Voir les informations

Détails du document

Informations détaillées

Conditions générales d'utilisation :
Protégé par droit d'auteur

Consulter cette déclaration

Titre :
Le Canada-français /
Revue de l'Université Laval qui traite de philosophie, de théologie, de questions sociales, de linguistique, d'arts et de littérature.
Éditeur :
  • Québec :Université Laval,1888-1946
Contenu spécifique :
Zigzags autour de nos communs parlers (suite)
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
chaque mois
Notice détaillée :
Titre porté avant ou après :
    Prédécesseurs :
  • Parler français ,
  • Nouvelle-France
  • Successeurs :
  • Bulletin du parler français ,
  • Nouvelle-France ,
  • Revue de l'Université Laval
Lien :

Calendrier

Sélectionnez une date pour naviguer d'un numéro à l'autre.

Fichiers (17)

Références

Le Canada-français /, 1934-04, Collections de BAnQ.

RIS ou Zotero

Enregistrer
ZIGZAGS AUTOUR DE NOS COMMUNS PARLERS (Suite) Arlérose, alérose C’est un de ces mille petits faits du langage qui vous émeuvent tant au Canada.Il ne faut pas voir là l’effet d’une simple coïncidence, mais une preuve de plus que les Canadiens sont, au point de vue linguistique, restés rigoureusement français : le vocable anglais early rose est devenu arlérose, ou alérose aux environs de Québec, et arlirose ou alirose aux environs de Tours et de Poitiers.Barbot espèce de scarabée.Le mot est de notre région.Barbot est un patronyme commun, dans le Châtel-leraudais, avec son diminutif : Barbotin.Godendart scie passe-partout, employée pour “ débiter ” de grosses billes de bois.Le mot est courant en Touraine.Dans la partie du Châtelleraudais qui touche le Berry, on dit un godland.De même “ Une affaire de même ”, “ des chemins de même ”, “ fais pas de même ”, sont aussi des expressions usuelles chez nous.Le même de Nos gens disent aussi : “ U est mort de la même maladie de son frère.” L’hussier en Poitou, comme dans le Québec, n’est jamais un personnage bien sympathique dans le peuple. 752 LE CANADA FRANÇAIS Sorcière C’est effectivement le nom qu’on donne, entre Lou-dun et Châtellerault où je l’ai entendu, à ces coups de vent soudains de l’été.Dans mon village natal on les appelle des “ estour-billes ”, c’est-à-dire des tourbillons.Vailloche Ce mot, désignant les petites meules de foin dans les prés (nommées ailleurs veilloches, veillottes, muions, muterons, meulons) est strictement Châtelleraudais.C’est un des mots que j’ai eu le plus de plaisir à entendre lors de mon voyage au Canada.On dit aussi veilles, “ mettre le foin à veilles ”, c’est-à-dire prêt à être chargé et rentré promptement, en cas de menace d’orage ou de pluie.Je pourrais transcrire intégralement le savoureux dialogue que rapporte M.Geoffrion et qui me rappelle la scène de Molière où le Bourgeois gentilhomme s’applique à nous donner tous les emplois du mot grâce.Deux bons vieux Châtelleraudais diraient de la même façon : “ Quelle âge qu’allé a maintenant la p’tite Félicie Polette ?— A va venir en âge, l’avant-veille de la Saint-Michel.gj — Et le petit Philias ?— Lui, il est dans les âges du plus vieux des enfants à Bâtisse.— Ah ! c’est la belle âge.— Oui, mais à nos âges.Deuxième série Chanter le coq Chez nous aussi, quand une poule “ chante le coq ”, on la tue bien vite ; d’abord parce qu’elle est malade, mais aussi parce qu’elle porterait malheur. ZIGZAGS AUTOUR DE NOS COMMUNS PARLERS 753 Habitant M.Geoffrion rapporte qu’un Poitevin, l'abbé Vigué, a affirmé que le mot habitant avait, dans l’ancienne France, le sens de manant, c’est-à-dire d’habitant des campagnes.A mon tour, je puis apporter un autre témoignage.Quand, en 1773, on tenta d’installer dans le Châtelle-raudais près de 1500 réfugiés acadiens, on donna le nom à’habitations aux fermes qu’on leur construisit, et le mot subsista dans les actes pendant près d’un siècle.Les mots habitant et habitation n’étaient donc pas strictement limités au vocabulaire colonial.Marbes D’après l’Académie, c’est “ aux billes ” qu’il faut jouer.En Touraine, on dit “ jouer aux canettes ” ; mais dans mon petit pays on ne se sert pas d’autre expression que celle-ci : “ jouer aux marbes ”, — et elle ne nous vient certainement pas de l’anglais ! J’ai indiqué plus haut qu’il y aurait un intérêt passionnant à rechercher, non seulement l’origine commune de nos vieux mots, de nos patronymes, mais aussi celle de nos vieilles recettes de cuisine ; j’ajoute maintenant : l’origine commune des jeux de nos enfants.J’ai été surpris, à Halifax, de voir de petits Canadiens de langue anglaise (après tout ils pouvaient avoir du sang français) jouer à un jeu qu’il nommaient, je crois, tindly et que nous nommions “ la pirouette ”, Brunante Je ne crois pas avoir entendu brunante en France, mais nous disons couramment à la brune, ou encore “ comme il commençait à faire brun ”.C’est une erreur de croire que Vu ne se prononce eu qu’en Normandie et dans le Nord.En Poitou, et surtout dans l’Angoumois, dans l’Aunis et la Saintonge, eu est courant pour u, du moins chez les vieilles gens.Que les Canadiens en visite à Brouage s’amusent à faire parler les pêcheurs du pays ! De même, dans l’ancien dialecte poitevin ai se prononçait â.Aujourd’hui encore on y entend fréquemment, 754 LE CANADA FRANÇAIS surtout à l’est de Poitiers, an pour on et réciproquement, d’où pontalan pour pantalon.Dans mon village, j’entends dire constamment sacréyê pour sacrédié, vin-yeu pour vingt dieux, Audiyê pour Audidier, Bas-quien pour Bastien, etc.Hureux, malhureux sont aussi tout à fait poitevins.Pendoreille, pendrilloche Qu’elles étaient belles les pendoreilles ou les pen-drilloches en or de nos grand-mères !.Le loquet “ Avoir le hoquet ”, avec un h bien aspiré, c’est déjà la marque d’une bonne instruction.Nos gens ont simplement le loquet.D’asard On ne peut trouver d’expression plus typique de la campagne où je suis né ; “ d’asard ” signifie : probablement, sans doute.Annimé c’est-à-dire dévergondé, polisson, “ diable ”.Se dit en Touraine de l’autre côté de la Creuse, à quelque vingt kilomètres de mon village et se prononce plutôt and'-nimé.En campagne pour à la campagne, est caractéristique du parler de la ville de Châtellerault, avec je le trouverrai, tu le trou-verras, etc.Avoir du chemin, “ donner du chemin à une scie ”.Je ne sais si je dois remercier M.Geoffrion de m’avoir appris que cette expression n’était pas académique.Quoi qu’il en soit, et en dépit de l’Académie, je puis bien l’assurer que je continuerai à l’employer.Quel menuisier autour de moi comprendrait ce mot d’“avoyage” F ZIGZAGS AUTOUR DE NOS COMMUNS PARLEES 755 Carré Je suis, par contre, entièrement d’accord avec l’auteur des Zigzags quand il préconise l’emploi de ce mot à la place de square, dont aucun Français ne saurait prononcer les trois dernières lettres correctement.Pourquoi n’avoir pas gardé notre vieux mot : carroir ou carroy, que les vieux notaires de nos campagnes continuent d’employer dans leurs actes ?Boucher quelqu’un avec le sens de lui fermer la bouche par une répartie sans réplique, est d’un usage courant dans le Chatel-leraudais.Aussi : “ Je lui ai bouché un coin ”.Se piéter, se hâter, se dépêcher.Nous disons bien d’une perdrix qui vient de se poser : “ C’est une perdrix rouge ; elle doit être loin, car elle a certainement piété ”, c’est-à-dire parcouru à toute allure une assez longue distance.Avoir la parole en bouche, est une expression.aristocratique.Nos gens disent simplement : “il a la parole”, ou.mieux (?) : “ il a la goule bounne ”, pour : il est loquace.Catéchisse, catéchime, et même caterchime sont aussi chez nous des déformations courantes du mot catéchisme.On dit de même : rhumatisse, pour rhumatisme, et : Bâtisse, pour Baptiste.En parlant on se comprend Je ne suis pas si sûr que ce dicton soit un pur canadianisme.On entend souvent dire ici : “ I’ n’avait qu’à parler.En parlant on peut s’entendre ”, c’est-à-dire il n’avait qu’à s’expliquer, poser ses conditions, et nous nous serions mis d’accord.Bouchon de vaisselle est chez nous aussi l’expression usuelle pour “ lavette 756 LB CANADA FRANÇAIS Cinquante “ Il a toujours cinquante histoires à raconter ” n’est pas une locution spéciale aux Québécois : les Châtelleraudais sont aussi un peu du “ Midi ”, infiniment plus en tout cas que leurs compatriotes Poitevins, situés plus au sud.Encore un préjugé à déraciner et un tracé à refaire sur la carte de France, celui des tempéraments.Déguiser Il n’est peut-être pas prudent pour un candidat à la licence ès lettres d’employer le verbe déguiser, dans le sens de “ changer les traits ”, mais je trouve que nos gens sont très expressifs quand ils disent, comme les Canadiens : “ Il est tout déguisé avec ce chapeau neuf ”, ou bien : “ Cette blessure qu’il a reçue au visage l’a tout déguisé.” Dentition Soyons francs : denture est un vocable inconnu de 99 pour cent des Français.On dit : “ Il a de bonnes dents ”, et nos braves campagnards disent effectivement : “Il a une bonne dentition.” Dévorer Il est dommage encore que les usages populaires de ce mot ne soient pas reconnus par l’Académie.J’entends dire partout autour de moi : “ Je me suis dévoré les mains à remuer des pierres ; ” “ Ce veau dévore sa mère ; ” “ Ses boutons le dévorent, ” etc.Gréyer Quant à gréyer avec le sens de se pourvoir, se monter, se meubler, s’installer, etc., c’est un mot qu’on entend partout en Saintonge.Comment êtes-vous ?Un anglicisme ?Et pourquoi ?Bientôt les deux tiers des mots français seront d’origine anglaise, puisque justement les deux tiers environ des mots anglais sont d’origine française ou franco-latine .“ Comment qu’t’es, ce matin ?” “ Comment ZIGZAGS AUTOUR DE NOS PARLERS COMMUNS 757 est-i, c’soir ?” sont des questions qu'on entend couramment au chevet des malades, non seulement au Canada, mais dans mon propre pays.Et les réponses sont à l’avenant : “ Ah ! j’sé bin mal ! ” “ Il est bien mieux, merci.” On m’a dit, dans le Nouveau-Brunswick, que la formule habituelle des Acadiens, quand ils s’abordent, était : “ Comment qu’ça va P ” en “ mordant d’dans ”.C’est justement ce qu’on entend partout dans le Châ-telleraudais.Quitte “ T’as plus de quitte de la laisser tranquille ”» “ T’auras autant de quitte d’aller chez lui ”, sont aussi des expressions de mon terroir.Agrains pour vannures, a aussi ce sens chez nous.On dit aussi les “ dégrains ”.Hucher pour appeler, est une locution bien poitevine.Joue au lieu de joug, en prononçant le c, se dit toujours.Les jouilles sont les courroies qui attachent le “ joue ”.Se jouquer se jucher, se percher.A joue “ Les poules sont à joue ”, “ les poulets sont jouqués”, sont des expressions usuelles.Percher, perchoir, sont réservés aux gens “instruits”.Siler pour siffler, comme une oie, un jars (un jarc), est un mot bien poitevin.On dit même: “Les oreilles me silent.*’ “Ca lui sile sur la poitrine ”, etc. 758 LE CANADA FRANÇAIS À toute reste dans le sens d’absolument.“ Il veut y aller à toute reste ”, est très limité au Châtelleraudais.On l’ignore dans le Loudunais comme dans le Chinonais.De la ouéte pour de la ouate, est courant ; de même Cocotier pour coquetier, un œuf étant dans le langage enfantin un coco.Tirer au renard locution très expressive, désigne aussi chez nous celui qui rechigne à faire quelque chose, par exemple à payer son écot au café, qui se fait tirer l’oreille.Également très limité au Châtelleraudais.Les r’bouteux, les rammancheux sont, à peu de chose près, aussi en faveur dans nos campagnes qu’ils l’étaient autrefois, malgré les ennuis que leur suscitent les syndicats de médecins.Les sorciers eux-mêmes n’ont pas entièrement disparu, et l’on juge justement aujourd’hui à Poitiers un procès de sorcellerie à la fois grotesque et pitoyable.Sous vot’ respect “ Au respect que j’vous dois, la compagnie ” demeure toujours une formule de politesse très en honneur chez nos vieux paysans.Quand il leur arrive, et “ comme de juste ” cela leur arrive souvent, de mentionner leur bétail, leur écurie, leurs porcs, etc., ils ne manquent jamais de s’excuser : “ J’allais faire la l’tière (la litière) à mes bœufs, au respect que j’vous dois, la compagnie.” Qu’ri c’est-à-dire quérir, chercher, se dit tout autant en Poitou et en Touraine qu’au Canada : “ C’est l’heure d’aller qu’ri les vaches.” “ Va don’ qu’ri ta mère.” “ C’est m’man qui m’envoie qu’ri l’heure. ZIGZAGS AUTOUR DE NOS COMMUNS PARLEES 759 Bader s’emploie toujours pour bavarder sans retenue.Le mot signifie aussi ouvrir (la bouche) : “ Bader la goule ”, ou “ baguer la goule Tanner, tannant s’emploient beaucoup avec le sens d’ennuyer, d’ennuyeux, dans la région de Rochefort.Dans mon village j’entends plutôt dire iaranner : “ Aile est v’nue m’taranner toute la soirée.” Itou, moé tou sont des mots connus un peu partout, mais particulièrement employés en Poitou.Je pensais jusque-là que c’était un reste de la guerre de Cent Ans, — un anglicisme authentique (me too, ou I too) de même que le mot quisnotte ou quichenotte, par lequel on désigne cette espèce de coiffure que portent l’été les paysannes poitevines pour préserver leur teint.Quichenotte viendrait de kiss not, on n’embrasse pas.Mais il faut tant se garder des affirmations en étymologie.La corde à virer le vent Envoyer chercher “ la corde à virer le vent ” et “ faire courir le poisson d’avril ” sont des plaisanteries toujours en usage dans la partie du Poitou où je suis né.Là encore, M.Geoffrion m’a appris qu’il ne fallait pas dire “ faire courir ” mais “ donner le poisson d’avril ”.Qu’on se le dise à Toronto, ce Canadien de Québec sait mieux sa langue qu’un agrégé de France, parole d’honneur ! Faire des pâques de renard faire ses pâques après.Pâques, Faire le renard manquer volontairement l’école, faire l’école buissonnière, sont aussi des expressions de chez nous.^ Et je voudrais ici “ placer ” une histoire vécue.C’était à Halifax, lors d’un dîner chez des amis de langue anglaise.J’avais fait la veille, à^l’Alliance fran- 760 LE CANADA FRANÇAIS çaise, une conférence diversement goûtée sur “ le prétendu patois canadien “ Sans y toucher ”, ma voisine de table me demande si je gardais un bon souvenir de mon dernier voyage à Québec, et finalement me porte ce coup direct : “ Avez-vous pu vraiment comprendre les Français, là-bas ?” Et bientôt toute la table de s’intéresser à notre conversation.Je refis, en partie, ma conférence.Quand, cette fois, autre coup droit de mon hôte, homme charmant, cultivé, d’esprit très large, et au demeurant sincère ami des Franco-Canadiens: “ Tout de même, ils ont des expressions bien curieuses.Ainsi au lieu de “ manquer l’école”, ils disent: “faire l’école buissonnière”.Que voulez-vous?Cet Anglais connaît le français, mais, comme dit l’autre, il ne le connaît pas tout ! Bouquet Chez nous, comme au Canada, un bouquet peut être aussi une fleur isolée: “ Cueillir des bouquets”, “planter des bouquets”, “arroser ses bouquets ”, etc.Dans les champs, il y a effectivement de 1’“ herbe” — et des “ bouquets ”.En Touraine, on dit un bouquette.La coutume qui consiste à mettre un bouquet au faîte (ou au faîtage) d’une maison en construction dont on vient de poser la charpente, est loin d’être tombée en désuétude.On y ajoute même souvent un petit drapeau tricolore.Puis on “ arrose ” le bouquet, c’est-à-dire que le propriétaire de la maison neuve “ débouche ” quelques bonnes bouteilles et “ régale ” maçons et charpentiers.On dit aussi: “ rapporter, remporter le bouquet ”, dans le sens de l’emporter dans une course, un concours, etc.“ Rapporter le bouquet ” était, il y a trente ans, le privilège du “ conscrit ” qui avait tiré le plus fort numéro au Conseil de révision.En somme, “ remporter le bouquet ” est synonyme d’être vainqueur.Troisième série Moulange vieux mot français d’origine saintongeaise, écrit M.Geoffrion.Dans une lettre écrite de Bretagne, l’inten- ZIGZAGS AUTOUR DE NOS COMMUNS PARLEES 761 dant du Poitou, La Bourdonnaye de Blossac demandait à son ami le marquis de Pérusse des Cars, duc de Châ-tellerault, s’il ne pourrait pas lui faire envoyer jusqu’à sa propriété de Blossac, près de Rennes, “des meules de mou lange ” extraites de la Forêt de Moulière, située entre Poitiers et Chûtellerault.Faire des crêpes, des galettes disent les Canadiens pour “ faire des ricochets Les gamins de mon village disent aussi joliment : “ tailler la soupe au chat Couverte, couverture Une couverte (et même une couvarte) désigne aussi chez nous une couverture de lit.La couverture est le toit d’une maison, ainsi qu’un couvercle de boîte, de marmite, etc.Siau Assurément, tous nos campagnards savent aujourd’hui qu’il faut dire seau, peau, veau, eau, etc.Jeunes et vieux cependant continuent à dire sans vergogne : siau, piau, viau, iau.(A suivre) Ernest Martin, professeur agrégé de VUniversité de France.
de

Ce document ne peut être affiché par le visualiseur. Vous devez le télécharger pour le voir.

Lien de téléchargement:

Document disponible pour consultation sur les postes informatiques sécurisés dans les édifices de BAnQ. À la Grande Bibliothèque, présentez-vous dans l'espace de la Bibliothèque nationale, au niveau 1.