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Titre :
Le Canada-français /
Revue de l'Université Laval qui traite de philosophie, de théologie, de questions sociales, de linguistique, d'arts et de littérature.
Éditeur :
  • Québec :Université Laval,1888-1946
Contenu spécifique :
La Ligue Antituberculeuse de Québec
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
chaque mois
Notice détaillée :
Titre porté avant ou après :
    Prédécesseurs :
  • Parler français ,
  • Nouvelle-France
  • Successeurs :
  • Bulletin du parler français ,
  • Nouvelle-France ,
  • Revue de l'Université Laval
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Le Canada-français /, 1938-12, Collections de BAnQ.

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LA LIGUE ANTITUBERCULEUSE DE QUÉBEC Au moment où le Comité de défense contre la Tuberculose poursuit une inlassable guerre contre la tuberculose il convient de rappeler, même imparfaitement, les antécédents de cette « défense » dans notre ville de Québec.L’absence de documents écrits empêche qu’on puisse écrire l’histoire précise des premières années de cette œuvre.Toutefois il reste encore assez de témoins vivants pour qu’on essaie de fixer les principales étapes de la Ligue antituberculeuse de Québec.Et comme l’Université Laval a voulu s’associer, dès le début, à l’œuvre de la ligue, les lecteurs de notre revue — publication officielle de l’Université — ne seront pas surpris de trouver ici une esquisse du travail accompli par la ligue en notre ville.La fondation de la Ligue antiuberculeuse de Québec remonte au 17 février 1909.A ce moment le taux de la mortalité due à la tuberculose dans la Proviûce de Québec était d’environ 160 par 100,000, habitants, en 1937 il n’était plus que de 140 par 100,000.Or, si nos alarmes sont justifiées en 1938, combien ne l’étaient-elles pas il y a trente ans ! On comprend alors qu’un groupe de médecins de Québec, dont certains étaient professeurs à l’école de médecine de Laval, aient voulu dresser une barrière au fléau de la « peste blanche ».Leur premier soin fut d’intéresser leurs confrères et ils mirent en branle la Société médicale de Québec, laquelle convoqua les citoyens à une grande assemblée, le 17 février 1909.C’est à cette réunion que fut fondée la Ligue antituberculeuse de Québec.La célébration des fêtes du troisième centenaire de la fondation de Québec n’est pas étrangère à l’établissement 354 LE CANADA FRANÇAIS de la ligue : 1908 avait amené à Québec des foules considérables, et des personnages de haut rang ; les citoyens n’étaient pas très fiers d’avoir laissé voir, ci et là dans la ville, des habitations, des taudis, foyers de contamination où la tuberculose recrutait aisément ses victimes ; il y avait là une question d’urbanisme — le mot n’existait pas encore ici à cette date — et surtout une préoccupation d’assainir le « cheptel humain », de l’embellir en faisant disparaître cette sorte de lèpre qui s’attachait à ses flancs et l’enlaidissait si fort.La première préoccupation fut d’assurer au nouvel organisme la durée ; on crut bon de s’adresser à la législature provinciale pour obtenir l’incorporation de la ligue, et c’est ce qui fut fait lors de la Session de 1910 par la loi 1 Georges V, chapitre 94.Mais il fallait aussi des ouvriers : on n’eut que l’embarras du choix, car même les citoyens du plus haut rang tinrent à honneur de s’enrôler dans l’armée de la ligue.Les notes que nous trouvons sous la signature du docteur C.-R.Paquin en font foi, comme on peut le voir par les noms suivants : PHonorable Charles Langelier, président ; MM.J.-T.Ross, J.-B.Laliberté, l’Hon.J.Sharpies, M.le Dr Arthur Rousseau, vice-président ; M.Napoléon Lavoie, trésorier ; M.le Docteur Alphonse Lessard, secrétaire ; MM.les Docteurs Odilon Leclerc, W.-R.Delaney et mademoiselle Lefaivre, sous-secrétaire; parmi les membres du Comité exécutif on remarque, outre les officiers ci-dessus nommés, MM.les Docteurs Brochu, Faucher, Gosselin, Pagé, Nadeau, Mathieu, J.Stevenson.Divers comités furent aussi constitués, presque dès le début ; on donna une importance spéciale au comité des dames : Madame L.-A.Taschereau en était la présidente ; Mesdames Benyon, Price, Paquin et Delage furent les vice-présidentes ; Madame Georges-V.Tessier assuma la trésorerie et Mademoiselle Lefaivre le secrétariat ; le comité comptait en outre comme membres Mesdames G.Porter, E.-R.Garneau, N.Drouin, L.-P.Pelletier, J.McLimont, O.Leclerc, C.Verge, J.-E.Chapleau, S.T.Green, J.de-Varennes, E.Dussault, A .Dussault, J.Gosselin, A.Gali-peault, P.Paradis, J.-T.Ross, P.-V.Faucher, Lennon, A.Jolicœur, H.-D.Barry, J.-D.Pagé, E.Sewell, C.Langelier ; et Mademoiselles Routhier, Marois. LA LIGUE ANTI-TUBERCULEUSE DE QUÉBEC 355 La conférence devait être l’un des moyens d’action de la ligue et on avait créé un comité des conférences : la présidence en était confiée à M.le Dr P.-C.Dagneau.Mais c’est surtout par le dispensaire que l’on se proposait d’agir et de former l’opinion publique ; à cet effet on institua un comité spécial.La première assemblée annuelle, aux termes de la loi, eut lieu en janvier 1910.Dès ce moment on rencontre l’idée-maîtresse du mouvement : l’éducation du peuple.N’est-il pas juste de rendre, aujourd’hui, à César ce qui est à César : la ligue mérite le crédit d’avoir voulu dès l’abord instruire le peuple et faire de son œuvre une œuvre de prévention autant que de guérison, voire plus.Mais comment se ferait cette campagne d’éducation ?Ce serait d’abord par une exposition : on y montrerait des variétés de taudis, des procédés de contamination, des statistiques frappantes pour l’esprit populaire.L’Université donna son concours à cette entreprise ; elle prêta ses salles, surtout la Salle des Promotions.Le succès de l’exposition fut immense.La préparation avait été bien courte, puisqu’à peine un mois s’écoulait entre l’assemblée de janvier 1910 où l’on décidait de tenir l’exposition et le 27 février, jour où elle s’ouvrait, pour durer une semaine.Mais quelle affluence de visiteurs, et surtout de braves gens du peuple ! Les explications étaient données par les médecins intéressés : ce fut un grand événement ; les organisateurs avaient frappé juste et maintenant leur œuvre allait se développer avec la lenteur, mais aussi avec la force d’expansion de l’arbre planté dans un sol fertile.Le bienfait de l’exposition fut prolongé grâce aux conférences avec projections lumineuses, données par les médecins les plus en vue dans Québec, soit dans les maisons d’éducation soit dans les quartiers populaires.Pour atteindre les femmes, les mères, les cuisinières, on organisa des cours de diététique et d’enseignement ménager ; ces cours remportèrent aussi le plus franc succès.Jusque là pas de frais encourus.Il en fut autrement lors de l’ouverture du Dispensaire, qui fut décidée lors de l’assemblée annuelle de 1911 : il fallait payer un interne, une infirmière, un loyer, et son entretien, les secours aux malades (remèdes, etc).Le Gouvernement donna un 356 LE CANADA FRANÇAIS octroi de mille dollars et le comité des Dames s’ingénia à trouver le reste, soit par des souscriptions, soit par une journée antituberculeuse (Tag Day), qui eut lieu le 1er mars 1911.Plus tard le conseil de Ville votait une contribution annuelle.Le dispensaire était, au début, situé au numéro 133 du Boulevard Langelier.On avait voulu faire tout de suite quelque chose de très bien : dans ce dessein on se mettait en plein centre ouvrier ; puis on avait un local de grandes dimensions, d’une blancheur éclatante, d’une propreté sans tache ; une armoire contenait forte provision de remèdes, de toniques, de désinfectants.Aujourd’hui tout cela nous fait sourire, tant nous nous sommes habitués! Mais reportons-nous à trente ans en arrière et nous serons plus enclins à donner tout leur mérite aux ouvriers de la première heure.De toutes ces belles espérances quels bienfaits sont-ils sortis ?Notons d’abord la survie de la Ligue : elle tient encore chaque année ses assemblées régulières.Bien des deuils se sont creusés dans ses rangs : en ces derniers jours de novembre où ces lignes sont écrites, déposons sur la tombe des pionniers de la lutte à la Tuberculose le tribut de notre respect, de notre admiration, de notre reconnaissance ! Un décès a, plus encore que les autres, affecté la ligue : celui du Docteur Odilon Leclerc, qui fut pour une très large part le promoteur de la Ligue, et son soutien.Les vides que creusait la mort furent remplis par de vaillants lutteurs, parmi lesquels les professeurs de notre Faculté de médecine constituent une forte équipe.Nous devons un très particulier hommage au président actuel de la ligue, Monsieur Ferdinand Roy : l’intérêt qu’il porte à notre œuvre la prudence avec laquelle il la dirige dans des temps difficiles, la faveur qui s’attache à sa personne sont autant de garanties de succès et de progrès pour la Ligue anti-tuberculeuse.Le Dispensaire justifie les espoirs de la première heure. LA LIGUE ANTI-TUBERCULEUSE DE QUÉBEC 357 Ses fonctions sont multiples : il est à la fois un centre de diagnostic et de dépistage de la tuberculose ; b) un centre d’enseignement de l’hygiène ; c) un centre d’éducation des malades et de leur entourage ; d) un centre d’observation et de surveillance pour les tuberculeux et leur famille; e) un centre de placement des adultes et des enfants dans les œuvres sociales antituberculeuses, tels que les Sanatorium, colonies de vacances, placement famillial, etc.Quelques chiffres feront juger de l’efficacité d’action du Dispensaire.Pendant dix années, de 1928 à 1938, il y est passé, pour consultation, 20,000 malades ; si l’on ajoutait les chiffres des dix-neuf premières années on arriverait à un total impressionnant.La visite à domicile est encore plus importante que la consultation ; les infirmières du dispensaire sont très actives et on note que pour les dix dernières années (1928-1938), le nombre des visites à domicile a obtenu le chiffre de 70,000, ce qui est vraiment remarquable.D’autres chiffres mettent aussi en bonne lumière l’action du personnel du dispensaire : ce sont ceux qui font la comparaison entre les dix dispensaires de notre Province, à savoir, l’institut Bruchési et le Royal Edward Institute, tous deux de Montréal ; les dispensaires de Québec, des Trois-Rivières, ce sont les quatre principaux ); ceux de Lachine, de Valleyfield, de Sherbrooke, de Thetford-les-Mines, de Hull, de Ste-Anne des Monts.Considérons les rapports pour le premier semestre de 1938.Il nous faudra négliger Hull et Ste-Anne-des-Monts, qui n’ont pas envoyé leur rapport ; laissons même de côté les centres urbains en dehors de Montréal, de Québec et des Trois-Rivières.Pendant que l’Institut Bruchési enregistrait 9057 consultations, l’Institut Royal Edward, 7896, Trois-Rivières, 2,717, Québec en comptait 3,016.Les visites à domicile sont : pour PL Bruchési, 3,923, l’L Royal Edward, 4,969, le Disp, des Trois-Rivières, 1,476, et Québec, 4,711.Pour les examens aux rayons X on lit 1,152, à Bruchési et 1,146, à Québec.Ces chiffres ne sont donnés que pour faire mieux saisir les initiatives du dispensaire de Québec et non pas pour déprécier le travail des autres centres. 358 LE CANADA FRANÇAIS Une œuvre qui est venue s’ajouter à celles du début, et qui n’avait peut-être pas été nettement prévue par les fondateurs de la Ligue, c’est celle de la colonie de vacances, bien connue sous le nom de Camp Taschereau, où l’on réunit les enfants exposés à la contamination tuberculeuse dans leur milieu familial.En dix-sept années, 2,470 garçons et fillettes ont joui, à ce camp, des bienfaits de l’hygiène; cette œuvre est proprement celle du Docteur Odilon Leclerc et celle de mademoiselle Ivonne Raymond.Les enfants du camp prennent, dans les sept à huit semaines de leur séjour, un remarquable embonpoint ; ils sont ensuite suivis au Dispensaire ; ils sont repris, s’il en est besoin, pour un second stage, mais il est constaté que le tiers seulement s’est trouvé dans ce cas.Le plus grand bénéfice du Camp, sans contredit, est l’éducation des parents par l’intermédiaire des enfants : l’hygiène générale et la prévention contre la tuberculose pénètrent ainsi dans un grand nombre de familles ouvrières.Le Camp reçut d’abord cent enfants à la fois ; le chiffre passa à 130, puis à 160, où, malheureusement, il est stabilisé depuis environ treize ans.Très malheureusement, car il faudrait y accommoder au moins 500 enfants chaque été.La nouvelle impulsion donnée à la lutte antituberculeuse par l’Honorable Ministre de la Santé et par son très actif sous-ministre, M.le Docteur Jean Grégoire, nous laisse espérer un meilleur avenir pour le Camp Taschereau, devenu trop étroit et dans l’impossibilité de s’étendre, là où il se trouve, près de l’Hôpital Laval.Pour l’installer ailleurs, tout à fait à la campagne, dans les montagnes, dans les sables, parmi les résineux, près d’un beau lac, il faudrait bien quelque vingt mille dollars.Et cette somme viendra surtout des pouvoirs publics : le gouvernement provincial, l’Hôtel de Ville.Les particuliers feront aussi leur part, particulièrement par l’œuvre du Timbre de Noël.Le Timbre de Noël a déjà fait des merveilles dans notre ville de Québec.Sait-on que de 1926 à 1938, Québec a donné, pour cette œuvre, $39.478.41 ?Ce chiffre se compare déjà très bien avec celui des autres villes canadiennes.En fait, Québec mérite une mention d’honneur pour son activité antituberculeuse et cette mention lui fut décernée, l’été dernier, à London, par l’élément anglo-saxon. LA LIGUE ANTI-TUBERCULEUSE DE QUÉBEC 359 A ces mérites de la ligue il faudrait ajouter celui d’avoir, par son Dispensaire, favorisé l’œuvre du Placement Gran-cher, qui consiste à confier à des familles saines de la campagne des enfants de la ville qui se trouvent en contact avec des tuberculeux.* * * Tout ce que nous venons de dire n’aura pas le même intérêt pour tous ; certains — c’est le petit nombre — connaissent déjà ces détails.Mais nous voulions atteindre le grand public.S’il était permis, sans blesser aucune susceptibilité, de glorifier tel ou tel nom parmi les vivants, nous rendrions hommage à deux ouvriers de la Ligue : M.le Docteur Georges Grégoire est directeur du dispensaire depuis treize ans (l) ; Melle Ivonne Raymond en est infirmière depuis vingt ans ; d’autres, médecins et infirmières, ont fait et font encore leur part, mais tous sont unanimes à reconnaître le très spécial mérite de ces deux ouvriers.Qu’il nous soit permis, en terminant, d’inviter le peuple de Québec à se montrer plus généreux que jamais dans son effort pour détruire le fléau de la tuberculose.Arthur Maheux, ptre professeur à l’Université Laval, membre de la ligue anti-tuberculeuse.(1) Elle remplace Mlle Stella McGreevy, qui remplit cette charge pendant cinq années.
de

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