dessous d’une consonne indique que cette consonne est mouillée : / (son voisin de l + y, l mouillée italienne), k (son voisin de k + y), g (son voisin de g + g), n (gu français de agneau).—Un point au-dessous d’une consonne indique que cette consonne est prononcée la langue entre les dents: t, d (sons voisins de t + s, d + z; c’est le t et le d sifflants canadiens de : ti, du).Les voyelles sans signes de quantité ou de qualité sont indéterminées (tantôt ouvertes, tantôt fermées), on moyennes : a (a de patte), e (e de péril), o (o de botte), ce (eu de jeune).—Les voyelles marquées d’un accent aigu sont fermées: à (a de pâte), é (e de chanté), ô (o de pot), cé (eu de eux).—Les voyelles marquées d’nn accent grave sont ouvertes : à (a de il part), è (e de père), ô (o de encore), œ (eu de peur).—Les voyelles surmontées d’un tilde sont nasales : â (an de sans), ê (in de vin), ô (on de pont), œ (un de lundi).—Suivies d’un point supérieur, les voyelles sont brèves: a-, r, etc.; de deux points, elles sont longues: a:, i:, etc.; d’un accent, elles sont toniques : a', i', etc.Deux lettres qui se suivent, et dont la seconde est entre crochets, représentent un son intermédiaire entre les deux sons marqués.Ainsi, ô[o] = o demi-nasal.Les petits caractères représentent des sons incomplets.Il n’y a pas de lettres muettes dans la prononciation figurée; chaque son n’est représenté que par une lettre, et chaque lettre ne représente qu’un son. Vol.IV, N° 3—Novembre 1905 ET U DE SUR L’HISTOIRE DE LA LITTÉRATURE CANARIENNE 1800-1820 [Suite) LA POÉSIE I Chants guerriers et patriotiques 0) La poésie patriotique est la première qu’il convient de rechercher et d’étudier dans ces feuilles qui eurent pour mission principale d entretenir, d’alimenter et de renouveler sans cesse au fond des âmes et des consciences le foyer de la vie nationale.Et parce que c’est à l'époque des grandes agitations, à l’heure des combats périlleux que l’inspiration s’anime davantage et s exprime avec le plus d’abondance, nous choisirons, parmi toutes les strophes patriotiques que 1 on a pu composer au commencement du dernier siècle, celles qui furent publiées à l’occasion de la guerre que les Américains vinrent ici porter en 1812.()) Dans les articles qui vont suivre, nous citerons aussi souvent et aussi copieusement que possible les poètes étudiés.Nous pensons que c’est bien le meilleur moyen de faire connaître des œuvres qui, pour la plupart, n’ont pas encore été ées ailleurs que dans les journaux du temps.Il importe que le lecteur sache sur quoi reposent nos observations et nos critiques.81 62 82 Bulletin du Parler français Les Canadiens, que l’on avait souvent voulu représenter comme des défenseurs très peu sûrs de la domination britannique, donnèrent alors, en plus d'une rencontre, des preuves évidentes de leur Iranche loyauté.Ils lurent, à certains moments, le rempart suprême et solide contre lequel vint se briser l’armée ennemie.On pouvait, du reste, prévoir cette ardeur guerrière et ce loyalisme fervent par le seul enthousiasme avec lequel les Canadiens avaient accueilli, en 1807, la nouvelle de la réorganisation de la milice canadienne.L’on pressentait, à celte heure, le conflit qui devait éclater quelques années plus tard entre la métropole et la république américaine, et les Canadiens se préparaient avec le plus vif entrain à défendre généreusement le drapeau.On s’estimait heureux de faire du service ; on donnait alors le nom d élits à ceux qui étaient appelés dans les rangs ; des patriotes qui avaient dépassé l’âge réglementaire demandaient quand même à être enrôlés, et partout l’on fêtait et célébrait nos braves miliciens.Les chansons jaillirent spontanément des lèvres canadiennes; elles saluèrent surtout dans un lyrisme plus ardent qu’académique le premier bataillon de la milice de Québec, et son capitaine, Dupré, l’idole des conscrits.(0 Ceux-ci exprimèrent à leur tour leur dessein de se battre hardiment contre ceux qu’on appelait alors couramment les Yankés.Voici, par exemple, comment s’affirmait le beau zèle d’un milicien de Berliner.On (lit que l’Américain Menace la Province, Et qu’il veut d’un coup de main Déposséder un Prince.Mais je suis soldat, moi.Fidèle à ma Patrie, Et pour elle et pour mon Roi Je donnerai ma vie.Refrain Pour prévenir les desseins D’un peuple téméraire, Sa loi va mettre en mes mains La foudre, le tonnerre.Oui, je suis soldat, moi,.(1) On peut trouver trois de ces chansons imprimées sur des feuilles détachées, et insérées dans la collection du Canadien conservée aux Archives du Séminaire de Québec, tome I, p.164, à la suite du numéro du 22 août 1807.Le docteur LaRue attribue ces chansons à un M.Baillargé, peintre et architecte. Etude suit l’histoire de la littérature canadienne 83 Dignes dn nom glorieux De Canadiens fidèles, Prenons tous de nos ayeux L’exemple et le modèle.Oui, je suis soldat, moi,.(1) La guerre éclata en 1812, et les troupes américaines éprouvèrent d’abord de cruels échecs.Mais la campagne de 1813 fut particulièrement désastreuse pour nos armes dans le Haut-Canada.Les Anglais avaient presque partout fléchi, et après la bataille du vingt-huit septembre qui fut livrée devant Toronto, où les Américains furent encore vainqueurs, il ne restait plus guère à l’ennemi qu à s’emparer de Montréal et de Québec pour devenir le maître du Bas-Canada.Nos compatriotes s’émurent, et ils se préparèrent à une intrépide résistance.Un nouveau Tyrtée emboucha la trompette pour rallier les courages : Je vois de toute part dans leur pompe homicide Etinceler le glaive et flotter les drapeaux ; Mars apprête son casque et Pallas son égide, Et la mort ses flambeaux.Guerriers, éveillez-vous aux cris de la victoire.Aux armes, citoyens, il faut tenter le sort ; Il n’est que deux sentiers dans les champs de la gloire, Le Triomphe ou la Mort.Entendez-vous gémir votre auguste Patrie ?Elle vous tend les bras, et ses yeux sont en pleurs, Ses lauriers sont épars ; sa guirlande flétrie Implore des Vengeurs.Allons et repoussons des nations jalouses ; De nos ayeux du moins défendons le tombeau.Le sceptre de nos rois, le lit de nos épouses, Nos enfants au berceau.(2) Dans le même numéro du Spectateur où nous lisons ces strophes ardentes, un autre versificateur déplore qu’on ait, il y a (1) Le Foyer Canadien, III, article du docteur H.Laitue, p.65.(2) Le Spectateur, 28 octobre 1813. 84 Bulletin du Parler français huit jours, dans les colonnes de ce journal, consacré toute une longue poésie à la critique des vers, à la guerre des rimeurs ; Eh! qu importe au Public la Guerre des Rimeurs, Quand il a sur le dos celle des Empereurs ?Qu’on ne parle donc plus de ces gens du Parnasse, S’ils n’ont point au canon attelé leur Pégase : Sur la Paix, sur la Guerre, un vers qui ne dit rien, Ne peut être aujourd’hui qu’un bien fol entretien.La guerre occupait donc tous les esprits, et l’on ne songeait qu’à débarrasser le territoire de l’envahisseur.Aussi ce fut, quelques jours après, toute une clameur triomphale, quand notre vaillant colonel de Salaberry, avec une poignée de trois cents hommes, eut vaincu sur les bords de la rivière Chateauguay une armée de huit mille combattants commandés par le général Hampton.L’ordre du jour publié après ce combat héroïque signalait «la valeur, la constance et le courage qu’avaient déployés nos soldats dans cette journée brillante qui couvre les Canadiens de gloire.» G) Nos poètes ne pouvaient manquer de célébrer un si beau fail d’armes.Chansonniers et lyriques s’essayèrent sur ce thème glorieux.L’inspiration ne s'élèva pas vraiment jusqu’à la hauteur du sujet; mais l’on peut du moins recueillir en ces essais quelques vers où s’exprime de façon à la fois simple, naïve et sincère le sentiment national.Voici quelques couplets, un peu lourds souvent, mais francs, d’une chanson «composée à l’occasion de la bataille des Fourches de Chateauguay», et que signe Un Canadien.Baptiste à la fleur de son âge De l’honneur suivant le sentier, A la Fourche, plein de courage, Combattait comme un vieux guerrier.La halle cruelle Vient l’atteindre dans le moment Où la victoire est à nos vœux fidèle ; Au champ d'honneur, il meurt content.(Bis) Un autre aussitôt prend sa place, Et montre la même valeur ; (1) Le Spectateur, supplément du 29 octobre 1813. Etude sur l’histoire de i.a littérature canadienne 85 Le sort couronne son audace ; De survivre il a le bonheur.Après la victoire Il chante et repète gayement : Quand on revient, couronné par la gloire, I)u champ d’honneur, on vit content.(Bis) Nobles enfants de cette terre Qui s’arrose de votre sang ! Comme dans la paix, dans la guerre Que votre nom soit triomphant.De Mars le génie Vous inspire ses sentiments : Toujous vainqueurs, enfants de ma patrie ! Au champ d'honneur, vivez contents.(1) (Bis) Le Spectateur publie quelques semaines plus tard un hymne sur la Victoire cle Chateaugaay, que Huston attribue à J.-D.Mer-met, un officier français récemment arrivé au pays.Il y a dans cette pièce beaucoup de vers languissants et lourds; le début est d’ailleurs assez vif, et la fin de l’hymne tombe d’une jolie chute.La trompette a sonné : l'éclair luit, l’airain gronde : Salaberry paraît ; la valeur le seconde, Et trois cents Canadiens qui marchent sur ses pas, Comme lui, d’un air gai, vont braver le trépas.Oui ! généreux soldats, votre valeur enchante : La patrie envers vous sera reconnaissante.Qu’une main libérale, unie au sentiment, En gravant ce qui suit, vous offre un monument ! « Ici les Canadiens se couvrirent de gloire ; « Oui ! Trois Cents sur Huit Mille obtinrent la victoire.« Leur constante union fut un rempart d’airain « Qui repoussa les traits du fier Américain.« Passant, admire les.Ces rivages tranquilles « Ont été défendus comme les Thermopiles ; (( Ici Léonidas et ses trois cents guerriers « Revinrent parmi nous cueillir d’autres lauriers.» (Z) Ajoutons à ces poésies patriotiques VHymne des Canadiens, que composait encore, au lendemain de Chateauguay, un poète qui (1) Le Spectateur, 11 novembre 1813.(2) Le Spectateur, 25 novembre 1813.Voirjaussi le Répertoire national, 1,95. Bulletin dü Parler français 86 chantait à Kingston.Cet hymne, qni se développe en une série de douze strophes, raconte avec quel empressement ému et joyeux les Canadiens quittèrent leurs loyers, leurs familles, leurs temples pour aller combattre l'Américain.11 y a bien aussi quelque monotonie en ces alexandrins qui traînent un peu nonchalamment leurs hémistiches.Nous ne reproduisons que la dernière strophe où se résumé toute l’inspiration de la pièce : Oui, Canadiens, chantons, buvons à notre gloire ! Arrosons les lauriers que donne la victoire ! De tels rameaux ici doivent-ils se flétrir?Non ! nous savons vaincre ou mourir.Honneur au Canada ! c’est la voix unanime ; Buvons et répétons notre serment sublime : Oui, nous le jurons tous ! oui, les Bas-Canadiens, De leur Dieu, de leur roi, sont les meilleurs soutiens.(1) Si ardent que l’on soit à combattre, à défendre son Dieu et son Roi, on ne peut s’empêcher d’être heureux quand la paix vient ramener le calme et la joie dans les foyers, et c’est ce sentiment qu’un soldat du régiment de Meuron a essayé d’exprimer et de traduire en une poésie trop facile et un peu pesante, qu il a intitulée : Couplets sur la Paix, et qui se termine par cette strophe : Enfants chéris de la victoire, Guerriers, unissez à jamais Aux lauriers sanglants de la gloire La douce olive de la paix ; Elle est le fruit de votre ouvrage ; Goûtez un bienfaisant repos ; Sans attiédir votre courage Il peut faire oublier vos maux.(2) Le loyalisme des Canadiens, qui s’affirme si crânement dans les combats et un peu lourdement dans la poésie, se fortifiait alors de toute l’antipathie qu’ici l’on éprouvait pour le maître qui à cette heure régnait sur la France, et sacrifiait à ses ambitions tant de vies humaines.Napoléon était impopulaire au Canada, (1) Le Spectateur, 9 décembre 1813.(2) Le Spectateur, 7 mars 1815. Etude sur l’histoire de la littérature canadienne 87 et il l’était surtout auprès de ces Français émigrés qui se plaisaient à rimer parmi nous leurs impressions.Il y a dans les journaux parus à l’époque des dernières années de l'empire toute une littérature anti-bonapartiste, qui prend très souvent la forme du vers plaisant et sarcastique.Preuve, cette poésie assez alerte, écrite par un Français sans doute, à l’occasion des désastres de la campagne de Russie.Il suppose qu’un parisien qu’on aurait fait prisonnier et exporté en Sibérie, écrit à sa maman le billet suivant; O Maman, ma chère Maman ! Sccourez-moi, je vous en prie : Napoléon n’est qu’un tyran Qui nous immole à sa furie : Il nous promettait des lauriers ; On nous a donné des menottes.Voilà le sort des beaux guerriers Que vous appelez Sans-culottes.O Maman ! Paris seul est beau.Dans ces déserts tout me dégoûte ; La Sibérie est un tombeau ; J'y trouverai le mien sans doute.Nous sommes gelés, morfondus ; Nos gardiens sont de vrais despotes.Non, Maman, nous ne pouvons plus Exister ici sans culottes.Ah ! plutôt condamnez au feu Cet exécrable Bonaparte ; La guerre pour lui n’est qu’un jeu.Chaque soldat n’est qu’une carte.Il fait enfin ce qu’il lui plaît : Nous ne sommes cpie ses marmottes ; Mais s’il nous fouette, c’est bien fait, Pourquoi sommes-nous sans culottes ?Ab ! pour venger tant d'innocens Tant de millions de victimes : Pour expier tant de tourmens, Tant d’attentats et tant de crimes, Puissent tous les Napoléons Gémir sous ces affreuses grottes, Et sur ces horribles glaçons Coucher comme nous sans culottes ! 88 Bulletin du Parler français Adieu, Maman, adieu, mes sœurs : Vous, croyez-moi, mes petits frères : Du Tiran craignez les fureurs ; Il nous accable de misères.Ah ! puissiez-vous rester petits, Et ne vous montrer patriotes.Que lorsque le règne des Lis Viendra nous rendre nos culottes ! (1) On peut ajouter à ces stances contre Napoléon, une autre pièce intitulée: L’Angleterre triomphante et la France heureuse une chanson très vive, un peu chargée : Qu’est devenu ce grand guerrier.et résumer toutes les diatribes et tous les sarcasmes anti-napoléoniens dans ce distique qui fut écrit après l'abdication de l’empereur : Ci-git Napoléon Premier; Dieu veuille qu'il soit le dernier! (-1) II Chansons satiriques, épigrammes et fables anonymes L’inspiration ne fut pas chez nos poètes exclusivement guerrière et patriotique; elle fut plus générale, variée, multiple, telle quelle ne cesse d’apparaître toujours dans l’histoire des littératures.Tour à tour grave, légère, sérieuse, badine, lyrique, didactique, rêveuse, épigrammatique, elle prit un très grand nombre de ces formes courtes et rapides qu’elle a revêtues en France dans la seconde moitié du dix-huitième siècle.La chanson elle-même qui rythma volontiers la marche de nos soldats, et qui s’exerça contre la tyrannie de Bonaparte, descendit souvent vers des sujets plus petits; elle se plut à taquiner et à médire, à déchirer les réputations et à enfoncer parfois son dard dans la chair vive des vanités personnelles.Ce sont les querelles de nos partis politiques qui lui fournirent surtout la (1) Le Spectateur, 31 mai 1814; cette pièce est intitulée : Un parisien en Sibérie à sa Maman.(2) Le Spectateur, 14 juin 1814.(3) » » 21 juin 1814.(4) » » 14 juin 1814. Etude suk l'histoire de la littérature canadienne 89 matière la plus abondante de ses refrains satiriques.Les rédacteurs des journaux canadiens-francais se renvoyaient de l’un à l’autre, et dans le langage des dieux, des épigrammes, qui souvent se _ ' geaient en des couplets fort aiguisés.Et quand les discussions devenaient plus graves, et l'inspiration plus méchante, quand les journaux eux-mêmes n’auraient pas suffi à renfermer ces poésies, ou quand ils n’auraient pas voulu prendre la responsabilité des morsures cruelles qu’elles pouvaient faire à autrui, c’est sur des feuilles volantes qn’on les y imprimait, et l’on distribuait et vendait sur la rue ou sur le marché cette littérature toujours populaire.De tous les vers satiriques que l’on voit souvent imprimés sur la dernière page des journaux de ce temps, nous ne citerons que cette tirade que décochait un jour à l’adresse du Canadien les jeunes rédacteurs du Courrier de Québec: Veux-tu savoir, compatriote, Pourquoi le Canadien radote ?C’est la faute de ses auteurs, Dans qui règne un certain délire, Qui porte à vouloir tout conduire.Plaignons leur sort et leur malheur ; Car, après tout, leur radotage Tourne à notre désavantage : L’étranger qui lit leur papier Dont le style incorrect, grossier, Lui donne à rire à chaque page, Ne connaît pas qu’il est l’ouvrage De deux pédans, dont l’un n’a lu Que son 1 Hoinond, sans le comprendre, Et l’autre dans Ferrière a vu Tout ce que l’homme peut apprendre.(1) Aucune discussion politique, aucune rivalité de partis ne détermina peut-être autant de chansons satiriques que les discussions et les rivalités auxquelles donnèrent lieu l’exclusion du juge de Bonne de la chambre des députés, le renvoi du Parlement patriote, et l’interdiction du Canadien.(.e sont alors des chansons à dix, quinze et dix-huit couplets, où successivement l’on rime et ridiculise les travers de l’un ou l’autre des principaux patriotes et chouayens qui conduisent la (1) Le Courrier de Québec, 11 mars 181)7.31 90 Bulletin du Parler français bataille.Certes, il ne faut pas attacher une très grande importance littéraire à ces élucubrations de la passion politique; elles sont plutôt faibles, et d’une tenue peu académique.Canadiens, vos représentants Ont fait faire culbute Au juge par entêtement, Qui a voulu sa chute : Scs suppôts pour vous abuser Font des discours frivoles ; Ne vous laissez point amuser Par leurs fades paroles.Et l’on propose au peuple de renvoyer au Parlement les députés que Craig vient arbitrairement d’en faire sortir.Quand oserez-vous donc chasser, Peuple, cette canaille, Que le Gouverneur veut payer ?Renommez les Représentants Que les nobles méprisent, Et conduisez les triomphants, Pour (jue tous les élisent.Et les chouayens répondent à ces aménités par une complainte sur la mort du Canadien.Il est mort, c’est pour le certain.Ce vilain, méchant Canadien, Qui semait la discorde, Qui ne voulait pas faire le bien : Il est mort pour tout citoyen Qui aime la paix, la concorde.To, to, to, battez chaud, bon courage, Nous avons mis fin au tapage.Ah ! ne les renvoyez donc plus : Tous ceux que vous aviez élus, En veulent à votre perte, A votre honneur, à vos écus ; Ils sont méprisés, confondus, Ne paraîtront plus, je m’en flatte.To, to, to,.(P (1) On peut trouver ces chansons à la fin du vol.IV de la collection du Canadien, conservée aux archives du Séminaire de Québec. Etude sur i.’histoire de la littérature canadienne 91 La fable voisine souvent avec la chanson satirique pour ce qu’elle enferme de malice à l’adresse des hotnmes qu’elle veut instruire.Aucun genre littéraire ne se prête mieux peut-être à la censure des travers, parcequ’aucun ne dissimule mieux la personne toujours irritante des censeurs.Ce sont d’autres orateurs que soi que l’on met en scène, le plus souvent des animaux, ou plus gentiment encore des arbres et des fleurs.Et l’on accepte volontiers les remontrances que nous font des êtres si éloignés de nos mesquins intérêts, et si peu capables d’éveiller notre susceptibilité.Le Mercury ne pouvait donc s’irriter quand le Canadien lui dédiait un jour ce petit dialogue intitulé l'Erable et la Ronce : L’érable dit un jour à la ronce rampante : Aux passants pourquoi t’accrocher ?Quel profit, pauvre sotte, en comptes-tu tirer?—Aucun, lui répondit la plante.Je ne veux que les déchirer.(D Le curé et les marguillers de la paroisse de Notre-Dame de Montréal durent trouver assez plaisante assurément, la leçon qu’ils purent lire un jour à leur adresse dans le Spectateur.Le public ne pouvait «s’empêcher de blâmer la petitesse mesquine de l’église paroissiale tout en admirant l’élégance et la magnificence avec laquelle on l’avait décorée», et voici comment un rimeur voila sous les allégories de la fable cette juste critique.Il était autrefois une famille en ville Dont l'étroit et modeste asile Pouvait suffire à peine à deux enfants Et leurs parents.Petit ménage Croît avec l’âge.Celui-ci jeune encore allait multipliant.Il eut fallu dès lors que le toit fût plus grand.D’y pourvoir eût été sagesse En avançant vers la vieillesse : Nos deux époux très follement.En jugèrent tout autrement.Plus les enfants venaient, plus nos gens, à mesure, Dans tous les coins de la maison (1) Le Canadien, 29 novembre 1800. 92 Bulletin du Parler français Prodiguaient, en mainte façon.Sculpture et peinture et dorure ; L’embellissaient de toutes parts, Y faisaient briller tous les arts.Quel aveuglement ! va-t-on dire.Si vit-on tout le monde en rire.Car en dépit de tous ces ornemens Nos gens étaient tassés comme de vrais harengs.On voulut en vain contredire ; Quelque chose qu’on leur pût dire.Sous ces lambris dorés, ils aimaient mieux souffrir Languir et respirer à peine, Vivre à l’étroit et dans la gène.Et s’exposer même à périr, Que de se trouver humblement Plus à l’aise et plus largement.J’entends chacun qui se récrie Contre cette insigne folie, Maudissant du couple entêté L’aveugle opiniâtreté.Je leur dirais : Vous blâmez leur sottise ; Mes bons amis, regardez votre Eglise, il) Les journaux du commencement du siècle dernier renferment un grand nombre de ces fables où s’affirme sous le couvert prudent de l’allégorie l’esprit malin et un peu irritable des anciens.Ces poésies sont une manifestation, pas toujours élégante, mais certaine, de l’âme vive, joyeuse et facilement méchante dont nous avons hérité.(la suite prochainement) Camille Roy, ptre (1) Le Spectateur, 2 septembre 1812.Séance publique.— Le (i décembre prochain, la Société du Parler français donnera, dans la Salle des Promotions, sa deuxième séance publique.Les membres pourront se procurer des cartes d’entrée en s’adressant à l’archiviste.Le programme sera publié dans les journaux. BIBLIOGRAPHIE DU PARLER FRANÇAIS AU CANADA (SuiteI 43.—Un membre de ea Société typographique de Québec.Recueil des expressions vicieuses et des anglicismes les plus fréquents.Québec (E.-R.Fréchette), I860, in-8, II-)-47 pp.Le titre porte la date I860, et la couverture 1861.Le plus grand nombre des 261 articles qui composent ce recueil alphabétique sont consacrés à des anglicismes, étudiés en vue de 1 épuration du langage.Beaucoup d’expressions techniques anglaises employées par les ouvriers canadiens, spécialement par les typographes, y sont traduites par leurs équivalents français.Cf.Nus 53 et 123.V.le Journal de l'Instruction publique, Montréal, janvier 1861, t.V, N» 1, p.12.1861 43a.—J.-G.Kohl.Travels in Canada and through the States of Neiv-York and Pensylvania.Translated by Mrs.Percy Sinnett.Londres (Manwaring), 1861, 2 vols in-8, 345 et 357 pp.L’auteur assure que les Canadiens français prononcent cens et rentes shanserands ; bateau, botcau; chats, chaots.Cf.le Journal de l'Instr.publ., Montréal, janvier 1861, t.V, Nu 1, p.12.1862 44.—Jean-François-Maurice Arnault Dudevant (Maurice Sand).Six mille lieues à toute vapeur.Paris (Levy), 1862, in-18 jésus, 367 pp.V.p.327 : « L’esprit canadien est resté français.Seulement on est frappé de la forme du langage, qui semble arriéré d'une centaine d’années.Ceci n'a certes rien de désagréable, car si les gens du peuple ont l’accent de nos provinces, en revanche, les gens du monde parlent un peu comme nos écrivains du XYIIL-siècle, et cela m’a fait une telle impression, dès le premier jour, qu'en fermant les yeux je m’imaginais être transporté dans le passé et entendre causer les contemporains du Marquis de Montcalm.» L’auteur avait accompagné au Canada le prince Napoléon.Cf.le Journal de l’Instr publ., septembre 1862, t.VI, N1' 9, p.161.93 94 Bulletin du Paiu.hr français 45.Adolphe de Puibüsque.Notes d'un voyage d’hiver de Montréal à Québec.Dans le Journal de l’Instruction publique, Montréal, janvier 1862, t.VI, N° 1, pp.2-4; février, N° 2, pp.25-27; mars, N° 3, pp.41-44.V.pp.3, 25, 43-44 : L’auteur relève les expressions suivantes, entendues au Canada : Il va mouiller, c’est de videur comme il mouille, on va nous ôter tout notre butin, la route commence à devenir méchante, vous pouvez quitter tout votre butin dans la cariole, quand vous serez parés pour embarquer vous trouverez tout à la même endroit, etc.Cette étude est reproduite des Causeries des Familles.46.—Ed.du Haii.lv.Une station sur les côtes d’Amérique.III.Les Acadiens et la Nouvelle-Ecosse.Dans la Revue des Deux Mondes, 15 décembre 1862, XXXIIe année, t.XI.II, pp.875-900.En volume: Campagnes et Stations sur les côtes de l’Amérique du Nord, Paris (Dentu), 1863, in-18.V.pp.878-899: Le parler acadien.«A la ferme où nous allâmes demander l’hospitalité, tout était français, tout avait été religieusement conservé, le costume aussi bien que le langage.Çà et là quelques formes vieillies rappelaient depuis combien de temps ces pauvres exilés vivaient loin de la mère patrie qu ils désignent toujours sous le nom touchant de vieux pays.On eût pu se croire transporté dans un village normand d’il y a deux siècles.» Cf.le Journal de l'Instr.publ., janv.1863, t.VII, N° 1, p.13, et janv.1864, t.VIII, N" 1, p.12.46a.— A.Gérin-Lajoie.Jean Rivard le Défricheur.Dans les Soirées canadiennes, 1862, t.II, liv.6, 7, 8, 9 et 10.Passim.Observations sur divers mots franco-canadiens: habitant, corvée, bouquet, etc.1863 47.—Boucher delà Bruère fils.Le Canada sous la domination anglaise.Saint-Hyacinthe (Lussier & frères), 1863, in-8, 80 pp.V.pp.25-28 : Historique de la lutte sur la proposition de rédiger les procès-verbaux de la Chambre dans les deux langues, en 1791.Cf.le Journal de l’Instruction publique, Montréal, avril 1863, t.VII, N" 4, p.61.1864 48.—Comte Jaubert.Glossaire du Centre de la France.(Ouvrage publié en 1838 sous le litre: Vocabulaire du Berri et Bibliographie du parler français au Canada 95 des provinces voisines, recueilli par un amateur du vieux langage, 1 vol.in-8, et seconde édition sous le même litre, en 1842.) lcrc éd., Paris (Chaix & Cie), 1856-1858, 2 vol.in-8, 566 et 664 + (supplément) 40 pp.; 2cmc éd., Paris (Chaix & Cie), 1864, in-4°, XVI+732+(supplément) 159+1 pp.V.p.IV de l’éd.île 1864 : « Au delà des mers, les premiers colons du Canada y ont apporté et leurs descendants y ont conservé jusqu’à ce moment sans altération, avec la coutume de Paris en vigueur comme loi civile, le parler propre à la langue d’oïl du Nord-Ouest.» Cf.le Journal de 1 Instruction publique, Montréal, novembre 1858, t.II, N- 11, p.202.48a.Anon.Revue bibliographique.Dans le Journal de /’Instruction publique, Montréal, juin et juillet 1864, t.VIII, Nos 6 et 7, p.99.Remarques sur les anglicismes, à propos de l’ouvrage de la comtesse Drohojowska, Du Bon langage et des Locutions vicieitses à éviter.1865 49.—Joseph Cauchon.L’Union des Provinces de l’Amérique brit unique du Nord.Québec (A.Côlé & Cie), 1865, in-8, 152 pp.Version anglaise par G.-H.Macaulay, The Union of the Provinces of British North America, Québec, 1865, in-8, 154 pp.V.p.129, sur le 46“"'» paragraphe du Projet de constitution de la Convention de Québec, déclarant officielles les deux langues française et anglaise.50.—Arthur Buies.Barbarismes canadiens.Dans le Pays, Montréal, 1865, passim.Série d’articles où l'auteur relève un grand nombre de fautes contre la langue trançaise commises au Canada, surtout dans les journaux.51.—Ernest Duvergier de Hauranne.Huit mois en Amérique.Lettres et notes de voyage-V.Québec.La nationalité canadienne.Dans la Revue des Deux Mondes, Paris, 1 novembre 1865, t.LX, pp.188-234.L’auteur a entendu, au Canada et sur les bords du Mississipi, des descendants d’anciens colons français parler un patois picard et normand.Il voit venir le temps prochain où le français ne sera plus parlé que dans le bas peuple, où même il disparaîtra comme les patois de province devant la langue officielle.L’ouvrage entier a été publié dans la Revue des deux Mondes, en 1865, t.LVIII, pp.852-899, t.LIX, pp.87-141, 423-468, 881-924, t.LX, pp.188-234.627-670, 898-846, et en deux volumes 1 année suivante (V.N» 52). Bulletin du Parler français 96 Cf.le Journal de l'Instruction publique, Montréal, décembre 1865, t.IX, N° 12, p.167, où les affirmations de M.de Hauranne sont relevées et corrigées.51a.—Francis Parkman.Pioneers of France in the New-World.Boston (Little-Brown & C°), 1865, in-8, 129 pp.P.184.Origine du nom de Canada.P.301.Origine du nom de Québec.51b.—Emm.Blain de Saint-Aurin.Des locations communes aux langues Française et Anglaise.Dans le Journal de l'Instruction publique, Montréal, décembre 1865, t.IX, Nu 12, pp.161-162.Anglicismes.Analogies fausses et analogies vraies des locutions communes aux deux langues.1866 52.—Ernest Duvergier de Hauranne.Huit mois en Amérique.Paris (A.Lacroix), 1866, 2 vols in-12, 475 et 496 pp.Les passages relevés au N" 51 se trouvent à la p.29 du vol.II et passim.1867 53.— J.-F.Gingras.Manuel des expressions vicieuses les plus fréquentes.Outaouais (Imprimerie dit Canada), 1867, in-8, III-|-77 pp.Nouvelle édition, «considérablement augmentée», du Manuel anonyme de 1860 (N° 43).Vocabulaire de 400 expressions vicieuses ou jugées telles par l’auteur, anglicismes surtout.Cf.Gf.ddes, Can.-Fr., p.21, ou KJ ’02, p.1 313; le Journ.de l’Instr.pubt., Montréal, mai 1867, t.XI, N'1 5, p.70.54.—Emmanuel Blain de Saint-Aubin.Passé, présent et avenir probable de la langue française au Canada.Lecture prononcée à l’Institut canadien-l'rançais d’Ottawa, le 11 janvier 1867.Dans le Journal de /’Instruction publique, Montréal, février et mars 1867, t.XI, Nos 2 et 3, pp.17-19; avril, N° 4, pp.41-43.Le langage des habitants illetrés, au Canada, est plus correct que celui des paysans de presque toutes les parties de la France.Cela vient de ce que, lors de la fondation de la colonie, les personnes les plus considérables parmi les colons n’étaient pas originaires de Bretagne et de Normandie et de ce que l’instruction élémentaire est beaucoup plus répandue que dans l’ancienne mère patrie.—Luttes soutenues, après la cession du pays à l'Angleterre, pour la conservation de la langue française.—Fondation du journal le Canadien. Bibliographie du Parler français au Canada 1869 97 55.—Le Révd Æ.McDawson.Les Poètes canadiens-français.Conférence donnée à l’Institut canadien-français d’Ottawa, traduite de l’anglais par E.Blain de Saint-Aubin.Dans le Journal de l'instruction publique, Québec, février et mars 1869, t.XIII, Nos 2 et 3, pp.17-21.Etude de littérature canadien ne-française.La langue française au Canada a produit des œuvres remarquables, malgré des conditions défavorables.La deuxième partie seulement de la conférence a été publiée.1870 56 Hubert Larue.Mélanges.Québec (Garant & Trudel), 1870 et 1881, 2 vols in-8, 298 et 272 pp.V.vol.I, chap.I : Nos qualités, nos défauts.—La langue française au Canada, pp.9-23.Exemples d’expressions vieillies et d’anglicismes usités au Canada.Cf.Geddes, Can.-Fr., p.21, ou KJ '02, p.I 313; Nu 59.57.—Oscar Dunn.Pourquoi nous sommes français.Montréal (la Minerve), 1870, in-8, 40 pp.V.pp.21-29.Considérations générales sur la conservation de la langue française au Canada.Cf.le Journ.de l’Instr.publ., Québec, octobre et novembre 1870, t.XIV, Nus 10 et 11, p.152.57a.—D Anglars.Traité d’élocution indiquant les moyens d’obtenir une bonne émission de voix, de corriger tous les accents vicieux, tous les accents étrangers.Montréal (la Minerve), 1870, in-8, 51 pp.A l’usage des Canadiens français.« La mollesse d’articulation, le grasseyement, sont les fautes d'accent ordinaires aux Canadiens.» PP- 1-22: Principes pour se guider dans l'émission des sons.PP.22-50: Morceaux choisis.D Anglars, un Français de France, était professeur de lecture à l’École normale Jacques-Cartier, à Montréal.1871 58.Emmanuel Blain de Saint-Aubin.Quelques mots sur la littérature canadienne-française.Causerie lue devant la Société 98 Bulletin du Parler français littéraire et scientifique d’Ottawa le 14 janvier 1871.Dans la Reinie canadienne, Montréal (E.Sénécal), 1871, l.VIII, pp.91 et suiv.59.—E.Blain, de Saint-Aubin.Compte rendu des Mélanges de Lame (N° 56).Ibid., pp.104-109.60.E.Blain de Saint-AuBiN.Quelques mots sur le prétendu patois des Canadiens-Français.Ibid., p.197.61.- Anon.Les Canadiens français.Article reproduits, s.d’une revue anglaise (non nommée), dans l’Opinion publique, Montréal, 5 octobre 1871, t.II, N” 4, p.479.« Les Canadiens français des villes ne parlent pas, comme on pourrait le croire, un français bien élégant.J'ai entendu des Français alfirmer qu ils avaient de la difficulté à comprendre ce que des Canadiens français instruits voulaient dire, vu surtout le grand nombre de mots anglais qu’ils mêlent au français.» 1872 62.- H.-H.Miles.List of specimens of woods of the Canadian forests with their English, French and botanical names.Dans The Quebec Litterary and Historical Society, Québec, 1871-1872, Appendice, p.22.Cette nomenclature contient les noms franco-canadiens de certains arbres.Cf.Geddes, Cari.-Fr., p.21, ou KJ '02, p.I 313.62a.—Anon.Mots et tournures à éviter.Dans le Journal de l’Instruction publique, Québec, octobre et novembre 1872, t.XVI, Nos 10 et 11, p.144.Applicant, application, concourir, éditorial, quali fie, référer, etc.62b.—Henri Kowalski.A travers l'Amérique.Impressions d’un musicien.Paris (Lachaud), 1872, in-8, 257 pp.Passim.Remarques sur le parler des Canadiens français, contre lesquelles Dunn, Suite, etc., ont protesté.V.N» 65.1873 63.—Francisque Michel.(Vers cette date dut paraître dans une revue française un article de Francisque Michel, de 1 Institut, sur le Canada.Dans cet article, F.Michel Bibliographie du parler français au Canada 99 empruntait, sans avertir, plusieurs pages du premier chapitre des Mélanges de Larue (V.Nu 56) sur le français parlé au Canada, et, changeant quelques mots seulement, donnait comme usage général ce que l’auteur canadien avait donné comme exceptions singulières; en ajoutant à cela quelques expressions étranges, il concluait que les Canadiens français parlent un jargon.Cet article fut relevé, et sévèrement, tour à tour par Dunn, Suite, Tardivel, etc.Ces auteurs prétendent tous avoir lu cet article dans la Renue britannique (sans autre indication); il ne se trouve pas dans ce périodique, et nous l’avons vainement cherché dans les autres revues françaises de l'époque.Nous croyons cependant pouvoir affirmer que l’article de Francisque Michel fut publié de 187Ü au mois de juillet 1873; en effet, les Mélanges de Larue parurent en 1870, et le 4 juillet 1873, Pierre-J.-O.Chauveau écrivait, de Québec, à l'écrivain français: «J’ai lu avec un peu d’intérêt votre article sur le Canada dans la Revue Britannique que je suis assez régulièrement.» Apparemment Michel se plaignit de cette appréciation, car, le 20 août, Chauveau lui écrivait: «Je dois m’efforcer d’abord d’effacer une impression que la mienne (ma lettre) p'araît avoir créée chez vous.C’est certainement ou l’effet d’une mauvaise écriture de ma part, ou par une malheureuse distraction, que vous avez pu lire que j’avais lu avec un peu d’intérêt votre article de la Revue Britannique.Je l’ai lu au contraire avec beaucoup d’intérêt et si cette phrase malencontreuse se trouve dans ma lettre, je vous en offre mes plus humbles et mes plus franches excuses.» Ces deux lettres, forment partie de la collection de M.Philéas Gagnon, de Québec.) F.Michel visita Montréal et Québec aux mois de septembre et d’octobre 1868.64.-Benjamin Sulte.Le \Canada en Europe.Chroniques, dans la Renie canadienne, 1873, t.X, pp.198, 279, 348 et suiv.P.203 : Ce qu'est notre langage.PP.279-284 : Les mots anglais.P.345 : Le mot « habitant ».V.N" 65.65.Benjamin Sulte.Le Canada en Europe.Montréal (Eusèbe Sénécal), 1873, in-8, 62 pp.Reproduction, avec nombreuses additions, des Chroniques parues dans la Revue canadienne (N° 64).Procédant le plus souvent par citations, l’auteur cherche à « présenter un aperçu de l'idée que l’on a généralement » des Canadiens français en Angleterre et en France.« Cette mosaïque, dit-il, nous mettra à même de juger des erreurs profondes qui se sont répandues à notre sujet et qui paraissent l’emporter suides informations plus exactes que l’on trouve semées, ça et là, dans quelques livres européens où il est question du Canada.» (p.3.) P.5 : Origine du nom Canada.PP.8-9: Du «patois» canadien.L’auteur cite Ampère, de Parieux Maurice Sand, le Figaro.P.15 : Les mots anglais.PP.19-20: L’auteur cite Kowalski, A travers l'Amérique, N" 62b, et une réponse de la Minerve (de Montréal) à cet écrivain.P.23 : L'auteur cite Charlevoix. 100 Bulletin du Parler français 65a.Anon.L’Ontaouais.Dans le Journal de l'Instruction publique, Québec, janvier el février 1873, t.XVII, Nos 1 et 2, pp.11-12.Noms des chutes de l’Outaouais.1874 66.—Benjamin Sulte.Le français au Canada.Article s.s., dans la Semaine agricole, Montréal, 23 janvier 1871.Réponse aux écrivains (le France et des Etats-Unis (en particulier aux rédacteurs du Courrier des Etats-Unis, de New-York) qui «représentent les Canadiens français comme un ramassis de Français dégénérés, moitié sauvages moitié civilisés, parlant un langage barbare ».« Nous pouvons assurer nos confrères de France et des Etats-Unis que nous parlons au Canada un langage plus pur que celui des paysans français.» Le danger de l’anglicisation est signalé.67.A.-H.Sayce.The Principles of Comparative Philology.Londres, 1874.2emeéd., Londres (Trubner & Co.), 1875.Traduction française par Ernest Jovy: Principes de philologie comparée, Paris, 1883.2eme éd., Paris(Delagrave), 1893, in-12, XXII + 311 pp.V.éd.anglaise de 1875, p.49, ou éd.française de 1893, p.47, en note : L’auteur signale la prononciation canadienne mékier pour métier, moikié pour moitié, qui montre la relation intime des dentales et des gutturales.68.—M.-A.Lefaivre.Conférence sur le Canada français.Versailles (Bernard), 1874, in-8, 60 pp.V.pp.14-15 : «C’est par ses soins (l’Université Laval) et son influence que la langue française s’est conservée au Canada dans sa pureté primitive ainsi que le culte assidu de nos bons auteurs.)) 69.—Oscar Dunn.Notre patois.Dans l'Opinion publique, Montréal, 15 janvier 1874, t.V, No 3, p.25.Sur un article d’un journal de Paris, reproduit par le Courrier des Etats-Unis, où le «vieux patois normand» était donné comme un «idiome qui tend à s’effacer tous les jours, sauf au Canada ».Dunn proteste contre ces derniers mots.«Ce patois normand, dit-il, est absolument ignoré au Canada.» 69a.—Anon.Le patois canadien.Dans le Journal de l'Instruction publique, Québec, janvier 1874, l.XVIII, N° 1, p.8.Sur l'extrait d’un journal de Paris reproduit par le Courrier des Etats-Unis.« Le langage des Canadiens français est loin d’être un patois », et « d’un bout à l’autre du pays le langage est le même ».Cf.N" 69.(la suite prochainement) LES MOTS POPULAIRES DANS LA LITTERATURE CANADIENNE-FRANCAISE Abréviations : A.= Les Anciens Canadiens, parP.-A.de Gaspé (édition Cadieux & Deromc) ; M.= Mémoires, par le même; J.H.1).= Jean Rivard le Défricheur, par Gérin-Lajoie ; I).M.= Deuxième Mine, par le R.P.Laçasse ; N.M.= Nouvelle Mine, par le même.(Suite) Canouache.-« Les autres canonaches (vilains sauvages) firent un mouvement pour chercher l’abri des arbres.» A.G., p.57.Casque.— « La peau de l’ourson fut transformée en casque d’hiver.» J.R.D., p.lit).Cassot.—« Le dessert fut apporté sur des feuilles d’érable, dans des cassots et des corbeilles qui témoignaient de l’industrie des anciens aborigènes.» A.G., p.196.Casuel.—« Le sexe est pas mal casuel comme vous savez.» M., p.417.Charader.« Lolficier avait traité la tuque de 1 habitant de sac à pudding.« Va-t-en au diable avec ton sac et tes quilles », fit 1 habitant.Jean-Baptiste charadail.» M., p.135.Chicoter.« G’est toujours une petite revanche sur l’ennemi qui nous a pas mal chicoiés en 59.» A.(5, p.73.Chouquece.—« Une voix d’homme criait: pille! pille! chou-quece ! chouquece ! et tout passa dans le ciel comme une vision.» M., p.411.Corvée.— « Quand les matériaux furent prêts, et qu’il ne fut plus question que de lever, Jean Rivard résolut, suivant la coutume canadienne, d’appeler une corvée.)) J.R.1)., p.180.Couette.— « Cet homme était porteur d’une couette, entourée de peau d’anguille, d’une largeur " '’’’.» M., p.260.101 B56B 102 Bulletin du Parler français Cousins.—« Ce n’était pas petite besogne que la confection du pain bénit et de ses accessoires de cousins.» A.G., p.83.Créatures.—« Vous savez que je suis toujours poli, moi, avec les créatures » (les femmes).M., p.404.Croquecignoles.—« Une grande chaudière à moitié pleine de saindoux, frémissant sous l’ardeur d’un fourneau, recevait les croquecignoles que deux cuisinières y déposaient et retiraient sans cesse.» A.C», p.72.Croûte.—« La neige élant assez gelée pour porter un homme, les deux défricheurs partirent à pied sur la croûte.» J.R.1)., p.05.Dégreyer.—« On dételle aussitôt les voitures, après avoir prié les amis de se dégreyer.» A.C., p.74.Déhaler.—« Quand il se fut déhalé du lossé où il était serré comme dans un étoc.» A.C., p.34.Déplomber.—« Ce sont des hommes d’une bonne taille, la poitrine ouverte et dont les épaules déplombent de six bons pouces en arrière.» A.C., p.57.Dessoler.—« M.Dessaules, vous venez de dessoler l’édiiice clérical.» N.M., p.16.Doutance.—« J’ai doutante, moi, que c’est parce qu il beugle comme une vache, pendant certains vents.» A.C., p.21.Doutences.—« Chasse, ma chère Fifine, ces vilaines doutences (pressentiments).» M., p.42(5.Dret.—« Us portent tous trois, Monseigneur, Sir James Craig, et Jean-Baptiste le collet dret.» D.M., p.44.Durçon.—« Et penser, durçon (mauvaise paye), que tu as mis sur le dos de ton cheval un harnais de trente piastres! » M., p.455.Écarder.—« J’allais quasiment me mettre dans les frais quand ma femme vint à mon secours et vous Yécardit d’importance.» M., p.453.Échauder.—« Le grain échaudé plus à cause de la maigreur de la terre qu’à cause de la température du climat.» D.M., p.125.F.-X.Burque, plre (la suite prochainement1 FAÇONS DE PARLER PROVERBIALES, TRIVIALES, FIGURÉES, etc.des Canadiens au XVIIIe siècle par le P.Potier, S.J.[Suite] Qu’esl-ce que vous trutinez là?i.e.faites là.[scribebamj Les quenouilles d’une cheminée, i.e.perches aux 4 coins.Les Canadiens disent fisque et fis-quer, pour fixe et fixer.Curé fisque.Il fut coulé ou coulé has, 1.e.interdit, réduit à quia.Il ne le rate pas, i.e.lui dit ouvertement son sentiment.Vous aurez à décompter, i.e.rabattre.La chaleur mange le vent, i.e.le tue, le fait tomber.Je n’aime point à voir flasquer le mat, la voile, i.e.balancer.Janis sera haré par le fr.Bredasse, i.e.aura des coups de hart.Il n’est pas icit pour ici.Je me dépitaille, i.e.dépite.P.Bon.La boëte de mon horlog, i.e.la quaisse.J estime mieux vous la payer plus cher, i.e.j’aime mieux.Après les travaux de la maçonne.Cela rognera les ongles a Chauvin, i.e.diminuera son gain.Les serpens à sonnettes se retirent en hivernement à forfait, i.e.tout à fait.Soler, a., (faire le solage).Le grand père de Mr de Longueil maria si bien toutes choses qu’il ramena 3 villages iroquois, i.e.ajusta, conduisit.En Canada on ne traitte de Mr que les officiers et les gens d’un certain rang.les autres par leur nom.ou le bonhomme.Une trallée de sauvages m'assiège, i.è.une foule.Grand’mère, c’est ainsi que les StaSois appellent l’eau-de-vie.‘Caresser sa grand’mère, i.e.boire de l’eau-de-vie.Le vent fait rissoler la mer, i.e.rider.Il faisait un vent à prendre des lames, i.e.à emplir.La langue lui petoit de parler, i.e.avait une grande démangeaison de parler.Cela est bien casuel, i.e.sujet à caution.M.Long, ter repetiit.A pur forfait, i.e.à pure perte.Ce sauvage n’a pas dessoûlé depuis 4 jours.1U3 104 Bulletin du Parler français Je lui ai mis le marché en main, i.e.j'ai dit que je ne pouvais pas.Démolir une maison de bout-en-bout, i.e.de fond en comble.Quoi ! pour une gueuserie comme celle-là, i.e.une bagatelle, une niaiserie.Déjeuner-dinant, i.e.bon déjeuner.Bousiller, déboüsiller, rebousiller.avec de la terre.Les bousillages ne valent rien après la Toussaint, ils s’égrènent, i.e.la terre se détache.J’ai beaucoup arieter pour obtenir, i.e.parlé.La voile bande bien, i.e.est bien tendue par le vent.Me voilà campé, i.e.assis dans le canot.Il n’y a point tant de molasserie dans le poisson blanc quand il est salé, i.e.n’est pas si molasse.J’aime les échalottes et elles me maltraitent, i.e.me font mal, me causent une grande soif.N.est la trompette du fort, i.e.il ne peut garder le secret.L'Espérance ! Es-tu bon équarris-seux ?Tu iras couper pour faire une guette à l’Eglise, i.e.appui.bigue ou sablière.Il ne le rate pas, i.e.le reprend quand il manque.Renduire une muraille &, i- e.mettre une couche sur le crépis pour l’unir.Janis me talonnoit beaucoup pour partir lundi, i.e.me sondoit.Renard m., i.e.bois qui embrasse les 2 bords d’une cheminée nouvellement construite.Vous achevez à forfait dans une journée, i.e.entièrement.Adieu de coquin, i.e.boire etc en partant.Suye mastiquée dans la cheminée, i.e.durcie, encuirassée.Vous ferez ces ravauderies dans vos teins perdus, i.e.ces petits ouvrages, bagatelles.Une piroguée de pierre &, i.e.plein une pirogue.Cenelière, Ormière, Frenière, Pi-nière, Sapinière, i.e.endroit planté etc.Les poules épluchent toutes ces graines qui s’attachent aux habits, i.e.mangent.Chemin couvert m.i.e.corridor de la salle à la sacristie.Taquet m., i.e.barre de bois sur laquelle est posé (ou) porte le bout d’une planche.Le bonhomme pourra fourgailler ces bûches, i.e.remuer.Le mortier & se dégrade, i.e.tombe.Le vent ne fait que changeotter, i.e.change souvent.Le chevreuil leva le pavillon et décampa, i.e.la queue.La riv.aux canards a plusieurs fourches, i.e.branches.Coulée, i.e.chenail sans issue.J’avais un buterfiel et il fut brûlé avec mon drigail, i.e.meubles.mon train.Les contre-tems, i.e.les 4 tems.Petit-blé, i.e.blé d'inde à demi-mur.Batterie, i.e.aire de grange. LEXIQUE CANADIEN-FRANÇAIS (Suite) Berline (bèrlin, bœrlin), barline (barlin), borline (bàrlin) s.f.I || Espèce de voiture d hiver pour le transport des voyageurs.2° || Espèce de livreuse qui sert aux boulangers pour le transport et la distribution du pain.Eh.Berline = grand carrosse fermé à quatre roues et dont I avant et l’arrière ont une forme symétrique, Darm.Balusse (bàlus) s.f.|| Balustre (s.m.), petite balustrade.Eu.Balustre - assemblage de plusieurs balustres (petits piliers façonnés) servant de clôture dans une église ou dans une chambre, Darm.Barloque (barlok), berloque (bœrlôk), borloque (bàrlàk), s.f.|| Patraque, vieille montre, vieille horloge.In.Breloque = cachets, ciels, menus bijoux qui pendent à un ruban, à une chaîne de montre, Darm.On trouve parfois berloque au XVIIe s., Id.—Le langage populaire commun, en b rance, emploie aussi breloque pour pendule, Timmermans.Dial.Berloque = breloque, parlers picards, rémois, rouchi, Corblet.— Birlok = outil ou meuble mal ajusté, parler de Bournois, Roussey.Fr.-can.Les Canadiens disent aussi pataque pour patraque, montre de peu de valeur.Barlot (barlô), berlot (,bœrlô), borlot (bôrlô) s.ni.II Voiture d’hiver faite d’une sorte de boîte plus ou moins profonde posée sur des patins.Barouche (banie) s.f.1° Il Voiture formée de planches plus ou moins flexibles supportées par deux paires de roues, Fr.-can.Cf.ang.barouche = voiture à quatre roues avec capote, Webster.On dit aussi, au Canada, planche et sly.105 106 Bulletin du Parler français 2° || Vieille voiture quelconque.3° || Vieillerie.4° || (Sur la Côte-Nord.) Espèce de grande brouette, à laquelle on attèle un cheval ou un chien, et qui sert au transport de la morue.Barre du cou (bà:r du kn).|| Nuque, os du cou.Ex.: Je te casserai la barre du cou je te casserai le cou.Dial.Centre, Jaubert; Normandie, Moisy, Delboulle.Battable (bàtàb) adj.|| Qui peut être surpassé.Ex.: Il est comique, il est pas battable = il est si comique qu’on ne peut l’être davantage.J’ai vu les tours de ce magicien, c’est pas battable = il est impossible de faire mieux.— Ce cheval n’est pas battable = il n’v en a pas de meilleur.Vx fr.Battable = qui peut être battu, Lacurne, Godefroy.Dial.Battable = qui peut être battu.Saintonge, Eveillé.Fr.-can.Ne s’emploie qu’avec la négation.Battée (bâté) s.f.1° || Airée, nombre de gerbes qu’on peut battre à la lois dans l’aire d’une grange.2° || Quantité de sucre, de savon, etc., qu’on fait en une lois.Ex.: Une battée de sucre, une grosse battée de sucre.3° |j Grande quantité.Ex.: Il y a une battée de pommes celte année = il y a beaucoup de pommes cette année.— l ne battée de monde - beaucoup de monde, une foule.Fr.Battée = t.tecbn., quantité de feuilles qu’un relieur bat à la fois, Littré ; quantité de terre battue a la lois par le batilo-deur, Lar.Batte-feu (bàtfœ) s.m.|j Briquet.Fr.Briquet = petit appareil (pii se compose d’un silex et d’un fragment d’acier, et avec lequel on obtient des étincelles en frappant l’acier sur le silex, Lar.Batterie (batri) s.f.|| Aire (de grange).Fr.Aire = surface plane, unie, sur laquelle on bat le grain, Darm. Lexique canadiEn-français 107 Dial.Batterie = aire, Normandie, DuBois, Moisy, Bull.P.jV., p.4(>
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