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Titre :
Le Canada-français /
Revue de l'Université Laval qui traite de philosophie, de théologie, de questions sociales, de linguistique, d'arts et de littérature.
Éditeur :
  • Québec :Université Laval,1888-1946
Contenu spécifique :
No 33. Corrigeons-nous!
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
chaque mois
Notice détaillée :
Titre porté avant ou après :
    Prédécesseurs :
  • Parler français ,
  • Nouvelle-France
  • Successeurs :
  • Bulletin du parler français ,
  • Nouvelle-France ,
  • Revue de l'Université Laval
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Le Canada-français /, 1934-02, Collections de BAnQ.

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NO 33 CORIGEONS-NOUS ! Mioche Mioche ne se dit en français que d’un petit enfant.C’est donc à tort que nous employons ce mot pour désigner tantôt un petit pain, une petite miche de pain, et tantôt un petit pain de sucre, un cornet de sucre.Chignon de pain Un gros morceau de pain s’appelle chez nous chignon de pain.Cette façon de parler est dialectale.En français d’école, il faut dire quignon tout court.Grigne, bourdignon Nous donnons le nom de grigne ou bourdignon au morceau de pain croquant formé de pâte qui a cuit en débordant du moule.Bourdignon n’est pas français.Grigne se dit bien, en France, de la fente en long du pain, mais ce mot n’y a pas l’acception qu’il prend chez nous.Nos grignes et nos bour-dignons de pain sont des grignons.Beurrée, beurrette Dans la langue académique, la beurrée est une tranche de pain sur laquelle on a étendu du beurre ; c’est la tartine de beurre.Chez nous, beurrée a perdu son sens de tartine de beurre, pour prendre celui de tartine tout court.Ainsi, l’on dit : beurrée de confitures, beurrée de graisse, beurrée de mélasse, beurrée de sirop, beurrée de crème sucrée, et même beurrée de beurre.C’est tartine de confitures, de graisse, etc., qu’il faut dire ; beurrée signifie, à lui seul, tartine de beurre.Quant au mot beurrette, il n’a pas en français le sens de tartine, ni même de tartine de beurre.Il faut donc éviter de l’employer avec ces acceptions. Main de mélasse Le pain d’épice ayant la forme d’une main prend parfois chez nous le nom de main de mélasse.Celle appellation est impropre.Il faut dire main de pain d'épice, comme on dit cheval de pain d’épice.Doigts de dame Cette appellation semble inconnue en France.Les biscuits étroits et longs qui portent chez nous le nom de doigts de dame se nomment biscuits à la cuiller, dans la cuisine française.Croquignole, beigne Les mots croquignole et beigne s’emploient couramment chez nous, au masculin ou au féminin, pour désigner une espèce de beignet, une sorte de pâtisserie cuite dans la graisse bouillante.Croquignole est une appellation impropre : la véritable croquignole est une pâtisserie mince, dure et croquante qui se cuit au four, et non dans la graisse bouillante.Notre beigne, comme le beignet, se cuit dans la graisse bouillante.Elle se prépare même comme le beignet frit dont parle le Larousse ménager.Mais elle se sert froide, tandis que les beignets, y compris les beignets frits, se servent chauds.De plus la plupart des beignets contiennent des fruits, tandis que notre beigne n’en contient pas.En raison de ces différences entre celle-ci et le beignet proprement dit, nous pourrions, sans offenser le parler de France, conserver le nom de beigne à la pâtisserie que nous désignons ainsi et qui nous paraît particulière à la cuisine canadienne.Le mot beigne, dont est dérivé beignet, s’est employé autrefois en France en parlant de pâtisseries, et nous en avons besoin pour distinguer nos beignes des beignets proprement dits.Beignes canadiennes : voilà une appellation qui ne déparerait ni les menus des hôtels, ni les factures des pâtissiers. Crakers, crockers Le biscuit qui craque sous la dent et auquel nous donnons le nom de crackers, de crockers, s’appelle cracker en anglais et craquelin en français.On peut dire biscuit tout court, mais non crackers, qui ne peut désigner, même en anglais, un seul biscuit.Bun Ce terme est anglais.La pâtisserie à laquelle nous donnons trop souvent le nom de bun, ou même de buns, s’appelle en français brioche, petit pain aux raisins ou petit pain au lait, selon la façon dont elle est préparée.Blanc-mange La crème en gelée faite avec de l’amidon de maïs, du lait, du sucre etc., et qu’on sert comme entremets est du blanc-manger, non du blanc-mange.Blanc-mange n’est pas et n’a jamais été français.Poutine Poutine est une francisation canadienne de l’anglais pudding et sert, comme ce mot-ci, à désigner chez nous un entremets sucré, à base de lait, d’œufs, de biscuits ou de pain, de raisins secs, avec différents parfums.Cet entremets porte en France le nom de pouding qui se prononce pou-din-gue, non pas pou-di-gne.Domplaine Ce mot est une francisation canadienne de dumpling, qui est le terme en usage dans la cuisine anglaise pour désigner un entremets composé de pâtes roulées autour de fruits et cuites à l’eau à la façon du plum-pudding.Quelques dictionnaires français enregistrent le mot dumpling.Il n’a pas d’équivalent français. Bisque, ferlouche, pichoune, prâline On donne, en différentes régions de notre province, les noms de bisque, bisse ou bise, de ferlouche, fourlouche, fer-nonche, furnonche ou nonche, de ¦pichoune, pichouille ou pi-chenouille, à une espèce de crème qui est généralement faite d’un mélange de mélasse, de farine et de raisins et dont on garnit des tartes.Ailleurs, le mélange est fait de crème, de sirop d’érable, d’un peu de farine et d’amandes, et on l’appelle prâline ou plârine.Bisque et prâline sont des termes de cuisine ; bisque ne se dit que d’un potage, et praline désigne un bonbon contenant une am nde, de même qu’une préparation destinée à être répandue à la surface d’un gâteau ou formant l’intérieur d’un bonbon.Nos tartes à la bisque, à la ferlouche, à la pichoune pourraient s’appeler tartes à la mélasse et nos tartes à la prâline, tartes au sirop d’érable.On pourrait dire aussi tartes à la praline ou mieux à la crème pralinée, quand il y a des amandes pilées dans la garniture de ces tartes.Crémage Nos cuisinières donnent le nom de crémage à la couche de sirop, de blanc d’œuf et de sucre, etc., dont elles recouvrent certaines pâtisseries, particulièrement les gâteaux.Crémage n’est pas français, avec cette acception.En France, on glace les gâteaux avec une glace et cette opération s’ap elle glaçage.Le Comité d’étude de la Société du Parler français au Canada.(•Conservez ce feuillet.— A suivre.) L’organe officiel de la Société du Parler français est le Canada français, publication de l’Université Laval.Cette revue d’intérét général paraît tous les mois, de septembre à juin inclusivement ; chaque livraison contient 96 pages de texte sur des sujets intéressants et variés.Les feuillets de “ Corrigeons-nous ” y sont intercalés régulièrement.L’abonnement ($3.00 par année, $2.00 pour les instituteurs et institutrices de l’enseignement primaire ainsi que pour les étudiants) comporte l’inscription, sans autres frais, comme membre de la Société du Parler français.Adresse : Université Laval, Québec.
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