Bulletin du parler français au Canada, 1 février 1908, février
MARS 1908 N» 6 loi VI BULLETIN DU SOMMAIRE Pages 201—Michel Bibaud, journaliste, et la vie littéraire de son temps.I/abbé Camille Roy.212—De la langue des professionnels.J.Edm.Roy.224—Le Crucifié.Paul G.Feuillette.227—Les mots populaires dans la littérature canadienne- française.L’abbé F.-X.Burque.231—Livres et Revues (Canadiana).Adjutor Rivard.235— Bulletin bibliographique.Adjutor Rivard.236— Lexique canadien-français.Le Comité du Bulletin.240—Anglicismes.Le Comité du Bulletin.RÉDACTION ET ADMINISTRATION LA SOCIÉTÉ DU PARLER FRANÇAIS AU CANADA UNIVERSITÉ LAVAL QUÉBEC Éditeur-dépositaire, à Paris: H.CHAMPION, libraire-éditeur, 9, Quai Voltaire. ALPHABET PHONÉTIQUE (Signes conventionnels pour la figuration de la prononciation) (I après MM.Gilliébon et l’abbé Rousselot Lettres françaises.Les lettres a, e, i, o, u, b, d, n, f, j, k, l, m, n, p, r, t, o, z, ont la même valeur qu’en français.g=g dur (gateau); s = s dure (sa); ce = eu français (heureux); w = ou semi-voyelle (oui); y == i semi-voyelle (pied); u> = u semi-voyelle (huile); ê = e féminin (je); h marque l’aspiration.Lettres nouvelles, u — ou français (coucou) ; c = c/i français (chez).Signes diacritiques.'Un demi-cercle au-dessous d’une consonne indique que cette consonne est mouillée: l (son voisin de l + y, l mouillée italienne), k (son voisin de k+y), g (son voisin de ff + J/)» 0 (gn français de agneau).— Un point au-dessous d’une consonne indique que cette consonne est prononcée la langue entre les dents: t, d (sons voisins de t + s, d + z; c’est le t et le d silflants canadiens de: li, du).Les voyelles sans signes de quantité ou de qualité sont indéterminées (tantôt ouvertes, tantôt fermées), ou moyennes: a (a de patte), e (e de péril), o (o de botte), ce (eu de jeune).—Les voyelles marquées d’un accent aigu sont fermées : à (a de pdte), é (e de chanté), d (o de pot), œ (eu de eux).—Les voyelles marquées d’un accent grave sont ouvertes : à (a de il part), è (e de père), ô (o de encore), de (eu de peur).—Les voyelles surmontées d’un tilde sont nasales : â (an de sans), ê (in de vin), ô (on de pont), œ (un de lundi).—Suivies d’un point supérieur, les voyelles sont brèves; a-, i', etc.; de deux points, elles sont longues: a:, i:, etc.; d’un accent, elles sont toniques; a', i, etc.Deux lettres qui se suivent, et dont la seconde est entre crochets, représentent un son intermédiaire entre les deux sons marqués.Ainsi, ô[o] = o demi-nasal.Les petits caractères représentent des sons incomplets.Il n’y a pas de lettres muettes dans la prononciation figurée; chaque son n’est représenté que par une lettre, et chaque lettre ne représente qu’un son. Vol.VI, N" 6.—Février 1908.MICHEL BIBAUD, JOURNALISTE ET LA VIE LITTÉRAIRE DE SON TEMPS (Conférence faite à la séance publique de la Société du Parler français, le 21 janvier 1908, par M.l'abbé Camille Roy, présidentJ (suiteI Au surplus, Québec et Montréal ne laissèrent pas d’apparaître de temps à autre, pendant ce demi-siècle, comme des centres où se manifestait quelque activité littéraire.Québec, que Michel Ribaud visitait en 1842, et qu’il n’avait pas vu depuis douze ans, Québec où il retrouvait « les manières amènes, affables de ses notables habitans, l’urbanité, la politesse française et que pour cela il déclarait être «le Paris de l’Amérique », Québec est bien alors le foyer principal de la culture et de la vie intellectuelle.Le Séminaire y continue l’oeuvre classique qu'il a entreprise après la conquête.C’est ici la capitale des esprits, et aussi la capitale politique.Ici se concentrent périodiquement pour les luttes parlementaires les forces vives de la nation; d’ici partent donc les mouvements généreux qui s’en vont ébranler la conscience populaire.Ici le journalisme éclôt et ouvreau vent capricieux de l’opinion ses premières feuilles: la Gazette de Québec (17G4), le Canadien (1806), le Courrier de Québec (1807), le Vrai Canadien (1810); ici paraissent les premiers recueils de littérature et de science, le Magasin de Québec, publié dans les deux langues française et anglaise, en 1792; (1) Encyclopédie canadienne, I, 309.Mon dernier voyage à Québec.201 202 Bulletin du Parler français au Canada Y Abeille Canadienne, en 1818(1) 2 3 4 5 * 7 8 9 10; le Journal de Médecine ®, en 1826; nne autre Abeille Canadienne qui s’avise encore de butiner pendant 1 hiver de 1833-1834, et qui meurt d’inanition au bout de quelques semaines; le Coin du Feu'*, et le Journal des Etudiantsw, fondés en 1810, le Ménestrel de 1844, et 1 Abeille'6' du Séminaire qui commence, en 1848, à courir de fleur en fleur.A Québec encore se formèrent les premiers groupements de forces intellectuelles : le Club constitutionnel, en 1792 ; la Société littéraire, en 1809 ; la Société historique et littéraire, en 1824, que l °n fonde au Château Saint-Louis, sous la présidence de lord Dalhousie ; la Société pour l'encouragement des Sciences et des Arts, en 1827, qui se fusionne bientôt, en 1829, et pour l’absorber presque, avec la Société historique et littéraire et mit à la scène les pièces du répertoire classique et celles aussi du répertoire contemporain ; en 1844, naissait le fameux Institut Canadien de Montréal.Mais, avant même que ces sociétés se fussent constituées, on aimait, à Montréal, à lire les vers et la prose, et on se souvient du groupe d’admirateurs qu’y comptait, en 1814, le poète militaire Joseph Mermet, et comment Jacques Viger conduisait alors avec (1) Cf.Tableau statistique et politique (les Deux Canadas, par Isidore Lebrun, p.275.(2) Voir, sur ce grave sujet, lEncyclopédie canadienne, I, 380-387.(3) Cf.Bibliothèque Canadienne, V, 117.Cette Société était l’eeuvre de l’élément anglais de Montréal.f(4) Cf.Hist, du Canada, par M.Bibaud, II, 402-403, passim.(5) Cf.l’Observateur, II, 16. 204 Bulletin du Parler français au Canada entrain le chœur des dévots (1) 2 * 4 5 6.Denis-Benjamin Viger, qui se croyait poète, aux heures mêmes où, sans s’en apercevoir, il ne rimait que de la prose, publiait ses pesantes strophes dans le Spectateur ; et le Montréal intellectuel de ce temps protestait contre une telle inconvenance.A ce moment-là sans doute se développa le goût de la lecture.Michel Bihaud a écrit quelque part qu’il y eut un temps « où l’on ne trouvait à acheter chez le seul libraire qu’il y eût à Montréal, M.François Sarrault, que des calendriers, des alphabets, des catéchismes et quelques livres d église et de dévotion,» mais en 1817, H.Bossange établit à Montréal même un commerce de librairie plus considérable ,3), et le Spectateur Canadien, du 7 juin 1817, publiait une annonce où le clergé et le public en général sont avertis que M.Bossange a déjà reçu et attend par « les navires qui vont arriver un assortiment considérable de livres français, etc., consistant surtout en livres de jurisprudence, religion, histoire, sciences et arts.» D’après les renseignements
Ce document ne peut être affiché par le visualiseur. Vous devez le télécharger pour le voir.
Document disponible pour consultation sur les postes informatiques sécurisés dans les édifices de BAnQ. À la Grande Bibliothèque, présentez-vous dans l'espace de la Bibliothèque nationale, au niveau 1.