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Titre :
Le Canada-français /
Revue de l'Université Laval qui traite de philosophie, de théologie, de questions sociales, de linguistique, d'arts et de littérature.
Éditeur :
  • Québec :Université Laval,1888-1946
Contenu spécifique :
Justes alarmes
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
chaque mois
Notice détaillée :
Titre porté avant ou après :
    Prédécesseurs :
  • Parler français ,
  • Nouvelle-France
  • Successeurs :
  • Bulletin du parler français ,
  • Nouvelle-France ,
  • Revue de l'Université Laval
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Le Canada-français /, 1926-04, Collections de BAnQ.

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Vol.XIII, No 8.Québec, avril 1926.LE CANADA FRANÇAIS Publication de l’Université Laval JUSTES ALARMES La saine opinion s’est émue de deux faits récents, survenus en mars dernier, et se rapportant tous deux à l’instruction publique.La nature de ces faits et les principes mis en cause ne permettent pas au Canada français de garder le silence.« * * Nos lecteurs qui se rappellent les articles publiés ici même, sous les signatures de M.le Commandeur C.-J.Magnan(l) et de M le Docteur Philippe Hamel(2), au sujet du National Council of Education, savent les raisons, fortes, claires, décisives, qui militent contre cet organisme.(3) Le Canada français, comme l’Université dont il est l’organe, regarde toujours avec défiance le National Council ; il estime toujours, avec le docteur Hamel, “ qu’il faut le (1) Déc.1922, juin 1923.(2) Mars 1923.(3) Rappelons brièvement que ce Conseil est dû à la seule initiative personnelle d un anglais d’Angleterre, le Major F.J.Nev, résidant au Canada depuis quelques années : “ Sans titre ou autorisation ”, dit le Dr Hamel en vertu de quel mandat, on ne l’a jamais su ”, dit M.Magnan, il orga-msait a Winnipeg, en 1919, une Conférence nationale d’éducation d’où est sorti le Conseil national actuel. 526 Le Canada français considérer comme une menace pour notre régime (scolaire) actuel ; qu’il est une menace certaine contre nous.”(l) Aussi approuvons-nous de tout cœur la récente mise en garde publiée par M.Magnan, dans L’Enseignement primaire de mars dernier, à l’occasion du grand Congrès ou Conférence sur Véducation organisée par le National Council, et qui vient d’avoir lieu à Montréal.M.Magnan, usant de la liberté que lui confère son titre de directeur-propriétaire de L’Enseignement primaire, y marque à nouveau le caractère et le but du National Council, comme il l’avait fait déjà plusieurs fois dans la même revue.Mais cette fois l’article a provoqué à la Législature une intervention qui nous a étonnés et affligés, et que nous ne pouvons laisser passer inaperçue, parce qu’elle comporte un double écart, pour ne pas dire une double erreur de principe.On a, en effet, passé par-dessus la tête de l’honorable Surintendant et du Conseil de l’Instruction publique où siègent nos Évêques, et dont relève dans son rôle éducationnel et en vertu de ce même rôle M.C.-J Magnan.Puis l’on a infligé à ce gentilhomme, que nous considérons comme l’un des plus nobles serviteurs de sa province et de sa race, un blâme officiel.On a ensuite exprimé l’opinion que M.Magnan doive “ s’inspirer, à l’avenir, de ses chefs avant d’émettre dans une publication gouvernementale des vues personnelles qui ne sont pas les vues du Gouvernement ”.(2) Cet acte et ces paroles ont à bon droit suscité de graves soucis.Faudra-t-il vraiment désormais que le directeur-propriétaire d’une revue subentionnée par l’État accorde d’abord ses pensées et ses sentiments sur ceux des chefs politiques de l’heure ?De même, une revue qui reçoit une part des deniers publics perd-elle de ce fait son autonomie pour devenir une “ publication gouvernementale ” ?Si de tels principes devaient prévaloir en notre Province, il faudrait renoncer à de précieuses libertés, et il faudrait (1) Art.cité.(2) Compte rendu de L'Action catholique, du 19 mars 1926. Justes alarmes 527 aussi, dans des maisons d’enseignement justement soucieuses de leur indépendance, renoncer aux subventions de l’État ! * * * , L’autre sujet d’alarmes pour les esprits bien pensants, c’est l’adoption par la Législature d’une loi permettant la création d’écoles professionnelles sous le contrôle direct du Gouvernement.Nous entrons par là, nettement et pleinement, dans la voie de l’enseignement d’État, et nous nous acheminons par suite, vu le caractère mixte de notre état social, vers l’école neutre, vers l’école amorale ! Voilà pourquoi nous regrettons profondément l’acte de nos législateurs.Nous ne mettons pas en doute leurs bonnes intentions, mais nous ne pouvons ne pas réprouver la mesure elle-même, car il est trop évident, malgré les dénégations faites en Chambre, qu’elle établit officiellement l’enseignement d’État dans notre Province.Jusqu’ici le Conseil de VInstruction publique avait la direction exclusive de l’enseignement primaire, et les Universités, celle de l’enseignement secondaire et supérieur.Désormais l’État pourra lui-même fonder et diriger des écoles professionnelles,— et l’on voit sans peine l’étendue de ce mot,— en même temps que des écoles techniques.Il en nommera les directeurs, les professeurs, il en approuvera les programmes d’études ainsi que les règlements internes et disciplinaires.Notre peuple, peu habitué par son histoire aux écoles gouvernementales, pourra se familiariser graduellement avec l’idée de l’État maître d’école, et, après un certain temps plus ou moins éloigné, nous serons mûrs pour le Ministère d’Instruction publique, qui fascine, semble-t-il, certains esprits ! La loi nouvelle, c’est le devoir du Canada français de le signaler, marque à notre sens non-seulement une évolution mais une sorte de révolution dans notre système scolaire ; 528 Le Canada français elle y introduit un principe excessivement dangereux et lourd de conséquences pour l’avenir.Quoi qu’en pensent certains écrivains, l’enseignement n’est pas une fonction de l’État, et ce n’est que par accident, ou pour certaines écoles spéciales ou techniques, comme les écoles militaires ou navales, que le pouvoir civil peut assumer ce rôle.(l) “ Régulièrement, dit Mgr Pâquet (2), et en dehors des cas d’intervention accidentelle et supplétive (l’auteur en a d’abord indiqué la nature).l’État n’a pas le droit de se constituer, dans des maisons d’instruction soumises à sa régie, l’éducateur des enfants et des jeunes gens.” “ La fonction éducative, dit-il encore en citant Mgr Freppel (3), n’entre nullement dans l’idée de l’État, qui est un pouvoir de gouvernement et non un pouvoir d’enseignement.On a beau presser en tous sens les divers pouvoirs qui constituent l’État, le pouvoir législatif, le pouvoir exécutif, le pouvoir judiciaire, jamais l’on n’en fera sortir la fonction éducatrice.” C’est la doctrine même de notre Premier Concile Plénier, approuvée par le Saint-Siège.“ L’éducation, dit le Concile (No 274), prise directement et en elle-même, n’est nullement, une fonction de l’État; il appartient, cependant, à la puissance civile, par des octrois et des lois sages, de venir en aide aux parents dans l’œuvre de l’instruction de la jeunesse.” A nous écarter de ces doctrines, nous risquons de tomber dans des difficultés inextricables, comme celles où se débat aujourd’hui la France chétienne.Prenons garde de poser les principes désastreux qui les renferment en germe.Le Canada français, en affirmant sa confiance dans les chefs civils de la Province, exprime respectueusement l’espoir que la loi nouvelle sera amendée dans le sens doctrinal de nos traditions.La Direction.(1) Cf.Mgr L.-A.Pâquet, L’Eglise et l’éducation, pp.198 et suiv.(2) Ibid., p.207.
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