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Titre :
Le Canada-français /
Revue de l'Université Laval qui traite de philosophie, de théologie, de questions sociales, de linguistique, d'arts et de littérature.
Éditeur :
  • Québec :Université Laval,1888-1946
Contenu spécifique :
L'Université hébraïque de Jérusalem
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
chaque mois
Notice détaillée :
Titre porté avant ou après :
    Prédécesseurs :
  • Parler français ,
  • Nouvelle-France
  • Successeurs :
  • Bulletin du parler français ,
  • Nouvelle-France ,
  • Revue de l'Université Laval
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Le Canada-français /, 1936-03, Collections de BAnQ.

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PER Vol.XXIII, n“ 7.Québec, mars 1936.LE CANADA FRANÇAIS » Publication de l’Université Laval Enseignement L’UNIVERSITÉ HÉBRAÏQUE DE JÉRUSALEM La poussée constante qui, en ees derniers temps, refoule les Juifs dans l’ancienne Terre promise, a posé bien des problèmes.Un des plus pressants à résoudre, fut celui d’offrir à la jeunesse hébraïque une éducation et une formation en harmonie avec les principes du mouvement sioniste.Il fallait, en effet, non seulement des écoles primaires, mais aussi une institution centrale, capable de donner un enseignement supérieur, répondant aux exigences de la science moderne, et, en même temps, apte à diriger les différents mouvements de la culture nationale juive.Cette institution, rêvée depuis les débuts du Sionisme, est enfin réalisée.C’est l’Université hébraïque de Jérusalem.Les lignes qui vont suivre, n’ont d’autre ambition que celle de donner au lecteur un aperçu sommaire de cette œuvre.Exposer brièvement l’histoire de la fondation et du développement de l’Université hébraïque de Jérusalem, faire le tableau de son état actuel et enfin indiquer ce qu’elle signifie pour l’élément juif, voilà ce que nous nous sommes proposé de faire.Fondation et développement Par une belle après-midi de juillet 1918, sous les rayons brûlants du soleil oriental, un groupe d’hommes, conduits par le Docteur Haim Weizmann *, gravirent lentement le 1.Le Docteur Haim Weizmann est un Juif russe.Après avoir été professeur de chimie à l’Université de Manchester, il vint en Palestine pour mieux collaborer au Mouvement sioniste.Il est aujourd’hui Chanceher de l’Université hébraïque de Jérusalem. 594 LE CANADA FRANÇAIS mont Scopus l, situé à deux milles au nord de Jérusalem.Parvenus au sommet de ce mont, qui surplombe la Ville sainte, et d’où l’on aperçoit le désert de Juda, et, au loin, les montagnes de Moab, ces pionniers de l’idéal sioniste jetèrent les bases d’une œuvre qui, à leurs yeux, était d’une extrême importance, je veux dire : l’Université hébraïque de Jérusalem.Us ne posèrent aucune pierre, mais douze symboles, évoquant le souvenir des douze tribus d’Israël.Les troupes du Maréchal anglais Allenby occupaient Jérusalem depuis décembre 1917.La ville était calme, mais le canon grondait aux alentours et tonnait dans toute l’Europe.L’humanité semblait plongée dans la plus profonde détresse.On se demandait avec raison si le monde pourrait jamais retrouver la paix, l’entente cordiale, et reprendre le travail fructueux et paisible.Pourtant, au sein même du pessimisme et du désarroi universel, en dépit des déclarations hésitantes de Lord Balfour, secrétaire de la Grande-Bretagne en Palestine, malgré l’aspect peu encourageant de VErezt Israel, qui ne présentait qu’une vaste étendue de marécages et de rochers, ces vaillants jetèrent en toute confiance les bases du temple de la culture.Un geste si noble devait porter des fruits.En effet, les travaux ne tardèrent pas à commencer.Des secours substantiels, accompagnés de chaleureux encouragements arrivèrent de tous les coins de la Diaspora.Le 1er avril 1925, avait lieu l’ouverture solennelle de l’Université.Cette fête historique se déroula en présence de Lord Balfour, de centaines de délégués universitaires et de milliers de spectateurs.Le cortège des Rabbins fut imposant.A leur tête, s’avançait le Docteur Haim Weizmann, drapé dans une toge de l’Université de Manchester, dont il fut le distingue professeur.Un hymne de Beethoven, Die Himme ruhmen, marqua l’ouverture de la cérémonie2.Sir Herbert Samuel3 offrit à l’Université naissante ses meilleurs vœux de succès 1 Scopus vient de scopé, vue.Du sommet de cette montagne, on voit Jérusalem, le désert de Juda, la mer Morte et les montagnes de Moab.Les appellations de « Sapha » (dans Flavius Joseph) et de « Sophlm » (dans le Talmud) qui lui sont données, impliquent aussi 1 idée d un observatoire naturel.Voir : Abel, Géographie de la Palestine, Paris, 1933.2.Voir : Israelitisches Familienblatt, Hamburg, 28 mars, 1935, p.9.3! Sir Herbert Samuel est un Juif qui fut membre du Cabinet anglais à Londres.Il occupa le premier le poste de Haut Commissaire anglais en Palestine (juillet 1920 à juin 1925), pour gagner les Israélites à la cause anglaise. l’université HÉBRAÏQUE DE JÉRUSALEM 595 et de prospérité.Il souligna que, pendant trop longtemps, on avait regardé le peuple juif comme une ruine intéressante.Mais une ruine a beau être pittoresque, personne ne désire l’habiter.Puis Lord Balfour, ancien Chancelier de l’Université d’Edimburg, prit la parole.Les générations à venir, dit entre autres choses, le blanc vieillard, commémoreront ce jour que nous célébrons aujourd’hui.De ce mont, on peut voir l’endroit d’où Moïse contempla la Terre promise.Sur ce mont, les Romains, qui y campèrent sous Titus 1, crurent avoir achevé la destruction d’Israël.Mais, sur cette même montagne, commence aujourd’hui une ère nouvelle.Un grand effort est fait pour continuer dans l’ancien foyer la culture juive, qui n’a jamais cessé d’exister depuis l’époque de la destruction de Jérusalem, jusqu’à l’expulsion des Turcs par l’armée d’AUenby.Elle n’a été qu’interrompue et préservée pendant tout ce temps par les efforts individuels dispersés 2.Ainsi cette célébration, se déroulant au cœur même de l’ancienne Terre promise, fut un des plus retentissants événements de la renaissance juive.Née, l’Université n’avait plus qu’à grandir.Elle a grandi, mais en traversant une crise terrible.Des difficultés de tout genre vinrent se dresser devant elle.Ce fut d’abord le manque de ressources pécuniaires.A la merci des contributions volontaires de la Diaspora pour la création de ses laboratoires et l’ameublement de ses salles, elle attendit souvent avec impatience des dons qui ne venaient pas.Puis ce fut la crise intellectuelle.Pas d’élèves, et surtout pas de professeurs aptes, les uns à recevoir, les autres à donner en hébreu un enseignement supérieur.Les premiers maîtres que l’on a pu trouver s’installèrent à l’Université et continuèrent leurs études et leurs travaux, assistés de quelques élèves bénévoles.Avant de donner, il faut trouver quelque chose de « worthgiving ».Ce commencement est petit, il est vrai, mais marque de nobles efforts générateurs de progrès.Dix années ont passé depuis.L’Université a rudement travaille.L epreuve a doté sa jeunesse de la vigueur des forts.Malgré les obstacles, elle n’a cessé de pousser de l’avant.Chaque annee s’est ouvert un nouveau laboratoire ; les }• Titus, Jîïs.^u.s‘^f>e de Jérusalem, avait placé sur le mont Scopus la XII et la XV légion.Voir : Riciotti, Storia d’Isracle.Torino, 1933.Vol.II, pp.497-498.2.On trouvera tous les discours qui furent prononcés à cette occasion dans: Haumversita haivrith.Chagigat ha’p’ticha.Jérusalem, 125. 596 LE CANADA FRANÇAIS chaires se sont peuplées graduellement de professeurs et les salles de cours, d’étudiants.Aujourd’hui, le mont Scopus est devenu le « Quartier latin » de Jérusalem.C’est ce qu’on s’est plu à chanter sur le ton de la plus vibrante allégresse, au cours de la grandiose cérémonie qui, le 10 avril dernier (7 nissan 5695), clôturait la première décade de ce foyer actif de la science et de la culture judaïque.Etat actuel Les données qui suivent montrent ce qu’était l’Université à la fin de l’année académique 1934-35.1 — Personnel universitaire Le corps académique a 90 membres, dont 22 professeurs et 29 lecteurs.Ajoutons à ce nombre le personnel technique, administratif et les employés de la bibliothèque, et nous aurons 182 collaborateurs.2 — Instituts L’Université en compte cinq.Celui des Sciences du Judaïsme est le plus important.Il a à lui seul 12 professeurs et lecteurs.On y enseigne la Bible, la langue hébraïque (chaire Bialik), la littérature hébraïque, l’histoire juive, le droit juif, le mysticisme juif, la philosophie juive, la palestinologie (chaire Rosenbloom), la sociologie des Juifs et le Talmud (chaire Unterberg).Vient ensuite Y Institut des Études orientales.Jusqu’ici les seules matières inscrites au programme de cet Institut étaient la littérature arabe, l’art et l’archéologie du Proche-Orient (chaire Sassoon David), l’histoire et la philosophie de l’Islam.Cette année, on y a ajouté l’égyptologie, le syriaque et l’assyrien.U Institut des Humanités comprend les matières suivantes: la philosophie, l’histoire générale, l’étude des relations internationales (chaire Weizmann), les études classiques, les langues romanes, l’archéologie palestinienne et l’économie rurale.Une chaire d’histoire et de littérature anglaise vient d’être fondée par la Fédération sioniste de la Grande-Bretagne, en souvenir de Sir Moses Montefiore, l’illustre pionnier anglo-juif de la renaissance palestinienne. L’UNIVERSITÉ HÉBRAÏQUE DE JÉRUSALEM 597 L’Institut des Mathématiques est encore à son premier stage de développement.Deux professeurs, un lecteur et un assistant s’occupent de mathématiques pures.L'Institut de Physique a souffert de débuts lents et laborieux.Cependant un grand nombre de savants, venus de l’Europe et des États-Unis d’Amérique, lui ont permis de faire des progrès considérables.On y enseigne maintenant sur un haut pied la physique pure et appliquée.3 — Départements Celui de la Chimie est des mieux organisés.Il a des chaires de chimie inorganique et de chimie colloïdale, des laboratoires de chimie inorganique et appliquée.Une section de chimie physique est en voie de création.Les Départements de Botanique, de Zoologie, et de Géologie dépendent de Y Institut d’Histoire naturelle de la Palestine.La Bactériologie, YHygiène et la Parasitologie ont chacune leur département, et possèdent en commun, à Rosh-Pinah, une station de recherches sur la malaria.Un laboratoire de Physiologie sera bientôt ouvert.Des fonds spéciaux viennent d’être mis à la disposition de l’Université pour lui permettre de créer les laboratoires du Cancer.En attendant la réalisation de ces projets, on a fait aménager les laboratoires de Physiologie cellulaire et de Radiobiologie.Ajoutons à cela une chaire de Pédagogie pratique.Tous les Départements universitaires s’occupent de recherches.Plusieurs de leurs membres participent activement aux travaux d’intérêt public, et collaborent à des titres divers aux œuvres culturelles et pédagogiques du pays.Une École d’Agriculture et des Départements de Géographie, de Mathématiques appliquées, de Sciences sociales et de Psychologie sont également projetés.La présence en Palestine d’un certain nombre de médecins a permis de créer un Centre médical.On a déjà commencé sur le mont Scopus la construction du grand hôpital Rothschild-Hadassah-Uni-versitê, en faveur duquel M.Félix Warburg, célèbre banquier américain, lançait, en avril dernier, un vibrant appel.4 — Bibliothèques et Collections Avec ses 300.000 volumes, dont 60.000 publiés en langue hébraïque, la Bibliothèque nationale et universitaire juive 598 LE CANADA FRANÇAIS est la plus considérable de toutes celles que nous rencontrons dans le Proche et Moyen-Orient.On y remarque tout particulièrement les collections d’Hébraïca, d’Orientalia, d’ouvrages de Mathématiques, des manuscrits et des incunables hébreux,des autographes et des portraits de personnalités célèbres du monde juif.Plus de 1.600 périodiques y arrivent régulièrement.L’Université possède à Jérusalem une collection spéciale d’ouvrages de Médecine.Enfin, plusieurs de ses Instituts et Départements ont chacun une importante bibliothèque.Les ouvrages arrivent à titre gracieux de presque tous les coins du monde.L’Université a déjà à son crédit une foule de publications portant sur différents sujets scientifiques.Ses deux périodiques : Tarbiz (revue des Lettres) et Kiriath-Sepher (revue de Bibliographie) comptent, l’une 6, l’autre 12 ans d’existence.Le Département de Botanique possède un Herbarium des plantes de la Palestine et des pays environnants.Tout à côté, le voyageur visite avec intérêt le Musée botanique biblique, qui renferme un échantillon de toutes les plantes mentionnées dans VAncien Testament.Une « Pflanzziichte-rin » (sorte de « Nurse » diplômée, disait le Guide) se dévoue à leur soin.Les collections de Géologie et d’Archéologie sont très précieuses pour ceux qui étudient les formations de terrains et les antiquités de la Palestine et des autres pays méditerranéens.5 — Enseignement A l’Université hébraïque de Jérusalem, peut s’inscrire tout étudiant qui a terminé ses études secondaires, sans distinction de croyance, de race ou de nationalité.Les étudiants étaient 450 à la fin de la dernière année académique, dont le tiers de sexe féminin.Plus de la moitié, ont fait leurs études secondaires à l’étranger.Il va sans dire que la forte majorité vient d’Allemagne.Le Canada a aussi sa part.La Faculté des Lettres a établi un programme d’études de quatre années.Les examens donnent droit au titre de « Magister Artium » (mousmakh-lemadaë-harouah).Les étudiants qui ont obtenu ce titre peuvent, s’ils le désirent, poursuivre des études de spécialisation.Après deux années de travail supplémentaire, de recherches, et sur présentation l’université HÉBRAÏQUE DE JÉRUSALEM 599 d’un travail scientifique personnel, ils sont admis à l’examen du Doctorat en Philosophie.Dans les autres Instituts et Départements, la durée des études est de quatre années.L’unique langue officielle pour tous les cours est l’hébreu.6 — Adviinistration Un Conseil de Gouverneurs, composé de personnalités juives de différents pays, préside au gouvernement de cette Institution.Il siège une fois l’an.En Palestine même, l’administration est confiée au Conseil exécutif et au Sénat de l’Université.Le Chancelier, actuellement le Docteur Haim Weizmann, est président des deux corps administratifs *.L’Institut des Sciences du Judaïsme est régi par un Conseil spécial.L’Université ne dispose, pour son budget ordinaire, d’aucune ressource provenant d’institutions ou de fonds publics.Elle est donc forcée de s’alimenter de fonds privés ; ces fonds proviennent, en grande partie, des États-Unis d’Amérique, où les « Amis de l’Université hébraïque )) et l’Association des Médecins juifs américains travaillent activement.D’autres groupements non moins dévoués collaborent à cette oeuvre.Ce sont ceux de l’Angleterre, de la Pologne, de la Palestine, de l’Afrique du Sud, et des différents pays du Continent européen.De tels encouragements permettent à l’Université non seulement de maintenir son organisation actuelle, mais encore de se développer.Ainsi elle a pu récemment appeler d’Allemagne 16 savants juifs, leur donner des chaires, et assurer quand même le bon fonctionnement de toutes ses Facultés.Signification de l’Université hébraïque Ces données squelettiques parlent assez clairement.Les rapports et les chiffres ont toujours une sorte de force probante intrinsèque, qui saute aux yeux.Ici ils trahissent les vigoureux efforts d’un peuple qui prend conscience de lui-même et désire élever le niveau de sa vie intellectuelle.Les promoteurs de mouvement sioniste savent que la jeunesse juive comprend aujourd’hui plus que jamais ce que peut 1.Le Recteur actuel est le Docteur Magnes. 600 LE CANADA FRANÇAIS signifier pour elle une Université qui lui est propre.Les savants et chercheurs juifs ont appris dans bien des pays l’endurance et la persévérance.Dans plusieurs contrées, la situation de la jeunesse juive ostracisée (numerus clausus) est devenue intenable.Pour les savants et pour les étudiants, l’Université hébraïque pourrait être le salut.La capacité scientifique des Juifs est trop grande pour qu’on néglige de s’en occuper.Ce peuple a pénétré partout.L’histoire relate à maintes reprises des médecins juifs à la cour des Papes et des Princes.Dans les temps modernes, plusieurs branches de la science ne peuvent dresser le catalogue de leurs savants sans y inscrire au moins quelques noms juifs.Je signale tout particulièrement les sciences naturelles, qui, dans les pays d’Europe et d’Amérique, doivent à l’action des chercheurs juifs, une grande part de leur développement.Le Juif entend donner au monde une démonstration calme et silencieuse de sa valeur.Et cette démonstration vaudra une manifestation bruyante.Ici, nous connaissons mieux le Juif commerçant que le Juif savant ; le premier se réclame souvent du faux principe : la fin justifie les moyens ; il ne manque pour cela ni d’ardeur ni de persévérance.Son habileté l’oriente vers les sommets.Mais il y a aussi le Juif savant de l’Europe et des États-Unis d’Amérique.Il faut le reconnaître, il s’est acquis à travers le monde une réputation de chercheur par son travail calme et persévérant de laboratoire.Les prospectus des Universités et des Instituts de France et d’Allemagne l’attestent.Dans ce dernier pays, le nombre des Juifs faisant autorité dans le domaine scientifique est encore surprenant malgré la vague antisémite qui s’efforce de les rejeter au dehors.A Jérusalem, que de « Doktor » annoncés dans presque toutes les rues ! Il faut voir à l’Université même ces chercheurs au travail.Le Juif a la soif non seulement de la richesse matérielle, mais aussi de celle de l’esprit.Avec fierté et satisfaction, avec une attente sans pareille, le Juif studieux a les yeux tournés vers le mont Scopus, vers la montagne d’où lui vient le secours l.Ce peuple attend de l’Université non seulement la solution des problèmes angoissants qui torturent ses hommes de science, mais encore et surtout l’action croissante qui mettra cette l’Université 1.Psaume 120, 1 : Levavi oculas meos in montes, unde veniei auxilium mi fit. L’UNIVERSITÉ HÉBRAÏQUE DE JÉRUSALEM 601 au rang des plus célèbres Instituts de recherches et d’enseignement du monde entier.* * * J’ai voulu montrer dans ces pages ce qu’est l’Université hébraïque de Jérusalem, en rapportant quelques bribes d’histoire ; j’ai voulu aussi dire ce que pensent et attendent d’elle les dirigeants du Sionisme et tout le peuple juif.Il ne m’appartient de juger ni la valeur actuelle, ni la portée future de l’entreprise.On fait d’ordinaire tant de bruit autour de tout ce qui réchauffe le foyer national d’un peuple qui essaie de se grouper pour se sentir fort et prendre un essor de vie nouvelle ! Mais c’est un fait, l’Université existe.En faisant œuvre scientifique sérieuse, en travaillant à renouveler la civilisation juive, elle représente un magnifique effort du Sionisme.Une des résolutions adoptées au premier Congrès du Sionisme tenu à Bâle le 29 août 1897 s’énonce comme suit : Réaliser une patrie pour l’éducation, la formation scolaire et la littérature juives, une source d’idéalisme pour tous les Juifs du monde : la résurrection de la langue hébraïque 1 2.Voilà bien un des buts atteint par l’Université du mont Scopus ; elle est vraiment le « Spearhead » de la revivance culturelle palestinienne, un « Home » pour les étudiants juifs dispersés à travers le monde et en butte aux vexations antisémites, un centre d’études et de formation supérieures pour les étudiants même de la Palestine.Cette œuvre inspirée du nationalisme intégral et faculté opérante du Sionisme sera-t-elle durable ?C’est le secret de la Providence.Nous, nous savons que Nisi Dominies cedificaverit domum, in vanum laboraverunt qui œdificant earn !.Le grand nombre des nouveaux émigrants ne pratiquent guère leur religion.C’est le souvenir le plus déprimant que le voyageur pratiquant rapporte de la Palestine.Quant à ceux qui lisent la Bible, observent le Sabbat et les autres pratiques de la Loi mosaïque, ils sont encore dans l’i- 1.Voir : Nahum Sokolow, Geschichte des Zionismus, p.28.L'édition anglaise de cet ouvrage s’intitule : A History of Zionism, London, 1920 2.Psaume 126, 1. 602 LE CANADA FBANÇAIS gnorance et l’aveuglement dont les accusait jadis l’Apôtre des Gentils l 2.Ils ne se doutent pas que le De Sion exibit lex du prophète Isaïe * est chose du passé, et que nous n’avons plus qu’à suivre les enseignements de notre Libérateur.D’autre part, l’Université hébraïque est solidement ancrée au Judaïsme, que nous voyons sans cesse se développer et à qui les persécutions séculaires semblent avoir donné des forces.Les Juifs se sont toujours montrés réfractaires à toute tentative d’absorption 3.Ils voient leur population augmenter continuellement.Quel rôle Dieu destine-t-Il au peuple qui avait jadis ses promesses ?Mystère.Mais saint Paul a annoncé sa survie mystérieuse en ces termes : « L’endur- cissement d’Israël s’est produit jusqu’à ce qu’entrât la plénitude des nations, et ainsi tout Israël sera sauvé.Si leur chute et leur rejet a procuré au monde la réconciliation et fait la richesse des nations, que sera leur réintégration, sinon une résurrection d’entre les morts 4 ?» Léon Pelletier, ptre.1.Êpitre aux Romains, I, 18-23.2.Isaïe, II, 3.3.Il faut excepter la France, où il n’y a pas à proprement parler de Juifs français, mais seulement des Français juifs.Voir: Émile Schreibeb, Cette année à Jérusalem, Paris, 1933, p.7.4.Êpitre aux Romains, XI, 25, 12, 15.
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