Voir les informations

Détails du document

Informations détaillées

Conditions générales d'utilisation :
Protégé par droit d'auteur

Consulter cette déclaration

Titre :
Le Canada-français /
Revue de l'Université Laval qui traite de philosophie, de théologie, de questions sociales, de linguistique, d'arts et de littérature.
Éditeur :
  • Québec :Université Laval,1888-1946
Contenu spécifique :
Sur Monseigneur Freppel
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
chaque mois
Notice détaillée :
Titre porté avant ou après :
    Prédécesseurs :
  • Parler français ,
  • Nouvelle-France
  • Successeurs :
  • Bulletin du parler français ,
  • Nouvelle-France ,
  • Revue de l'Université Laval
Lien :

Calendrier

Sélectionnez une date pour naviguer d'un numéro à l'autre.

Fichiers (14)

Références

Le Canada-français /, 1939-05, Collections de BAnQ.

RIS ou Zotero

Enregistrer
SIR MGR FREPPEL La vie d’un homme comme Mgr Freppel, mêlé à tous les événements spirituels de son temps, est prodigieusement riche d’enseignements.M.l’abbé Terrien, après huit années de recherches et de travaux, lui a consacré deux forts volumes, monument attendu et digne de la carrière magnifiquement active et diverse d’un grand évêque, comblé des plus belles vertus et champion incomparable des plus nobles intérêts.Le public, en épuisant vite une première édition de cet ouvrage, a rendu sensible à l’auteur le prix de son labeur, et l’a mis dans l’obligation, dont il faut nous réjouir, d’en donner une seconde édition encore enrichie de nouveaux documents.Des documents nouveaux.Dieu sait pourtant si la première édition déjà était abondamment documentée.L’auteur, par ses fonctions, s’était trouvé admirablement placé pour tout connaître de son héros.« La bibliothèque de l’Université, écrit-il, nous offrait tous les manuscrits, toutes les lettres reçues, toutes les publications de Mgr Freppel, avec un lot de 4000 volumes ou brochures, la plupart offerts en hommages par les auteurs, et ayant toujours rapport, de près ou de loin, avec l’évêque d’Angers.» Grâce à la bienveillance de leurs possesseurs, ayant sous la main les lettres de Mgr Freppel lui-même, il a de plus consulté de nombreuses archives et compulsé la presse du temps, amie et ennemie, qui s’était tant occupée de son héros, même à l’étranger, en particulier au Canada où l’on admirait et suivait le vaillant lutteur à la Chambre des députés.A quarante ans de distance, l’auteur avait aussi tout le recul nécessaire pour contempler les choses et les hommes avec sérénité.A la vérité il ressent pour son héros un vivant et un vibrant attachement ; mais si, comme il le confesse, il écrit « avec amour » — et qui ne le compren- Mgr Fbeppel (1827-1891) par l’abbé Terrien, bibliothécaire de l’Université catholique de l’Ouest.— Deuxième édition revue et augmentée, couronnée par l’Académie française.75 francs les deux volumes, chez les libraires et chez l’auteur, 2, Rue Volney Angers, Maine-et-Loire), qui fera une importante remise.1.Archives du Séminaire de Québec.Sem.22, n° 7.2.Archives de N.D.de Québec, Carton 12, n' 33 (1829). SUR MGR FREPPEL 869 drait ?-— il écrit aussi, reconnaissons-le, avec cet esprit de justice et d’impartialité qui était celui de Mgr Freppel.Il nous met loyalement sous les yeux tous les documents utiles ; il le fait même avec une libéralité que certains, qui n’aiment pas les gros livres, ont trouvée presque trop grande.Pour ma part, je me garderai de l’en blâmer.Dans une biographie exhaustive et qui veut et doit être « définitive» il faut livrer tout le dossier.Si l’auteur a des préférences qu’il n’essaie pas de cacher, il donne au lecteur le moyen de ne pas se laisser suborner.Et nous n’avons rien d’autre à exiger ! Il y a longtemps que personne ne croit plus à la chimère d’une histoire impassible.Il suffit bien qu’elle soit impartiale et que l’historien y demeure toujours, comme ici, juste, loyal et droit.Cette Vie de Mgr Freppel où l’information est de première main et écrite avec le souci continuel d’être véridique, rénove les courtes biographies composées hâtivement après la mort de l’évêque d’Angers.Dans le premier tome, on voit mieux dessinée et déjà prometteuse la jeunesse de cet homme qui rappelle Origène par la précocité de son talent : professeur à 21 ans, supérieur de Collège à 24 ans, enseignant aux Carmes la philosophie à des élèves plus âgés que lui, attirant les étudiants aux pieds de sa chaire de Sainte-Geneviève et à son cours d’éloquence sacrée à la Sorbonne, et faisant courir les foules dans les grandes églises de Paris où il donnait les sermons de charité, ses Avents et ses Carêmes.Plus nouveaux encore sont les chapitres où sont racontés son rôle efficace au Concile du Vatican, sa nomination à l’évêché d’Angers, ses relations avec le monde impériel, sa collaboration à l’Univers, au Correspondant et à la Revue Contemporaine.Quant au second tome, plus inédit encore que le premier, on y suit, mis en un saisissant relief, son épiscopat fécond, son rôle au Conseil Supérieur de l’Instruction publique aux côtés de Mgr Dupanloup, la création de l’Université Catholique d’Angers et l’aide apportée par ses conseils aux universités catholiques de France et même à la filiale de l’Université Laval de Québec, établie à Montréal.Rien que sur ce chapitre de l’enseignement supérieur, dont on peut dire qu’il a été l’un des plus puissants inspirateurs et des ouvriers les plus actifs sans compter le primaire et le secondaire pour lesquels il a beaucoup agi, que de leçons et d’exemples 870 LE CANADA FRANÇAIS laissés par Mgr Freppel et qui sont ici mis au grand jour ! Mais il en est d’autres qui montrent l’homme de zèle qui fait armes de tout pour la défense de l’Église, du journalisme, de la prédication, des œuvres de charité et de la politique.On le suit dans ses discours aux grandes solennités religieuses qu’était appelé à édifier par sa parole celui qu’on nommait alors « l’évêque de la France » ; on l’entend défendre à la Chambre des députés l’enseignement religieux, le concordat et le budget des cultes, l’immunité des clercs et traiter aussi de la question ouvrière, du régionalisme, des corporations, de la colonisation, et de tous les problèmes du temps, où il dit toutes les vérités opportunes et qui le sont plus que jamais, notamment sur le communisme, sur la Révolution française dont les idéologies conduiront la France et à sa suite le monde entier à la barbarie organisée ; sur la course européenne aux armements et la guerre qui en résultera, nonobstant l’alliance russe en laquelle il n’a aucune confiance, tant que l’Alsace-Lorraine n’aura pas été rendue « à sa mère » au prix d’une indemnité que la France serait prête à payer.En ce second volume, si dense et si rempli, que de chapitres complètent ou rectifient ce qui avait été déjà dit sur maintes questions, comme la condamnation du cardinal Pitra, l’affaire de Rouen, l’ambassade de Chine, le boulangisme et le ralliement à la République ! Dans cette fin du XIXe siècle, si fertile en événements, si agitée et si mal connue quoique très proche de nous, il n’y a en pas où Mgr Freppel ne soit intervenu ; et, c’est pourquoi, en traçant son histoire, l’auteur fait aussi l’histoire du temps et des hommes si nombreux avec qui il a été en relation.Parmi eux, les lecteurs canadiens rencontreront avec plaisir Mgr Laflèche, évêque des Trois-Rivières, et le directeur de La Vérité de Québec, en guerre, eux aussi, à l’exemple du vaillant évêque-député contre l’introduction subreptice de la mensongère neutralité et de l’étatisme dans l’éducation par des surintendants de l’enseignement, les Chauveau et les Ouimet, élèves des Buisson, des Jules Ferry et des Goblet.Raison plus particulière pour les Canadiens, si bons catholiques, si Français de race et d’esprit, de lire cette Vie d’un homme qui, selon ses propres paroles, « ne se connaissait au cœur que deux grandes passions, l’amour de l’Église et l’amour de la France.» Mais l’ouvrage présente un SUE MGR FREPPEL 871 intérêt plus général, « formant, ainsi que l’a écrit The Catholic Historical Review de la première édition, une notable contribution à l’histoire de l’Église de France sous le second Empire et la Troisième République.» Excellent motif pour l’avoir sous la main, le méditer, auquel se joint celui de nous en inspirer dans notre conduite personnelle.Car dans l’œuvre de M.Terrien et à chaque page, defunctus adhuc loquitur.Cette vie de labeur, d’un labeur incessant, passionné, joyeux, qui fut, comme par une attention de la Providence, couronnée de succès humains, mérité d être admirée et acceptée comme modèle.Il est peu de carrières où se vérifie mieux la justesse du vieil axiome latin : Labor omnia vincit improbus.Cette vie fut aussi celle d’un soldat mort sur la brèche et prématurément.Elle enseigne qu’il ne faut jamais cesser de lutter pour la vérité et la justice, sans se laisser jamais abattre par l’insuccès, « Dieu, disait-il encore, ne nous ayant pas ordonné de vaincre mais de combattre.» Il était sûr qu’un jour ou l’autre elles finiraient par triompher.Il avait une foi que nous devons partager dans les destinées de l’Église immortelle, dans celles de la France, « bergent de Dieu,» à laquelle devait revenir sa chère Alsace, où il demandait qu’on transportât son cœur après sa mort.Aujourd’hui ce cœur qui avait tant battu pour la grande cause de l’école chrétienne, repose dans l’église d Obernai, grandement réjoui par la ténacité de ses compatriotes à la défendre, sous la conduite de leur évêque, Mgr Ruch, un de ses plus fervents admirateurs.Sa mort même, au sortir d’une ordination dans sa cathédrale, où il avait voulu aller, « dût-il s’y traîner sur les genoux,» est un dernier exemple qui touche particulièrement.On verra le détail des autres, et ils sont nombreux, dans la belle histoire que M.Terrien a consacrée au grand évêque-député en qui La Vérité de Québec saluait « la personnification même de cet esprit rigoureusement logique qui est la gloire du peuple français.» Ceux qui aiment les fortes lectures feront leurs délices de ces deux volumes, écrits d’une plume élégante et ferme, dont on peu dire en toute vérité qu’ils sont à la fois pleins de substance et pleins de charme.Mgr F.Vincent, Recteur de l’Université catholique de l’Ouest.
de

Ce document ne peut être affiché par le visualiseur. Vous devez le télécharger pour le voir.

Lien de téléchargement:

Document disponible pour consultation sur les postes informatiques sécurisés dans les édifices de BAnQ. À la Grande Bibliothèque, présentez-vous dans l'espace de la Bibliothèque nationale, au niveau 1.