Le Canada-français /, 1 février 1931, La méthode de saint Thomas d'Aquin
Vol.XVIII, No 5.Québec, février 1931.LE CANADA FRANÇAIS 4 Publication de l’Université Laval LA MÉTHODE DK SAINT THOMAS D’AOUIN (" L’un des premiers actes de Léon XIII fut de restaurer dans les écoles catholiques l’enseignement de la philosophie thomiste.Son successeur, Pie X, non seulement confirma cette prescription (2), mais dans son motu proprio Doctoris angelici, distinguant entre la doctrine de saint Thomas et ses principes, déclare que l’obligation de suivre l’Ange de l’École est encore plus rigoureuse quand il s’agit de ces derniers.Enfin le Code de Droit Canonique fait une nouvelle distinction : celle de la méthode de saint Thomas, non pour nous en exempter, mais pour l’imposer plus expressément.“ Que les professeurs, est-il dit au canon 1366, traitent absolument les études de philosophie rationnelle et de théologie et la formation des élèves en ces matières selon la méthode, la doctrine et les principes du Docteur angélique et qu’ils s’y tiennent saintement.” La doctrine de saint Thomas, c’est évidemment celle qu’on trouve dans ses ouvrages.Les principes, la Sacrée Congrégation des Études les a déterminés en approuvant (3) 24 thèses qui sont comme les grands points de la doc- (1) Travail présenté, le jeudi, 13 novembre, à la deuxième séance de la (2) Dans l’encyclique Pascendi et la lettre Sacrorum Antistitum.première Session de l’Académie Canadienne Saint-Thomas d’Aquin.(3) Le 27 juillet 1914. 362 Le Canada français trine thomiste.Mais en quoi consiste précisément la méthode de saint Thomas et quelle en est la valeur ?C’est ce qu’il m’incombe de démontrer.Et d abord qu’est-ce que la méthode thomiste ?Avant de répondre à cette question, il me faut évidemment vous dire ce qu on doit entendre par méthode en général et combien il y en a d’espèces.Le mot méthode vient de deux mots grecs et implique l’idée de voie à suivre pour arriver à un but.Une méthode suppose multiplicité d’actes à faire ou de moyens à prendre pour atteindre une fin et est formellement constituée par l’ordre à suivre dans l’accomplissement de ces actes ou l’usage de ces moyens.Exemple : on ne devient pas musicien, dactylographe en un clin d’œil ; il faut pour cela des exercices multipliés, variés et gradués, et une méthode musicale, dactylographique consiste dans un enchaînement spécial de ces exercices.La méthode, en philosophie et, d’une manière plus générale, en science, peut donc se définir l’ordonnance des moyens qu’emploie l’esprit pour arriver à la connaissance certaine de la vérité.(1) La méthode, c’est donc le passage ordonné de certaines vérités à d’autres vérités.Mais ce passage peut se faire de deux manières : quelquefois une vérité est la cause qui détermine l’esprit à en connaître une autre avec laquelle elle a un lien logique nécessaire ; quelquefois on passe d'une vérité à une autre vérité mais telle que, si la connaissance de la première est une condition utile ou nécessaire de l’intelligence de la seconde, elle n’en est pourtant pas, strictement parlant, la cause.Dans le premier cas, nous avons la méthode proprement dite ; dans le second, la méthode improprement dite qu’on appelle encore l’ordre.(2) La méthode proprement dite, c’est donc le procédé à suivre pour que de vérités connues nous puissions promptement et (1) Cf.Coûts de Philosophie Scolastique par Farges et ISarbedette, vol.I, p.201.(2) Cf.Enchiridion philosophiae.Satoli.i ; pars la, p.194. La méthode de saint Thomas d’Aquin 363 sûrement arriver à la connaissance certaine d’une vérité jusque là inconnue; tandis que l’ordre, c’est la disposition, les unes par rapport aux autres, des vérités scientifiques relatives à un même objet ou des différentes sciences.Et l’ordre est logique et bon quand ces diverses vérités ou ces diverses sciences sont disposées de telle sorte que l’une appelle l’autre et que l’esprit passe naturellement de l’une à l’autre et acquiert facilement cette science ou ces sciences.L’ordre des différentes disciplines entre elles et, au sein d’une même discipline, des vérités qui la constituent, n’est pas toujours le même.Tous conviennent qu’il y a deux principes qui doivent présider à cette ordonnance des différentes sciences : a) il faut aller du plus facile au plus difficile, du moins abstrait au plus abstrait ; b) il faut commencer par les choses dont la connaissance est requise par les autres disciplines.Mais on ne s’accorde pas toujours dans l’application de ces règles.C’est ainsi qu’au moyen âge il y avait le trivium (grammaire, rhétorique, dialectique) suivi du quadrivium (arithmétique, géométrie, astronomie, musique), après quoi l’on passait à l’université où s’enseignaient la philosophie et la théologie.Aristote, si l’on en juge par l’ordre de ses ouvrages, classait ainsi les diverses sciences philosophiques : logique, physique ou philosophie naturelle, métaphysique, morale.Wolff a modifié cet ancien ordre et de la logique nous fait passer à la métaphysique qu’il divise en métaphysique générale ou ontologie et métaphysique spéciale, laquelle se subdivise en cosmologie, psychologie et théodicée.Vient ensuite la morale.D’autres font précéder la logique de la psychologie ; il y en a enfin qui placent la morale après l’étudedel’âme,avant la métaphysique.Comme l’ordre, la méthode proprement dite est multiple.D’abord on distingue la méthode d’invention et la méthode d’enseignement.La première est celle qu’on suit pour arriver 364 Le Canada français par soi-même à la connaissance de la vérité ; l’autre, celle qu’emploie le maître pour instruire son élève et lui communiquer la science qu’il a découverte.Mais parce que la parole du maître n’est qu’une cause excitatrice, parce que l’enseignement ne produit la science chez l’élève qu’en le faisant agir, en le faisant passer du connu à l’inconnu (1), les deux méthodes ne diffèrent pas substantiellement l’une de l’autre.Au fond, elles constituent une seule et même méthode qu’on appelle méthode d’invention quand on la suit seul, et méthode d’enseignement quand on l’emploie sous la direction d’un maître qui la rend ainsi plus facile.Et cette méthode est essentiellement liée à l’idéologie, et il y en a autant d’espèces foncièrement distinctes qu’il y a de systèmes différents quant à l’origine de nos idées.Or il y a trois grands systèmes relatifs à la cause de nos connaissances.Selon les uns, nous voyons tout simplement les choses en Dieu.C’est l’ontologisme.Selon d’autres, nous connaissons les choses au moyen d’idées qui les représentant et qui existent dans l’esprit.Mais d’où viennent ces idées ?Certains prétendent qu’elles sont innées en nous : ce sont les idéalistes ; d’autres, que nous les acquérons nous-mêmes par la seule sensation : ce sont les empiristes ou sensistes, ou par la force même de notre esprit qui les abstrait de l’image sensible que laisse en nous la sensation : c’est le système rationnel ou scolastique.Enfin il y a les traditionalistes qui enseignent que l’esprit humain par lui-même ne peut acquérir aucune connaissance, que tout lui vient par révélation et tradition.Il y a donc trois grandes méthodes de connaissance : ontologique, psychologique et traditionaliste.Mais l’ontologisme et le traditionalisme, outre qu’ils sont faux, ne méritent guère le nom de méthode.Une méthode, en effet, est l’enchaînement et l’ordonnance de certains (1) Cf.Somme Théologique, la Pars, P.117, art 1er. La méthode de saint Thomas d’Aquin 365 moyens pour arriver à la vérité ; elle suppose donc multiplicité d’actes à accomplir.Or, dans le système ontologique, il n’y a, pour arriver à la connaissance de la vérité, qu une chose à faire : c’est d’ouvrir les yeux de l’esprit et regarder l’essence divine en laquelle tout est représenté.Dans le second, il n’y a qu’à prêter l’oreille à l’enseignement d un maître.Tout au plus, y aurait-il lieu de faire un bon choix du maître à qui on ajoutera foi.Reste donc le système psychologique selon lequel l’esprit humain connaît les choses au moyen d’idées.Mais ce système se différencie par l’origine qu’on attribue à ces idées, et nous avons l’empirisme ou sensisme, l’idéalisme et le système scolastique, le plus rationnel de tous ou, plus exactement, le seul rationnel.Selon les empiristes, sensistes, positivistes, 1 homme ne connaît que les choses matérielles, et les sens constituent les seuls instruments du savoir, la science n’est que la généralisation des faits.Dans ce système il n’y a qu’une méthode pour arriver à la science : l’observation et l’expérimentation des faits.Selon les idéalistes, l’homme n’arrive à quelque connaissance nouvelle que par la mise en regard, la comparaison de ces concepts dont son esprit a été doté dès l’origine, et, partant, il n’est d’autre méthode scientifique que la méthode déductive.Reste la doctrine scolastique qui tient le juste milieu entre les deux précédentes et selon laquelle la sensation n’est pas le dernier mot de la connaissance humaine, comme le veulent les sensistes, mais n’y joue pas non plus le rôle nul que prétendent les idéalistes.Les images que laisse en nous la sensation sont singulières, tandis que les idées, instruments de notre connaissance intellectuelle, sont universelles ; cependant ces idées, l’esprit ne les reçoit pas toutes faites, mais les acquiert lui-même en les abstrayant du sensible.Selon les tenants de ce système, l’expérience joue même un double rôle dans l’acquisition de nos connaissances intellectuelles, 366 Le Canada français et non seulement elle fournit à notre esprit la matière première de ses idées universelles, desquelles, par le jeu de comparaisons successives, il peut tirer de nouvelles vérités ; mais une série d’expériences ou d’observations sagement conduites peut aussi, non pas seule sans doute, mais à l’aide d un principe analytique, conduire à la découverte de la loi universelle qui régit certains faits ou de la cause à laquelle sont dus certains phénomènes.Selon les scolastiques, il y a donc deux méthodes scientifiques : l’une, déductive, par laquelle de vérités universelles ou infère d’autres vérités plus particulières ; et l’autre, inductive, par laquelle on remonte des phénomènes à la loi et des effets aux causes.Mais cette méthode psychologique se subdivise en deux nouvelles : l’une, qui commence par le doute hypothétique universel : c’est celle de Descartes : l’autre qui dès le principe admet des vérités certaines.* * * Quelle est la méthode de saint Thomas ?Nous avons deux moyens de le connaître : la considération de sa doctrine relative à la connaissance humaine et l’examen de ses œuvres.Saint Thomas ne nous a dit nulle part : ma méthode est celle-ci ou celle-là ; mais qu’elle soit telle et non pas telle autre, nous pouvons le déduire de son enseignement.C’est ainsi que dans sa Somme Thcologique, comme dans son ouvrage intitulé De veritate catholicae fidci, communément appelé Somme contre les Gentils (1), il enseigne, d’une part, que l’existence de Dieu n’est pas une vérité première, une vérité évidente par elle-même, et, d’autre part, qu’elle peut être démontrée.La première thèse est la réfutation anticipée de l’ontologisme.Si en effet nous voyions Dieu immédiatement en lui-même et les autres choses en Dieu, il ne serait (X) Livre I, art.X-XIII. La méthode de saint Thomas d’Aquin 367 pas plus nécessaire de nous démontrer l’existence de Dieu qu’il n’est besoin de prouver l’existence du soleil à celui qui le contemple.D’ailleurs il dit bien explicitement dans sa Somme Théologique (1) qu’ici-bas nous ne voyons pas les choses en Dieu.La seconde thèse est la contre-partie du traditionnalisme.Contrairement aux tenants de ce système, saint Thomas enseigne que l’homme peut, par ses seules forces et sans le secours de la révélation, arriver à la connaissance de l’existence et, dans une certaine mesure, même de la nature de Dieu.Or, s’il en est ainsi, à combien plus forte raison l’esprit humain peut-il, par lui-même, découvrir et comprendre d’autres vérités moins hautes et moins abstraites.Sans doute la connaissance que de Dieu nous pouvons avoir naturellement est une connaissance, non intuitive, mais abstractive.Nous ne le voyons pas directement en lui-même, mais indirectement dans les êtres qu’il a créés et qui constituent comme autant de miroirs réfléchissant ses perfections.Mais comme les créatures sont des effets simplement analogues de Dieu, et donc des effets ne reproduisant que d’une manière bien imparfaite les perfections de la cause dont ils émanent, elles sont tout à fait impuissantes à nous en donner une connaissance adéquate.Aussi y a-t-il nécessairement des vérités divines qui dépassent notre portée intellectuelle, des mystères pour la connaissance desquels la révélation est indispensable.Il y a donc un traditionalisme de bon aloi ; mais il en est un autre que saint Thomas répudie : celui selon lequel l’homme, laissé à lui-même, ne peut arriver à la connaissance certaine d’aucune vérité, au moins métaphysique.La méthode de saint Thomas n’est donc ni une méthode ontologique ni une méthode traditionaliste, dans le sens que nous avons dit ; car s’il est un savant qui n’a pas méprisé ceux qui sont venus (1) Pars la, Q.84, a.5. 368 Le Canada français avant lui, (1) qui, au contraire, a vénéré tous les véritables sages et s’est assimilé leur doctrine, c’est bien saint Thomas d’Aquin.Mais il a conçu une plus haute idée de l’esprit humain que ne le font les traditionalistes, et il a cru avec raison que nous n’en sommes pas réduits à la seule faculté de comprendre ce que d’autres nous disent.La méthode thomiste est donc nécessairement une méthode psychologique.Mais celle-ci, vous le savez, se subdivise en sensiste, idéaliste et rationnelle ou scolastique.La première, nous l’avons dit, a pour fondement cette théorie que l’intelligence ne diffère pas essentiellement des sens ; que, partant, le singulier est le seul objet de nos connaissances, et la science, la simple généralisation de faits particuliers ; et elle consiste, cette méthode, uniquement dans l’induction.La seconde se base sans doute sur l’immatérialité de l’intelligence et le caractère universel de ses connaissances, mais aussi sur l’innéisme de nos idées, qui fait que l’esprit se meut dans un monde ressemblant peut-être au nôtre mais n’ayant avec lui aucune relation de dépendance, et que tout son travail pour parvenir à la science consiste à comparer ces idées innées et à combiner des jugements a priori, d’où il suit que la méthode idéaliste est exclusivement déductive.(1) Puisque la vérité est partout, dans le temps aussi bien que dans l’ambiance du penseur, Thomas d’Aquin voudra se plonger dans la tradition, non pour la juger de haut, comme certains, et en prendre le contre-pied, ou encore pour essayer de faire œuvre indépendante.Ce n est pas lui qui voudrait, comme Kant, fonder “une Science entiè.ement nouvelle, dont personne auparavant n’aurait eu seulement la pensée ”, et ce n’est pas lui qui prendrait la position de notre Descartes, qui “ ne veut même pas savoir s'il y a eu des hommes avant lui ”.Attitude impossible, à laquelle seul un embouteillage parfait de la pensée philosophique peut servir d’excuse.Il y a mieux à faire.Le vrai accompagne les générations, comme la lumière fait et refait constamment le tour du globe : un esprit amoureux du vrai doit donc être le contemporain de tous les âges, séculaire en arrière, surtout s’il peut nourrir l’ambition de l’être aussi en avant.On ne devient le maître du genre humain qu’à la condition d’en avoir été le disciple.Le novateur le plus hardi est celui qui peut s’appuyer sur la sagesse de tous.(A.-D.Sertillanges, La Méthode de saint Thomas d'Aquin.La rie intel-ectuelle livraison d’octobre 1930). La méthode de saint Thomas d’Aquin 369 Mais la doctrine scolastique est la contradiction et du sensisme et de l’idéalisme.A l’encontre du premier, elle tient que l’intelligence n’est pas le sens et que son objet propre est l’universel, non le singulier ; elle veut aussi, contrairement à l’idéalisme, que l’esprit ne reçoive pas ses idées toutes faites, mais les abstraie lui-même par le moyen de l’intellect agent, du sensible perçu par les sens, de sorte que si la quiddité des choses matérielles constitue l’objet propre de l’intelligence humaine, celle-ci n’en perçoit pas moins le singulier, non directement sans doute, mais indirectement par réflexion sur l’image sensible d’où elle a été abstraite.Aussi la troisième méthode, dite rationnelle ou scolastique, n’est-elle ni exclusivement inductive à l’instar de la méthode sensiste, ni exclusivement déductive, comme celle des idéalistes, mais l’une et l’autre à la fois, c.-à.-d.inductivo-déduc-tive.Or ce sont là autant de points de l’enseignement thomiste.Dans la 1ère partie de la Somme Thiologique, de la question 78me à la question 86me inclusivement, nous trouvons nettement formulées toutes les doctrines qui servent de base à la méthode scolastique (1).Et puis dans les commentaires qu’il nous a laissés des Seconds Analytiques d’Aristote,saint Thomas, à la suite du Stayiite, reconnaît explicitement l’existence de deux procédés scientifiques distincts : a) le syllogisme démonstratif, qui fait l’objet de l’ouvrage et qui n’est rien autre chose que notre déduction, comme on peut le voir par tout ce qu’il en dit et plus particulièrement par la définition et l’explication qu’il en donne dans la leçon IV du livre I; b) l’induction, dont il en traite pas ex professo, mais qu’il mentionne incidemment dans la leçon I du livre (1) L’intelligence est réellement distincte des sens (Q.78, a.1).Existence de l’intellect agent dont le rôle est de rendre intelligible en acte ce qui ne l’est qu’en puissance et d’abstraire l’idée de l’image sensible (Q.79, a.3).L’intelligence connaît par le moyen, non d’idées innées (Q.84, a 3), mais d’idées abstraites du sensible.(Q.85, a.1) L’intelligence connaît primo et per se la quiddité des choses sensible», et secondairement, par réflexion sur l’image sensible, le singulier.(Q.8b, a.1) 370 Le Canada français I en l’opposant au syllogisme démonstratif (1), et de laquelle il nous fait dans la leçon XX du livre II une description vraiment graphique.Si donc saint Thomas a été conséquent avec lui-même, sa méthode est indubitablement une méthode inductivo-déductive.Mais depuis Descartes, cette dernière méthode se subdivise et est de deux sortes : l'une, primitivement sceptique, puis dogmatique ; l’autre, exclusivement dogmatique.Toute démonstration suppose des certitudes, des vérités immédiatement évidentes, soit d’une évidence sensible, soit d’une évidence intellectuelle, et donc la véracité de nos facultés de connaissance.Mais Descartes, pour mieux éviter toute erreur et arriver ainsi plus sûrement à la vérité, veut que l’esprit révoque tout en doute, non pour persévérer dans cet état,— ce n’est pas un sceptique convaincu et véritable, — mais par mesure de prudence.C’est le scepticisme hypothétique universel.Il n’entre pas dans le cadre de cette étude de réfuter cette erreur.Qu’il nous suffise de dire qu’un système qui révoque réellement en doute, ne fût-ce qu’hypothétiquement et momentanément, toute vérité, ferme la route à toute certitude.Nous pouvons douter d’une vérité ou d’une autre ; à cela pas d’inconvénient, parce qu’il nous reste le moyen de sortir de cet état ; mais si nous doutons de tout, comment, par quels moyens pourrons-nous établir une certitude ?Archimède disait : “ Donnez-moi un point d’appui et je soulèverai le monde.” Mais, par contre, sans point d’appui, on ne saurait soulever même une paille.Pareillement, de certitudes premières, l’esprit peut faire jaillir bien d’autres ; mais si vous les lui enlevez, il est irrémédiablement plongé dans les ténèbres.(2) Aussi, inutile de dire que telle n’a pas été la méthode de saint Thomas.Il n’a jamais prétendu qu’il fallait, ne fût-ce (1) “ In syllogismo accipitur cognitio alicujus universalis conclusi ab aliis universalibus notis.In inductione autem concluditur universale ex singularibus quæ sunt manifesta quantum ad sensum." (2) Cf.Zigliaba.Summa philosophica, éd.1898, vol.I, p.201. La méthode de saint Thomas d’Aquin 371 que par souci d’une meilleure méthode, recourir au doute universel.Au contraire, il enseigne bien clairement qu’il est impossible à quiconque possède l’usage de sa raison de douter de tout (1).Le doute hypothétique universel ne saurait donc constituer, dans la pensée dn Docteur angélique, un bon procédé pour arriver à la vérité.La méthode de saint Thomas, si l’on en juge par sa doctrine, ne peut donc être qu’une méthode psychologique inductivo-déductive et dogmatique.C’est également la conclusion à laquelle on arrive par l’examen de ses œuvres.Saint Thomas ne dit nulle part : Telle chose est .parce que je l’ai vue dans l’essence divine ; nulle part, non plus, la formule : Magister dixit, ergo verum est.Non seulement il ne base pas ses assertions sur le témoignage, mais il enseigne qu’en matière de science, l’autorité humaine, en soi, est le plus faible des arguments.Non, partout et toujours, saint Thomas raisonne ; et ses raisonnements ne sont pas des spéculations d’idéologues, mais des raisonnements basés, lorsque la nature de la vérité inférée l’exige, sur l’expérience.Et selon le Révérendissime Père Gillet, qui préside actuellement aux destinées de l’Ordre des Frères Prêcheurs et dont la haute valeur philosophique et théologique ne nous est pas inconnue, c’est “ en cela, c’est-à-dire dans sa fidélité constante à une méthode rationnelle basée sur l’expérience que consiste la véritable originalité de saint Thomas en philosophie, originalité plus rare qu’on ne le pense généralement, et qui consiste moins à inventer la vérité qu’à la découvrir, à construire de toutes pièces un système dans l’abstrait, qu’à lui trouver des bases solides et stables dans la réalité vivante et concrète (2) ”.Oui, saint Thomas raisonne toujours, même en théologie.Sans doute, ses principes théologiques, il les fonde sur la (1) In IV Metaph., Leet.VI.Cf.Zigliaha, op.cit.I, p.194.(2) Citation extraite d’un article intitulé : La Méthode philosophique de S.Thomas et T Expérience, publiée dans la revue Angelicum, livraison de avril-juin 1930. 372 Le Canada français révélation et donc sur une parole d’Écriture Sainte ou l’enseignement des Pères de l’Église, sur la Bible ou la Tradition.Ce sont des dogmes de foi qui ne sont pas l’objet de la science ; ils en sont la base, ils ne constituent pas l’édifice lui-même.La raison peut en démontrer la non-répugnance, même la convenance, y mettre de l’ordre, les classer, mais elle ne les prouve pas intrinsèquement.La science théologique commence à proprement parler seulement lorsque la raison compare deux vérités surnaturelles ou une vérité surnaturelle et une vérité naturelle pour en faire jaillir de nouvelles vérités qu’on appelle conclusions théologiques.De sorte que la science sacrée de saint Thomas est un tissu de raisonnements.“ On ne peut évidemment nier, dit encore le T.R.Père Gillet, que saint Thomas se soit constamment servi de la raison pour déduire des données de la Foi ses conclusions théologiques : c’est même en cela précisément que consiste, d’après lui, la théologie.Mais il ne l’a fait avec tant d’assurance et d’autorité que parce qu’il a cru à l’autorité elle-même de la raison, à son autonomie, et a préalablement élaboré, grâce à elle et en partant des données de l’expérience, un système cohérent de vérités rationnelles qui lui permissent, non pas de démontrer les vérités révélées, mais de les justifier en quelque sorte du dehors, de les formuler en langage intelligible, après avoir essayé d’en extraire le contenu.(1) ” Et si chaque fois qu’il aborde une question, saint Thomas donne les raisons qui semblent militer contre la doctrine qu’il s’apprête à défendre et la révoquer en doute, ce doute ne s’étend qu’à une chose à la fois et non à toutes les vérités en même temps.Aussi croyons-nous que jamais les cartésiens n’ont été tentés de réclamer saint Thomas pour un des leurs et de le placer dans la galerie de leurs ancêtres.* * * (1) Article déjà cité. La méthode de saint Thomaas d’Aquin 373 Jusqu’ici nous avons considéré la méthode thomiste proprement dite ; mais il y a, en outre, la méthode improprement dite ou ordre suivi dans l’exposition d’une science en particulier ou des sciences en général.Quel est l’ordre de saint Thomas ?Et comme il est à la fois philosophe et théologien, de là double question : quel ordre a-t-il suivi en philosophie d’abord, puis en théologie ?Saint Thomas a bien commenté plusieurs des œuvres d’Aristote, il a bien fait des travaux plus personnels sur telle ou telle question philosophique, par exemple, l’opuscule De ente et essentia ; mais il n’a jamais composé un manuel de philosophie du genre de ceux qui sont aujourd’hui en usage dans les Écoles.La Somme contre les Gentils, qu’on a l’habitude d’appeler sa somme philosophique par opposition à la Somme TLologique, n’est pas, à proprement parler, un ouvrage de philosophie, mais bien plutôt d’apologétique.Nous ne disons pas que saint Thomas n’a pas abordé et traité toutes les questions qui relèvent de la philosophie.Non, à ce point de vue, aucun n’est même plus complet ; mais ces diverses questions sont éparses dans ses ouvrages de philosophie et surtout de théologie.Au moyen fige, on faisait de la philosophie, mais en fonction de la théologie.Et saint Thomas n’a pas rompu avec cette coutume.Non qu’il ait méconnu le caractère propre et l’autonomie de cette science (1) ; mais, dans ces siècles de foi profonde, c’était la théologie qui attirait tous les regards, et on ne prêtait généralement attention à la philosophie que dans le mesure où elle intéressait la reine de toutes les sciences.Mais si saint Thomas ne nous a laissé aucun recueil de toutes les questions purement philosophiques nous montrant l’ordre suivi par lui en cette science, nous avons cependant, des raisons de croire qu’il n’aurait pas répudié celui d’Aristote et qu’il y aurait été fidèle, au moins dans les grandes lignes.L’ordre philosophique aristotélicien est, eu effet, trop rationnel pour qu’il n’eût pas plu au Docteur angélique.(1) Cf.Contra Gentiles, II, C.IV. 374 Le Canada français Deux principes, nous l’avons déjà dit, doivent guider le philosophe dans la determination de l’ordre qu’il s’imposera.L’esprit humain va naturellement du plus facile au plus difficile ; et parce que toute connaissance, chez l'homme, commence par les sens, le plus facile pour lui, c’est le singulier, le concret, et l’homme va du moins abstrait au plus abstrait.Dans l’application de ce premier principe, il ne faut pourtant pas en perdre de vue un autre également important : celui de 1 utilité d une science pour l’acquisition d’une autre science; celle-ci, fût-elle moins abstraite en soi,doit cependant venir en second lieu, puisque la première constitue par elle-même un moyen, sinon nécessaire, du moins utile pour arriver à 1 autre.Et guidé par ce double principe, saint I homas eut composé son traité de philosophie selon cet ordre ; logique d’abord, non parce que c’est la science la moins abstraite,— considérée de ce point de vue elle viendrait naturellement après la métaphysique — mais parce qu elle est l’instrument de l’acquisition des autres sciences ; puis physique (1), physique purement inductive et physique inductivo-déductive.La première, qui comprend toutes les sciences expérimentales, n’est pas, contrairement à l’autre, la physique inductivo-déductive, une philosophie, même analogiquement, et ne constitue pas non plus, comme quelques-uns semblent le prétendre, un instrument strictement nécessaire aux mains du philosophe.Cependant les sciences expérimentales, comme les sciences mathématiques, qui, à raison de l’abstraction de leur objet, s’intercalent entre la physique ou philosophie naturelle et la métaphysique, n’en sont pas moins des disciplines qui préparent l’esprit à l’étude (1) ( e mot n avait pas autrefois le sens restreint qu’on lui donne com-raunement aujourd’hui.La physique des anciens n’était pas, comme celle ries modernes, la science des seules qualités extérieures des corps : lumière, son, chaleur, etc., mais bien plutôt la science de l’être abstrait de la matière individuelle sans doute, mais non de la matière sensible.Et la physique, ainsi entendue, comprenait, outre ce que, de nos jours, on appelle les sciences expérimentales (physique purement inductive), la science de 1 être mobile en général ou philosophie naturelle (physique inductivo-déductive) qui correspond à notre cosmologie et psychologie.C’est dans le sens des anciens que nous prenons ici le mot physique. La méthode de saint Thomas d’Aquin 375 de la plus haute des sciences naturelles.Enfin viendrait la métaphysique générale d’abord, c.-à.-d.cette métaphysique qui a pour objet propre la substance des choses sensibles, puis la métaphysique spéciale, qui est l’application à Dieu des principes de la métaphysique générale.Sur ce dernier point de l’ordre qu’aurait suivi saint Thomas en métaphysique, s’il eût compose un manuel de philosophie, nous n’en sommes pas réduits aux conjectures, puisque nous avons de lui une déclaration claire à ce sujet.Dans la Somme contre les Gentils, livre II, c.IV, il dit explicitement que le théologien, comme le philosophe, considère et Dieu et les créatures, mais que l’un et l’autre n’en jugent pas d’après les mêmes principes et ne procèdent pas selon le même odre, le premier, le théologien, considérant Dieu et les créatures à la lumière de la révélation, et le second, le philosophe, d’après les premiers principes de la raison ; le premier, étudiant Dieu d’abord et les créatures en autant qu’elles ont quelque relation avec Dieu, le philosophe etudiant les créatures en premier lieu et par la considération de celles-ci s’élevant à la connaissance de l’existence et dans une certaine mesure, de la nature de Dieu.Pour ce qui est de l’ordre suivi par saint Thomas en théologie, nous avons plus que des probabilités même solidement fondées, puisque ce grand Docteur non seulement a traité toutes les questions qui constituent la science sacrée, mais les a réunies en corps dans sa Somme Théologique.Or rien de plus complet que cet ouvrage, ni rien de plus rationnel et de plus logique que la succession et l’enchaînement des parties, des questions et des articles qui le composent.Nous ne pourrions évidemment pas, sans élargir démesurément les cadres de cette conférence, montrer jusque dans ses détails, l’ordre de la Somme Th.'ologique ; qu’il nous suffise d’en indiquer les grandes lignes.La théologie, comme le mot l’indique d’ailleurs, a pour objet Dieu, et, s’il s’agit de la théologie sacrée, de Dieu 376 Le Canada français connu, non par les seules lumières de la raison, mais par celles de la révélation ; que si on s’y occupe d’autres choses, ce n est qu en fonction de Dieu et en relation avec Lui.(1) Et saint Thomas, après avoir ainsi défini l’objet de la théologie, nous en donne les grandes divisions.Le but principal de la science sacrée, c’est de nous faire connaître Dieu considère sous tous rapports, non seulement comme il est en lui-même, mais encore en tant qu’il est le principe et la fin de toutes créatures, surtout de la créature raisonnable.C’est pourquoi, continue saint Thomas, nous traiterons d’abord de Dieu, puis du mouvement de la créature raisonnable vers Dieu, enfin du Christ qui, en tant qu’homme, est la voie qui mène à Dieu (2).Et chacune de ces trois grandes parties de la Somme Th ologique se subdivise en plusieurs autres.La première traite successivement de Dieu un quant à sa nature, de Dieu trine quant à ses personnes et de Dieu cause efficiente des créatures.La seconde, comme nous l’avons dit, est consacrée au mouvement de la créature raisonnable vers Dieu.Aussi saint Thomas, après quelques questions préliminaires sur la fin de l’homme et la béatitude, y étudie-t-il les moyens d atteindre cette fin et de parvenir à cette béatitude, lesquels moyens sont nos actes qu’il considère d’abord en général, tant en eux-mêmes que dans leurs causes intérieures (les habitudes) et extérieures (la loi et la grâce), puis en particulier.La troisième partie est consacrée à l’étude du Christ et des Sacrements, qui sont les instruments dont il se sert pour nous communiquer la vie qu’il nous a méritée par sa passion et sa mort.Le tout se termine (3) par la considéra- (1) Somme Théologique, 1ère partie, q.1ère, art.7.(2) Ibidem, q.2ème, préambule de l’art.1.• *\ous n *8U°roIls pas que la Somme Thâologique est une des œuvres inael evées de saint Thomas, que eelui-ei était à composer le traité de la pénitence quand il fut ravi par la mort.C’est un de ses frères en religion qui a complété cet ouvrage ; mais il ne l’a fait qu’en puisant sa doctrine dans les commentaires qu avait faits saint Thomas des Sentences de Pierre La méthode de saint Thomas d’Aquin 377 tion de nos fins dernières, du bonheur et du malheur des hommes selon qu’ils auront atteint ou manque leur fin, selon qu’ils verront Dieu face à face et le posséderont éternellement ou qu’ils se seront à jamais sépares de Lui.Cette brève description de la Somme Th ologique suffit pour nous faire voir quelle en est 1 harmonieuse diversité non moins que la parfaite unité, comment de la considération de Dieu tel qu’il est en lui-même, le grand Docteur y passe successivement à celle de Dieu produisant les créatures, de Dieu les conduisant à leur fin, de Dieu réparant notre nature déchue et viciée par le péché d’Adam et finit par Dieu se donnant à sa créature comme son Souverain bien, et parcourt ainsi un complet et magnifique cercle d or.Et l’ordre de chaque traité et de chaque question n est pas moins admirable que celui de l’ouvrage tout entier.Saint Thomas y procède toujours avec une logique impeccable de sorte que tout s’y appelle et tout s y enchaîne.Prenons une question au hasard, par exemple celle de la béatitude qui sert de préliminaire à la 2me partie.La béatitude, c’est la fin de l’homme ; aussi saint Thomas y traite-t-il d’abord de la fin en général, puisque la fin est comme le genre de la chose dont il entreprend l’étude.Puis il aborde la question de la béatitude et se demande quelle en est l’essence, c.-à.-d.en quoi elle consiste objectivement et subjectivement, ensuite quelles en sont les parties intégrantes, enfin quelle en est la cause ou le moyen de 1 atteindre, finissant ainsi ce traité par la question qui appelle naturellement tout le reste : la question des actes par lesquels on parvient à la béatitude.La Somme de l’immortel Thomas d’Aquin, écrit K.Werncr.est le produit le plus grandiose de la science médiévale ; la systématisation de la théologie augustinienne y a été portée à sa perfection.Il est impossible d’aller plus loin dans le même sens.Elle constitue, dans son architecture sublime et raisonnée, un temple Lombard et en suivant l’ordre qu'il s’était imposé en commençant la Somme. 378 Le Canada français i*e la science sacrée, sous les parvis majestueux duquel nous voyons se dresser les statues de tous les grands témoins de Dieu, qui, depuis l’Apôtre des nations, ont prêché les mystères de l’Éternel à travers les siècles.Et de même que l’esprit prophétique de Dante ne dédaignait pas de se laisser guider dans les espaces éternels par le sage Virgile.de même dans ce saint temple.la sagesse humaine d un Platon et d’un Aristote est invitée à rendre hommage à la gloire du Seigneur, dont l’esprit, éclaire tous ceux qui le cherchent.Ainsi cette œuvre devait manifester tout ce que Dieu a révélé dans l'Église qu’il a choisie et aussi ce qu’en dehors d elle il a porté à la connaissance du monde païen ; et le monde chrétien l’a compris qui, après de courtes hésitations, a reconnu en elle une œuvre dont le Christ lui-même se réjouissait.Depuis l’apparition de la .Somme, aucun ouvrage n’a été produit, qui forme un ensemble si harmonieusement composé et si complet.Ainsi cette œuvre, pareille aux cathédrales gothiques majestueuses, et riche d’un art profondément religieux, demeure un monument durable de parfaite orthodoxie, qui provoquera l’amoureux étonnement et l’étude de tous les siècles à venir.(1) Dans la Somme contre les Gentils, saint Thomas suit un ordre un peu différent, parce que le but qu’il s’y propose n’est pas le même.Ce dernier ouvrage n’est pas une œuvre scolaire comme la Somme Théologique (2), mais une œuvre apologétique.Saint Thomas l’a composée à la demande de saint Raymond Pennafort pour éclairer les infidèles et les engager à embrasser la doctrine chrétienne.La Somme contre les Gentils se divise en quatre parties ou livres.Le premier traite de Deo uno ; le second, de Deo creatore ; le troisième correspond à la partie morale de la Somme Théologique, la 11° pars ; le quatrième, aux traités de Deo trino, de Christo et Sacramentis et de novissimis.Notre sainte religion comprend deux espèces de vérités révélées : des vérités que la raison peut se démontrer à elle-même et comprendre mais que Dieu a révélées afin (1) Citation extraite de La Somme thêologique de saint Thomas d'Aquin, par Mgr Martin Grabmann, traduction française, p.112.(2) La Somme Théologique est une œuvre scolaire de saint Thomas, sinon en ce sens qu’elle reproduit des leçons du professeur, du moins en ce qu’elle a été destinée par lui aux étudiants en théologie. La méthode de saint Thomas d’Aquin 379 que nous pussions les connaître plus facilement et plus sûrement, et d’autres vérités qui dépassent la portée de notre esprit et qu’on appelle des mystères.Dans la Somme contre les Gentils, saint Thomas traite d’abord de la théologie naturelle ; puis, après avoir ainsi, par ses démonstrations rationnelles, favorablement disposé les infidèles à accepter l’enseignement de l’Église, il passe aux mystères que 1 autorité de Dieu impose à la croyance des hommes, et s’il ne peut en prouver la vérité par des raisons intrinsèques, il montre du moins qu’ils n’impliquent aucune contradiction, qu’ils sont même d’une haute convenance.Le mot méthode peut recevoir une signification encore plus étendue et être pris, non seulement pour les moyens fondamentaux employés et l’ordre suivi dans 1 élaboration ou la communication de la science, mais encore pour toutes les particularités d’un procédé scientifique.(à suivre) Joseph Ferland, ptre.
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