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Titre :
Le Canada-français /
Revue de l'Université Laval qui traite de philosophie, de théologie, de questions sociales, de linguistique, d'arts et de littérature.
Éditeur :
  • Québec :Université Laval,1888-1946
Contenu spécifique :
L'école forestière de Nancy
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
chaque mois
Notice détaillée :
Titre porté avant ou après :
    Prédécesseurs :
  • Parler français ,
  • Nouvelle-France
  • Successeurs :
  • Bulletin du parler français ,
  • Nouvelle-France ,
  • Revue de l'Université Laval
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Le Canada-français /, 1921-04, Collections de BAnQ.

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L’ÉCOLE FORESTIÈRE DE NANCY L’enseignement supérieur forestier est donné en France par l’École de Nancy ; elle fournit une moitié du personnel liaut gradé de l’administration des forêts, l’autre moitié •se recrutant soit à l’École secondaire des Barres (Loiret), soit parmi les meilleurs agents préposés au service actif.Ainsi les plus modestes agents peuvent avoir la légitime espérance d’un avancement illimité comme récompense de mérites reconnus, et leur zèle en est stimulé, mais en même temps l’État est assuré de compter parmi ses administrateurs des hommes de science, capables de mettre en œuvre les plus récents progrès de la sylviculture et d’y contribuer eux-mêmes par leurs recherches et par leurs travaux.Un bref historique de l’organisation des services forestiers ne sera pas ici inutile.Sous l’ancien régime, depuis le milieu du XVIime siècle, les fonctions administratives des Eaux et Forêts étaient des offices vendus par le roi ; les charges devinrent héréditaires au siècle suivant.En 1669, l’admission des nouveaux titulaires fut subordonnée à une enquête du grand maître et à un examen particulier.On pourrait être tenté de croire que ce système ne donnait que des administrateurs incapables ou insouciants, comme dit La Fontaine.La généralisation de ce cas exceptionnel serait erronée ; il s’était formé des L’École forestière de Nancy 171 familles forestières, animées d’un esprit de corps qui donnait à leurs membres une haute idee de leurs fonctions et où se transmettaient en s’accroissant les traditions et 1 expérience des aînés.L’Ordonnance de France qui précise les règles générales de l’administration des forêts date de 1669 ; en Lorraine, c’est sous le règne de Stanislas que de telles règles furent établies, principalement apres la création des maîtrises en 1*47 ; l’Ordonnance est de 1765.On chercha à éviter les écueils auxquels celle de France s’était heurtée ; elle enregistre sur cette dernière des progrès marqués sur deux points essentiels, le nombre des réserves et les périodes pour la coupe du bois.La Révolution vint interrompre les traditions administratives et mettre en piteux état le domaine forestier.On trouve à ce sujet des renseignements intéressants dans un “ Mémoire sur l’administration des forêts ”, publié en l’an IX (1801) “ par le citoyen Fontayne ”, agent forestier à St-Mihiel, qui avait eu la collaboration d’un ancien procureur du roi, d’un garde-marteau et d’un administrateur des forêts, tous trois de cette même ville.“ Depuis longtemps, dit-il, on se récrie sur la rareté des bois de service, sur la cherté du bois de chauffage, dont effectivement le prix a eu une progression rapide et supérieure à celui des autres denrées.On se plaint du dépérissement des forêts, et de leur dégradation, qu’on attribue à une mauvaise administration.” Multiples étaient les causes de cette situation déplorable : trop peu payés, les gardes faisaient mal leur besogne ; les délits n’étaient plus réprimés ; la fusion avec la régie des domaines avait accru le désordre ; 1 administration elle-même commettait de véritables abus de pouvoir.En l’an II,c’est une coupe extraordinaire sans véritable profit pour les gens mais désastreuse pour les forêts, puis ce sont les ventes d’une partie des biens nationaux par les administrations départementales.Or, en sylviculture, les fautes se payent fort longtemps ; il faut parfois un siècle pour cicatriser les blessures faites aux forets. 172 Le Canada français Aussi les projets de réforme ne manquaient point.Et à ce propos l’excellent Fontayne, homme de sens, s’écrie : “ L’on voit tous les jours des gens qui, sans expérience, et guidés seulement par quelques lectures superficielles, veulent s’ériger en législateurs et en réformateurs dans une partie qui demande les yeux les plus exercés et les plus familiarisés avec l’administration, où des hommes intelligents ont avoué, après quarante ans d’expérience, combien ils étaient encore ignorants.C’est à cette manie que l’on doit tous les projets qui ont paru depuis une douzaine d’années, où ce que l’un propose comme utile est aussitôt détruit par un autre.” Cependant, tandis que l’administration de l’Empire remettait partout l’ordre et la méthode, le domaine forestier ne profita point de cette réorganisation générale.Pas d’avancement régulier pour les agents ; beaucoup de fonctions étaient confiées, comme supplément de retraite, à d’anciens militaires qui ne connaissaient pas le service et considéraient comme des vétilles les délits forestiers.C’est à la Royauté que l’on doit la restauration de ce service si important.Reprenant , en 1821, un projet de Van Recum, ancien fonctionnaire français du Palatinat, Baudrillart, employé de l’administration centrale des Eaux et Forêts, propose la création d’Écoles secondaires pour former des gardes et d’une École supérieure pour instruire les futurs chefs de service.Par deux ordonnances datées de 1824, l’École supérieure forestière fut fondée et établie à Nancy.Depuis lors cette institution se développa avec des vicissitudes diverses selon la faveur ou l’habilité qu’elle rencontrait auprès des pouvoirs publics.Lorsqu’une École d’enseignement supérieur est une pépinière de fonctionnaires haut gradés d’une administration, tantôt d’imprudents amis lui assurent le monopole des services au détriment des agents des postes inférieurs et du véritable intérêt de l’État, tantôt elle est en butte aux attaques des courtisans de la foule qui prétendent qu’un tel recrutement (quoiqu’il ait son origine dans un concours) n’est pas “ démocratique ” et qui reprochent aux anciens L’École forestière de Nancy 173 élèves d’être des “ savants ” et non des “ hommes pratiques”, critique qui, dans le cas de l’École forestière, n’est pas fondée, ainsi que nous le verrons ci-dessous.L’histoire de l’École forestière est intimement liée à celle de l’administration générale des Forêts.Elle est contée avec agrément dans l’ouvrage VEnseignement forestier en France, l'Ecole de Nancy, par Ch.Guyot, ouvrage qui m’a fourni des renseignements précieux.Nous ne nous y arrêterons point et nous nous attacherons à exposer, dans ses grandes lignes, les caractères de l’enseignement qui y est donné.Depuis l’année 1888,1e recrutement de l'École se fait parmi les élèves sortants de l’Institut agronomique, situé à Paris, où ces jeunes gens ont suivi deux années d’études qui ont comme sanction la délivrance d’un diplôme d’ingénieur-agronome.Ainsi l’École forestière est devenue une École d’application de l’Institut agronomique, et, par suite, les cours dits théoriques ont disparu de son enseignement qui a, lui aussi, une durée de deux ans.Selon les matières les cours comportent cent cinquante ou cent leçons d’une heure et demie.Ils ont pour objet : 1° Les sciences forestières proprement dites : sylviculture; économie forestière ; technologie forestière ; dendrométrie ; estimation ; modes de vente ; culture pastorale.2° Les sciences naturelles appliquées aux forêts : application de la botanique, de la minéralogie et de la géologie, de la zoologie.3° Les mathématiques appliquées : topographie fores- tière ; construction forestière ; hydraulique.4° La législation forestière.5° La langue allemande (soixante leçons d’une heure) : exercices de traductions de journaux et de livres traitant des sciences forestières.6° L’Art militaire (les élèves sont officiers à leur sortie de l’École).Pour la formation pratique des élèves, l’École dispose de divers organismes.Les collections ne cessent de s enrichir 174 Le Canada français d’une masse d’objets qui ont figuré dans les expositions et qui lui sont offerts par l’État, ainsi que de dons provenant d’autres gouvernements,de sociétés et de simples particuliers.Son jardin, attenant aux bâtiments, contient un grand nombre d’essences exotiques.Un champ d’études et d’expériences, d’une superficie de cinq hectares et demie,est situé à Bellefontaine, dans le voisinage immédiat de Nancy ; il s’y trouve une pépinière de plus d’un hectare, et le reste, abstraction faite des constructions, forme un arboretum.Une station de recherches et d’expériences, dépendant de l’École, a la gestion d’une partie des forêts domaniales voisines,et notamment de la forêt d’Haye, aux abords de la ville.Ainsi les élèves sont initiés directement à la mise en valeur et à l’exploitation des forêts qu’il auront à diriger par la suite.Chaque année, des voyages de longue durée dans les Vosges proches, dans les Alpes, dans les Pyrénées, ailleurs encore, leur font connaître,dans des terrains et sous des climats différents, des massifs forestiers d’essences variées, et les expériences, de reboisement par exemple, ou les opérations nouvelles qui sont poursuivies ici ou là.Loin d’être limitée à une région particulière, d’être rétrécie à l’horizon vosgien, leur éducation forestière est conçue suivant les idées françaises, d’une manière aussi compréhensive que possible.Un stage, à la sortie de l’École,achèvera de les familiariser avec les mille détails du service.Mais les programmes et l’outillage ne sont pas tout dans un enseignement.Il vaut principalement par l’esprit qui le vivifie.Le recrutement du personnel enseignant se fait presque exclusivement dans les rangs des agents forestiers, qui, par conséquent, joignent au goût du professorat,la parfaite connaisance et l’amour de leur profession, et impriment à leurs leçons exactement le caractère qui convient à la formation de futurs administrateurs.Buffon et Duhamel avaient été les créateurs de la science forestière moderne.Après la période tourmentée de la Révolution, c’est en Allemagne qu’il fallut chercher des L’École forestière de Nancy 175 modèles, si bien que pendant les premières années de son existence on reprocha à l’École forestière de s’inspirer des méthodes allemandes.Ces temps sont révolus.Prompte à s’initier aux progrès d’où qu’ils viennent,elle sait les susciter elle-même ; des idées neuves et fécondes ont vivifié en France la sylviculture à laquelle les Nanquette, Bagnéris, Broilliard, Boppe, Jolyet, Huffel, pour citer quelques noms, ont apporté le fruit de remarquables travaux.L’École forestière, comme les autres grandes Écoles françaises, est heureuse d’accueillir des élèves étrangers ; ils ne sont d’ailleurs pas tenus d’en suivre les cours.On a pu remarquer par exemple que, jalouse d’assurer elle-même entièrement ses services, l’administration fait enseigner aux futurs agents la construction et l’hydraulique qui sont du ressort du génie civil ; de là, à l’École, un enseignement mathématique qui ne fait évidemment point partie essentielle de l’instruction d’un futur forestier.La liberté la plus complète est donc laissée à nos hôtes de choisir parmi les cours ceux qu’ils estiment devoir leur être le plus profitables.Ajoutons que l’Université de Nancy, l’une des plus florissantes de France, leur offre, sur les sujets les plus divers, un ensemble d’enseignements où il leur est loisible de puiser à leur gré.La province de Québec possède aussi depuis quelques années une École forestière dont le rôle,dans une contrée si riche en bois,sera fort important.Le passage de quelques élèves de l’une à l’autre École en vue d’études complémentaires, les missions de professeurs d’un pays dans l’autre, bref des rapports fraternels fréquents entre les deux institutions auraient certainement d’heureuses conséquences.Souhaitons donc qu’ils s’établissent le plus tôt possible.L.Leatj, professeur à V Université de Nancy.
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