Le Canada-français /, 1 novembre 1933, Chronique de l'Université Laval
CHRONIQUE DE L UNIVERSITÉ LAVAL La séance de rentrée La chronique d’octobre, après avoir donné une vue d’ensemble sur les travaux accomplis durant les vacances d’été, s’achevait par un bref compte rendu de la séance solennelle d’ouverture des cours et par la reproduction des allocutions prononcées à cette même séance.Comme nous le disions, c’est la première fois que l’Université Laval tenait pareille séance.Il fut un temps où notre université se contentait de deux cérémonies publiques par année, à savoir la messe du Saint-Esprit célébrée le jour de la rentrée et la collation des diplômes faite le dernier jour de l’année académique.Un premier changement s’était introduit, il y a quelques années : le Recteur, au cours de la messe du Saint-Esprit, prenait la parole pour commenter un texte de l’Écriture Sainte, pour donner un mot d’ordre, pour éclairer la route à parcourir pendant l’année.Cette initiative parut très heureuse ; en fait elle fut très féconde.Son Excellence Monseigneur Ross avait l’obligeance d’y applaudir dans son discours du 27 septembre dernier.Cette année l’Université Laval voulut aller plus loin dans la réalisation de son désir d’intéresser ses professeurs, ses étudiants, le public lui-même à l’œuvre d’éducation qui lui est chère.Pour la première fois, croyons-nous, elle invitait, pour une séance d’ouverture, les évêques que le Saint-Siège lui a donnés comme conseillers ; tous n’ont pas pu venir, mais tous ont témoigné au Recteur le plaisir que leur causait cette invitation.Pour la première fois aussi on entendit le rapport du travail accompli dans chaque Faculté.Il est de toute évidence que ces rapports, faits au début de l’année, sont bien plus propres à stimuler les énergies que s’ils étaient lus au moment où les grandes vacances de l’été risquent d’en tuer les échos.De toute façon nous avons reçu un grand nombre de félicitations pour cette nouvelle initiative. 264 LE CANADA FRANÇAIS Le rapport de M.l’abbé Cyrille Gagnon s’appliquait à la Faculté de Théologie proprement dite, tout en laissant entrevoir les activités du Grand Séminaire.Nos séminaristes et nos jeunes théologiens ne font pas de bruit, et, pourtant, leur ruche est fort active.Lever à 5 hrs, coucher à 10 hrs, c’est dans ces limites qu’évoluent ces pieuses abeilles ; heures de cours, heures d’études, exercices de piété tiennent l’esprit tendu;environ trois heures de récréation relâchent à peine l’arc de l’attention.Nous le disons à la louange de ces jeunes, et il était bon de le proclamer devant le public.Les élèves du Grand Séminaire sont au nombre de 171, bien qu’on ait dû refuser plusieurs demandes d’entrée.Sur ce nombre il faut compter 24 élèves de la Faculté de Théologie, à savoir 20, qui préparent le baccalauréat, 3, la licence, et un jeune prêtre, le doctorat.Le rapport de M.Ferdinand Roy, Doyen de la Faculté de Droit, a été très remarqué.M.le juge Roy ne dit jamais rien de banal ni pour le fond ni pour la forme ; il force à réfléchir même ceux qui n’acceptent pas toutes ses opinions.Quelques-uns ont trouvé amères les opinions de M.le Doyen.Ont-ils raison ?On pourrait déplorer avec lui le trop petit nombre des étudiants en Droit “ désintéressés ”, c’est-à-dire de ceux qui étudient le droit comme formation supérieure de l’esprit et non comme une préparation à une carrière lucrative.Sur ce point l’Université s’est toujours trouvée embarrassée par l’attitude du Barreau parfois, plus souvent par celle de la Législature.Le Barreau exige pour l’admission à l’étude du droit, soit le titre de bachelier, soit le certificat du brevet d’admission, que le Barreau considère comme préparation suffisante.Il se présente, chaque année, à l’étude du droit des candidats qui n’ont ni le baccalauréat ni le brevet.Autrefois on les acceptait.Mais lorsqu’il fut démontré que ces élèves, une fois nantis du baccalauréat en droit, pouvaient moyennant une loi privée -— un bill de la Législature — concurrencer leurs confrères qui avaient pris la peine de se mieux préparer aux études légales, l’Université résolut de fermer la porte.Elle l’ouvrirait, si elle avait l’assurance que la Législature et le Barreau s’entendront pour ne plus voter de ces “ lois privées.” D’autre part, on peut toujours regretter qu’un jeune bachelier en droit se croie forcé de plaider à la cour ; il reste d’autres ouvertures à ses énergies ; la formation que lui don- CHRONIQUE DE l’üNIVERSITÉ 265 nent les études de droit le préparent convenablement au journalisme,— surtout s’il a eu soin de suivre les cours de philosophie, de sciences sociales, de littérature, — au commerce — moyennant quelques mois d’étude spéciales,— aux carrières administratives.M.le Doyen regrette — et c’est la deuxième fois qu’il le dit en public — que la Faculté de Droit ne soit pas tout-à-fait chez elle.Nous aussi, d’une façon, nous éprouvons le même regret, mais nous sommes presque dans l’impossibilité de faire autrement.Nous demeurons convaincus que 1 Université Laval, en dépit de ressources fort restreintes, a réussi à donner à la Faculté de Droit un logement beaucoup plus grand et beaucoup mieux aménagé.Toutefois, s’il se trouvait quelque millionnaire disposé à doter cette Faculté d un beau pavillon bien à elle, comme on en voit ailleurs, l’Université serait reconnaissante de pareille générosité.L’année dernière nous avons dû donner, à la faculté de Droit, les cours de langues modernes, ceux de l’Institut Supérieur de Philosophie et ceux de l’École des Gardes-malades.Cette année l’Institut de Philosophie partage avec l’École Normale Supérieure le local sis au numéro 25 de la rue Ste-Famille ; les cours de langues modernes ne se donnent plus dans les salles de Droit; quant aux gardes-malades, nous aurons pour elles un nouveau local.Ainsi la Faculté de Droit sera davantage chez elle.Je me souviens qu’en Europe, pendant la guerre, le charbon étant devenu rare, les Universités fermèrent jusqu’aux deux tiers de leurs édifices et concentrèrent tous les cours dans ce qui restait ; de cette sorte, avec un peu de charbon on pouvait assurer une température convenable ; il fallut modifier les horaires et utiliser les moindres coins, et il s’ensuivit un entassement d’élèves dans des chambrettes où l’on croyait auparavant qu’un seul homme pût respirer.A Laval il y eut toujours une certaine compénétration des diverses facultés et écoles ; cet inconvénient est presque une nécessité, vu que l’Université ouvre chaque année des cours nouveaux.La bibliothèque de Droit progresse lentement ; il lui faudrait, croyons-nous, un directeur, un jeune avocat ou un jeune notaire, capable de surveiller les achats de livres, les abonnements aux revues, la rédaction des fiches de consulta- 266 LE CANADA FRANÇAIS tion.Mais pour cela aussi il faudrait des ressources pécuniaires.M.le Doyen a exposé d’excellente manière l’idéal de la Faculté de Droit, qui est de compléter les leçons théoriques par des exercices pratiques.Pour réaliser cet ideal, faudra-t-il prolonger d’une année le cours de droit ?ou bien devra-t-on, dans le cadre de nos trois années, faire entrer une série de travaux pratiques ?C’est à la Faculté de se prononcer sur ces questions.Nous nous faisons ici un devoir et un plaisir de louer M.le Doyen de l’excellente direction qu’il imprime au cercle des études juridiques ; ce cercle est déjà le noyau d une école de formation pratique.Les élèves de la Faculté se répartissent comme suit : le année 2e année 3e année Clercs avocats 36 38 25 Clercs notaires 2 8 5 Total Grand total : 38 114 étudiants.46 30 A la Faculté de Médecine les étudiants sont plus nombreux: en 1ère année.88 élèves en 2ème ” 43 en 3ème ” 45 en 4ème ” 40 en 5ème ” 46 Total.262 L’année dernière nous comptions 50 finissants ; le nombre est un peu moindre (46) cette annee et on voit qu il diminuera encore par la suite.Le chiffre 88, en première année, paraît extraordinaire, parce qu’il est le double, presque, de celui de chacune des autres années, mais cela s’explique.D’abord les collèges ont fourni, cette année, plus de finissants bacheliers, et il en sera de même pour le.deux ou trois années à venir.Ensuite — et surtout — notons bien qu’en septembre 1932 nous avions 68 élèves de première année ; le crible des examens a réduit ce chiffre à celui de 43, que nous voyons en deuxième année ; où sont les 25 élèves qui constituent la différence ?Ils sont en première année, encore, pour CHRONIQUE DE l’üNIVERSITÉ 267 la plupart du moins, car quelques-uns ont seulement abandonné les études médicales.Il est à craindre qu’une forte proportion des 88 nouveaux étudiants ne passe pas en deuxième année, puisque le niveau inférieur des examens a été porté de la moitié aux trois cinquièmes, ou, si l’on veut, de 50% à 60%.Il est vrai que ces jeunes gens, s’ils le veulent, peuvent nous causer une agréable surprise, en travaillant mieux, en passant de meilleurs examens ! A la séance du 27 septembre, le Doyen de la Faculté, M.le Docteur Arthur Rousseau, a présenté un rapport très intéressant.M.le Doyen a parlé d’encombrement dans la carrière médicale et de cette situation il indique deux causes principales, à savoir, les tendances égalitaires de la démocratie et la présence “ d’un grand nombre de malheureux et de déclassés ” dans la pratique médicale.M.le Doyen paraît bien vouloir reprocher aux chefs de la démocratie d’ouvrir trop grandes les portes de la profession.Il n’est pas le seul à penser ainsi, et, voire, ils sont déjà nombreux ceux qui sont d’accord avec lui.Remarquons, toutefois, que l’encombrement serait moindre, sensiblement moindre, si les portes de la Faculté de Médecine s’ouvraient à nos bachelieis nationaux seulement.Quant aux malheureux et aux déclassés il y en a de deux sortes : ceux qui le sont devenus après l’obtention de leur diplôme de docteur et ceux qui l’ont, pour ainsi dire, toujours été.Il ne faut pas craindre de le répéter : l’alcool, le jeu, la paresse, les mariages mal assortis transforment en malheureux et en déclassés des jeunes gens qui, à la Faculté de Médecine, donnaient de belles espérances ; c’est un mal inévitable.Les autres, ceux qui dès leur première année d’études médicales, laissent voir leurs inaptitudes intellectuelles, morales ou physiques, il faut à tout prix s’en occuper ; les Universités doivent se concerter avec le Collège des médecins et chirurgiens pour empêcher ces non-valeurs de ruiner le crédit delà profession.Un ami, homme de gros bon sens, avec qui nous causions récemment de toute cette affaire, nous faisait observer que les professionnels ne sont pas suivis avec autant de sévérité que d’autres catégories de serviteurs publics.Les chemins de fer obligent leurs employés à subir des examens annuels, les Postes en font autant ; les jeunes prêtres sont astreints à 268 LE CANADA FRANÇAIS des examens pendant quatre années, puis à la discussion de cas théologiques quatre fois l’an toute leur vie.Des examens de ce genre empêcheraient peut-être quelques jeunes médecins de sombrer dans la paresse, d’autant que la science médicale est en perpétuel progrès.La Faculté des Arts comprend, chez nous, tout ce qui n’est ni Droit, ni Médecine, ni Théologie.M.l’abbé G.Déchêne a lu un rapport sur les activités de cette faculté multiple.Voyons d’abord le nombre des élèves : ANNÉES Écoles libres le 2e 3e 4e 5e 6e 7e Total Inst, de Philosophie 6 9 4 4 — — — — 23 Sciences sociales.70 14 8 — — — — — 92 Éc.Normale Supérieure.Lettres — 14 4 — — — — — 18 Sciences — 7 4 — — — — — 11 Éc.Sup.de Chimie — 10 4 5 6 3 2 1 31 Arpentage et G.forestier — 6 9 5 — — — — 20 Pharmacie — 5 3 3 1 — — — 12 Ph ilosoph ie-Sciences — — 5 — — — — - 5 Musique — 98 Langues modernes — — — — — — — — 52 Total 362 Dans son rapport M.l’abbé Déchêne insistait, avec raison, sur l’apathie de nos gens à l’égard des langues modernes.Cinquante-deux élèves pour quatre langues modernes, c’est un chiffre dérisoire ! Un journal de Québec (l’Événement) signalait en septembre la grande quantité d’annonces qu’on lisait sans le New York Times à propos des langues modernes.Partout, en France, en Angleterre, en Belgique, en Hollande, en Suisse, en Italie, en Allemagne, les jeunes gens apprennent plusieurs langues modernes ; ici nous nous contentons du français et de l’anglais ; les chaires d’italien, d’espagnol, d’allemand sont délaissées.Et pourtant ! Le futur journaliste triplerait ses chances de succès s’il possédait les langues modernes.Le jeune avocat pourrait exploiter des champs plus vastes, s’il voulait se prévaloir d’un tel avantage.Les employés de banques pourraient envisager de beaux postes à l’étranger, s’ils savaient l’espagnol ou l’allemand ou l’italien.Dans le commerce il y a beaucoup à faire avec la connaissance des langues étrangères.Du point de vue strictement égoïste, CHRONIQUE DE l’üNIVERSITÉ 269 le jeune homme, advenant une guerre où nous serions impliqués, — est-ce donc une chimère ?— se verrait bien casé s’il savait plusieurs langues modernes.Heureusement, il nous reste la clientèle des jeunes filles, qui cherchent à se donner une meilleure culture en butinant dans le champ des littératures modernes.M.l’abbé Déchêne n’a peut-être pas indiqué assez clairement l’organisation faite par l’Université de l’enseignement moyen général (High School).L’Institut des Religieuses de l’Assomption (de Nicolet) a été le premier à demander à Laval d’organiser ce cours.Nous croyons que c’est là une fort bonne demande.Déjà ces religieuses donnent cet enseignement dans deux de leurs maisons, aux Trois-Rivières et à La Tuque.Chacune des quatre années du cours est sanctionnée par un certificat de passage et par un diplôme final, l’immatriculation.Le nouvel annuaire, qui sortira des presses sous peu, donne le programme complet de ce cours.Les couvents urbains devraient se prévaloir de cet avantage.Au reste, cette question est assez importante pour être étudiée à part et nous y reviendrons.Il convient, aussi, de signaler le succès qu’obtient notre Institut Supérieur de Philosophie.Quatre élèves y préparent le doctorat, quatre autres la licence ; la première année compte neuf étudiants réguliers, et six autres sont des auditeurs libres.Pour une deuxième année d’existence, c’est un beau résultat ; l’avenir s’annonce plus brillant encore.L’année dernière les cours de cet Institut se donnaient et le soir et le jour ; cette année tous les cours se donnent l’après-midi, et cette réforme est d’importance.L’Institut de Philosophie, dont tous les professeurs sont des Canadiens français, est celui qui coûte le moins cher à l’Université, et c’est peut-être celui qui nous donnera les meilleurs résultats.Mgr le Recteur est magnifique jusque dans ses discours, et il l’a prouvé une fois de plus le soir du 27 septembre.Nous avons remarqué avec une particulière satisfaction le beau passage qu’il consacre aux études des jeunes filles.Le Recteur invite les étudiants à mener une vie à la fois gaie et sérieuse.Comme nous lisions ces mots, le courrier nous apportait une lettre bien propre à les commenter.Il s’agissait d’une Université de l’Amérique du Nord qui est en ce moment l’objet d’une poursuite judiciaire au montant de $200,000.00. 270 LE CANADA FRANÇAIS C’est un père de famille qui poursuit parce que son fils, en entrant à l’Université, a été l’objet de brimades — dites d’initiation — où son esprit a sombré.L’auteur de la lettre désirait savoir si l’Université Laval a des cérémonies d’initiation, si dans ces occasions il se produit des accidents graves, etc.Ce fut facile de répondre : non ! Nos étudiants savent être gais et sérieux ; ils sont déjà initiés avant leur entrée ! Les étrangers qui sont élèves chez nous remarquent particulièrement comme ils sont bien traités par tous leurs camarades.Son Excellence Monseigneur F.-X.Ross, évêque de Gaspé, a eu des paroles très aimables pour l’Université Laval.Le souvenir qu’il a de sa jeunesse à Québec est bien semblable à celui que nous avons conservé nous aussi.En somme, que manque-t-il à notre université pour obtenir les louanges qui lui reviennent de droit mais qu’on lui refuse trop volontiers ?Il lui manque.de n’être pas sur le sol européen.Mettez-la, telle qu’elle est, de l’autre côté de l’Atlantique et elle sera justement célèbre.Vérité en-deçà des Pyrénées ! Vous savez le reste.La fête de Mgr le Recteur L’Université a célébré la fête de son Recteur le 23 octobre.Les Étudiants ont présenté leurs vœux à Mgr Roy dès samedi le 21 octobre.Séance du Conseil universitaire Le Conseil universitaire s’est réuni vendredi le 20 octobre.C’est la première séance de l’année.Le Conseil a affilié l’Académie de la Salle, situé aux Trois-Rivières, pour le cours secondaire commercial.Les Frères des Écoles Chrétiennes ont donc maintenant deux écoles de ce genre, à Québec et aux Trois-Rivières.• Le Conseil a aussi étudié le cours de gardes-malades.Depuis dix ans que l’on suit, dans les écoles affiliés, le programme dressé par des spécialistes, on a pu observer que mainte modification s’imposait dans l’organisation du cours actuel.Le Bureau de Direction des Écoles de gardes-malades s’est réuni deux fois cet automne et il a étudié un plan de réforme qui s’appliquera peu à peu. CHRONIQUE DE L’UNIVERSITÉ 271 L’Hôtel-Dieu de Québec est le plus ancien hôpital du Canada.Les religieuses hospitalières qui le dirigent ont de vénérables traditions, qui remontent jusqu’à 1639 ; encore six années et cette maison célébrera son troisième centenaire.Les traditions de l’Hôtel-Dieu de Québec, ce ne sont pas seulement celles de la vie religieuse, de la vie de communauté, ni même seulement celles de la charité et du dévouement ; ce sont aussi celles du progrès lent et sûr, de l’adaptation à la vie contemporaine et à ses divers besoins.L’Hôtel-Dieu fut le premier de nos hôpitaux universitaires ; l’établissement des services de cliniques marqua, il y a trois-quarts de siècle presque, l’étape d’une importante évolution dans la vie hospitalière des religieuses.1907 marqua une nouvelle étape : ce fut l’inauguration de cours de médecine pour celles qui se faisaient depuis toujours les gardes-malades aussi distinguées que dévouées des pauvres comme des riches.Pendant ce temps de fortes sommes d’argent étaient employées à créer des laboratoires et des services modernes.En 1932, l’Hôtel-Dieu résolut de faire suivre à ses religieuses le cours de trois années que l’Université avait instauré dans les autres hôpitaux-écoles.C’était déclarer ouvertement l’ambition de n’être inférieur à personne dans les soins hospitaliers.Aussi, quand les Dames religieuses de l’Hôtel-Dieu exprimèrent le désir que leur école fût régulièrement affiliée à l’Université, celle-ci, sachant que les professeurs et officiers de la Faculté de Médecine approuvaient la demande, sachant, en outre, que les religieuses parties de l’Hôtel-Dieu de Québec avaient obtenu en France et en Angleterre la reconnaissance officielle de leur compétence comme gardes-malades, ne pouvait leur refuser leur demande, et, le vingt octobre dernier, Laval déclarait reconnaître officiellement l’Hôtel-Dieu comme hôpital-école de gardes-malades religieuses.En même temps l’Université Laval accordait à celles de ces Dames qui avaient obtenu le brevet de leur Institut l’équivalence du diplôme régulier de gardes-malades, faveur que Laval, d’ailleurs, ne saurait refuser aux religieuses de l’Hôtel-Dieu de Lévis placées dans les mêmes conditions.Ces affiliations augmentent la famille universitaire de deux magnifiques hôpitaux-écoles, accroissent le prestige de l’Association catholique des hôpitaux du district de Québec, ajou- 272 LE CANADA FRANÇAIS tent, par le nombre et la qualité, au prestige du groupe québécois des gardes-malades catholiques.Cependant, il fallait aller plus loin.L’Université Laval tient à ce que ses services hospitaliers soient de tout premier ordre.Pour réaliser cette ambition il convenait d’élever le niveau des etudes de gardes-malades, de le hausser jusqu’au degré du baccalauréat.C’est ce qui vient d’être fait, et dès maintenant les religieuses de nos diverses écoles de gardes-malades se mettent au travail pour conquérir de nouveaux parchemins.Le mérite de cette initiative revient à M.le docteur Ca-lixte Dagneau, professeur à la Faculté de Médecine.M.Da-gneau est un véritable spécialiste dans les études de gardes-malades ; on sait avec quelle compétence il dirige l’école du Saint-Sacrement.Grâce à ses instances, grâce à sa largeur de vues aussi, Québec possède une école secondaire pour gardes-malades.Les religieuses, comme il convenait, sont les premières appelées à bénéficier de cette nouvelle organisation.Pour accommoder les religieuses cloîtrées — de l’Hôtel-Dieu — les cours théoriques et une partie des cours pratiques se donneront à l’Hôtel-Dieu de Québec.Nous tiendrons nos lecteurs au courant de cette organisation, dont on aperçoit bien toute l’importance.A la séance du 20 octobre, aussi, le Conseil universitaire a décidé de permettre au Collège de St-Dunstan (à Charlottetown) de faire des transpositions dans l’enseignement des matières du Cours classiques.Faculté de Médecine À la Faculté de Médecine les changements suivants ont été faits : 1.— certains groupes d’élèves suivront le dispensaire de l’Hôtel-Dieu ; 2.— on a pourvu à l’enseignement de la neuro-psychiatrie de la façon suivante : M.le docteur Gustave Desrochers sera chargé des leçons d’introduction à l’étude des maladies nerveuses ; MM.les docteurs Sylvio Caron, Gustave Desrochers et Lucien Lortie se partageront les leçons du cours théorique et clinique combiné de neuro-psychiatrie ; CHRONIQUE DE l’üNIVEHSITÉ 273 3.— les finissants suivront les cours d’hygiène mentale que donne M.le Docteur J.-C.Miller à l’Institut Supérieur de philosophie, ainsi que quelques leçons cliniques qu’il fera pour l’Institut à l’École La Jemmerais ; 4.— un cours de vingt leçons cliniques de dermatologie a été créé à l’Hôtel-Dieu ; MM.les Docteurs Mayrand et Gaumond en seront chargés ; 5.— on a établi, à l’Hôpital du St-Sacrement, une consultation prénatale et une autre pour nourrices et nourrissons, l’une et l’autre pour les pauvres seulement ; MM.les Docteurs Fabien Gagnon et Marcel Langlois s’en occuperont; 6.— M.le Docteur Garant a été nommé ssistant de M.le Docteur J.Caouette, dans le service de Gynécologie de l’Hôtel-Dieu ; 7.— M.le Docteur Donat Lapointe a été nommé assistant de M.le Dr Albert Jobin à la Crèche ; Signalons — la chose en vaut la peine — la belle réunion de la Société Médicale de Québec tenue le 23 octobre.Un dîner réunit d’abord au Château Frontenac une élite représentative, puis des travaux, des mémoires et des discussions groupent médecins et invités dans le grand amphithéâtre de la Faculté de Médecine.On a traité d’hygiène mentale, dans l’espoir d’éveiller l’attention des autorités civiques sur la nécessité de favoriser le travail du Comité d’hygiène mentale.M.le Docteur Willie Verge présidait ces deux réunions ; le mérite de cette initiative se partage entre M.le Dr Verge et M.le Dr J.-C.Miller.Chez les Étudiants Chez les Étudiants notons la conférence du Colonel Bovey, de l’Université McGill, sur les Arts paysans.M.le Colonel a su, une fois de plus, conquérir l’estime et l’affection de ses auditeurs canadiens-français.Sympathie L’Université Laval a appris avec douleur l’incendie de l’Université Saint-Joseph de Memramcook.Cette œuvre édifiée à coup de sacrifices ne doit pas mourir.Ses anciens élèves, ses amis le comprennent.Ils feront généreusement leur devoir.Et l’Université Saint-Joseph, forteresse de la 274 LE CANADA FRANÇAIS pensée française en terre acadienne, renaîtra à la vie.C’est le vœu que nous formons et que nous prions le R.P.Supérieur d’agréer avec notre très vive sympathie, Arthur Maheux, ptre, secrétaire général.
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