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Titre :
Le Canada-français /
Revue de l'Université Laval qui traite de philosophie, de théologie, de questions sociales, de linguistique, d'arts et de littérature.
Éditeur :
  • Québec :Université Laval,1888-1946
Contenu spécifique :
Tradition et évolution dans l'enseignement classique
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
chaque mois
Notice détaillée :
Titre porté avant ou après :
    Prédécesseurs :
  • Parler français ,
  • Nouvelle-France
  • Successeurs :
  • Bulletin du parler français ,
  • Nouvelle-France ,
  • Revue de l'Université Laval
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Le Canada-français /, 1924-02, Collections de BAnQ.

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Vol.XI, No 5.Québec, février 1924.LE CANADA FRANÇAIS O Publication de l’Université Laval TRADITION ET ÉVOLUTION DANS L’ENSEIGNEMENT CLASSIQUE C’est le titre d'une brochure que publiait vers la fin de la dernière année scolaire, le Révérend Père Georges Simard, professeur à l’Université d’Ottawa.Cette brochure, à cause de 1 importance des questions qu’elle soulève, méritait plus qu’un compte rendu bibliographique ; qu’on nous permette aujourd’hui, et si tard, d’en causer avec nos lecteurs.Le très distingué Père Simard a voulu, par cette courte et substantielle étude, où les pensées et les faits se groupent autour du programme de l’Université d’Ottawa, célébrer à sa manière, qui est excellente, le soixante-quinzième anniversaire de fondation de la maison où il enseigne.C’est un filial hommage en même temps qu’un tribut de reconnaissance à une institution qui compte parmi les plus méritantes de ce pays.Ce fut le 26 septembre 1848 que s’ouvrirent les cours du collège modeste d’où devait sortir l’Université d’Ottawa.Quels débuts pénibles dans cette petite ville de Bytown où 402 Le Canada français un évêque zélé et clairvoyant, Monseigneur Guigues, voulut déjà assurer à ceux de sa race qui vivaient dans le Canada central, un foyer de solide enseignement classique! Mgr Guigues appartenait à cette Congrégation des Oblats qui sut toujours fonder, prévoir, et qui, par delà l’Outaouais, mesura son action apostolique à la largeur même des intérêts de notre race, et sur l’immensité des horizons où s’avançait son héroïque labeur.Dans le jardin de son évêché, le prélat avait fait construire une maison de bois, à trois étages, qui fut le premier collège classique de sa ville épiscopale.L’œuvre devait se développer bientôt et rapidement.Transportée en 1853 dans une maison en pierre que Mgr Guigues avait fait ériger à l’angle des rues Sussex et de l’Église (aujourd’hui rue Guigues), elle s’en alla, dès 1856, occuper de plus vastes bâtiments sur la Côte de Sable.Le Collège fut à ce moment régulièrement confié à la Congrégation des Oblats, qui y travaillait depuis la première heure, et c’est le Père Tabaret, qui, de ce moment jusqu’à sa mort arrivée en 1883, fut vraiment l’âme dirigeante de l’institution.On sait comment s’est élargi et développé le “ Collège sur la Colline ”, comment il poussa de tous côtés des ailes où vinrent s’abriter des écoliers de plus en plus nombreux.En 1866, le Collège devenait Université ; et en 1889, l’Université d’Ottawa recevait sa bulle d’érection canonique.Incendié en 1903, l’Université put renaître de ses cendres avec une splendeur nouvelle ; elle travaille encore aujourd liui à compléter les constructions qui en feront 1 un des plus magnifiques établissements de ce genre au Canada.Mais ce qui importe surtout de retenir dans cette histoire de l’Université d’Ottawa, c’est le rôle important, primordial, qu’elle entend jouer aux lieux providentiels où elle fut établie.Depuis les jours modestes de 1848, Bytown est devenue Ottawa, et Ottawa est devenue la capitale du Canada.Et la capitale a vu accourir autour de son Parlement, de ses minis- Tradition et Évolution 403 tères, de ses administrations publiques de toutes sortes, des citoyens de toutes races, des éléments multiples au milieu desquels doit vivre, se développer, grandir et survivre la population canadienne-française.Pour répondre aux exigences d’une situation complexe, l’Université a institué un double cours, français et anglais.Grâce à ce dualisme, elle peut ouvrir ses portes aux jeunes gens de langue française et de langue anglaise de la capitale et de la région outaouaise.Elle assure à ces deux jeunesses une solide formation classique et religieuse.Mais nous sommes persuadé qu’une œuvre reste chère entre toutes, à l’Université, c’est celle de la première heure, l’œuvre de conservation et d’illustration de la langue française dans notre capitale.L’Université d’Ottawa veut être une forteresse dehaute éducation dont l’influence catholique rayonne sur tous les milieux où elle travaille ; elle reste quand même un bastion de défense où la race canadienne-française doit trouver armes et munitions pour les luttes nécessaires.Elle assure à tous les jeunes gens catholiques qui vont lui demander une culture classique, cette supériorité victorieuse qui est celle du cerveau ; elle assure aussi à nos jeunes compatriotes du Canada central ce culte de leur langue, ce goût du travail intellectuel, cet attachement à leur traditions de race, sans quoi les jeunes sont inaptes à continuer l’œuvre de survivance à laquelle se sont sacrifiés les anciens.Mais parce que l’Université d’Ottawa est placée au centre de populations mixtes, travaille sur des éléments divers, et doit soutenir des concurrences difficiles, elle a pensé, pour résoudre tant de problèmes d’influences et d’actions qui se posent, établir chez elle une vie scolaire très spéciale, et construire, sur un plan nouveau, approprié à ce qu’elle croit être des nécessites locales, son programme d’enseignement classique. 404 Le Canada français Ce système ou ce programme d’études classiques, le Révérend Père Simard nous l’expose, d’ailleurs, non pas seulement comme une adaption à des circonstances spéciales de temps et de lieux, mais comme l’aboutissement nécessaire d’une évolution qui doit aujourd’hui modifier tous les programmes classiques.Très dévoué à sa maison et à son œuvre, il estime que cette maison et cette œuvre répondent aussi exactement que possible, en nos temps nouveaux, à des besoins nouveaux.Pour justifier les positions pédagogiques prises par l’Université d’Ottawa, l’auteur de la brochure Tradition et Evolutions dans l’enseignement classique fait précéder l’exposé de son moderne programme, de l’histoire abrégé des programmes anciens.Ce court sommaire a pour but de faire voir comment les programmes classiques ont tour à tour subi l’influence des temps et des milieux, et se sont, dans certaine mesure, successivement adaptés aux nécessités de la vie intellectuelle et scientifique contemporaine.Certes, il n’y a là rien que de très naturel.L’enseignement classique a des lois fondamentales qu’il serait périlleux d’ignorer ; mais d’autre part, au cours des siècles, il a fait entrer dans ses programmes, à dose prudente, telle ou telle discipline que réclamaient des préoccupations nouvelles, quand ces disciplines n’infirmaient pas, soit par elles-mêmes, soit par la place qu’on leur assignait, la valeur essentielle des études classiques.C’est ainsi, pour ne pas remonter trop loin, qu’en 1832, le second Rat io studiorum des Jésuites, tient compte des progrès immenses qu’a faits la science, surtout depuis le dix-huitième siècle, élargit ses cadres premiers, et accorde plus de place dans ses programmes aux sciences physiques et mathématiques.Le Père Simard cite, du second Ratio, ces judicieuses observations :(') La nécessité des temps exige qu’on donne plus d’importance qu’autrefcis aux sciences physiques et mathématiques.Jamais, d’ailleurs, la Compagnie n'a regardé ces études comme étrangères à son Institut, et nous n’avons pas le droit de négliger des matières Tradition et Évolution 405 qui sont fort estimées de notre temps et sans lesquelles nos écoles ne sauraient soutenir leur honneur ni répondre à l’attente générale.Que si l’on a beaucoup abusé de ces sciences contre notre sainte religion, c’est un motif, non pour les abandonner, mais bien au contraire pour que les nôtres s’y adonnent avec d’autant plus d’ardeur, afin d’arracher leurs armes aux ennemis et d’employer à la défense de la vérité les moyens dont ils abusent pour la combattre.LePère Tabaret, l’âme dirigeante de l’Université d’Ottawa, se souvenait sans doute de ces lignes du Ratio, quand cinquante ans plus tard, en 1883, il faisait écrire dans les Missions de la Congrégation des Oblats : “ Aujourd’hui que l’on attaque la religion au nom d’une science fausse et orgueilleuse, que l’estime est à l’or et au succès.il nous semble nécessaire d’élargir un peu l’horizon des études classiques.” Cet élargissement d’horizon a consisté, dans l’Université d’Ottawa, à faire beaucoup plus grande et beaucoup plus hâtive la place des sciences dans les programmes.Pratiquement on y enseigne simultanément les lettres et les sciences : les lettres occupant cependant, avant la Philosophie, le premier plan et prenant pour elles les heures les plus nombreuses.Chaque classe du cours de lettres comporte l’enseignement des mathématiques ;(') en première année, correspondant à notre Sixième : revision de l’arithmétique, et de la mesure des surfaces et des volumes, étudiées au Cours préparatoire qui est de trois ans ; en deuxième année ou Cinquième^) éléments d’algèbre ; en Quatrième, éléments de géométrie; en Troisième, revision et extension du programme déjà vu de l’algèbre et de la géométrie ; en Seconde, algèbre et géométrie complétées ; en Rhétorique, trigonométrie.(1) Voir pour tous ces renseignements VAnnuaire de l'Université d'Ottawa, 1922-1923.(2) A l’Université d’Ottawa, les classes, à partir de la Cinquième en montant, prennent le nom de Forme, de sorte que la classe de Rhétorique est la cinquième Forme, et la deuxième année de Philosophie est la septième Forme. 406 Le Canada français En première année de Philosophie, on étudie, à deux heures par semaine, la géométrie analytique et le calcul intégral.Quant aux sciences d’observation et aux sciences biologiques, elles sont distribuées le long du cours dans l’ordre suivant : en Cinquième, la botanique ; en Quatrième, la zoologie ; en Troisième, la chimie théorique et pratique ; en Seconde, la minéralogie ; en Rhétorique, la géologie ; en première année de Philosophie, la physique ; en deuxième année, la physique et l’astronomie.Telle est, dans ses grandes lignes, la distribution des études scientifiques au Collège ou Université d’Ottawa.Il convient d’ajouter, pour préciser davantage la nature de ce programme, que l’étude du latin y est commencée dès la Sixième ou Elements, et l’étude du Grec, en Quatrième.D’autre part, on y reporte aux deux années de Philosophie l’étude de la littérature française au dix-neuvième siècle, et l’étude de la littérature canadienne.Le cours classique est précédé d’un cours préparatoire qui est de trois ans.Ce cours préparatoire prépare à la fois au cours classique qui est de huit ans, et au cours commer-ciel qui est de deux ans.Voilà donc le plan d’études classiques qui serait le terme convenable d’une évolution nécessaire ; évolution qui serait exigée par l’importance qu’ont prise aujourd’hui les études scientifiques, exigée aussi sans doute par le lieu spécial et composite où s’érige l’Université d’Ottawa.Et cette évolution tiendrait suffisamment compte de la tradition classique qui a formé les siècles passés, et qui a donné à notre race cette culture latine qui lui fait dans le monde une incontestable supériorité.C’est sans doute pour faire voir cjue la différence n’est pas si grande entre ce programme d’Ottawa et.d’autres, que le Père Simard a joint à sa brochure un tableau ou apparais- Tradition et Évolution 407 sent en regard les horaires comparés des programmes classiques de France, d’Ottawa et de Québec.Ceux qui ne sont pas au courant des programmes étrangers, et qui n’ont connu que le programme de nos maisons canadiennes, seront peut-être étonnés du rapprochement sensible qu’il y a, entre le programme d’Ottawa et celui de France, surtout pour l’horaire des sciences, qui est d’ailleurs plus considérable en France au cours de lettres, qu’à Ottawa: 534 hres en France, par semaine, et 4^ hres à Ottawa.Il faut se rappeler qu’en France, il n’y a qu’une année de Philosophie-Sciences après la Rhétorique.Il faut donc que l’on y distribue le long du cours de lettres un bon nonbre des sciences qui sont ici étudiées après la Rhétorique.Nous avons sous les yeux le programme du Collège Stanislas,— celui d’avant la réforme de 1923 — dirigé par des ecclésiastiques, et qui jouit de la plus haute réputation ; il passe à bon droit pour être l’une des plus fortes maisons de culture classique en Europe.Les sciences y sont distribuées comme suit au cours de lettres, dans la section classique : En Huitième et Septième : histoire naturelle : botanique et zoologie sous forme de leçons de choses ; en Sixième, éléments de zoologie ; en Cinquième, éléments de botanique ; en Quatrième : éléments de géologie.Pas de science autres que les mathématiques dans les classes supérieures du cours de lettres.La physique et la chimie sont étudiées pendant l’année de Philosophie.Quant aux mathématiques, elles sont enseignées tout le long du cours de lettres, et réparties dans l’ordre suivant : En Sixième, révision des quatre opérations de l’arithmétique, les fractions, et notions sur la sphère ; en Cinquième : revision du système métrique, et le reste de l’arithmétique ; en Quatrième : éléments de géométrie plane ; en Troisième : arithmétique ; premières notions de calcul algébrique ; la géométrie plane ; en Seconde : étude des monômes et polynômes; équations du 1er degré ; la mesure des aires ; en Rhé- 408 Le Canada français torique : la géométrie dans l’espace, les équations du 2e degré.(J) Si, d’autre part, l’on consulte le programme du Collège Saint-Michel, à Fribourg, l’une des meilleures institutions d’enseignement secondaire qu’il y ait en Suisse, on y constate un peu moins de sciences au cours de lettres : ce cours de lettres y est, d’ailleurs, suivi de deux années de Philosophie-Sciences.On n’y insère donc au cours de lettres que la botanique en Seconde et la zoologie en Rhétorique.— Quant aux mathématiques, elles figurent à toutes les classes, avec un programme qui se rapproche beaucoup de celui de Stanislas, et qui est presque l’équivalent de celui qui est fixé pour notre examen du baccalauréat après nos deux années de sciences.Voici ce programme : En Sixième : arithmétique jusqu’aux règles de Trois ;en Cinquième : éléments d’algèbre ; en Quatrième : arithmétique et algèbre ; en Troisième : algèbre et géométrie plane ; en Seconde : Algèbre et géométrie ; trigonométrie rectiligne ; en Rhétorique : Géométrie dans l’espace ; usage des anaglyphes géométriques ; algèbre : étude élémentaire de la variation des fonctions ; trigonométrie : applications.Il résulte de ce programme de mathématiques étudié au cours de lettres, que pendant les deux années de Philosophie-Sciences, on ne consacre plus, à Fribourg, que deux heures par semaine aux mathématiques.Par contre, dans cette maison, comme dans toutes les maisons de culture générale en Europe, on poursuit, dans les classes de Philosophie-Sciences, et dans une mesure qui ne peut nuire ni à la philosophie ni aux sciences, l’étude de certaines questions d’histoire et de littérature qui conviennent mieux à des élèves dont l’esprit a été discipliné par l’étude de la philosophie.Enfin, je rappelle ici ce que tous savent assurément, c’est que le Ratio studiorum des Jésuites comporte pour toutes les (1) Remarquons ici que le programme officiel de l'État, celui de la réfor-mede lh23, comporte, bien à tort selon nous, en Seconde et en Rhétorique l’étude de la physique et de la chimie. Tradition et Évolution 409 classes de lettres l’enseignement des mathématiques, de telle sorte que les élèves y étudient, avec révision générale en Rhétorique, l’arithmétique, l’algèbre et la géométrie.C’est de ce programme du Ratio que se rapproche celui du Séminaire de Québec qui figure au tableau du R.Père Simard.A Québec, l’on enseigne les mathématiques dans toutes les classes jusqu’en Rhétorique exclusivement, et l’on y fait voir l’arithmétique et l’algèbre.Nous avons déjà dit(l) que 1 absence de toute sanction de cet enseignement à l’examen du baccalauréat de Rhétorique, lui ôte, au regard des élèves, une large part de son intérêt, et par voie de conséquence, en pratique, une large part de son efficacité.Nous ne voulons pas ici juger le plan d’étude qu’expose dans sa brochure le R.P.Simard, ni non plus, évidemment, juger l’enseignement classique de l’Université d’Ottawa.D ailleurs, bien des éléments d’appréciation nous manquent.Il faudrait, pour juger honnêtement, faire une enquête des résultats, qui ne nous est pas possible.Qu’on nous permette d’observer, cependant, que si, en France, on place au cours des lettres autant de sciences qu’à Ottawa, c’est beaucoup peut-être parce que là-bas, il n’y a plus après la Rhétorique ou Première, qu’une année de Philosophie-Sciences.Ottawa, qui a deux années de Philosophie-Sciences, n’a donc pas cette raison décisive pour insérer autant de sciences à son programme de lettres.Fribourg, qui a deux années de Philosophie-Sciences, ne fait voir au cours de lettres que la botanique et la zoologie : deux sciences d’observation plutôt faciles et très accessibles à l’esprit des enfants de 15 ou 16 ans, qui les exercent à l’attention,et qui peuvent fournir, d’ailleurs, aux humanistes des notions de choses et un vocabulaire qui enrichiront leurs compositions littéraires.(1) Voir le Canada Français, nov 1923, article : Notre enseignement classique. 410 Le Canada français Quant aux mathématiques, elles sont dans tous les programmes de cours de lettres ; en France, en Suisse, à Ottawa ; elle sont inscrites au Ratio studiorum des Jésuites, et à l’horaire du Séminaire de Québec.Et je pense bien qu’il n’y a que les programmes du baccalauréat de l’Université Laval et de l’Université de Montréal qui n’en tiennent aucun compte en Rhétorique, et que, par tout l’univers académique, il faut venir dans la province de Québec pour trouver des maisons d’études classiques où l’enseignement des mathématiques soit aussi négligé ou si pitoyable au cours de lettres.Oserons-nous affirmer que notre classe instruite a une culture classique tellement brillante que nous avons raison contre tout le monde ?La raison de la nécessité de cet enseignement des mathématiques dès le cours de lettres est fort simple : c’est qu’il n’y a pas de culture générale, même primaire, entre dix et quinze ans, sans étude des mathématiques, et que les mathématiques élémentaires sont aussi nécessaires à un enfant de 15 et 18 ans que la géographie et l’histoire.Les mathématiques sont, à tout âge, une science de première nécessité ; et de plus elles sont un moyen puissant d’assouplissement intellectuel.Ce sont là des principes permiers en pédagogie : et c’est ce qui explique que partout on inscrit les mathématiques à côté du latin, du grec, de l’histoire et de la géographie.Qu’on me permette seulement de citer ici La Pratique du Ratio Studiorum.Le premier paragraphe de l’article XIV, sur les mathématiques, se lit comme suit :(*) L’importance de l’étude des mathématiques est telle que si on les néglige dans les classes de grammaire, il devient impossible plus tard de combler les lacunes.De là, les échecs aux examens, l’impossibilité d’arriver aux Écoles.Cette étude, du reste, sert beaucoup à développer le jugement, la réflexion, et à donner de la rectitude a l'esprit, comme le dit Quintilien.(1) Le Pratique du Ratio Studiorum, par le Père F.-X.Passard, p.65. Tradition et Évolution 411 Ne sait-on pas, d’ailleurs, que déjà, chez les Athéniens, au temps de Platon, le maître du jardin d’Académus inscrivait à la porte de son école de philosophie : Que nul n’entre ici, s’il ne sait la géométrie.Combien de nos bacheliers de Rhétorique qui n’auraient pu être admis dans le jardin sacré, s’asseoir aux pieds du maître, et entendre sa leçon divine ! Nous avons ici même, au mois de novembre dernier, rappelé cette aptitude des mathématiques à former, à assouplir, à régler l’esprit de nos jeunes élèves.Le directeur d’une importante maison de culture classique voulut bien nous exprimer, au sujet de notre article, son sentiment.Il nous assura avoir constaté que dans la maison qu’il dirige, les élèves du cours de lettres, qui depuis quelques années ne font plus de mathématiques — parce qu’il n’y en a pas au programme de Laval — sont manifestement inférieurs au point de vue de leur développement intellectuel, au point de vue de la vigueur et de la précision de leur jugement, à ceux qui les ont précédés et qui avaient reçu la forte discipline des mathématiques.La suppression des mathématiques au cours de lettres a été dans cette maison une cause d’affaiblissement de la culture générale.Les Jésuites, avertis par une longue expérience de l’enseignement classique, ont donc mis au programme du cours de lettres le minimum indispensable d’enseignement scientifique : les mathématiques, comprenant l’arithmétique, l’algèbre et la géométrie.Et nous avouons préférer ce minimum au maximum que l’on voit inscrit dans les programmes de l’Université d’Ottawa.Il nous semble que trop de sciences insérées au programme des lettres doivent enlever à celles-ci des heures précieuses.Et si l’étude des sciences biologiques comme la botanique et la zoologie peut donner à l’étudiant en lettres des habitudes d’observation et de précision et un vocabulaire qui lui seront utiles pour ses travaux littéraires, nous ne voyons pas bien comment la chimie peut opportunément se mêler aux 412 Le Canada français humanités.A moins que l’on nous démontre la nécessité de la simultaniété complète des études littéraires et scientifiques.Mais cette démonstration ne nous semble pas faite, pas même dans la brochure du R.P.Simard.Mais l’auteur de Tradition et Evolution déclare que notre enseignement scientifique, dans les collèges de la province de Québec, n’est pas suffisant.Il cite^1) pour appuyer son affirmation, M.l’abbé Alexandre Vachon, professeur à l’Université Laval, MM.Edouard Montpetit et Georges Baril, de l’Université de Montréal.Certes, pour des motifs qui ne sont peut-être pas les mêmes que ceux du Révérend Père Simard, nous estimons nous aussi que l’auteur de Tradition et Evolution a raison.Notre enseignement scientifique est insuffisant et trop négligé dans les collèges classiques de la province de Québec.Et nous avons déjà dit pourquoi(2) ; et comment il est trop négligé à cause de l’insuffisance des programmes et à cause du manque de préparation des professeurs.Nous avons surtout signalé l’absence des mathématiques au baccalauréat de Rhétorique comme la cause principale de nos faiblesses scientifiques.Cette lacune regrettable empêche toute amélioration des programmes scientifiques pour les années qui suivent la Rhétorique.Nous sommes encore persuadé que si on n’avait pas au sortir de la Rhétorique, à commencèr l’arithmétique par l’A.B.C., si on ne faisait pas perdre à de grands élèves de vingt ans un temps précieux à apprendre des notions élémentaires de mathématiques qu’on enseigne partout ailleurs aux garçons de douze à quinze ans ; si, en d’autres termes, fl) P.17.(2) Le Canada Français, nov.1923, article déjà indiqué : Notre enseignement classique. Tradition et Évolution 413 nos programmes étaient plus rationellement pédagogiques, ou moins soumis à de prétendues exigences locales, nous pourrions, après la Rhétorique, ne consacrer plus que deux heures par semaine à l’enseignement des mathématiques, et il nous resterait du temps pour faire bien d’autres choses.Au reste, abstraction faite de toutes questions de modifications urgentes à apporter dans nos programmes scientifiques^), abstraction faite même de cette question du P.C.N dont nous avons ici parlé en novembre, l’enseignement des mathématiques devrait être distribué chez nous, comme en tout pays civilisé, le long du cours de lettres.La culture par les mathématiques ne peut être l’effet du bourrage de crânes auquel on se livre dans nos maisons, à deux heures par jour, en première année de Philosophie : bourrage nécessité par l’obligation de commencer cette étude par les notions enfantines des premières pages de l’arithmétique, et de couvrir en une année une matière trop étendue.Une culture mathématique véritable ne peut être l’effet d’un entassement de leçons indigestes ; elle résulte plutôt d’un enseignement méthodique, progressif et continu, distribué le long du cours d’études.L’expérience l’a prouvé depuis longtemps en d’autres pays.• On n’absorbe pas les mathématiques comme on absorbe un chant de Boileau, des scènes de Racine, un chapitre de géographie, ou même une thèse de philosophie.Il y faut du temps pour l’assimilation, l’entrainement, le dressage de l’esprit, la formation.Et tous les experts en mathématiques l’affirment comme une évidence ; et la pratique séculaire en tous lieux, sauf dans les collèges classiques de la province de Québec, atteste avec une irrésistible autorité le même rudimentaire principe pédagogique.Comme le dit excellemment quelque part, le Révérend Père Simard r ' Aucune faculté ne se développe normalement sous un (1) Voir Canada Français, nov.1923, notre article sur Notre enseignement classique. 414 Le Canada français poids qui l’écrase : il lui faut de l’aisance dans l’action, du temps pour l’assimilation de son objet et l’acquisition de ses habitudes, le mouvement libre, enfin, convenable à la vie qui s’éveille et qui progresse.’(*) Il y a déjà plusieurs années que l’Université Laval souhaite inscrire les mathématiques au baccalauréat de Rhétorique.Au Congrès de 1906, le Séminaire de Québec, qui exprimait la pensée de l’Université, proposait lui-même cette opportune réforme ; il suggérait alors d’inscrire l’arithmétique et l’algèbre au premier examen du baccalauréat, it e.en Rhétorique.L’objection principale qui fit alors échouer ce projet, est la même qui fut apportée par quelques opposants au congrès de 1923, quand une semblable proposition fut soumise, en juin dernier, à l’assemblée des congressistes : les collèges qui ont double cours, à savoir un cours commercial et un cours classique, et qui sont obligés d’abréger le cours classique à cause du cours commercial, ne pourraient sans inconvénients pour les matières littéraires, introduire les mathématiques au cours de lettres.Il y a peut-être beaucoup plus d’illusions que de raison dans cette objection et dans cet aveu.Il en résulte quand même qu’une situation de fait, très spéciale à quelques maisons, vient à l’encontre de réformes classiques nécessaires, sans lesquelles nous sommes voués pour vingt-cinq ans encore à une insuffisance de formation scientifique trop incontestable.Il arrive, d’ailleurs, que l’objection n’a plus toute la force qu’on paraissait lui reconnaître en 1906.Et nous avons vu, en 1923, des représentants de collèges à double cours déclarer qu’ils ne voyaient pas d’incompatibilité entre le régime spécial des études dans leurs maisons et l’inscription des mathématiques à l’examen de Rhétorique.Bien plus, l’assem- (1) Page 23. Tradition et Évolution 415 blée générale des congressistes s’est prononcée, au mois de juin dernier, en faveur d’une réforme qui était rejetée en 1906.Qu’arrivera-t-il au Conseil de Messieurs les Supérieurs, qui seul peut disposer définitivement de la question P Nous ne le savons.Et les objections de 1906 y reprendront-elles tout leur chimérique empire ?Nous ne le croyons pas, après l’expression d’opinion de la majorité de nos éducateurs.Et nous avons confiance que bientôt nous verrons enfin adopté un règlement pédagogique dont l’absence chez nous n’est pas seulement une lacune, mais un véritable obstacle à une meilleure et nécessaire organisation des études scientifiques secoi daires dans la Province de Québec.Il serait étrange, d’ailleurs, que l’on sacrifiât quoi que ce soit du meilleur programme classique possible aux prétendues exigences des cours commerciaux qui existent encore dans beaucoup de nos maisons d’enseignement secondaire.Dans ces maisons l’on maintient, dit-on, le cours commercial afin que les élèves qui n’y feront pas le cours classique, ou qui sont obligés d’en sortir après deux ou trois ans d’études, se trouvent un peu préparés à gagner leur vie.Cette raisoD ne nous paraît pas justifier qu’on lui sacrifie tant soit peu le programme classique.Ces maisons sont des collèges classiques d’abord : et il serait bizarre que l’on y organisât les programmes d’études non pas d’abord en fonction des élèves qui y feront leurs cours classiques, mais en fonction de ceux qui ne le feront point.Au surplus, l’activité de nos maisons d’enseignement secondaire doit de plus en plus se concentrer sur le cours classique.On le comprend, et déjà plusieurs collèges à double cours ont abandonné le cours commercial.S’il fut un temps où le clergé pouvait et devait s’occuper de créer des cours commerciaux, ce temps est passé.D’autres que nous peuvent aujourd’hui organiser ces études, et doivent le faire.Les études classiques, avec le développement de la popula- 416 Le Canada français tion scolaire et la multiplication des maisons, absorbent aujourd’hui et davantage, en hommes, toutes nos valeurs d enseignement.Nous n’avons plus de sujets à immobiliser dans l’enseignement commercial.Et parce que nous avons ici, dans la province de Québec le monopole pratique de l’enseignement classique, soyons assurés que le public qui nous voit à 1 œuvre et qui nous juge, nous demandera demain non pas si nous avons des commencements ou des ébauches de cours commerciaux mais si nous avons le meilleur cours classique possible.S.G.Mgr Cloutier, évêque des Trois-Eivières, dans une lettre adressée au président du Comité du Congrès de 1914, exprimait déjà avec combien d’autorité et de raison, le vœu que l’on fît bientôt “ sortir de nos petit séminaires et de nos collèges, ce qui a pour but de préparer au commerce et aux affaires.” Et nous savons que d’autres prélats partagent ce sentiment.Au reste, les cours commerciaux des collèges classiques ne sont pas, à moins qu’il ne soient eux-mêmes réorganisés et développés — et ils ne peuvent l’être ?a détriment pour les études classiques — ceux dont nous avons besoin.La question de l’enseignement commercial, comme celle de l’enseignement industriel,entrent chez nous dans une phase nouvelle.Et il est grandement temps que s’ouvre cette nouvelle phase.Nous souffrons trop, dans la province de Québec, du manque de culture de nos hommes de commerce, d’industiie, d’affaires ; et ils en souffrent eux-mêmes ; et ils sont assez intelligents pour être les premiers à s’en plaindre.Nous avons besoin, dans cette province, comme partout ailleurs, non seulement d’une élite professionnelle qui ait la meilleure culture classique possible, mais aussi d’une élite commerciale et industrielle qui nous manque, et qui, si elle n’a pu se procurer une culture classique, ait c p i d : t une véritable formation, et une autre véritable culture.Cette élite ne peut sortir assurément de ces sortes de cours commerciaux élémentaires institués dans quelques-uns de Tradition et Évolution 417 nos collèges classiques, comme elle ne sort pas non plus encore de nos académies commerciales.Il faut donc, dans cette Province, des maisons de culture commerciale et industrielle secondaire, qui donnent à notre race des chefs de commerce et d’industrie qui lui fassent honneur, et qui haussent de plusieurs degrés nécessaires le niveau intellectuel de notre bourgeoisie financière.Et ces maisons ne peuvent pas, ne doivent pas être nos maisons déjà consacrées à l’enseignement classique.Le clergé séculier et régulier n’a pas trop de toutes ses ressources pour mieux organiser et perfectionner l’outillage des études classiques de la province de Québec.On sait trop, à l’heure qu’il est, que l’une des raisons qui empêchent le recrutement satisfaisant de nos Écoles Normales Supérieures, et par conséquent l’œuvre indispensable, urgente, de la préparation des professeurs, c’est le manque de sujets.Et c’est assez dire que nous n’avons pas de forces à jeter dans l’œuvre autrefois opportune, aujourd’hui trop souvent parasite, des cours commerciaux.Le clergé est par dessus tout comptable dans cette Province de l’enseignement secondaire classique.N’attendons pas qu’il soit trop tard pour y donner toute l’attention qui s’impose, et pour le tenir au point de tous les nécessaires progrès.Nous avons bien conscience de n’être pas du tout un révolutionnaire, quand, avec tant d’autres, avec la majorité de nos professeurs de collège, nous demandons avec instance qu’on introduise les mathématiques au cours de lettres, avec sanction et contrôle au baccalauréat de Rhétorique.Au lieu d’être un révolutionnaire, nous ne sommes en ce point qu’un réactionnaire, puisque nous demandons le retour à une tradition classique que nous avons eu le tort d’ignorer.Et le Révérend Père Simard, comparant notre pensée avec la 418 Le Canada français sienne, estimera, en tout cas, que nous sommes un modéré.Ce retour, que nous sollicitons à un programme séculaire, n’a rien qui ressemble pour sa hardiesse à l’organisation pédagogique de l’Université d’Ottawa.Il faut tout de même remercier le Révérend Père Simard d’avoir exposé sa thèse évolutioniste.Il fait jaillir tout le long des pages qu’il a écrites, des idées qui font réfléchir, que l’on peut discuter mais qui jettent souvent sur les problèmes d’enseignement secondaire des lumières utiles.L’évolution est la loi commune de toutes les institutions humaines ; elle n’a rien qui puisse effrayer ; il faut voir seulement à ce qu’elle ne rompe pas ses attaches avec les nécessaires traditions.Camille Roy, ptre P.S.— Ces pages étaient imprimées quand on nous a communiqué l’article du Révérend Père Simard, publié dans la Revue Trimestrielle, dernière livraison.Le Révérend Père Simard y commente notre article Notre enseignement classique paru dans le Canada français de novembre dernier.Après la lecture de ce commentaire de ton parfois étrange et plus animé que démonstratif, — évidemment ce n’est pas une abeille attique qui a piqué l’auteur, — nous n’avons pas cru devoir modifier le texte de l’article qu’on vient de lire.Nous y ajoutons seulement les observations suivantes : 10 La dissertation du Révérend Père Simard sur le sens du mot “ classique ” a plus de profondeur apparente que de vérité.Nous avons pris ce mot dans un sens traditionnel de culture à base de langues et de littératures classiques, que comprirent sans doute tous nos lecteurs, peu importe que ce sens soit, comme dit le Révérend Père Simard, “ un legs néfaste de la Renaissance”.Et le Révérend Père Simard 0 enfonce, avec grand fracas philosophique, une porte ouverte quand il prouve que bien des objets, autres que les lettres classiques, doivent contribuer à la culture adéquate de Tradition et Évolution 419 l’esprit humain.Au surplus le sens qu’il donne à l’expression “ humanités classiques ”, et qu’il met généreusement au compte de “ tout le inonde ”, est tel qu’il peut s’appliquer aux cours des académies commerciales.Cette application a d’ailleurs été faite déjà.Qu’on me permette de n’être pas de cet avis.2° Le Révérend Père Simard a bien tort de s’évertuer à croire et à faire croire que je suis opposé au développement des études scientifiques dans nos collèges.Ceux qui ont lu sérieusement mon article de novembre dernier et celui que je publie aujourd’hui, penseront autrement.Le Père Simard a trop beau jeu de prétendre que c’est être opposé au développement des études scientifiques que d’être opposé à la simultanéité complète de l’enseignement des lettres et des sciences.Libre à lui de s’amuser ainsi.Bien d’autres que moi pensent que cette simultanéité n’est pas désirable, et qu’elle est au moins discutable.— Et surtout le Révérend Père Simard, qui veut tout le temps paraître très philosophe, a bien tort de parler de “ mon système ”.Je n’ai exposé aucun “ système Je n’ai voulu qu’une chose : essayer de provoquer un changement dans nos programmes, et, pour y arriver, tenir compte des possibilités actuelles dans la province de Québec.Et j’ai proposé ce qu’il me paraissait urgent de proposer.Aucune amélioration de nos études scientifiques n’est possible avant que l’on ait mis à leur vraie place, au cours de lettres, une bonne part des mathématiques, et que l’on ait mis cette bonne part au premier examen du baccalauréat.Et c’est pourquoi j’ai insisté sur ce point.J’ai assez indiqué, d’ailleurs, comme il est aussi utile que nos élèves de lettres aient des leçons de sciences biologiques, comme la botanique et la zoologie.Quant à mettre à travers les lettres un enseignement régulier de la chimie, de la physique, de la minéralogie, de la géologie, sous prétexte que ces sciences appartiennent au triple objet de l’entendement humain, et que nos facultés doivent lentement s’appliquer à les étudier : l’argument ne me parait pas décisif. 420 Le Canada français Toutes les sciences, au cours de lettres, pourraient contribuer à la formation générale de l’esprit.Mais il y a une limite à tout, même en pédagogie.Et le cours de lettres doit rester un cours de lettres.Entre 12 et 16 ans, c’est encore par les lettres grecques, latines et françaises que l’on peut faire plus hommes — huma-niores — nos jeunes élèves.Que ce soit une conviction dont il faille charger la Renaissance, peu importe ! Que pâtisse la Renaissance sous l’ire du Révérend Père Simard.3° Le Révérend Père Simard s’étonne que je n’aie pas eu un bon mouvement en faveur de l’amélioration des études philosophiques.Son étonnement m’étonne moi-même.Il y a tant d’autres questions dont je n’ai pas écrit dans l’article incriminé, qui n’avait pas de prétention à l’universalité, ni même à la dignité d’un “ système ”.Le Révérend Père Simard estime que la philosophie, “ qui est la synthèse ultime du savoir humain”, ne peut être étudiée avant que l’analyse sommaire de tout ce savoir ait été faite par l’esprit de l’élève ; et il serait donc, selon lui, antipédagogique d’enseigner la logique ou la psychologie à quelqu’un qui n’a pas encore étudié la chimie ou l’hydrostatique.Libre à lui d'aller jusque là pour suivre ce qu’il appelle profondément “ les directives de la philosophie ”.Nous oserons nous en tenir, nous, à ce que le Père Simard, au même paragraphe de son article, appelle “ le gros bon sens ” de saint Thomas.4° Quant au nouveau programme de l’Université de France, je sais bien qu’il comporte un enseignement de physique et de chimie en Seconde et en Rhétorique.Le Révérend Père Simard estime que ce nouveau programme est fait “ d’après les meilleures données d’une saine philosophie, et il s’étonne à ce propos,— et encore, — que je me sois “ résolu d’un cœur allègre à aiguiller la province de Québec sur une voie où elle se trouvera seule”.Il attribue vraiment beaucoup d’importance à mon article de novembre dernier, et il le prend vraiment pour un “ système ”.Mais qu’il ne se Tradition et Évolution 421 hâte donc pas trop d’acclamer, à propos du programme français de 1923, les “ meilleures données d’une saine philosophie Il ne manque pas de quartiers en France où l’on s’inquiète de ce prétendu “ équilibre ” que le Ministre a voulu établir entre les lettres et les sciences ; et de ces additions physico-chimiques au programme du cours de lettres.Il n’est peut-être pas gentil ni prudent, de déclarer si vite que tous ces inquiets manquent de saine philosophie.Il doit être permis, sans que l’on soit jeté hors de la raison, de penser encore que la simultanéité complète des études littéraires et scientifiques est une théorie fort discutable, et une pratique qui peut faire dommage aux “ humanités classiques ”.Nous osons le penser encore, en dépit de tout anathème.5° Si, enfin, dans mon article de novembre dernier, je n’ai pas parlé de l’Université d’Ottawa, c’est que je réservais pour notre livraison de janvier l’article qu’on a lu plus haut, et qui, pour des raisons de mise en pages, n’a pu paraître qu’en février ; et que je voulais prendre occasion de la brochure du Révérend Père Simard pour revenir auprès de nos lecteurs sur des questions de programme amorcées par l’article de novembre.Et peut-être que s’il lit ce second article le Révérend Père Simard ne me soupçonnera plus d’indifférence pour sa maison.C.R.
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