Voir les informations

Détails du document

Informations détaillées

Conditions générales d'utilisation :
Protégé par droit d'auteur

Consulter cette déclaration

Titre :
Bulletin du parler français au Canada
Organe de la Société du parler français au Canada qui y publie des études de linguistique et des réflexions sur les conditions de l'évolution de la langue française au Québec et au Canada.
Éditeur :
  • Québec :Société du parler français au Canada,1902-1914
Contenu spécifique :
janvier
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
chaque mois
Notice détaillée :
Titre porté avant ou après :
    Successeur :
  • Parler français
Lien :

Calendrier

Sélectionnez une date pour naviguer d'un numéro à l'autre.

Fichier (1)

Références

Bulletin du parler français au Canada, 1906-01, Collections de BAnQ.

RIS ou Zotero

Enregistrer
JANVIER 1906 N® 5 BULLETIN DU Pages SOMMAIRE 161—Rapport de l’archiviste.166—La bizarrerie clans les prénoms.173—Bibliographie du Parler français au Canada.j 182—Les mots populaires dans la littérature canadienne française .185—Lexique canadien-français (suite).18!l—Note de sémantique.161—Le.rnot Télégorum ".192—Livres et revues.197— Questions et réponses.198— Sardures.200—Anglicismes.L'Abbé S.-A.Lortie.Mgr C.Laflammk.James Geodes, jr.Adjütor Rivard.L’Abbé F.-X.Bürque.Le Comité du Bulletin.L'Abbé Emile Chartier.Philéas Gagnon.A.R.-Laglanderie.A.R.-L.Le Sarcleur.Le Comité du Bulletin.RÉDACTION ET ADMINISTRATION LA SOCIÉTÉ DU PARLER FRANÇAIS AU CANADA UNIVERSITÉ LAVAL QUÉBEC Editeur-dépositaire, à Paris: H.CHAMPION, libraire-éditeur, 9, Quai Voltaire. ALPHABET PHONÉTIQUE (Signes conventionnels pour la figuration de la prononciation) d'après MM.Giluéron et l’abbé Roussklot Lettres françaises.Les lettres a, e, i, o, u, b, d, n.f, j, k, l, m, n, p, r, t, u, z, ont la même valeur qu’en français.g = g dur (gateau); s, = s dure (sa); œ eu français (heureux); w = ou semi-voyelle (oui); y i semi-voyelle (pied); iù = u semi-voyelle (huile); ê = e féminin (je); h marque l’aspiration sonore.Lettres nouvelles, u = ou français (coucou) ; e = ch français (chez).Signes diacritiques.Un demi-cercle au-dessous d’une consonne indique que cette consonne est mouillée: / (son voisin de l + y, l mouillée italienne), k (son voisin de k + y), g (son voisin de g + y), n (gn français de agneau)»—^ Un point au-dessous d’une consonne indique que cette consonne est prononcée la langue entre les dents: t, d (sons voisins de t + s, d+z', c’est le / et le d sifflants canadiens de : ti, du).Les voyelles sans signes de quantité ou de qualité sont indéterminées (tantôt ouvertes, tantôt fermées), ou moyennes : a (a de patte), e (e de péril), o (o de botte), œ (eu de jeune).—Les voyelles marquées d’un accent aigu sont fermées: d (a de pdte), é (e de chanté), o (o de pot), œ (eu de eux).—Les voyelles marquées d’un accent grave sont ouvertes : à (a de il part), è (e de père), ô (o de encore), ce (eu de peur).— Les voyelles surmontées d’un tilde sont nasales: â (an de sans), ë (in de vin), ô (on de pont), œ (un de lundi).—Suivies d’un point supérieur, les voyelles sont brèves: a', i', etc.; de deux points, elles sont longues: a:, i:, etc.; d’un accent, elles sont toniques : a, i', etc.Deux lettres qui se suivent, et dont la seconde est entre crochets, représentent un son intermédiaire entre les deux sons marqués.Ainsi, ô[o] = o demi-nasal.Les petits caractères représentent des sons incomplets.Il n'y a pas de lettres muettes dans la prononciation figurée; chaque son i n’est représenté que par une lettre, et chaque lettre ne représente qu’un son. Vol.IV, N° 5—Janvier 1906 RAPPORT DE LARCHIVISTE (Société du Parler français au Canada, séance du 12 décembre 1905) Monsieur le Président, Mesdames et Messieurs, La Société du Parler français au Canada n’a pas encore quatre ans d’existence ; ses archives ne peuvent avoir une importance bien considérable.Quoiqu’il en soit, je suis chargé de vous faire connaître ce soir quelles sont nos richesses.Je ne dirai rien de ce que vous connaissez déjà, ni de notre bibliothèque et des volumes précieux qu’elle contient, ni des contributions considérables à l’étude du parler franco-canadien fournies par des collaborateurs distingués, et dont notre Bulletin vous a entretenus.Ce qui constitue plus particulièrement la richesse de nos archives, ce sont les manuscrits contenant les travaux exécutés jusqu’à ce jour par la Société.Pour vous en faire apprécier la valeur, il me suffira d’exposer devant vous la méthode de travail que nous suivons dans nos études sur le parler populaire.Notre plan d’étude comprend quatre opérations: la compilation, la rédaction, la publication, la distribution topographique.La compilation consiste à recueillir les éléments du parler français au Canada, c’est-à-dire, les anglicismes, les archaïsmes, les formes dialectales.Afin que la récolte fût la plus abondante Possible, nous avons fait appel à tous les membres de la Société, particulièrement aux cercles d’étude fondés dans quelques collèges de la Province.Ce sont les communications reçues de nos collègues et les rapports des cercles d’étude qui forment les premières pièces conservées dans nos archives.161 Bulletin du Parler français 162 La rédaction consiste à rédiger sur chacun des mots du parler populaire un article lexicologique.Ce travail suppose toute une série d’opérations.D’abord les matériaux recueillis par les membres et communiqués à la Société sont, à leur réception, mis en ordre.Chaque mot est transcrit sur une carie, une fiche, avec les différentes acceptions qu’on lui donne et les exemples particuliers que l’on nous a transmis de son emploi.Nos archives contiennent à peu près 15,000 fiches de ce genre.Ces mots, mis ensuite par ordre alphabétique, constituent la matière première de nos éludes el établissent l’ordre suivant lequel nous procédons.Un comité spécial étudie d’abord chaque forme au point de vue dialectal.Après avoir pris connaissance d’une suite de mots canadiens, commençant par exemple par les lettres cct, nous parcourons, dans chacun des vingt-huit glossaires des patois français que renferme actuellement notre bibliothèque, la série des mots commençant par les mêmes lettres.Lorsque nous y rencontrons les vocables canadiens, nous enregistrons sur chaque fiche portant ce vocable les notes que nous jugeons intéressantes sur l’étymologie, les différentes significations, l’usage de ce mot dans les provinces de France.Les revues régionalistes et les œuvres des patoisants sont aussi mises à contribution.Nous procédons de la même manière dans nos recherches sur le vieux français.Pour ce nouveau travail, nous devons parcourir les sept dictionnaires du vieux français que nous possédons, et enregistrer sur nos fiches les détails que nous trouvons sur les mots encore en usage au Canada.On aura une idée du temps qu’exige ce relevé, quand on saura que sur les mots commençant par les lettres co, un seul dictionnaire nous a fait parcourir 250 pages in-quarto.Enfin, le comité général, qui se réunit tous les lundis, étudie les mêmes expressions au point de vue du français moderne.Littré, Darmesteter, Larousse et les autres dictionnaires modernes sont consultés, et de nouvelles notes sont ajoutées sur chaque fiche selon qu’il est besoin.Le rapporteur du comité trouve donc réunis ensemble, les résultats de toutes les études laites sur chaque mot de notre parler.Il rédige alors un rapport, dont il est fait une dizaine de copies destinées aux membres de l’assemblée générale de la Société, à qui ce travail est soumis. Rapport de l’archiviste 163 Dans les séances de l’assemblée générale, les rapports du comité d étude sont lus, discutés, corrigés s’il y a lieu, puis adoptés.Nos archives renferment 32 de ces rapports, contenant à peu près 1800 articles lexicologiques.La publication.—Après avoir été adopté par l’assemblée générale, un exemplaire du rapport du comité d’étude est transmis au comité du Bulletin du Parler français, qui le publie en partie dans ce périodique.La distribution topographique.La Société du Parler français au Lanada n a pas cru qu’il était suffisant de relever les formes dialectales du parler canadien, de les étudier dans les différentes acceptions qu on leur donne; elle a pensé qu'il fallait encore chercher à en déterminer 1 usage.Voilà pourquoi nous avons tenté de laire la distribution topographique non seulement de chaque forme, mais encore de chaque acception de chaque forme du parler populaire.Nous avons donc dressé, non sans quelque appréhension, un premier bulletin d’observations sur les mots de la lettre A, que nous avons envoyé à tous nos membres.En quelques mois, 228 rapports nous ont été retournés, portant 51,235 observations sur 1 usage, dans les différents comtés de la province de Québec, des mots que nous avions étudiés, et nous transmettant 518 formes nouvelles ou acceptions qui ne nous avaient pas été signalées auparavant.C’était un succès qui dépassait toutes nos espérances.Nous avons préparé alors un deuxième bulletin comprenant les mots commençant par la lettre B, avec un supplément pour la nouvelle récolte des mots commençant par la lettre A.Sur ce bulletin supplémentaire, nous avons reçu jusqu’à ce jour 24,992 observations, qui, ajoutées aux réponses reçues sur le premier questionnaire, forment un total de 76,217 observations sur les mots Iranco-canadiens commençant par la lettre A.Les bulletins sur les mots en B, rentrés à ce jour, renferment 68,849 observations.Quelque nombreuses que soient les réponses données à nos questionnaires, nous ne pouvons pas affirmer que notie enquête soit complète.En effet, dans certains comtés, tels que Huntingdon, Missisquoi, Brome, Stanstead, Compton, Drummond, nous n’avons pas encore de collaborateurs.Nous cher-cherons cependant à en susciter, afin de compléter cette enquête.Les bulletins d observations reçus, réunis par comté ou par district, seront reliés ensemble et constitueront une des parties les plus importantes de nos archives. 164 Bulletin du Parler français Je ne dis pas la plus importante, car nous avons quelque chose de plus précieux encore, (’/est une collection de fiches spéciales que nous avons fait préparer et sur lesquelles nous enregistrons le résultat de tous nos travaux, non seulement le résultat des études, mais encore le résultat de l’enquête sur la distribution topographique.Chaque mot a autant de fiches qu'il a d’acceptions différentes.D’un côté, un espace particulier est réservé à la transcription du mot étudié, à l’acception qu’on lui donne, aux notes recueillies par les différents comités sur l’étymo-lo gie et la phonétique, aux points de vue du vieux français et du français moderne, enfin au point de vue dialectal.Au verso, nous avons fait imprimer les noms de tous les comtés de la Province; une colonne spéciale est destinée à recevoir le chiffre indiquant le nombre d’observations reçues sur l’usage de ce mot dans le comté dont le nom est en regard.Nous avons rempli déjà à peu près 2,000 de ces fiches.Voilà en même temps, Mesdames et Messieurs, et l’inventaire des richesses conservées dans les archives de la Société du Parler français, et l’exposé des études méthodiques qu’elle poursuit seule parler franco-canadien.Une chose reste à faire, que nous serions prêts à réaliser en partie dès l’année prochaine, si, en plus des sympathies qu’ils nous manifestent, et dont nous savons apprécier toute la valeur, ceux qui croient que nous faisons oeuvre utile, pensaient à nous assurer un concours plus efficace en s’inscrivant sur la liste des membres de notre société, ou sur la liste des abonnés de notre Bulletin.En effet, si le trésorier voyait grossir son avoir de leurs cotisations annuelles ou de leurs abonnements, l’an prochain, nous pourrions commencer la publication, en un glossaire spécial, des résultats de tant de travaux.« Je demande, disait Charles Nodier, si le dictionnaire concordant des patois d’une langue ne serait pas un des plus beaux monuments qu’on put élever à la lexicologie.» Notre glossaire serait donc comme un monument élevé à notre langue maternelle.Monument national, qui montrerait que notre langue est bien celle des ancêtres qui jadis apportèrent sur les bords du Saint-Laurent le meilleur de toutes les provinces de France.Monument solide, qui prouverait aussi que notre langue n’est pas, comme l’ont affirmé des écrivains mal inspirés, un français Rapport de l’archiviste 165 altéré, un jargon méprisable, mais un véritable français, populaire sans doute, composé d’archaïsmes, de locutions vieillies et de formes, dialectales, mais absolument respectable.« Aujourd’hui, disait Littré, il n’est besoin que d’entendre parler sans prévention les personnes illettrées, surtout dans certaines provinces (il aurait pu dire au Canada), pour reconnaître dans les mots, dans les locutions, dans la prononciation, des particularités tout aussi légitimes et souvent bien plus élégantes, énergiques et commodes que dans l’idiome officiel.» A la Société du Parler français, il ne nous convient pas de contredire Littré; nous croyons avec lui, et avec tous les philologues modernes, qu’il ne faut pas dédaigner les vieux mots.Au contraire nous pensons faire oeuvre patriotique en les recueillant, en faisant leur histoire, en les réhabilitant: c’est quelque chose du parler de nos pères.S.-A.Lortie, p,re.Fautes à corriger.—L'Enseignement chrétien donne des sujets de devoir en vue de l'examen du Diplôme de grammaire.Dans le numéro du T1' novembre (XIVe année, Ne 9, p.606) nous trouvons un exercice de langue française auquel quelques-uns de nos lecteurs aimeront peut-être à se livrer: « Corrigez les fautes qui peuvent se trouver dans les phrases suivantes : Des berlines invalides attelées d'haridelles efflanquées se disputaient ces vovageurs.Th.Gauthier.—L’odorant primevère élève sur la plaine ses grappes d’un or pâle et sa tige incertaine.Saint-Lambert.—La majeure partie du fromage se dissolvit.Thénard.—Interdites une chose, on l’aime; proscrivez-la, l’amour va jusqu’au délire.E.Perrin.— M*le Maugeret lit taire cette intempestive pactisante des droits de la femme.Vérité française.—Pour si âpre que dût être la prochaine bataille, j’étais prêt à l’effronter.Lasies.—Elles ont un triple devoir à accomplir vis-à-vis du travail des jeunes gens, elles doivent le protéger, l'encourager.Enseignement chrétien.—Avignon, quels que soient les évènements, ne se départit pas de sa superbe indifférence.11 n'a pas l’habitude de lire les journaux du soir.Furetière.—Il n’est point de rempart que le temps ue dissoude.Scarron.____ Nous marchions au hasard, nous arrêtant à tout ce qui pouvait un instant tromper l’inquiétude qui sourdissait au fond de nos cœurs.Du Cami*.Le vert des forêts poindit comme l’herbe nouvelle; la nature norvégienne fit les apprêts de sa parure.H.Balzac.—L’anthracite brûle difficilement et ne s’embrase que lorsqu elle est en grandes masses.Pklouze.» Bazir.—Ce verbe est relevé, avec le sens de mourir dans le parler du Bourbonnais, par M.F.Perot.(Revue des Traditions populaires, novembre 1905 p.480.) LA BIZARRERIE DANS LES PRÉNOMS (Société du Parler français au Canada, séance du 12 décembre 1905) Deux mots latins plus ou moins rébarbatifs, voilà tout ce qu il iaut de littérature au naturaliste pour nommer savamment une plante ou un animal.Mais cette appellation, si claire pour les gens du métier, est tout à lait insuffisante s’il s’agit de désigner un individu en particulier.C est uniquement le nom de l’espèce à laquelle appartient cet individu; celui-ci n’en a pas.Les conditions se modifient s'il s’agit des animaux domestiques.Ici, en sus du nom spécifique, apparaît souvent un nom particulier qui s’applique exclusivement à une seule entité.Nos chevaux, nos chiens ont leurs noms.Ils les connaissent, ils y répondent, et on s’en sert pour différencier chacun d’eux des innombrables unités de la même espece.Gravissons encore un degré dans l’échelle des êtres animés, un immense degré, puisqu’il sépare le règne humain de ceux qui lui sont, j’oserais dire, infiniment inférieurs, et nous arrivons à l'animal raisonnable, à l'homme.Nous trouvons cette fois une nomenclature plus parfaite.A part le nom spécifique commun à tous, nous sommes en présence de noms strictement individuels, invariables, nous distinguant nettement les uns des autres.Ils sont notre propriété personnelle, notre chose inaliénable, quelles que soient les bonnes ou mauvaises fortunes qui nous échoient pendant le cours de notre vie.Ces noms s’identifient avec la personne.« Notre nom, c’est nous-mêmes, dit de Salverte.Et pour nos amis, c’est un immortel souvenir de tendresse qui nous survit», tout comme il est indifférent ou antipathique pour ceux qui ne nous ont pas connus, ou qui.nous ont trop connus.Sauf les têtes couronnées et les grands seigneurs, chez la masse des peuples soi-disant civilisés, les noms sont toujours 166 La bizarrerie dans les prénoms 167 doubles: le nom de famille et le nom de baptême.Le premier, d’origine assez indéfinie, ne dépend pas de nous.Qu’un Monsieur soit un Bonenfant ou un Malenfant, qu’une tille soit Mademoiselle Labonté ou Lamalice, Lafantaisie ou Lalancette, personne ne songera à leur en faire un compliment oa à les en blâmer.Il n’en est plus ainsi quand il s’agit des noms de baptême, des prénoms proprement dits.Ceux-ci dépendent exclusivement des personnes qui les ont imposés, et, s’ils sont insignifiants ou ridicules, s’ils forment avec le nom de famille un ensemble biscornu—et cela se voit—le coupable, ce n’est pas l’enfant qui le porte, mais bien le pire ou la mère, le parrain ou la marraine qui auront abusé de leur droit au détriment de ceux qu’on pourrait appeler leurs victimes.Car, de même qu’il y a des assemblages de mots imprégnés de la poésie des êtres qu’ils désignent, de même il y en a d’autres tellement insolites qu’on en reste tout décontenancé.Et si l'on se demande pourquoi ce goût pour les étrangetés, la réponse devra probablement se trouver dans le fait que, pour certaines têtes, le bizarre est tellement voisin de la poésie qu’il finit par se confondre avec elle, et alors, sous prétexte de faire de l’imprévu, on ne redoute pas toujours assez de tomber dans le grotesque.Au nom de baptême du chrétien doit toujours se rattacher une pensée religieuse.Qu’on y ajoute un autre nom à teinte sentimentale, gracieuse ou mystique, personne n’a rien à dire.Mais aller plus loin et accoler à un nom de saint ou de sainte des dénominations saugrenues, comme Azade, Ustazarde, Atcbez, Normandine, Menotte, Aquiline, Culbate, Elsie, Elva, Elvir, c’est dépasser d’un grand bout la limite du permis.Depuis des siècles, les nouveaux baptisés sont obligés par l’Eglise d’ajouter à leur nom patronymique celui d’un saint choisi dans le martyrologe.Ce saint, ils devront l’invoquer de préférence à tout autre, car c’est sous sa protection que l’Église place l’enfant au moment où elle l’admet dans les rangs de ses fidèles.Voilà sans doute le sens qu’il convient de donner à cette parole de Balzac: « On est nommé là-haut avant de l’être ici-bas.» Plus de vingt-cinq mille noms sont inscrits au catalogue des saints.Nous n’avons donc que l’embarras du choix.Et si, parmi ces noms, quelques-uns, un grand nombre, ne nous reviennent pas ou sont démodés, il en restera toujours assez pour l'usage des intéressés, même les plus exigeants. 168 Bulletin du Parler français Je viens de parler des noms passés de mode; il y en a, car la mode fait sentir son empire sur les noms presque autant que sur les chapeaux, les robes et les bottines.Dans le milieu du 19e siècle, nous avons eu ici, à Québec, un bon nombre de Renés, d Attalas, d'Euclores, même de Cymodocées.C’était du Chateaubriand tout cru.Dans la même catégorie viendraient maintenant se placer Graziella, Indiana, Zénaïde, Fridoline, Sméralda, Flo'ise, Fleurange, tous noms littéraires encore en vogue dans de certains milieux.Plus tard sont venus les Mastaïs, les Conroys, les Cardinals, les Chapleaux.Nous avions déjà eu les Montcalms, les Cartiers.Maintenant, dit-on, c’est le tour des Merciers et des Lauriers, en attendant celui des Bordens et des Moncks.Ces manies ne seraient que puériles si elles n’indiquaient pas une mentalité attristante.A ne juger de l’esprit chrétien que par ces aberrations trop souvent répétées, on arriverait à croire qu’il diminue sensiblement parmi nous.Car, en fin de compte, ces patrons terrestres ne valent pas ceux du calendrier, et si quelques-uns d’entre eux sont peut-être capables d’accorder une situation dans l’administration, ils sont absolument impuissants à garantir une place dans le royaume des cieux.Ces réflexions nous ont été inspirées par la lecture des listes qui sont remises chaque année au Bureau central des examinateurs catholiques.Ces listes sont à la fois intéressantes et affligeantes, par les appellations extraordinaires qu’on y découvre.Elles ne contiennent guère que des noms de demoiselles, les seules à peu près qui se présentent aux examens.Il est possible que la lecture de listes de garçons nous conduisît à un résultat analogue, Cependant je dois dire que les longues, très longues séries de noms d’universitaires et d’écoliers que renferment nos Annuaires, sont loin de présenter ces anomalies en aussi grand nombre.Le microbe de l’imprévu, j’allais dire du cocasse, semble sévir surtout chez la seconde moitié du genre humain.A force de vouloir être délicat ou sentimental, on tombe dans une afféterie bizarre, et l’on oublie les égards, le respect religieux que l’on devrait avoir pour de pauvres victimes innocentes, sacrifiées quelquefois, on dirait de gaîté de cœur, à un simple souvenir de lecture.Permettez-moi de citer quelques-uns de ces prénoms en vogue dans plusieurs de nos campagnes et de nos villes.Les uns ne sont que des noms masculins féminisés.Ainsi: Théobaldine, Bérengère, Fdouardine, Alfréda, Théophiline, Fdwina, La bizarrerie dans les prénoms 169 Isaide, Anselinie, Andréenne, Basilisse.On a voulu évidemment donner un saint comme protecteur à une fillette; c’est très bien.Mais pourquoi ne pas prendre simplement le nom du patron lui-même?Cela se fait tous les jours et pour les garçons et pour les filles.Dans d’autres circonstances, les fillettes (sous prétexte peut-être qu’elles ne sont encore que des demoiselles en herbe) se voient classées, on 11e sait trop pourquoi, dans le règne végétal; on dirait les plantes d’un herbier qu’il n’y a plus qu’à ranger et à étiqueter.Voyez plutôt : Eglantine, Astérie, Violette, Rosette, Fleurette, Rosarida, Azalée, Réséda, Dalia.Quelquefois on ira plus loin, et l'on tentera une excursion dans le domaine de la chimie, pour en revenir avec des noms comme Résine, Aldéhyde ou Arsénié.Voulez-vous un peu de géographie?Adressez-vous à Mesdemoiselles Florida, Louisiana, Corée, Palmyre, Bethsa'ide, Philippine, Egypte, Argentine, Corinthe.En vérité, comment peut-on se décider à donner à un enfant qui ouvre à peine les yeux à la lumière les noms d'Egypte ou de Corir.thel Je concède que Florida dérive plutôt de Flore que du nom d’un Etat de la République américaine.J’en dirais autant de Louisiana, féminisation de Louis, de Philippine, dérivée de Philippe, en attendant qu’on évolue définitivement vers Philippina.Mais Egypte et Corinthe, comme noms de baptême, échappent à tous les systèmes imaginables de dérivation ou d’étymologie.Après tout, la marraine a peut-être voulu rappeler le souvenir des vaches, maigres ou grasses, de Pharaon, ou celui des raisins de Corinthe qui n’ont pas de pépins.Pauvre petite filleule! D’autres noms ont une allure, on dirait horoscopique.Ils laissent comme transparaître d’avance ce que sera ou devra être la future demoiselle.Et si, par hasard, l’horoscope ne se vérifie pas, tant pis pour l’enfant qui aura été nommé à contre-sens.Voyez Mademoiselle Rose-Blanche ; elle a un teint de café au lait.Ne vous fiez pas trop au joli nom d’Adoucilia ; caractère maussade et revêche.Gratia, Bella, Anne-Belle seront peut-être piquées de la petite vérole : et alors, adieu la grâce, la beauté.Est-on bien sûr qu’Auréa sera aussi dorée que cela?Est-on bien sûr qu’il n’y aura pas un tout petit peu d’alliage ?Aurore ne saurait rester aurore toute sa vie.Quel contre-sens de s’entendre appeler de ce nom à soixante-quinze ans, alors que ce sera 170 Bulletin du Parler français certainement le crépuscule et la brimante.Beata peut fort bien être toujours malheureuse, et quelle mésaventure si Concorde se montrait insupportable à tous, y compris son mari ! Mesdemoiselles Cèdélice et Dulciana devront être bien charmantes pour ne pas faire mentir leurs noms, et celte petite Aiméla aura tort à taire pour justifier, en tous cas, l’impératif absolu qui 1 identifie.Si Lauréa tenait consciencieusement la queue de sa classe, si Etudienne se délectait dans une grasse paresse, quelle déconvenue pour ceux qui auraient imposé ces noms ambitieux ! Minerva, déesse de la sagesse; voilà qui ' ” une noble prétention ; mais combien difficile à cette petite Minerva de ne jamais oublier son rôle ! Enfin, nous avons rencontré Maria-Purissima et nous avons cru un moment que toutes les litanies y passeraient.A vrai dire, cela eût valu mieux que d’appeler les fillettes Anne-Medias, Anne-d'Aurai/, Lice-Amarille, Hosanna, Doire, Edèe, Vocéda, Obé-lisca (pourquoi pas Obélisque, pendant qu’on y est?), Walfréda, Exarine, Emenciade, Anglore, Urpide, Albaïde, Gorgonie, Alesmène, Guildée, Démerise, Belsémire, Exiline, Aquiline, Zalpha, etc., etc.Nous ne craignons pas d’être taxé d’exagération en disant que tous ces pronoms sont pour le moins étranges.Us trahissent comme un parti pris de ne pas suivre les sentiers battus et d’avoir des filleules aux prénoms uniques, indiquant en même temps—et on semble y tenir- que la marraine est au courant de la littérature du jour, que les héroïnes des romans lui sont familières, même les plus humbles, celles dont le nom n’apparaît qu’une fois ou deux dans des romans de vingt-cinquième ordre.On répondra que ces prénoms incroyables ne vont jias seuls, qu’on y ajoute le plus souvent le nom de Marie, que ce n’est, tout au plus, qu’une note d’agrément dont on enrichit le nom véritable.Je l’admets.Mais alors pourquoi cette addition, si elle n’est qu’une pure superfétation ?En fait, il n’en est pas ainsi.Dans la famille et partout, Marie-Dérilda, Marie-Auxilia, M rie-Exilire seront tout simplement : Dérilda, Auxilia, Exilire, probablement Elixire, et le beau nom de la Reine du ciel passera plutôt, lui, à l’état de note d’agrément.Ce sera beaucoup moins chrétien, mais beaucoup plus chic, pl us dans le mouvement.Toutefois, nous admettons qu’il ne saurait en être ainsi dans les deux cas suivants; La pauvre petite demoiselle à qui on aura donné au baptême l’un des doubles prénoms de Marie-Zola ou de 44 La bizarrerie dans les prénoms 171 Marie-Beiwe, abandonnera bien sûr le second pour s’attacher au premier, et elle fera très bien.1 n effet, on ne doit pas tenir outre mesure à s’entendre appeler Mademoiselle Zola ou Mademoiselle Beuue.Ne croyez pas que j'invente ces noms à plaisir.Ils sont bien sur les listes des candidates au brevet.Se figure-t-on une semblable aberration de goût et de jugement?On dirait qu’on a confondu quelque part Sainte-Beuve avec un saint du martyrologe, et Dieu sait si ce fameux écrivain était éloigné du calendrier.Et Zola, quelle horreur de voir le nom de ce sale personnage accolé à celui de la Reine de la pureté! Virgile a dit des harpies qu’elles souillaient tout de leur infect contact; Zola est bien l’une des harpies de la littérature, et cela sent le sacrilège que d imposer son nom à une chrétienne, lorsqu’on est bien sûr d’avance qu’elle ne méritera jamais cet excès d’ignominie.Voilà, en raccourci, les réflexions qui viennent d’elles-mêmes à l’esprit en parcourant les listes des noms qu’on donne aujourd’hui à un trop grand nombre d’enfants.Nous croyons qu’il y a là une assez sérieuse réforme à faire.Que l’on impose chez les infidèles un nom quelconque aux nouveaux-nés, il n’y a rien à dire.Ainsi personne ne reprochera à un Canaque de la Polynésie d’appeler son garçon Crocodile et sa fille Noix-de-coco.C’est affaire de goût.Mais les chrétiens doivent tendre à mieux.Au baptême, on choisit un patron pour l’enfant; c’est un protecteur auprès de Dieu, par conséquent un habitant du ciel.Si l'on veut y joindre un nom plus sentimental, plus vingtième siècle, c’est fort bien, à la condition toutefois qu’on fasse un choix judicieux, qu on ait le soin de mettre de côté des prénoms à sens odieux comme Asella, ànesse, ou Dolosa, fourbe, rusée, ainsi que les noms insignifiants, à consonnance déplorable, comme ceux que je vous citais il y a un moment.Comme conclusion de ce travail, je conseillerais de revenir tout uniment aux beaux noms d’autrefois.Ne craignons pas d’appeler nos filleules : Agnès, Angèle, Berthe, Brigitte, Cécile, Elisabeth, Gabrielle, Isabelle, Judith, Madeleine, etc.Voilà la thèse qu’on m’a demandé de développer devant vous ce soir.Je l'ai fait en toute sincérité et je serais désolé si j’avais blessé quelques susceptibilités légitimes.Si parmi ceux ou celles qui m’ont fait l’honneur de m’écouter, il s’en trouve qui répondent aux prénoms que j’ai particulièrement signalés, qu’ils s’en consolent par 1 idée qu il n’y a pas de leur faute, que leurs parrains 172 Bulletin du Parler français et marraines sont les seuls coupables.Cependant, meltons à profit notre déconvenue et sachons épargner les mêmes désagréments à nos filleules à venir.La Société du Parler français travaille avec un zèle infatigable, permettez-moi de le dire, à épurer la langue que nous parlons.Elle poursuit à outrance les anglicismes qui la déparent et les barbarismes qui la corrompent.C’est à ce titre qu’elle proteste contre ces prénoms cocasses, à origine introuvable, et qui, trop souvent, ne s’élèvent pas même à la hauteur d'un vulgaire barbarisme.La grammaire nous enseigne qu’il y a des noms propres; le sens commun a le droit d’ajouter qu’ils doivent être toujours raisonnables et chrétiens.C.Laflammk, ptre.A l’Académie française.— Dans sa séance publique annuelle du 20 novembre dernier, présidée par M.Paul Deschanel, l’Académie a décerné les prix ordinaires qu’elle accorde, entre autres le prix Thérouanne (4,000 fr.), qui a été distribué ainsi : Deux prix de 1,000 fr.à : Eludes économiques sur l'antiquité, par M.Guiraud ; le Surintendant Fouquet, par M.Châtelain.Quatre prix de 500 fr.à : Jean Talon, par M.Thomas Chapais; le Soldat impérial, par M.Jean Morvan; l’Allemagne française sous Napoléon I11, par M.Servières ; Notes et documents sur les huguenots du Vivarais, par le docteur Francus.Le prix Bordin (3,000 fr.) est divisé en cinq prix, un de 1,000 fr.et quatre de 500 fr.; l’un de ces derniers a été décerné à M.ah der Halden pour ses Etudes de littérature canadienne-française.« Vous trouverez dans nos listes, a dit le secrétaire perpétuel de l’Académie, M.Gaston Boissier, dans son rapport annuel, deux ouvrages qui nous viennent du Canada, celui de M.Thomas Chapais sur Jean Talon, intendant de la Nouvelle-France, et celui que M.ab der Halden intitule Etudes de littérature canadienne.Il y a donc une littérature au Canada français?Oui, messieurs, et si elle n’est pas plus connue, c’est qu’elle est nouvelle; elle date à peine d’un demi-siècle.Jusqu’à cette époque, le Canada avait bien autre chose à faire que de composer des vers ou des romans: avant de se donner le loisir décrire, il lui fallait conquérir le droit d’exister.Lord Durham, le haut commissaire envoyé pour y rétablir l’ordre en 1840, disait aux Canadiens: «Vous n’êtes pas un peuple: vous n’avez pas de littérature.» C’était un défi, le Canada l’a relevé, et vous n’avez qu’à lire l’ouvrage de M.ab der Halden pour voir qu’il possède aujourd’hui des historiens qui lui ont raconté les luttes héroïques qu’il a livrées pour rester français, des romanciers, des poètes que l’Académie a plus d’une fois distingués.» BIBLIOGRAPHIE DU PARLER FRANÇAIS AU CANADA (Suite) 104.J.-P.Tardivel.La langue française au Canada.Dans le Canadien, Québec, février et mars 1880, passim.Polémique avec A.Gélinas (V.N'1' 103 et 105), au sujet de /’Anglicisme, voilà l'ennemi! (Nu 101.) 105.— A.Gélinas.Echos.Dans l’Opinion publique, Montréal, 12 février 1880, t.XI, N° 7, p.74; 19 février, N° 8, p.86; 25 mars, N° 13, p.148.Polémique avec J.-P.Tardivel (V.Nos 101 et 104).Le mot orateur, p.74; le mot écuyer, p.86.106.—A.Gélinas.Le titre d'esquire.Dans l'Opinion publique, Montréal, 5 février 1880, t.XI, N° 6, p.62.Réponse à la Patrie (Montréal), qui trouvait « ridicule l’appellation d esquire ou d’écuyer appliquée à des noms français».107.- A.Gélinas.Echos.Dans l'Opinion publique, Montréal, 26 février 1880, t.XI, N° 9, pp.100, 110, 122, 136, 148, 158, 184.Discussion sur certaines expressions, entre autres en Canada et au Canada.108.—A.Gélinas.Echos.Dans l'Opinion publique, 29 janvier 1880, t.XI, N° 5, p.50.Sur l’expression Puissance du Canada.109.— Alphonse Lusignan.A propos du centin.Dans l'Opinion publique, Montréal, 25 mars 1880, t.XI, N° 13, p.116.«Plaidoyer» pour le mot centin (centième partie de la piastre).110.- Alphonse Lusignan.Toujours le centin.Dans l'Opinion publique, Montréal, 22 avril 1880, t.XI, N° 17, p.194.111.—J.-F.Gingras.A bas le centin! Vine le centime! Dans l'Opinion publique, Montréal, 29 avril 1880, t.XI, N° 18, p.208.173 174 Bulletin du Parler français 112.—Divers.Articles de polémique s.s., sur diverses expressions canadiennes, dans la Patrie (Montréal), le Constitionnel (Montréal), le Canadien (Québec), le Canadien (Saint-Paul, Minnesota), la Minerve (Montréal), 1880, passim.113.— (>.Lépine.La vraie origine du terme écuyer.Dans l'Opinion publique, 29 avril 1880, t.XI, N° 18, p.205.Ecuyer serait un américanisme.114.—A.Gélinas.Echos.Dans l’Opinion publique, 6 mai 1880, t.XI, N° 19, p.220.Réponse à C.Lépine(V.N° 113).115.—A.( iélinas.La langue française à Ottawa.Dans l'Opinion publique, Montréal, 20 mai 1880, I.XI, N° 21, p.241.Sur le français des employés de l'administration.116.—Pascal Poirier.La langue française et les Anglicismes.Dans l’Opinion publique, Montréal, 28 mars 1880, t.XI, N° 12, p.134.117.—Benjamin Sulte.Chronique.Dans le Canada, Ottawa, 19, 20 et 21 avril 1880.Les mots canadiens nécessaires devraient être admis et sanctionnés par une académie, et il faudrait pour cela un corps autorisé, vu que « l’Academie française n’a pas de contrôle sensible sur notre manière de parler».Cf.No 169.118.—Benjamin Sulte.La langue française en Canada.Dans le Bulletin de la Société normande de Géographie, 1880.Reproduction de la Conférence de Worcester (N" 88).119.Anon.La langue française parmi nous.Article s.s.dans le Canada, Montréal, 9 février 1880.Analyse de la Conférence de B.Suite (N° 88).120.—Anon.Liste alphabétique des barbarismes les plus répandus parmi nous, avec les bonnes expressions en regard.Dans l'Opinion publique, Montréal, 30 septembre et 14 octobre 1880, t.XI, Nos 40 et 48, pp.476 et 501.490 mots étudiés. Bibliographie du parler français au Canada 175 121.J.-A.-N.Provencher.Article dans la Minerve, Montréal, 22 octobre 1880.Le Globe (Toronto) conseillait aux Canadiens français d'abandonner leur langue pour entrer dans le courant de la civilisation britannique.L’écrivain de la Minerve lui répond et rappelle que la langue nationale a été conservée par maints peuples dans des situations semblabes à celle où se trouvent les Canadiens français, par les Magyars en Autriche, par exemple, par les Polonais, par les Bre tons, etc.En Suisse, on parle le français, l’Allemand et l’Italien ; dans le Royaume-Uni, différents dialectes nationaux ; dans file Maurice, le français.Loin de disparaître, la langue française, au Canada, s’affermit et gagne du terrain.122.—R.Père Zach.Laçasse.Une mine produisant l'or et l argent découverte et mise en réserve pour les cultivateurs seuls, par leur ami, le R.P.Zach.Laçasse, 0.M.L, missionnaire des sauvages.Québec (G.Darveau), 1880, in-8, 272 pp.V.pp.252-254.L auteur cite une vingtaine d’anglicismes, tels que shop, runner, beaté (beaten), tough, rough, square,sail, all the same pour moi, etc., usités surtout parmi les Canadiens revenus des Etats-Unis.Cf.Gbddes, Can.-Fr., p.21.123.— J.-h.(iingras.Manuel des expressions vicieuses les plus fréquentes.Ottawa (MacLean-Roger A Cie), 1880, in-8, VI + 61 pp.3c"ir édition du Manuel de 1860 et 1867 (Nos 43 et 53).124.L Abbé N.Caron.Petit vocabulaire à iusage des Canadiens français, contenant les mots dont il faut répandre l'usage et signalant les barbarismes qu il faut éviter pour bien parler notre langue.Trois-Rivières (imprimerie du Journal des Trois-Rivières), 1880, in-8, 63 pp.L ouvrage comprend un Vocabulaire d'environ 660 mots français, dont la connaissance est utile et auxquels les Canadiens français substituent souvent des termes impropres.Chacun de ces mots est défini d’après l’Académie, Littré, Larousse et Bescherelle, et le lecteur est mis en garde contre l’expression défectueuse correspondante : «Blouse, n.f.Chaque trou des coins et des côtés d un billard.Ne dites pas poche.» Ce vocabulaire est suivi d’une Liste alphabétique des barbarismes les plus répandus parmi nous, avec les bonnes expressions françaises en regard; ces barbarismes sont au nombre de 420 environ.Cf.Geodes, Can.-Fr., p.23, ou KJ ’02, p.I 315.125.— Oscar Dunn.Glossaire franco-canadien et Vocabulaire de locutions vicieuses usitées au Canada, avec une introduction de M.Fréchette.Québec (A.Côté A Cie), 1880, in-24, XXV-f 199 pp.Le premier, croyons-nous, Dunn a constaté sans crainte «l'ingérence des patois français dans le franco-canadien» (Préface, p.XIX, et Glossaire, passim) ; 176 Bulletin du Parler français les mots normands, bretons, picards, berrichons ne l’effraient point : il y voit «autant de certificats de notre nationalité».Il tient qu’une locution purement canadienne, «que le climat ou les conditions spéciales de vie publique ou privée ont fait naître spontanément», peut être bonne.Quant aux anglicismes, il distingue les tournures et les mots empruntés à l’anglais: les tournures sont « toujours condamnables», mais dans les mots on peut trouver «une augmentation de richesse», si l’on sait les bien choisir.11 revendique le droit de cité pour les archaïsmes: «Nous ne sommes pas tellement riches que nous puissions refuser la vieille monnaie frappée au bon coin.» Le Glossaire contient un relevé de plus de 1750 mots: 1° Les mots du cru canadien ; 2° les mots employés au Canada et qui se retrouvent dans le patois de quelque province de France; 3° les anglicismes et les expressions vicieuses; 4° les fautes de prononciation qui constituent l’accent canadien; 5U un certain nombre de mots français dont quelques publicistes ont cru devoir condamner 1 usage.Pour les mots de la seconde catégorie, l’auteur indique généralement dans quelle province de France on les trouve, et ces indications paraissent être puisées surtout dans les ouvrages de Jaubert, de DuBois, de Le Gonidec, de Grandgagnage, de Corblet.de Rousseau et de Tarbe.Dunn n'emploie pas de notation phonétique.Cf.Geodes, Can.-Fr., p.22, ou KJ ’02, p.I 314; Polybiblion.1882.1881 126.—Jules-P.Tardivel.La langue française au Canada.Dans la Revue canadienne, Montréal, 1871, t.I (nouvelle série), t.XVII (collection), pp.259-267.«Si notre langage est resté français, s'il n’a pas dégénéré en jargon, nous pouvons en rendre grâce au clergé qui a conservé la langue philosophique, et aux classes agricoles, qui ont conservé la langue familière.A nos écrivains, nous devons peu de reconnaissance.L’anglicisme est le grand, le seul véritable ennemi de la langue française au Canada.» 127.—Ernest Gagnon.Petite causerie.Dans la Revue cana-dionne, Montréal, janvier 1881, t.I (n.s.), t.XVII, pp.35-41.Relevé de quelques expressions populaires : chemins rendus boulands par une bordée de neige et gui pourraient devenir moulineux s'il venait ù poudrer, finir son breda, micoine, manigancer son affaire, etc., et de quelques anglicismes : mesurer avec du djime-robett , post-office, smart, bargain, etc.128.—Alphonse Lusignan.Naissances, mariages et décès.Conférence faite devant l’Institut canadien-français d’Ottawa le 6 février 1881.lere partie, dans la Revue de Montréal, Montréal, novembre-décembre 1880 (paru en février 1881), t.IV, pp.811-818.Les noms donnés au baptême.Fautes que l’on commet au Canada en annonçant les naissances, les mariages, les décès. Bibliographie du Parler français au Canada 177 La publication de la Revue de Montréal ayant été interrompue par la mort de l’Abbé Chandonnet, la fin de la Conférence de Lusignan parut dans les Nouvelles Soirées canadiennes, en 1884.V.N" 154.128a.-—Anon.Incorrections de langage relevées dans les journaux.Dans le Journal d'Education, Québec, 1881, passim.411 incorrections relevées et corrigées.Journal d'Education, année 1881, Québec (Léger Brousseau», in-6, 592 pp.Avant 1881, cette revue était publiée dans l’édition hebdomadaire du Courrier du Canada.128b.—Anon.Pureté du langage.Dans le Journal d'Éducation, Québec, 1881, p.398.Reproduction d’un article du Quotidien, Lévis, 14 septembre 1881, à propos des Incorrections (N‘> 128a), et réponse.129.—J.-A.Harrison.The Creole patois of Louisiana.Dans Y American Journal of Philology.Baltimore, Maryland, États-Unis, 1881, t.III, pp.288-293.' Influence du parler acadien sur le « patois créole de la Louisiane ».Cf.Geddes, Can.-Fr., p.24, ou KJ ’02, p.I 316.129a.—Anon.Incorrections de langage relevées dans les journaux.Dans l’Opinion publique, Montréal, 24 février 1881, t.VII, N° 8, p.88; 3 mars, N° 9, p.98; 7 avril, N° 14, p.167; 21 avril, N° 16, p.185; 28 avril, N° 17, p.201.Cf.N» 128a.129b.—Benjamin Sulte.Les habitants canadiens-français.Dans l'Opinion publique, Montréal, 10 mars 1881, t.XII, N° 10 p.113.Le titre d habitant.Légitimité et origine de l acception canadienne de ce mot.130.—J.-A.Manseau.Dictionnaire des locutions vicieuses du Canada.Québec (J.-A.Langlais), 1881, in-4, XII + 118 pp.Première livraison, la seule parue, contenant, en plus de 500 articles, les mots commençant par A.Nombreuses variantes de prononciation et exemples tirés du langage populaire ; on y trouve, grâce aux phrases relevées, des indications sur la morphologie et la syntaxe populaires franco-canadiennes.Cf.Geddes, Can.-Fr., p.24, ou KJ ’02, p.I 316; N» 130a. 178 Bulletin du Parler français 130a.—Hix.N’exagérons pas.Dans l'Opinion publique, Montréal, 29 septembre i881, t.XII, N° 39, p.460.Critique de l’ouvrage de Manseau (N° 130.) 130b.—Anon.Note s.t.et s.s., dans l'Opinion publique, Montréal, 14 novembre 1881, t.XII, N° 47, p.552.Sur l’expression lettre enregistrée, pour lettre chargée.131.—Benjamin Sulte.La Poésie française en Canada.Introduction, pp.1-37, an recueil compilé par Louis-H.Taché, la Poésie française au Canada.Saint-Hyacinthe (imprimerie du Courrier de Saint-Hyacinthe), 1881, in-8, 288 pp.V.pp.23-25.11 n’y a pas au Canada de milieu propre au développement de la langue littéraire.1882 132.—Ernest Marceau.Notre prononciation.Dans les Nouvelles Soirées canadiennes, Montréal, 1882, t.I, pp.243-248.L’auteur relève les principales anomalies qui existent dans la prononciation des Canadiens français, spécialement pour les voyelles a, in, un, ai, la diphtongue oi, etc.Il reproche aux Canadiens qui reviennent de Paris leur grasseyement emprunté.133.—A.Michel.L'accent français au Canada.Dans les Nouvelles Soirées canadiennes, Montréal, 1882, t.I, pp.386-391.« Aucun patois n’existe ici, où tous les Canadiens proprement dits parlent français, quoique avec quelques imperfections.» L'accent est bon, grâce aux maisons d’éducation où se trouvent des professeurs qui ont étudié en France.134.—Benjamin Sulte.La Poésie française en Canada.Dans les Nouvelles Soirées canadiennes, Montréal, 1882, t.I, pp.274-281, 300-315, et 356-364.Reproduction de l’Introduction au recueil de Taché (Nu 131).135.—B.Martin.Bibliographie : la Vie de M.Paillon par l’Abbé Demazures.Dans la Revue du Monde catholique, Paris, 15 juin 1882.Le critique relève le mot complexion, pris, dans le sens anglais, pour teint.Le voisinage des Anglais influe sur le langage des Canadiens français. Bibliographie du parler français au Canada 17!) 136.—Un lecteur.Le mot complexion.Dans la Revue canadienne, Montréal, 1X82, t.XVIII, pp.560-561.L’auteur (prétend que le mot complexion est français dans le sens de teint, (V.Nas 135 et 149.) 137.—Benjamin Sulte.Habitant et Hivernant.Dans les Nouvelles Soirées canadiennes, Montréal, 1882, t.I, p.50.Signification de ces deux*mots au Canada.138.—Ernest Gagnon.Petite chronique.Dans les Nouvelles Soirees canadiennes, Montréal, 1882, t.I, pp.195-200.Y.p.198.L’expression : « Parler l’anglais comme une vache espagnole.» 139.—A.-D.De Celles.Au Canada ou en Canada.Dans l'Opinion publique, 5 octobre 1882, t.XIII, N° 40, p.469.140.- Axon.La langue française.Dans le Manitoba, Saint-Boniface, Manitoba, 5 décembre 1882.Episode d’une polémique avec* le journal anglais The Free Press (Winnipeg), il est important pour les Canadiens français de conserver à leur langue « son caractère officiel et d’en exiger l’usage habituel dans les affaires publiques ».141.— Octave Crémazie.Œuvres complètes, publiées sous le patronage de l’Institut canadien de Québec.Montréal (Beauche-min & Valois), 1882, in-8, 543 pp.(2emc éd., 1897.) V.p.40 de lu lrre éd.Extrait d’une lettre du 1er janvier 1867 : « Ce qui manque au Canada (pour que sa littérature laisse une trace dans l'histoire), c’est d’avoir une langue à lui.Si nous parlions iroquois ou huron, notre littérature vivrait.Malheureusement nous écrivons et nous parlons, d’une assez piteuse façon, il est vrai, la langue de Bossuet et de Racine.» Cf.N“ 533.142.—T.-P.Bedard.A propos du mot habitant.Dans les Nouvelles Soirées canadiennes, Québec, 1882, t.I, pp.39-48.Etude historique pour justifier l’acception franco-canadienne de ce mot.Cf.N11 500 ; Du Hailly, les Antilles française en 1863, Souvenirs et Tableaux, dans la Revue des Deux Mondes, 15 décembre 1863: le nom d’habitant était aussi donné aux premiers planteurs des Antilles.143.—Th.DE Pu ymaigre.Glossaire franco-canadien, etc., par Oscar Dunn.Dans le Polgbiblion, Paris, 1882, 180 Bulletin du Parler français Compte-rendu du Glossaire de Dunn (N" 125).« Cet idiome est resté le notre, est resté celui que nous parlions au moment de la cession ; il ne s’v est point créé de patois ; seulement, séparé de la mère patrie, il s’y est mêlé des locutions vicieuses et il y a eu d’inévitables altérations dans la manière de prononcer quelques mots.» 144.—Jean.De l'Etude de la langue française.Dans l'Opinion publique, Montréal, 13 juillet 1882, t.XIII, N° 28, pp.325-326.Le français est « mieux parlé et mieux écrit au Canada qu’il y a vingt ans».145.—Emmanuel Blain-de-Saint-Aubin.Expressions à noter.Dans l'Opinion publique, Montréal, 22 juin 1882, t.XIII, X° 25, p.290 ; 9 novembre, N° 45, p.528.P.290.Le mot bande : « Lorsqu’on dit : la bande de musique de M.Vézina, on emploie une expression française.» Cf.N11 149.(La Minerve, Montréal, 6 juillet 1882, prétend que bande n’est pas français en ce sens.V.l’Opinion publique, t.XIII, N° 27, p.314.) P.528.Les mots poste et station.146.—Benjamin Sulte.Histoire des Canadiens français.Montréal, 1882-1884, in 4°, 8 vol.T.III, pp.67-68.L’éducation des tilles.T.III, p.114.Pureté et archaïsme de la langue des Canadiens français.T.V, p.125.Citation de Le Clerc (N° 1).T.V, p.128.Citation de Charlevoix (N° 4).T.VIL p- 97.La langue française fut respectée lors de la capitulation.T.VII, pp.110-111.Les conditions, de la capitulation ne furent pas respectées; on envoya au Canada des gouverneurs qui ne savaient pas le français.(M.Suite nous écrit : «Je dis, p.97, que la langue française était garantie par la capitulation de Québec.C’est une erreur.La langue n’a pas été gênée après la cession—voilà ce que je devais dire.A la p.111, je répète cette erreur.») T.VII, p- 119.La langue de la Gazette de Québec.T.VIL pp.150-154.Origine des premiers Canadiens.Origine de la langue parlée au Canada.La langue française était moins bien parlée à Paris que dans les régions d’où partirent les premiers colons.La prononciation actuelle des Canadiens se rapproche surtout de celle des Français du XVI» et du XVIP siècle.La langue n'a pas dégénéré subitement après la cession.Beaucoup d’anglicismes s'y sont glissés cependant.L’auteur cite Lambert (N» 9), discute l’opinion de J.-J.Ampère (N" 36), rappelle le mot de Moore (N° 13).L’impropriété des termes dans le langage des Canadiens français.(Sur l’origine des premiers Canadiens, M.Suite nous écrit : « Mes récentes études n’admettent pas les Bretons parmi nous.Nous sommes sortis de la Picardie, de la Beauee, du Perche, de la Normandie, de l’Ile-de-France, de l'Anjou, de la Touraine, du Poitou, de la Gascogne.Ces pays avaient une uniformité de langage presque absolue.C’est le berceau de la langue française.De plus il n'y avait ni pasteurs, ni herbagers, ni vignerons, mais des cultivateurs de grains et de légumes—en même temps forestiers—ce qu il fallait eu Canada.») Bibliographie du parler français au Canada 181 T.VIII, pp.18-19.Le parlement de 1792.Lutte des Canadiens français pour la conservation de leur langue comme langue officielle.T.VIII, p.113.L’accent canadien-français n’est pas purement normand, bien qu’il s’en rapproche.Uniformité du langage an Canada.T.VIII, p.150.La conservation de la langue des Canadiens français est la garantie de leur avenir national.1883 147.—Emmanuel Beain-de-SaInt-Aubin.Expressions à noter.Dans l'Opinion publique, Montréal, 8 février 1883, t.XIV, N° 6, pp.61-62; 1 mars, N° 9, p.97; 29 mars, N° 13, pp.148-149 ; 26 avril, N° 17, p.193; 17 mai, N° 20, p.229; 31 mai, N° 22, p.253.P.61.« Sur certains mots dont on se sert dans le langage parlementaire.» On devrait garder le mot orateur, pour désigner le président de la Chambre.Mover et seconder se traduisent très bien par « auteur de la motion et son second».P.97.Sur le mot orateur.« Nous devons dire : Orateur, et non point Président.» P.118.« Faisons savoir à MM.les Académiciens que pouvoir d’eau est beaucoup plus expressif que chute d’eau ; mais contentons-nous de dire chute d’eau et admettons—bien que cette admission (sic) soit pénible—que pouvoir d’eau n’est pas une expression française.Il faut traduire endorsment of the letter par l'intitule de la lettre, et non pas l'endos ou l’endossement de la lettre.P.193.Sous-titre: Réhabilitation de certains mots.Les mots bill, comité* lecture, bureau de santé.P.229.Sous-titre: Sur certaines expressions en usage à la Bourse.Traduction de to water a stock, watered stock, watering a stock : majorer des actions, actions majorées, majoration des actions.P.253.Sous-titre: Côté des dames.Termes de magasin : Corded silk, soie à côtes ; floss, soie plate ; twist, soie torse ou torsade ; trimmings, garnitures de soie ; duck, toile de coton ; shirting, madapolam.148.—C.-E.R.La langue française.Dans l'Opinion publique, Montréal, 1 février 1883, I.XIV, N° 5, p.52.Diverses expressions vicieuses sont relevées.Le Président du Conseil Législatif ne dit plus seconder, mais appuyer, en parlant d’une proposition : « Nous félicitons le Président du Conseil de donner ce bon exemple et de parler français même en Chambre.» (la suite prochainement) LES MOTS POPULAIRES DANS LA LITTÉRATURE CANADIENNE-FRANÇAISE Abréviations : C.= Les Anciens Canadiens, par P.-A.de Gaspé (édition Cadieux & Derome) ; M.= Mémoires, par le même; J.R.1).= Jean Rivard le Défricheur, par Gérin-Lajoie ; I).M.— Deuxième Mme, par le R.P.Laçasse ; N.M.— Nouvelle Mine, par le même.(Suite) Rinssarde.—«Pas trop fier de la rinssarde qu’il avait reçue, il pousse Toussaint devant la justice.» M., p.44n.Riper.—«La contestation ayant durée quelque temps, il s’en est suivi que je vous ai ripé tous vos marbres.» M., p.149.Rogne.—« Ça, monsieur, c’est de la belle canaille: c'est rogne jusqu’au fin bout des doigts.» D.M., p.82.Ronge.—«Je mange mon ronge et je mordrais sur le 1er.» M., p.430.Sagamité.—«Vous auriez dû épargner mon moulin à farine; mes malheureux censitaires n’auraient pas été réduits à faire bouillir leur blé pour le manger en sagamité comme font les sauvages.» A.C., p.251.Saint-épais.—«Un de ces gros saint-épais comme il s’en trouve partout.» M., p.68.Salois.— «J’en ferons un bon salais.» A.C., p.26.Sangris.—«Le père Chouinard déclara, en se faisant claquer la langue, qu’il n’y avait personne au monde capable d’apprêter un sangris comme M.Philippe.» M., p.415.Snoque.—«Le cartel pour le jeu venant de votre part, j’y consentis volontiers, et nous nous mîmes à jouer à la snoque.» M., p.149.Soldares.—«Avancer comme font les soldares en ligne de bataille.» A.C., p.215.182 Les mots populaires 183 Sorouè.—«Il ventait un gros sorouè.» A.C., p.24.Sucrier.—«Les ç/oudrelles sont les coins que le sucrier enfonce au-dessous des entailles qu'il fait aux érables, pour recevoir la sève.» A.G., p.68.Tailler.—«Le père Landry et ses enfants s’étaient empressés d’offrir leurs services à Jean Rivard pour tailler et lever sa grange.» J.R.D., p.115.Tapin.—«Ça voulait dire: tu recevras un tapin.» M., p.70.Tassage.—« Ce n’est rien comparé aux soins et aux efforts qu’exigent le tassage et le brûlage de l’abattis.» J.R.D., p.81.Tiande.—« Un tas de vêtes qui ne valent pas les bonnes tiandes de morue fraîche que l’on mange sur les bords de Terreneuve.» A.G., p.55.Tire.—«Puis vint le tour de la tire.» J.R.D., p.57.Tirer.—«Autrefois, sur la même terre, je nourrissais à peine huit vaches que je tirais par la queue dans le printemps; maintenant j’en lire dix-sept par les trayons, et je trouve que c’est plus profitable.» D.M., p.73.Tocson.—« Le bœuf fonce sur elle, et de ses cornes—car c’est toujours un bœuf à cornes, jamais un tocson—il la soulève de terre.» N.M., p.234.Tondre.Voir Batte-feu.Tourtière.—« Ces billots servaient aussi à hacher la viande pour les tourtières et les pâtés des jours de fête.» A.C., p.265.Traîne.«J’ai vu conduire McLane sur la place d’exécution: il était assis le dos tourné au cheval, sur une traîne dont les lisses grinçaient sur la terre et les cailloux.» A.C., p.206.Trémontade.—«Parlant tout seul comme un homme qui aurait perdu la trémontade.» M., p.424.Trempette.—«Pendant que nos deux sucriers savouraient ainsi leur trempette.» J.R.D., p.57.Tricoler.—«Je ne marchais plus qu’en tricolant.y> A.C., p.232.Tuque.—« Un habitant, le chef orné d'une tuque de deux pieds de longueur, était arrêté, debout dans sa traîne.» M., p.134. 184 Bulletin du Parler français Varveau.•—« Pierre Gagnon avait fabriqué une espèce de seine, appelée varveau, qu'il tenait en permanence.» J, R.D., p.97.Veillée.—«Cette veillée, qui devait être si amusante, fut donc une cause de chagrin et de regrets pour nos jeunes amoureux.» J.R.D., p.147.Veilleux.—«Les lumières, dans les maisons des veilleux, vous offusquent et vous brûlent la vue.» M., p.429.Vêtes.Voir Tiande Vire-main.— «Tombant sur eux à coups de casse-tête, ils en abattirent trois d’un vire-main.» A.C., p.57.Volier.—« D’immenses voliers de canards sauvages traversent le ciel.» J.R.D., p.94.Volontaire.—« Car, voyez-vous, j’étais un volontaire et on m’avait enterré sans cérémonie.» M., p.429.Wawaron.—« Fatigués d’entendre le coassement des grenouilles et le beuglement des wawarons.ï> J.R.D., p.96.F.-X.Burque, ptrc Vieille prononciation.—Le Maître phonétique (octobre 1902, p.116), donne un essai de reconstitution d’une fable de La Fontaine avec la prononciation du XVIIe siècle.Cette transcription phonétique est fort intéressante, et nous regrettons de ne pouvoir, faute d’espace, la reproduire en entier (le Maître phonétique emploie l’alphabet de l’Association phonétique internationale dont il est l'organe) : œ sàvètyé câtwè du màtë jusk 6 swè.r s étwè mèrvèlê dé lé vwè.r, mèrvèlè dè l ni ; i fèzwè dé pà.sà.jè.sô vwèzê, ô kôtré.r, étâ ta kuzu d o:r câtwè poe. LEXIQUE CAN A DIEN-FKANÇAIS (Suite) Chèche (cèc) adj.m.et f.|| Sec, sèche.Dial.Chèehe = sec, sèche, Normandie, Robin, Moisy; Centre, Jaubert ; sèche, Maine, Dottin, Montesson.«Ils n’ont point de brique chèche», Thoury, Montfort-le-Rotrou.Chécher (cécé) v.tr.et intr.|| Sécher.Dial.Chécher = m.s., Centre, Jaubert; Maine, Dottin, Montesson.Chécher esse (cécrès) s.f.|| Sécheresse.Dial.Chéchesse=m.s., Centre, Jaubert.Caracoler (karakàlé) v.intr.|| Serpenter (en parlant d'un chemin).Chenâiller (cnà.yé) v.intr.|| Courir, se sauver; aller très vite.Dial.Chenâiller = mener une vie de misère, une vie de chien, Centre, Jaubert; chenâiller, v.tr.= traiter quelqu’un comme un chien, lui donner des coups de fouet ou de bâton, Normandie, Delboulle; = manger avidement, ibid., Maze.Fr.-can.Chenâiller = courir aussi vite qu’un chien.Cheniquer (eniké) v.intr.|| Renoncer à une entreprise, céder, se dérober.Fr.pop.Cheniquer = boire, dérober.Etym.Cheniquer -
de

Ce document ne peut être affiché par le visualiseur. Vous devez le télécharger pour le voir.

Lien de téléchargement:

Document disponible pour consultation sur les postes informatiques sécurisés dans les édifices de BAnQ. À la Grande Bibliothèque, présentez-vous dans l'espace de la Bibliothèque nationale, au niveau 1.