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Titre :
Le Canada-français /
Revue de l'Université Laval qui traite de philosophie, de théologie, de questions sociales, de linguistique, d'arts et de littérature.
Éditeur :
  • Québec :Université Laval,1888-1946
Contenu spécifique :
Le Comité provincial de la défense contre la tuberculose
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
chaque mois
Notice détaillée :
Titre porté avant ou après :
    Prédécesseurs :
  • Parler français ,
  • Nouvelle-France
  • Successeurs :
  • Bulletin du parler français ,
  • Nouvelle-France ,
  • Revue de l'Université Laval
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Le Canada-français /, 1939-02, Collections de BAnQ.

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LE COMITÉ PROVINCIAL DE DÉFENSE CONTRE LA TUBERCULOSE SA PREMIÈRE ANNÉE D’EXISTENCE.Le comité provincial de défense contre la tuberculose vient de terminer sa première année d’existence.M.le Dr Georges Grégoire, qui en est l’actif et dévoué secrétaire, vous a dit, le mois dernier, pourquoi cet organisme avait été créé et quel était son programme.Avant cela, M.l’abbé Arthur Maheux, que ses fonctions de directeur du « Canada Français » et d’archiviste du Séminaire n’empêchent pas de prêter un bienveillant et précieux concours aux œuvres sociales, avait fait un historique de la Ligue antituberculeuse de Québec, restée jeune et intrépide à trente ans.L’humble publiciste du comité provincial monte à la tribune à son tour, pour vous mettre au courant du travail qui a été accompli, non par lui-même mais par ces hommes généreux qui, voyant le monstre de la tuberculose s’archar-ner sur notre belle jeunesse, ont décidé de lui porter le coup fatal.Notre comité a obtenu ses lettres patentes le 24 janvier 1938.Vous savez comment il est constitué et quels sont ses officiers.Il est fier d’avoir pour patron honoraire Son Éminence le cardinal Villeneuve qui, le 25 avril dernier, acceptait le titre et la charge dans les termes suivants: La tuberculose est, en effet, chez nous, un mal qui se développe lamentablement et tarit les sources mêmes de notre race en décimant notre jeunesse et en affaiblissant la vigueur des foyers.Je n’hésite donc pas à donner mon encouragement et mon appui au Comité provincial de défense contre la tuberculose, comme d'ailleurs j’ai eu l’occasion, il y a quelques années, de soutenir quelques initiatives analogues prises par les autorités de la Province.Selon le conseil de l’Écriture (Eccli.XXXVIII, I), il est juste de louer le dévouement des médecins, des infirmiers et des hospitalières religieuses ou laïques qui s’emploient à réconforter les 584 LE CANADA FRANÇAIS victimes de ce fléau insidieux et à en enrayer la contagion.Ils le font, je le présume, dans un sentiment de charité chrétienne qui s’ajoute aux inspirations de la prudence et du dévouement social.Car c est un devoir d’ordre majeur de mobiliser toutes les ressources et d’employer tous les moyens à l’effet de protéger la santé publique.Votre Comité provincial de défense contre la tuberculose, soulignant ce devoir et y répondant d’une manière effective, mérite de la part de tous les citoyens une fidèle attention.Il s’attire, en tout cas, de la part de l’Église, des bénédictions toutes spéciales que je suis heureux de lui assurer.Pas n’est besoin d’ajouter que ce témoignage a été d’un grand réconfort pour le comité, heureux de compter parmi ses patrons et membres honoraires tous les représentants de l’épiscopat de la province de Québec, Son Honneur le Lieutenant-Gouverneur et les premiers magistrats de nos grandes villes, les recteurs de nos universités, etc.Ses membres actifs sont actuellement au nombre d’une centaine.Faut-il rappeler les grandes lignes du programme: dépistage de la tuberculose, éducation de la population, hospitalisation des tuberculeux, assainissement des logements! Naturellement, on ne pouvait pas s’attendre à ce que tout cela s’accomplît en moins d’une année.Le travail a véritablement commencé au printemps, avec l’ouverture de notre bureau, chambre 310, édifice du Quebec Power.Et il y a eu les atermoiements inévitables du début.Le comité provincial de défense contre la tuberculose a tenu en 1938 onze assemblées générales, tantôt dans la vieille capitale, tantôt dans la métropole.Mais les sous-comités de ces deux villes ont été très actifs, se réunissant jusqu’à deux fois la même semaine.En premier lieu, il s’agissait de constater où nous en sommes exactement par rapport à la tuberculose.Le Dr Foley, épidémiologiste de la province, a préparé des tableaux indiquant le pourcentage de mortalité pour chaque comté, et une enquête semblable a été faite à Montréal et se poursuit à Québec.On sait maintenant dans quels quartiers métropolitains le mal exerce surtout ses ravages, et dans quelles zones de la province la lutte doit être menée le plus énergiquement.A ce sujet des cartes ont été dessinées, imprimées, distribuées par milliers d’exemplaires aux médecins et dans les écoles.Des formules de rapports ont été adressées à tous les dispensaires et à toutes les unités sanitaires et nous LE COMITÉ PROVINCIAL DE LA TUBERCULOSE 585 sommes à établir le système de classification type en vigueur dans le reste du pays.Ainsi, nos statistiques seront plus justes et nous pourrons plus facilement suivre le mouvement de retrait de la tuberculose, si cette campagne donne les résultats qu’il y a lieu d’en attendre.La création d’une division de la tuberculose au ministère de la Santé et la nomination du Dr Lasalle Laberge à la direction de ce nouveau poste favoriseront le dépistage des tuberculeux, en créant un contact plus étroit entre les divers organismes qui existent déjà.De même le service de Santé de la ville de Montréal a-t-il formé une section de la tuberculose, sous la direction du Dr Léo Ladouceur.Et des démarches se font pour que tous les comtés de la province possèdent leur unité sanitaire, de sorte qu’il n’y ait pas un village, pas une paroisse qui ne reçoive périodiquement la visite des cliniciens.Dès le début de sa campagne, le comité s’est aussi assuré le concours du praticien.Pas de lutte possible sans ce dernier.Une lettre circulaire a donc été adressée à chacun des trois mille médecins de la province de Québec.Puis, au cours de l’été, des conférenciers ont été délégués auprès des sociétés médicales.Des réunions ont été tenues aux endroits suivants: Montréal, Québec, Trois-Rivières, Chicoutimi, Hull, Sherbrooke, Rimouski, Gaspé, Saint-Jean, Saint-Hyacinthe, Joliette, Granby, Donnacona, Saint-Georges de Beauce, Montmagny, Lévis, Notre-Dame du Lac, L’Épiphanie.A l’automne, le Dr Léopold Nègre, directeur de l’Institut Pasteur, a donné dans la province une série de conférences dont quelques-unes étaient patronisées par notre organisation.Enfin, depuis six mois, paraît un bulletin médical qui traite exclusivement de la tuberculose et qui est envoyé gratuitement à chaque médecin.Ce bulletin est bilingue et rédigé par nos meilleurs phtisiologues.Le problème tuberculeux y est envisagé sous un angle qui intéresse spécialement le praticien.Nous pourrions rattacher à toutes ces initiatives la fondation de la Société de Phtisiologie de Québec dont le président est le docteur Roland Desmeules, professeur à l’Université Laval.Cette société a tenu deux assemblées, l’une en mai et l’autre en octobre, qui ont réuni de vastes auditoires autour de spécialistes comme les Archibald et les Bonnier, il y a eu, au début d’octobre, la semaine clinique de 586 LE CANADA FRANÇAIS l’Hôpital du Sacré-Cœur, à Cartierville.Là, les médecins de Montréal et de la région ont eu l’avantage de recevoir des leçons pratiques sur la prophylaxie de la tuberculose.Une journée clinique a également été organisée au Sanatorium Saint-Laurent de Hull.Le comité a encore sollicité l’appui des éducateurs.Une correspondance a été échangée avec les supérieurs de nos communautés religieuses, les directeurs de nos collèges, de nos couvents, de nos écoles.Par leur intermédiaire, des milliers de feuillets ont été distribués aux enfants.Beaucoup de collèges et de couvents ont redemandé de la littérature de propagande.Beaucoup ont dit qu’ils commentaient ces leçons en classe.Le résultat est déjà tangible, ainsi que nous le verrons plus loin.Mais il était nécessaire d’intéresser tout le public à notre campagne.Les assemblées du Palais Montcalm à Québec, de l’Auditorium du Plateau à Montréal et de l’Hôtel de Ville de Sherbrooke ont eu un grand retentissement, que justifiaient la qualité des orateurs et la gravité du problème discuté.Sur la même estrade étaient réunis les représentants de l’autorité religieuse et de l’autorité civile.Et il fallut bien se rendre à l’évidence que la tuberculose constitue l’un des pires dangers pour notre race.La combattre n’est pas seulement l’affaire du médecin, mais celle du prêtre, celle de l’instituteur, celle des parents, celle de tout le monde.Le comité va multiplier ces assemblées.Au cours de l’hiver, il en sera tenu dans la plupart des paroisses de Montréal et de la banlieue, organisées par Madame de Lotbinière Harwood, et dans les paroisses de Québec.Ralliements populaires, à la fois éducatifs et récréatifs, comportant un programme de chant avec saynètes, monologues, etc.Depuis quelques semaines, avec la bienveillante coopération de Radio-Canada, des scènes radiophoniques sont entendu dans toute la province.Ces scènes, dues à la plume du Dr Adrien Plouffe, assistant-directeur du service de Santé de la ville de Montréal, ont pour interprètes les meilleurs artistes de la métropole.Le comité aura aussi un film dont le scenario a été préparé par M.Robert Choquette, l’auteur du « Curé du Village » et de la « Pension Velder ».Ce film, intitulé « Santé et Bonheur », est tourné aux studios Cinécraft, de Montréal.D’une durée de vingt-deux minutes, il sera LE COMITÉ PROVINCIAL DE LA TUBERCULOSE 587 projeté non seulement dans les théâtres mais dans les collèges, les couvents, les salles paroissiales, à la campagne comme à la ville.Tout le problème tuberculeux, tel qu’il se présente chez nous, y est exposé: moyens de contagion, moyens de guérison.C’est l’histoire d’une famille qui vivait heureuse lorsque la tuberculose s’implante chez elle.Le médecin et la garde-malade interviennent et nous sommes transportés au dispensaire, au sanatorium, à la colonie de vacances, pour revenir enfin dans la famille qui, avec la santé, retrouvera le bonheur.Ces assemblées populaires, ces représentations cinématographiques, ces suites radiophoniques et notre participation à l’Exposition Provinciale de Québec, où le ministère de la Santé avait mis son pavillon à notre disposition, auront été précédés d’une vaste campagne de publicité qui se poursuivra en 1939 et 1940.Au mois de mai dernier le comité a retenu les services d’un publiciste, qui s’est mis aussitôt en relation avec tous les quotidiens et tous les hebdomadaires de la province.Les articles, nouvelles, etc., qui ont paru depuis huit mois représentent environ 240,000 lignes agates ou la valeur de cent pages d’un de nos grands quotidiens.Les journaux ont été généreux puisque cette publicité, payée au taux normal, eût coûté plus de $20,000.Tous les articles du publiciste se rapportaient à l’un ou l’autre points du programme.Des appels ont ainsi été adressés à chaque classe de la population.Le comité a imprimé à ses frais une brochure sur l’alimentation des enfants, écrite par le Dr Ernest Sylvestre, du ministère de la Santé, et il en éditera bientôt une autre: Au service des tuberculeux, par le R.P.Vincent Masson, O.P.La Canadian Tuberculosis Association, dont le Dr G.-J.Wherrett est le dévoué secrétaire, nous a fait cadeau d’environ 100,000 brochures sur la tuberculose, que nous avons en grande partie distribuées dans les maisons d’éducation, par la poste aux personnes qui nous les ont demandées, ou encore dans les villes et les campagnes, par l’entremise des bureaux de Santé, dispensaires et unités sanitaires.Nous avons reçu gratuitement de la Metropolitan Life environ 400,000 exemplaires d’un petit traité sur la tuberculose.Presque tous ces exemplaires sont maintenant répandus dans le public, et il nous faudra bientôt demander un nouveau tirage à l’obligeant Dr N.-L.Burnette.Enfin, 588 LE CANADA FRANÇAIS le Conseil du Bien-Etre Social, que dirige mademoiselle Charlotte Whitton, nous a apporté une aide précieuse.L hospitalisation ! \ oilà un autre article très important du programme du Comité provincial.Comment procéder à un sérieux dépistage s’il n’y a pas assez d’institutions pour recevoir les malades ?Logiquement — c’est là le fruit de 1 expérience des phtisiologues — une province doit pourvoir à deux lits d hospitalisation pour chaque décès attribuable à la tuberculose.L Ontario a 2.41 lits par décès tandis que Québec, le printemps dernier, n’en avait encore que 0.6.Depuis lors, un sanatorium a été ouvert à Roberval et un pavillon pour tuberculeux a été adjoint au nouvel hôpital des Iles de la Madeleine.La région du bas du fleuve sera bientôt dotée d’un sanatorium très moderne et, s’il est donné suite au projet d’établir à Montréal une nouvelle maison de cure pour les tuberculeux, ce sera, en moins d’un an, près de 1,200 lits supplémentaires qui auront été créés.Le gouvernement provincial, on le voit, est des mieux disposé envers notre campagne.Plusieurs résolutions ont été adoptées, qui devraient faire la base d’une législation antituberculeuse et il en sera certainement .question au cours de la session.Le comité recommande l’admission gratuite dans les sanatoriums.Il veut que la tuberculinisation des troupeaux laitiers soit étendue à tous les comtés de la province.Il réclame le certificat de décès confidentiel, afin d’assurer l’exactitude des statistiques.Il souhaite que des subventions viennent favoriser le développement des colonies de vacances.Il a surtout obtenu l’assentiment du comité catholique du Conseil de l’Instruction Publique à deux amendements à la loi de l’Instruction Publique.Par l’un de ces amendements, aucun instituteur, aucune institutrice ne pourra se livrer à l’enseignement à moins d’avoir subi un examen pulmonaire à la fois clinique et radiologique, renouvelable tous les ans.L’autre amendement exige que des leçons d’hygiène générale et sociale soient données chaque jour, pendant cinq minutes, dans les écoles.Maintenant, il y a lieu de nous demander si le travail ainsi entrepris rapporte ou rapportera quelque chose.Les statistiques des dispensaires ne sont pas encore connues et, d’ailleurs, les points de comparaison avec les années dernières font défaut.Mais les directeurs de ces dispensaires / LE COMITÉ PROVINCIAL DE LA TUBERCULOSE 589 assurent qu’ils rencontrent plus de malades qui leur sont envoyés par le praticien.De ce fait, nous ne tarderons pas à constater que les patients se présentent aux cliniques à une période moins avancée de la maladie, quand toutes les chances de rétablissement sont pour eux.Récemment, dans le district de Québec, des communautés comme l’Hôpital Général, l’Hôtel-Dieu du Sacré-Cœur, les Servantes du Saint-Sacrement, les Sœurs de N.-D.du Perpétuel Secours, dont la maison-mère est à Saint-Damien de Belle-chasse, les Petites Sœurs Franciscaines établies à la Baie Saint-Paul, les Pères du Sacré-Cœur, à Beauport, ont fait examiner tous leurs sujets au point de vue pulmonaire.Cet examen sera aussi subi par les élèves du Grand Séminaire de Québec et probablement par les étudiants en médecine de l’université Laval.A Montréal, le dépistage se poursuit avec le même résultat.Le supérieur du Séminaire de Gaspé nous écrivait l’autre semaine que tous ses élèves avaient été présentés au clinicien.Le comité reçoit presque chaque jour des demandes de renseignements qui lui viennent d’éducateurs et de chefs de famille.On nous signale des malades qui auraient besoin d’être hospitalisés.On veut des brochures pour apprendre à se protéger et à protéger son entourage.La campagne du timbre de Noël, à laquelle notre organisation s’est particulièrement intéressée, semble avoir produit une meilleure recette dans tous les districts.Le gouvernement provincial et les grandes villes établissent, comme nous le disons plus haut, des services antituberculeux.Le ministère de la Santé n’a pas seulement créé une division de la tuberculose, il ne se contente pas de construire des sanatoriums mais le Dr Lasalle Laberge a été chargé de faire une enquête pour décongestionner ceux qui existent déjà, de façon à ce que les cas les plus urgents puissent être traités.Bref, il existe partout un courant favorable, l’opinion publique est mieux éclairée et, en poursuivant ses efforts, en exécutant point par point le programme qu’il s’est tracé, en le révisant et en l’adoptant aux circonstances, le comité provincial devrait avant deux ans, avant un an même, constater un heureux changement des conditions actuelles.Déjà Québec n’est plus submergé par le flot de la tuberculose.Voici, en effet, que les îlots apparaissent, verdoyants.Ce sont nos communautés, qui ont fait appel aux médecins 590 LE CANADA FRANÇAIS et cliniciens et ont mis leur maison en sécurité.Ailleurs, la lagune commence à se dessiner.La mer bouillonnante d’écume se retire.Le jour n’est peut-être pas si loin où notre province qui, en matière de prophylaxie de la tuberculose, occupait une situation humiliante, rivalisera avec le reste du Dominion et, souhaitons-le, battra la marche.Jean-Marie Turgeon, publiciste du Comité provincial de défense contre la tuberculose.Lecteurs, Qui avez lu ces pages, que faites-vous pour enrayer le mal de la tuberculose ?Rangez-vous parmi les combattants.Donnez de votre temps, de votre argent, de votre éloquence .
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