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Titre :
Le Canada-français /
Revue de l'Université Laval qui traite de philosophie, de théologie, de questions sociales, de linguistique, d'arts et de littérature.
Éditeur :
  • Québec :Université Laval,1888-1946
Contenu spécifique :
Chronique de l'Université
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
chaque mois
Notice détaillée :
Titre porté avant ou après :
    Prédécesseurs :
  • Parler français ,
  • Nouvelle-France
  • Successeurs :
  • Bulletin du parler français ,
  • Nouvelle-France ,
  • Revue de l'Université Laval
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Le Canada-français /, 1930-11, Collections de BAnQ.

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CHRONIQUE DE L’UNIVERSITÉ La France chez nous.— Précieuses leçon.— Il faut s’adapter.— Des prix.— Nouveaux professeurs.— Les jocistes.— L’Action Catholique.— Un cinquantenaire.— La culture française.— Nouveau docteur.— Le Semeur.La France chez nous.Et la vraie France, celle que nous aimons ! Voilà, ce semble, une excellente façon de signaler le court, trop court passage dans notre ville du Révérend Père Paul Doncœur, de la Compagnie de Jésus.L’éminent jésuite, qui a une réputation mondiale, a parlé deux fois dans la salle des promotions de l’Université Laval.D’abord le vendredi soir, 3 octobre, sous les auspices de l’Institut Canadien, et le lendemain, invité par le recteur Monseigneur Ph.-J.Fillion, il a donné une causerie aux élèves des différentes Facultés et aux écoliers du petit Séminaire de Québec.Auditoire vibrant s’il en fut, et que le distingué conférencier sut vivement intéresser une heure durant.Présenté par M.Paul Lebel, président du comité des conférences de la Faculté de Droit, c’est Monseigneur Camille Roy, vice-recteur, aumônier des étudiants qui le remercia.Les deux soirées, il a su charmer ses auditeurs par la richesse incomparable de son verbe et l’originalité prenante de sa phrase.D’ailleurs, beaucoup de lecteurs de cette revue savent déjà la manière du Père Doncœur qui est rédacteur aux Études.Ses chroniques, si fines, si actuelles, traitent maints sujets.Elles sont toujours vivement attendues.Et sans exagérer, l’on peut dire qu’elles contribuent beaucoup à la de plus en plus utile et de plus en plus nécessaire influence du grand périodique parisien.Avec le R.P.Doncœur est venue une fois de plus chez nous la France catholique, la vraie France, la France qui lutte, la France qui veut rester au Christ, et parce qu’elle 194 Le Canada français veut être fidèle à ses plus authentiques traditions, peut encore nous servir d’exemple.N’en soyons pas surpris.Avec une jeunesse pareille à celle dont le Révérend Père s’occupe, jeunesse recrutée dans les meilleurs milieux de son noble pays, les milieux les plus prospères, les plus riches, jeunesse donc qui pourrait être tout naturellement portée à ne pas s’en faire, avec une jeunesse semblable, on ne désespère pas d’une nation.Splendidement, intégralement catholiques, voilà ce qu’ils veulent être ces jeunes, ces scouts, qui parcourent non seulement les routes de leur belle France, mais encore celles des autres pays, en édifiant sur leur passage, en montrant de plus en plus par leur magnifique endurance et leur inépuisable crânerie que leur race n’a pas encore dégénéré.Dieu merci ! C’est un peu l’épopée de cette jeunesse, de cette élite que le Père Doncœur a racontée aux jeunes de chez nous.Ah ! ses jeunes gens, à lui, ce ne sont pas des blasés de vingt ans qui toujours ont sur les lèvres le sot à quoi bon qui tue les meilleurs initiatives et paralyse les plus fervents enthousiasmes.D’une façon un peu paradoxale,— manière à lui de mieux brosser le tableau,— il a dit aux jeunes que l’on fait quelque chose à leur âge.Son auditoire a bien compris.Il 1 a compris, en effet ! Car, ce n’est pas en doutant et en se moquant de tout durant les années de collège qu’on se prépare à devenir le soldat formé, vaillant, généreux sur qui pourra compter plus tard la grande armée de l’Église.Ami des jeunes, apôtre choyé de la jeunesse, le Révérend Père avait toute autorité pour, je dirai, endoctriner ses auditeurs.Expression ordinairement prise au sens péjoratif.Mais qu on veuille bien lui donner la signification qui est celle du chroniqueur.Oui, endoctrinée, notre jeunesse le saurait jamais trop l’être surtout par un maître comme le Père Doncœur.C’est dire que nos jeunes, ce soir-là, ont reçu de précieuses leçons.Et l’une qu’ils doivent de préférence retenir, c’est, aujourd’hui plus que jamais, la nécessité d’unir les forces Chronique de l’Université 195 et les efforts pour arriver à un franc succès.Les scouts de France, pour ne parler que d’eux, nous démontrent bel et bien toute la puissance rénovatrice de l’association.Ce mouvement scoutiste qui progresse tout à côté de nous, fallait-il totalement l’ignorer ?Méthode dangereuse, très dangereuse, semble-t-il.Aussi bien les catholiques, au lieu de le bouder, l’ont fait leur, et s’en servent pour mener le bon combat.Puissance pour le bien, puissance pour l’Église catholique aujourd’hui que ces jeunes gens associés, cherchant par des moyens adaptés aux circonstances actuelles, à vivre totalement leur catholicisme, et à montrer surtout que, parce que fervents catholiques, ils ne doivent pas nécessairement pour cela cesser d’être des gentilshommes au meilleur sens du mot.Du reste,— il y a longtemps que c’est admis,— pour faire un vrai chrétien, pour faire un sincère catholique, il faut d’abord former l’homme tout court.Et bien piètre, et très pauvre aussi, la vie surnaturelle de quelqu’un qui ne sait pas pratiquer en tout premier lieu les vertus simplement naturelles.Et c’est souvent ce manque d’harmonie entre les deux, malheureusement assez fréquent, qui entretient tant de préjugés chez beaucoup dont le credo n’est pas le nôtre.Il faut remercier le Révérend Père Doncœur de la très vivante et très spirituelle causerie faite aux jeunes, le samedi soir, 4 octobre, à l’Université Laval.Nous avons toutes les raisons de croire qu’ils sauront profiter des belles leçons de vie chrétienne, de vie catholique, intégrale, splendide, qu’il leur a données en rappelant les vieilles vérités de toujours, mais sans cesse actuelles, vérités que met quotidiennement en pratique la jeunesse catholique française, jeunesse que la nôtre admire et qu’elle veut imiter plus que jamais.Et bientôt, espérons-le, nous aurons la joie savoureuse de lire ses étincelantes chroniques qui raconteront son trop court voyage chez ses cousins, ou mieux, chez ses frères du Canada.Est-ce trop forcer la note ?Il semble que le bref passage du R.P.Doncœur parmi nous, nous a fait encore mieux com- 196 Le Canada français prendre toute l’actualité du problème de l’adaptation.Problème vieux comme le monde.Et disons tout de suite que le long des siècles ont vécu et propéré les institutions qui ont su s’adapter.A preuve, l’Église catholique.Sa divine et surnaturelle souplesse lui a permis de faire face à toutes les situations sans sacrifier une parcelle de sa doctrine.C’est qu’elle sait s’adapter, c’est qu’elle sait répondre aux légitimes exigences des époques qui se succèdent.Et c’est le cas de le répéter après d’autres, elle “ n’est pas un musée, elle est une société vivante”.La Croix de Paris, 20 septembre dernier, publie sur cet important sujet, un éditorial signé par son rédacteur en chef, le R.P.Léon Merklen.Plus que jamais, de nos jours, écrit-il, les situations nouvelles posent de nouveaux problèmes et demandent des solutions.L’esprit public n’est plus pénétré de religion, la grande masse des habitants de nos centres urbains ne fréquente plus l’église paroissiale.Le moment n’est-il pas dès lors venu de réagir à fond contre ces ultimes conséquences du libéralisme doctrinaire, qui enferma le prêtre dans la sacristie, et du concordat napoléonien, qui réglementa le culte sur le modèle de l’administration militaire.Pour exercer efficacement son apostolat, le pretre doit penetrer aujourd’hui dans la vie publique, montrer qu’il s’intéresse au peuple, recourir, en particulier, aux œuvres sociales.Les derniers tenants du libéralisme devant ces affirmations poussent des cris de scandale ; ils relèvent avec componction tous les inconvénients d’une pareille attitude pour le pretre lui-meme et pour la religion qu’il représente : “ La place de tout pasteur d âmes est à l’église, c’est-à-dire dans le plein et exclusif exercice de ses fonctions sacerdotales : hors de là un ” curé se diminue sans profit pour la mission sacrée qu’il exerce.” Avant eux, l’Église avait signalé à ses prêtres les dangers qu’au milieu du monde, en sauvant le monde, ils ont a courir.En face d’un esprit public “ sécularisé ”, “ laïcisé ”, elle comprend cependant le jeu de ses adversaires, engageant les pasteurs à émigrer loin des âmes qu’ils sont chargées de paître : Enseignez la reli- gion, leur dit-on, répandez l’amour du Christ, annoncez Dieu mais n’abordez les contingences humaines politique, action sociale, affaires temporelles — qu’avec prudence, du point de vue purement surnaturel et dans la mesure ou ces questions se rattachent Chronique de l’Université 197 au dogme et à la morale chrétienne.Soyez les continuateurs de Celui qui a proclamé : Mon royaume n’est pas de ce monde.” Ces propos respirent une orthodoxie en apparence irréprochable.Mais pourquoi n’avoir pas ajouté que toutes les affaires humaines relèvent, en un sens, de la morale et de l’Église?Pourquoi avoir repris le contresens classique, cher aux libéraux du dernier siècle, qui refuserait à Jésus, de son propre aveu, toute autorité sur ce monde terrestre.La fête du Christ-Roi instituée par Pie XI ne permet plus aux gens de bonne foi une semblable plaisanterie.Sans doute l’auteur de ces lignes s’adresse surtout à la France.Mais n’empêche que ce libéralisme doctrinaire dont il parle s’est répandu un peu partout, même chez nous.Encore maintenant nous rencontrons de fort braves gens, catholiques fervents, qui manifestent une quasi surprise en voyant l’Église s’occuper de questions économiques.Braves gens qui n’aiment point voir le prêtre aller au peuple pour lui rapppeler ses devoirs mais ses droits aussi.C’est qu’on oublie que tout problème qui se discute en ce bas monde, toute questions qui s’agite sur notre planète, même d’ordre économique, industriel, a toujours un aspect moral.Aussi bien, à cause de cela, l’Église ne saurait-elle s’en tout à fait désintéresser.Oui, il faut savoir s’adapter.Voilà qui est loin d’être facile et qui est fort souvent périlleux.Mais l’Église, la grande éducatrice, est toujours là qui nous dit comment éviter les écarts.Et vraiment c’est loin d’être de son côté que de bouder toute méthode, tout mouvement nouveau.C’est se condamner, coûte que coûte, à piétiner sur place, partant, à ne faire aucun réel progrès.Sans doute encore, les méthodes d’adaptation, parce que d’adaptation, ne peuvent être identiques partout.C’est pourquoi, ce qui réussit là-bas, pourrait faire fiasco ici.Question d’appréciation, question de coup d’œil, qui se règle en observant, en enquêtant, mais non en restant continûment chez soi, ne voulant avancer ni d’un côté ni de l’autre. 198 Le Canada français * * * Le dernier prix David pour ouvrages de science morale et politique a été attribué à deux de nos collaborateurs : MM.Gustave Lanctôt et Raymond Tanghe.Les membres du jury ont donc apprécié comme ils le méritaient des ouvrages dont notre revue a déjà parlé : U administration de la Nouvelle France et la Géographie humaine de Montréal, qui ont pour auteurs, celui-ci, M.Tanghe, celui-là, M.Lanctôt.Toutes nos sincères félicitations à ces deux acharnés travailleurs qui font grandement honneur aux lettres canadiennes.Rappelons que le volume de M.Lanctôt est sa thèse de doctorat ès lettres passée brillamment à l’Université de Paris.Au même concours ont été couronnées les Ebauches critiques du R.P.M.-A.Lamarche, O.P., professeur à l’Université de Montréal, et directeur de la Revue dominicaine.Nous tenons à dire toute notre satisfaction à l’heureux titulaire.Rien de surprenant que le dernier ouvrage du distingué dominicain ait unanimement obtenu les suffrages des juges.On sait depuis toujours, pour l’avoir souvent constaté en lisant le périodique qu’il dirige avec tant de tact, toute l’originale et la personnelle valeur de sa pensée et de son style.Récompense dont il est certes bien digne, mais qui ne l’empêchera point de continuer à travailler sans réclame et sans gloriole à la diffusion des saines idées dans notre pays et ailleurs.Et puis, ce nous est aussi agréable devoir de saluer en passant les nouveaux professeurs de l’Université Laval.M.l’abbé Félix Charbonnier et Raymond Laurent, MM.Elphège Bois et Édouard Hamel.Les deux premiers enseignent à l’École Normale supérieure, section des lettres, cependant que les deux autres sont affectés, M.Hamel, à l’École d’Arpentage, et M.Bois, à l’École Supérieure de Chronique de l’Université 199 Chimie.Inutile d’insister sur les motifs qui justifient ces nouvelles nominations.M.l’abbé Charbonnier, docteur ès lettres, chargé du cours de littérature grecque, est bien connu des lecteurs du Canada français.Chez nous depuis dix ans, il aime sa patrie d’adoption, il en comprend bien toute la mentalité, et il est au courant de tout ce qui répond le mieux à ses légitimes aspirations.Quant à M.Laurent, agrégé des lettres, arrivé au Canada à la fin d’octobre, il a toutes les recommandations qui le rendent digne du poste de confiance que viennent de lui confier les autorités universitaires.Il succède à M.Lévesque dans la chaire de littérature latine.Nul doute que, comme ses compatriotes, il se plaira à Québec, qui lui rappellera, par bien des côtés, certains souvenirs de sa chère et douce France.M.Elphège Bois, docteur ès sciences, et M.Édouard Hamel, bachelier en sciences appliquées, ingénieur-civil, ont aussi tout ce qu’il faut pour donner à leurs élèves la formation dont ne sauraient se passer les futurs chimistes et les arpenteurs de demain.* * * Scouts.Nous les connaissons ! Mais jocistes ! Quel mot barbare ! C’est la J.O.C.! C’est-à-dire la Jeunesse ouvrière chrétienne.Elle a eu dernièrement son congrès à Paris, ou mieux, sa semaine nationle d’étude, la troisième depuis la fondation de cette déjà puissante association.Élément nouveau qui se remue, sorte de ferment qui pénètre la masse des jeunes ouvriers pour les élever et leur faire atteindre les cimes.Ambition bien légitime, ambition qui se justifie amplement surtout en nos temps où tant de tentations guettent nos jeunes au sortir de l’usine.La J.O.C.groupe tous les jeunes salariés sans exception: a) pour leur procurer une formation intégrale, adaptée à leur âge, à leur condition, à leur milieu ; 200 Le Canada français b) pour rechristianiser le milieu du travail.Pour atteindre ce double but, la J.O.C.a voulu être à la fois : a) une école d’Action catholique, où les jeunes travailleurs, entre eux, par eux, pour eux, développent leur intelligence, forment leur volonté, approfondissent leur vie religieuse, pour connaître et remplir fièrement tous leurs devoirs d’état et préparer chrétiennement leur avenir ; b) un service social qui aide et protège les jeunes travailleurs dans tous les besoins de leur vie et de leur condition ; c) un corps représentatif, qui parle et agisse au nom des jeunes travailleurs, soit leur mendataire et leur porte-parole, mérite leur confiance, soulève leur enthousiasme et leur fierté.La J.O.C.est donc une école où se forment les jeunes travailleurs, et, où, ils prennent surtout conscience de leur force et de leur valeur.Élément nouveau qui est l’une des multiples formes de l’Action catholique tant recommandée par le pape Pie XI ; mouvement, sans conteste, qui doit subir certaines modifications pour s’adapter aux milieux où il pénètre.Mais, dans son fond, il reste partout identiquement le même, parce que partout il poursuit le même but : la formation morale et technique de la jeunesse ouvrière chrétienne.Ce qu’est au juste l’action catholique, une voix autorisée l’a dit tout récemment.S.G.Monseigneur Pizzardo, de la Secrétairerie d’État, a donné sur cette importante question une conférence qui a eu du retentissement.Au mois de mai dernier l’éminent prélat fut invité à parler au congrès international de l’Union des Ligues féminines catholiques à Rome.Pour sujet de son discours il prit l’Action catholique.Et, après en avoir donné la définition, il a parfaitement établi ses rapports avec la politique.Nous citons un extrait de la Croix de Paris du 24 septembre dernier.Quels sont maintenant les rapports de l’Action catholique et de l’action politique ?Une distinction préliminaire s’impose.Il y a d’abord la politique, au sens absolu et philosophique, qui est la Chronique de l’Université 201 science et l’art de procurer le bien commun par des lois et des institutions conformes aux principes chrétiens ; et en ce sens, la politique se confondant avec l’éthique et incluant le précepte de charité sociale, il est clair que l’Action catholique ne peut s’en désintéresser.Mais il y a la politique au sens concret et contingent du mot, où les citoyens, pour promouvoir le bien commun, le font au travers des partis, qui varient d’ailleurs selon les programmes et les moyens d’action.Or, l’Action catholique est en dehors et au-dessus des partis politiques, dont elle se différencie en raison de sa fin spirituelle et éternelle.Distinction qui jette de la lumière, qui montre la voie à suivre.Distinction que doivent avoir toujours bien présente à l’esprit ceux qui par vocation travaillent à faire pénétrer dans les masses les notions de droit, de justice, de charité, dont elles ont besoin pour se maintenir toujours dans les sphères où la paix sociale les réclame et le bien de tous les demande.Cette action catholique, après tout, la diffusion de l’enseignement dogmatique, moral et social de l’Église, il est besoin que les étudiants de nos universités la connaissent et la comprennent de mieux en mieux pour faire noblement face à la tâche qui les attend dans un avenir plus ou moins prochain.Il est quelqu’un qui, dirons-nous, s’est fait, avant la lettre, l’apôtre intelligent, éclairé, de l’action catholique, c’est le T.R.P.Janvier, de l’Ordre des Frères Prêcheurs.Le 4 octobre dernier le célèbre dominicain a célébré à Paris le cinquantième anniversaire de sa profession religieuse.Vingt ans durant, il a commenté du haut de la première chaire du monde, la chaire de Notre-Dame de Paris, l’enseignement moral de l’Église, avec, comme guides, l’évangile et son Maître saint Thomas d’Aquin.A ses pieds les générations se sont succédé qui apprenaient à nouveau toute la nécessité des vieilles disciplines pour maintenir les peuples dans les cadres du vrai et du bien, qui voyaient aussi toute la base fragile de cette science des mœurs, appuyée unique- 202 Le Canada français ment sur des faits, sans s’occuper de leurs causes.Aussi bien, l’éminent prédicateur a-t-il terrassé avec succès ce relativisme moral, dont étaient imbus les hommes de son siècle, pour mettre à la place la morale traditionnelle, la morale évangélique.Il semble que c’est bien là de la véritable action catholique.Et au soir de sa belle vie sacerdotale et religieuse il n’a certainement pas pu s’empêcher de se rappeler ce haut enseignement théologique auquel accourait toute l’élite pensante de Paris.Nous aimons dire ici à l’illustre religieux que ses brillantes conférences mises en volumes ont depuis longtemps franchi les mers.Elles sont aujourd’hui sur les rayons des bibliothèques de tout homme tant soit peu cultivé.Elles ne cessent de ramener les âmes désemparées aux vrais principes, à la norme véritable de la conduite ; elles prolongeront longtemps, très longtemps ce bien immense fait aux milliers d’auditeurs qu’elles ont charmés, instruits et captivés.De loin nous adressons du T.R.P.Janvier nos plus respectueux hommages.Puisse sa noble, sa féconde existence se continuer encore de très nombreuses années ! Elle fait la gloire de la France, elle est l’honneur de l’Eglise et de son Ordre.* * * Figaro du 25 septembre publie un superbe article signé par Robert de Roquebrune, un canadien français vivant à Paris, et qui a pour titre le combat pour la culture française au Canada.Nous tenons à signaler ces lignes, marquées au coin d’une sage modération, et qui rendent pleinement justice à nos maisons d’enseignement classique.Ajoutons que l’auteur y déploie une puissance de synthèse, une pénétration psychologique dont il ne semble pas ordinairement cont under. Chronique de l’Université 203 “ C’est plus qu’un combat, c’est une guerre Voilà comment M.de Roquebrune qualifie la lutte qu’ont soutenue nos pères pour rester fidèles aux traditions classiques françaises.Et il a bien raison.Car il justifie hautement cette affirmation tout le long de son travail.Il attire tout particulièrement l’attention sur le danger plus récent de l’américanisme à cause de notre proximité des États-Unis.Et il écrit : Ce nouveau danger a été aperçu par les Canadiens français et ils ne se laisseront pas surprendre.Des foyers d’intellectualisme français tels que l’Université Laval de Québec et l’Université de Montréal suscitent chaque année des masses d’hommes en face de l’américanisme.L’Université de Montréal, notamment (qui est en train de construire un merveilleux édifice au flanc de la montagne de Montréal), est un rempart de la culture française.Il est d’ailleurs, au pays de Québec, mille moyens d’action pour sauvegarder l’esprit français.Et l’un des plus puissants, car c’est la base même de toute culture française, ce sont les collèges classiques dirigés par les Jésuites, par les Sulpiciens et autres communautés religieuses.Tant que les collèges de l’ancienne mode subsisteront dans la province de Québec, le vieil esprit français y survivra.L’exacte vérité.Les “ collèges à l’ancienne mode ” ont encore du bon, beaucoup de bon.Il ont conservé le “ vieil esprit français ” chez nous, c’est-à-dire le vieil esprit catholique, fait de noblesse, de fidélité aux traditions de l’Église, respectueux des lois.Et donc, nos “ collèges à l’ancienne mode ” sont dans notre pays les meilleures agents de la paix sociale.Aussi, ne faudrait-il point trop saboter leurs programmes, trop bouleverser leurs règlements pour se mettre à la remorque d’un état d’esprit ultra moderne, anxieusement féru de changements et de nouveau.Non certes qu’il faille refuser toute modification et repousser toute amélioration.Mais modification, mais amélioration qui doit se faire avec prudence, d’une main experte, et avec le souci de procurer à la génération montante une culture toujours de plus en plus conforme à ce “ vieil esprit français ” qui est le 204 Le Canada français plus bel héritage que nous ont légué nos ancêtres venus de France.Le samedi, 25 octobre, M.Louis Saint-Laurent, président de l’Association du Barreau Canadien, professeur à la Faculté de Droit de l’Université Laval, a reçu le diplôme de docteur en droit, honoris causâ, de l’Université Queen’s, Kingston, Ontario.A cette occasion, le nouveau titulaire a prononcé un remarquable discours sur le rôle de l’universitaire.Il a dit des choses tout à son honneur, tout à l’honneur de la vieille province qu’il représentait là-bas.Son Alma Mater, l’Université Laval, qui le compte avec orgueil au nombre de ses plus brillants élèves, lui adresse ses plus cordiales félicitations.Elle aime tout particulièrement rappeler que son distingué professeur n’a pas eu peur d’affirmer là-bas toute l’efficacité au point de vue religieux de l’universitaire de chez nous.A la bonne heure ! C’est une très opportune façon de dire tout le rôle de la religion dans notre formation classique et supérieure.Et la grande institution québecquoise tient-elle à exprimer encore tout son reconnaissant merci à celui qui est resté si fidèle aux enseignements de ses anciens maîtres.Le numéro de septembre du Semeur nous est arrivé tout pimpant dans sa neuve toilette.Au frontispice figure un groupe de jeunes qui entourent l'un des leurs, lequel jette à pleines mains la graine sur un terrain préparé ad hoc.Au bas on y lit le texte bien connu de saint Luc : il sortit.pour semer.Heureuse et agréable innovation qui nous dit en raccourci tout le programme de notre Association de la jeunesse catholique canadienne-française.Maintes fois dans ces chroniques nous avons avantageusement parlé des jeunes de l’A.C.J.C.Répétons à nouveau qu’ils sont loin d’avoir envie de mourir ! Au contraire, ils veulent vivre, et vivre d’une vie splendide, d’une vie intense. Chronique de l’Université 205 Et en ouvrant les pages de cette très artistique livraison de leur si joli périodique, on éprouve une joie noble et fière, parce qu’on y constate que les membres de ce groupement poursuivent sans cesse l’idéal que leur ont tracé leurs fondateurs.On s’aperçoit facilement en parcourant ces lignes qu’ils se sentent de plus en plus forts, qu ils veulent toujours marcher en serrant de mieux en mieux leurs rangs, pour que, sous la direction du nouvel aumônier général, le Père Joseph Paré, S.J., ils continuent glorieusement les traditions de leurs aînés.Bravo les jeunes de l’A.C.J.C.Pendant qu’on se ligue partout contre l’Église et ses œuvres, formez un tout de plus en plus compact, discipliné, instruit, convaincu, crâne, distingué, un tout qui sera le ferme et puissant rempart contre le flot de bolchévisme qui menace trop hélas de déferler sur nos bords.La patrie canadienne et l’Église ont les yeux tournés sur vous.De vous ils attendent le salut.Vous avez le cœur trop bien placé et l'àme trop haute pour ne point répondre à leur attente.Prosit ! Laval.
de

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