Le Canada-français /, 1 juin 1925, Les Jésuites et les Iroquois
LES JESUITES ET LES IROQUOIS Les Jésuites ne vinrent en contact avec les Iroquois qu’une vingtaine d’années après le commencement de leur œuvre d’évangélisation au Canada, et leur première rencontre avec ces cruels et féroces Indiens fut des plus tragiques.Le Père Isaac Jogues et son compagnon René Goupil, au printemps de l’année 1642, alors qu’ils étaient en route pour se rendre à la Baie Géorgienne, furent surpris par une bande d’Agniers qui rôdaient aux environs du lac St-Pierre, et ces deux missionnaires, après leur capture, fortement ligotés et jetés au fond d’un canot, furent amenés au pays de leurs ravisseurs.Le long et pénible voyage qu’on leur fit faire le long de la rivière Richelieu jusqu’au delà du lac Champlain, n’était que le prélude des souffrances qui attendaient les deux prisonniers au pays des Agniers.Dès leur arrivée, ils furent dépouillés de leurs vêtements et livrés aux plus cruelles tortures.Leur chair fut écorchée par lambeaux ; les mains du Père Jogues furent mutilées ; et ce fut une fête à laquelle prirent part tous les habitants du village d’Osser-néron.Quatre mois plus tard, René Goupil fut assommé d’un coup de tomahawk pour avoir fait le signe de la Croix sur la tête d’un jeune sauvage.La vie du Père Jogues fut épargnée, mais on lui refusa la liberté.Ce n’est que treize mois plus tard qu’il parvint à s’échapper, grâce à la complicité des Hollandais d’Albany.Le futur martyr retourna en France portant les marques de ses souffrances.Il fut accueilli avec beaucoup de sympathie.Cependant son zèle pour la conversion de ces pauvres indigènes ne s’était pas refroidi, et avant la fin de l’année 1644, il était de retour au Canada.Un autre Jésuite, François Bressani, était entre temps victime d’une semblable aventure.Capturé par les Iroquois, 764 Le Canada français il fut traîné au pays des Agniers et torturé de la façon la plus barbare.Lui aussi réussit à s’évader et à retourner en France, pour revenir ensuite au Canada.Quelques années plus tard, il se rendit en Italie et écrivit un rapport.— Breve Relatione — de la vie et des souffrances des Jésuites qu’il avait rencontrés et connus dans les missions canadiennes.Ces événements tragiques, qui étaient de nature à jeter des doutes sur la possibilité d’évangeliser les Iroquois avec chance de succès, ne firent cependant qu aiguillonner le zèle des Jésuites.Lorsque, en 1646, les sauvages semblent désirer la paix, de Montmagny, gouverneur de la Nouvelle-France, ne manque pas cette occasion d’en venir à une solution.Il délègue l’arpenteur Jean Bourdon pour aller discuter avec leurs chefs, les termes du traité de paix, et le Pere Jogues, presque guéri de ses blessures, est choisi comme 1 autre membre de cette délégation qui doit se rendre au pays de l’ennemi.C’est qu’en effet, il devait être un aide précieux comme interprète, grâce à la connaissance qu il avait acquise de la langue iroquoise, pendant sa captivité.Cet intrépide Jésuite ne se fit aucune illusion sur le danger d un tel voyage.Le fait de réapparaître au milieu des féroces Agniers dont il avait trompé la surveillance trois ans auparavant n était pas de nature à le rassurer, mais il entrevit dans ce voyage la possibilité d’établir parmi ces païens une mission permanente.Les Relations nous apprennent que c’est là la principale raison qui l’incita à rencontrer de nouveau ses ravisseurs d’hier, et c’est avec joie qu’il entreprit le voyage.Le résultat de cette ambassade fut assez satisfaisant.In projet de paix fut esquissé.Isaac Jogues décida de retourner à l’automne pour s’établir et commencer son œuvre a cet endroit qu’il avait déjà baptisé La Mission des Martyrs.Pendant qu’il était aux Trois-Rivières, occupé à faire les derniers préparatifs de ce troisième et dernier voyage, un fléau fit son apparition chez les Agniers.Leurs récoltes furent ravagées, et l’approche de l’hiver faisait présager la famine. Les Jésuites et les Iroquois 765 Très superstitieux, les sauvages cherchèrent une explication à ce désastre, et attribuèrent cette calamité au fait que le Père Jogues leur avait confié la garde d’un coffret rempli d’ornements sacerdotaux.Accompagné de Jean de la Lande, le Père Jogues arriva à Ossernéron vers la fin de septembre 1646, ne se doutant pas de la tournure qu’avaient pris les événements.Dès son arrivée, un lâche sauvage l’assassina.On fixa sa tête au bout d’une perche qui fut plantée à l’entrée du village.Son corps fut jeté un peu plus loin, dans un ravin.Le lendemain, ce fut le tour de Jean de la Lande.Ce n’est qu’à l’été 1647, qu’on apprit cette tragédie à Québec.Les Jésuites eurent bientôt à en enregistrer de semblables au pays des Hurons.En 1648, les Iroquois mirent à mort un autre religieux, Antoine Daniel, et jetèrent son cadavre dans le brasier de sa chapelle en flammes.En 1649, c’était le tour de Jean de Brébeuf, Gabriel Lalemant, Noël Chabanel et Charles Garnier.Les tortures qu’ils endurèrent et la mort affreuse qui leur fut infligée nous rappellent les martyrs des premiers siècles de l’Église.Non contents d’assouvir leur haine contre les missionnaires, les Iroquois portèrent leurs attaques meutrières au cœur même de la colonie.Leur intention était évidemment d’anéantir les Français, et à une certaine époque, non moins de dix bandes différentes ravageaient la vallée du St-Laurent.Les pauvres colons étaient à leur merci et plusieurs d’entre eux furent tués avec les armes fournies aux sauvages par les trappeurs hollandais avec lesquels les Iroquois fraternisaient déjà depuis quelque temps.En 1653, cette vague dévastatrice sembla vouloir s’arrêter un peu.Trois des cantons étaient en guerre avec les Êriés, et réalisant qu’il serait de bonne politique d’avoir les Français de leur côté, envoyèrent des délégués à Québec pour y discuter la paix.Le gouverneur de Lauzon, averti de la fourberie de cette tribu, et sachant qu’il devait être prudent dans ses réponses, consulta les Jésuites.Croyant voir là 766 Le Canada français l’occasion par eux longtemps recherchée de pénétrer au pays des Iroquois, ces missionnaires décidèrent de déléguer un des leurs auprès des chefs pour sonder le terrain et se renseigner sur le véritable état des choses.Au printemps 1654, Simon LeMoyne fut chargé de cette entreprise délicate.Il fut favorablement impressionné par l’attitude des Onontagués et retourna auprès d’eux l’année suivante accompagné de deux autres Jésuites, Claude Dablon et Jean-Marie Chaumont.Les Onontagués demandèrent aux Français d’aller demeurer avec eux.C’était une invitation on ne peut plus alléchante, car un établissement français au milieu des Iroquois non seulement constituait un centre de civilisation et d’influence française, mais établissait de plus une puissante barrière pour enrayer l’influence des Hollandais et des Anglais qui avaient déjà commencé à exercer leur monopole sur le commerce des fourrures.Les Jésuites avaient, pour leur part, d’autres desseins, dont le principal était d’établir une mission centrale au pays des Iroquois, et c’est dans ce but qu’ils passèrent les hivers de 1655-56 en conférence avec les délégués des Cinq-Nations.Dablon retourna à Québec au printemps, décidé à mettre son grand projet à exécution.Le gouverneur de Lauzon lui avait fait une concession de terre de dix lieues carrées, près du lac Onondaga.Une expédition comprenant cinquante à soixante personnes, tant soldats que fermiers et artisans, fut organisée par les Jésuites, avec Rene Menard, François LeMercier et Jacques Frémin comme aumôniers.Elle quitta Québec au mois de mai 1656, sous le commandement de Dablon, remonta le St-Laurent jusqu’au lac Ontario.C était la première fois dans l'histoire que les blancs pénétraient aussi avant dans le pays.La nouvelle colonie s’établit à Gannatea, endroit qui n a jamais depuis été situé d’une façon certaine, mais que 1 on présume être aux environs de la ville actuelle de Manlius, dans l’état de New-York.Pendant que les missionnaires Les Jésuites et les Iroquois 767 renouaient connaissance avec les Hurons convertis, dont plusieurs s’étaient établis chez les Onontagués, les artisans commencèrent à déblayer le terrain.Une église fut bâtie qui fut le premier temple catholique érigé dans les limites actuelles de l’état de New-York.Des demeures furent construites de même qu’une grande résidence pour les Pères, bâtiment qui pouvait être agrandi au besoin et devenir une réplique du Fort Ste-Marie, la “ Mission de la Paix ”, près de la baie Géorgienne, qu’on avait dû abandonner trois ans auparavant.C’était un plan admirable.Claude Dablon et ses compagnons se réjouissaient de leur succès.Un moment, ils avaient espéré pouvoir s’établir d’une façon permanente chez les Iroquois et faire pour eux ce qu’ils avaient fait pour les Hurons à la baie Géorgienne.Mais ils durent bientôt se rendre à l’évidence et admettre qu’ils avaient caressé un projet irréalisable.Les Iroquois avaient en effet trop de mauvaises intentions et il était impossible de s’y fier.Alors que les Onontagués s’étaient liés d’une franche et sincère amitié pour les Français qui étaient venus s’établir parmi eux, les sauvages des autres districts dévastaient la vallée du St-Laurent, capturant et torturant leurs prisonniers français.Ils poussaient même leur audace jusqu’à venir exercer leurs ravages sous les murs même de Québec.Dablon et LeMoyne ne savaient que trop bien qu’au cas de soulèvement, les pionniers français n’étaient pas en nombre suffisant pour se défendre.Ils étaient donc à la merci des sauvages.On leur donna en secret l'avertissement que la colonie pouvait être attaquée d’un moment à l’autre, et par crainte d’une surprise, ils décidèrent d’abandonner la place.Ils construisirent donc subrepticement des embarcations, et un soir, à la faveur de l’obscurité, les Jésuites et leurs colons disparurent.Ils descendirent le cours de la rivière Oswego, franchirent le lac Ontario et suivirent le St-Laurent jusqu’à Québec.Et c’est ainsi que s’évanouit l’espoir que les Jésuites 768 Le Canada français avaient de renouveler dans les cantons iroquois les miracles de conversions qu’ils avaient accomplis au pays des Hurons.Après ces efforts infructueux, tous pourparlers de paix avec les Iroquois furent interrompus pour une période de dix ans.Sur les entrefaites, l'administration de la colonie française subissait un changement radical.Louis XIV venait d’annuler la charte de la Compagnie des Cent-Associés pour confier au Conseil Souverain le gouvernement de la colonie.Ce changement de gouvernement eut un effet salutaire sur la politique des sauvages, et c’était grand temps.Les Iroquois continuaient leurs incursions meurtrières, gardaient toutes les rivières, et poursuivaient les colons jusque dans leurs demeures.Lorsqu’ils faisaient des prisonniers, ils les scalpaient, les traînaient jusqu’à leurs villages où ils les mettaient à mort après leur avoir fait endurer les pires tortures.Les choses en étaient rendues à ce point qu’on se décida à envoyer une requête en France demandant de l’aide, sous peine de voir périr la colonie.En 1665, le marquis de Tracy arriva au pays à la tête du régiment de Carignan-Sallières et l’on prépara sans tarder une expédition contre les nations indiennes ennemies des Français.De Tracy remonta le Richelieu, franchit le lac Champlain a la tete d’une armée de treize cents hommes.Il avait avec son armée quatre aumôniers, dont deux Jésuites, Charles Albanel et Pierre Raffeix.Il envahit le canton des Agniers, brûla leurs villages et détruisit leurs récoltes.Ce fut un violent coup porté aux Cinq-Nations et qui eut pour effet de les mettre à la raison.Elles signèrent avec les Français un traité de paix, qui devait durer dix-liuit ans, ce qui permit à la colonie de jouir d’une ère de paix et de prospérité.Sans plus tarder, trois Jésuites, Jacques Bruyas, Jean Pierron et Jacques Frémin se mirent en route pour aller prêcher l’Évangile dans les cantons iroquois.D’autres membres de leur ordre les rejoignirent quelques mois plus tard.La vénérable Mère Marie de 1 Incarnation pouvait Les Jésuites et les Iroquois 769 écrire en 1668 : “ Depuis que nous jouissons du bonheur de la paix, les missions fleurissent et prospèrent asrec beaucoup de bénédictions.C’est une chose merveilleuse de voir le zèle des ouvriers de l’Évangile.Ils sont tous partis pour leurs missions avec une ferveur et un courage qui nous donnent sujet d’en espérer de grands succès.” Ces missionnaires infatigables étaient sans cesse sur pied, voyageaient de village en village, à travers tous les cantons, baptisaient les petits enfants, enseignaient les vérités de la religion chrétienne aux plus âgés.On était dans une période d intense activité d’évangélisation.Des hommes comme Jean et Jacques de Lamberville, Etienne de Carheil, Jules Garnier et Pierre Milet fondaient des missions permanentes dans les divers cantons et amenaient au bercail un grand nombre de convertis.Cependant les gouverneurs de la province de New-\ork étaient loin d’approuver l’activité des Jésuites chez les Indiens habitant le long de la rivière des Agniers.L’adversaire le plus acharné de ces missionnaires fut Thomas Dongan.Bien que catholique, ce gouverneur voyait avec déplaisir s’exercer le zèle des Jésuites français et il résolut de restreindre leur travail auprès des Iroquois.Sans doute, il était loin de vouloir du mal aux pères eux-mêmes ou de désapprouver la doctrine qu’ils prêchaient, mais il redoutait l’influence qu’ils exerçaient et aurait préféré les voir retourner à Québec.“ Laissez aller vivre ailleurs ceux qui sont avec vous ou laissez-les retourner là d ou ils viennent , disait-il aux sauvages.C’est qu'en effet Dongan avait arrangé les choses pour faire venir des Jésuites anglais qui remplaceraient les pères français dans les cantons.Le principal grief de ces gouverneurs anglais reposait dans le fait que le flot allait sans cesse grandissant, de guerriers quittant la province de New-York pour aller s’établir à la nouvelle mission ouverte à Laprairie, près de Montreal, en 1667, ce qui affaiblissait les forces combatives des cantons. 770 Le Canada français Dès les premiers temps de leur apostolat, les Jésuites réalisèrent qu’à moins de tenir leurs néophytes éloignés de leurs frères païens et d'interrompre leurs liaisons intimes avec les Anglais d’Albany, ils n’avanceraient pas beaucoup dans leur travail de conversion.Des centaines de convertis émigrèrent à Laprairie sur leurs conseils, et plus tard à Kalina-waké, où l’on acheva de les instruire et où ils purent pratiquer en paix leur nouvelle religion.Grâce à l'aide d’un converti rempli de zèle et apôtre infatigable du nom de Adhasatah, mieux connu sous le nom de Kryn, le Grand Agnier, le nombre des convertis s’accrut considérablement et la nouvelle mission près de Montréal devint bientôt un centre de missions des plus florissants.Parmi les convertis dignes de marque qui vécurent à Kahnawaké se trouvait Katéri Tekakwitha, morte en odeur de sainteté en 1680, et dont on est actuellement à instruire le procès de béatification.L’expédition désastreuse du gouverneur de la Barre en 1686 et la trahison de son successeur de Denonville qui, en 1687, captura quarante chefs iroquois et les envoya aux galères, en France, eurent pour résultat d’aliéner les Cinq-Nations contre les Français et de mettre en danger la vie des Jésuites qui vivaient au milieu d’eux.Jean de Lam-berville qui, au dire de Denonville lui-même, était un excellent homme et très habile dans son commerce avec les sauvages”, échappa providentiellement à leur fureur.Pierre Milet fut capturé et gardé en captivité chez les Onneiouts pendant sept ans.Les autres pères réussirent à gagner le Canada.Voulant apaiser le courroux de ces tribus sauvages, le père Jacques Bruyas, qui jouissait auprès d'eux d’une grande influence, fut envoyé l’année suivante pour négocier la paix.Il touchait presqu’au succès.Une délégation d Onontagués était en route pour Montréal pour aller discuter les clauses du traité lorsqu’eut lieu avec Kondiaronk 1 historique entrevue qui gâcha toutes les négociations de Bruyas.Ce rusé Les Jésuites et les Iroquois 771 Huron avait “ tué la paix Les Iroquois, convaincus qu’ils allaient une fois de plus être les victimes du double jeu des Français, entreprirent contre eux et leur colonie une guerre plus violente que jamais.Les conséquences de 1 affaire de Denonville furent le massacre de Lachine, au mois d août 16 89, et les attentats perpétrés pendant plusieurs années le long du St-Laurent.Les Sonnontouans étaient les fauteurs principaux de tous ces troubles, et six ans plus tard, le comte de Frontenac dût aller en personne leur infliger le châtiment qu’ils méritaient.Bien que les Iroquois parussent très indépendants tant à l’égard des Français que des Anglais, l’influence de ces derniers et la proximité où les cantons se trouvaient d Albany finirent par en avoir raison.L’hostilité des gouverneurs anglais comme Bellomont, Burnett et Hunter qui se sentaient protégés par les stipulations du traité d Utrecht, réussirent petit à petit à détacher les Indiens des Français, et l’activité des missionnaires se trouva réduite à sa plus simple expression.Bellomont alla même jusqu’à menacer de pendre tout Jésuite qui serait trouvé dans les cantons.A l’instar de Dongan, Burnett se plaignit de l’activité des missionnaires.Vaudreuil lui fit connaître que les Sonnontouans avaient envoyé des délégués au Canada pour exprimer leur regret du rappel des missionnaires et pour demander que d’autres fussent envoyés pour les remplacer.Il semble ne pas y avoir eu d’autres tentatives d’établir des missions dans les cantons de l’état de New-York, si ce n’est une courte visite du Père Garnier aux Onontagués, en 1705.Les anciennes missions à ces endroits cessèrent d'exister et les Iroquois catholiques, accompagnés de leurs familles, commencèrent à venir s’établir en permanence à Caughnawaga.Après 1755, St-Régis partagea ce privilège avec l’autre mission plus ancienne.Après plusieurs migrations, cette dernière finit par s’établir définitivement, vers l’année 1719, à l’endroit où on la trouve de nos jours.On voit encore aujourd’hui 772 Le Canada français dans ces deux villages les paisibles descendants des tribus qui, au 17ème siècle, firent couler le sang des Jésuites martyrs.Caughnawaga et St-Régis ont chacun leur histoire distincte.Aux noms de ces deux missions s’attachent plusieurs souvenirs touchants, et sur la liste des Jésuites qui continuèrent au 18ème siècle à perfectionner le travail commencé par leurs devanciers, se tou vent des noms célèbres et très connus.Mentionnons entre autres ceux de Pierre Cholenec et Claude Chauchetière, amis et conseillers de la vénérée Katéri Tékakwitha ; Pierre de Lauzon, Luc François Nau, Jean-Bapsite Tournois, victime des foudres de La Jonquière, Jacques Quintin de la Bretonnière, aumônier de l'expédition de Beauharnois contre les Renards et les Chi-casaws, Joseph Lafitau, découvreur d’une variété de ginseng, Jean-Baptiste de Neuville, ami de Bougainville et de Montcalm, Antoine Gordan et Pierre Billiard, fondateurs de St-Régis, le dernier missionnaire iroquois, Joseph Huguet, mort à Caughnawaga en 1783.En dépit de leurs efforts héroïques et de leurs grands sacrifices, les Jésuites ne purent jamais accomplir chez les Iroquois tout le travail qu’ils avaient fait chez les Hurons aux environs de la Baie Géorgienne.Mais, comme le dit Thomas Guthrie Marquis, leur inestimable contribution à 1 histoire est dans l’exemple qu’ils ont donné au monde.Pendant un siècle et demi passé à travailler chez les Iroquois, ils se sont conduits courageusement, et ont livré le bon combat.Aucun de ces Jésuites zélés et remplis de foi n’a eu un moment de défaillance en présence du danger où à 1 occasion d un desastre.E.-J.Devine, S.J.(Traduit par Jean Hudon)
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