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Titre :
Le Canada-français /
Revue de l'Université Laval qui traite de philosophie, de théologie, de questions sociales, de linguistique, d'arts et de littérature.
Éditeur :
  • Québec :Université Laval,1888-1946
Contenu spécifique :
Saint Vincent de Paul et ses trois derniers historiens
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
chaque mois
Notice détaillée :
Titre porté avant ou après :
    Prédécesseurs :
  • Parler français ,
  • Nouvelle-France
  • Successeurs :
  • Bulletin du parler français ,
  • Nouvelle-France ,
  • Revue de l'Université Laval
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Le Canada-français /, 1929-01, Collections de BAnQ.

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Vol.XVI, N° 5.Québec, Janvier 1929 LE CANADA FRANÇAIS 4 Publication de l’Université Laval SAINT VINCENT DE PAUL ET SES TROIS DERNIERS HISTORIENS Décidément la mode persiste des biographies, romancées ou non.Le plus curieux c’est que la curiosité publique ne va pas aux saints moins qu’aux simples laïques, et rarement l’hagiographie fut plus en honneur.D’aucuns même trouvent à cet engouement plus d’un danger.Mais n’abordons pas aujourd’hui ce problème qui, au demeurant, échappe à notre compétence.Trois livres s’offrent à nous qui, consacrés à saint Vincent de Paul, nous fourniront l’occasion d’étudier et le grand homme lui-même et la France de son temps.C’est, de M.Henri Lavedan, M.Vincent Aumônier des Galères (Paris, Plon), de M.Antoine Redier, La Vraie Vie de Saint \ incent de Paul (Paris, B.Grasset), enfin et tout simplement le Saint I incent de Paul de Paul Renaudin (Marseille, Éditions Publiroc).Rien ne sera plus curieux que de confronter ces trois ouvrages.Écrits par trois catholiques de tempéraments et de talents très divers, ils servent finalement le même saint avec une égale efficace.L’un fait penser à la chanson d’un prestigieux troubadour: le second, à l’œuvre un peu lourde d un moine savant, fervent, impatient et grognon ; le troisième, a 1 hommage volontairement dépouillé et néanmoins 290 Le Canada fbançais séduisant d'un fidèle intelligent, pieux, distingué et modeste.Le troubadour, c’est, bien entendu, Henri Lavedan.Pour caractériser la manière de ce boulevardier devenu ermite de Gascogne, et resté fidèle au meilleur de lui-même en sa dévote retraite, deux mots, je crois suffiront : ingénuité et virtuosité.Qu’une hagiographie doive être d’abord une œuvre historique, l’ancien élève de Dupanloup le sait aussi bien que personne ; et il a lu, comme tout le monde,— je veux dire comme quelques rares spécialistes—, les quatorze volumes in-octavo consacrés par le savant et scrupuleux M.Coste (Paris, Gabalda) à la vie et aux œuvres de son Père en Dieu.Mais la critique n’est point son affaire.Comme François d’Assise et Gavroche, il croit à la beauté, à la fécondité, à la vérité même de la légende.A défaut d’une authenticité constatée, garantie avec signatures, sceaux et paraphes, l’ancienneté d’un trait édifiant et poétique lui suffit.Donc point d’esprit critique, point de discussions scientifiques : nous ne sommes point, que diable ! à l’Académie des Inscriptions.M.Coste, contre une tradition tricentenaire, prétend établir que Vincent de Paul est né non pas en 1576, mais en 1581 ?— Respectons ce scrupule mais préférons la tradition et tenons pour acquise la date fournie jadis par l’intéressé lui-même.— Des esprits chagrins cherchent noise à M.Vincent quant à la fameuse lettre de sa captivité aux pays barbaresques ?Laissons-les à leur mauvaise humeur : en cette lettre, de tout point véridique, rien que d’innocent et même d’édifiant.Oh ! il s’en faut de si peu, que vraiment mieux vaut sourire.La conscience ainsi rassurée, nous pourrons, cigale pieuse, chanter, trois cents pages durant, notre chanson jo3reuse en l’honneur du grand saint de chez nous.Les Landes, le Quercy, tout cela n’est-ce pas la Gascogne ?De fait, M.Lavedan chante ou plutôt, musicien prestigieux, il fait, ensembles et soli, chanter tout un orchestre en l’honneur de M.Vincent.De la plaine sablonneuse Saint Vincent de Paul 291 s’élèvent, tour à tour aigres et graves, les ritournelles du hautbois ou de la musette : elles accompagnent le petit gars guêtré qui paît ses moutons avant de paître les âmes, et qui, à son ministère de la charité publique, prélude en versant aux mains d’un pauvre trente sous, tout son avoir Pour peindre la misère sordide et tragique des nouveau-nés jetés à la rue, des malades gisant à vie dans le même lit d’hôpital, des prisonniers enchaînés aux murs humides des cachots souterrains, des forçats rivés à leur banc, roués de coups, rongés de soleil et d’eau marine, voici le déchaînement de tout un orchestre, où domine tour à tour le lamento des violoncelles et le rugissement des cuivres.Faut-il, au contraire, faire palpiter les grandes ailes toutes blanches qui volent au secours de toutes les souffrances et font, de loin, sourire les pires malheureux, voici la “ voix céleste ”, de l’orgue toute pure, légère,sérieuse, et telle une âme mélodieuse.Ingénuité, virtuosité, il y aurait sans doute à redire.La foi, même naïve, n’est pas nécessairement crédule ; et, à devenir trop savants, les jeux de l’art peuvent cesser d’être ingénus.Sans compter qu’on se grise parfois de mots, et que cette ivresse verbale peut faire parler pour ne rien dire.Sans tomber dans ces excès, H.Lavedan témoigne, ça et là, de quelque complaisance pour le babillage de la flûte ou le fracas des cymbales.Mais quel art dans l’anecdote à la fois pittoresque et sanctifiante (cf.le chapitre sur Le Comte de Rougemont), et, dans la virtuosité pieuse quel élan du cœur, quel prestige de poésie : “ Voilà donc la cornette !.Elle a fait, refait le tour du monde.L’univers est son circuit.Elle a plané sous tous les cieux.Internationale en demeurant française, où n’est-elle pas descendue ?Où n’est-elle pas montée P.Elle met des rideaux blancs à l’agonie du gueux et du soldat, leur procure une alcôve.On la rencontre, on la voit flotter dans les gares, à la portière des wagons de troisième, et dans les ports de mer sur le pont des grands bateaux partant pour la Chine ou les pays noirs. 292 Le Canada français Et puis, le prodige perpétuel ! Dans tous ces mouvements, dans tous ces passages, la cornette observe et conserve intactes sa pureté, sa forme angélique, son immarcessible blancheur.Elle repousse la souillure.On n’a jamais vu, jamais, sur aucune d’elles, à quelque minute que ce soit, la plus petite tache.excepté cependant, aux jours de blessure et de mort, les taches du sang d’autrui que sa bienfaisance étanche, ou du sien qu’elle verse.” Bref, plus qu’un discours suivi, plus même, si l'on veut, qu’une histoire bien ordonnée, une série de “ morceaux ” brillants, parfois trop brillants et trop bruyants ; mais telle cependant que, les yeux fermés et les oreilles closes, ce kaléidoscope orchestral laisse surgir la simple, douce, rude et grande figure de M.Vincent.N’est-ce pas l’essentiel ?* * * Cependant ce livre d’un troubadour un peu mousquetaire a dû, j’imagine, agacer, peut-être même irriter M.Antoine Redier qui, lui, nous apporte "la Vraie Vie de Saint Vincent de Paul Un peu présomptueux, un peu provocant, ce titre déjà nous renseigne sur l’auteur.M.Redier a de la générosité, du courage et des partis pris.Il y ajoute parfois quelque mauvaise humeur et quelque rudesse.Chez lui nul respect pour les légendes controuvées, ni même pour les traditions les plus innocentes ; son amour de l’authenticité exige tout l’appareil des preuves, contre-épreuves et démonstrations cruciales.Il bouscule toutes les naïvetés et, tous les subterfuges, toutes les roueries, toutes les erreurs plus ou moins pieuses.Sa férule n’épargne personne, ni Abelly, évêque de Rodez, et premier historiographe du saint, ni M.Vincent lui-même.Sans indulgence, sa censure est sans grâce aussi.Bref, dans son zèle généreux mais quelquefois indiscret, M.Redier confond assez volontiers la vigilance Saint Vincent de Paul 293 du berger avec la hargne,— et le croc — du chien de garde.S’il y perd en agrément, son livre n’y perd du moins pas en solidité ; et à la brillante imagerie d’H.Lavedan, il oppose, lui, quelques excellents chapitres d’histoire.De ces chapitres, plusieurs se présentent comme un saisissant diptyque.A gauche, toutes les misères, matérielles et spirituelles, de l’Église de France et de la France elle-même, au 17e siècle.A droite, matérielles et spirituelles, toutes les renaissances, avec tous leurs ouvriers, de cette époque magnifique.Cependant ce tableau général n’offusque pas le portrait du Maître d’œuvre.Et ici apparaît le très légitime dessein de M.Redier.Comme il a voulu nous montrer, en Vincent de Paul, un homme qui devient un saint lentement, laborieusement, douloureusement et magnifiquement ; de même il a voulu, non pas nous apprendre, mais nous rappeler que la grâce purifie, magnifie, exalte, au lieu de la supprimer, notre nature, et que, si le génie n’est pas indispensable à la sainteté, il ne laisse pas, parfois, de lui être utile.Aussi, sous le saint que fut l’ami de Bérulle, s’applique-t-il à révéler le grand homme que devait être nécessairement le fondateur ou le réformateur de tant d’œuvres, et le premier peut-être de tous nos bienfaiteurs publics.Ici, les vues de M.Redier sont neuves, justes et fécondes.* * * Paul Renaudin n’affiche aucune prétention.Il ne veut éblouir Di polémiquer.S’étant mis à l’école du saint, s’étant pénétré de sa méthode et de son esprit, il a tâché de faire vrai sans éclat ni fracas, non qu’il n’eût pu, lui aussi, se parer de quelques artifices.Il sait écrire, il sait conter (1).Mais il a voulu s’effacer.Non seulement lui, mais son art, derrière (1) De “ Silhouettes d'Humbles" au “ Maître de Froidmond ” les œuvres de Paul Renaudin ( “ La Paix du soir ”, “ Amour sacré.Amour profane ” ) comptent parmi les plus délicates et les plus distinguées de la littérature contemporaine. 294 Le Canada français son héros.Résultat : daus son petit livre, clair, ordonné, pieux, modeste, on trouve beaucoup mieux que des mérites historiques et littéraires : on sent une âme.Et je ne m’étonne pas si, un peu éblouies par les prouesses verbales d’Henr Lavedan, un peu choquées peut-être par certaines rudesses d’Antoine Redier, les Filles de la Charité préfèrent l'image toute simple et parfaitement exquise de Paul Renaudin.C’est son éditeur qui l’affirme, et j’aimerais mieux un autre témoignage ; mais, pour une fois, la publicité doit dire vrai.Ne croyez pas, d’ailleurs, à l’hommage conventionnel d’un dévot docde.Dans ce livre intelligent et loyal, la piété ne se confond pas avec la superstition.Quoi qu’il en soit et sans plus discuter de leurs mérites respectifs, voyons, après nos trois auteurs, quel fut M.Vincent, quels bienfaits il répandit sur son siècle, et de quel secours aujourd’hui encore il demeure pour nous,— je veux dire pour l’Église.Toutes les splendeurs, toutes les gloires, toutes les misères et, parfois, toutes les ignominies, voilà, sommairement, le bilan du grand siècle.Étrangère ou civile, la guerre devenue chronique, semant à travers les provinces les ruines, la maladie, la famine, la mort, sans computer toutes les corruptions et toutes les cruautés.Dans les grandes villes aussi le peuple a faim parfois.En tous cas, les nuits y sont plus propices au crime qu’au repos ou à l’étude.Parmi leurs victimes, les plus pitoyables y sont les nouveau-nés dont se débarrasse la misère ou l’infamie des mères.Pour eux, pas d’asile.Les pauvres, les malades n’en trouvent pas beaucoup plus.Dans les hospices, les hôpitaux, régnent une ignorance, une incurie à soulever le cœur.Que dire des prisons, repaires sordides où se dégrade encore l’humanité la plus dégradée?Que dire des galères, monuments splendides et monstrueux du faste autoritaire asservissant le crime,—-et parfois l’innocence ?Seul un clergé de saints, un clergé d’apôtres aurait pu, dans ces géhennes, faire luire quelque lumière, et, de ces abîmes sauver quelques victimes, à plus Saint Vincent de Paul 295 forte raison à tout ce désordre substituer un peu d’ordre chrétien.Malgré Saint François de Sales et quelques autres, ce clergé n’existait pas encore ; mais, ecclésiastique ou laïque, une élite voulait qu’il existât : conjugués ou indépendants, simultanés ou successifs, ce furent les efforts et les créations des Ventadour et des Bernières, des Chantal, des Marillac et des Accarie, des d’Aiguillon, des Lamoignon et des Gondi, surtout des Bérulle, des Condren, des Bourdaloue, des Olier, des Poulard des Portes et des Vincent.Résultat : en quelques années la plus admirable floraison, laïque et cléricale, de piété, de vertu, de charité, d’héroïsme et de sainteté qu’ait peut-être jamais fournie l’Église de France.La part de Vincent dans tout cela ?La part du plus humble, c’est-à-dire sans doute la plus grande.Il n’y prétendit pas d’abord, n’ayant pas d’abord connu les ambitions de la sainteté.Instruit, pieux, vertueux,— mérites plus que rares à cette époque,— il ne professait pas un désintéressement absolu.Sans rêver, comme d’autres même laïques, “ d’une bonne évêché ”, il souhaitait,— et sollicitait—, quelque “ bénéfice ” qui lui permit de faire près des siens “ une honorable retraite.” Quelque chose comme un curé de canton avec camail de chanoine honoraire.La misère spirituelle de ses confrères l’arracha à ce rêve de bonne médiocrité.Il comprit, il sentit qu’appauvrie, meurtrie, à demi déchristianisée, la France exigeait un clergé renouvelé.Ce renouvellement lui-même exigeait la sainteté des réformateurs.La charité fut la cause première de son héroïque transformation personnelle.Dès lors, et jusqu’à sa mort, il va vivre de prière, ou plutôt d’oraison, d’humilité, de pauvreté, de mortification, et dans un perpétuel don de lui-même.Comme tous les saints alors ?Parbleu, oui ! Mais avec une modestie, une simplicité paysanne qui lui donne déjà une physionomie particulière.Ce directeur des grands, ce conseiller des rois, qui s’imposa à Richelieu et accepta de déplaire à Mazarin, cet inlassable entrepreneur 296 Le Canada français d’œuvres immenses, ce manieur de millions, ce bienfaiteur national, voulut n’être jamais que M.Vincent.Au point qu’avec sa soutane râpée, ses gros souliers, sa barbe dure, ses lèvres épaisses et son gros nez, il reste pour l’imagination populaire, celui-là seul qui, dans les rues nocturnes, allait disputer aux chiens et aux malfaiteurs les petits enfants abandonnés.Du grand homme, du très grand homme qui contribua autant que les grands ministres eux-mêmes à refaire la France, le public simplificateur ignore presque tout.C’est à lui d’abord, sans négliger le saint, que M.Antoine Redier a voulu, pour ainsi dire, faire réparation.De son génie, il étudie les éléments divers et les manifestations multiples.C’est d’après lui surtout que nous allons, pour finir, esquisser la physionomie de notre saint, homme d’action.Il avait tout ensemble le charme et l’autorité ; il séduisait et imposait.Plus que personne subirent son prestige Philippe-Emmanuel de Gondi, général des galères du Roi, et sa femme la comtesse de Joigny qui firent de lui le surintendant de leurs charités et l’ambassadeur de Dieu à travers leurs provinces ; mais auprès de qui pourrait-on dire que n’a pas réussi ce petit curé de Clichy ou de Chatillon-les-Dombes, demeuré en plein Paris, en pleine cour, aussi simple que jadis auprès de ses moutons landais ?Intelligent, bien entendu, fin, pénétrant, et riche d’expérience.Mais prudent, prudent surtout, au point d’ériger la lenteur en système.Pas de vastes projets conçus dans un éclair, pas d’exécutions fulgurantes, bref rien d’un Condé clérical ; mais, au contraire, des desseins modestes, sages, presque timides, indéfiniment retardés (je parle des grandes fondations permanentes, non des œuvres urgentes qu’exigeait, çà et là, la misère) ; quelque chose comme le gagne-petit de Dieu.Mais cet entrepreneur à la petite semaine a restauré des provinces entières, étendu son action de l’Hibernie à Madagascar, et, ne songeant qu’au progrès de l’Église de Saint Vincent de Paul 297 France, collaboré, de par la volonté romaine, à la réforme de l’Église universelle.Non qu’il fît figure de docteur.Sans être l’ignorant qu’ont prétendu discréditer les jansénistes, il laisse aux Bérulle, aux Olier le soin d’élaborer une théologie, à plus forte raison une mystique.Pour la formation des clercs comme pour la direction des fidèles, il ne connaît que “ la petite méthode” ; et la petite méthode, c’est l’Évangile commenté avec simplicité, avec amour ; c’est surtout l’Évangile vécu par celui qui l’annonce.Méthode populaire, méthode sublime : avec les foules, elle conquit les aristocraties, et d’abord celle du sacerdoce.Aux fameux “ mardis ” de Saint-Lazare, n’accourait pas seulement le petit clergé, mais les docteurs, les abbés et les évêques.Bossuet compte parmi les retraitants, les “ exercitants ” de la mission, et l’évangélique simplicité de son magnifique esprit comme de son cœur épiscopal, il la doit en partie à M.Vincent.Bossuet élève de M.Vincent ; Rome marchandant d’abord à la société nouvelle l’approbation de ses Constitutions, puis l’appelant à son aide pour la réforme de son peuple et de son clergé ; Rome, trois siècles plus tard, confiant encore aux pauvres Messieurs de Saint-Lazare maints séminaires d’Italie ; quelles leçons, et quels témoignages ! On pourrait là-dessus faire un beau développement : supériorité, même humaine, de la sainteté sur le génie.Mais cet exercice de rhétorique serait ici déplacé, car M.Vincent, qui fut d’abord un saint, fut aussi un homme de génie (son œuvre d’assistance le prouverait elle seule).Père de la Patrie, l’appelait déjà le Gouverneur de Saint-Quentin ; Bienfaiteur de l'Humanité, diraient nos modernes philanthropes ; “ un des grands représentants de la pensée française ”, ajoute un lettré qui le connaît bien (J.Calvet, Saint Vincent de Paul, Paris, Plon, 1913); et encore “son influence sur les destinées de l’Église est immense.La Réforme catholique.voulue par le Concile de Trente et réalisée par Vin- 298 Le Canada français cent de Paul est dans le domaine religieux le fait capital qui domine les temps modernes.” N’oublions pas cette grandeur.Le peuple, qui a besoin de voir gros pour aimer, peut simplifier ses héros et ne se rappeler, dans M.Vincent, que le libérateur des forçats ou le sauveur des enfants trouvés.Nos yeux, à nous, ne doivent pas se satisfaire de ces images d’Epinal.Sans enlever au saint populaire son gros manteau ni ses lourds souliers, repla-çons-le parmi ses pairs, Richelieu, Bérulle, Bossuet ; ou, mieux, rappelons-nous qu’il les dépasse.Nous devons cette justice au pays dont il est le fils, à 1 Église dont il fut l’apôtre.Et son humilité n’en saurait plus souffrir.Gaillard de Champris.
de

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