Le Canada-français /, 1 décembre 1932, Les livres
LES LIVRES Religion et piété R.P.Lhande.L'Evangile de la douleur.Un volume de 240 pages.Editions Spes, 17, rue Soufflot, Paris, Ve, 1932.La terre, a-t-on dit, est une vallee de larmes, toute parsemee des épines de la maladie, des épreuves, des angoisses de toutes sortes.Cette vérité s’affirme davantage de nos jours alors que 1 humanité est aux prises avec des souffrances morales et physiques l’opprimant sans relâche.C’est précisément ce marasme mondial qui donne tant d actualité à Y Évangile de la douleur, recueil de radio-sermons prechés par le R.P.Lhande, durant le carême de 1932._ Revenu d’un long voyage, le valeureux prédicateur de 1 Evangile “ par dessus les toits ” retrouva ses compatriotes abattus sous le poids de l’inquiétude et de la douleur ; aussi résolut-il de relever leur courage en brossant une série de tableaux représentant des souffrances auprès desquelles les nôtres paraissent bien peu de chose.Il nous décrit tour à tour le martyre des aveugles, des tuberculeux, des paralytiques, des lépreux, des affamés, des sans foyers, des sans-travail._ D’un style alerte, émaillé çà et là d’incidentes originales et spirituelles qui font discerner l’apôtre en quête d âmes atteintes de la lèpre de l’incrédulité ou du péché, ce livre inspire la confiance, et nous fait oublier nos propres peines, tout en nous faisant compatir à celles des autres plus crucifiés que nous-mêmes.R sera donc lu avec avantage par tousles affligés qui trouveront en cette saine lecture un baume réparateur propre à cicatriser les plaies de leur cœur meurtri.St-G.B.Vladimir Solovief.Les Fondements spirituels de la l ie, traduit du russe par le R.P.Tsébricov avec la collaboration de l’abbé Alfred Martin, Bruxelles, 1932.Éditions de la Cité Chrétienne, un vol.in-8, 244 pages.Solovief avait trente ans quand il écrivit ces pages.Parce que ses conclusions religieuses portaient ombrage aux Russes dissidents, il se vit enlever la chaire d’université qu’il occupait si brillamment.Déjà il entrevoyait dans quelle mesure le catholicisme répondait à l’âme de sa nation et aux aspirations de sa race.Aussi le philosophe russe fut-il reçu dans l’Église en 1896.Outre l’intérêt suscité d’avance par le caractère oriental de cette théologie, une autre qualité commande la sympathie du lec- Le Canada français, Québec, décembre 1932. 384 LES LIVRES teur : c’est la ressemblance profonde qu’il remarque entre les fondements spirituels de la vie et la théologie du Nouveau Testament, surtout celle de saint Paul.Un esprit inquiet et chercheur, un philosophe déconcerté par l’apparente contradiction entre la bassesse et la grandeur de l’homme, découvre enfin que la vraie religion s’adapte parfaitement aux caractères de la nature humaine.Et la foi lui rend sérénité et apaisement.Sorte d’ascète laïque aux vues profondes, Solovief fait penser souvent à Joseph de Maistre.“ Russe et Oriental, écrit un prêtre grec catholique, l’auteur 1 est par le mouvement synthétique de sa pensée et par son caractère mystico-intellectuel.On sent cependant de fortes influences latines, dues à des lectures ou à des conversations avec des théologiens occidentaux.” A.P.Chanoine E.Duplessy.Cours de Religion, sous forme de petits prônes-1 volume in-8, 320 pages, chez Pierre Téqui, à Paris, 1932.Monsieur le Chanoine Duplessy donne au public un nouveau volume.On connaît la plume infatigable, claire et précise, pleine de vie et de conviction, de cet apologiste.En ces petits prônes, Monsieur Duplessy instruit plus qu’il n’argumente et ne bataille.Son livre s’adresse à “ Messieurs les Curés qui ont tant de besogne”, pour être lu en chaire, par tranches, et sans commentaires, si le temps les presse trop.Nos prêtres s’en serviront d’une autre façon.Us trouveront dans ces petits prônes les plans les plus au point pour de courtes homélies sur les vérités chrétiennes.Les maîtres et maîtresses d’enseignement religieux le consulteront surtout pour leurs classes de catéchisme aux élèves les plus avancés.C’est à eux que nous le signalons comme livre de documentation.Ce Cours de Religion sera en trois petits volumes.Celui que nous avons est le deuxième et explique les devoirs à pratiquer.Le premier et le troisième suivront pour exposer les vérités à croire et les sacrements à recevoir.F.G.Marie Gasquet.La Fête-Dieu.Un volume de 183 pages.Collection “ Les Belles Fêtes ”, Flammarion, 1932.La Fête-Dieu, de Marie Gasquet, est un livre d’actualité, si on considère l’extension de plus en plus grandissante que prend dans le monde catholique le mouvement liturgique.Nous assistons d’abord aux leçons bien naïves mais combien pleines, de Sœur Justine, complétées, par l’auteur, d’une documentation irréprochable empruntée à l’Ange de l’Ecole.Puis, grâce à un art délicat, l’écrivain sait tirer des leçons pratiques d’où se dégage le sens profond de la Fête du Saint-Sacrement.Le Canada fbançais, Québec, décembre 1932. LES LIVRES 385 Grands et petits trouveront dans cet ouvrage des pages vivantes qui font ressortir la beauté d’une de nos plus belles fêtes catholiques.St-G.B.J.-R.Muffat, Chanoine de Notre-Dame de Paris.Nouveau Questionnaire Synthétique à l’usage des examinateurs d’instruction religieuse.La Fraternelle de Paris, 285, Boulevard Raspail, Paris, XIV.Les catéchistes se serviront avec profit de cette brochure où ils trouveront méthodiquement coordonnées les demandes de catéchisme propres à discerner les connaissances et l’intelligence des candidats à la première communion.C’est là, du reste, le but que s’est proposé l’auteur, et il a tout à fait réussi.St-G.B.Dr Auguste Vallet.Les Guérisons de Lourdes, en schémas.1 volume in-8 de VII-182 pages, avec illustrations, chez Pierre Téqui, à Paris, 1932.Le Docteur Auguste Vallet est président du bureau des constatations médicales à Lourdes.Il offre au public un ouvrage de propagande populaire sur les guérisons opérées à ce sanctuaire de la Vierge.Ce petit livre est un argument fourni à l’apologétique chrétienne du miracle.Vingt-trois cas y sont étudiés et la plupart ne remontent pas à plus de dix ans ; les miraculés vivent encore et le miracle se prolonge en eux.La narration des faits est agrémentée de schémas descriptifs démontrant l’état du malade avant et après la guérison ; l’auteur s’est appliqué à en exclure les termes techniques et scientifiques, de sorte que ce livre de spécialité médicale est accessible à tout lecteur.Dans la publication de ces récits, le Docteur Vallet s’est associé le Docteur Robert Dubuch, intimement lié lui-même aux choses de Lourdes.Ces deux médecins ne font pas de réclame, ils racontent seulement et cette simplicité donne à leur volume un intérêt et une valeur que nous soulignons fortement.Nous souhaitons bonne fortune à ce livre recommandable pour les bibliothèques de médecins et d’apologistes.F.G.Théologie et Philosophie Francis Mugnieb.La Passion de Jésus-Christ d’après saint Thomas d'Aquin.Somme théologique.Ilia, q.46-49.Un volume de 299 pages.Collection du Christ-Roi, II.P.Téqui, Paris, 1932.Librairie Granger, Montréal.M.le chanoine Mugnier nous donne un sobre commentaire des questions 46, 47, 48 et 49 de la Ille partie de la Somme théologique.Le C ANADi français, Québec, décembre 1932. 386 LES LIVRES C’est dire que la doctrine qu'il expose d’une façon si claire est puisée à excellente source.Nous conseillons cet ouvrage aux confrères du ministère.Souvent dans leurs sermons, ils parlent de la rédemption, des effets de la passion du Sauveur.Ils ne sauraient avoir meilleur guide que saint Thomas commenté par l’éminent professeur du Grand Séminaire d’Annecy.A.R.M.-J.Lagrange.M.Loisy et le Modernisme.Un volume de 251 pages.Les Éditions du Cerf, Juvisy (Seine-et-Oise), 1932.M.Loisy a écrit ses Mémoires en trois volumes.Ici et là il décoche au R.P.Lagrange, comme à Mgr Battifol, des traits un peu acérés pour ne pas dire davantage.Et le R.P.Lagrange prend la plume pour mettre certaines choses au point.Non pas pour se défendre, lui ou Mgr Battifol, mais plutôt pour montrer que l’Église a eu cent fois raison de condamner M.Loisy.Oeuvre sereine, objective, qui nous rappelle une bien triste histoire.Pages qui, comme tant d’autres, font grandement honneur à son auteur.Et en fermant ce dernier volume du grand dominicain on est convaincu, à nouveau, que l’Église, bonne mère, a poussé la charité à l’extrême à l’égard de M.Loisy dont elle admire encore le talent.Mais devant la vérité, elle est intransigeante, mais pour conserver intacte la doctrine du Christ qu’elle a reçue en dépôt, elle est obligée de sévir.Qui peut raisonnablement lui en faire un reproche ?A.R.Jean Dabiki, professeur à la Faculté de Droit et à l’École des Sciences Politiques et Sociales de l’Université de Louvain.La Philosophie de l’ordre juridique positif.Librairie du Recueil Sirey, 22 rue Soufflot, Paris (Ve), 1929.Voilà un maître livre.Il devrait se trouver sur la table de travail de tous les étudiants en droit.Il se recommande aussi aux juristes mûris dans l’étude du droit, aux professeurs aussi bien qu’aux avocats de carrière.Il est également très propre à servir de guide à tous ceux, laïques ou ecclésiastiques, qui veulent faire le rapprochement entre leurs études philosophiques, particulièrement de la morale, et celles des problèmes du droit.Le droit positif, tributaire des autres sciences, a son domaine distinct, ses problèmes à lui, ses fins particulières.Pour le connaître et voir ses possibilités, ses limitations, et en rattacher l’étude à la philosophie générale, il faut discerner sa nature, son rôle, son esprit et sa méthode, autrement dit, sa philosophie.C’est l’entreprise difficile et en quelque sorte nouvelle que M.Jean Dabin a entreprise en écrivant ce travail.Philosophe traditionaliste, M.Dabin part des données ordinaires et de bon sens sur les grands problèmes de la connais- Le Canada français, Québec, décembre 193?. I.ES LIVRES 387 sance, du bien, de la justice, pour exposer, avec une pénétrante clarté et une logique très serrée, dans une première partie : la notion et la justification de l’ordre juridique positif; dans une deuxième : les principes directeurs de l’élaboration juridique, le droit naturel, la justice, la morale catholique, et ses applications à la lésion, la prescription, la responsabilité civile, l’assistance; puis, dans la troisième partie : la valeur obligatoire du droit positif : les lois “ pénales ” et les lois injustes.Cette simple mention des titres de chapitres du volume indique toute l’actualité des questions étudiées.La clarté du style et la facilité de l’exposé ajoutent encore à la valeur du volume dont la lecture est rendue par là très attrayante.C’est, croyons-nous, le travail le mieux pensé et le mieux écrit qui ait paru depuis longtemps sur la matière.Cet ouvrage arrive à une date opportune.Il coïncide avec le renouveau plein de promesses dans les études philosophiques comme base de toutes les autres connaissances, sciences naturelles, morale, droit.Le travail du professeur Dabin rendra donc de grands services, et il est à souhaiter qu il reçoive une large diffusion dans nos milieux universitaires et parmi tous ceux qui veulent “ repenser leur droit ’ .L.-A.P.Semaine Internationale d'Ethnologie Religieuse.Ve Session ; Luxembourg, 1929.Librairie Orientaliste Paul Geuthner, Paris.Un vol.de 366 p., 57 fr.50.On trouvera dans ce volume la substance des principaux travaux qui furent donnés à cette importante réunion des ethnologues catholiques les plus connus.On sait quelle œuvre incomparable par sa valeur à la fois apologétique et strictement scientifique le R- P- Schmidt et le R.P.Pinard de la Boullaye ont déjà accomplie dans le domaine aujourd’hui si âprement disputé de l’ethnologie religieuse.Les postulats de Durkeim, les systématisations faciles d’un matérialisme historique plus érudit que tempérant, ont dû céder devant les observations précises, faites suivant une méthode rigoureusement scientifique, par des missionnaires absolument familiers avec les mœurs des peuples les plus primitifs.Les travaux de cette Semaine d’Ethnologie nous donnent le fruit de ces recherches ; exempts de toute généralisation hâtive, ils sont lourds de faits.Dans la première partie, plus générale, on remarquera les contribution très suggestives du P.de Sinéty, sur la Psychopathologie religieuse, et de Mgr Schrijnen, sur le Mariage dans le folklore hollandais.La seconde partie, consacrée à la famille, contient des observations qui portent sur les peuples les plus divers.Les études synthétiques du P.Koppers sur la famille chez les peuples de civilisation inférieure, et du P.Schmidt sur l’Exogamie, en résument les principales conclusions.Muni d’un index alphabétique complet, ce volume sera, très utile à tous ceux qui s’occupent d’ethnologie et de sociologie, et qu1 Le Canada français, Québec, décembre 1032. 388 LES LIVRES veulent se pourvoir de documents d’une valeur rigoureusement scientifique.M.R.Littérature Louis Veuillot.Oeuvres Complètes, XXVe.Correspondance mise en ordre et annotée par François Veuillot.Tome XI, sept.1871-février 1875.Un vol.in-8, 408 pages, chez Lethielleux, Paris, 1932.Ce volume ajoute son intérêt spécial aux dix volumes de Correspondance qui ont précédé.Il se compose presque entièrement de lettres inédites.Et M.François Veuillot a eu la bonne pensée d’y insérer les pages du journal de voyage de Louis Veuillot à Rome à la fin de 1873.L’auteur qui était alors malade, et qui supprima toute correspondance pendant ce voyage, dictait chaque soir ces pages à son secrétaire.On y retrouve les impressions heureuses ou tristes, vives toujours, du pèlerin sensible qu’était Louis Veuillot.La période 1871-1875 est marquée d’événements publics ou privés qui donnent leur intérêt au journal et à la correspondance.C’est au début de 1872, que S.S.Pie IX mit fin à une querelle entre l’Univers et Mgr Dupanloup au sujet du pouvoir temporel en reprochant à l’Univers et aux ultramontains de manquer de charité, et aux libéraux de manquer d’obéissance et d’humilité.Louis Veuillot montra toute sa fidélité au Pape en acceptant avec une parfaite soumission le blâme pontifical.Et la réception toute paternelle que lui fit Pie IX en 1873, lui fit comprendre en quelle estime le tenait toujours le Souverain Pontife.Des événements d’ordre familial, comme l’entrée en religion de sa fille Luce et le mariage de sa fille Agnès, arrivés en 1874, font de nouveau bien connaître tout le cœur du père et du chrétien qu’il y avait en Louis Veuillot.Ce volume contient donc une nouvelle et précieuse documentation sur l’œuvre polémique et littéraire de Louis Veuillot.C.R.Gustave Guiches.Le Spectacle.Volume de 274 pages, Éditions Spes, 17, rue Soufflot, Paris, 1932.Prix : 12 francs.M.Gustave Guiches nous donne dans ce livre de souvenirs littéraires l’histoire de sa génération partie à la conquête du théâtre.Cette conquête, qui s’étend de 1887 à 1914, connut trois étapes : les batailles retentissantes du Théâtre libre d’Antoine, le cycle élégant de la Comédie moderne, sous Lucien Guitry, la brillante dictature de Jules Claretie à la Comédie f rançaise.M.Guiches nous fait assister à l’éclosion de talents qui sont devenus célèbres dans la suite, au lancement d’œuvres originales de forme et de pensée, Le Canada ebancaib.Québec, décembre 1932. LES LIVRES 389 a.la formation d’une nouvelle opinion publique.Nous voyons quel rôle jouent, dans la littérature, les salons à la mode, les réunions d’écrivains dans les cafés de Paris, quelle influence décisive exercent, dans le pur domaine littéraire, les acteurs eux-mêmes, les artistes que l’on appelle “ créateurs ” de personnages.Ce livre plein de vie n’a pas la forme didactique des manuels scolaires.Aussi, ne manquera-t-il pas d’intéresser les personnes qui ont une formation générale assez solide pour faire d’elles-mêmes le décalage des idées justes et des jugements risqués et fantaisistes.Car les écrivains et les œuvres dont parle M.Guiches ne méritent certainement pas tous qu’on leur accorde une égale attention, tant au point de vue moral qu’au point de vue strictement littéraire.J.G.Sciences Arthur Smith.Manuel d’Astronomie pratique.Un volume de 72 pages.L’Action Sociale, Limitée, Québec, 1932.M.Smith, arpenteur-géomètre, est depuis de nombreuses années professeur d’Astronomie pratique à l’Ecole d’Arpentage et de Génie forestier de l’Université Laval.Il a eu l’heureuse idée de condenser, sous la forme d’un manuel commode et d’excellente présentation typographique, la substance des cours qu’il donne chaque année à ses élèves.Conçu pour faciliter le travail des étudiants-arpenteurs et rendre plus attrayante l’étude d’une science pour eux indispensable, ce manuel réalise d’une manière très heureuse les intentions de son auteur.On y trouve, rassemblés sous une forme claire et concise, les définitions et principes, les méthodes de calcul et d’observation qui sont à la base de la science des astres appliquée aux opérations d’arpentage, de géodésie et de cartographie.Des dessins et schémas précis, des exemples nombreux et pratiques, des problèmes développés avec solutions complètes rendront aussi agréable que fructueux l’usage de ce manuel.Aussi sommes-nous assurés que, leurs études terminées, les jeunes arpenteurs-géomètres réaliseront pleinement un désir qu’exprime modestement l’auteur dans sa préface, et continueront à utiliser ce manuel “ comme aide-mémoire pour les travaux qu'ils auront à exécuter dans leurs expéditions ”.Ajoutons que les “ profanes ” eux-mêmes, ainsi que tous les amateurs d’astronomie, trouveraient plaisir et profit à parcourir ou à consulter le livre de M.Smith.R.B.Histoire Horatius Pkémoli.Histoire de l’Église contemporaine (1900-1925), Turin-Rome, Mario Marietti, 1930.Vouloir enfermer en un volume de quelque cinq cent pages Lis Canada français, Québec, décembre 1932. 390 LES LIVRES une histoire générale de la vie extérieure de l’Église de 1900 à 1925, c’était, à coup sûr, un dessein qui ne manquait pas de hardiesse.C’est que, si la période étudiée est relativement courte, par contre elle est chargée de tant et de si profondes agitations politiques, économiques, religieuses, etc., que l’aspect du monde en a été complètement modifié.Il faut féliciter l’auteur d’avoir réussi à nous donner un récit clair, intéressant et complet des joies et des douleurs de l’Église durant ce premier quart de siècle si mouvementé.Un beau livre, et qui vient à son heure.G.S.Maurice Soulié.Les Procès célèbres des États-Unis.Un volume in-8 écu, 26 gravures.Payot, 106, Boulevard Saint-Germain, Paris, 1932.Comme les précédents ouvrages de M.Maurice Soulié, les Procès célèbres de VAngleterre, les Procès célèbres de l’Allemagne, les Procès célèbres de VEspagne, ce nouveau volume est remarquable par son ton de vérité et de vie, par la vigueur de ses jugements psychologiques.On s’intéressera fort aux Circus girls de Salem, 1692, aux péripéties de la trahison du général Arnold en 1780, aux manigances d’un aventurier politique, Aaron Burr, 1756-1836.On assistera, comme au cinéma, à la fondation du marmonisme par Joseph Smith, au procès du professeur Webster coupable d’un crime affreux, à l’assassinat du Président Lincoln, à l’histoire de John Brown et du Standard Oil Trust.Tous ces procès nous révèlent de nos voisins l’âme un peu farouche, primitive, suffisamment frottée d’une civilisation de brocante et de rêveries sectaires.J.-E.B.Marcelle Capï, Des hommes passèrent.Roman, Éditions du Tambourin, 142, rue Montmartre, Paris, 1931.(Prix Séverine).“ C’est l’histoire vécue d’un petit village du Lot, pendant la guerre.” Les hommes sont partis ; les femmes restent et font l’ouvrage de ceux que l’armée est venue chercher : labour, semailles, moissons et que sais-je ?Et ces pauvres femmes y laissent la beauté, leur cœur, leur vie.Admirables portraits.La Madeleine est le type de ces courageuses qui vont tenir, comme les hommes au front.Véritable épopée de courage, de l’amour porté aux confins de l’héroïsme, voire de l’impossible.Et cela sans littérature.La langue en effet est de rythme moderne, débordante de simple poésie, d’émouvante familiarité.Œuvre à tendances pacifistes, tout comme A l’Ouest rien de nouveau.Il faut écouter l’appel ardent qui semble monter du cœur tout vif de la patrie, des patries mutilées pour la satisfaction Le Canada français, Québec, décembre 1932 LES LIVRES 391 monstrueuse d’esprits perdus par la pensée de la domination, l’appel des volontés contre la mort imméritée des atroces carnages.Il ne sera pas inutile, croyons-nous, de noter en passant que l’auteur est passé par le Canada dont elle “ a gardé — c’est elle qui parle -—- un magnifique souvenir J.-E.B.L’abbé Ivanhoë Caron.La nomination des Evêques catholiques de Québec sous le Régime anglais.Plaquette de 44 pages.Mémoires de la Société Royale du Canada.Troisième série, 1932.Tome XXV, Ottawa.Ce travail a été présenté et lu à la dernière réunion de la Société Royale du Canada.Il contient l’exposé d’une question de primordiale importance dans l’histoire de l’Eglise canadienne.Le traité de Paris par lequel la France cédait, en février 1763, le Canada et ses dépendances à l’Angleterre, accordait à nos ancêtres le libre exercice de la religion catholique, mais avec cette redoutable restriction : “ en tant que le permettent les lois de la Grande-Bretagne ”.Or, les lois de la Grande-Bretagne interdisaient, àcetteépo-que, dans les colonies anglaises, toute juridiction ecclésiastique émanant d’un pouvoir étranger.En conséquence, si la stricte teneur des lois britanniques eût été observée, l’épiscopat catholique romain aurait alors disparu au Canada.Pourtant, il est demeuré ; mais au prix de multiples et délicates démarches de la part des nôtres et grâce à de mutuelles concessions consenties à la fois par les autorités romaines et les autorités anglaises.Ce sont tous les documents relatifs à ces démarches et à ces concessions que l’abbé Ivanhoë Caron a patiemment mis en faisceau et qui font l’objet de son présent opuscule.L’auteur s’est appliqué, avec un soin visible, à donner à son travail une valeur historique incontestable.A cette fin, il a puisé ses abondantes informations le plus souvent aux sources primitives, c’est-à-dire dans les archives elles-mêmes.Il a indiqué toutes ses références avec précision et exactitude.Aussi, ce n’est pas faire un éloge de bienveillance, mais une juste appréciation de son travail, que de dire qu’il repose sur une documentation de premier ordre.Son style clair, correct, dépourvu de toute recherche et de toute fantaisie, est bien celui qui convient à un ouvrage d’histoire et d’érudition.Nous exprimons le souhait que M.l’abbé Caron continue d’étudier ainsi en profondeur d’autres questions jusqu’ici incomplètement ou imparfaitement traitées par nos historiens.Ce sera tout à son honneur et à l’avantage de notre littérature historique.N.M.Pierre-Georges Rot, archiviste de la province de Québec.I — Inventaire des procès-verbaux des grands voyers conservés aux Archives de la province de Québec.Volume sixième, 303 pages.Beauceville, L'Eclaireur, Limitée, éditeur, 1932.Avec ce volume, M.Pierre-Georges Roy a complété une série dont la publication était commencée depuis neuf ans.L’inventaire Le Canada français, Québec, décembre 1932. 392 LES LIVRES lui-même des procès-verbaux des grands voyers s’est terminé avec le cinquième volume paru en 1931.Le sixième est un répertoire ou index exécuté avec un grand souci d’ordre, d’exactitude et de précision.Il ne manquera pas de faciliter la consultation des pièces inventoriées dans les volumes précédents.C’est le couronnement logique d’une œuvre de ce genre.II — Inventaire des jugements et délibérations du Conseil Supérieur de la Nouvelle-France de 1717 à 1760.Volume premier, 355 pages.Beauceville, L’Êclaireur, Limitée, éditeur, 1932.La précédente série n’était pas terminée que déjà l’inlassable travailleur qu’est notre actif archiviste provincial en mettait une autre sur le métier.Les Archives de la province de Québec possèdent la série complète des jugements du Conseil Souverain ou Supérieur de la Nouvelle-France de 1663 à 1760.Les jugements rendus par ce Conseil entre 1663 et 1716 ont été publiés intégralement en six gros volumes à la fin du siècle dernier.Le reste est inédit et de consultation difficile.Sa publication, affirme M- Roy, remplirait de vingt à vingt-cinq volumes aussi considérables que les six premiers déjà édités — ils contiennent plus de 1100 pages chacun — et coûterait $100,000.00.L’éminent archiviste sait mieux que personne combien ces jugements et délibérations peuvent être utiles aux chercheurs.Par ailleurs, à une époque de crise financière comme celle que nous traversons, il est bien convaincu de la nécessité de l’économie, pour les gouvernements comme pour les citoyens.Il a donc cherché et trouvé avec bonheur le moyen de mettre, sans tarder davantage, à la portée du public, des pièces d’archives d’une utilité incontestable et de réduire de beaucoup les frais de leur publication ; il en publie seulement un résumé qui contient cependant tout l’essentiel du texte original.En même temps qu’il réalise une importante économie en faveur de notre Province, il simplifie le travail des chercheurs, historiens et généalogistes, puisqu’il les débarrasse de la longue et fastidieuse phraséologie des vieux textes judiciaires.Le travail qu’a dû et que devra s’imposer M.Roy est immense ; mais il n’est pas homme à reculer devant les tâches harassantes, du moment qu’il s’agit de rendre service au public désireux de fouiller nos archives pour mieux oréciser les détails de notre histoire.N.M.N.B.— Conformément à la tradition, et dans l’intérêt d’une juste liberté, il est entendu que les articles de la Revue y sont publiés sous la responsabilité de leurs auteurs.Directeur-gérant : M.l’abbé Aimé LABRIE fsi^SBfKw 75 De j ateliers de L'Action Sociale Liée, Québec.
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