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Titre :
Le Canada-français /
Revue de l'Université Laval qui traite de philosophie, de théologie, de questions sociales, de linguistique, d'arts et de littérature.
Éditeur :
  • Québec :Université Laval,1888-1946
Contenu spécifique :
Cours publics donnés à l'Université Laval à Montréal (1887-88)
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
chaque mois
Notice détaillée :
Titre porté avant ou après :
    Prédécesseurs :
  • Parler français ,
  • Nouvelle-France
  • Successeurs :
  • Bulletin du parler français ,
  • Nouvelle-France ,
  • Revue de l'Université Laval
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Le Canada-français /, 1888-07, Collections de BAnQ.

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LES COURS PUBLICS DONNÉS PAR L’üNIVERSITÉ LAVAL A MONTRÉAL Année 1887-88 Nous ne songeons pas à donner ici de ces cours une analyse détaillée.Ce travail a été fait pour chaque leçon et chaque conférence par la presse quotidienne de Montréal, et nous craindrions de le répéter ici sans profit pour le lecteur et au risque de défigurer des études qui doivent leur principal mérite à l’originalité et au talent avec lesquels les différents sujets ont été développés.Quelques traits suffiront à donner une idée d’ensemble des travaux accomplis pendant cette première année par une faculté naissante J, qui ne semble pas vouloir rester en retard sur ses aînées.Quatre cours occupent la plus grande partie du programme : l’apologétique chrétienne, l’histoire universelle, celle de l’Eglise et l’archéologie.M.l’abbé Bruchési rappelle, au début de son cours d’apologétique, quelques principes, quelques notions fondamentales qui déterminent la mission de cette science, son champ d’action et de combat.Dieu a donné à l’homme deux lumières pour découvrir la vérité : la raison et la foi.Emanant l’une et l’autre du même foyer divin, elles sont bonnes et vraies et ne peuvent conduire à des conclusions opposées.Les contradictions qu’on se plaît à relever entre elles ne peuvent donc provenir que de malentendus, et disparaîtront devant une étude consciencieuse et approfondie.Dans cette étude, l’apologiste se gardera également de deux excès contraires : du rationalisme et du traditionalisme.M.le professeur analyse ces deux systèmes ; il en fait l’historique et les réfute comme erronés et condamnés par l’Eglise.Passa n ensuite à la principale objection des rationalistes contre la révélation, il prouve la possibilité, la convenance du mystère.La nature en est remplie : pourquoi Dieu n’aurait-il pas les siens ?Descartes n’a-t-il pas démontré que l’incompréhensibilité est contenue dans la raison formelle de l’infini?Après le mystère, fondement de la religion, M.l’abbé Bruchési aborde l’étude de 1.La faculté des Arts. COUES PUBLICS DE L’UNIVERSITÉ LAVAL A MONTREAL 481 la religion elle-même.Elle doit être une comme Dieu, comme l’humanité dont il est le principe et la fin uniques.L’indifférence en matière de religion est philosophiquement fausse.Après l’avoir démontré, M.le professeur réfute les objections tirées soit, de l’inconvénient de l’intolérance civile, soit de la multiplicité des cultes et des religions diverses dans le monde.Il distingue les différents degrés de tolérance et expose, relativement au second point, la doctrine de la transmission médiate de la religion, qui concilie l’unité nécessaire de la croyance avec les exigences de la miséricorde et de la bonté divines.Il énumère enfin les attributs ouïes notes de la vraie religion, positives et négatives, intrinsèques et extrinsèques, faisant observer que les premières occupent une plus large part dans l’apologétique moderne, qui réalise par là le mot de Châteaubriand : “ On a prouvé jusqu’ici que le christianisme est excellent parce qu’il vient de Dieu ; il faut prouver qu’il vient de Dieu parce qu’il est excellent.” M.le professeur termine par la thèse classique du miracle et de la prophétie, et â la question : “ Où est donc cette unique et véritable religion ?” il promet une réponse pour l’année prochaine.Le cours d’histoire universelle touche de près, à ses débuts, à l’apologétique.Comme le fait observer M.l’abbé Rousseau dans son introduction, l’histoire, depuis un siècle surtout, s’est trop souvent placée à un point de vue systématiquement hostile à la Révélation et à l’Eglise.L’historien catholique, en rétablissant les faits contestés ou dénaturés par la science et la critique irréligieuses, en renversant leurs systèmes et réfutant leurs conclusions, s’élève véritablement au rang d’apologiste, et l’étude de l’histoire rentre dans celle de la religion.M.l’abbé Rousseau applique ce principe au récit des premiers jours du monde et de l’humanité.Le Chaos, Fiat lux ! Homme et singe, sont les titres de trois études ou l’histoire et l’exégèse, la science et la poésie mêlent leurs lumières et leurs charmes.L’autorité historique de la Bible y est solidement établie, en même temps que son but religieux et moral strictement déterminé.Le parallèle du récit mosaïque avec les découvertes et les inductions de la science moderne, met en relief leurs nombreux points de contact, et s’il reste des obscurités et des lacunes, elles ne prouvent rien contre le livre sacré dont l’auteur n’a pas voulu faire un manuel scientifique.Ce récit, du reste, garde une supé- 4°.COURS PUBLICS DE L’UNIVERSITÉ LAVAL riorité indiscutable sur les cosmogonies anciennes où quelques lambeaux de tradition disparaissent sous un amas de fables puériles.Comme conception philosophique, le dogme de la création vaut bien les théories de la matière éternelle, de l’évolution pantheistique, du dualisme manichéen ; il vaut bien, pour expliquer l’origine de l’homme, le système de l’évolution darwinienne, que M.le professeur expose plaisamment tout en lui accordant l’honneur d’une réfutation sérieuse.C’est ici surtout que l’historien est intéressé au dogme.Le fait de la création, en subordonnant l’humanité à la volonté de son auteur, en ménageant a ses mouvements le concours d’une Providence sage et puissante, forme la base de la philosophie de l’histoire, en même temps qu’il livre à l’historien la véritable intelligence de l’homme, de sa nature, de sa noblesse, de ses destinées.Dans cette connaissance de l’homme, développée par les principes de la théologie et de la philosophie catholiques, l’historien possède tous les éléments d’une critiquejudicieuse et peut tirer de l’histoire les plus fructueuses leçons.Apres 1 histoire du monde, l’histoire de l’Eglise, presque aussi générale que la première — puisque tous les peuples, s’il n’appartiennent pas à l’Eglise, sont appelés à y entrer —et plus élevée par le caractère surnaturel des faits qu’elle relate, par son but qui est de manifester Dieu dans la plus grande de ses œuvres: le salut des hommes.M.l’abbé Emard s’attache à faire briller dans toute sa grandeur le rôle de l 'Eglise dans le monde dont elle est comme 1 âme, lui imprimant ses plus nobles mouvements.Pour vivifier, dramatiser son histoire, il personnifie l’Eglise et la montre dans ses attitudes successives, dans ses différentes périodes morales : naissant puis se développant sous le pontificat de saint Pierre, humiliée et souffrante pendant les persécutions, triomphant un instant avec Constantin, pour soutenir contre le paganisme, réveillé par Julien l’apostat, une nouvelle lutte dont elle sort victorieuse.Au milieu de ces grands tableaux qui maintiennent l’unité historique, les questions de détail sont traitées avec l’étendue qu’elles comportent : ainsi le fait de la venue de saint Pierre à Rome, le caractère distinctif des différentes périodes de la persécution, les traits saillants qui signalent la transition intéressante de l’état violent et anormal des trois premiers siècles à la liberté publique, à la souveraineté sociale A MONTRÉAL 483 de l’Eglise! La figure odieuse et curieuse à la fois de Julien l’apostat, est dessinée en des traits qui nous révèlent merveilleusement son caractère, ses instincts, nous oserions dire sa vocation de persécuteur et de restaurateur du paganisme.Sa fin misérable comme l’avortement de ses efforts est une des réalisations les plus éclatantes de la prophétie du Sauveur contre les ennemis de son Eglise : Nonprevalebunt, et le présage des victoires que l’avenir lui réserve en si grand nombre.L’histoire emprunte une part importante de ses documents aux monuments artistiques des différents peuples, qui gardent, gravés sur la pierre, des souvenirs que les livres et les parchemins n’ont pas recueillis, ou jettent de la lumière sur des textes obscurs.C’est ce que nous prouve M.l’abbé Desmazures dans ses leçons d’archéologie sur les monuments de l’Inde et de l’Egypte.Il reconstruit par la pensée, à l’aide des ruines considérables qui en restent, ces palais et ces temples de l’Inde qui ont abrité une des plus vieilles civilisations du monde.Il étudie les principales qualités de cet art merveilleux qui, né au pied de l’Himalaya, à l’ombre de ses grottes mystérieuses et de son étrange végétation, doit sans doute à son berceau tant de brillants caprices et de riches productions.On peut constater son influence très grande sur l’architecture des Arabes et retrouver ses traces jusque dans les œuvres des Grecs.L’Egypte, qui n’offre pas un moindre intérêt que l’Inde au point de vue archéologique, attire plus vivement la curiosité générale par les souvenirs sacrés ou classiques auxquels est mêlé son passé.La Bible et l’histoire à toutes les époques y déroulent leurs tableaux, et aujourd’hui il est piquant devoir la terre des Pharaons, envahie par le progrès moderne, conserver en partie son antique caractère.Ses vieux monuments, qui semblent impérissables, tendent à lui conserver cette physionomie et gardent le plus vivant sou.venir de son passé.M.l’abbé Desmazures énumère les principaux.Ce sont les pyramides de Giseh, les temples de Denderah, d’Abydos, de Thèbes, de Luxor, de Karnac.Pour s’expliquer leur nombre, leur masse, leur structure, il faut se rappeler l’esprit audacieux et persévérant du peuple qui les a élevés, la foule d’esclaves employée à ces travaux, les richesses géologiques que renferme la vallée du Nil.Un ciel lumineux et toujours serein a permis à la peinture d’y déployer tout son éclat, 484 COURS PUBLICS DE L’UNIVERSITÉ LAVAL aux arts plastiques d’y multiplier leurs productions.* M.le professeur en donne une excellente idée en exposant une série très variée de gravures et de planches coloriées empruntées au bel ouvrage de M.Prisse d’Avesne sur l’Egypte monumentale.A côté de ces cours réguliers, nous signalons deux leçons d’introduction aux cours de droit naturel et d’éconOmie politique.M.l’abbé Archambault, professeur de droit naturel, insiste sur la nécessité de donner une part légitime aux études spéculatives et philosophiques à une époque où elles sont généralement négligées au profit des études positives et expérimentales.Il fait valoir l’importance spéciale de la philosophie morale, cette “ science pratique qui dirige vers leur fin, qui est l'honnête, les actes libres de l’homme.” Viennent ensuite la définition du droit naturel, ses principales divisions ; les questions dominantes du droit public, les bases du droit international, sont indiquées, et toutes ces notions, fondamentales et précises, condensées en une seule leçon, donnent une idée très complète de cette science “commencée avec Socrate, se développant, quoique avec beaucoup d’erreurs et de confusion, dans les diverses écoles philosophiques de l’antiquité, et trouvant enfin sa certitude et sa perfection à la lumière infaillible de la révélation.” M.Georges Martin définit l’économie politique “la connaissance spéculative et la réalisation pratique des vrais rapports de l’homme avec les bien3 créés.” Vieille comme la société humaine, elle n’a été qu’une pratique aveugle jusqu’au siècle dernier où Quesnoy en a fait une science et un art.Mais Adam Smith et surtout J.-B.Say lui ont ouvert sa véritable voie en lui appliquant la méthode expérimentale, qui en fait une science d’observation.A ce titre, elle ne saurait être traitée, comme les sciences morales, par une argumentation fondée sur des abstractions, ni comme les sciences exactes, par l’application des mathématiques.Pour faire mieux ressortir les avantages de la méthode d’observation, M.Martin voulait, avant d’aborder les principaux problèmes de l’économie politique, en étudier l’évolution historique.Déjà, dans sa première leçon, il donnait un aperçu de l’économie sociale dans l’antiquité et de l’influence exercée sur elle par l’avènement du christianisme. t A MONTRÉAL 485 La mort est malheureusement venue interrompre ses travaux •et priver la faculté des Arts d’un brillant auxiliaire dont elle appréciait déjà toute la valeur.En dehors des cours promis par le programme, nous avons eu le plaisir d’entendre quelques conférences détachées.C’est ainsi que M.l’abbé de Foville, doyen de la faculté, a fait deux conférences fort intéressantes sur l’Astronomie considérée dans ses rapports avec la vie humaine.Nous nous contentons de cette mention, car la présente livraison du Canada-Français renferme, sur le même sujet, un travail encore plus complet du savant professeur.Dans le domaine strictement scientifique nous signalons une conférence de M.Obalski, ingénieur du gouvernement, sur les gaz naturels combustibles.Leur composition, leur origine, la nature des terrains qui les détiennent, leur utilisation et ses avantages ont été exposés avec la compétence qu’assuraient au conférencier des études spéciales et les observations qu’il a pu faire, dans l’Ohio et la Pennsylvanie, au siège de très vastes exploitations.M.Obalski exprime le vœu que la province de Québec, qui possède desj richesses géologiques analogues, en voie aussi un jour l’utilisation.G.B.32
de

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