Architecture - bâtiment - construction, 1 juillet 1946, Juillet
^33 ij PER /« A-334 In o 4 "ARCHITECTURE BATIMENT CONSTRUCTION MONTRÉAL (JuiLLet 1946 VOL.I, No.4 fi.-AS mm UN NOUVEAU PROBLÈME ARCHITECTURAL JULES POIVERT IL FAUT L’AIDE DU GOUVERNEMENT P.-H.DESROSIERS a SEO*L I Poêle à charbon Nous manufacturons et fournissons LES ÉQUIPEMENTS COMPLETS de CUISINE et CAFETERIA pour LES CAMPS, LES HÔTELS, LES INSTITUTIONS et LES INDUSTRIES Es»et jugg&stions,.s,ur demande LABELLE D KliTCHENf EQUIPMENT CO.* " *- « • .« w 5.%** 376-386 Avenue Beaumont, Montreal DOllard 5400 ?Nous avons fourni l’équipement de la cuisine et du cafétéria de l’Université de Montréal. a,**»»*- I CHAUFFAGE ET VENTILATION A L’HOPITAL MILITAIRE DE STE-ANNE DE BELLEVUE, QUE.Hector Groulx Enr’g.a exécuté d’une façon experte l’installation des Vue de l’un des énormes souffleurs du système de ventilation de l’hôpital.systèmes de chauffage et de ventilation à l’hôpital militaire de Sainte-Anne de Bellevue.Nos illustrations font voir quelques aspects de ce travail.Hector Groulx Enrg.est reconnu à juste titre parmi les plus importants entrepreneurs en PLOMBERIE, CHAUFFAGE et VENTILATION dans la province de Québec.Les connaissances de nos techniciens jointes à l’expérience de notre personnel assurent satisfaction absolue à nos clients.Hector Groulx enr’g.Guy St-Laurent, propriétaire Notez bien notre nouvelle adreaoe Vue de l’une des chaudières et du chauffeur automatique qui l’alimente.7375-rue CHAMBORD, Ch.1 DOllard 8492 MONTREAL NOUVELLE FABRIQUE des peintures de qualité supérieure “ZÉNITH” sSfeSS tiMJ L & 1^ -3^ ^ nii PEINTURE ZjNITHjn^ Fabricants de la peinture matte à l’huile lavable SUPERMAT dure à l’usure — douce au toucher et de toutes peintures extérieures et intérieures pouvant répondre à tous les besoins des entrepreneurs, constructeurs, services publics, institutions, etc.Peinture Zenith Inc.RENÉ FRÉCHON, gérant général 4566, rue DELAROCHE MONTRÉAL ARCHITECTURE BÂTIMENT - CONSTRUCTION # DIRECTEUR: Paul-J4.jÇapointe, A.D.B.A., R.A.I.C.• CONSEIL D’AVISEURS Président EUGÈNE LAROSE, b.a.a., f.r.a.i.c.Conseillers HAROLD LAWSON, f.r.a.i.c.P.-H.DESROSIERS J.-L.-E.PRICE, m.e.i.c.AIMÉ COUSINEAU, i.c., b.sc.a.GABRIEL ROUSSEAU, b.sc.(m.i.t.),i.c.Architecture ÉMILE VENNE, Génie Civil ROMÉO VALOIS, i.c., b.sc.a.Urbanisme CHS-E.CAMPEAU, i.c., b.sc.a.ROLAND GARIÉPY, a.d.b.a.Jlalériaux BLAISE BROCHU Exposition CARL MANGOLD Construction L.GORDON TARLTON Règlements GEO.-E.DE VARENNES, m.r.a.i.c.Conseiller juridique Me RAYMOND EUDES, m.p.Secrétaire de la rédaction LUCETTE SENECAL SOMMAIRE DE JUILLET 1946 Volume 1 — Numéro 4 GRAPHIQUEMENT PARLANT.Paul-LI.Lapointe LE PROBLÈME DE LA RUCHE.Jules Poivert NOTRE ARCHITECTURE.Une étude d'A.B.C.IL FAUT L'AIDE DU GOUVERNEMENT.P.-H.Desrosiers UNE CHAPELLE COMMÉMORATIVE.Yves Bélanger URBANISME D’HIER ET-D'AUJOURD'HUI.Jean Gallotti UNE VILLA DE CAMPAGNE.Roland Dumais DONNÉES PRATIQUES NO 2 — RENSEIGNEMENTS SUR LES MATÉRIAUX — LETTRES DE NOS LECTEURS ARCHITECTURE, Bâtiment, Construction, est publiée à Montréal, Canada GERANT, c4lbert Ere mb la if C.P.145, Station H, Montréal.Tel.ATlantic 1692 Autorisé comme envoi postal de la deuxième classe, Ministère des postes, Ottawa.Tarif des abonnements : Une année $3.00 ; deux années $5.00 JUILLET 1946 — ARCHITECTURE E.NOEL BELLEAU âpêcialiâte en ASSURANCE VIE DOMINION 1LI11FIE » Pour toutes informations au sujet de vos assurances, consultez avec confiance E.NOEL BELLEAU 405, Édifice Marine 1405, rue PEEL — MONTRÉAL HA.9276 — CA.9706 - — — — — — - -ou adressez le coupon ci-dessous - - — — — — - E.NOËL BELLEAU, Ch.405, 1405 rue Peel, Montréal J’aimerais avoir des informations sur l’assurance .Nom .Adresse.Ville . EDITORIAL GRAPHIQUEMENT PARLANT .L'avenir de ta construction est généralement bien défini dans les nombreux articles parus, ces derniers mois, dans les journaux et revues.Les experts sont unanimes à prédire la marche a vive allure du bâtiment pour des années à venir.Jjes graphiques qui accompagnent ces articles sont particulièrement éloquents à ce sujet ; ils n illustrent que des courbes ascendantes vers un sommet jamais atteint auparavant en notre pays.On ne parle que de centaines de milliers de maisons à construire annuellement pour une décade ou deux.L’augmentation de la population, une immigration plus forte, d’une part — un pouvoir d’achat plus élevé que jamais, une ambition plus grande du public d’être propriétaire, d’autre part — peuvent en réalité justifier ces brillants pronostics.— Graphiquement parlant, la construction marche vers la grande prospérité.Il convient, toutefois, d’être modéré et pratique dans nos espérances et prévisions.Par exemple, il n est pas impossible, qu après ces temps de prospérité dont nous jouissons présentement, et que nous ne devons, en somme qu à la guerre, nous connaissions un rajustement lequel, espérons-le, ne dégénère pas en dépression.De plus, la crise du logement actuelle, se résoudra éventuellement, plus vite qu on ne le croit quand la population flottante actuelle des villes sera définitivement installée d’une façon permanente.De nombreuses localités, qui connaissent aujour-d’hui T embarras de loger un afflux de citoyens amené là par les industries de guerre, peuvent très bien se trouver demain avec des habitations vides par suite d’un déplacement de la population.La tendance des citadins à rechercher la banlieue pour leur habitat s accentuera avec le temps à moins que les villes prennent les mesures nécessaires pour rendre la vie, chez elles, plus attrayante et plus habitable.Ces divers facteurs peuvent fortement influencer Le bâtiment dans les villes.La construction des édifices commerciaux, industriels ou institutionnels offre une plus grande stabilité en raison des besoins plus raisonnés des organisations responsables.Cependant, la marche des affaires influence directement ce domaine et encore une fois, l’activité y est subordonnée à la prospérité générale de la nation.D’oà, il faut conclure : premièrement, que 1ère qui commence pour L’architecture, le bâtiment et la construction est la plus remplie de promesses qu il nous ait été donné d’entrevoir depuis longtemps ; deuxièmement, que ces espérances ne sont fondées qu en autant que L’économie du pays et du monde entier se maintiendra sur une base solide permanente.A chacun de nous de mettre de la sagesse dans notre foi inébranlable en l’avenir de notre profession et de juger sainement les perspectives de notre industrie.JUILLET 1946 — ARCHITECTURE 7 Escalier intérieur en acier et bronze Jorge.ENR’G.FERRONNERIE D’ART PORTES DE MAISONS — GRILLES D’ESCALIERS — CACHE RADIATEURS — CLOTURES — BALCONS — BALUSTRADES — PIEDS DE MEUBLES — CHENETS — CHANDELIERS — APPLIQUES — ETC.Travail parfait Prix modérés 4l4, édifice Empire Life 1434 ouest, rue Ste-Catherine MONTRÉAL —• Tél.LAncaster 1472 O O ARCHITECTURE BATIMENT - CONSTRUCTION juillet 1946 IL FAUT L'AIDE DE L'ETAT T,a situation difficile des matériaux de construction requiert l’intervention de l’Etat, dit Monsieur P.-H.Desrosiers, président de LaSalle Builders Supply Limited, dans une lettre ouverte adressée au ministre de la reconstruction, lettre que nous reproduisons ci-dessous : M onsieur le Ministre, Sous votre surveillance et votre habile direction, le Canada, en vue d’assurer la victoire, a produit un volume considérable de matériel de guerre.Les ressources du pays et l’initiative des Canadiens ont eu vite raison des difficultés qui se présentaient, et l’effort industriel du Canada a conquis l’admiration de tous ses alliés.Aujourd’hui, en cette période de transition, le Canada envisage un autre problème urgent.Il s’agit de la crise du logement.Aux yeux de milliers de Canadiens, dont un grand nombre d’anciens combattants, c’est plus qu’un problème, c’est une CATASTROPHE.Et la cause première de cette catastrophe, c’est la PENURIE DE MATERIAUX DE CONSTRUCTION.Nous ne soutenons pas qu’il y ait pénurie de tous les matériaux de construction, mais plutôt qu’une augmentation dans la production de CERTAINS matériaux serait essentiel au fonctionnement normal de l’industrie du bâtiment.L’entreprise privée pourrait encore une fois, comme pendant la guerre, solutionner un problème urgent, si elle n’était pas handicapée par des MOYENS de production inadéquats.Nous suggérons très respectueusement, Monsieur le Ministre, que le Gouvernement prenne la même initiative, en vue de la CONSTRUCTION DE LOGEMENTS, qu'il a prise pour activer la FABRICATION DE MUNITIONS durant la guerre.«f» M.P.H.DESROSIERS Il faut l’aide du gouvernement pour améliorer les moyens de production (augmentation de l’outillage, construction d’un plus grand nombre de moulins, d’usines, etc.).Il faut diriger la marche des matières premières vers l’industrie de la construction, s’assurer que l’entrepreneur a tout ce qu’il lui faut pour bâtir des logements.C’est de façon semblable qu’on a solutionné le problème de la fabrication du matériel île guerre.On pourrait songer aussi à limiter l’exportation de certains matériaux de première importance, surtout quand leur exportation ne pourrait nous créer à l’étranger un marché stable dans l’avenir.Nous sommes convaincus, Monsieur le Ministre, que nous exprimons les vues de la majorité des industriels intéressés lorsque nous présentons ces quelques suggestions.C’est à notre avis, la solution la plus certaine, la plus rapide et la plus pratique à apporter au problème du logement.Nous vous soumettons le tout respectueusement.P.H.DESROSIERS JUILLET 1946 — ARCHITECTURE 9 i ¦.¦ : ¦ w.4 UN NOUVEAU PROBLEME ARCHITECTURAL Propose par Jules Poivert LA RUCHE PYRAMIDALE Monsieur Jules Poivert est né à Bordeaux, {France), le 50 avril 1867.Architecte diplômé par le Gouvernement jrançais, il est venu à Montréal en 1909 pour y occuper la chaire de pro-jesseur de composition architecturale, d’abord à l'Ecole Polytechnique {pendant 14 ans), puis à l’Ecole des Beaux-Arts, où il enseigne encore.Collaborateur à la Revue des Mathématiques Spéciales de Paris et à la Revue Trimestrielle Canadienne, il a publié de nombreux articles scientifiques.Il a reçu du Gou-vernemet Jrançais, plusieurs distinctions honorifiques.1.— Dans les périodes de crise, alors que l’armature sociale craque de toutes parts, nous sortons de notre coquille pour nous poser des questions troublantes : Comment se fait-il que certains petits êtres (abeilles, guêpes, etc.), qualifiés d’inférieurs, réussissent à vivre et prospérer en dépit des dures conditions qui leur sont imposées.Se pourrait-il qu’ils fussent plus sages et plus policés que nous ?— C’est bien improbable : des individus qui travaillent pour nous en croyant travailler pour eux ne peuvent etre que stupides.© Mais n’auraient-ils pas le droit de porter sur nous des jugements tout aussi sévères et plus mérités ?Pour élucider ce dernier point, il est nécessaire de pénétrer dans leur intimité.JUILLET 1946 — ARCHITECTURE 11 illililii Les trois étages de la ruche pyramidale.Les abeilles sont des créatures bizarres et, certes incapables de comprendre quoi que ce soit aux spéculations des hommes.Par contre, elles possèdent, dès leur jeune âge, tout ce qui leur sera utile dans la lutte pour la vie : un aiguillon, l'amour du travail et l’esprit de collaboration ; tout cela, gouverné par un instinct (évidemment bien misérable au regard de notre intelligence), mais qui leur permet, non seulement de ne jamais confondre la ligne droite avec la ligne courbe, comme le font nos géomètres non-euclidiens, mais encore de résoudre, sans jamais faillir, des problèmes de maximum ou de minimum sur lesquels pâliraient la plupart de nos bacheliers.Ces abeilles construisent des ruches.Or, à l’état sauvage, c’est-à-dire loin des spoliateurs et du marché noir, elles sont obligées de fabriquer elles-mêmes leur matériau de construction, la CIRE.11 est donc naturel qu'elles se montrent parcimonieuses dans l’emploi de cette cire qui est, au sens propre du mot, leur véritable sueur.On peut donc admettre (à titre de vérité provisoire), que le point de vue économique devienne, de ce fait, le principe dirigeant de l’entreprise ; mais il est si bien dissimulé dans certaines parties de la construction, que l’insecte semble n’avoir eu en vue que la réalisation d’une œuvre d’art.C’est pourquoi les savants ont mis si longtemps à découvrir, (ou plutôt à imaginer), cette raison d’économie qui, dans les habitations humaines, se fût infailliblement trahie.La structure générale de la ruche est trop connue pour qu’il soit nécessaire de la décrire ici.— Bor-cus-nous donc aux détails indispensables.Le gâteau de cire est constitué par deux séries de cellules placées horizontalement et se rejoignant par leurs fonds rhomboédriques.Les ouvertures sont placées sur les deux faces opposées du gâteau.La section droite de la cellule étant hexagonale régulière, les cellules peuvent se juxtaposer sans vides intermédiaires.On sait, d’ailleurs, que des trois polygones réguliers, (triangle équilatéral, carré, hexagone), possédant la propriété sus-énoncée, l’hexagone est celui qui, à surface égale, a le plus petit périmètre.— Le choix de cette forme se traduit donc par une économie de cire.Le fond de la cellule (alvéole) est une merveille d’ingéniosité qui mérite de nous arrêter un instant.Pourquoi l’abeille n’a-t-elle pas, tout simplement terminé la cellule par un fond plat, au lieu d’adopter comme elle l’a fait un fond rhomboédrique ?Nous reviendrons plus loin sur cette importante question.Acceptons, pour l’instant, le décret des géomètres qui ne voient, dans ce tour de force, que la solution d’un problème d’algèbre, et expliquons en quoi consiste ce problème.Considérons donc un prisme droit à base hexagonale régulière.(La partie supérieure de ce prisme est représentée, sur la figure ci-contre, en perspective cavalière.) Soit ABCDEF la face supérieure dont le plan est figuré en abcdef.Tirons AC (ac du plan) et prenons sur l’arête BB’ le point B’ choisi à volonté.Puis menons les droites AB’ et CB’.Nous déterminons ainsi un onglet en forme de pyramide à base triangulaire ABC (abc) et dont le sommet est en B’.Faisons tourner cet onglet autour de AC, de manière que le triangle ABC vienne coïncider avec son égal ASC : Le sommet B’ viendra se placer en S’, sur la normale SS’ au plan de base et tel que SS’ - BB'.Les deux triangles isocèles AB’C et AS’C sont égaux et l’on démontre aisément qu’ils sont situés dans un même plan.La figure S’AB’C est donc un losange.ARCHITECTURE — JUILLET 1946 Si l'on répète la série des opérations précédentes sur les autres faces du prisme, la base supérieure se trouvera remplacée par un capuchon rhomboédrique formé de trois losanges égaux (abcs, cdes, efas).On voit aisément que le nouveau solide a le meme volume que le prisme car l’onglet enlevé au-dessous de la base ayant été reporté au-dessus de celle-ci, le volume du corps n’a, de ce fait, subi aucune altération.© Il n’en est pas ainsi des surfaces qui augmentent ou diminuent suivant la position du point S’.On démontre, en effet, que l’enveloppe extérieure du nouveau solide offre un minimum lorsque la hauteur SS’ du capuchon est égale au tiers de l’arête S’A, (ou, ce qui revient au même, lorsque BB’ est le tiers de AB’).Or, ce rapport est celui qui existe dans l’alvéole.D’où, un second problème de minimum résolu par l’abeille.Quelle économie en résulte-t-il dans la construction de la cellule ?Deux pour cent environ.On doit donc admettre que la perfection de l’ouvrage repose, tout entière, sur YEaprit de Sacrifice, qualité dominante de l’insecte et incomparablement plus noble que YEoprit d’Economie.Mais, demandera-t-on, quel rapport établissez-vous entre le problème intentionnellement résolu par l’abeille et les problèmes de minimum qu’on lui attribue ?Nous répondrons : directement, aucun, puisque la question d’économie ne saurait se poser.Le problème résolu par l’abeille est très simple (nous le démontrerons plus loin), mais, comme la plupart des problèmes scientifiques relatifs à l’ordre ou la symétrie, il entraîne une foule de conséquences imprévisibles, au nombre desquelles figurent les questions de minimum aperçues par les géomètres.Dès lors, n'est-il pas erroné de vouloir placer ces dernières au point de départ ?2.— Dans ce qui précède, nous avons exposé la thèse des géomètres, qui subordonne l’architecture de la ruche à la solution d’un problème d’algèbr et confère à l’abeille le génie du mathématicien.Les géomètres ont-ils vraiment touché le fond de la question ?C’est ce que nous allons examiner.Il semble, à écouter ces apologistes, que si l’on néglige, si peu que ce soit, le point de vue économique, le problème de la ruche devienne inexplicable.Il est clair, cependant, que d’autres facteurs, beaucoup plus importants que l’économie, doivent influencer l'insecte.Au premier rang, se place une LOI, qui chez les hyménoptères, exige le Sacrifice de /’ Individu comme rançon de la Survivance de /’E.tpèce.Conformément à cette loi, l’insecte doit assurer à ses rejetons le maximum de confort et de bien-être possibles.Or, la cellule, ou plus précisément, l'alvéole,est le berceau de l’œuf, de la larve et de la nymphe.De là, le som infini apporté par l’abeille dans la confection de cet alvéole.Ou’importerait-il, en effet, si la ruche n’était qu’un dépôt de miel, que les parois en fussent plus ou moins lisses et les arêtes, plus ou moins droites : la dépense supplémentaire d’un peu de cire ne serait-elle par largement compensée par une économie de main-d’œuvre et l’abeille n’aurait-elle pas avantage à butiner à cœur de jour dans un bain de soleil ou de lumière, au lieu de perdre un temps précieux à résoudre, au fond d’une cave, des problèmes de calcul différentiel ?Il reste à trouver la clef du problème.Nous la découvrirons dans la partie de l’alvéole que nous avons appelée le berceau de la larve.— Ce berceau est, rappelons-le, formé d'un prisme hexagonal terminé par un capuchon rhomboédrique.— Il est suivant quinze arêtes.Or les quinze angles dièdres qui en résultent sont tous égaux à 120°.(L’angle de 120° est, on le sait, l’angle intérieur de l'hexagone régulier.) Vue intérieure des sept cellules du gradin inferieur.L JUILLET 1946 — ARCHITECTURE ¦ Si donc, l’abeille est outillée pour mesurer et construire ce^ew/anglede 120°,lastructureduberceau et, par suite, celle de tout l'édifice s’ensuivra infailliblement.L’architecture de la ruche nous apparaît, dès lors, comme une merveille d’unité et les géomètres ne sauraient ajouter quoi que ce soit à notre admiration en prêtant à l’abeille les sentiments mesquins qui dirigent la plupart des entreprises humaines.Le verdict des savants, qui témoigne d’une méconnaissance absolue de l’insecte, a malheureusement rejeté dans l’ombre la conclusion la plus riche en enseignement, à savoir que la recherche de l'uni lé ou de /’harmonie (problème d’esthétique) doit être à la b a,je du problème économique.Quelle belle leçon pour nos architectes modernes qui prétendent renverser cet ordre naturel en subor donnant le premier problème au second ! Pensent-ils que la beauté puisse jaillir de sources étrangères à PART ?Un tel miracle ne se produira jamais.3 — Ta ruche pyramidale — Si nous posons le gâteau de cire sur plan horizontal, les deux séries de cellules se superposeront et les ouvertures se trouveront placées les unes au-dessous, les autres au-dessus du gâteau.— Supposons, dès lors, que nous terminions les cellules de la rangée supérieure par un chapeau rhomboédrique reproduisant celui du fond : nous pourrons emboîter exactement, sur le premier eâteau, une nouvelle série de cellules et il est clair que cette même opération pourra être indéfiniment répétée.Nous obtiendrons ainsi un édifice à plusieurs étages que nous nommerons la RUCHE P} RAJII-DALE.Pour assurer la stabilité de l’édifice, on devra placer les divers étages (ou gradins) en retrait les uns des autres.La pyramide se terminera, de ce fait, par une cellule unique.Le nombre des cellules constituant les divers gradins sera successivement (en partant du gradin supérieur), égal à 1, 3, 7, 12,.Les dessins ou photos de la maquette qui accompagnent notre article ne rendent compte que des trois gradins supérieurs, comportant respectivement, une, trois et sept cellules.Il est indispensable de remarquer que Y axe de la pyramide coincide alternativement, (d’un étage à l’autre) avec Y axe d’une cellule et avec Y arête commune à trois cellules, (voir le plan page 15) CONSTRUCTION DE LA MAQUETTE.Nous avons vu que l’angle dièdre formé par deux quelconques des faces de l’alvéole a une valeur constante de 120°.Il en résulte que les n angles Les trois photos ci-contre montrent (comme celles de la page 10) les trois gradins de la ruche pyramidale.En haut, l’artiste qui exécute la maquette s’apprête à placer le gradin intermédiaire sur le gradin inférieur.Au centre il place le gradin supérieur sur le gradin intermédiaire.En bas la pyramide est complète.Remarquer que le problème des toitures est parfaitement résolu.14 ARCHITECTURE — JUILLET 1946 (ou faces) formés par n arê> sommet sont égaux entre’ On aura K P = 3 M K.L' l’angle B’ cherché.5 aboutissant à un même x.Mais leur grandeur varie avec le nombre n des arêtes.Par exemple, chacun des 3 angles (ou faces) entourant le sommet B’ est plus grand que chacun des 4 angles entourant le sommet C.(On voit clairement, sur le dessin, que les angles B’ et C sont supplémentaires).L’angle B’ se construit aisément : En effet, dans le triangle rectangle BBC on a B’C = 3 BB’ (voir à la fin du paragraphe 1).Prenons donc, sur l’un des côtés de l’angle droit M, un point K choisi à volonté et de ce point comme centre, avec une ouverture de compas égale à 3 M K, décrivons un arc de cercle qui recoupera le second côté au point P.îgle P K N sera égal à Les arêtes inférieures AiB i et B i Ci reproduisent, symétriquement l’angle AB C — Elles coïncideront, dans la maquette, avec les arêtes des cellules occupant l’étage immédiatement au-dessous.NOTA—Les 7 cellules de la base devant reposer sur le plan horizontal, la ligne brisée AiB’iCi devra, (dans l’épure relative à ces cellules) être remplacée par une ligne droite AiCi.© APPLICATION : Quel profit l'architecture peut-elle retirer du problème de la ruche ?Sans doute, la pyramide à gradins eût-elle intéressé les Egyptiens et son aspect sévère conviendrait-il encore de nos jours à une nécropole.Mais, est-ce bien là, tout ce que l’on en peut attendre ! Nos architectes, toujours en quête de nouveautés, ne pourraient-ils essayer de l’utiliser, ne fut-ce que pour rivaliser d’ingéniosité avec les abeilles ?Mettons-les à l’épreuve : Proposons-leur d’adopter la forme symbolique de la ruche pyramidale dans la construction d’un monument élevé à la Gloire du Travail.Le problème architectural se réduit à accrocher un vestibule et quelques services à une grande salle de réunions et de fêtes.Aucune restriction n’est imposée quant aux dimensions de l’édifice.Les crédits abondent — l’heure est propice - Le gouvernement ne peut qu etre favorable a l’entreprise.On demande des esquisses.Architectes, taillez vos crayons.Du haut de sa pyramide, la Gloire vous contemple ! Nous possédons dès lors tous les éléments necessaires au développement de l’alvéole.JULES POIVERT.© © Plan du gradin inférieur Nous n’avons représenté dans le dessin ci-contre que les deux premières faces AAi B B’i et B’B’i CCi du prisme tronqué.Le losange S’A’B’C est l’un des 3 losanges du capuchon.Pour le tracer, il suffit de faire l’angle A’B’C égal à CB’BL (ou, encore, de faire l’angle S’CB’ égal à B’C C i puis de p r e nd r e A’B’ = B’C = C S’=S’A’% Dans le développement complet de l’alvéole, ce losange devra être attaché aux 2e, 4e et 6e faces.Le plan du gradin intermédiaire evt indiqué en pointillé.JUILLET 1946 — ARCfflTECTURE 15 [ïïïïîïïmHj 9- SYMBOLE ARCHITECTURE se propose de publier dans ses prochains numéros, une série de reportages photographiques sur les œuvres architecturales les plus intéressantes de notre province.Partout dans Québec l’on trouve des maisons, des édifices publics ou religieux, qui témoignent du souci de faire beau de ses constructeurs.Que ce soit au 17ème, 18ème, 19ème ou 20ème siècle, chacune de ces époques a laissé son empreinte sur la face de notre pays.Nos prédécesseurs ont réussi assez souvent des œuvres qui méritent notre louange.Nombre de localités de notre province compte une ou plusieurs de ces constructions qui embellissent.UTILITE PUBLIQUE L’lne de pompage du réservoir McTavish, à Montréal.Conception utilitaire alliée à la beauté architecturale, du 19ème siècle.fi jWjpff '***: ;\ m.#C V ' L’HABITATION Cette maison française authentique, construite au 17éme siècle, à Lorette, près de Québec.Son style simple et pratique a influencé la construction de maintes autres maisons de la région.16 ARCHITECTURE — JUILLET 1946 DU BEAU Faire connaître ces œuvres remarquables des temps passés et présents ,les faire mieux apprécier par tous ceux qui s'intéressent à « notre architecture », tel est notre but.A cette fin nous demandons le concours de tous nos lecteurs.Nous les invitons à nous adresser des photographies ou des croquis de ces richesses architecturales du Québec.Nous donnons ici quelques exemples de la variété des sujets : une maison du régime français, une usine de pompage moderne, une vieille église, une université moderne.Quelle que soit l’œuvre, modeste ou princière, ce qui compte, c’est le goût, l’élégance des lignes, le choix du caractère architectural en relation des besoins auxquels répond la construction.Nous espérons que cette initiative d’ARCHITECTURE plaira et contribuera à faire mieux réaliser que nous pouvons déjà dans Québec parler de « notre architecture », même si nos œuvres ne peuvent encore se comparer aux nombreuses realisations grandioses de maints autres pays, et que nous pouvons nous montrer fiers de ce qui a été réalisé dans trois siècles, somme toute, un bien court espace de temps dans la vie d’un peuple.LA RELIGION L’EDUCATION La chapelle du Séminaire de Québec.Cachet pittoresque du 18ème siècle, qui invite toujours à la méditation.La tour centrale de /’ Université de Montréal, réflète la conception jonctionnelle 20ème siècle de l’architecte.JUILLET 1946 — ARCHITECTURE 17 URBAN ISME D'HIER ET D’AUJOURD'HUI Un article inédit de Jean GALLOTTI Dans tout pays où le sol appartient presque entièrement à des particuliers, I urbanisme dont I objet est de créer les cités nouvelles ou d aménager les anciennes, se heurte fatalement à de grandes difficultés.Il ne peut rien réaliser sans froisser certains intérêts.I oute rue à percer rend nécessaire la démolition de nombreuses maisons qui ont généralement autant de propriétaires différents ; tout espace à réserver prive d autres propriétaires du droit d y construire et, par là, d un profit.D où la nécessité de procéder par achats ou échanges forcés, ce qui est onéreux, compliqué et, comme toute mesure imposée, se heurte à des résistances.Quant aux servitudes de style, presque toujours incomprises par ceux qui doivent s y soumettre, elles sont à ce point étrangères à I idée que le grand nombre se fait de la liberté, qu on hésite à y recourir.On conçoit quelles facilités I urbanisme, ou ce qui en tenait lieu, trouvait autrefois, auprès du pouvoir absolu.Elles ne se bornaient pas à une application plus aisée des mesures prises, mais, le pouvoir étant aux mains d une seule personne, I approbation des plans, I autorisation des dépenses, les décisions touchant les mesures d exécution elles-mêmes, pouvaient ne prendre qu un instant.La simplification et la rapidité étaient en proportion du degré d absolutisme dont jouissait le souverain dans son autorité.Napoléon III.qui prétendait n avoir pas le pouvoir de faire nommer un sous-préfet, sut au moins maintenir en place le baron Haussmann et fit ainsi le Paris d aujourd bui.Louis XIV put, sans opposition, créer Versailles.Au Maroc, Moulay-Ismaël, tyran redoutable, durant un règne de soixante-quinze ans, bâtit des palais, traça des avenues et des places, planta des jardins, creusa des pièces d eau, éleva des remparts et des portes monumentales, les détruisit, les rétablit, les remplaça avec autant de promptitude et de caprice qu il en mettait à trancher les têtes.A Ispahan, Schah-Abbâs, qui n a pas laissé une réputation aussi sanguinaire, dut à une autorité non moins respectée de réaliser une capitale immense, dont le plan est une des merveilles de I univers.Les Empereurs de Chine n auraient vraisemblablement pas construit la Cité Impériale de Pékin avec la perfection qui la caractérise, s ils avaient été moins aveuglément obéis.L aisance avec laquelle on modèle les villes est en proportion de la liberté avec laquelle on dispose de la volonté des hommes.?Est-ce à dire qu il n est point d urbanisme possible sans despotisme ?Cela mènerait à voir en Néron, brûlant ROME pour la rebâtir plus belle, le type du parfait urbaniste.Le vrai, pour nous en tenir du moins à I Occident, est que, depuis longtemps, il n y eut plus d’autorité suffisamment personnelle, omnipotente et durable, pour mener à bien I exécution complète d’un grand projet d urbanisme aussi facilement qu’on change 1 uniforme d un régiment, qu on rompt une alliance ou déclare une guerre.Louis XIV avait décidé que les maisons de Versailles seraient bâties en pierre et en brique, couvertes d ardoises et n auraient que deux étages, dont le second mansardé.Son successeur autorisa les étages multiples et les murs en moëllons, ce qui changea tout.Le grand Roi fut, en cela, victime de la lenteur avec laquelle la ville se peupla et qui en reporta I achèvement au delà de la durée d un des plus longs règnes de 1 histoire de Lrance.Napoléon 1er, entreprenant sur la colline de Chaillot, la construction du palais du roi de Rome, voulait y faire aboutir une avenue qui se trouvait mordre sur la maison d un marchand.Celui-ci demanda si cher, quand on vint pour h exproprier, que 1 empereur ordonna de laisser la bicoque en place (comme un témoignage de son respect de la propriété et des lois).Les temps étaient alors venus où les droits de I individu, même sous le régime le plus autori- 18 ARCHITECTURE — JUILLET 1946 taire, avaient acquis une force gênante pour les traceurs et bâtisseurs de villes.?I! n en reste pas moins, dira-t-on, que le Second Empire a fait le Paris moderne et que la I roisième République en a laissé faire la banlieue.Certes la chose est troublante.Examinons pourtant si 1 on doit en conclure que I urbanisme est inconciliable avec le respect des droits de chacun.Notons d abord qu urbanisme est un mot tout récent, né de besoins dont la société semble n avoir pleinement pris conscience en France, que pendant la 1 roisième République.E urbanisme est I art de créer pour tous un habitat et un séjour aussi agréable que possible.Il est donc en cela démocratique par essence.Et la question est de savoir s il est conciliable non avec la démocratie, mais tout simplement avec la beauté, comme I était I art des tracés el constructions monarchiques.Conception et réalisation sont d abord du ressort des techniciens.Ceux-ci ont besoin de 1 approbation et du soutien du pouvoir.Autrefois, pour faire agréer leurs projets, obtenir les crédits et les ordonnances en permettant I exécution, il leur suffisait de s assurer le consentement d une seule personne ; il leur faut maintenant obtenir les suffra ges de multiples assemblées.Cela sans doute est plus compliqué, mais reste, tout compte fait.une difficulté de même ordre.Certes, la dépendance dans laquelle se trouvent les assemblées, petites et grandes, vis-à-vis du peuple dont elles détiennent leurs pouvoirs, les rend souvent timides et hésitantes, quand il s agit d approuver des plans conçus avec largeur de vue et même avec audace.A vrai dire, n étant responsables que devant des collectivités, elles ne devraient redouter d autres jugements que ceux de I opinion publique.Reste à savoir si celle-ci est susceptible de concevoir quelque ch ose de grand et de beau, en matière de plans de villes et d architecture, et d admettre les sacrifices qu’en comporte la réalisation.Avouons que, sur ce dernier point, elle est mal préparée.Outre que 1 habitant du Vieux-Continent est naturellement plus ménager de ses deniers que de son sang et plus encore de sa terre et de sa maison que de ses deniers, il n a pas été formé, au cours des siècles, à 1 idée que la beauté de sa patrie doit être défendue aussi jalousement que I intégrité de sa frontière.Il y a là à faire toute une éducation du peuple.Quant à ce qui concerne les projets eux-mêmes, on peut se demander si le peuple, une fois convaincu de ses devoirs, saura, sinon concevoir, du moins approuver la beauté.A cela on peut répondre que celle-ci, dans le cas qui nous intéresse, est moins souvent fille du génie que fille du bon sens.Les meilleures réalisations de l’ancien régime, en France, n ont en général, rien eu de bien génial, mis à part le parc de Versailles.Entourer un espace carré ou octogonal de maisons toutes semblables el de même hauteur, voilà ce qui suffit pour engendrer la place des Vosges, la place Vendôme, si 1 on y met, bien entendu, du goût et du talent.Mais ces deux qualités, c est à I architecte d en faire preuve ; au peuple comme aux rois il appartient seulement de ne pas les contrarier.Et il semble qu en France, I ensemble des avis de ceux qui s intéressent à I urbanisme peut former une opinion douée d un instinct satisfaisant à cet égard.En résumé et pratiquement, le problème se ramènerait à une question d éducation.Former des techniciens cl élite, c est-à-dire des architectes vraiment artistes et des ingénieurs vraiment raisonnables ; entretenir ou restaurer le respect des compétences ; faire comprendre aux masses que la patrie doit être défendue dans sa physionomie tout comme dans 1 intégrité de son territoire ; y faire pénétrer la notion de la nécessité des servitudes esthétiques et.en même temps, rappeler que se soumettre à ces servitudes est chose bien légère au prix des autres sacrifices que l’Etat chaque jour nous impose : c est là, semble-t-il, un programme sans 1 application duquel 1 urbanisme risque de rester une technique grossièrement utilitaire, en même temps qu un objet de pure spéculation, aliment des revues d art et des conversations de club, Jean GALLOTTI JEAN GALLOTTI Jean Gallotti a publié de nombreux articles avant la guerre, dans les périodiques parisiens, notamment sur les questions d esthétique générale, d urbanisme, d art décoratif.Ayant été le collaborateur du Maréchal Lyau-tey, durant le séjour de ce dernier au Maroc, notamment pour la conservation des monuments indigènes et la protection des sites, il a écrit un gros ouvrage en deux volumes sur le Jardin et la Maison Arabes au Maroc.Il prépare actuellement un ouvrage sur la Cité de Carcassonne.ISIous présenterons à nos lecteurs dans notre livraison d août, un autre article de monsieur Jean Gallotti sur la reconstruction des monuments historiques en Prance détruits au cours de la guerre.JUILLET 1946 — ARCHITECTURE 19 UNE CHAPELLE COMMEMORATIVE Esquisse-esquisse de Yves Belanger, architecte Nous avons, dans nos derniers numéros, présenté d’intéressantes esquisses, dues à des élèves de l’Ecole des Beaux-Arts de Montréal.On sait que les « Anciens )) sont toujours cordialement invités à participer à ces concours qui les font se retremper dans l’atmosphère de leurs années d’étudiants.— Lors de la dernière esquisse, monsieur Yves Bélanger, architecte de la métropole, diplômé de l’Ecole, offrit la solution intéressante que vous voyez ci-contre, au problème suivant : — UN SANCTUAIRE Une grande institution d’enseignement supérieur, en vue de réagir contre certaines tendances mesquines de notre temps, en particulier celle de ne s’attacher qu’aux considérations matériellement utilitaires et à la parcimonie érigée à la hauteur d’un dogme, — a résolu, avec l’appui enthousiaste des anciens élèves, d’élever un monument digne du sacrifice total consenti par un grand nombre de ces derniers au cours des deux dernières guerres.A telle fin, une chapelle sera construite attenante à l’institution et dédiée à la mémoire des morts pour la patrie.Le traitement architectural et décoratif du sanctuaire, de cette chapelle en particulier, se devra d’être de la plus grande noblesse et aussi riche que l’on jugera nécessaire à cette fin.Toutes les techniques peuvent y concourir, tous les matériaux de qualité peuvent être employés ; on pourra faire appel à tous les arts au besoin.En dimension, le sanctuaire s’inscrirait dans un rectangle de 30 pieds de largeur sur 20 pieds de profondeur.La hauteur ne dépasserait pas 50 pieds.On pourra prévoir de larges baies dans les murs latéraux.Un seul autel surélevé meublera ce sanctuaire.Toute liberté est laissée à l’architecte quant au reste.Le plan ci-deddué permet de comprendre /’agencement dobre et nobte de ta cbapettc commemorative edquiddee dand ta page ci-contre.20 ARCHITECTURE — JUILLET 1946 ^>8S5Î>^«MWJ -¦** FgUME 'itfr •«ST .r^tfO v— - ; .- - .: .-••• nM&hWK^^aaw -^wr-spattn >3ps#r?»*|«P as*æa
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