Le Canada-français /, 1 novembre 1927, Les livres
LES LIVRES I.— Alix Ayliscon.Une grande éducatrice: Mère Saint-Michel.Religieuse de Saint-Thomas-de-Villeneuve (1845-1923).Préface de S.G.Mgr Baudrillart.Un volume de 494 pages.Gabriel Beauchesne, Paris, 1927, II.— Louis Julien.Pour mieux aimer le bon Dieu.Un volume de 559 pages.Gabriel Beauchesne, Paris, 1927.III.— R.P.Ehrhard.Doute et scepticisme.Petite brochure de 144 pages.Aubanel Frères, Avignon, 1927.IV.— Chanoine R.de Thomas de Saint-Laurent.Saint Antoine de Padoue.Brochure de 89 pages.Aubanel Frères, Avignon, 1927.V.-—Joseph de Ghellinck, S.J.Les Franciscains en Chine, aux XlIIe et XIVe siècles (Ambassadeurs et missionnaires).Deux brochurettes de 40 pages chacune.Xaveriana, 11, rue des Récollets, Louvain, Belgique.1.—• Pour faire bien connaître ce que l’Eglise est pour l’éducation, rien comme de publier la vie des éducateurs et éducatrices religieux.En effet, en étant au courant de ces existences humbles, entièrement dépensées à la formation de l’âme des enfants, on saisit mieux toute la fécondité de l’enseignement évangélique.Belle réponse en même temps, à tant de gens qui crient à l’obscurantisme! Mère Saint-Michel, comme tant d’autres, n’a fait qu’accomplir son devoir.Oui, mais avec quel succès pour le grand œuvre de l’éducation ! Son secret a été de vivre en Dieu et pour Dieu, de s’effacer elle-même pour laisser agir la grâce.Voilà le grand précepte de pédagogie digne de ce nom, il n’y en a point d’autres.IL— Pour mieux aimer le bon Dieu, c’est bien cela que s’est proposé M.l’abbé Louis Julien, aumônier à Montfaucon-du-Velay.Ce volume qu’il publie contient les sermons adressés, en différentes circonstances, à sa gent écolière.Dans une première partie, il traite de la vie surnaturelle.Puis, les exercices de piété qui sont l’aliment de cette vie, forment l’objet de la deuxième partie.Rien de bien nouveau, sans doute, dans ces pages si doctrinales.On ne saurait inventer la doctrine.Tout de même, on y trouve des aperçus originaux, d’ordre bien pratique, qui montrent que l’auteur connaît expérimentalement tous ces problèmes de la spiritualité chrétienne.C’est pourquoi il en parle avec tant d’autorité. 222 Le Canada français 111.Le R.P.Ehrhard continue à répandre la bonne et saine doctrine, dans ses petites brochurettes qui, en réalité, valent leur pesant d’or.Doute et scepticisme, voilà qui est un peu, même trop, à la mode.Pour en revenir et surtout guérir de ce mal, nous ne saurions mieux conseiller que la lecture de ces excellentes pages.IV- On sait tout le succès mérité qu’ont les vies de saints publiées par M.le chanoine Saint-Laurent.Belle oeuvre de vulgarisation, en effet, et qui exerce un très utile apostolat.Ces vies, brièvement présentées, courent chance d’être plus lues.Elles le méritent certainement.V.— Voici deux fascicules de Xaveriana, juin et août 1927.Tous deux racontent succinctement l’œuvre des Franciscains en Chine, comme ambassadeurs et missionnaires.Courts opuscules, mais bien ad rem et très objectifs.Us restent dans le ton de la déjà célèbre collection du Museum Lessianum, dirigée par les Pères Jésuites de Louvain.A.R.I-— A.Bessières.Pour le pape.Un volume de 205 pages.Éditions Spes, 17, rue Soufflot, Paris (Ve), 1927.II.— Mgr Sagot du Vauroux.Pie XI et l'Action Française.Un volume de 128 pages.Éditions Spes, Paris, 1927.III.— L’Église catholique et l’Action Française.Documents Romains.Brochure de 93 pages.Éditions Spes, Paris, 1927.IV.— R.du Ponceau.L’Église et la peine des hommes : I.Des origines au Moyen-Age ; II.Du XVle siècle à nos jours.Deux brochures de 32 pages chacune.Éditions Spes, Paris, 1927.V.— P.Croizier.L'Église et les Travailleurs.Brochure de 26 pages, Éditions Spes, Paris, 1927.I.— Ce nouvel ouvrage du P.Bessières est fait d’emprunts a différents auteurs qui ont eu plus spécialement le culte du Pape.Choix heureux et bien de circonstance.Au moment où le Saint-Père est si sournoisement attaqué, et cela, pour avoir courageusement accompli l’un des plus importants devoirs de sa charge, il est bon, il est nécessaire que l’on dise tout haut le respect auquel il a droit.Les catholiques devraient se procurer ce volujne.En le lisant attentivement, ils trouveront l’antidote au poison de certaines, lectures par trop tendancieuses.j Les livres 223 II.— Morïseigneur l’évêque d’Agen prend la défense de Pie XI.11 le fait comme un docteur bien au courant de la doctrine catholique et un pasteur soucieux du saliit de ses brebis.Pages saisissantes.où une émotion contenue s’allie admirablement à la noblesse du ton et à l’élégance du style.Bon livre et bonne action.III.— Sous la rubrique, l’Église catholique et VAction française, on a réuni tous les documents romains concernant cette question.Les esprits libres de tout préjugé pourront les consulter.Ils se convaincront facilement que la vérité est loin d’être du côté d’une certaine presse qui a intérêt à mêler les cartes.IV.— La Collection “ Peuple de France ” vient de s’enrichir de deux nouveaux tracts où il est parlé de l’Église et la peine des hommes.C’est un résumé succinct et objectif de tout ce qu’a fait l’Église,depuis les origines à nos jours, pour le soulagement des misères de l’humanité.V.— Nouveau tract de la même collection.Ceux qui s’imaginent que les travailleurs ne trouvent le salut que dans le socialisme pourront lire avec profit ces bonnes pages.A.R- Christo Christy.La Berceuse.Pièce dramatique en trois actes et un prologue.Montréal et Nashua, N.-H., 1927.L’auteur de cette pièce a du talent.Mais après avoir parcouru ces quelques pages qu’il vient de signer, on s’aperçoit vite, chez lui, du manque de discipline intellectuelle.Sans doute, beaucoup d’auteurs illustres ont été des autodidactes.Mais n’empêche que les méthodes et l’enseignement restent toujours avec leur valeur pédagogique et formatrice.Ceci dit, avouons que la Berceuse est toute remplie de nobles sentiments et de situations qui en font voir l’austère beauté.C’est l’amour maternel qui est surtout ici en jeu.Christo Christy a su tirer parti d’un fait assez banal et condamnable, pour faire l’éloge de cette grande passion qu’est l’amour des mères pour leurs enfants.Mais pourquoi, par contraste, mettre en scène une fille-mère.11 y avait de si beaux modèles à prendre dans nos foyers chrétiens.Mais encore jeune, l’auteur qui promet, pourra dans un prochain travail, tenir compte de ces remarques, qui sont sincères et qui nous paraissent justes.Quoi qu’il en soit, sa pièce mérite encouragement du public québecquois.P.S. 224 Le Canada français James Leonard McGuire.Oat-Cakes and sulphur.Un volume relié de 90 pages.Recorder Printing Co.Ltd.Brockville, 1927.Titre un peu mystérieux, donné à ces pages apologétiques.L’auteur, d’un ton badin, avec tournure très originale, a voulu se faire lire.Et il va réussir.Dès le premier chapitre on se laisse captiver; il nous faut aller ensuite jusqu’au bout.Son but est de démontrer que Jésus est Dieu, et que sa religion, la religion catholique, est la meilleure.Les incrédules, les doctrinaires, les snobs de toute école, il s’en moque agréablement et avec beaucoup d’humour.Livre qui dénote une science théologique des plus sûres et une culture très étendue.Cet ouvrage devrait être répandu à des milliers d’exemplaires.Il est digne de ce succès.A.R.Chanoine V.-A.Hdakd, Sc.D.Manuel théorique et pratique d’Entomologie.Plaquette in-8 de 164 pages, illustrée de 50 vignettes.Québec, 2, rue Richelieu, 1927.On trouvera dans ce manuel tout ce qu’il faut pour s’initier par soi-même à la connaissance et à la pratique de l’entomologie.Anatomie, organes des insectes, détails les plus curieux sur leur mode de vie, directions pour leur faire la chasse, pour en former des collections, pour savoir dans quelle famille entomologique les ranger : l’amateur trouvera tout cela dans cet ouvrage, en termes le moins techniques qu’il se peut, en pareille matière.Le manuel se vend $1.00 l’ex.franco, chez l’auteur, à Québec, 2, rue Richelieu.P.S.R.P.Duchaussois, O.M.I.Femmes Héroïques : les Sœurs Grises canadiennes aux glaces polaires.Nouvelle éditions, 1927.Édition Spes, 17, rue Soufflot, Paris-Ve.Les lecteurs canadiens connaissent déjà ce livre.Les journaux et les revues en ont dit tout le bien possible.Nous ne pouvons mieux faire ici, que d’encourager, d’exhorter plutôt ceux qui n’auraient pas lu les Femmes héroïques, à s’y mettre tout de suite.Aucune histoire, en ces temps de dévergondage et de frivolités, ne fera mieux voir la beauté sublime du dévouement chrétien, que des femmes, des religieuses souvent faibles de santé, ont poussé jusqu’à l’héroïsme.Et quelle histoire, émouvante, passionnante comme un drame ! J.-E.B. Les livres 225 Jeux et divertissements.Collection “ des fleurs et des fruits ”, bibliothèque pour les jeunes.Seygie.Éditions Spes, Paris, 1927.Livre pour les journées de congé ou de pluie.Tout y est d’une teinte, d’une tenue fort distinguée, et ne rappelle en aucune manière les “ petits Albert ” et leurs sottes histoires de petits tonneaux diaboliques.J.-E.B.Claude Dravaine.Nouara.Chroniques d’un antique village papetier.Préface de Pierre de Nolhac.de l’Académie française.Éditions Bossard, Paris, 1927.L’auteur livre aux curieux les pittoresques images du Livradois, les légendes, les antiques usages, les évocations d’un passé très lointain et d’un pays qui nous est peu connu.Joli livre pour les amateurs de folk-lore et de régionalisme, pour les passionnés des vieilles histoires qui, pour être d’Auvergne, n’en gardent pas moins une saveur très particulière.J.-E.B.Henri Cochard.Sainte Monique, pièce en quatre actes.Collection de Théâtre chrétien des Cahiers Catholiques.Éditions Gabriel Enault, Mamers, 6 fr.Drame sévère où sainte Monique, avec son fils Augustin, prend toute la place.Pas d’action extérieure, à proprement parler,1' mais quelle vie intense intérieure, dans l’âme de la mère douloureuse ! Augustin répond d’abord par des sarcasmes aux implorations maternelles.Fatigué, il s’arrache à sa mère et va chercher dans Rome l’aventureuse gloire que Carthage lui donne trop maigrement.A Milan, la grâce touche le cœur d’Augustin.Et le drame finit sur des perpectives ouvertes, radieuses, aux deux cœurs unis dans le même amour.Drame très beau dans sa raideur même, où l’on aimerait voir bouillonner davantage le sang et les cœurs africains.J.-E.B.Dialogue entre Nicolas Longtin et Louis Bérubé.Les garanties du f rançais et le Règlement XVII.Imprimerie du Devoir, Montréal, 1927.Le règlement XVII a été retiré, depuis la publication de ce petit livre.11 reste cependant que le dialogue Longtin-Bérubé conserve 226 Le Canada français beaucoup d intérêt, pour les documents de tout genre qu’il exploite» et pour d’excellentes leçons qu’il donne de fierté catholique et nationale.J.-E.B.R.P.J.de la V aissière, S.J.Quelques noms de V Apôtre.In-8, 208 pages.Abanel frères, éditeurs, Avignon.Étude sur l’apostolat.Le véritable apôtre est, comme saint Paul, l’imitateur le plus complet possible de Notre Seigneur Jésus-Christ.L auteur, familier avec la théologie paulinienne, a nourri son livre de la doctrine des Épitres.]1 éclaire à souhait les conditions de l’apostolat; il fait voir l’impossibilité de toute action en dehors de la grâce, l’illusion des surmenages stériles, où la vanité humaine seule, trouve à peu près son compte, en attendant les déboires.Beau et bon livre pour les âmes apostoliques, humbles et brûlantes, comme l’âme de Pierre et de Paul.J.-E.B.Pierre-Marie et Jean-Nicolas Grou.Jésus en Croix.Nouvelle édition, revue par le P.Alphonse Cadrés, S.J.Paris-VI°.Pierre Téqui, 82, rue Bonaparte.Le texte original de ce petit livre est du P.Pierre-Marie.Le livre n’est pas banal : il avait été écrit pour la reine Marie de Médicis.La doctrine de ces pages est dure, sans doute, pour la nature; mais quoiqu’on fasse, il est impossible de ne pas suivre un moment la voie de la Croix.Alors, pourquoi ne pas accepter volontiers de garder la voie royale, où le divin Crucifié a précédé tous les pèlerins ?La voie est large, qui mène à la perdition ; étroite, la voie du salut est rude.Mais Jésus est au bout, qui attend et reçoit le marcheur vaillant .-pourquoi retarder ?J.-E.B.Henri Morice, chanoine honoraire, docteur ès-lettres.L’âme de Jésus.Étude sur le caractère du Christ.Un volume de 390 pages, chez Aubanel frères, Avignon.La plupart des hommes sont incomplets et par surcroît médiocres.Jésus, au contraire, est le perfection même.Toutes les qualités morales, dispersées chez nos semblables, se trouvent rassemblées en lui.“ 11 fut à la fois homme d’esprit, homme de cœur et homme Les livres 227 d’action.” C’est l’esprit, le cœur, la volonté, l’action de Jésus, que l’auteur étudie et nous fait voir.Quel sublime sujet d’étude ! Avec quelle fine analyse psychologique, et quelle clarté, il est traité ! Le chanoine Morice prend pour devise : Non nova sed none: aussi, rien de banal, point de lieux communs, mais la vérité concrète, clairement exposée.C’est avec grand profit et grand plaisir qu’on lira U âme de Jésus.- M.L.H.Multzer O’Naqhten.Catholiques d'abord 1 Un volume de 170 pages Éditions de la Gazette française, 17, rue Éblé, Paris (7°), 1927.“ 11 devient indispensable que, appuyés sur l’enseignement des chefs de l’Église, les catholiques élaborent la doctrine qui leur manque, pour préciser leur antimodernisme moral, juridique et social, sans laquelle il leur restera impossible de dresser des plans efficaces pour réaliser les exigences que comporte leur religion.” L’auteur veut orienter l’action et les efforts des catholiques, en leur montrant les causes de leur faiblesse, dans les domaines économique et politique.Les affaires établissent entre les catholiques et leurs ennemis des liens de complicité ; la politique entretient entre catholiques des divisions permanentes.11 faut être catholiques d’abord, défendre sa foi et pratiquer la charité.Ce livre vivant, d’un style alerte, mérite d’être étudié en ce temps de “ barbarie moderne de la Politique et des Affaires ”.M.L.Abbé Étienne Blanchard.Dictionnaire du Bon Langage, 280 pages, 4ièmeédition, 1927.Livre relié, prix : 60 sous, 70 sous franco chez l’auteur et chez les libraires.Cette nouvelle édition, qui est d’un format de poche, est d’un usage très pratique pour toutes les classes de la société.L’auteur ne veut pas faire un dictionnaire de nos fautes, mais un dictionnaire de bon langage ; il veut améliorer notre parler, lui donner une forme bien françhise, l’enrichir de locutions justes et variées.Son livre est attrayant, et permet de corriger une foule d’expressions vicieuses.Un appendice donne cent termes français d’automobilisme, de radiophonie, des conseils sur les têtes de lettres, cartes d’affaires, enveloppes, etc.11 faut lire le Dictionnaire du Bon Langage.M.L. 228 Le Canada français I.— Georges Boulanger.L'Heure vivante.“Poésies”.Un volume de 108 pages.“ L’Êclaireur Ltée ”, Beauceville, 1926.II.— Ê va Sénécal.Un peu d’Angoisse.Un peu de Fièvre.“ Poésies ”, Un volume de 70 pages.“ L’Éclaireur Ltée ”, Beauceville, 1927.III.— Henry Laureys.La Conquête des Marchés extérieurs.Un volume de 314 pages.“ Bibliothèque de l’Action française ”, Montréal, 1927.I.— Voici un petit livre paru en 1926 et dont nous nous excusons de ne pas avoir rendu compte plus tôt.L’auteur, qui en est à sa prime œuvre en vers, n’a point visé à la variété dans l’unité.11 a fait suivre ses pensées religieuses et domestiques de ce qu’il appelle Choses volages et Badinages.Sa Muse s’accommode mieux des premières que des autres, et un choix plus exigeant des pièces à publier eût mieux fait valoir les agréments dont M.Boulanger a sans doute voulu nous faire part.La forme est encore inexperte, à ses heures, bien qu’il faille reconnaître un effort prosodique très consciencieux.Quant à la pensée, elle pourrait être plus au point.Mais il y a une certaine originalité qui s’efforce de transparaître.Le tour naïf de Noël et des Trois Mages est joli.Le rythme de la Mort d’un réveille-matin est intéressant.Au Printemps, Vers le Passé, etc., ne manquent pas de saveur.Bref, M.Boulanger ne se contentera pas d’avoir assemblé les pages de ce volume.11 travaillera encore, et patiemment, à se dégager de ce qui l’alourdit quelque peu.A cette condition, il pourra tenir les promesses qu’il se fait à lui-même.II.— Une âme très sensible s’exprime ici, sans crainte des hiatus voulus et de quelques inversions.Peu importe à la poétesse débutante.Cette âme désire chanter.Certains accents sont poétiques, d’autres le sont moins.Pourtant.il y a quelque chose à retenir ici et là.Le Loup, Mes champs sont de gentils morceaux.Ailleurs.il y a d’agréables strophes.La prosodie pourrait être plus rigoureuse : Pi-a-no et pi-eux ne vous sembleraient-ils pas faire mieux dans le décor et indiquer plus de musique et surtout plus de piété que pia-no et pieux ?Nous ne doutons pas que la poétesse ait encore le plus exquis petit cœur.De grâce, alors, pourquoi écrit-elle : J’avais un bijou de p’tit coeur?comme elle écrit : Des choses que vous n’sauret pas? Les livres 229 Enfin, nous ne sommes pas au café-concert ! Or, nous le répétons, il y a pourtant de la poésie en ce cœur-là.Et tout s’arrangera, à mesure que notre auteur améliorera sa manière, et nous le prouvera jusqu’à l’évidence même.111.— M.Laureys n’est pas inconnu aux lecteurs du Canada français.Ils ont lu avec intérêt l’article qu’il a publié dans la dernière livraison de notre revue, sur la préparation aux carrières économiques.Ils ont aussi pris connaissance de ses articles insérés, depuis 1912, dans la Revue économique canadienne, Montréal, dans la revue France-Amérique, Paris, et dans les revues Science et Industrie, Paris, et l’Actualité économique, Montréal.S’ils ne connaissent pas deux de ses ouvrages : La Nouvelle-Zélande et le Cours de Droit maritime belge, ils n’ignorent pas au moins ceux-ci : Les Richesses économiques de la province de Québec, Les Ressources agricoles de la province de Québec, Les Industries manufacturières du Canada.Essai de Géographie économique du Canada, Pour devenir commerçant, L’Education commerciale,facteur de notre expansion, Notre Enseignement commercial et technique, Le Musée commercial et industriel de Montréal, Le Commerce extérieur du Canada, Les Progrès commerciaux du Canada depuis dix ans.Quel arsenal économique plus complet y a-t-il chez nous ?Quel exemple plus sûr de labeur éclairé et persévérant offrir à nos jeunes gens, que celui aue fournit le distingué directeur de l’École des Hautes Études commerciales de Montréal P La Conquête des Marchés extérieurs vient encore ajouter à ce bel acquit.Notions générales sur le commerce international, bilan commercial du Canada, effort à faire, comment vendre, organisation du crédit à l’exportation, propagande et documentation, exemple de l’étranger,— autant de points traités avec concision, justesse et science, dans la langue la plus simple qui seule convient à l’énoncé de tant de faits mathématiques.Nos hommes publics trouveraient, en ce livre de M.Laureys, de nouvelles occasions d’élargir leurs horizons intellectuels, et tous les industriels et gens d’affaires, qui cherchent des débouchés extérieurs à notre commerce rencontreront à chaque page un sujet d’étude et de méditation.11 est plus difficile de vendre que d’acheter, et plus difficile aussi de lutter contre la concurrence sur les marchés étrangers que sur nos propres marchés.Soyons pratiques dans notre lutte commerciale.Informons-nous à bonne source.Nous dirons, avec M.Laureys : “ 11 ne suffit pas de produire, il faut aussi vendre et, en l’espèce, vendre au dehors, car d’ici longtemps la population cana- 230 Le Canada français dienne sera insuffisante à absorber tous les produits qu’une industrie de plus en plus variée et puissante mettra sur le marché.” Nous nous en doutions bien.Mais il est bon qu’un économiste nous confirme tous dans cette pensée, surtout quand cet économiste a la compétence la plus éprouvée.M.H.Pierre-Georges Rot.Inventaire des concessions en fief et seigneurie, fois et hommages et aveux et dénombrements conservés aux archives de la Province de Québec.Deux volumes de 304 pages chacun.L’Éclaireur, Ltée, Beau-ceville, 1927.Notre archiviste provincial, continue à mettre le public au courant des trésors, dont il est le gardien si intelligent et si dévoué.A la bonne heure ! Savoir nos richesses, c’est les mieux les apprécier.Les amateurs feront leur délices de ces deux nouveaux ouvrages publiés avec tant de soin.Comme il est facile maintenant de consulter les documents ! Remercions à nouveau M.Pierre-Georges Roy pour l’œuvre si opportune qu’il poursuit.A.R.I.Abbé Henri Colin.Manuel de philosophie thomiste.Tome II, Crité-riologie, méthodologie, morale, théologie naturelle.Tables générales.Un volume de 476 pages.Éditions classiques P.Téqui, Paris 1927.II.E.Baudin.Introduction générale à la philosophie.I.Qu est-ce que la philosophie ?Un volume de 277 pages.J.de Gigord, Paris, 1927.1.Nous avons déjà dit ici ce que nous pensions du premier volume du manuel de M.l’abbé Colin.En parcourant le deuxième tome nous retrouvons les mêmes qualités.Voulant faire œuvre de vulgarisation, et de vulgarisation thomiste, il a certes réussi.C’est surprise toujours agréable de constater combien jouit d’un grand pouvoir de plasticité le thomisme bien compris.Nous aimons particulièrement, dans ce volume, les pages consacrées à la méthode.11 y a là des aperçus tout nouveaux et très personnels.Pourquoi faire passer la théologie naturelle en dernier lieu ?Est-ce parce que Dieu est la fin de toutes choses.N’est-ce pas plus conforme à l’esprit de Saint Thomas que de maintenir la morale à la dernière place, et cela à cause de la supériorité de la fin ultime.Et celle-ci suppose la démonstration de l’existence de Dieu.La théodicée devrait donc passer avant. Les livres 231 Quoi qu’il en soit.il faut féliciter M.l’abbé Colin de son opportun travail.En ce temps de dévergondage, où courent les théories les plus absurdes et les plus subversives, il est besoin que les notions fondamentales, essentielles, notions seules capables de procurer au monde son équilibre, soient à l’honneur.Et où trouver ailleurs, mieux que dans la philosophie de Saint Thomas, ces vérités immuables, bases de la société ?11.Après bien des pages consacrées à la connaissance, prise sous différents aspects, après avoir déterminé l’objet de la philosophie, l’auteur en donne la définition historique et positive.11 parle aussi des différentes espèces de philosophes, qu’il appelle •professionnels et non-professionnels.Et il termine par l’utilité de la philosophie.Les professeurs trouveront, en ce volume, une mine de renseignements utiles, qui les mettront en état de se tenir toujours à la page.Car, plus que tout autre, celui qui, dans nos collèges, a la lourde responsabilité de la chaire de philosphie, doit être cultivé, posséder des connaissances variées et approfondies sur les différents systèmes.Cette comparaison ne peut que lui faire admirer davantage la forte structure du thomisme, contre laquelle, ces dernières années, des projectiles sont lancés fréquemment.Il faut être prêt à les recevoir, et surtout il est nécessaire de s’armer de façon qu’ils viennent se briser contre le puissant édifice scolastique.L’ouvrage de M.Baudin, œuvre de grande envergure et de haute vulgarisation, est le fruit de longues et patientes méditations.C’est aussi la mise à la portée de tous les professeurs de philosophie, d'un enseignement brillant, depuis de longues années, à l’Université de Strasbourg.A.R.R.P.Coui.et.L'Eglise et le problème de la famille.IV L'Ecole et le foyer.Un vol.de 210 pages.“ Éditions Spes ”, 17, rue Soufflot, Paris, (V).Le R.P.Coulet apubliéeen volume, les conférences de Carême qu’il a données aux hommes de Bordeaux, sur l'Ecole et le foyer.L’auteur y démontre avec une rare maîtrise, les droits essentiels de la famille, le droit pour les religieux d’enseigner, les conditions de la vraie liberté de l’enseignement ; il dénonce la prétendue neutralité scolaire et le caractère dangereux de l’école unique.Ces pages, écrites avec une parfaite loyauté, dénotent un esprit vigoureux et profond.Elles méritent d’être lues et méditées.M.L. 232 Le Canada français Un Frère Mariste.Histoires canadiennes pour catéchismes, tome I, 256 pages, format 5x7 1-2.$0.75 l’unité, Bibliothèque de l’Action française, Montréal.Ce recueil d’histoires Canadiennes, qui complète les trois séries de “ Notre légende durée ” se divise en quatre parties : la 1ère a trait à saint Joseph ; la 2e, à sainte Anne ; la 3 à la Charité ; la 4e, aux Sacrements.L’on Monnaît l’efficacité, des exemples, de faits, des histoires, pour gravir une vérité dans l’esprit des enfants.Les catéchistes, trop souvent obligés de recourir à des livres étrangers, pourront illustrer leurs leçons par des exemples et des histoires de chez nous et leur enseignement n’en sera que plus efficace.“ Puissent ces leçons tirées d’un fonds uniquement canadien, contribuer à faire de nos petits, les vrais héritiers moraux de nos riches ancêtres ”.M.L.L.-J.-M.Gros, S.J.Histoire de Notre-Dame de Lourdes d’après les documents et les témoins.Tome II, Les Luttes (avril 1858-février 1859).Un vol' in-8 de 490 pages.Tome III, la Chapelle et Bernadette (février 1859-avril 1879).Un vol.de 284 pages.Gabriel Beauchesne, éditeur, 117, rue de Rennes, Paris.Avec ces deux volumes s’achève la grande Histoire de Notre-Dame de Lourdes, par le P.Cros, véritable monument élevé à la gloire de la Sainte-Vierge.Le premier volume, si bien accueilli par la critique, a montré à quelle riche documentation s’inspirait l’auteur.Dans les Luttes, le P.Cros suit au jour le jour, les événements dont Lourdes fut le théâtre pendant les neuf mois qui suivirent les apparitions (avril-décembre 1858).Le 3e tome raconte les développements du sanctuaire de Lourdes et les étapes de Bernadette à travers la souffrance et le sacrifice vers l’holocauste final.Ce n’est pas sans une profonde émotion qu’on lira la maladie et la mort de la jeune religieuse de Nevers.Les Apparitions, Les Luttes, la chapelle et Bernadette composent sur les événements de Lourdes, l’ouvrage le plus documenté et le plus complet qui soit encore publié.M.L.N.B.— Conformément à la tradition, et dans l’intérêt d’une juste liberté, il est entendu que les articles de la Revue y sont publiés sous la responsabilité de leurs auteurs.Directeur-Gérant : M.l’abbé Arthur ROBERT.Des ateliers de I’Action Sociale.Limité 103, rue Sainte-Anne, Québec.
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