Le Canada-français /, 1 juin 1937, Le deuxième congrèes de la langue française au Canada - Chronique de l'organisation
Le coin du Congrès LE DEUXIÈME CONGRÈS DE LA LANGUE FRANÇAISE AU CANADA.CHRONIQUE DE L’ORGANISATION (Suite *.) Le travail d’organisation se poursuit avec vigueur au sein du Comité central et dans les Comités spéciaux des rapports, des finances, de la réception, de la décoration, des fêtes religieuses, de la propagande et de la publicité ; de son côté le secrétariat redouble de vie et d’activité dans ses services multiples et la correspondance surabondante qui y aboutit de part et d’autre.Le programme définitif est enfin publié ; il apparaît substantiel, varié, complet.Nous le diviserions volontiers en trois parties, celle des séances publiques, celle des diverses sections de travaux, et celle des journées spéciales.Les séances publiques auront lieu au Colisée ou à la salle des Promotions de l’Université Laval.On y entendra les personnages officiels et les représentants attitrés des institutions ou des groupes français de l’Amérique.Ainsi,— pour n’en nommer que quelques-uns,— le Gouverneur général du Canada, le Gouverneur de la province de Québec, le Cardinal Villeneuve et M.Louis Bertrand, de l’Académie française y prononceront chacun un discours.Les séances du Colisée comportent aussi des chants canadiens, qui seront exécutés par un puissant chœur mixte de plus de 500 voix, avec le concours de la Société Symphonique de Québec.Ces séances auront lieu à huit heures du soir les 27, 28 et 29 juin et le 1er juillet.A l’Université, les séances publiques auront lieu à trois heures de l’après-midi, les 29 et 30 juin.L’une des deux séances sera consacrée aux rapports des sections et aux diplômes d’honneur que l’Université veut décerner à l’occasion du Congrès ; l’autre sera semblable 1.Voir les numéros de janvier, de mars, d’avril et de mai. 1002 LE CANADA FRANÇAIS aux séances du Colisée : l’on y entendra des orateurs de marque, et même un représentant de l’élément anglais, M.le Colonel Wilfrid Bovey de l’Université McGill.Un grand banquet groupera les congressistes au Château Frontenac, le mercredi 30 juin, à 8 heures du soir.Le jeudi 1er juillet, une messe pontificale solennelle sera chantée pour les congressistes à Sainte-Anne-de-Beaupré ; et la seance de clôture aura lieu au Colisée le soir du même jour.Les travaux techniques du Congrès seront lus, étudiés et discutés dans les sections particulières de la langue parlée, de la langue écrite, des arts, des lois et des mœurs ; ces sections siégeront simultanément, soit à l’Université, soit au Palais de justice, soit au Palais Montcalm ; il y aura des séances dans la matinée et dans l’après-midi.Chaque section pourra formuler des vœux et les présenter à la séance générale du 29 juin à l’Université.Sur ces articles essentiels du programme viennent se greffer les journées spéciales.En même temps que se dérouleront les seances dont nous venons de parler, des groupes spéciaux de congressistes auront leurs « journées » ; ainsi le lundi sera la journée des enfants, le mardi ce sera celle des Dames, et le mercredi, celle des jeunes.Chacune de ces journées commencera par une messe ; mais chaque groupe aura son programme distinct.Les enfants assisteront à des scènes vivantes destinées à graver dans leur esprit les grandes leçons du Congrès.Les Dames auront, au Palais Montcalm, une séance de section comportant des travaux et des rapports sur l’esprit français au foyer, à l’école et dans la vie sociale.Les jeunes auront deux séances semblables, également au Palais Montcalm ; on y traitera de sujets qui intéressent spécialement la jeunesse, comme les œuvres de jeunesse, les sports, la lecture, le cinéma.Et le soir, au Colisée, ce sera le grand ralliement de tous les jeunes pour les manifestations de vie catholique et française que les divers groupes de l’A.C.J.C.veulent faire, et pour les discours des représentants de toutes les jeunesses françaises de l’Amérique.Ce sera, nous dit-on, le clou de la journée des jeunes, sinon de tout le Congrès ! En voilà assez, croyons-nous, pour justifier notre assertion du début : le programme est « substantiel, varié, complet ». LE DEUXIEME CONGRES DE LA LANGUE FRANÇAISE 1003 Notre Comité des rapports est en pleine effervescence : il lui faut voir — et Dieu sait ce que cela signifie — près de 200 travaux et les accorder entre eux et avec l’idée générale du Congrès ; certes la plupart des travaux et rapports sont bien à point, mais il en est quelques-uns qui causent des soucis à ces Messieurs de la revision ; il leur faut alors suggérer les modifications nécessaires ou opportunes, et amener à leurs vues, celles du Congrès, les rapporteurs eux-mêmes ; il leur appartient aussi de faire le triage des vœux, et de bien coordonner toutes choses.Certes la tâche a ses ennuis.et son mérite est grand.Au Comité des finances on constate que la souscription populaire n’a pas partout un égal succès : est-ce dû à la crise, à un manque de zèle, au défaut d’organisation locale, ou a quelque autre cause inconnue ?Espérons que l’approche du Congrès va ranimer la ferveur nationale et stimuler la campagne.Le Comité de la propagande met à la disposition des Comités paroissiaux les orateurs bénévoles qui lui ont offert leurs services.De fait depuis quelques semaines on en réclame de tous côtés ; et c’est de bon augure pour la pénétration dans les masses de l’idée du Congrès.Le Comité de décoration est à l’œuvre ; il a élaboré avec soin ses plans de décoration du Colisée, du parc de l’Exposition, des édifices du Parlement, et de la ville en général.Tout va bien, nous dit-on, et rien ne sera épargné pour faire au Congrès un cadre digne de son caractère et de son importance.Grâce aussi au Syndicat d’initiative et aux Étudiants de Laval, Québec va retrouver, pour le grand ralliement de juin, son visage français, si du moins la campagne entreprise par ces jeunes gens produit les effets attendus.Ils ont en effet institué une vaste enquête pour connaître toute l’étendue du mal — car c’en est un — dont souffre la vieille capitale.Ils ont divisé la ville en 18 secteurs et dans chaque secteur ils ont envoyé un étudiant et un membre du Syndicat d’initiative pour faire le relevé des enseignes et des annonces défectueuses ou imparfaites ; on a ensuite classé les rapports faits par les enquêteurs, et cherché les corrections et les additions à faire.Puis on a demandé, avec un sourire, à tous les intéressés de vouloir bien accepter les suggestions et faire les modifications opportunes.La 1004 LE CANADA FRANÇAIS parole — et surtout l’action — est maintenant aux citoyens.Espérons que tout sera fait pour le Congrès.En dehors de Québec la propagande continue avec une ferveur grandissante.Les Comités régionaux, et beaucoup de Comités locaux réclament les orateurs et les conférenciers de notre Comité de propagande ; bientôt celui-ci sera à court d’orateurs ! Mgr Camille Roy, toujours sur la brèche, est allé à Chicoutimi, à Roberval, à Saint-Joseph d’Alma, puis à Saint-Hyacinthe, à Bedford, à Granby, à Joliette, et il continue la chevauchée nationale ! D’autres sont allés dans les principales paroisses de la province de Québec.Dans les provinces de l’Ouest, après M.l’abbé Vachon, qui n’avait pu visiter que quelques groupes français, le Comité central a délégué le Dr J.-L.Petitclerc, ancien président de l’Association canadienne-française de l’Alberta, pour compléter la tournée de l’abbé Vachon.M.le Dr Petitclerc, parti de Québec le 15 mai, a passé trois semaines dans l’Ouest, et partout il a été accueilli avec la même joie et la même ferveur nationale.Les journaux de là-bas, La Liberté, Le Patriote, La Survivance, disent à l’envi le bien que fait partout la visite des délégués de Québec.A Winnipeg, le vénérable archevêque, Mgr Sinnott, a daigné adresser aux prêtres de son diocèse, la lettre de Son Éminence le Cardinal Villeneuve sur le grand Congrès de juin.Il nous faut signaler ici, en particulier, les fêtes grandioses qui se sont déroulées à Ottawa, les 21, 22, 23 et 24 mai, en l’honneur de la langue française, et pour préparer les esprits et les cœurs à notre Congrès.Le 21 mai, ce fut la journée des écoliers, destinée à développer chez eux le sentiment national.Le 22, c’était le tour des sections juvéniles de la Société Saint-Jean-Baptiste d’Ottawa ; elles tenaient leur premier congrès annuel, et rien ne manquait au succès de leurs assises : messe, discours, saynètes, déclamations, chants et résolutions pratiques, tout convergeait vers l’exaltation du sentiment national et la conservation de notre héritage français.Le 23, ce fut la grande, la mémorable journée préparatoire au Congrès.On commença la journée par un pèlerinage à Notre-Dame de Lourdes d’Estview, près d’Ottawa.Et le soir, dans l’un des plus grands théâtres de la Capitale, le Capitol, une foule immense acclama d’abord les vibrants LE DEUXIÈME CONGEES DE LA LANGUE FRANÇAISE 1005 discours de Mgr Alfred Myrand, de M.Lionel Chevrier, et de M.Jean-Jacques Tremblay.Puis ce fut le spectacle émouvant, inoubliable de l’Hommage à sa Majesté la Langue française, œuvre de R.P.Laurent Tremblay, O.M.I.Il s’agit d’un immense chœur parlé qui met en scène les principaux personnages de notre histoire et qui exalte les hauts faits dont nos pères ont été les héros.Près de 300 figurants ont fait revivre ainsi le passé sous les yeux émerveillés d’une foule enthousiaste.Ce fut, nous dit-on, un spectacle grandiose, et le succès de cette revue fut éclatant.Le 24, il y eut, le matin, des messes dans plusieurs églises, à l’occasion de la fête de Dollard, et le soir une séance patriotique populaire qui obtint, elle aussi, le plus vif succès.Bref, partout les esprits et les cœurs se préparent à profiter des leçons du Congrès.Il nous reste à souhaiter que le succès réponde à ces magnifiques efforts d’organisation et de propagande.C.Gagnon, ptre.
Ce document ne peut être affiché par le visualiseur. Vous devez le télécharger pour le voir.
Document disponible pour consultation sur les postes informatiques sécurisés dans les édifices de BAnQ. À la Grande Bibliothèque, présentez-vous dans l'espace de la Bibliothèque nationale, au niveau 1.