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Titre :
Le Canada-français /
Revue de l'Université Laval qui traite de philosophie, de théologie, de questions sociales, de linguistique, d'arts et de littérature.
Éditeur :
  • Québec :Université Laval,1888-1946
Contenu spécifique :
Henri Ghéon au Canada
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
chaque mois
Notice détaillée :
Titre porté avant ou après :
    Prédécesseurs :
  • Parler français ,
  • Nouvelle-France
  • Successeurs :
  • Bulletin du parler français ,
  • Nouvelle-France ,
  • Revue de l'Université Laval
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Le Canada-français /, 1938-06, Collections de BAnQ.

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Théâtre HENRI GHÉON Al CANADA Cet été, un grand dramaturge français rendra visite aux Canadiens ; il faut en remercier les PP.de Sainte-Croix, de Saint-Laurent, qui ont d’abord fondé la troupe des « Compagnons de Saint-Laurent », réplique de celle d’Henri Ghéon en France, et qui, pour former à bonne école leurs jeunes acteurs, font venir près d’eux le maître actuel du théâtre chrétien.L’œuvre de Ghéon nous est connue depuis longtemps.Les Aventures de Saint Gilles, Les Trois Sagesses du Vieux Wang, Le Noël sur la place ont obtenu maints succès auprès de nos auditoires de collèges.Au Congrès Eucharistique National, à la fin de ce mois de juin, se déploiera, sur les Plaines d’Abraham, un des spectacles qui peuvent le mieux faire connaître son talent d’artiste chrétien, Le Mystère de la Messe ; on y pourra découvrir la richesse de l’inspiration et la beauté de l’élément plastique.En France, la popularité de Ghéon est croissante.On le cite comme poète, critique, romancier, hagiographe, dramaturge surtout ; il a réussi à enthousiasmer une partie du peuple catholique pour la cause du théâtre catholique ; il a fait comprendre que la vie chrétienne doit grimper sur la scène.Modèle de fécondité littéraire et de ténacité à défendre sa cause, à frapper sur le clou qui ne veut pas enfoncer, il électrisera, pendant son bref séjour au Canada, l’âme des jeunes et suscitera aussi, espérons-le, des artistes conscients de leur tâche, décidés à s’attaquer sérieusement à la besogne.Pour mieux comprendre la sincérité de cet artiste chrétien, risquons un essai de biographie.La vocation chrétienne C’est à Bray-sur-Seine, le 15 mars 1875, que naquit Henri-Léon Vangeon, que nous connaissons sous le pseu- HENRI GHÉON AU CANADA 1037 donyme d’Henri Ghéon.Il nous a livré dans l’Homme né de la Guerre le récit sincère de sa conversion au catholicisme : nous pouvons donc facilement suivre les étapes de son âme vers la foi.Il est né catholique ; sa mère était chrétienne, mais son père ne pratiquait pas ; hélas, comme dans trop de foyers insouciants, on laisse grandir l’enfant sans lui faire vivre pleinement sa foi, sans lui faire prendre conscience de ses devoirs.Il suit le courant ordinaire, mais par routine, sans convictions ; il lui faudrait un exemple vivant de vie chrétienne, autre chose que de pures considérations impersonnelles et des conseils abstraits ; il ne sent pas, chez les autres, vivre la Foi, il n’en comprend pas l’émouvante réalité.Il a une mère chrétienne, pourtant, mais qui ne songe pas que son enfant peut douter, et dont l’influence est presque annulée par le père, et par les professeurs de l’école, et par la banalité des gens que l’enfant croise dans la rue.Mon père, dit-il, ne m’eût pas dit un mot pour m’arracher à la foi maternelle, et Dieu sait, je puis l’avouer, quelle préférence secrète m’attirait vers ma mère.C’est pourtant mon père que je suivais *.Le jeune garçon fréquente un lycée qui n’est pas pervers, mais où la religion passe officiellement pour chose indifférente ; il y a là pourtant un aumônier, mais un aumônier pour la forme, qui voit bien son peu d’influence, et qui n’ose pas s’affirmer, qui ne tente pas de rendre attrayante la matière qu’il professe.Il parlait abstraction.Il dissertait, savamment, je le crois, sur le péché originel, sur les vertus théologales, sur la grâce.Notre connaissance de Dieu ne sortait de là ni plus claire, ni plus profonde, ni seulement rafraîchie.Sur notre petit champ sacré, les connaissances humaines empiétaient un peu davantage chaque jour 1 2.Rien de vivant, rien d’impulsif comme éducation religieuse.Le jeune Henri, qui a presque quinze ans, se désaffecte peu à peu de la foi catholique .Un dimanche, 1.L'Homme né de la Guerre, p.15.2.Ibid., p.16. 1038 LE CANADA FRANÇAIS sa mère l’appelle : « Voyons, tu vas manquer la messe ! » Et lui, un peu honteux de ce qu’il va dire, mais résolu, et prenant conscience du pas qu’il fait : « Je n’y vais pas .Qu’est-ce que tu veux, maman P je ne crois plus ! » Il nous raconte lui-même la scène, et il ajoute : « Je disais vrai.Je n’y mettais ni fronde, ni libertinage.La source était déjà tarie *.» Et pendant plus de vingt années, il vit dans cette nuit, non pas en adversaire, mais en indifférent ; il va son chemin, « sans Dieu, et sans besoin de Dieu ».Plus tard, ce sera un immense besoin de Dieu qui remplira sa vie, et qui provoquera son activité.Il continue ses études, et passe par l’Université de Paris ; en 1901, il revient à Bray-sur-Seine et pratique la médecine pendant huit ans.Il fait vivre sa mère, et sa sœur, restée veuve avec deux fillettes ; mais, dès lors, sa vie est celle de l’esthète : l’Art le captive.Sa religion se résume dans le culte de la beauté, dans les chefs-d’œuvre du paganisme et de la Renaissance.Il s’est déjà lié d’amitié avec André Gide, il a subi l’influence de Nietzche, il admire Beaudelaire, et se rapproche de l’école naturiste, dont les tendances lui semblent « se dessiner vers un art très humain et très sain ».Il a collaboré au Mercure de France et à Y Ermitage, où se rencontrent des artistes laborieux, tout à fait insoucieux de réclame et de soucis matériels.Il montre dans ses articles une tendance très marquée pour les auteurs étrangers : Gorki, Tchekov, Thomas Hardy, Knut Plamsun .En 1909, il fait partie des fervents disciples qui fondent la Nouvelle Revue Française.Cette année-là, il se fixe à Orsay, et commence à subir l’influence de Péguy.Pour se distraire, il voyage.C’est à Florence, en 1912, qu’il ressent ce qu’il appelle sa « crise d’Italie », prologue de sa conversion.J’admire tout, oui ! Mais mon choix est fait : et c’est, quoi que j’en aie, celui que désignent mes larmes ; c’est Giotto, c’est Angelico, c’est le Masaccio de l’apôtre Pierre ; tout le reste gravite autour.J’essaie bien de me raccrocher au paganisme ; mais le maître de mon amour, dès à présent, c’est l’Art le plus rapproché de la Foi2.L’art le ramène un peu à l’Église, mais cette conversion superficielle ne suffit pas ; Dieu va se servir d’une influence plus impérieuse.1.Ibid., p.14.2.Ibid., p.31. HENRI GHÉON AU CANADA 1039 En 1913, il visite Rome ; au début de 1914, l’Anatolie et la Grèce.Il revenait d’Athènes, lorsque éclata la Guerre.« A partir de la fin juillet, il n’y en eut plus que pour la patrie.Impossible d’errer ! Le Français le plus tiède avait perdu le droit de disposer de lui2.» Santé débile, on l’avait exempté, bien contre son gré, de tout service militaire.Mais il réussit à s’engager volontaire, comme médecin de la Croix-Rouge, dans une ambulance du nord.Puis, il devient médecin aide-major, à Paris ; à la fin de décembre 1914, il est sur le front belge.C’est là que Dieu l’attend.Les amitiés sont vite conclues à la guerre ; elles peuvent être vite brisées, et les âmes s’y révèlent dans de grands devoirs ! Son ami André Gide lui a déjà parlé d’un certain Pierre Dupouey, lieutenant de vaisseau.Trois rencontres suffisent à sceller une inviolable amitié.Le lieutenant, comme Ghéon, aime à causer d’art et de littérature : « Sans le décor de la guerre, rien que de tout banal.» Ghéon ne le réalise pas trop, mais il subit l’ascendant de cette âme forte ; aucun entretien proprement religieux, pourtant ! aucune conversation décisive ; mais un charme, une paix émane de l’officier, une emprise toute surnaturelle le rive à l’âme qui l’écoute.Il suffisait de voir une seconde le lieutenant de vaisseau pour lire sur ses traits la force.Son front, sa carrure, ses gestes, tout en lui révélait une puissante individualité.Il était né pour commander, pour s’imposer, pour affirmer son être *.On a causé des événements quotidiens, de la guerre et de la bravoure, de littérature, de peinture, de musique .au hasard des circonstances.Que s’est-il passé ?Ghéon ne se rend pas compte de la force qui l’attire vers l’officier, « cet ami de mon ami G ., que j’ai rencontré trois fois dans ma vie ! J’ai même déjeuné avec lui une fois ! Cet officier vaillant, cet homme gai et grave, artiste et beau causeur, qui n’a fait que passer, sans me laisser un mot de confidence 2.» Le Samedi-Saint 1915, Dupouey est frappé à mort.La catastrophe ne brise pas une amitié naissante ; elle va la faire s’épanouir, elle va dévoiler à Ghéon l’influence qu’il 1.Parti-pris, p.138.2.L'Homme né de la Guerre, p.83. 1040 LE CANADA FRANÇAIS a subie.Il apprend la nouvelle quinze jours plus tard, et il en éprouve une douleur qu’il n’aurait pas soupçonnée.Quel choc ! dit-il.On sent autour de soi un gouffre qui se creuse.On est penché dessus, on n’en voit pas le fond : on reste là, pris de vertige.A peine rentré dans ma chambre, je fonds en pleurs.— Il est mort ! Il est mort sans que je le revoie ! sans que je sache même qu’il est mort b Pressé de connaître la raison de son émotion, Ghéon cherche, consulte, s’informe, interroge jusqu’à l’aumônier et trouve enfin le secret : son ami était un saint.J’ai connu beaucoup d’âmes et de belles âmes, lui répond l’aumônier, elles ne sont pas rares chez les marins ! jamais nulle part la pareille 1 2.La douleur a fait place à l’admiration, à l’enthousiasme ; tout au souvenir de son ami, il se plaît à revivre ses entretiens, il comprend un peu, maintenant, la réalité de la foi, il admet la sainteté.Même la raison trouve ici son compte.J’ai connu un saint, j’ai pleuré un saint et tout s’explique justement par sa sainteté : le prestige de Dupouey, ma timidité devant lui, mes pleurs étranges quand il meurt, ma certitude intime de sa gloire, tous mes pressentiments d’hier, et toute ma joie d’aujourd’hui.Je tiens le mot sacré, la clef unique 3.Encore impressionné de cette découverte, il rédige un poème intitulé « Adieu », et montre un âme qui s’ouvre aux splendeurs de l’au-delà.Miracle de la guerre ! nommez-le L’Ange voilé qui vous inspire L’Esprit qui souffle le délire Dont me voici tout envieux.Je croirai pour vous, si je ne puis croire Pour moi, misérable païen Il vous faut un tombeau moins vain Que notre mortelle mémoire.1.Ibid., p.83.2.Ibid., p.88.3.Ibid., p.97. HENRIGHÉON AU CANADA 1041 J’aime la vie, mais je sais Qu’il y a plus beau que de vivre, C’est de la perdre sans regret Pour mieux survivre.J’aime la terre, mais, ami, Il y a plus beau que la terre, Puisque vous êtes parti L’âme plus claire.(3 mai 1915) 1 C’est la grâce qui opère la conversion ; elle a surgi au contact d’une âme ardente et généreuse, qui rayonnait la fierté de sa foi.Ghéon sait la grande faveur qu’il doit à Dupouey, et c’est en des termes éclatants qu’il atteste sa gratitude : Je dédie le récit de ma conversion à Dominique-Pierre Dupouey, héros et saint, qui m’apparut, un matin de bataille ; qui échangea quelques paroles et quelques regards avec moi ; qui tomba sur l’Yser à la veille de Pâques en l’année sanglante 1915, pour participer pleinement à la Résurrection de son Maître, et, m’entraînant dans son sillage lumineux, me réapprendre la prière après plus de vingt ans d’oubli et changer dans ma bouche le goût de la vie *.Mais il ne fait aucun pas, encore, vers la réconciliation officielle.« Je ne fais pas un seul geste pour m’éclairer ; cela ne me vient pas, comme on dit, « à l’idée ».Inconsciemment, je compte sur la grâce .3 » La conversion de l’esprit est réalisée depuis les premières rencontres ; on ne résiste pas à une âme si forte.Le cœur, lui, passe encore des heures d’inquiétude et d’obscurité.Mais, petit à petit, avec peine parfois, il se soumet à toutes les exigences du catholicisme.La lutte est dure, mais la victoire ne s’annonce que plus belle ; l’âme prie avec ferveur, et la grâce pousse toujours à faire le pas décisif.A la Noël de 1915, Henri Ghéon est converti.Pour le ramener à Lui, Dieu s’est servi d’une influence vivante, d’un homme dont la conduite imposait l’admiration ; Ghéon retrouve la foi catholique : elle va « centrer sa vie » 4.1.Ibid., pp.108-111.2.Ibid., p.9.3.Ibid., p.111.4.« Centrer sa vie », titre d’un article de Ghéon sur Pierre Dupouey dans Vie Spirituelle, tome 42, p.273. 1042 LE CANADA FRANÇAIS La vocation dramatique Ghéon est poète, on le sait ; il a déjà publié Chansons d’Aube et Algérie ; il a fait, cinq ans durant, de longues recherches sur le vers libre ; on comprendra que son style y ait gagné une souple harmonie.Surtout, il est dramaturge.Comment je suis venu au théâtre ?Je crois que je n’ai jamais pensé que je pourrais faire autre chose 1 ! 11 a reçu de ses parents le goût du théâtre, que l’on aimait à la passion, dans sa famille ; il va grandir dans cette atmosphère ; et, à huit ans déjà, il révèle dans ses jeux ses dispositions pour le théâtre : sur quelques planches qui servent de tréteaux, il amène ses petits camarades, organise le spectacle, dirige la troupe, indique les principales étapes de la représentation.Au Lycée de Sens, il raffole des marionnettes et court les troupes foraines ; de bonne heure, il a pris goût à la lecture : ses grands-parents et un oncle ont accumulé toutes les œuvres théâtrales du dix-neuvième siècle ; il lit tout avec avidité, et ses premières économies, les premiers centimes qu’avec fierté il fait sonner dans son gousset, s’épuisent vite à l’acquisition, dans une collection à bon marché, des volumes où il peut trouver Racine, Corneille, Shakespeare .« A douze ans, sinon plus tôt, dit-il, j’avais reçu des empreintes ineffaçables.» Plus tard, à l’Université, il recherche tous les spectacles, prend contact avec Dumas, Augier, et la comédie moderne (qu’il trouve insignifiante).Il écrit lui-même le Pain et 1 Eau-de-vie, tragédies populaires à conclusions morales.Il publie en 1911 « Nos directions », conférences sur la poésie et le drame.Le théâtre lui apparaît évidemment comme le meilleur moyen de traduire tous les élans de vies fécondes et intenses, de faire connaître les grands gestes ignorés ou méconnus.Converti, il sent maintenant la réalité du surnaturel ; il comprend le besoin de Dieu, et il veut repondre a cette nécessité ; il médite des mystères déjà entrevus, il relit des vies où se rencontre une grande intensité d’action.Et puisque son influence deviendra plus effective au théâtre, 1.Sept, 10 mai 1935, Courrier des Lettres : interview de Ghéon par Christian Melchior-Bonnet. HENRI GHÉON AU CANADA 1043 où il révélera des exemples vivants et renouvellera leur emprise, il choisit les tréteaux comme terrain d’action catholique ; il y suggérera la vertu tout en amusant et en reposant ses auditeurs,— et c’est un bon moyen.Il restera artiste ; il deviendra apôtre.Il est sensible d’ailleurs à l’influence que peuvent exercer des caractères puissants, et si lui-même aujourd hui jouit du bienfait de la foi, n’est-ce pas un cœur fort et magnanime qui l’a gagné ?Son œuvre traduira donc cette inclination, mettra en scène des figures réelles, pleines de vie, et qui seront conquérantes, qui imposeront leur supériorité.Ghéon doit aussi sa vocation de dramaturge à des influences moins intimes.Jacques Copeau exerça sur lui une action dicisive.Parlant de la recherche du vrai theatre, Ghéon dit lui-même : Sur ce terrain, Copeau demeure notre maître .Il est le premier,— le seul, — qui en ce temps ingrat ait eu le cœur et le génie, n’étant ni comédien, ni régisseur de profession, de sauter sur la scène avec une idée juste de la scène, avec nos espoirs et nos rêves, et de tenter de leur donner un corps.Il y a réussil.Qui est Jacques Copeau ?Fondateur, et directeur depuis 1909, de la Nouvelle Revue Française (avec Ghéon parmi ses collaborateurs), il institue en 1913, avec quelques amis, le théâtre du Vieux-Colombier.Puis, pendant dix ans, il forme de jeunes acteurs, les « Copiaus » comme on les appelle, ou « La Compagnie des Quinze ».Ce que l’on doit à Copeau, c’est l’idée de l’éminente dignité de son art.Pour lui, le texte et le spectacle forment un tout ; et le décor, le jeu, la danse, la musique jouent un rôle efficace dans la représentation.Après lui, les efforts des contemporains vont au même but, et « sans lui, il n’est pas sûr que toute une part du théâtre contemporain existerait.Les efforts de notre temps, même s’ils ne se réclament pas directement de Copeau, ont été rendus possibles par le succès du Vieux-Colombier, succès moral immense, plus 1.Jeux, Tréteaux et Personnages, numéro 5, page 148.Fondée en 1930 sous la direction d’Henri Brochet, cette revue catholique d’Art dramatique, de format modeste, publie chaque mois un texte dramatique, des chroniques diverses, des analyses de livres ou de périodiques, des croquis .Elle est indispensable à tout metteur en scène sérieux ! 5, Place St- Êtienne, Auxerre (Yonne), France.Spécimen sur demande.Abonnement pour le Canada : 35 fr. 1044 LE CANADA FRANÇAIS grand que le succès matériel »l.Si Ghéon ne fut pas élève de Copeau, il fut son grand ami, il sut profiter de son exemple, et le faire servir à la cause du théâtre chrétien.Tout invite Ghéon à se faire du théâtre une carrière ; il écrira donc, et lui-même acteur, il jouera ses pièces.En 1920, au début de sa production dramatique, il écrit : Nous ferons ce que nous pourrons.Mais le terrain étant par définition catholique, il semble que nous possédions, dès à présent, tout un gisement à exploiter de sujets neufs, quoique fort anciens, dédaignés jusqu’ici par tous nos auteurs ; les tragédies religieuses de nos provinces, la légende et les miracles de nos saints, l’histoire religieuse de la France et du monde.D’autres pièces suivront, de la même veine ; j’en ai d’autres, il en faut beaucoup.Elles valent ce qu’elles valent, mais elles ne sont pas
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