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Titre :
Bulletin du parler français au Canada
Organe de la Société du parler français au Canada qui y publie des études de linguistique et des réflexions sur les conditions de l'évolution de la langue française au Québec et au Canada.
Éditeur :
  • Québec :Société du parler français au Canada,1902-1914
Contenu spécifique :
décembre
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
chaque mois
Notice détaillée :
Titre porté avant ou après :
    Successeur :
  • Parler français
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Bulletin du parler français au Canada, 1905-12, Collections de BAnQ.

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N* 4 P-2 of p \ l J Vol.IV DÉCEMBRE 1905 BULLETIN DU SOMMAIRE Pages 121—Le Canada en France., Adjtttor Rivard.126—Echos des Fêtes de Jacques Cartier 132—Bibliographie du Parler français au Canada.,.f James Geddes, jr.I Adjutor Rivard.140—Séance de la Société du Parler français au Canada, 12 décembre 1905.112—Les mots populaires dans la littérature canadienne- française .L’Abbé F.-X.Burque.146—Façons de parler proverbiales, triviales, figurées, etc., des Canadiens au XVIIIesiècle.Le P.Potier S.J.150—Lexique canadien-français (suite).Le Comité dü Bulletin.154— Sonnet normand.Ch,-Th.Féret, 155- Livres et revues.f A.Rivard-Laglanderir.\ A.L.160—Anglicismes.Lï Comité du Bulletin.) RÉDACTION ET ADMINISTRATION LA SOCIÉTÉ DU PARLER FRANÇAIS AU CANADA UNIVERSITE LAVAL QUÉBEC Editeur-dépositaire, à Paris: H.CHAMPION', libraire-éditeur, 9, Quai Voltaire, / ALPHABET PHONÉTIQUE (.Signes conventionnels pour la figuration de la prononciation) d'aprè» MM.Giixiéron et l’abbc RousseLùt Lettres françaises.Les lettres a, e, i, o, n, b, d, n, f, j, k, l, m, n, p, r, t, v, z, ont la même valeur qu’en français.g = g dur (gateau); s ~ s dure (sa); œ ~ eu français (heureux); il/ = ou semi-voyelle (oui); y = i semi-voyelle (pied); û) =* u semi-voyelle (huile); é — e féminin (je); h marque l’aspiration sonore.Lettres nouvelles.ïi =*' ou français (coucou); c =• ch français (chez).Signes diacritiques.Un demi-cercle au-dessous d’une consonne indique que cette consonne est mouillée: / (son voisin de l + y, / mouillée italienne), k (son voisin de k + y), g (son voisin de g + y), n (gn français de agneau).— Un point au-dessous d’une consonne indique que cette consonne est prononcée la langue entre les dents: t, d (sons voisins de t+s, d + z; c’est le t et le d sifflants canadiens de : ti, dit).Les voyelles sans signes de quantité ou de qualité sont indéterminées (tantôt ouvertes, tantôt fermées), ou moyennes; a (a de patte), e (e de péril), o (o de botte), œ (eu de jeune); — Les voyelles marquées d’un accent aigu sont fermées; d (a de pdte), é (e de chanté), 6 (o de pot), œ (eu de eux).—Les voyelles marquées dnn accent grave sont ouvertes : à (a de il part), è (e de père), o (o de encore), œ (eu de peur).—Les voyelles surmontées d’un tilde sont nasales ; â (an de sans), ê (in de vin), ô (on de pont), œ (un de lundi).—Suivies d’un point supérieur, les voyelles sont brèves: a', i', etc.; de deux points, elles sont longues: a:, it, etc.; d’un accent, elles sont toniques : a', i', etc.Deux lettres qui se suivent, et dont la seconde est entre crochets, représentent un son intermédiaire entre les deux sons marqués.Ainsi, ô[o] = o demi-nasal.Les petits caractères représentent des sons incomplets.Il n’y a pas de lettres muettes dans la prononciation figurée ; chaque son n’est représenté que par une lettre, et chaque lettre* ne représente qu’un son.( Vol.ÏV, N° 4—Décembre 1905 LE CANADA EN FRANCE Paul-Louis Couchoud.Au Canada français.Dans la Revue Bleue, Paris, 20 mai 1905, pp.634-639.Conférence faite à la Sorbonne pour la Société des Amis de l’Université de Paris, le 2 mars 1905.M.Couchoud a vu le Canada, «grande forêt dans laquelle on a commencé, depuis deux siècles ou trois, par le fer et par la charrue, à faire quelques éclaircies»; il dit ses impressions.Quand il prit, à New-York, le train pour Montréal, il avait un sentiment de très vive curiosité: il désirait voir par lui-mê ne «jusqu à quel point les Canadiens-Français étaient restés français»; son premier souci était de savoir s il allait trouver, ici, «une vieille province de France».M.Couchoud paraît avoir été quelque peu désappointé.On s aperçoit, dit-il, que le train a passé la frontière canadienne à un premier détail.Les passages à niveau d’Amérique n’ont pas de garde barrière, mais un simple poteau avec l'inscription : Railway Crossing.Dans la province de Québec, le poteau porte en outre cette inscription française: Traverse de chemin de fer.Je saluai cette première manifestation de notre langue, tout en me demandant si, en France, nous aurions dit cela de la même façon.A une gare, j’eus le temps de lire une autre inscription : Prohibé d'outrepasser les prémisses, mais il me fallut, pour comprendre, me rappeler que prémisses, en anglais, veut dire les talus du chemin de fer.Cette traduction nouvelle de 1 anglais premisses me rappelle l’article d'un grand dictionnaire encyclopédique publié à Paris, où l'on signale comme expression franco-canadienne ferry-boùt, en ajoutant que cela veut dire bateau de ferl Ferrij-boat= bateau de fer, premisses—talus de chemin de fer, ces deux traductions sont aussi amusantes l’une que l’autre.A Montréal, M.Couchoud eut une déconvenue: Cette ville a incontestablement l’aspect anglais ou écossais.Les Canadiens-Français y sont bien en majorité, mais ils sont relégués dans les faubourgs.Tout le quartier central est anglais.En suivant mon chemin, j’aperçus quelques enseignes françaises, mais rédigées dans cette langue un peu spéciale dont j’avais 121 122 Bulletin du Parler français déjà fait l’expérience: Hardes faites pour Vêtements de confection, Marchandises sèches pour Mercerie, Fnseur pour Coiffeur.Les bribes de conversation que je saisissais étaient en anglais.Je me décidai pourtant à aborder en français un passant, et je lui demandai la rue Sainte-Catherine.Il me répondit : Oh! il y a un bout de chemin.Mais prenez ce char, et puis il n’y a pas de soin.Je lui demandai: Ce tramway?Il répondit: C’est correct ! 11 est regrettable que M.Couchoud n’ait pas jugé bon d’expliquer aussi ce que veut dire, en anglais, le mot char.pour faire le pendant de premisses.Je fus à la rue Sainte-Catherine, continue M.Couchoud, j’y pris mon logement, et après un peu de temps, par les conversations que j'entendis, par les journaux que je lus, j'eus une notion de ce qu’était cette langue française du Canada, où surnagent sans doute quelques mots de la vieille langue, mais qui est surtout étouffée sous les anglicismes.Le plus curieux est qu'on fait la chasse aux mots anglais.Au lieu de square, on dit carré, au lieu de rails lisses, au lieu de wagon char, qu'on prononce copieusement châr.Un wagon-restaurant est un châr-réfectoire, un sleeping-car, un chàr-dortoir.Mais, pendant qu’on pourchasse les menues expressions, c’est le génie même de la langue anglaise qui s’introduit dans la place.On dit: moi pour an pour: quant à moi, il n'y a pas de sain pour: ça va bien.Un ministre est supporte par une forte majorité; la purée de pommes de terre s'appelle : patates mâchées et toutes les phrases sont scandées de l’éternel: C’est correct! traduction inélégante du All right britannique.Cela s’appelle là-bas parler la langue de Bossuet.Le dernier trait ne nous émeut pas ; on a si souvent réédité cette plaisanterie !.M.Coucboud n’a-t-il pas, comme beaucoup de voyageurs, jugé après trop peu de temps ?On ne connaît pas le parler d’un peuple, pour avoir visité ce peuple et avoir fait un court séjour dans le pays qu’il habite.Avant de porter un jugement sur une langue, il faut vraiment l’avoir étudiée longtemps et avoir fréquenté beaucoup chez ceux qui la parlent.Par les conversations qu’on entend, par les journaux qu’on lit, dans le quartier anglais d’une ville à inspect incontestablement anglais, on ne saurait, en peu de temps, prendre une idée suffisante de ce qu’est une langue parlée par plus d’un million d’individus sur toute l’étendue d’un immense territoire.Que l’anglicisme soit en train de corrompre le parler des villes, cela est malheureusement vrai; on pourrait en fournir des preuves plus convaincantes que les expressions citées par M.Couchoud.Mais de là faut-il inférer que la «langue française du Canada» se meurt, est étouffée sous les anglicismes?Le langage du commerce el de l’industrie, le parler qui est en contact habituel Le Canada en France 123 avec l’idiome étranger, constitue-t-il à lui seul la «langue française du Canada » ?L’anglicisme n’a guère pénétré dans nos campagnes, et c’est là qu’il faut aller chercher la vieille province de France.On n’y trouve plus sans doute le « bailli qui-applique encore la coutume de Paris», mais des traditions, des légendes, des coutumes, des expressions, des tournures, une prononciation, qui rappellent à l’observateur consciencieux la Picardie, la Normandie et le Perche, la Saintonge, l’Aunis et le Poitou, le Maine, le Berry et l'Ile-de-France, toutes les provinces du nord, de l’ouest et du centre.Le peuple de nos campagnes, notre peuple d'habitants (ce nom a de la naissance) ne parle pas dans toute sa pureté la langue académique d’aujourd'hui non pl s que celle de Bossuet, mais par contre il ne connaît pas les innombrables expressions anglaises dont l’usage se généralise en France; il lui faut parfois employer un mot anglais, mais il le francise, et de meeting il lait mitaine, de climber clameur, de drive drave, de peppermint paper-mane, de pouding poutine; il prononce char, il est vrai, mais aussi fanau comme autrefois on disait journau qui n’est disparu du dictionnaire de l’Académie qu’en 1762, leuvre (lèvre) comme au XVIe siècle où l e suivi de la labiale v donnait souvent e féminin, mère comme ce mot était écrit par l’Académie en 1740, porceline que Richelet a signalé au XVIIe siècle, main par l’é fermé nasalisé qui marque l’étape immédiatement antérieure à l’étape française actuelle et remonte au XVIe siècle, grandmére (grammaire) que Chifflet en 1659, Hindret en 1696, relevaient dans la prononciation des honnêtes gens, charcher comme Robert Estienne écrit ce mot, etc., etc.; il dit peut-être il n'y a pas de soin et c'est correct, mais, s’il lisait les journaux de Paris, il ne comprendrait, pas plus que M.( iouchoud n’a compris le mot « char », ni racing-club, ni road-cart, ni sporting-gazette, ni wharf, ni skatingwoman, ni wtdk-over, ni cold-cream, ni flint-glass, ni cowpox.Ce sont là sans doute de menues expressions auxquelles il est «curieux» de nous voir « faire la chasse » ; mais nous pensons, dans notre naïveté et notre ignorance des choses, que, si notre porte est fermée aux mois anglais inutiles, le génie même de la langue anglaise aura plus de peine à s’introduire dans la place.Notre peuple ne connaît pas toutes les ressources du français, mais il dira, par exemple, un clair d'étoiles (par analogie avec « un clair de lune »), la terre est fermée (en parlant de la terre nourricière qui, à l’automne, gèle et se refuse au soc de la charrue), prendre beaucoup de mie (pour 124 Bulletin du Parler français labourer profondément, comparant la terre à un pain dont la surface serait la croûte et l’intérieur la mie), marcher sur ïaubel (aubier) du chemin (comparant la trace des voitures dans un chemin à un tronc d’arbre, dont l’empreinte des roues serait l’écorce, l’empreinte du cheval le cœur, et les deux lisières entre la trace du cheval et celle des roues, l’aubier), à la brimante (pour à la brune),
de

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