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Titre :
Le Canada-français /
Revue de l'Université Laval qui traite de philosophie, de théologie, de questions sociales, de linguistique, d'arts et de littérature.
Éditeur :
  • Québec :Université Laval,1888-1946
Contenu spécifique :
Le curé Labelle
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
chaque mois
Notice détaillée :
Titre porté avant ou après :
    Prédécesseurs :
  • Parler français ,
  • Nouvelle-France
  • Successeurs :
  • Bulletin du parler français ,
  • Nouvelle-France ,
  • Revue de l'Université Laval
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Le Canada-français /, 1930-04, Collections de BAnQ.

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LE CURÉ LABELLE Introduction Générale (1) Le curé Labelle était né à Sainte-Rose de Laval le 24 novembre 1833.Il mourut à Québec le 4 janvier 1891, à 57 ans.Ses études faites à Sainte-Thérèse, il fut ordonné prêtre, à Sainte-Rose, son village natal, par Mgr Pinsonnault, évêque de London, dont c’était la première ordination, le 1er juin 1856.D’abord vicaire à Sault-au-Récollet, puis à Saint-Jacques-le-Mineur, il fut ensuite curé à Saint-Antoine-Abbé, et aussi à Saint-Bernard de Lacolle.En 1868, il devenait curé de Saint-Jérôme, et il le fut, jusqu’à sa mort, pendant près d’un quart de siècle, de 1868 à 1891.Il se donna en plus, avec un grand zèle et un succès merveilleux, à l’œuvre nationale et religieuse de la colonisation des cantons du nord de Montréal.Il étendit même sa sphère d’action, comme colonisateur, à toute la province et à tout le pays.Il devint sous-ministre de l’Agriculture et de la Colonisation à Québec, dans l’administration Mercier, en mai 1888.L’année suivante, en juillet 1889, le Pape Léon XIII le créait protonotaire apostolique.Sous-ministre et Monseigneur, il n’en reste pas moins, pour tous, le curé Labelle, nom qu’il a illustré et que lui garde l’histoire.On l’a surnommé l’apôtre de la colonisation et le roi du nord.Il a été (1) L’histoire de la vie et de l’œuvre de l’apôtre de la colonisation, le curé Labelle ou Mgr Labelle, sous le titre Le Curé Labelle, par M.l’abbé Élie-J.Auclair, de la Société Royale du Canada, est actuellement sous presse, chez Beauchemin, à Montréal.Le volume, d’environ trois cents pages, convenablement illustré, sera sur le marché vers la fin mi-juin 1930.L’auteur nous fait le plaisir d’en communiquer l’introduction générale aux lecteurs du Canadafrançais.Elle fera suite, dans son livre, à une substantielle préface qu’a bien voulu écrire M.Jules-Édouard Prévost, député de Terrebonne aux Communes d’Ottawa, l’un des plus fidèles et des plus fervents admirateurs de l’ancien curé de Saint-Jérôme.— Note de la rédaction. Le curé Labelle 553 certainement l’un des Canadiens français les plus éminents de sa génération.Sa mort à Québec en janvier 1891 fut inopinée et presque subite.Il partit en trois jours.“ Ce fut une stupeur générale, nous écrivait-on récemment, ce dimanche-là, à Quebec, quand, du haut de la chaire de la basilique, le curé du temps, Mgr Faguy, recommanda l’illustre défunt aux prières en disant : “ Je recommande, mes frères, à vos prières Mgr Antoine Labelle, protonotaire apostolique, curé de Saint-Jérôme, au diocèse de Montréal, et députe-ministre de l’Agriculture et de la Colonisation de cette province, qui est décédé ce matin dans notre ville.’’ Transmise aussitôt par télégraphe ou par téléphone, la nouvelle causa une vive surprise et un vrai chagrin par tout le pays, dans notre province en particulier, et, surtout, dans cette région de Saint-Jérôme et du nord de Montréal, où s’étaient dépensées ses remarquables activités pendant si longtemps.Dans sa livraison du 10 janvier 1891, quelques jours plus tard, la Semaine religieuse de Montréal lui consacrait un article de rédaction non signé, mais que nous croyons être de la plume du futur Mgr Bruchési, où se lisent, entre autres, ces lignes très simples, mais fort belles : “ Mgr Labelle aimait passionnément son pays et il mit sans cesse à son service les facultés peu ordinaires et la prodigieuse activité dont il était doué.Le développement de la foi catholique et l’expansion de la nationalité canadienne-française, tel était son rêve.L’amour de la religion et l’amour de la patrie étaient inséparables dans son cœur.Il était étonnamment renseigné sur les plus importantes questions et sur les plus graves problèmes.Il avait une foi ardente et naïve en même temps, une vraie foi d’enfant, qu’il ne craignait pas de montrer et de défendre au besoin.Sa mort a été des plus édifiantes.Prévenu qu’il n’y avait plus pour lui aucun espoir, il n’exprima qu’un regret, celui de ne pouvoir pas dire un dernier adieu à sa vieille mère.Pour le reste, il fit généreusement son sacrifice à Dieu, et il n’eut pas une parole amère, 554 Le Canada français pas une plainte.Le fiat fut sur ses lèvres comme il était dans son cœur.” “ Les journaux, ajoutait l’auteur de l’article que nons condensons, discutent et jugent, ces jours-ci, chacun à son point de vue, la carrière politique de Mgr Labelle.Pour nous, ses frères dans le sacerdoce, nous n’en voulons rien dire.Nous aimons mieux nous rappeler les œuvres de zèle qu’il a accomplies, la foi ardente dont il a donné tant de preuves, l’amour filial qu’il a toujours eu pour la sainte Église, et, en présence de sa belle mort, nous répétons la parole si pleine d’espérance et si consolante de nos saints livres : “ Bienheureux sont ceux qui meurent dans le Seigneur ! ” Trente-huit ans se sont écoulés depuis que les lignes qui précèdent ont été écrites.Les réserves qui s’imposaient alors sans doute à une plume ecclésiastique, à cause des passions politiques qu’il ne convient pas à un prêtre d’aviver, ne sont plus maintenant, à ce qu’il nous semble du moins, aussi pressantes.Le temps a fait son œuvre.Les discussions et les oppositions variées de l’époque sont choses du passé, refroidies ou oubliées.La belle et noble figure du curé Labelle appartient désormais à l’histoire, dont le recul précisément met plus à l’aise pour faire le juste point.C’est pourquoi nous avons accepté sans trop d’hésitation la très honorable tâche qu’ont bien voulu nous confier Messieurs les membres du comité du Monument Labelle de Saint-Jérôme, d’écrire une vie du vaillant curé et du grand apôtre colonisateur qu’a été, au Canada, dans la deuxième partie du dix-neuvième siècle, Mgr Labelle.• Disons-le tout de suite cependant, la documentation dont nous disposions n’était peut-être pas aussi riche qu’il eût été désirable.Le curé Labelle a été l’un de ces hommes qui font l’histoire et en sont l’honneur, mais qui ne se préoccupent guère de conserver et de collectionner des matériaux pour ceux qui sont tentés plus tard de l’écrire.Il n’a lui-même à peu près rien laissé de lui.D’autre part les documents publics le concernant, qui devraient se trouver Le curé Labelle 555 aux archives des gouvernements d Ottawa ou de Quebec, avec lesquels il entretint longtemps des relations suivies, n’abondent pas non plus.Quelques pièces officielles seulement ont pu être retracées à Ottawa et un seul rapport important à Québec.Quant à Saint-Jérôme, le registre des délibérations du corps des fabriciens, au temps de l’ancien curé, a seul pu nous fournir des données précises, et cela encore plutôt parcimonieusement.Mais, Mgr Labelle a écrit beaucoup de lettres, et aussi de nombreuses brochures, au cours de son active carrière.Pareillement, on a beaucoup écrit à son sujet, soit de son vivant, soit après sa mort.Bon nombre de ces lettres du curé, adressées par exemple à l’évêche ou à 1 archeveche (depuis 1886) de Montréal, à l’évêché ou à l’archevêché (depuis 1886) d’Ottawa, à la famille Prévost de Saint-Jérôme, qui lui fut toujours très attachée, à ses amis journalistes ou publicistes, Alphonse Nantel, Arthur Dan.sereau, Arthur Buies, à d’autres encore, ont heureusement été conservées.On a bien voulu les mettre à notre disposition.Nous tenons à en exprimer ici publiquement notre gratitude à qui de droit.M.le député Jules-Édouard Prévost nous a communiqué plusieurs lettres du curé à son père, feu le Dr Jules Prévost, à son frère, le Père Eugène Prévost, et à quelques autres citoyens, comme aussi tout un cahier-recueil de coupures de journaux qui a été pour nous un vrai trésor.Mgr Forbes, archevêque d’Ottawa, a bien voulu nous adresser toute une série de lettres du curé à Mgr Duhamel, concernant la période qui va de 1878 à 1890.M.le chanoine Albert Valois a eu l’obligeance aimable de faire des recherches, à notre profit, dans les archives de l’archevêché de Montréal, dont il a la garde en sa qualité de chancelier diocésain.M.l’abbé Lionel Groulx, le distingué professeur d’histoire du Canada à l’Universite de Montréal, nous a mis au point certaines données plutôt difficiles à bien saisir.Madame veuve Arthur Buies et son gendre M.l’avocat Auguste Côté, de Rimouski, nous ont fait la 550 Le Canada français faveur de nous mettre en mains d’intéressants “ papiers ” de ce grand ami du curé que fut Arthur Buies.De même, M.l’ingénieur Lucien Dansereau, ceux de son père, feu Arthur Dansereau.A Sainte-Thérèse, on nous a obligeamment permis de parcourir la volumineuse correspondance de feu l’abbé Proulx, l’ancien vice-recteur de l’Université Laval, où il est question souvent du curé Labelle, et celle aussi de feu Mgr Cousineau, l’ancien supérieur de la maison, qui en parle également.Et puis, nous avons pu consulter plusieurs livres et brochures, où la vie et l’œuvre de l’apôtre du nord sont exposées ou discutées plus ou moins longuement, entre autres Cinq mois en Europe et En Europe, par ci par là de l’abbé Proulx, les volumes d’Arthur Buies, l’excellente Histoire du diocèse d'Ottawa du Père Alexis, des Capucins, Y Album historique de Sainte-Agathe du Dr Edmond Grignon, des brochures d’Alphonse Nantel, de l’ancien recorder de Montigny, d’Arthur Buies encore, des articles ou chroniques de MM.Grignon (Wilfrid et Joseph), de l’abbé Rouleau, de Mgr Nantel, publiés ici ou là.Enfin, nous avons eu l’avantage de causer une bonne heure, en janvier 1929, avec M.Isidore Martin, “ le fidèle Isidore du curé Labelle ”, qui fut son compagnon de voyage dans le nord pendant quinze ans et en garde de si vivants souvenirs.Tout cela nous a constitué des sources d'informations, pas assez complètes peut-être, mais en somme suffisamment abondantes.En y ajoutant ce que nous connaissions par nous-même de la vie politique de notre province et de notre pays depuis cinquante ou soixante ans, et aussi les quelques souvenirs que nous conservons de Mgr Labelle, que nous avons connu étant enfant, nous avons pensé que, sans trop de témérité, nous pouvions nous mettre à l’œuvre d’écrire sa vie.Cette œuvre, nous le savions, elle était hautement désirable en elle-même et vivement désirée de plusieurs.Ainsi que l’ont pensé ces Messieurs du comité du Monument Labelle de Saint-Jérôme, la vie du curé Labelle devait être écrite et publiée.D’elle-même, abstraction faite des imper- Le curé Labelle 557 fections que lui infligerait peut-être notre trop modeste plume, il était certain qu’elle serait instructive, intéressante, génératrice d’énergie, de vaillance et de patriotisme du meilleur aloi.On en parlait, au surplus, depuis longtemps.“ Pour une vie aussi remplie que celle de Mgr Labelle, écrivait au lendemain de ;a mort un journaliste de France, les colonnes d’un journal ou même d’une revue sont trop restreintes.C’est un livre qu’il nous faut, et, ce livre, nous espérons qu’un écrivain de Montréal ou de Québec nous le donnera avant longtemps.(1) “ Quand l’histoire de ce temps s’écrira, disait dans un discours à Paris, en juin 1891, l’ancien premier ministre Mercier, on verra ce qu’un prêtre catholique canadien peut faire pour son Dieu et pour son pays.” (2) Dix ans plus tard, en prononçant le panégyrique du curé Labelle, à la Saint-Jean-Baptiste de 1902, à Saint-Jérôme, M.l’abbé Sylvio Corbeil, aujourd’hui chanoine, disait à son tour : “ Le curé Labelle comptera dans l’histoire parmi ceux qui font le plus singulièrement honneur à l’Église et à la patrie.” (3) Ces voix isolées, au reste, ne faisaient qu’exprimer un sentiment général unanime.D’abord, pour tous les Jérômiens fidèles, après l’érection de son monument en 1924, rien n’était plus souhaitable que de voir écrire et publier une vie de leur célèbre curé, et ensuite nombreux sont les patriotes de la province et du pays qui partageaient en cela l’avis des Jérômiens.Nous intitulons notre volume Le Curé Labelle tout simplement.Nous aurions pu dire : Mgr Labelle ou L’apôtre de la colonisation ou Le roi du nord, ou encore Un curé canadien sous-ministre ou quelque cho e d’analogue.Nous nous sommes arrêté à l’idée de donner plutôt à notre livre le nom que M.Labelle a, semble-t-il, davantage illustré, et que, aussi bien, il préférait lui-même à tout autre.A un visiteur de marque, (1) Voir La Marine Apostolique, périodique de Nîmes, livraison de janvier 1891.(2) Voir Conférences et discours de nos hommes publics en France, par Georges Bellerive, Québec 1902, page 77.(3) Voir L’Avenir du Nord, 26 juin 1902. 558 Le Canada français qu’il recevait un jour à Saint-Jérôme, et qui s’étonnait d entendre ses gens lui dire “ Monsieur le curé ” beaucoup plus souvent que “ Monseigneur ”, le curé-prélat répartit en souriant : “ Mon cher Monsieur, ceux qui me connaissent bien et m’aiment vraiment m’appellent toujours “ Monsieur le curé Je préfère cela.Le Saint-Père m’a fait l’honneur de m’élever à la prélature et de me créer Monseigneur.Je lui en suis très reconnaissant.Mais pour mes bons Canadiens, je reste toujours le curé Labelle.” Voilà pourquoi notre livre s’appelle Le Curé Labelle.Le plan que nous avons adopté pour la division de notre travail est aussi des plus simples.Dans un premier chapitre, suivant tout bonnement notre héros d’année en année sans plus, nous racontons l’enfance de M.Labelle à Sainte-Rose, sa jeunesse à Sainte-Thérèse, son temps de vicaire à Sault-au-Récollet et à Saint-Jacques-le-Mineur, sa vie de curé à Saint-Antoine-Abbé et à Saint-Bernard de Lacolle, jusqu’à son accession à la cure de Saint-Jérôme, et nous avons : M.Labelle de sa naissance à sa nomination à la cure de Saint-Jérôme (1833-1868).Une fois curé à Saint-Jérôme (à 35 ans), M.Labelle eut comme une vie en partie double, celle du curé et celle du colonisateur.Il nous a semblé que, pour la clarté de notre récit, et aussi pour mieux mettre en relief sa grande œuvre d’apôtre de la colonisation, il nous convenait, au risque de nous exposer à quelques répétitions, de distinguer de sa vie en général et de traiter à part cette œuvre même.C’est pourquoi nous racontons d’abord l’histoire de sa vie à Saint-Jérôme considérée dans son ensemble de 1868 à 1891, puis celle de son œuvre de colonisateur pendant le même laps de temps.Nous comprenons bien que la vie et l’œuvre se compénètreut naturellement et ne peuvent pas se séparer complètement.Mais, il nous a paru qu’il y aurait avantage à n’étudier celle-ci dans ses développements qu’après avuir bien fait connaître celle-là dans ses détails.Pour la vie et pour l’œuvre pareillement, nous suivons à peu près l’ordre chronologique, et nous Le curé Labelle 559 avons séparé chacun des deux récits en deux chapitres, en fixant à 1884 la date de séparation.Nous confessons que cette coupure, pour l’une et l’autre partie, est un peu arbitraire et voulue surtout par le besoin de ménager comme une petite halte au lecteur qui voudra bien nous suivre.Toutefois, elle se justifie dans une certaine mesure.A la fin de 1883, on fêta à Saint-Jérôme avec une grande solennité le cinquantième de naissance du curé.Ce fut une date dans sa vie plus marquée que d’autres.De même, son apostolat de colonisateur n’eut jamais tant d’éclat qu’au congrès national de la Saint-Jean-Baptiste de juin 1884 à Montréal, et cela nous a semblé permettre un repos dans le récit de ses activités d’apôtre.De là, nous avons la division eu quatre chapitres que voici : M.Labelle à Saint-Jérôme de 1868 à 1884 — M.Labelle à Saint-Jérôme de 1884 à 1891 — M.Labelle et la colonisation de 1868 à 1884 — M.Labelle et la colonisation de 1884 à 1891.Ces chapitres une fois écrits, la vie et l’œuvre de M.Labelle étant étudiées et bien connues, nous nous arrêtons devant l’homme lui-même, et dans un sixième chapitre, nous essayons de donner comme un portrait d’ensemble de M.Labelle tel qu'il était, dans son aspect physique, dans ses qualités int llectuelles et morales, dans le prestige dont il a joui et jusque dans ses tics et ses originalités.Enfin, notre septième et dernier chapitre est consacré à raconter ce qui s’est dit et fait, depuis sa disparition de ce monde, pour honorer la mémoire de ce grand homme, et nous l’intitulons Mgr Labelle devant la postérité.Nous avons tâché d’écrire ce livre avec naturel et clarté, sans rechercher jamais les phrases à effet ou les tours oratoires.Nous avions conscience que la vie et l’œuvre de notre héros se suffisaient à elles-mêmes.Naturellement, dans ce travail assez long, nous avons eu l’occasion de citer souvent des paroles ou des discours du curé lui-même, ou encore des écrits, des articles ou des discours faits ou prononcés par d’autres le concernant.Afin d’éviter les répétitions, nous avons la plupart du temps résumé ou condensé ces 560 Le Canada français citations.Nous n’avons pas même hésité à modifier la forme de quelques-unes, quand elles nous paraissaient trop peu soignées, comme il arrive souvent lorsqu’on s’approvisionne dans de hâtifs comptes rendus de journaux.Mais nous nous sommes fait un strict devoir de donner toujours en substance la pensée de l'auteur ou de l’orateur dont nous rapportions le témoignage.Nous tenons à en prévenir loyalement nos lecteurs, nos citations ne sont pas toujours textuelles.Mais d’autre part, nous le garantissons, elles sont fidèles.Aux funérailles du curé Labelle ou de Mgr Labelle, à Saint-Jérôme, le 8 janvier 1891, nous le verrons en son lieu, il n’y eut pas d’oraison funèbre, parce que ce n’était pas alors l’usage.M.l’abbé Proulx cependant, l’un des plus fidèles amis de l’illustre défunt, parut en chaire, avec l’autorisation de qui de droit, pour recommander son âme aux prières et annoncer qu’une quête allait être faite dont le produit serait employé à faire dire ou chanter des messes à ses intentions.Une fois en chaire, M.Proulx parla naturellement pendant quelques minutes.En peu de mots, il sut dire beaucoup.Entre autres choses, il dit celles-ci : “ Soyons généreux, mes frères, pour celui qui a été toute sa vie la générosité même et qui a tout donné aux autres et à son pays.On a parlé de lui élever un monument ?.Il l’a, dès maintenant, dans l’affection de ses paroissiens et de ses amis, dans la reconnaissance de ses colons et dans l’admiration de tous ses concitoyens.Il l’aura, plus durable encore, dans les pages de l’histoire, qui le montreront vraiment grand devant les générations de l’avenir.” Ces pages de l’histoire, que prévoyait déjà M.Proulx il y a trente-huit ans, sur la tombe même du curé Labelle, qui venait de s’ouvrir, voici donc que nous avons essayé de les écrire.Nous y avons mis tout notre cœur et toute notre âme, convaincu que nous étions que notre héros méritait d’être mieux connu de ceux qui viendront après nous et que le récit de sa vie et le spectacle de ses œuvres seraient aussi Le curé Labelle 561 édifiants qu’instructifs, à lire ou à contempler, pour les enfants de nos enfants.En élevant un monument à sa mémoire sur la place publique, en face de leur belle église, à l’endroit même où se trouvait l’ancienne, celle où M.Labelle exerça pendant vingt-trois ans ses fonctions de curé, les gens de Saint-Jérôme ont accompli un acte de justice en même temps qu’ils ont dignement rempli un devoir de piété filiale envers celui qui fut leur père tant admiré et tant aimé.Puisse notre modeste livre, en dépit de ses imperfections dont nous sommes seul responsable, à cause des hauts faits qu’il raconte le plus fidèlement que nous l’avons pu, constituer comme un second monument, qui montre, lui aussi, le curé Labelle ce qu’il était, nous voulons dire un prêtre apôtre et un grand Canadien.L’abbé Élie-J.Auclair,
de

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