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Titre :
Le Canada-français /
Revue de l'Université Laval qui traite de philosophie, de théologie, de questions sociales, de linguistique, d'arts et de littérature.
Éditeur :
  • Québec :Université Laval,1888-1946
Contenu spécifique :
La "Workers' Unity League"
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
chaque mois
Notice détaillée :
Titre porté avant ou après :
    Prédécesseurs :
  • Parler français ,
  • Nouvelle-France
  • Successeurs :
  • Bulletin du parler français ,
  • Nouvelle-France ,
  • Revue de l'Université Laval
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Le Canada-français /, 1934-04, Collections de BAnQ.

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LA “WORKERS’ UNITY LEAGUE” LE SYNDICALISME COMMUNISTE AU CANADA lies personnes qui se tiennent au courant de l’agitation communiste au Canada se souviennent de l’arrestation opérée il y a quelques années, par ordre du procureur général de l’Ontario, de Timothy Buck et de sept autres chefs communistes.Ayant à répondre à l’accusation d’avoir enfreint l’article 98 du Code criminel, qui défend d’appartenir à une association illégale, ces huit disciples de Lénine reçurent une sentence de cinq années d’emprisonnement, qu’ils sont encore à purger au pénitencier de Kingston.Cette sentence retentissante scella le sort du parti communiste au Canada, et le rangea définitivement au nombre des association défendues par la loi.Le parti n’en continua pas moins d’exister, ainsi que nous l’avons vu dans un article précédent (cf.le Canada français, nov.1933).Il a tout simplement caché son identité sous différents noms ; de sorte qu’aujourd’hui il se compose d’un bon nombre de groupements révolutionnaires, distincts d’apparence, mais visant tous à une même fin, qui est l’établissement du régime soviétique au pays.Ce qu'est la “ Workers’ Unity League ” La Workers' Unity League nous offre un exemple typique de ce camouflage.Le nom est un trompe-l’œil.Il ne révèle en rien qu’il s’agit d’une organisation communiste.Surpris dans leur bonne foi, les travailleurs honnêtes pourraient être tentés de se rallier à ce groupement.S’ils le faisaient cependant, ce serait pour constater bientôt avec étonnement que la Workers' Unity League n’a rien de commun avec les syndicats qui travaillent au véritable bien-être de la classe ouvrière.Us verraient qu’il s’agit plutôt d’une filiale de la Illème Internationale communiste, dont tout le programme est la révolution universelle.Les indices abondent de cette filiation.Particulièrement révélatrice est la correspondance échangée entre Moscou et la League.Qu’il suffise d’en dévoiler quelques bribes. 692 LE CANADA FRANÇAIS Mais, auparavant, disons que la création de la Workers' Unity League est l’effet d’un changement d’attitude de la part du parti communiste à l’égard des unions ouvrières.Jusqu’en 1929, c’était la politique du parti de s’immiscer sous de fausses couleurs dans les syndicats ouvriers pour ensuite en prendre la direction.Par une propagande habile menée au sein même de ces organisations, propagande qu’on a qualifiée de “ travail par en-dedans ”, les communistes cherchaient à faire élire de leurs adeptes aux principaux postes.— Les communistes n’ignorent pas, soit dit en passant, que dans le monde des travailleurs il est possible d’envenimer des griefs bénins au point de créer des situations fort délicates.Ils savent de même que ces états de malaise aggravés par des grèves, des manifestations tapageuses et des appels aux préjugés de classe, préparent très bien le terrain à la révolution armée.— Par bonheur, les communistes échouèrent dans leur plan de mettre la main sur les syndicats ouvriers.Leurs adeptes en furent même expulsés.Le travail par en-dedans ” se révéla un insuccès complet.Le parti communiste résolut alors d’organiser son propre mouvement syndical.Et c’est ainsi qu’apparut la Workers' Unity League.La “ League ”, création de Moscou On sait maintenant le rôle que joua Moscou dans la création de cet organisme révolutionnaire.En février 1929, le Secrétariat de l’Internationale rouge traçait au parti communiste canadien la ligne de conduite suivante .Faire en sorte de mettre sans retard sur pied un vaste syndicat révolutionnaire qui sera sous votre propre dépendance.Le parti canadien, d’autre part, adressait à tous ses comités des centres industriels une lettre les informant que le Bureau national des syndicats ouvriers affilies au parti communiste a décidé de convoquer une conférence dans le dessein (.) de remettre à point l’organisation du mouvement de gauche.La conference suivra immédiatement la convention du parti .Dans ce message, l’intention de se conformer aux ordres de Moscou est évidente.Le 15 février 1929, dans une nouvelle lettre, Moscou insistait sur le même sujet en précisant : “Le parti canadien doit concentrer ses efforts pour créer un vaste mouvement de gauche.Le Secrétariat désire attirer l’attention du parti sur les moyens LA “ WORKERS’ UNITY LEAGUE ” 693 à prendre pour lancer le mouvement.Ce mouvement d’opposition, ainsi que le préconise VInternationale rouge, doit être le porte-étendard des principes du syndicalisme révolutionnaire dans l’industrie.” Moscou va jusqu’à se préoccuper du nom que se choisira la nouvelle organisation : “ On devra, disent les instructions, choisir à la première réunion le nom du mouvement d’opposition.Nous suggérons qu’il en dépeigne bien le caractère particulier, et en même temps qu’il contienne une allusion à l’idée d’union.” En concordance avec les dictées de Moscou, le Bureau politique du parti créait au début de 1930 un comité provisoire de la Workers’ Unity League.M.Tom Ewen, qui avait jusqu’à ce moment dirigé le travail syndical du parti, prit la charge de la nouvelle organisation, avec le titre de secrétaire national.Bien qu’il soit détenu au pénitencier de Kingston, il conserve encore et sa charge et son titre.Moscou dirige Fondée pour travailler au triomphe du programme de révolution universelle par l’Internationale rouge, la Workers’ Unity League n’a cessé depuis sa naissance de maintenir des relations étroites avec les quartiers généraux communistes de Moscou.C’est de là que lui viennent les conseils et les ordres.De ce fait, on pourrait fournir de nombreuses preuves.Ainsi, en juin 1930, à la veille du 5ème congrès de l’Internationale rouge, auquel devaient assister les “camarades ” du Canada, le secrétaire du Bureau international des mineurs révolutionnaires demandait au parti canadien de préparer les éléments nécessaires à une discussion complète de la Workers’ Unity League.Réuni à Moscou au mois d’octobre 1930, l’Exécutif de l’Internationale blâmaient fortement par résolution les chefs du parti canadien de n’avoir pas “ mobilisé tout le parti pour faire de la Workers’ Unity League le centre du syndicalisme révolutionnaire au Canada ”, La résolution adoptée en cette circonstance disait : “ Les principaux devoirs du parti communiste au Canada sont l’organisation et la conduite des guerres économiques, la formation d’un syndicalisme révolutionnaire et le développement de la Workers’ Unity League 694 LE CANADA FRANÇAIS en un mouvement de masse capable d'englober les groupements et syndicats à tendance réactionnaire.” Dans l’édition du 29 novembre 1930 de l’organe du parti communiste, le Worker, publié à Toronto, la délégation canadienne au 5ème congrès de l’Internationale donna un compte rendu de son voyage à Moscou.Ce rapport paru sous la signature de M.Ewen, chef de la délégation, appuyait sur la nécessité de faire de la Workers’ Unity League “ le centre de ralliement de la classe ouvrière au Canada A la League, disait M.Ewen, appartient d’unir tous les travailleurs dans la lutte politique et économique livrée au capitalisme : c’est ainsi que nous le renverserons, et que nous bâtirons sur ses ruines “ un gouvernement soviétique d’ouvriers et de paysans pauvres Notons, incidemment, que parmi les travailleurs de la terre seuls ceux qui sont “ pauvres ” sont appelés à participer au “ gouvernement soviétique Il n’est pas dit quels motifs font exclure les cultivateurs qui ont acquis quelques biens.Peut-être veut-on laisser entendre que sous le régime communiste tous les travailleurs de la terre devront être pauvres.Enfin, pour marquer encore une fois la surveillance étroite que Moscou exerce sur la League, mentionnons un petit fait survenu en 1931.Au mois de mars de cette année, Bill Dunne, fameux agitateur américain installé à Moscou, indiquait par câblogramme à la League les moyens à employer pour se rendre maître des syndicats miniers de l’Alberta et déjouer les groupements syndicaux qui contrecarraient ses efforts.La League exécuta si bien les ordres reçus, que le 28 mai suivant elle recevait de Russie un télégramme de félicitations ! Cela suffit, semble-t-il, pour établir que la League est bien une organisation voulue par Moscou.Travail et expansion de la “ League ” Le 5 août 1930, à une réunion du Bureau politique du parti communiste, on présentait la Workers' Unity League comme la “ division syndicale du parti ”.C’était clairement indiquer sa fonction et la tâche qu’on lui attribuait.En somme, il lui appartenait de répandre le syndicalisme révolutionnaire dans le pays, avec son cortège de grèves et de conflits ouvriers de toutes sortes. LA “ WORKERS’ UNITY LEAGUE 695 >> N’allons pas croire qu’elle a oublié de se mettre à la besogne.Par les informations que contient la Gazette du Travail, on peut se faire une idée de ses ramifications nombreuses dans les principales industries du pays, ainsi que du travail incessant qu’elle accomplit.Elle a multiplié les syndicats.Pour n’en nommer que quelques-uns, citons la Textile Workers’ Union, la Chesterfield and Furniture Workers’ Industrial Union, la Lumber Workers’ Industrial Union, la Food Workers’ Industrial Union, la Woodworkers’ Industrial Union, le Restaurant and Hotel Employees’ Local, la Furniture and Bedding Workers’ Union, Y Industrial Union, etc.Cette liste est très incomplète ; elle s’allonge d’ailleurs chaque année.Dans les industries où s’introduisent ces syndicats, surgissent invariablement des grèves : dans les boulangeries à Winnipeg et à Stratford (Ontario), grèves en septembre 1933 des membres de la Food Workers’ Industrial Union ; encore à Stratford, le 14 septembre 1933, dans cinq fabriques de meubles, grève à laquelle est mêlée la Chesterfield and Furniture Worker’s Industrial Union ; en décembre 1933, à Neustadt (Ontario), grève des travailleurs affiliés au même syndicat ; à Hespeler (Ontario), en novembre 1933, grève occasionnée par la Woodworkers’ Industrial Union ; dans le nord de l’Ontario et du Québec, en novembre dernier, grève de bûcherons dirigée par la Lumber Workers’ Industrial Union ; à Toronto, en octobre 1933, grève de la Textile Workers’ Union ; en janvier 1934, à Toronto, grève impliquant le Restaurant and Hotel Employees’ Local.La Workers’s Unity League ne dort pas.Moscou doit être content.Les ambitions de la “ League ” Nul commentaire ne dit mieux les visées actuelles de la Workers’ Unity League, que le paragraphe suivant d’une résolution adoptée à Toronto, cette année même, lors du dernier congrès du parti communiste : “ L’orientation du parti, en ce qui concerne le mouvement ouvrier, doit en tout point concorder avec les instructions maintes fois reçues de Moscou.Nous devons nous mettre à la tête des mouvements de masse (grèves, démonstrations de chômeurs, etc.).Notre devoir est de tirer profit des manifestations qui éclatent spontanément, en les 696 LE CANADA FRANÇAIS transformant en luttes politiques.Il faut particulièrement encourager les grèves politiques, qui apprennent à la classe à conduire la lutte révolutionnaire autour du pouvoir.” Les communistes sont convaincus qu’une propagande patiente et systématique devra leur donner la victoire finale.Ils se rendent compte cependant que c’est un ouvrage de longue haleine de convertir la population de ce pays au communisme.Mais cette conscience du long chemin à parcourir avant d’arriver au but rend encore plus dangereux ce mouvement et montre bien que le communisme est entré au pays pour y demeurer.Tom Buck, chef du parti communiste au Canada, se servait un jour d’expressions imagées pour peindre cette situation et rallumer le feu de la lutte : “ Nous savons, disait-il, que le chemin qui nous mènera au pouvoir est long à parcourir, et que le travail est à peine commencé au pays.Mais l’activité radicale qui se formait jusqu’ici d’une multitude de petit ruisseaux s’épuisant inutilement dans une lutte individuelle et sans ordre, est maintenant, grâce à l’unité d’action que nous avons obtenue, devenue le large fleuve du mouvement révolutionnaire.Les grands moments ne seront pas toujours pour nous les grèves et les élections.Un jour viendra où ces grèves influenceront grandement la discussion politique, et il arrive parfois que les élections règlent des problèmes industriels.Une fois maîtres de la grève politique, il n’y a plus qu’un pas à faire pour déclencher la grève générale.Et la grève générale durant une crise politique est la porte grande ouverte à la révolution.” Nous avons dans ces lignes les desseins des communistes au Canada.Par la lutte des classes et l’incitation au désordre, ils sont décidés à faire leur part pour amener la révolution universelle.La crise actuelle a grandement facilité la propagande communiste.Faut-il croire qu’elle cessera avec le retour des années de prospérité ?J’ai peur qu’il n’en soit pas ainsi.Ce serait pour nous une coupable erreur de nourrir cet espoir, de mettre bas les armes, et de nous découvrir en rappelant par exemple l’article 98 du Code criminel.Cet article 98, seuls les fauteurs de désordre ont de bonnes raisons de le craindre.Dans son épître aux Romains, saint Paul dit : “ Veux-tu ne pas craindre l’autorité, fais le bien ; tu auras son approbation.” Chanoine Philippe Casgrain. LA “ WORKERS’ UNITY LEAGUE ” 697 P.S.— Les fonds du parti communiste.— On pourrait se demander qui fournit le nerf de la guerre aux communistes.En d’autres termes, d’où leur vient l’argent nécessaire à la propagande ?Évidemment, les communistes ne livrent pas à la curiosité du public un état de leurs dépenses et recettes.On sait cependant que s’ils prennent au pays même une partie de leurs ressources, la grosse part leur vient de l’étranger.Ainsi, dans son édition du 21 novembre 1931, le Worker publ iait un télégramme adressé à Y International Red Aid de Berlin, Allemagne, par le Conseil exécutif de la Canadian Labour Defense League.Ce télégramme se lisait comme suit : “ Les travailleurs du Canada ont à rencontrer un sérieux mouvement de réaction.Le parti communiste déclaré illégal, les chefs emprisonnés pour cinq années, ce qui est un précédent dans les pays parlementaires.Les travailleurs du monde entier doivent porter secours.Besoin de $10,000.Signé : “ Canadian Labor Defense League ”.” La presse communiste publie plutôt rarement de tels appels à l’étranger ; mais il arrive fréquemment qu'elle donne des listes de souscriptions faites au pays.P.C.Nos abonnés dont la bande d’adresse porte une date antérieure à 1934 ne sont pas en règle avec notre administration.Ils nous feraient plaisir et nous rendraient service s’ils nous adressaient le plein montant ou une partie au moins de leurs arrérages.
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