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Titre :
Le Canada-français /
Revue de l'Université Laval qui traite de philosophie, de théologie, de questions sociales, de linguistique, d'arts et de littérature.
Éditeur :
  • Québec :Université Laval,1888-1946
Contenu spécifique :
L'exposition de 1889
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
chaque mois
Notice détaillée :
Titre porté avant ou après :
    Prédécesseurs :
  • Parler français ,
  • Nouvelle-France
  • Successeurs :
  • Bulletin du parler français ,
  • Nouvelle-France ,
  • Revue de l'Université Laval
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Le Canada-français /, 1889-10, Collections de BAnQ.

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L’EXPOSITION DE 1889 L’Exposition de 1889 est ouverte deçuis un mois, 1 et nous pouvons constater avec une patriotique satisfaction que son succès est aujourd’hui certain, éclatant.C’est la quatrième fois que la France convie le monde à célébrer dans ces grandes assises les progrès de l’industrie humaine.Et l’on peut se demander si les fêtes de cette nature seront encore de mode au XXe siècle.Beaucoup d’esprits sérieux et clairvoyants ne souhaitent pas qu’elles se renouvellent.Profitons de notre reste.Ne conviendrait-il pas, avant de s’engager dans de pareilles entreprises, de se demander ce que rapportent les dépenses de luxe en général, et en particulier ce que valent les réjouissances publiques ?On peut faire, il faut bien l’avouer, aux solennités de cette nature, une partie des reproches que M.Frédéric Passy 2 adresse si justement aux fêtes foraines.Elles vident les bourses, et ne rendent guère les hommes plus heureux ni meilleurs.Voici comment l’éminent académicien fait l’histoire des localités qui donnent des fêtes.“ Chacune, dit-il, en surexcitant chez elle la dépense et en y faisant appel à la dissipation, a cru attirer à elle une partie de la subsistance de ses voisines.Et chacune, si elle faisait le total des consommations inutiles, des dépenses inconsidérées, et des journées perdues dont elle a sa part, se trouverait avoir réalisé une diminution dans son bien-être, dans sa richesse et dans sa moralité.” Sans doute il serait absurde d’assimiler à une foire de banlieue une exposition internationale.Ce serait méconnaître les satisfactions d’un ordre élevé et le haut enseignement qui s’en dégagent, avantages très réels dont nous parlerons plus loin.Et puis tout l’argent qui sera dépensé ne sortira pas des poches des Français : une grande partie viendra de l’étranger.Mais ce n’est pas une raison pour se faire des illusions sur le profit que nous retirerons de la grande exhibition à laquelle nous convions 1.Cet article est arrivé dans les derniers jours de juin, trop tard pour paraître dans la livraison de juillet.2.Académie des sciences morales et politiques.Octobre 1883.— Société d’économie politique de Paris.Août 1888.; A A j l’exposition de 1889 505 le monde.“ Que de bons bourgeois, dit M.Claudio Jannet, 1 reviennent par le train de plaisir dans leur ville natale, avec la conscience chargée et la bourse vide ! Quel resserrement des dépenses productives dans maints ménages l’hiver prochain après la folle dépense de l’été ! ” — sans parler du renchérissement de la vie à Paris et de la liquidation de la période d’activité anormale qu’on aura provoquée.La preuve que les solennités de cette nature ne rapportent pas de gros bénéfices, c’est que les grandes nations commerciales semblent y renoncer.“ L’Angleterre, dit M.Paul Leroy Beaulieu 2, s’en est tenue à l’Exposition de 1862; plus d’un quart de siècle s’est écoulé depuis lors, et nos voisins, qui exploitent le monde entier, ne s’empressent pas de renouveler la cérémonie.Ils onl leurs expositions spéciales, comme celle des Colonies et de l’Inde.Ils les installent sans fracas, à peu de frais.Ils ne font pas appel à l’univers : pourquoi convier le monde entier à nous dérober soit nos procédés, soit nos secrets?Cette pensée généreuse ne séduit pas la vieille Angleterre si expérimentée.—Une autre nation qui se montre depuis un quart de siècle singulièrement avisée, active, entreprenante, l’Allemagne, n’a témoigné d’aucun penchant bien accentué pour ces colossales exhibitions.L’Autriche et les Etats-Unis ont eu, dans la dernière quinzaine d’années, leurs exhibitions internationales : ils en ont été satisfaits, si satisfaits que ces grandes cérémonies ont épuisé absolument le goût qu’ils avaient pour elles: ces deux grands pays sont maintenant rassasiés ; ils ne mettront plus le couvert chez eux pour l’ensemble du monde.— De petites contrées, comme la Belgique et la Hollande, pays de marchands, de commissionnaires, de transporteurs, ont pu installer dernièrement avec succès des expositions internationales: elles l’ont fait à Anvers et à Amsterdam avec une économie bourgeoise qui devrait bien nous servir de leçon.” Si cette réaction est définitive, les expositions internationales et universelles n’auront été en faveur que pendant un demi siècle à peine chez les nations qui ont su profiter le mieux des découvertes scientifiques et des immenses progrès techniques de notre époque.L’idée germa en France vers 1849.Elle fut recueillie par l’Angleterre, qui construisit pour l’Exposition de 1851 le Palais de Cristal à Londres.Paris inaugura en 1855 la série de 1.Correspondant.— 25 mai 1889.2.Economiste français.—30 avril 1887.) i i 506 l’exposition de 1889 ses grandes assises du travail.C’est alors que fut bâti le palais de 1 Industrie aux Champs-Elysées.Douze ans plus tard l’Exposition de 1867 obtint un magnifique succès, grâce à l’esprit puissant et à la fermeté de M.Le Play, qui fut son véritable organisateur.Il avait imaginé une combinaison fort ingénieuse, “une disposition à la fois rayonnante et concentrique, qui permettait soit d’apprécier l’ensemble des produits d’une nation, depuis les machines jusqu’aux beaux-arts, soit de poursuivre, à travers tous les pays du monde, la comparaison systématique des travaux d’une même industrie.Jamais l’ordre et la méthode, ces deux qualités essentiellement françaises, n’avaient brillé d’un plus vif éclat b ” En faisant admirer les produits réunis au Champ-de-Mars, l’auteur de la Réforme sociale n’oubliait pas les producteurs.Il avait fait instituer un nouvel ordre de récompenses en faveur des ateliers qui auraient su développer la bonne harmonie entre tous ceux qui coopèrent aux mêmes travaux, et assurer aux ouvriers le bien-être matériel, moral et intellectuel.L’Exposition de 1878, pour laquelle fut élevé le palais du Trocadéro, prouva du moins qu’au sortir d’une guerre désastreuse, malgré les incertitudes de la politique extérieure et les agitations de la politique intérieure, la France était plus forte, plus riche et plus maîtresse d’elle-même que ses ennemis n’auraient voulu le faire croire.Onze ans s’écoulent et Paris ouvre une nouvelle Exposition, qui surpasse les précédentes par ses proportions gigantesques, qui couvre l’esplanade des Invalides, le Champ-de-Mars et le Trocadéro.Je n’ai pas à étudier ici la combinaison financière qui a été adoptée pour faire face aux dépenses.L’Etat fournit 17 millions et la ville 7 millions, sans parler de crédits accessoires pour suppléments de traitements ou dépenses diverses.Une société privée, remplaçant une société de garantie antérieurement formée, a été autorisée 1 2 à émettre 1,200,000 bons de 25 fr.remboursables en 75 ans, et dont chacun sert de souche à 25 billets d’entrée à l’Exposition.Elle apporte 21 millions et demi, gardant 5 millions et demi pour le service des lots et de3 remboursements, 3 millions pour les frais de garantie et d’émission.Mais les évaluations primitives sont d’ordinaire dépassées dans les entreprises de cette nature ; et l’on ne connaîtra le total des dépenses que le jour où elles seront entièrement liquidées.1.De Lapparent.Correspondant.10 juin 1889.2.Loi du 4 avril 1889. l’exposition de 1889 507 On peut apercevoir dès maintenant les traits dominants, qui donnent à cette prodigieuse solennité son caractère particulier.Ce sont, d’une part, les immenses progrès techniques, qui éclatent à tous les yeux ; c’est, d’autre part, la place très large faite aux préoccupations intellectuelles, artistiques et sociales, qui sont la marque du génie français.* * sk La galerie des machines et la tour Eiffel sont des merveilles que mon incompétence technique ne me permet pas de louer comme il convient, mais qui révèlent à tousles regards la puissance extraordinaire dont dispose aujourd’hui l’industrie.On a comparé cette colonne de fer, qui se dresse ferme et légère sur les bords de la Seine, à une borne gigantesque marquant une étape décisive dans le chemin de l’humanité.On a dit que nous entrons dans une ère nouvelle, l’âge du fer.On a célébré par des dithyrambes et des métaphores de toute sorte le progrès du travail humain.Cela se comprend, et je partage cet enthousiasme.Il faudrait seulement qu’il fût assez intelligent pour ne pas se prêter à certaines apothéoses politiques qui reposent sur
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