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Titre :
Le Canada-français /
Revue de l'Université Laval qui traite de philosophie, de théologie, de questions sociales, de linguistique, d'arts et de littérature.
Éditeur :
  • Québec :Université Laval,1888-1946
Contenu spécifique :
Une disciple de la Croix - L'initiatrice
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
chaque mois
Notice détaillée :
Titre porté avant ou après :
    Prédécesseurs :
  • Parler français ,
  • Nouvelle-France
  • Successeurs :
  • Bulletin du parler français ,
  • Nouvelle-France ,
  • Revue de l'Université Laval
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Le Canada-français /, 1932-05, Collections de BAnQ.

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Quelques livres de chez nous UNE DISCIPLE DE LA CROIX1'1 L’INITIATRICE (2) Voici deux livres que l’inspiration, le sujet, le style ne rapprochent pas nécessairement.Leur rencontre sur notre table de travail est tout à fait fortuite.Les étudier ensemble n’implique donc pas qu’il y ait entre eux quelque point de comparaison.Une disciple de la croix Dieu vous destine à une grande oeuvre, et vous relèverez une maison sur son déclin.Paroles de L.du Lescoât à Mme d’Youville.La vie de Marie-Marguerite Dufrost de la Jemmerais est l’une de celles qui méritaient le mieux chez nous d’être écrites de nouveau.Ce que Faillon et tant d’autres en ont dit ne nous suffisait pas.Il convient, en effet, de voir dans une nouvelle et plus complète lumière la haute figure de la première Canadienne fondatrice d’institut religieux.Rome meme demandait d’être renseignée davantage sur la vénérable Marguerite d’Youville.En outre, notre peuple, au milieu des crises graves qu’il traverse, a besoin plus que jamais de puiser dans notre histoire les grandes leçons que celle-ci nous offre, dès que nous savons tourner les pages aux bons endroits.Une Disciple de la Croix résume en cinq mots toute l’existence et toute la mystique de celle qu’on appelle la Margue- (1) Une disciple de la Croix, par une Sœur de la Charité de Québec, 1932.(2) L’Initiatrice, par Rex Desmarchais.Éditions Albert Lévesque, Montréal, 1932.Le Canada fhançais, Québec, mai 1932. UNE DISCIPLE DE LA CROIX 759 rite du Canada.En effet, attachée à Dieu par la foi, façonnée par l’épreuve, l’âme chaque jour plus sereine et plus forte, la Mère d’Youville a été l’esprit le plus pratique, le plus apte à transposer dans le plan des réalités immédiates ce qui, chez une autre, fût demeuré chimère et rêverie.Épouse, mère, veuve, hospitalière, garde-malade, sœur des pauvres, architecte, manœuvre, blanchisseuse, fondatrice, elle occupe tour à tour les emplois les plus divers, les plus disparates, semble-t-il, que lui assigne la Providence.Elle excelle en chacun, du plus humble au plus élevé.Elle se fait une règle d’être ce que Dieu veut d’elle dans la paix et dans la guerre, aux moments les plus troublées de notre histoire.Et Dieu n’a jamais voulu d’une femme en notre pays plus d’obéissance, une plus étroite conformité à ses desseins, et il n’a jamais accordé, en retour d’une plus humble acceptation de ses vues, un plus éclatant témoignage de sa prédilection.La vénérable Marguerite d’Youville a mis en terre, au pied de la Croix, le pauvre grain de ses peines, de ses labeurs, de sa confiance.Son œuvre a tellement grandi que la disciple de la Croix compte aujourd’hui au delà de 5,000 disciples revêtues de la bure grise, répandues jusqu’aux bords glacés du MacKenzie et jusque sous les cieux brûlants des missions orientales, où la Croix les protège comme un étendard sacré.Voilà le fruit de la vie de celle qui, “ toujours à la veille de manquer de tout, n’a jamais manqué du nécessaire ” et a accompli l’impossible.La maison sur son déclin que Marguerite de la Jemmerais devait relever, c’était l’Hôpital-Général de Montréal.Mais cela n’est qu’un symbole fondé sur la plus objective des réalités.Il n’y a aucun doute que la Providence assigne à la vénérable Marguerite d’Youville une part privilégiée, avec la vénérable Mère Marie de l'Incarnation et la vénérable Mère Marguerite Bourgeoys, dans la réfection de la maison canadienne-franç-aise en butte à tant d’attaques.Si, dans nos familles, une Disciple de la Croix était lu et médité, notre vie nationale apprendrait à s’alimenter de nouveau à sa vraie source si fortifiante et grâce à laquelle seule nous avons pu jusqu’ici durer.Des jours sombres s’annoncent pour l’avenir.Notre race n’est pas plus à bout d’épreuves que la Mère d’Youville n’en a été elle-même à bout, du pre- Le Canada français, Québec, mai 1932. 760 l’initiatrice mier au dernier jour où elle a été une femme d’œuvres, une femme forte en œuvres toutes fécondes et salutaires.La Sœur de la charité de Québec qui a écrit, dans une langue simple, correcte, et savoureuse, la vie de sa sainte fondatrice, n’a pas songé qu’elle s’associait ainsi à l’œuvre de salut de Marie-Marguerite Dufrost de la Jemmerais, qui, par la grâce de Dieu, s’étend bien au delà du cloître et bien au delà du siècle.Dieu pourtant l’y associe.N’est-ce pas la façon discrète, mais évidente, que la Providence emploie pour nous montrer, en l’auteur d’Une Disciple de la Croix, que la Fille est digne de la Mère ?L’Initiatrice Curieuse culture et étrange bibliothèque d'un jeune romantique résolu, doublé d’un esthète.L’Initiatrice, p.54.Tout le monde le confesse, et c’est une chose vraie qui mérite d’être confessée, le roman a longtemps été chez nous, et peut-être l’est-il encore assez, l’une des formes d’expression les plus indigentes de notre vie intellectuelle.Il n’est pas un pays au monde, pas une histoire nationale, pas une psychologie plus riches, plus variés, plus intéressants que le pays, l’histoire et la psychologie de chez nous.Aussi un romancier peut-il en faire avec le plus grand profit l’objet de ses études.Nos poètes, nos historiens voient mieux les choses de leur entourage que nos romanciers ne les voient.Il est plausible que la raison de tout cela soit la suivante : le roman français contemporain domine toute la littérature de notre ancienne mère patrie.II influence de telle sorte nos écrivains que ceux-ci ont peine à se dégager de son emprise.Ils n’osent pas romancer nationalement, ou encore leurs essais sont trop ternes, trop dépourvus d’observation personnelle et, partant, d’autorité.Il semble heureusement y avoir une certaine reprise de la conscience romanesque chez nous.Nous avons indiqué déjà que nous sommes au tournant de nos lettres sur ce point.Le livre de M.Rex Desmarchais, VInitiatrice, nous donne encore une fois un peu plus raison de penser ainsi.M.Desmarchais est un jeune romancier.C’est précisé- Le Canada fbançais, Québec, mai 1932. l’initiatrice 761 ment à la jeunesse qu’il appartient de s’attacher, avec son enthousiasme, sa curiosité, sa mobilité, sa témérité, à une tâche que nos écrivains d’âge mûr ne sauraient mener à bien, enlisés qu’ils sont dans l’ornière où leur pauvre coche s’est engagé.La première originalité de M.Desmarchais a été de lire, par exemple, Maurice Barrés, de s’inspirer de lui, d’affiner à un pareil contact sa propre pénétration psychologique, et d’appliquer à l’étude d’un sujet canadien, imaginaire en grande partie, mais enfin à un sujet imaginé chez nous, son esprit littéraire mis en éveil.Sa deuxième originalité a été d’agencer cette affabulation simplement, mais sans banalité, et d’analyser les personnages qu’il crée en nous épargnant les redites, les conventions, les sottises enfin, les sottises à fleur de peau et de papier, qu’on a accoutumé de nous offrir.Sa dernière originalité est celle-ci : pratiquer, sans ennui pour le lecteur, ce dont nous manquons, qui n’a pas de grand maître chez nous : le style! Toutefois, ni dans la manière de s’affranchir des tutelles littéraires extérieures, ni dans celle de romancer, ni dans celle d’écrire, M.Desmarchais n’a créé le bouquin qui le fera passer à la postérité.Il a montré qu’il peut être, qu’il veut devenir, à la vérité qu’il est en voie de devenir quelqu’un.Il lui faut ne pas en rester là.Sa tâche n’est point achevée.Loin de là.Il le sait, et nous le savons autant qu’il nous le prouve.Il a des ressources.Mais son clavier romanesque n’est pas fait seulement pour qu’il y joue la gamme, les arpèges et y plaque deux ou trois accords.Ce qu’il vient de nous donner, c’est une prime mélodie, joliment harmonisée, une annonciatrice de mieux.En effet, comme la belle Violaine a été l’initiatrice du héros de M.Desmarchais à une vie plus pleine et plus profonde, ainsi le roman de notre auteur aura-t-il accompli sa mission, s’il achemine celui-ci à toujours mieux inventer, mieux composer et mieux dire, en tenant compte que le roman a, chez nous plus qu’ailleurs, un rôle, à la fois artistique, social et national bien défini à remplir.Maurice Hébert.Le Canada français, Québec, mai 1932.
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