Le Canada-français /, 1 octobre 1926, Chronique de l'Université
CHRONIQUE DE L’UNIVERSITÉ Au poste.— Science et religion.— Un centenaire.— Nouveau chancelier.—• A Ottawa.—- Un départ.— Journée sociale.— Chez nos anciens.— Saint François d’Assise.— Année aloysienne.Au poste.tous le sont, professeurs et élèves, depuis la mi-septembre.Joie sur toutes les figures, bonheur de se retrouver après trois mois ! Les nouveaux, les bleus, comme on dit ailleurs, ne semblent pas trop dépaysés.Et le vendredi, 17 septembre, en la chapelle du Séminaire, ils sont venus commencer l’année aux pieds de l’autel.C’est bien là, en effet, que tout doit commencer.Le Dieu de la science, plus que jamais il faut l’adorer, plus que jamais les étudiants doivent en faire le compagnon inséparable de leurs labeurs.A l’issue de la messe pour la réouverture des cours, célébrée par M.l’abbé Arthur Robitaille, professeur à la Faculté des Arts, Monseigneur le Recteur prononça l’allocution traditionnelle.Nos lecteurs pourront juger de la valeur de cette pièce publiée dans le présent numéro.Au puits de Jacob, tel en est le titre.Titre significatif, car de la gracieuse scène évangélique, Mgr Camille Roy a tiré les plus actuelles et les plus opportunes leçons.Souhaitons que tous les élèves des différentes Facultés les mettent en pratique.En vérité, on ne saurait jamais trop insister sur l’importance, sur la nécessité d’une formation intellectuelle et morale que réclament impérieusement les circonstances présentes.Le regretté Monseigneur Paul-Eugène Roy, archevêque de Québec, appelait nos maisons d’éduca:ion “la grande forge”.Voici ce qu il écrivait le 4 septembre 1925, quelques mois avant sa mort : “ Tous les élèves sont revenus, les maîtres ont repris leur rôle.La grande forge où se façonnent les âmes a 122 Lb Canada ffançais rallumé ses feux ; l’enclume est dressée.Quelles âmes va-t-on forger ?Quelle grande œuvre ! Quel chantier où s’élabore la race ! ” Quelles âmes va-t-on forger?Question grave pour les éducateurs.Mais les élèves, mais les étudiants doivent aussi savoir que plus la matière est malléable, plus de chance il y a d’en faire une œuvre acceptable, sinon un chef-d’œuvre.A eux donc d’apporter toute la docilité requise, à eux donc de manifester ce bon esprit sans lequel les efforts de leurs maîtres, si instruits et si dévoués soient-ils, sont inévitablement voués à l’insuccès.Cette docilité, ce bon esprit, Mgr le Recteur leur en a montré toute l’urgente nécessité.Et pour vaincre les obstacles qu’ils ne manqueront pas de rencontrer, il leur a conseillé le moyen infaillible qui est la pratique totale et sans peur de leur religion.Qu’ils ne craignent rien; en étant des jeunes gens pieux, ils ne pourront que mieux aborder de confiance les ardus problèmes que pi ésentent les matières de leurs cours.Et bien inspiré a été Mgr le Recteur de faire allusion en passantà la récente enquête menée par le Figaro, grand journal de Paris, à savoir si la science est opposée au sentiment religieux.Ils ne seront point surpris, nos étudiants, d’apprendre à nouveau que les réponses au questionnaire de M.Robert de Fiers, de l’Académie française, confirment ce qu’ils savent déjà depuis longtemps, c’est-à-dire qu’entre la science et la religion il n’y a pas d’opposition réelle.Entendez la science vraie, et non pas un certain nombre d’hypothèses caduques et ronflantes qui courent les chemins et crient comme des roquets pour attirer sur elles les regards des passants.Il faut avouer pourtant qu’elles en trompent plusieurs qui, dupes de leur curiosité mal contrôlée, deviennent vite victimes du sophisme et du préjugé.Heureusement, professeurs et élèves de chez nous savent à quoi s’en tenir au sujet de tout ce tapage mené autour de la prétendue contradiction entre la foi et la raison. Chronique de d’Université 123 A l’occasion de cette enquête, pour répéter ici ce que disait un membre influent de l’Académie des Sciences, “ la science a appris à être modeste et à respecter l’opinion d’autrui “ Ce n’est pas peu de chose ”, écrit le R.P.Léonce de Grand-maison (Études, 5 juillet 1926).Et bien placé pour juger, le même continue : “ La raison profonde de cette modestie nous est exposée par un bon nombre des enquêtés, en des termes qui méritent d’être pesés.” Voici ce que dit à son tour M.Émile Picard, secrétaire perpétuel de l’Académie des Sciences : Nos théories scientifiques se succèdent avec une rapidité parfois déconcertante, prenant un caractère de plus en plus formel et symbolique.L’histoire des sciences est pleine de ruines, et comme les livres, les théories ont leurs destins.Notre notion de loi naturelle a prodigieusement varié depuis cinquante ans.C’est ainsi que la doctrine des quanta est venue modifier nos idées sur la continuité.D’autre part, le calcul des probabilités prend une grande importance dans les sciences physiques ; de ce point de vue les lois de la nature n’apparaissent qu’avec un caractère de probabilité, et n’ont plus la rigidité familière à nos prédécesseurs.Ce langage de l'illustre mathématicien le tiennent à peu près tous les naturalistes de la même Académie.Aveux précieux de nature à abattre les prétentions de certains petits maîtres dont l’autorité n’a de prise qu’auprès des salonards, et encore ! On ne résumerait pas mal l’enquête du Figaro, écrit encore le P.de Grandmaison, en disant que tous les membres actuels de l’Académie des Sciences se sont prononcés contre l’opposition, longtemps suggérée et actuellement encore enseignée dans nombre d’ouvrages scolaires, entre Science et Religion.Cet antagonisme prétendu est indéfendable — pas une voix ne s’est élevée en sa faveur.Au contraire, la racine de l’erreur scientiste, qui est l’intrusion des méthodes et conceptions de la science positive en un domaine qui déborde la compétence de celle-ci, est mise à nu dans toutes les réponses.Au témoignage unanime des savants les plus qualifiés de notre pays, Science et Religion sont donc, au moins négativement, compatibles. 124 I/E Canada français La grande majorité de ces savants va plus loin, et conclut à une compatibilité positive, voire à une entente cordiale.La Religion possède, en effet, son domaine propre, postulé par d’autres facultés humaines, parfaitement normales dans leur exercice, et supérieures par leurs fins aux facultés purement rationnelles qui trouvent leur aliment propre dans la Science.Ce domaine, dont l’investigation échappe aux méthodes particulières en usage sur le terrain de la recherche scientifique pure, n est pas pour autant inconnaissable, même pour la Science.Celle-ci amène, en effet, à le reconnaître comme existant, et impose ainsi (selon les uns), suggère avec une haute vraisemblance (opinent les autres), une conclusion d’ordre religieux.La logique scientifique elle-même, par les vues finalistes et spirituelles qu’elle ouvre, par le sentiment de l’infini qu’elle fait naître en ceux qui lui sont dociles jusqu’au bout, amène au seuil de la croyance religieuse.Et plus d’un, parmi ceux qui sont entrés dans le temple, nous confie qu il ne l’a jamais regretté.Tel est le résultat vrai de cette enquête qui a fait grand bruit.Résultat bien consolant, n’est-ce pas ?* * * Cette absence d opposition véritable entre la Science et la Religion, un grand médecin français, un fervent catholique, Laënnec, ne fut pas lent a s’en apercevoir.Lors du congrès des médecins de langue française, tenu à Montréal le mois dernier, on a fait mention spéciale de celui qui à bon droit est considéré comme une des gloires les plus pures de la clinique médicale française ”, Un centenaire vraiment populaire dans le monde savant, c’est bien celui de l’auteur fameux du traité d’auscultation.En effet, durant l’été on a célébré ce joyeux événement en Bretagne, et, à son tour, 1 Academie de Medecine de Paris se propose de le commémorer avec toute la solennité qu’il mérite.A l’une des séances du congrès médical, le docteur E.-P.Benoît, de Montreal, a donné une superbe conférence sur ce médecin modeste, homme de génie, dont la place est toute marquée parmi ceux qui, au dire de Joseph de Maistre, “ ne Chronique de l’Université 125 reconnaissent aucun maître et n’ont que la Providence à remercier Les services rendus à l’humanité par Laënnec sont incalculables.Mais habitués que nous y sommes, nous semblons ne les plus apprécier.Affaire de routine qui montre une fois de plus combien nous avons la mémoire courte.Quoi qu'il en soit, le centenaire de la mort de ce grand philanthrope, de cet éminent chrétien aura pour résultat de nous faire comprendre encore et surtout de ne nous point faire oublier une fois pour toutes que les pratiques religieuses s’allient fort bien avec les dons les plus précieux de la nature.Rappelons en passant qu’un cercle d’études, portant le nom de Cercle Laënnec, a été fondé il y a quelques années à la Faculté de Médecine par M.le docteur Arthur Vallée, professeur d’anatomie pathologique.Ce cercle fonctionne admirablement, et cela pour le plus grand bien de ses membres.Ceux-ci, comme tous leurs confrères en médecine, apprendront à l’école de Laënnec l’importance de cultiver leur talent d’observation.Talent, sans doute, qui se développe, mais qui s’acquiert aussi.Sans auscultation, sans diagnostique, et à un haut degré, que peut faire après tout un praticien ?N’entend-on pas dire couramment qu’en médecine tout se ramène à peu près à découvrir la maladie ?N’est-ce point vraiment ce travail de diagnostique qui est la croix non seulement des étudiants, voire de beaucoup de médecins ?A l’école de Laënnec ils apprendront encore que la fidélité à ses croyances religieuses n’est point un éteignoir comme trop sont portés à le penser malheureusement.Ce sera la leçon pratique de cet anniversaire dont on a fait mention au congrès médical de Montréal.Il fait bon de mettre sous les yeux de nos jeunes gens, futurs médecins, des exemples entraînants comme ceux-là.Cela sert un peu de contre-pied à tant d’autres moins qu’édifiants.Vivre leur religion, oui, et surtout en être saturés au point qu’elle soit vraiment l’aliment de leurs actions quotidiennes, voilà ce que doivent ambitionner nos universitaires. 126 Le Canada français Ils ne sauraient trop se convaincre combien leur conduite, bonne et surtout mauvaise a de la répercussion sur d’autres existences ! Le Cercle Laënnec leur est d’un précieux secours à ce point de vue.Aussi bien, à l’Université Laval, à la Faculté de Médecine, est-il considéré comme un facteur puissant dans la formation morale et professionnel de nos futurs praticiens.Le nouveau chancelier, Sa Grandeur MgrR.-M.Rouleau, sait déjà sans doute toute l’activité religieuse et studieuse qui règne chez nos carabins.Eux aussi ont appris avec plaisir sa nomination au siège épiscopal de Québec.Successeur des Laval, des Taschereau, des Bégin et des Roy, le nouvel archevêque sera heureux de trouver ici une jeunesse laïque soumise à l’Église, prête à se conformer à ses moindres désirs, et qui sera sa consolation comme elle fut celle de ses illustres prédécesseurs.Notre Directeur a dit ici même, dans la livraison de septembre, toutes les belles qualités de S.G.Mgr Rouleau.Nous n’ajouterons qu’un mot.C’est que le nouveau chancelier de l’Université se sentira parfaitement chez lui au milieu de ces jeunes qui déjà l’aiment et le vénèrent.Tous formés à l’École de saint Thomas, parce que tous ayant fait leurs deux années de philosophie dans des collèges et séminaires où le Docteur angélique est à l’honneur, ils sont heureux d’avoir pour guide un frère bien authentique de l’Ange de l’École, et un fils de cette illustre famille dominicaine à qui le Canada doit beaucoup.Et à propos de l’Ordre de saint Dominique,nous constatons avec plaisir tous les progrès qu’il réalise dans notre pays.A preuve,l’agrandissement de moitié de son couvent d’études à Ottawa.C’est Monseigneur l’Archevêque-élu de Québec qui en a présidé la bénédiction au mois d’août dernier.La maison est littéralement remplie d’étudiants.G’est dire que depuis quelques années, les recrues dominicaines se font nombreuses, très nombreuses.Et nous faisons volontiers nôtres ces quelques lignes parues à ce sujet dans le Droit du 16 août dernier.“ Le couvent dominicain d’Ottawa est un Chronique de l’Université 127 centre d’études religieuses et un foyer de doctrine thomiste auquel l’épiscopat canadien s’est plu à rendre hommage, et d’où sortent, chaque année, des professeurs et des prédicateurs appelés à prendre leur part du labeur apostolique au pays.Il faut se réjouir de la nouvelle étape qu’il vient de franchir et lui souhaiter succès et prospérité.” Au vrai, les fils de saint Dominique ont bien mérité du pays tout entier.Tous les catholiques, tous les Canadiens français voient avec joie leurs progrès incessants.Et l’Université Laval, qui a à sa tête l’un de leurs frères les plus illustres, prend donc large part à ce bonheur légitime et fait des vœux sincères pour que d’année en année s’accentuent ces progrès consolants.Quelques jours plus tard s’effectuait de la capitale un départ qui a laissé chez nous des regrets unanimes.Son Excellence Mgr Pietro di Maria, délégué apostolique, était rappelé en Europe pour succéder au nonce à Berne, nommé à Paris.Dans une lettre d’adieux extrêmement touchante au clergé canadien, Mgr Pietro di Maria a dit toute la peine qu’il avait de quitter la terre canadienne.Il loue publiquement la soumission généreuse et spontanée au Saint-Siège des prêtres et des fidèles et déclare en partant apporter de nous le plus inaltérable souvenir.Que Monseigneur le nonce à Berne veuille bien croire que nous entretenons les mêmes sentiments à son égard.Durant son séjour ici nous avons admiré son grand esprit surnaturel, son tact insurpassable et son grand amour de la justice.Il a pu voir sur place combien les Canadiens, et surtout les Canadiens français aiment et respectent le Saint Père.Il a pu voir encore et surtout admirer notre merveilleuse organisation paroissiale.Dans cette organisation Son Excellence a pu voir enfin que résidait l'avenir du catholicisme en notre pays.Là-bas nous lui souhaitons le même succès qu’ici.Et l’Université Laval, qui n’a qu’à se féliciter des bons rapports qu’elle a eus avec son Excellence, lui souhaite au pays de la Société des Nations tout le bonheur et toutes les consolations 128 Le Canada français qu’il a eus sans doute en partage sur les bords du canal Rideau.* * * Outre notre unique organisation paroissiale, Son Excellence le Délégué Apostolique a eu maintes occasions d’apprécier l’œuvre des œuvres fondée dans le diocèse de Québec par S.E.le Cardinal Bégin, secondé admirablement par son zélé coadjuteur S.G.Mgr P.-E.Roy, l’œuvre de VAction Sociale Catholique.Un article de son programme est de tenir à tous les ans à Québec une journée appelée journée sociale où sont discutées les questions les plus actuelles et du plus haut intérêt.Cette année, cette journée a eu lieu le 23 septembre à la salle des promotions de l’Université Laval, gracieusement prêtée par les autorités de cette institution.L’un des travaux, présenté parle R.P.Bonaventure, o.f.m., portait sur le "prêtre et la presse catholique.Travail fouillé et rempli de suggestions neuves et opportunes.Le R.P.a souligné l’importance d’une École de journalisme catholique.Quelles que soient les manières de voir de chacun sur l’organisation pratique de cette fondation, tous sont unanimes sur le principe.La presse mène de plus en plus le monde.Pourquoi ceux qui veulent devenir journalistes, et surtout journalistes catholiques, n’auraient-ils point une préparation spéciale ?Ces séances du jour ont été présidées par S.G.Mgr Langlois, évêque-élu de Valleyfield qui, le matin, à la chapelle des Ursulines, avait célébré la messe.A terminé cette journée un concert de musique d’Église par la Chorale Désy, sous la direction du R.P.Lefebvre, s.j., qui donna une conférence très écoutée et très goûtée, dont les différentes parties étaient émaillées de diverses pièces chantées à ravir par ses chanteurs et ses chanteuses.Salle comble comme aux plus beaux jours, toute ravie et toute contente d’avoir eu l’avantage d’assister à semblable régal.Somme toute, journée remplie d’enseignements pra- Chronique de l’Université 129 tiques.Et l’Université est restée dans son rôle en ouvrant si largement ses portes aux promoteurs de ce mouvement social dont la bienfaisance ne se discute plus chez nous.Elle est aussi restée fidèle à la grande mémoire de son avant-dernier chancelier dont l’ombre paraissait planer dans cette salle des promotions si souvent témoin de sa prenante et surnaturelle éloquence.Ce nous est toujours une tâche agréable de rappeler le souvenir des chers disparus, comme aussi ce nous est une bien douce consolation d’aller de temps en temps chez nos anciens pour leur dire qu’on s’intéresse à eux et que leurs joies et leurs deuils sont nos joies et nos deuils.Depuis la dernière chronique, quelques-uns d’entre eux s’en sont allés dans la maison de leur éternilé.Au mois de juin décédait, après une très longue et très cruelle maladie, soufferte avec la résignation d’un saint, Mgr C.-O.Gagnon, prélat de Sa Sainteté, et autrefois sous-directeur de Y Action Sociale catholique.Il s’intéressait tout particulièrement à notre revue.Abonné de la première heure, ilia lisait fidèlement.Il profitait de la moindre occasion pour nous dire tout son attachement et toute la joie qu’il éprouvait de voir notre périodique évoluer pour le mieux.Nous garderons longtemps la mémoire de ce cher ancien qui fut avant tout un prêtre.Peut-on exiger davantage?Nous devons aussi une mention spéciale à MM.les abbés F.-X.Tessier-Laplante et Auguste Vézina, tous deux anciens élèves de la Faculté de Théologie et morts au cours des vacances.Au chapitre des deuils succède le chapitre des joies.Ainsi le 4 du mois d’août M.le chanoine V.-A.Huard a célébié dans l’intimité ses noces d’or sacerdotales.Le Canada français est heureux de mentionner en passant ce joyeux événement.Personne n'ignore les titres de M.le chanoine à notre reconnaissance, personne n’ignore aussi tout le travail obscur mais combien efficace a opéré ce prêtre humble et distingué depuis cinquante ans.Nous avons eu déjà occasion de dire ici qu’il a inspiré à notre jeunesse le goût des sciences natu- ISO Le Canada français relies.Ses petits manuels qui dénotent des connaissances approfondies et variées, qui dénotent surtout une science de la pédagogie et de la psychologie peu ordinaire, sont répandus par milliers et servent à l’enseignement dans la plupart de nos maisons d’éducation.Ils sont à la portée des jeunes et des petits.Ce n’est pas un moindre éloge que de leur reconnaître publiquement cette rare qualité.Le jubilaire vient de publier La vie et l’œuvre de l’abbê Provencher.C’est un superbe volume de plus de cinq cents pages, dont nous donnerons bientôt le compte rendu dans le Canada français.Directeur du Naturaliste canadien, qui depuis plus de cinquante ans mène une existence toute débordante d’activité, M.le chanoine continue chaque mois à faire l’éducation scientifique des nôtres.Que Dieu lui prête encore d’heureux et longs jours! Il est de ceux qui bâtissent la race et dont la disparition cause un vide bien difficile à combler.M.le docteur P.-C.Dagneau, qui vient d’être nommé président des médecins de langue française de l’Amérique du Nord, voudra bien aussi agréer nos sincères compliments.L’Université le compte parmi ses professeurs les plus cultivés et les plus écoutés.Au témoignage de ses proprs élèves, c’est toujours une jouissance nouvelle que d’aller entendre ses leçons.Et ces mêmes élèves aiment chez ce professeur toute l’attention paternelle qu’il porte à leurs études et à leur avenir.Il ne se gêne pas, ce professeur, de leur rappeler leurs responsabilités de demain.Bref, le docteur Dagneau est sans conteste un excellent éducateur.Ses confrères avaient donc toutes les raisons de lui confier le poste de confiance auxquels ils viennent de l’appeler.C’est un insigne honneur dont l’Université est fière et pour lequel elle présente ses bonnes félicitations à cet ancien si universellement estimé.Le troisième jour de ce mois d’octobre marquait le Vile centenaire de la mort de saint François d’Assise.On sait que Chronique de l’Université 131 partout on célèbre avec pompe ce glorieux anniversaire.L’Université, par la voix de son organe, est contente de dire aux fils du glorieux Séraphique qu’elle prend une large part à leurs joies légitimes.On ne cherche plus à prôner toute l’énorme influence qu’a jouée et que joue encore leur illustre fondateur.C’est depuis longtemps une vérité évidente et qui crève les yeux.Dans notre cher Canada les enfants de saint François se sont montrés toujours dignes de leur Père.Paitout ils ont prêché les vérités évangéliques, partout ils ont collaboré à tous les bons mouvements, et cela avec un desintéressement, avec un dévouement qui surpassent tout éloge.Nul doute que ce septième centenaire leur sera une occasion nouvelle de marcher toujours bien scrupuleusement sur les traces de celui qui comme le Christ a apporté à la terre la vraie joie.On invente des systèmes, on écrit de gros volumes pour résoudre la question sociale.Il y a longtemps que saint François, d'ailleurs comme tous les autres saints dont s’honore l’humanité, a trouvé le remède.C’est le retour à la pratique de l’Évangile.Voilà la solution franciscaine de la question sociale, la seule vraie, pour rappeler le titre d’une petite brochure parue il y a près de vingt ans.Année franciscaine,pourrait-on dire,année aloysienne aussi.Il y aura deux cents ans le 31 décembre prochain qu’ont été canonisés saint Louis de Gonzague et saint Stanislas de Kostka.Le Saint Père veut que l’on commémore cette glorieuse date.C’est l’année aloysienne commencée en juin dernier, dans le monde catholique.En vérité, on ne saurait proposer de plus beaux modèles à notre jeunesse universitaire et aux élèves de nos collèges.On le sait, ces deux jeunes gens se sont sanctifiés par l’accomplissement fidèle de leurs devoirs de chaque jour.Tel a été à peu près leur unique moyen d’arriver à cette haute sainteté reconnue publiquement par l’Église il y a deux siècles.Mais pour accomplir généreusement son devoir de chaque jour, il faut de l’énergie.Car les ennemis sont nombreux.Cette énergie ils sont allés la chercher dans la prière, dans la 132 Le Canada français réception des sacrements de pénitence et d’eucharistie.C’est ainsi que toujours ils ont eu une foi et une pureté à toute épreuve, c’est ainsi que toujours ils ont pu faire les sacrifices que demandait leur tâche quotidienne.Et donc, nos jeunes gens demanderont à ces deux saints un grand esprit de foi, un grand amour de la pureté.A leur école ils apprendront la virilité de caractère si nécessaire aujourd’hui à ceux qui veulent vivre intégralement leur religion, ils apprendront encore comment résister au flot de luxe et de naturalisme qui emporte tout le monde, ils apprendront enfin comment faire la guerre au respect humain dont est victime un si grand nombre d’entre eux.Année aloysienne, année de renouvellement pour notre jeunesse ; année aloysienne, point de départ d’une vie plus généreuse, plus catholique, d’une vie qui prépare des lendemains féconds remplis de glorieuses promesses pour l’Église et le pays tout entier.Laval
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