Le Canada-français /, 1 mai 1939, Le Père Barthélemy Vimont, S. J.
LE PÈRE BARTHÉLEMY VIMONT, s., On s’apprête à célébrer le troisième centenaire de l’arrivée à Québec des Ursulines et des Hospitalières.Il ne sera peut-être pas sans intérêt d’évoquer, à cette occasion, la figure de celui qui guida les religieuses pendant leur voyage et durant les premières années de leur séjour au pays : le Père Barthélemy Vimont, de la Compagnie de Jésus.Les notes qui suivent constituent le premier travail d’ensemble qu’on ait, croyons-nous, présenté jusqu’ici sur ce personnage historique.En attendant plus et mieux, elles seront une réparation, combien imparfaite, il est vrai, et tardive, d’un oubli qu’il aurait sans doute recherché lui-même, mais que la postérité se devait de ne pas lui infliger.Car il reste que, sans atteindre l’envergure de maints héros de notre histoire, le Père Vimont, tant par ses hautes qualités morales et ses longs états de service, qu’en raison des écrits qu’il a laissés, des postes de commande qu’il a occupés et, enfin, du rôle prépondérant qu’il a tenu dans plusieurs événements d’importance, s’est acquis un rang fort honorable parmi les ouvriers de la première heure, en N ouvelle-France.C’est ce qui devrait ressortir de l’esquisse que nous avons tentée.» * * Né à Lisieux le 17 janvier 1594, Barthélemy Vimont entrait chez les Jésuites le 13 ou le 22 novembre 1613, dans la maison de Rouen où feront plus tard leur noviciat les saints Jean de Brébeuf, Isaac Jogues et Antoine Daniel.De 1615 à 1618, Vimont étudie la philosophie à la Flèche, collège fondé par Henri IV.Au nombre de ceux qui séjournèrent là, comme maîtres ou étudiants, on relève les noms des saints Isaac Jogues et Gabriel Lalemant, des Pères le Jeune, Ragueneau et Jérôme Lalemant et, plus tard, de Mgr de Laval.1 De la Flèche, Vimont se rendit 1.Les Martyrs de la Nouvelle-France, Georges Rigaud et Georges Got au, Paris ; Les Jésuites et la N ouvelle-France au XVII siècle, P.Camille de Rochemonteix, Paris, 1896, vol.II ; Histoire et description de la Nouvelle-France, A.Charlevoix, S.J., Paris, 1644, vol.I, pp.259-60. LE PÈRE BARTHÉLEMY VIMONT, 8.J.799 à Rennes où il demeura un an en qualité de professeur ; puis au collège d’Eu où il enseigna, de 1619 à 1622, d’abord la 4e, ensuite la 3e.Les saints Jean de Brébeuf, Antoine Daniel et Charles Garnier feront un stage dans le même couvent.Ces deux derniers passeront aussi par Clermont, célèbre institution de Paris, où ses supérieurs envoient Vimont poursuivre ses études théologiques de 1622 à 1626.Revenu au collège d’Eu, il y exerce les fonctions de procureur de 1626 à 1629.C’est de là qu’il devait partir, à l’âge de 35 ans, pour les missions du Canada.Par ordre chronologique, il serait le 16e jésuite à fouler le sol de la Nouvelle-France.1 Le capitaine Charles Daniel, frère de saint Antoine Daniel, avait équipé, à Dieppe, quatre vaisseaux et une barque en vue d’aller ravitailler Québec.Le Père Vimont fut du voyage.La traversée s’effectua du 16 juin au 24 août.A son arrivée en Amérique, le capitaine apprend qu’un Écossais, Sir James Stewart, a installé une colonie à Port-aux-Baleines et qu’il rançonne et capture les navires des Français venus pêcher dans ces parages.Indigné, Daniel n’hésite pas.Bien que la tempête ait dispersé sa flottille sur le grand banc de Terreneuve, avec le seul vaisseau qui lui reste, il cingle vers le Cap-Breton, s’empare du fort Ochiltrie, le démolit et en élève un plus considérable à l’entrée du Grand-Cybou, nom donné par les indigènes à l’estuaire maintenant connu sous le nom de Grand Bras d’Or.Il fonde ensuite une colonie à la baie Sainte-Anne — ainsi nommée par lui-même — juste au nord du Bras d’Or.Il y aposté une garnison de quarante hommes avec le Père Vimont comme chapelain, puis se remet en mer avec tous les Anglais prisonniers.Après en avoir rapatrié quelques-uns, il retourne en France rendre compte de sa campagne et prendre les ordres du cardinal de Richelieu.2 Un autre capitaine, nommé Joubert, s’était embarqué pour le Canada en même temps que Daniel.L’intrépide 1.Rochemont, op.cit., vol.I, p.170 ; The Jesuit Relations and Allied Documents, Thwaites, vol.XV, p.249, vol.LXXI, p.122 ; Liste des Missionnaires Jésuites, Nouvelle-France et Louisiane (1611-1800), Arthur Melançon, S.J., Montréal, 1929.2.Rochemont, op.cit., vol.I, p.164 ; Thwaites, op.cit., p.269, n° 46. 800 LE CANADA FRANÇAIS Père Philibert Noyrot faisait partie de cette expédition avec les Pères Charles Lalemant, Alexandre de Vieuxponts et le Frère Louis Malot.Par malheur, la tempête jeta leur navire contre les rochers de Canseau.Le Père Noyrot et le Frère Malot périrent dans le naufrage.Les deux autres jésuites, poussés vers une île déserte, furent sauvés par des pêcheurs basques.1 Le Père de Vieuxponts alla rejoindre, au Grand-Cybou 2, le Père Vimont qui exerçait son ministère auprès de la garnison et, occasionnellement, parmi les sauvages, dont quelques-uns, venus au fort, se convertirent.* Mais, par suite de la prise de Québec, la mission fut de courte durée et Champlain signale qu’en 1630 « arriva un vaisseau pêcheur du Cap-Breton dans lequel repassent les Révérends Pères Vimont et Vieuxponts, jésuites, par le commandement qui leur en avait été faict de leur Provincial .» 4 Le dernier ne devait point revenir au Canada.Quant au Père Vimont, il fut assigné au collège de Vannes où il exerça les fonctions de préfet des classes et de ministre (1630-1632), puis de Père spirituel (1632-1635), enfin de recteur (1635-1638).Nommé alors supérieur de la résidence de Dieppe 6, il était investi, l’année suivante, du gouvernement de toutes les missions du Canada.6 Dès 1634, son prédécesseur, le célèbre Père Paul Le Jeune, suppliait le provincial : « encore ce coup, mon R.P.( .) donnez-nous s’il vous plaist, le Père Bénier, et le Père Vimont .» 2 II écrivait aussi dès 1636 : « J’apprends que Madame de Combalet y veut mettre la main, et fonder un Hospital en la Nouvelle-France.» Plus loin, il ajoutait : «.les Hospitalières crient qu’on les passe dès l’année prochaine ».Il disait encore, après avoir cité les ardentes paroles missionnaires d’une religieuse : « Voilà X.RociîemOnt, op.cit., vol.I, p.170 ; Dictionnaire général du Canada, P.L.Le Jeûne, Ottawa, 1931.Mots : Daniel, Jésuite, Noyrot.2.Thwaites, op.cit., p.269, n° 45.3.Le Jeûne, op.cit., mot : Jésuite.4.Oeuvres de Champlain, Laverdière, Québec, 1870, vol.V, p.1303.5.Rochemont, vol.1, p.177 ; Thwaites, vol.LXXI, p.122.6.Rel., 1639.Les citations des Relations des Jésuites, sont généralement empruntées à l’édition Côté, Québec, 1858 ; Thwaites, vol.XV, p.249 ; vol.LXXI, p.122.7.Rel., 1634 ; Thw aites, vol.VI, p.64. LE PÈRE BARTHÉLEMY VIMONT, S.J.801 le cœur d’une vraye Ursuline, qui me va découvrant les voies par où son Ordre pourra un jour passer en ces grandes forests.» 1 Tels étaient les espoirs.Ils eurent un lendemain.C’est à Dieppe, ville natale de saint Jean de La Lande, que le Père Viinont prend passage sur le bateau amiral Saint-Joseph, commandé par le capitaine Bontemps.2 Font aussi partie de l’expédition les Pères Joseph-Marie Chaumonot et Joseph-Antoine Poncet de la Rivière et un frère coadjuteur ; Mme Madeleine de la Peltrie et les trois Ursulines fondatrices : les Mères Marie-de-l’Incarnation, Cécile-de-Sainte-Croix, Marie-de-Saint-Joseph ; de plus les trois premières Hospitalières du Canada : les Mères Marie-de-Saint-Ignace, Anne-de-Saint-Bernard et Marie-de-Saint-Bonaventure ; enfin deux séculières : Charlotte Barré et Catherine Chevalier.3 Le départ eut lieu le 4 mai 1639.11 fallut d'abord cingler vers les côtes d’Angleterre, afin d’éviter une escadrille arborant les couleurs de l’Espagne alors en guerre avec la France.4 5 Plus tard, il fallut affronter d’autres périls.Dans une lettre au T.R.P.Mutio Vitelleschi, général des Jésuites, le Père Chaumonot écrira : « Le premier août je suis arrivé en Nouvelle-France (.) après trois mois d’une navigation très-fâcheuse, à cause des brouillards qui nous ont environnés pendant trois semaines, avec le danger de naufrage contre les énormes glaçons qui flottent sur ces mers.Le vaisseau du commandant de la flotte allait se heurter contre un de ces blocs de glace, le jour de la Sainte-Trinité, pendant qu’on disait la messe, quand un des marins, en se promenant sur le pont, aperçut, malgré l’épaisseur du brouillard, l’éclat de la glace qui n’était plus qu’à deux brasses, et s’écria : Miséricorde, miséricorde ! Nous sommes tous perdus.)) 6 C’était le 19 juin.De ces heures terribles, Mère Cécile-de-Sainte-Croix nous a laissé un récit encore plus dramatique : 1.Rel., 1636, pp.5-6.2.Histoire de F Hôtel-Dieu de Québec, abbé H.E.Casqrain, Québec, 1878, p.62 ; Thwaites, vol.LXXI, p.122.3.Lettre du P.Chaumonot au P.Vitelleschi, 7 août, 1639 ; Rel., 1639, pp.6, 7 et suiv.4.Casgbain, op.cit., p.64; Dom Jamet, Lettre de M.de l’Incarn.15 avril 1629.5.Lettre 7 août 1639. 802 LE CANADA FRANÇAIS « Le jour de la Sainte-Trinité, environ sur les dix heures du matin, comme nous disions None du grand Office nous entendîmes des cris lamentables du matelot.Nous ne laissions pourtant de poursuivre, ne sachant ce que c’était, lorsque le R.P.Vimont descendit en notre chambre qui nous dit : Nous sommes morts, si Notre-Seigneur ne nous fait miséricorde ; il y a un glaçon qui va aborder le navire et n’en est plus qu’à dix pas, lequel est grand comme une ville.Et s’étant lors mis à genoux, et nous aussi, il dit ces paroles que saint François-Xavier avait autrefois dites en un pareil danger : Jésus, mon Rédempteur, faites-nous miséricorde ! Ma Mère de Saint-Joseph lui dit : Mon Père, faisons un vœu ; mais il lui répondit : Il ne faut n’en faire que bien à propos, se souvenant qu’en pareil cas il en avait fait un, lequel il eut bien de la peine à faire accomplir.Mais il s’avisa d’en faire seulement un pour ceux qui étaient dans la chambre, qui fut de dire la messe à l’honneur de la sainte Vierge et de saint Joseph, et chacun deux communions, à la première terre que nous rencontrerions.Cela fait, il nous dit: Je m’en vais aux matelos, et puis je reviendrai ici vous donner l’absolution.Nous avons encore une demi-heure (.) Presque aussitôt Monsieur Bontemps entra dans la chambre et nous dit : Nous sommes garantis ! mais c’est un miracle.Et à l’instant il nous montra le glaçon (au) derrière du navire, duquel on ne pouvait voir le sommet à raison des brumes qui étaient fort grosses et ont duré longtemps .» 1 Le Père Chaumonot arrive à la même conclusion surnaturelle.Il dit « qu’au même instant — où le P.Vimont faisait le vœu, — le vent, changeant subitement de direction, nous fit éviter, comme par miracle, ce danger imminent.Les plus habiles pilotes conviennent que cela n’a pu se faire naturellement avec tant de rapidité et que si ce revirement n’eût pas eu lieu à ce moment précis, nous étions perdus sans ressources.» 2 « Nous nous sommes vues à deux doigts du naufrage : écrit de son côté Marie-de-l’Incarnation, mais celui qui commande aux vents et à la mer nous a préservées par son doigt tout-puissant.» 3 C’est qu’aussi bien, il ne pouvait pas ne pas avoir égard aux prières qui se faisaient et à la vie fervente qu’on menait à bord du Saint-Joseph.Le 15 avril précédent, la vaillante religieuse écrivait de Dieppe, à son frère : « Le Révérend 1.« Mère Marie de l’Incarn.etc.Ecrits spirituels et historiques .» publiés par Dom Claude Martin, réédités par Dom Albert Jamet, Paris, 1935, vol.III, p.143 et suiv.Lettre 2 sept.1639 à supérieure Ursulines de Dieppe.2.Lettre déjà citée.3.Dom Jamet, op.cit., p.142.Lettre LVIII à un de ses frères. LE PÈRE BARTHÉLEMY VIMONT, S.J.803 Père Supérieur des Missions nous accompagne et il nous donnera la consolation de nous dire la sainte Messe tous les jours et de nous administrer les saints sacrements.» 1 Cette assurance ne fut pas frustrée.Une autre lettre de Marie-de-l’Incarnation nous l’apprend : « Notre-Seigneur, écrit-elle, nous fit la grâce d’entendre la sainte messe et y communier tous les jours, excepté treize jours que les tempêtes agitèrent trop violemment le vaisseau, en sorte qu’on ne pouvait tenir.» 2 Et Sœur Sainte-Cécile-de-la-Croix de préciser : « Depuis le jour du Bienheureux Louis de Gonzague jusques au jour de notre arrivée, nous n’avons manqué d’entendre une ou plusieurs messes et de communier chaque jour, tous les jours depuis l’embarquement, si ce n’a été que nous fussions toutes malades.Le R.P.Vimont ne manquait tous les jours à nous expliquer notre point d’oraison.(.) Il avait donné un règlement pour les actions du jour (.) Nous nous confessions quand nous voulions tous les jours si nous avions dévotion, encore que nous ne communiassions point.Nous avions prédication fêtes et dimanches.Avec cela le Père a continué la même charité qu’il avait à la rade.Je pense que nous fussions mortes sans lui, je n’ai jamais rien trouvé semblable .» 3 Les consolations de la religion n’étaient pas de trop en un tel voyage.Après avoir échappé de justesse à la banquise, « le navire faillit encore se perdre à l’entrée du golfe St-Laurent, parmi les récifs dangereux où il s’était égaré pendant la brume.Enfin, après deux mois et demi de cette périlleuse navigation, le Saint-Joseph, accompagné du reste de la flottille qui ne s’était point perdue de vue durant la traversée, jeta l’ancre devant Tadoussac.» C’était le 20 juillet.4 Le lendemain, on prit congé de l’excellent capitaine Bontemps, et l’on s’embarqua « sur le Saint-Jacques, le seul des trois navires » à « monter à Québec, sous le commandement du sieur Angot ».Le 26 juillet, fête de sainte Anne, on prit terre pour célébrer les messes et faire les communions promises en haute mer.Mais les vents deviennent contraires et, par crainte d’un plus long retard, 1.Ibid., p.127.Lettre LVIII.2.Ibid., 145, Lettre LVIII.3.Dom J am et, p.143 et suiv.Lettre 2 sept.1639.4.Histoire de la colonie française en Canada, FAILLON-Ville-Marie, vol.I, p.313 ; Casghain, op.cit., p.67. 804 LE CANADA FRANÇAIS les Jésuites et les religieuses obtiennent, le 29 juillet, de monter sur une petite barque que Maître Jacques Vastel, contremaître du Saint-Joseph, conduisait à Québec.Tant il tardait à ces âmes ardentes de toucher le port de leur apostolat.Elles y furent, le 1er août, sur les huit heures du matin.1 * * * I/e Père Le Jeune, de sa plume pittoresque, écrit : « Quand on nous vint donner avis qu’une barque alloit surgir à Kébec, portant un Collège de Jésuites, une maison d’Hospitalières et un Couvent d’Ursulines, la première nouvelle nous sembla quasi un songe, mais en fin descendans vers le grand fleuve, nous trouvasmes que c’était une vérité.Cette saincte troupe, sortant du vaisseau, se jette à deux genoux, bény le Dieu du ciel, baisans la terre de leur chère patrie, c’est ainsi qu’ils appeloient ces contrées.» 2 Marie-de-l’Incarnation précise que « le Révérend Père Vimont fit une prière pour tous ».Elle rapporte encore que « sitôt qu’on aperçut la barque en laquelle nous venions, M.le Gouverneur envoya deux hommes dans un canot de sauvages pour voir qui c’était, et (dès) qu’il en fut assuré il nous envoya une chaloupe tapissé pour nous mettre en terre.Il vint au devant avec Monsieur de Lisle, son lieutenant.Il ne se peut dire les courtoisies que nous recevons de lui.(.) Nous allâmes droit en l’église : on chanta le Te Deum, entendîmes la sainte messe et communiâmes, puis après nous vînmes saluer Monsieur le Gouverneur en sa maison où nous dinâmes ».3 Concluons avec Charlevoix que « le jour de l’arrivée de tant de personnes si ardemment désirées fut pour toute la ville un jour de fête, tous les travaux cessèrent et les boutiques furent fermées.Le Gouverneur reçut ces héroïnes sur le rivage à la tête de ses troupes, qui étoient sous les armes et au bruit du canon ».4 Le lendemain, le Père Le Jeune conduisit ses confrères et les religieuses à la bourgade de Sillery, fondée deux ans 1.Rel., 1640, p.38 ; Faillon, op.cit., p.313.2.Rel., 1632, p.8.3.Jamet, op.cit., p.151.4.Charlevoix, op.cit., vol.I, p.322. LE PÈRE BARTHÉLEMY VIMONT, S.J.805 plus tôt, pour recevoir (( les familles montagnaises et algon-quines converties à la foi.1 On fait mettre la main à l’œuvre aux Pères nouvellement arrivez ; écrit-il, on leur fait baptiser quelques Sauvages ».2 Bientôt, en la fête de l’Assomption, ce fut grande procession à Québec.On pria pour Louis XIII et Anne d’Autriche.On remercia le Ciel d’avoir accordé à la France un Dauphin, le futur Louis XIV.Ensuite il y eut un festin, servi par le Gouverneur à une centaine de sauvages tandis que les Jésuites reçurent en leur maison, ceux, au nombre de six, qui portaient à la procession, les habits royaux, dons des souverains français.« Les Vespres dites, raconte le Père Le Jeune, (.) voyant qu’ils entroient en discours, je fis advertir le Révérend Père Vimont de se qui se passoit, lequel nous amena Monsieur le Gouverneur et Madame de la Peltrie, qui ne se pouvoit saouler de voir la dévotion de ces bonnes gens.» 3 Mais les fêtes le cèdent souvent aux malheurs.Pendant ce même mois d’août, une épidémie éclate chez les sauvages.Elle se prolonge jusqu’au mois de mai.Durant ce temps, on hospitalisa plus de deux cents victimes.Débordées, les trois religieuses succombent à la maladie.Le Père Vimont et ses confrères tâchent de les suppléer.« Nostre Révérend Père Supérieur, lisons-nous dans la Relation de 1640, avoit un soing très-particulier de ces pauvres Sauvages, le Père de Quen se joingnoit à luy avec une charité incomparable, sa santé en fut endommagée pour quelque temps .» 4 Par bonheur, les Hospitalières allaient recevoir du renfort.Le 8 juillet 1640, « le sainct Jacques, commandé par le capitaine Ancelot vint mouiller l’ancre devant Kébec.Monsieur nostre Gouverneur descendit sur le port avec nostre R.P.Supérieur, pour recevoir nos Pères et pour conduire ces filles vrayment généreuses en leurs maisons .» 5 Il s’agissait des Pères Ménard et Joseph Du Perron ; des Frères Dominique Scot et Jacques Ratel ; des Ursulines : Anne-de-Ste-Claire et Marguerite-de-St-Athanase ; enfin de deux Hospitalières : les Mères de Ste-Marie et de St-Nicolas.1.Casgbain, op.cit., p.77.2.Rel., 1639, p.8.3.Ibid., pp.3 et 4.4.Rcl., 1640, p.39.5.Rel., 1640, p.4. 806 LE CANADA FRANÇAIS Ne craignons pas, Messieurs, ces longues nomenclatures.Elles sont, si j’ose dire, de noblesse historique.1 L’arrivée de ces fraîches recrues était de nature à adoucir l’épreuve que venaient de subir la colonie, les Jésuites et le Père Vimont en particulier.Trois semaines plus tôt, en effet, c’est-à-dire le 14 juin, écrit le Père Le Jeune, « le feu se mit en nostre Maison de Kébec qu’il a réduite en poudre et la Chappelle de Monsieur le Gouverneur, et l’église publique : tout a esté consommé.(.) tout l’appuy et le support de nos autres résidences et de nos missions : (.) on ne pût quasi rien sauver, toute la vaisselle et les cloches et calices se fondirent, (.) Voilà une perte dont nous nous ressentirons long-temps.» 2 3 En revanche, grâce à de nouvelles libéralités de la duchesse d’Aiguillon, les Hospitalières entreprenaient l’érection d’un autre hôpital à Sillery, afin d’être à proximité des sauvages.On posa la première pierre le 9 juillet 1640.Le Père Vimont récita les prières liturgiques, et fit le sermon qu’un ancien missionnaire traduisit pour les sauvages.M.de Montma-gny était présent, ainsi que les Ursulines et les Hospitalières.« La cérémonie se termina par le chant du Te Deum et par des salves de mousquetterie.» s « Nostre Révérend Père Supérieur, écrit le P.Le Jeune du P.Vimont, qui avait passé l’hyver à Kébec, (.) s’en vint demeurer à S.Joseph (.) Nonobstant les divertissemens de sa charge, il a tellement advancé en le cognoissance de la langue qu’il se faict desja entendre, expliquant le catéchisme avec fruict : il s’en alloit luy mesme avec nos hommes secourir ces bon Neophytes, leur donnant par fois à manger à la fin de leur travail, leur procurant du bled d’Inde pour semer.Je vous laisse a penser si ces pauvres Sauvages estoient consolez, voyans ces grands actes de charité.» 4 Au cours d’un voyage aux Trois-Rivières, le Père Vimont, cette fois, écrit au Père Le Jeune : « Nous arrivasmes hier sur le midy chez Monsieur de la Poterie.» Puis il mentionne qu’il a rencontré en route une trentaine de sauvages.« Je les fis prier Dieu, dit-il, et les enseignay le mieux que je peus ; ils me forcèrent de chanter Irinitik 1.Ibid., p.24.2.Ibid., p.50.3.Casqbain, op.cit., pp.101-2.4.Rel., 1640, p.10. LE PÈRE BARTHÉLEMY VIMONT, 8.J.807 (c’est un cantique composé en leur langue), Dieu sçait comme je m’en acquittai, je passay pourtant jusques au bout avec les Litanies .» 1 Mais le zélé missionnaire, qui ne perd pas de vue son cher Sillery, reprend : « Je désire avec passion de retourner bien viste et de contribuer quelque chose à Parrest de ces pauvres Sauvages.» 2 Cependant, les devoirs de sa charge l’appelaient souvent ailleurs.C’est ainsi que, précédemment, accompagné des Pères Raimbault et Le Jeune, il avait entrepris le voyage des Trois-Rivières.Mais, raconte ce dernier, « la barque qui nous portoit se pensa briser au port : .» Puis après avoir expliqué comment deux fois échouée elle dut être radoubée deux fois, il ajoute que ce fut « une grande perte, car tout ce qui pût dépérir à l’eau fut gasté, le secours que nous portions aux pauvres Sauvages fut tout perdu.Sitôt que la barque trouva fond, on nous mit à terre où nous prismes logis à l’enseigne de la lune, du froid et de la pluye.Voilà le premier voyage que nostre R.P.Supérieur commença, et qu’il ne peut achever pour lors, car il fut contrainct de retourner à Kébec ».* * * Si encore on n’eût rencontré que les obstacles de la nature.Mais, à l’horizon, surgissait un ennemi autrement terrible, l’Iroquois.Au début de sa Relation de 1641, la dernière que rédigera, au Canada, le Père Le Jeune, il est question des « démons » qui « arment tous leurs supposts (.) pour ruiner la Colonie Française, et pour fermer toutes les avenues de salut à toutes ces âmes qui n’ont jamais ouy parler de Jésus Christ ».4 Situation extrême qu’il est chargé lui-même d’aller exposer en France.(( Monsieur le Chevalier de Montmagny nostre Gouverneur, les principaux François de nostre Colonie, le R.P.Vimont nostre Supérieur et tous nos Pères, les Sauvages mesmes m’ont condamné d’entreprendre ce voyage pour le bien public et commun.» 5 Pourtant, astucieux politiques autant que valeureux guerriers, les Iroquois n’osent pas encore trop irriter les Français.Au printemps de l’année 1641, environ cinq cents d’entre 1.Ibid., p.7.2.Ibid., p.6.3.Ibid., p.49.4.Rel., 1641, p.2.5.Ibid., p.1. 808 LE CANADA FRANÇAIS eux se mettent eu route pour les Trois-Rivières afin de conclure la paix.Ils ramènent les deux jeunes Français qu’ils avaient capturés près de ce fort au mois de février précédent.1 « A cette nouvelle, le commandant, M.de Champflour, avertit M.de Montmagnv, qui prend « avec soy le Père Vimont nostre Supérieur » 2 3 et fait diligence vers les Trois-Rivières.Au cours des pourparlers, le gouverneur « demande l'avis du R.Père Vimont et du Père Ragueneau, sur le présent sujet ; mais ceux-ci « s’étant excusés de parler en matière de guerre ; il conclud (.) qu’il ne falloit point faire la paix avec ces peuples, à l’exclusion de nos confédérés .» 8 En agissant ainsi le gouverneur avait, entre autres motifs, celui de protéger les nouveaux chrétiens.« Ailes, dira-t-il au fils d’un capitaine, baptisé à Sillery par Vimont, le 26 juin 1641, et auquel Montmagny avait voulu lui-même imposer son nom et servir de parrain, ailes, exhortes vos Compatriotes à embrasser la foy que vous aves receuë, et les assures de ma part, que je les protegeray s’ils se rangent au giron de l’Église.» 4 Cette politique n’était pas pour nuire au progrès du christianisme parmi les sauvages.Déjà en 1640 une délégation venue de Tadoussac avait demandé un missionnaire au Père Vimont qui le leur avait promis pour le printemps.Aussi bien, « le douziesme de may, 1641 le Capitaine de Tadoussac vint sommer nostre Révérend Père Supérieur de sa promesse ».5 II leur accorda le Père de Quen qui savait le montagnais.6 7 A cette époque, les Jésuites poursuivent encore leur apostolat au pays des Hurons et au Cap-Breton.Le 2 août l’année 1642, le Père Isaac Jogues est fait prisonnier par les Iroquois avec lesquels il prendra un premier, long et sanglant contact.Deux ans plus tôt, c’est-à-dire en 1640, le Père Buteux a fondé aux Trois-Rivières une réduction sur le 1.Ibid., p.38.2.Ibid., p.42.3.Ibid., p.45.4.Rel., 1641, pp.20-1.5.Ibid., p.50.6.Les Anciennes Missions de la Compagnie de Jésus dans la N.-F.(1611-1800), R.P.Le Compte, S.J., p.19, Mont.1925.7.Rel., 1642, p.49 ; Rel., 1643, pp.67-8. LE PÈRE BARTHÉLEMY VIMONT, S.1.809 modèle de la réserve de Sillery.1 Le supérieur s’y rend parfois, nous l’avons vu.Un jour, « les chrestiens de S.Joseph (.) ayant appris que le Reverend Pere Vimont montoit aux Trois-Rivières, et qu’il trouveroit là des Hurons Chrestiens, ils le prièrent de faire porter avec soy quelques pasquets de leurs viandes boucanées pour en faire un banquet à ces bons Néophytes, en témoignage de l’amour et de l’affection qu’ils avoient pour eux ».2 En toute simplicité, le Supérieur des missions du Canada exauce leur touchante supplique.Il est ravi des généreux sentiments manifestés par les chrétiens de Sillery qu’il évangélise souvent.Car, lisons-nous, « on instruit ces bonnes gens dans nostre Chapelle et dans nostre Salle.J’y ay compté par fois, dit la bonne Mère, jusques à cinquante et soixante filles.Le R.P.Supérieur et le P.de Quen ont fait le Cathéchisme en divers temps ; les Sauvages s’y trou-voient très volontiers, recommandans à leurs enfans de nous visiter afin que nous leur remissions en mémoire ce que les Pères leur avoient enseigné ».3 Néanmoins, selon la même Relation de 1642, «.nostre R.P.Supérieur et le Père Jacques de la Place ont fait leur séjour plus ordinaire à Kebec .» 4 5 Du reste, le Père Vimont doit accorder ses soins aux Hospitalières dont il est le confesseur.6 II est aussi, de par sa charge, leur supérieur ecclésiastique comme celui des Ursulines.6 Chez ces dernières, des difficultés s’étaient présentées dès le début.Il s’y trouvait, à la fois, des religieuses de Paris et de Tours, ayant les unes et les autres leurs traditions, voire leur costume particulier.De concert avec Mère Marie-de-l’Incarnation, le Père Vimont travailla à aplanir les voies.7 Le 8 septembre 1641, on signe, en sa présence, 1.P.Le Compte, op.rit., p.25.2.Rel., 1642, p.13.3.Rel., 1642, p.30.4.Ibid., p.3.5.Notre-Dame de Sainte-Foy, abbé H.À.Scott, Québec 1902, vol.I, p.107.6.Jamet, p.124 note.7.Lettres de M.Marie de V Incarn., abbé Richaudeau, nouv.édit., vol.I, p.94 et suiv.Lettre CXXXIII, 1656, à la sup.des TJrsulines de Tours ; Marie de V Incarn., Paul Renaüdin, Bloud et Gay, 1935, p.149 et suiv. 810 LE CANADA FRANÇAIS les articles d’union : dispositions provisoires qui seraient en vigueur jusqu’à l’année 1647.1 C’est grande procession, chez les Ursulines et leurs élèves sauvages, le 21 novembre 1642.Car les religieuses franchissent le seuil de leur nouveau monastère.Le Père Vimont préside et saint Gabriel Lalemant célèbre la messe.2 3 C’est ainsi qu’on trouve le supérieur des Jésuites, ecclésiastique le plus considérable de la colonie s, mêlé à tous les événements importants qui s’y déroulent.Or nous voici arrivé à une grande date, à un grand nom dans l’histoire du Canada.* * * Le chapitre IX de la Relation de 1642 a pour titre : « Du Dessein de Messieurs de Montréal.» Le Père Vimont n’a point sous-estimé la grandeur de cette œuvre.Écou-tons-le.« Un grand homme de bien, dit-il, n’ayant jamais veu la Nouvelle France que devant Dieu, se sentit fortement inspiré d’y travailler pour sa gloire.Ayant fait rencontre d’une personne de mesme Cœur ils envoyèrent l’an 1640 vingt tonneaux de vivres, et d’autres choses nécessaires pour commencer en son temps une nouvelle habitation en l’Isle de Montreal.(.) Cette entreprise paroistroit autant temeraire, qu’elle est saincte et hardie, si elle n’avoit pour base la puissance de celuy qui ne manque jamais à ceux qui n’entreprennent rien qu’au bransle de ses vo-lontez : et qui sçauroit ce qui se passe pour faire réussir ce grand affaire, jugeroit aussitost que Nostre Seigneur en est véritablement l’autheur .» 4 Plus loin, le Père Vimont raconte la visite de reconnaissance à Montréal.« Le quinzième d’Octobre de l’année dernière 1641, jour dédié à la mémoire de Saincte Terese, uniquement aimée et amante de la Saincte Famille, Monsieur le Gouverneur, le R.P.Vimont et plusieurs autres personnes bien versées en la connoissance du pays arrivèrent au lieu qu’on a choisi pour la première demeure qui se 1.Hist, de la M.M.de VIncarn., abbé H.R.Casgrain, Québec, 1864, p.348.2.Ibid., pp.361-62 ; Rel., 1642, p.6.3.Lettres historiques de la Vén.M.M.de VIncarn.sur le Canada, compilation de Benjamin Sulte, p.23, à son fils, 1652.4.Rel., 1642, pp.35-36. LE PÈRE BARTHÉLEMY VIMONT, S.J.811 doit faire dedans cette belle Isle, que j’appellerois volontiers 1 Isle Saincte, puis que tant d’Ames d’élite l’ont si sainctement consacrée à la Saincte Famille.» 1 Voici maintenant, pour ainsi dire, l’acte de fondation de Ville-Marie, tel que rédigé par l’un des plus illustres témoins, notre Père Vimont : (( Le dix-septième de May de la présente année 1642, Monsieur le Gouverneur mit le sieur de Maison-neufvre en possession de cette Isle, au nom de Messieurs de Montreal, pour y commencer les premiers bastimens ; le R.P.Vimont fit chanter le Veni Creator, dit la Saincte Messe, exposa le Sainct Sacrement, pour inpetrer du Ciel un heureux commencement à cet ouvrage ; l’on met incontinent après les hommes en besongne ; on fait un réduit de gros pieux pour se tenir à couvert contre les ennemis.» 2 « C’est tout, et c’est suffisant », comme dit si bien Mlle Claire Daveluy.8 Mais ce témoin fut encore prophète et il y a lieu de citer sa célèbre allocution telle que rapportée par Dollier de Casson, dans son Histoire du Montréal : « Voyez-vous, messieurs, dit-il en la même circonstance, ce que vous voyez n’est qu’un grain de moutarde, mais il est jete par des mains si pieuses et animées de l’esprit de la foi et de la religion que sans doute il faut que le ciel ait de grands desseins puisqu’il se sert de tels ouvriers, et je ne fais aucun doute que ce petit grain ne produise un grand arbre, ne fasse un jour des merveilles, ne soit multiplié et ne s’étende de toutes parts.» 4 Témoin important de la fondation de Ville-Marie et prophète de son avenir prestigieux, Vimont s’en fera désormais le chroniqueur.Il enregistrera, dans les Relations, les faits saillants des débuts.Qu’il suffise de rappeler ceux-ci.Tout d’abord, le premier baptême célébré à Montréal, le 28 juillet 1642, par le Père Poncet, celui d’un 1.Ibid., p.37.2.Ibid., p.38.3.Jeanne Mance, Montréal, 1934, p.105.4.Au cours d'une conférence, prononcée en 1901, sur « Les Voyageurs étrangers et le Canada français », M.Aegidius Fauteux cite un certain Eugène Richtemburger qui vint chez nous en 1890.« D’après la légende, écrit ce voyageur, le Père Vimont, en prenant possession du territoire et en appelant les bénédictions du ciel sur les nouveaux arrivants, sema la graine d’un arbre dont les branches immenses devaient ombrager la ville naissante.Cet arbre malheureusement s’arrêta dans sa croissance .* Est-ce assez plaisant ? 812 LE CANADA FRANÇAIS Algonquin « âgé d’environ quatre ans ».« Voilà, commente l’annaliste, le premier fruit que cette Isle a porté pour le Paradis, ce ne sera pas le dernier, Crescat in mille millia.» 1 Le 15 août, on solennise et, aussi, le 27 novembre, aux noces « de la fille de Mons.Couillar avec le fils de Jean Guion », alors qu’« il y eut deux violons pour la première fois ».Le même mois, « on donna plusieurs choses aux sauvages Algonk, (.) par les mains du Père Vimont, entr’autres deux barriques de pois, quelques estoffes, &c.» Le jour de Noël, « le Père Vimont après avoir assisté au salut des Hospitalières s’en alla à Beauport pour ceux qui n’avoient pu venir icy ; il y fut 3 jours ».L’ancien supérieur dresse, vers la fin de cette année, un catalogue pour la distribution du pain bénit, qui prête souvent à des difficultés de préséance.A la même époque, mis au courant d’une concession de prairies faite aux Ursulines et aux Hospitalières, le Père Lalemant découvre que « le don estoit signé du moys d’Avril ou de May 1645, un an presque après que le Père Vimont avoit receu les patentes de son successeur, qu’on attendoit en ce temps là ».Le supérieur trouve à redire à ce contrat.Quant au Père Vimont, il contribuera, au mois de juin suivant, à en modifier les dispositions.Mais auparavant, le long du carême de 1646, il prêche « les vendredys à l’Hospital », où il bénit, le 16 mars, « la chapelle (.) au sang du Fils de Dieu ».1.Rel., 1645, pp.1-2.2.Publié par les abbés Laverdière et Casgrain, 2e édit, conforme à la 1ère (1871), Montréal, 1892.3.Ibid., p.5. LE CANADA FRANÇAIS 816 « Le 18.(.), entre sept & huict du soir se fit le feu de joye de la St.Joseph.(.) le Père Virnont y alla, ( .) Mons.le Gouverneur mit le feu ; les soldats firent 3 salves et 4 coups de canon furent tirés ; il y eu aussy quelque fusée.» Le Jeudi-Saint, « il y eu lavement des pieds à l’Hospital, où assista le Père Vimont, M.des Chastelets et autres y lavèrent les pieds à 18 sauvages, qui furent ensuite régalés #.« Le Vendredy Sainct, le Père Vimont commença un peu après 7 heures à prescher ; il finit après 9 heures.Ensuite on fit le service (.) Le tout fut fait à 11 heures.» L’office n’avait duré que quatre heures !.« Le Père Vimont alla coucher à Beauport le jour de Pasque, & visita toute la coste, et en revint le Jeudy.» Le 24 mai, il
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