Le Canada-français /, 1 novembre 1926, Chronique de l'Université
CHRONIQUE DE L’UNIVERSITÉ L’École de Philosophie.— Un prix.— Au Madawaska.— Mgr Laflèche.— Blâmes et louanges.— A l’honneur.— Nouveaux professeurs.— En liesse.— Hahemus Poniificem.— A Val-leyfield.— Transeamus.Débuts plus qu’encourageants à l'École supérieure de Philosophie.Assistance nombreuse aux premières leçons qui se maintient, voire qui augmente sensiblement.Plus qu’il n’en faut pour stimuler les deux professeurs qui, le lundi et le vendredi, depuis le commencement d’octobre, montent à la tribune chaque semaine pour exposer quelques problèmes ardus de la cosmologie et du droit naturel fondamental.Le temps leur manque pour tout embrasser.Du reste, là n’est point le but de cette nouvelle fondation.Approfondir davantage certaines questions toujours d’actualité, voilà ce qu’avant tout ont voulu les promoteurs de ce projet devenu heureusement une réalité qui a bien sa place dans le complexe rouage universitaire.Et les auditeurs, de tout rang, de toute classe, ne se laissent point effrayer par les titres sévères des cours annoncés.Tant mieux, car c’est un signe que le sérieux n’a pas complètement laissé nos plages et qu’il y a encore chez nous tout un monde qui a le culte des principes et des idées justes.L’influence de la philosophie, dans tous les domaines, ils ne sauraient en douter.Et leur assiduité remarquable aux leçons de l’École prouve une fois de plus qu’en dessous des menus événements dont sont faites nos existences quotidiennes ils admettent toujours un principe en jeu qui en est comme l’étoffe. 206 Le Canada français L Université a raison d’être fière de ce nouvel organisme ajouté à plusieurs autres qui fonctionnent à merveille.Et pour être arrivé en dernier, eet organisme n’en a pas moins d’importance.Elle augure beaucoup de bien de cette institution nouvelle.C’est d’ailleurs toujours le rôle principal d une université catholique de donner le tout premier rang à l’enseignement de la philosophie, et surtout, lorsque cette philosophie s’appelle philosophie thomiste.A ce point de vue, comme sous tous les autres, l’Université Laval a été fidèle à sa haute mission.Aussi bien, avec les années, espère-t-elle, par la création de chaires annexes, compléter cette École, fort bien accueillie de tous à sa naissance, et que tous souhaitent voir prospérer de plus en plus.Cette prospérité contribue au triomphe et à l’expansion de la philosophie scolastique.Et celle-ci, elle vient d’être affichée au programme d’enseignement d’une université neutre de l’Ouest canadien.En effet, le Patriote, le si vaillant journal de Prince-Albert, dans son numéro du 20 octobre, annonce la création d’une chaire de philosophie scolastique à l’Université de Saskatoon.Catholiques et protestants pourront suivre ces cours nouveaux.Et le grand journal français de l’Ouest de voir en cela une marque bien tangible de sympathie envers le catholicisme.Il a bien raison, car la scolastique, pour être en elle-même la philsophie toute naturelle de l’esprit humain où qu’il soit, est surtout professée dans les universités catholiques.On sait encore qu’elle est le plus ferme appui de notre sainte religion.Et donc, voir en cette demarche des autorités de l’Université de Saskatoon une délicate attention pour l’Église romaine, cela va de soi.Nous ajouterons que dans ce grand pays des plaines où l’immigration augmente chaque année, où tant de croyances diverses s’entassent et s’entrechoquent, il faut que les dirigeants de demain soient toujours mieux orientés, et pour cela, il leur est besoin de recevoir une formation philosophique de tout premier ordre.Et nous pouvons supposer que CHRONIQUE DE i/uNIVERSITÉ 207 peut-être on s’est depuis longtemps aperçu de l’inanité de tous les systèmes en vogue aujourd’hui.Quoi qu’il en soit, Saskatoon mérite toutes les félicitations pour la création de cette chaire nouvelle qui, c’est notre vœu sincère, comptera à ses pieds de très nombreux auditeurs.Elle en est digne.Et s’il nous fait plaisir de mentionner d’une façon spéciale cette belle action de la grande université de l’Ouest, située dans le diocèse de S.G.Mgr Prud’homme, nous n’éprouvons pas moins de joie en faisant part à nos lecteurs du beau succès que vient de remporter un des plus distingués professeurs de notre Faculté de Médecine, M.le docteur Arthur Vallée.M.le secrétaire de la Province a organisé l’an passé le premier concours d’histoire du Canada.Lumineuse et bienfaisante idée dont il faut savoir infiniment gré, en passant à l’honorable Athanase David, puisqu’elle est bien de nature à encourager ceux qui, de plus en plus nombreux, s’occupent de notre belle histoire.M.le docteur Vallée prit part à ce concours et présenta au jury un travail sur le docteur Sarazin, ce médecin français qui fit souche au Canada, travail primé et pour lequel son auteur a reçu le magnifique piix de cinq cents dollars.M.le docteur Vallée est un travailleur acharné.Avec son cours et ses travaux de laboratoire, l’histoire du Canada et d’autres études remplissent ses très laborieuses journées.Esprit cultivé, ouvert à tout, il est de ceux qui comprennent qu’un peuple vaut par ses élites.Au grand œuvre de notre assension vers la supériorité, il contribue de sa généreuse et constante quote-part.Quel bel exemple de travail et d’assiduité au devoir il donne à ses élèves et à ses nombreux garçons, dont trois déjà font leurs classes au Séminaire de Québec ! Noblesse oblige.Notre éminent concitoyen le sait.Depuis toujours il marche dans le sillon que lui a tracé son digne père, et à son tour, il est en train de faire de même pour ses fils.De si beaux exemples nous convainquent davantage que vraiment la famille canadienne-française a sauvé la race. 208 Le Canada fbançais Oui, la famille canadienne-française, elle a sauvé la race .On peut en dire autant du clergé.Vieux clichés, assez usés, crient les uns.Ce sont ceux qui ordinairement ne croient pas à la toute-puissance de l’armature familiale.Trop férus des doctrines dites modernes qu’ils ne comprennent guère, ils aiment entretenir les badauds du progrès de l’évolution, loi nécessaire, inéluctable, qui soumet tout à ses fatales exigences.Sans crainte, comme sans rancune, laissons-les caresser leurs chimères et leurs préjugés, et ne cessons de proclamer bien haut tout le bienfait des forces spirituelles auxquelles nous devons notre survivance.Ces vérités ont été mises une fois de plus en vedette le 29 septembre dernier, lors de la célébration des noces d’or sacerdotales de Mgr L.Pugal, P.A., vicaire général de Chatam et curé de Saint-Basile, au Madaivaska, depuis cinquante ans.Confiné dans ce petit coin de terre tout le temps de sa longue vie sacerdotale, le vénéré jubilaire n’en a pas moins mené une féconde existence pour l’Église et le pays.Les fêtes tout intimes dont il a été l’objet, de la part de son peuple et du clergé local, auxquels s’étaient joints Monseigneur Murray, évêque de Portland, et Nos Seigneurs Gariépy, de Québec, et Grandbois, de Régina, lui ont prouvé amplement toute l’affection de ses paroissiens pour le bien de qui il se dépense sans compter.Monseigneur Dugal, ancien élève du Petit Séminaire de Québec et de la Faculté de Théologie, est toujours resté extrêmement attaché à son Alma Mater.Aussi bien celle-ci avait-elle tenue d’être présente à ces fêtes en déléguant Monseigneur C.-N.Gariépy, qui a porté au grand vicaire de Chatam tous les vœux et les bons souhaits de l’Université Laval.Le dimanche précédent, le 26 septembre, Trois-Rivières inaugurait un monument élevé à la mémoire de l’un de ses grands évêques, Mgr Lafièche.Tous chez nous connaissent CHRONIQUE DE l’uNIVERSITÉ 209 bien l’histoire de cet homme génial, de ce prêtre de feu, de cet évêque patriote qui a si bien servi l’Église et son pays.Orateur des plus authentiques, il a remué les foules, il les a converties.Son éloquence qui n’avait rien de guindé et de surfait était belle et puissante comme la nature dont elle dérivait en droite ligne.Mais ce don à lui si richement départi par la divine Providence, il l’avait annuellement enrichi par la réflexion, l’étude et surtout la méditation des saints livres.Et les textes de l’Ancien comme du Nouveau Testament se pressaient-ils drus sur ses lèvres ou au bout de sa plume, avec un ordre, un à propos et une logique qu’on ne cessait d’admirer.Et puis son grand esprit surnaturel, et puis la flamme d’apostolat qui le dévorait.Les sauvages de l’Ouest qui profitèrent les premiers de son dévouement inlassable, s’ils revenaient.Que de nobles et belles choses ils raconteraient ! Mais qu’ils dorment en paix! Mgr Laflèche a semé là-bas la fertile semence qui aujourd’hui porte des fruits abondants.Il faut rappeler encore que ce grand évêque eut sur les problèmes les plus agités de chez nous des vues profondes et justes.L’histoire impartiale lui rend de plus en plus justice, et sans vouloir délivrer un brevet d’infaillibilité à quiconque, elle dira que lui, comme les autres de sa génération, eurent toujours les intentions les plus droites, et que toujours aussi ils ont lutté et souffert pour la vérité.Inclinons-nous devant ces héros.Leurs vies nous sont une prédication continuelle.L’Université Laval qui voulut prendre part aux fêtes trifluviennes s’y est fait représenter par Mgr N.-C.Gariépy, P.A., professeur à la Faculté de Théologie.* * * Ces monuments érigés ici et là rappellent à notre peuple les belles actions, la noble conduite, le dévouement caché 210 Le Canada français de plusieurs des nôtres.Hommes d’Église pour la plupart, c’est celle-ci qui les a faits ce qu’ils ont été, mais en retour, c’est pour celle-ci aussi qu’ils ont vécu et travaillé.L’Église, au vrai, ne cesse d’être à l’ordre du jour.La grande recom-menceuse, comme a dit quelqu’un, elle est sans cesse aux aguets pour pouvoir conserver intact contre de très puissants ennemis le dépôt à elle confié par son divin fondateur.Son divin fondateur ! Il était donc Dieu, ce fondateur, et son œuvre principale, cette société, l’Église, est une société éminemment surnaturelle.Voilà qui doit être crié et professé, sous peine de passer pour hérétique, quel que soit le respect que, par ailleurs, on professe pour cette grande institution.Aussi, condamnés doivent être ceux qui vident cette société de son contenu surnaturel, et la prennent tout au plus pour un groupement aux cadres rigides et malléables à la fois, dont le rôle est de maintenir l’ordre entre les classes ici-bas.C’est, il me semble, tout ce qu’a voulu rappeler le Saint-Père dans la Lettre Apostolique que le 5 septembre dernier il adressait au cardinal Andrieux, “ pour louer la sollicitude pastorale de l’archevêque de Bordeaux et faire entendre sur la même question, les avis et les conseils du Pasteur des pasteurs ”, Avis et conseils où blâmes et louanges s entremêlent paternellement, pour le plus grand bien des intéresses.Les intéressés, ce sont quelques dirigeants de Y Action française de Paris ; les intéressés, ce sont encore des catholiques, et surtout des jeunes gens, qui suivent ce mouvement.Un groupe de jeunes catholiques du diocèse de Bordeaux avaient posé à leur archevêque la question suivante : Pou- vons-nous suivre en toute sûreté de conscience, 1 enseignement donné dans leur Institut et dans leurs diverses publications par les dirigeants de l’Action française ?” A la fin du mois d’août, le Cardinal-Archevêque de ce diocèse répond en faisant naturellement les distinctions nécessaires.Mouvement d’Action française, d’ordre politique et d’ordre religieux.Séparation importante qui permet de faire juste la part des éloges et des blâmes. CHRONIQUE DE l’üNIVERSITÉ 211 Sur le problème politique, écrit Henri du Passage (Études, 5 octobre), le Cardinal déclare respecter purement et simplement la légitime liberté d’opinion que l’Église reconnaît à ses enfants dans le domaine temporel et politique.Mais sur les problèmes philosophiques, moraux et religieux, relevant que plusieurs dirigeants de l’Action française, et notamment le plus connu et le plus influent de tous, sont étrangers à la foi catholique, le Cardinal de Bordeaux signale avec insistance le péril qu’il y aurait, pour de jeunes chrétiens, à prendre dans ce milieu intellectuel leurs orientations et leur formation en matière doctrinale.Voici, en effet, comment l’Archevêque de Bordeaux terminait son avertissement pastoral.Athéisme, agnosticisme, antichristianisme, anticatholicisme, amoralisme de 1 individu et de la société, nécessité pour maintenir l’ordre, en dépit de ces négations subversives, de restaurer le paganisme avec toutes ses injustices et toutes ses violences, voilà, mes chers amis, ce que les dirigeants de l’Action française enseignent à leurs disciples et que vous devez éviter d’entendre.Comme on se l’imagine bien, il y eut protestation de la part des dirigeants de l’Action française spécialement visés dans le document épiscopal.Nous sommes blessés, ont-ils déclaré, au point le plus intime de notre conscience de catholiques, nous sommes gravement atteints dans notre honneur de chrétiens.Nous ne pouvons pas nous taire.Ce serait nier notre foi que île laisser croire à Votre Éminence que nous ne la professons pas assez avec toute l’énergie de notre âme.Nous protestons donc de toutes nos forces contre ces accusations “d athéisme, d’agnosticisme, d’antichristianisme, d’amoralisme, de paganisme ”, Nous croyons tout ce que croit l’Église.Et, puisque Votre Éminence nous juge si différents de ce que nous sommes, nous lui offrons de lui adresser, si Elle le désire, la formule de profession de foi, telle que le pape Pie X l’a prescrite, revêtue de nos signatures.Pour être juste, il faut savoir gré à plusieurs dirigeants de l’Action française de leur profession sans peur du plus 212 Le Canada français authentique catholicisme.Et disons à leur honneur que quelques-uns d’entre eux n’ont pas craint de rompre avec un avenir brillant lorsqu’il s’est agi de résister aux décro-eheteurs d’églises et de couvents sous le gouvernement Combes de si triste mémoire.Tout cela le Saint-Père le sait, et s’en souvient.Aussi,cequ’il vise, ce n’est pas l’ensemble des personnes mais la direction doctrinale de quelques-uns, surtout du plus connu, du plus influent d’entre eux.Ce n’est un secret pour personne, il est ici question de Charles Maurras, que plusieurs appellent couramment cher maître et dont l’influence est incalculable.Et ce qu’il y a surtout de spécieux et de dangereux chez lui, c’est que, d’unepart, àune thèse autoritaire et traditionaliste, s’allient, d’autre part, des idées totalement fausses au point de vue métaphysique et religieux.Antagonisme déplorable qui a abouti aux théories, avec raison condamnées par l’Éminentissime Archevêque de Bordeaux.Vis-à-vis de Jésus-Christ,écrit encore leR.P.duPassage.dudogme de l’Incarnation, la méconnaissance de M.Maurras est absolue.Dans des lignes anciennes, supprimées mais non formellement répudiées, il avait même établi une opposition entre l’Évangile et l’Église, entre le christianisme et le catholicisme.Jamais il n’a fait le départ exact entre l’enseignement authentique du Sauveur et les fantaisies qu’un Tolstoï a cru pouvoir déduire du Sermon sur la Montagne.Et logiquement, l’Église lui apparait Comme une armature sociale, comme une discipline intellectuelle, chargée de tempérer, presque d’arrêter, plutôt que de soutenir les élans de l’âme.La vie intérieure, avec ses richesses sacramentelles, avec l’immense trésor de la grâce, avec toutes les perspectives de l’ascétisme chrétien, court le péril d’être réduite à des formules légitimes, nécessaires même, mais insuffisantes pour introduire l’homme tout entier, tête et cœur, dans le royaume de Dieu.Certes, il y a de quoi à rendre inquiets et perplexes ceux qui ont charge d’âme.Il serait trop long de rapporter ici CHRONIQUE DE l’üNIVERSITÉ 213 tous les articles auxquels ont donné lieu la question des jeunes catholiques de Bordeaux et la réponse de leur premier Pasteur.Contentons-nous de rappeler en terminant que le Saint-Père désire fortement que les jeunes qui lui ont protesté de leur foi sincère posent des actes conformes à leur démarche honorable.Ce qui veut dire que leur devoir est de se séparer des dirigeants de l’Action française.Avec le P.Henri du Passage, nous ajouterons qu’il “ nous reste à demander au ciel que l’inévitable émotion suscitée par cet avis si hautement, si cordialement qualifié, s’apaise, pour laisser l’œuvre de lumière et d’obéissance s’accomplir dans la charité.” * * * J’achève ces quelques lignes au sujet de l’Action française encore sous le charme éprouvé à l’audition d’un concert donné par M.Arthur LeBlanc, violoniste, et Madame Saint Cœur, soprano lyrique.Vraiment, l’Acadie est à l’honneur, et ces deux artistes acadiens sont certes la gloire de leur petit pays.M.LeBlanc est bien connu du public québecquois.Celui-ci a eu maintes fois le plaisir de l’entendre et de l’applaudir lorsqu’il était étudiant au Séminaire de Québec.Après trois années, il nous revient avec son magnifique talent cultivé et enrichi.Le programme exécuté à l’Université les 26 et 27 octobre est digne des plus grands artistes du monde.Arthur LeBlanc monte vite à la célébrité.Nous avons encore remarqué cette belle assurance toute simple d’autrefois, cette dignité empreinte de noblesse, et surtout cette technique quasi prodigieuse.Tout chez cet artiste plaît et attire.Et ce qui nous le rend encore plus sympathique, c’est qu’il est resté bien nôtre tout en étant peut-être le meilleur élève au conservatoire de Boston qui, pourtant, compte de fort remarquables étudiants.L’Université Laval, le petit Séminaire de Québec est fier de lui, comme l’a dit si finement 214 Le Canada français Mgr le Recteur après le concert donné aux communautés le mardi 26 octobre.Et Madame Saint Cœur, qui héberge à son foyer de Boston son talentueux compatriote, a une voix riche et souple, qui dénote une haute culture.Elle voudra bien garder pour elle une large part des compliments adressés à son compagnon.Du reste, les applaudissements nourris dont elle a été l’objet lui sont preuve suffisante que l’auditoire d’élite de Québec qui habituellement fréquente la salle des Promotions de l’Université a su apprécier ses incomparables qualités artistiques.Et puisque nous en sommes au chapitre des compliments, nous en profiterons pour dire toutes nos félicitations aux nouveaux professeurs de l’Université.A sa séance du 18octobre, le conseil universitaire a nommé professeurs titulaires, M.le chanoine Pelletier, MM.les abbés Maurice Laliberté et Rosario Benoît, et MM.les docteurs R.Potvin et J.-B.Lacroix, et professeurs agrégés, MM.les abbés Florido Gagné et Camille Morissette.M.le chanoine Pelletier devient titulaire de la chaire de chant grégorien, tandis qu’à M.l’abbé Maurice Laliberté échoit la chaire de littérature française, et celle d’astronomie à M.l’abbé Rosario Benoît.M.le docteur J.-B.Lacroix succède à feu le docteur Odilon Leclerc, de son vivant professeur titulaire de physiologie, puis M.le docteur Rosario Potvin, depuis quelques années remplaçant de feu le docteur Hamel, a été choisi comme titulaire d’histologie.Nos lecteurs connaissent déjà les estimables qualités et la haute culture des nouveaux titulaires.C’est pourquoi sauront-ils gré aux autorités universitaires de cet heureux choix.Non moins heureuse et très appréciée à été la nomination de Monseigneur Camille Roy, comme professeur titulaire de littérature canadienne.Qu’elle existe cette littérature, le recteur actuel de l’Université l’a depuis longtemps démontré.Quelques-uns des nôtres, pas encore con- CHRONIQUE DE l’üNIVERSITÉ 215 vaincus qu’en réalité nous avons bien une littérature à nous, auront peut-être appris cette nouvelle en souriant ! C’est fort possible.Mais, il n’est pas toujours facile “ de contenter tout le monde et son père ”, et tout de même, l’Université a cru le moment arrivé de faire cette fondation, laquelle ne pourra que contribuer à donner un nouvel essor aux lettres canadiennes.Nominations, fondations qui sont des signes très sensibles des progrès rapides de notre Université.C’est ce que tout le monde constate, c’est ce dont tout le monde se réjouit.Et nouvelle occasion de faire cette constatation et de nous réjouir a été la fête de Mgr le Recteur, tombant cette année, le vendredi, 22 octobre.Vraiment, ce jour-là, tous étaient en liesse.La veille, présentation des souhaits et des vœux coutumiers par les différentes sections de la grande communauté que sont les Séminaires de Québec et l’Université Laval, et le jour même messe à la chapelle extérieure, le diner habituel.A ce diner assistaient plusieurs prélats et beaucoup de membres du clergé séculier et régulier.Ces réunions de famille resserrent davantage les liens de bonne entente et de bonne camaraderie qui doivent exister entre les anciens et leur Alma Mater.C’est ce dont ont de plus en plus besoin nos maisons d’éducation pour vivre, grandir et prospérer.Et trois semaines après arrivait à Québec, pour prendre possession de son siège épiscopal, notre nouvel archevêque, S.G.Monseigneur Raymond-Marie Rouleau, des Frères-Prêcheurs.Cérémonies grandioses et imposantes le soir du 8 novembre et le lendemain.Habemus Pontificem, oui nous avons un Pasteur.Il est l’élu de Dieu.Mgr L.-A.Pâquet lui a présenté les souhaits du clergé, Son Honneur le maire de Québec, ceux des citoyens de la ville.Un Père Rédemptoriste a parlé au nom des fidèles de langue anglaise.Monseigneur l’Archevêque a répondu avec un tact et un à propos qui ont gagné tout le monde. 216 Le Canada français Le lendemain, 9 novembre, première messe pontificale du successeur de Monseigneur Roy.Nombreux clergé et assistance non moins nombreuse et très recueillie.S.G.Monseigneur Brunault, évêque de Nicolet, dans une courte allocution, fit un éloge délicat du nouvel élu et de ses trois prédécesseurs immédiats.Et puis grand diner au Séminaire qui a réuni la majorité des membres du clergé séculier et régulier.Le mercredi, 10 novembre, Sa Grandeur a célébré la messe au Séminaire.Immédiatement après le déjeuner, il y eut réception au Petit et au Grand Séminaires.Quelques mots de Mgr le Supérieur et présentation d’adresse par un écolier.Monseigneur l’Archevêque répondit en donnant à tous d’excellents et sages conseils.Et avec sa bénédiction il accorda le grand congé démandé par un tout petit élève dans un langage fort scolastique ! Nouveau règne qui commence pour l’Église-mère de Québec.Nouveau règne qui sera visiblement béni de Dieu et dont tous attendent beaucoup pour la plus grande gloire de la religion.Nous le répétons, le nouvel archevêque de Québec rencontrera dans cette portion de la vigne du Seigneur, à lui confiée par le Saint-Père, cette soumission empressée, cette obéissance prompte qui lui allégeront quelque peu le lourd fardeau qui vient de tomber sur ses épaules.Et le 10 du même mois s’en allait à Vaüeyfield le successeur de Mgr Rouleau, le troisième évêque de ce diocèse, Mgr J.-A.Langlois.C’est deux jours après son départ de Québec, c’est-à-dire le 12, que Sa Grandeur a été intronisée.Que nos vœux sincères accompagnent l’ancien vicaire capitulaire de notre diocèse! Là-bas, il continuera de se dévouer, comme il l’a fait ici; là-bas il continuera de faire bénéficier de sa prenante éloquence, de son grand esprit surnaturel les ouailles qui, trois ans durant, eurent le bonheur de vivre sous la houlette si paternelle de son prédécesseur.Arrivé au terme de cette chronique, celle de novembre, je pense tout naturellement que c’est le mois des morts. CHRONIQUE DE l’uNIVERSITÉ 217 Depuis un an, l’Université a enregistré bien des deuils.Les tombes s’ouvrent souvent.Chacun son tour.pas d’exception ! Ces départs fréquents nous rappellent que nous passons, et très vite, iranseavnus.Mais ceux qui restent doivent profiter des leçons que leur ont données les disparus.Comme eux, accomplissons bravement, intégralement, notre devoir.Comme à eux aussi la mort nous sera le gage d’une récompense sans fin.Comme eux enfin passons en faisant le bien.Transeamus benefaciendo.Laval.
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