Le Canada-français /, 1 mai 1939, Les livres
LES LIVRES Carolus Botes, S.J.Cursus Philosophies.Volume 1, in-8, 560 pages.Volume II, 598 pages.Desclée de Brouwer et Cie.L’auteur qui nous avait déjà donné de magnifiques études sur saint Augustin et un ouvrage théologique « De Deo créante et devante » a eu le courage et la patience d’écrire un manuel de philosophie.Tâche ardue, nous dit-il.Tâche méritoire aussi, qui a dû lui demander beaucoup de sacrifices.La rédaction d’un manuel où l’on ne peut qu’effleurer les grands problèmes doit être pénible a celui qui a déjà traité en profondeur certaines questions spéciales.Les deux volumes contiennent une introduction générale, la logique, quelques notions de métaphysique présentées comme introduction à la philosophie de l’être réel, la cosmologie, la psychologie de la vie végétative, sensitive et intellective, la métaphysique avec la théologie naturelle, et l’éthique.Un ensemble dense où se révèle le souci constant de rendre la philosophie intelligible aux débutants.Un effort pour ne pas éviter les problèmes, mais pour les poser avec toutes leurs exigences et leurs nuances à l’intelligence.Les appréciations favorables ont montré que l’auteur n’a pas failli à la tâche.L’introduction qui part de la définition nominale de la philosophie, recherche sa description concrète dans l'histoire, et nous donne en dernier lieu sa définition essentielle, comble une lacune ignorée de trop de manuels.Les lectures à la fin des chapitres complètent l’exposé méthodique et fournissent des éléments à la formation générale de l’esprit.Nous ne pouvons pas, en suivant l’auteur article par article, faire ressortir toute la valeur doctrinale de son ouvrage.Nous serait-il permis de relever ici et là certaines affirmations discutables.A la page 154 (t.I), en traitant du raisonnement inductif, l’auteur écrit : « Ubi vides quod ad inductionem pertinet majores seu principia syllogismorum suppeditare )).Affirmation grave.Si les principes du syllogisme dépendaient du raisonnement inductif, ces principes n’auraient en dernier lieu qu’une valeur expérimentale.On dirait : l’homme est mortel, non pas parce que l’intelligence saisit un lien nécessaire entre la nature humaine et la mortalité, mais parce que l’expérience nous fait voir que les hommes meurent.Sans doute, cette affirmation reçoit une correction plus tard» lorsque l’auteur dira que la démonstration part de connaissances indémontrables (p.243).Mais à l’article suivant (ibid., pp.246-257) il écrira que les premiers principes sont connus par une véritable induction, qui ne se distingue pas essentiellement de l’induction conduisant à la connaissance des lois scientifiques. 894 LE CANADA FRANÇAIS A l’appui de son affirmation, il en appelle à l’autorité du vénérable Cajétan.Lorsque Cajétan parle d’induction dans la connaissance des premiers principes, il ne parle pas de raisonnement inductif.Il nous dit simplement que l’intelligence est conduite ou induite à saisir le lien purement intelligible entre le prédicat et le sujet du premier principe par un exemple sensible.Et cette saisie du lien purement intelligible entre le prédicat et le sujet ne se trouve jamais au terme de l’argumentation inductive comme telle.Quand je dis que le métal conduit l’électricité, je ne saisis aucun lien intelligible entre la notion du sujet et celle du prédicat.C’est uniquement l’expérience qui légitime mon affirmation.Si je dis que les hommes sont mortels, uniquement à cause de mon expérience, j’ai une proposition universelle qui est le fruit d’un raisonnement inductif.Si je fais la même affirmation parce que j’ai saisi le prédicat dans la notion du sujet, je suis dans une sphère d’intelligibilité que n’atteint pas le raisonnement inductif.L’auteur, pour n’avoir pas adopté ce point de vue, ne distinguera pas le syllogisme déductif de l’induction prise dans son mouvement de descente, et dira que les sciences de la nature se servent de la déduction (ibid., p.291).Ces confusions conduiront à d’autres confusions.Ainsi à la page 370, (ibid.) on lit que les sciences physiques et chimiques et que la cosmologie ne font qu’une seule et même science.Par suite, on ne peut faire de cosmologie sans connaître les conclusions des sciences expérimentales (p.371).Cela explique les nombreuses pages de chimie que renferme le manuel.Il est dangereux de lier la question de l’indéterminisme avec celle du miracle, et de dire que les philosophes chrétiens enseignent que les lois de la nature sont hypothétiquement nécessaires (p.512).Saint Thomas, après Aristote, a toujours affirmé contre les Stoïciens, que le mode d’agir des corps était contingent et faisait une large place au hasard (Il Phys.Lect.8).Puisque la philosophie de la nature présuppose les sciences expérimentales, le problème du transformisme et de l’origine du premier corps humain sera posé au point de vue de ces sciences.La philosophie réfutera les conclusions scientifiques par les sciences elles-mêmes.Il s’appuiera sur le principe de causalité et sur la notion de nature, pour compléter sa réfutation (t.II, pp.183-198).L’interprétation de la contingence dans la troisième preuve de l’existence de Dieu, proposée par Chambat (Revue Thomiste, 1927, p.334 seq.) est rejetée.L’auteur n’adopte pas la doctrine de la promotion physique dans les actes libres, et défend la science moyenne.Enfin tout l’ouvrage se termine par l’éthique qui est brève.Les études théologiques seront appelées à combler les lacunes de cette partie de la philosophie.Le manuel du P.Boyer demeure avec ses qualités réelles.Beaucoup de maisons l’ont adopté pour l’enseignement.Aucun professeur de philosophie ne doit l’ignorer.Henri Grenier, ptre. LES LIVRES 895 Paul Lesoubd.S.S.Pie XII.Un volume in-16, avec couverture et planches hors-texte en héliogravure.Le volume : Prix : 3 fr.50.Ernest Flammarion, éditeur, 26, rue Racine, Paris.Le livre que, si peu de temps après le Conclave, M.Paul Lesourd publie sur S.S.Pie XII reçoit, comme il fallait s’y attendre, un accueil chaleureux.C’est, en dépit de la prodigieuse rapidité avec laquelle il aura suivi les événements, un ouvrage non seulement très vivant, mais aussi soigneusement documenté, aussi réfléchi, aussi complet que si son auteur avait disposé de plusieurs mois pour en équilibrer tous les éléments.Très au fait de tout ce qui concerne la vie de l’Église et connaissant à mtrveille les milieux romains, M.Paul Lesourd expose d’abord les grands problèmes spirituels et, par conséquence, politiques devant lesquels se trouvaient, à la veille du Conclave, les soixante-deux cardinaux électeurs.Puis c’est le récit, heure par heure, et parfois minute par minute, du Conclave lui-même ; et là M.Paul Lesourd déploie ce rare talent de journaliste qui fait que le lecteur croit assister aux événements, qu’il se voit mêlé à la foule de la place Saint-Pierre, qu’il attend avec elle, le cœur battant, la fumée noire ou blanche.Mais nous pénétrons aussi dans le Vatican, nous franchissons les enceintes les plus interdites, nous apprenons maints détails touchant l’activité des cardinaux durant les vingt-deux heures où ils sont demeurés enfermés derrière les portes scellées.Enfin, c’est l’élection, l’annonce émouvante faite à la foule, son retentissement à travers le monde .Nous voici maintenant auprès de l’Élu.M.Paul Lesourd retrace, sans en omettre ni une étape importante ni une anecdote significative, toute la vie du nouveau Pape.Il nous le montre s’imprégnant, dès sa jeunesse, de culture française.Il nous initie à ce rôle de diplomate où il devait s’illustrer de si bonne heure.Il nous fait voyager à travers le monde, à la suite du cardinal Pacelli en Allemagne d’abord, puis — après sa nomination de Secrétaire d’État — en Amérique du Nord et du Sud, en Hongrie, en France ; et nous retrouvons, en l’entendant parler de Lourdes ou de Lisieux, la grande voix que n’ont point oubliée les auditeurs de Notre-Dame.M.Paul Lesourd, ces dernières années, a maintes fois approché le cardinal Pacelli.C’est donc un portrait de première main qu’il trace pour nous de S.S.Pie XII, un portrait psychologique comme un portrait physique.Après avoir accompli la pénétrante analyse d’un caractère où la culture et la profonde piété ont abouti à une extraordinaire « maîtrise de vie », après nous avoir fait prévoir de quelle manière le nouveau Pape entendra poursuivre l’œuvre de son illustre prédécesseur, il nous conduit jusque dans l’intimité du Pontife, nous révèle l’émouvante simplicité de scs attitudes familières.Et nous surprenons avec lui l’orateur universellement admiré lisant chaque jour une page de Bossuet .En un temps où croyants et incroyants du monde entier ont les yeux fixés vers le successeur de saint Pierre, le livre de M.Paul 896 LE CANADA FRANÇAIS Lesourd sur S.S.Pie XII vient à point pour exalter celui qui personnifie pour les hommes le plus grand espoir de paix, parce qu’il est le Vicaire ici-bas du Prince de la Paix.E.F.-B.Pibotta, A.-M., 0.P.Summa Philosophiae Aristotelico-Thomisiicae.Vol.II.Pkilosophia naturalis generalis et specialis.Grand in-8, 1930, pag.XXXI — 819.Prix : 35 lires.Marietti.Un ensemble abondant et touffu, un livre d’érudition que les professeurs consulteront avec profit, qu’ils tiendront à avoir sous la main, ne serait-ce que pour y trouver les nombreuses références.Nous nous demandons si un tel ouvrage est adapté à des débutants.L’auteur a fait un travail énorme.Il a tout lu, tout consulté, et cite avec abondance.A-t-il eu le temps d’assimiler tout ce qu’il a lu ?Faut-il en particulier considérer l’élément comme une cause matérielle, ainsi que le faisait st.Thomas ?(p.41).Les conceptions fondamentales en physique, n’auraient-elles pas changé depuis le treizième siècle ?Et que faut-il dire de ces nombreuses pages sur la cosmogonie, la géogénie, la biogénèse, la permanence des éléments dans le mixte, la transformisme, où les concepts philosophiques et les concepts expérimentaux se voisinent, s’entremêlent et se confondent ?Tout cela montre qu’une tâche pressante s’impose aux scholastiques modernes.Us doivent d’abord bien situer l’objet formel de la philosophie de la nature, chercher la distinction entre la philosophie et les sciences physiques.Il y a bien ici et là des éléments de solution.Le problème n’a pas encore été étudié à fond.Et quand il le sera sérieusement, bien des difficultés et des confusions ?disparaîtront.H.G.Gabriel Joppin, docteur ès Lettres.I : Une querelle autour de l'amour pur, Jean-Pierre Camus ; II : Fénelon et la mystique du pur amour.Deux volumes in-8 : le 1er de 132 pages, le deuxième de 304 pages.Ches Beauchesne, rue de Rennes, Paris, 1938.I.Jean-Pierre Camus a préludé en petit, à la grande querelle qui a mis aux prises à la fin du XVIIe siècle Bossuet et Fénelon.L’adversaire de Camus c’est le P.Antoine Sirmond, une des têtes de nègre de Pascal.Camus est un évêque humaniste qui a écrit quelque 200 volumes, dont quelques romans, où de l’amour humain il élèvera ses lecteurs sensim sine sensu jusqu’à l’amour de Dieu.Ces romans font surgir de partout d’ardentes polémiques où l’on se rudoie'à qui mieux mieux.La pensée chrétienne du temps de Camus évolue autour de « l’amour de Dieu jusqu’au mépris de soi et de l’amour de soi jusqu’au’mépris de Dieu ».'J» L’évêque tarabuste l’amour propre LES LIVRES 897 incompatible avec l’amour parfait quand il se limite à l’adulation de la nature.Le P.Joppin montre très bien l’évêque polémiste malmenant fort « ceux qui prennent la porte d’évasion qu’on qu’appelle des Distinguo, » et fait bien voir que pour Camus « la vraie sagesse chrétienne consiste à collaborer avec la grâce divine à l’œuvre de sanctification ».Camus signerait je crois cette pensée de Pascal : Le Christ est en agonie jusqu’à la fin du monde ; il n’est pas permis de dormir durant ce temps-là.» II.Le débat entre Bossuet et Fénelon dépasse les deux grands évêques et tous ceux qui y furent mêlés.Les études sur le vaste litige n’ont pas manqué: elles pèchent à peu près toutes par excès de sympathie pour l’un ou l’autre des combattants.L’étude du P.Joppin nous paraît la plus objective et la plus sereine.Tout en restant dans le cadre historique, elle examine à fond le grand problème chrétien qui se posait à l’époque de Bossuet, qui se pose encore aujourd’hui parce qu’il est de tout les temps : la grâce et notre collaboration.L’auteur suit donc à travers le XVIIe siècle l’évolution de l’omonr pur.Puis il analyse les documents de la querelle en les confrontant avec l’histoire de la spiritualité et avec la théologie.Deux études remarquable par l’érudition et le ton.Si le P.Joppin avait à défendre telle ou telle position, personne ne se blesserait, je crois, de la mesure, de la lumière, de la douceur sacerdotale qu’il sait mettre dans tout ce qu’il écrit.J.-E.B.Aux Éditions du Seuil.7 jolis petits livres en couleurs à 1 et 2 frs.Textes de Jean Plaquevent.Illustrations de J.Bournat, H.Sjoberg, L.Gaillard.Voici un ensemble de plaquettes qu’apprécieront les Mamans qui veulent faire un petit cadeau à leur enfant sage, les prêtres et catéchistes qui cherchent des livrets jolis et peu coûteux à donner en récompense, toutes les éducatrices, toutes les cheftaines qui ont de belles histoires à faire lire.L’Histoire de la Première Communion.Petites Prières faciles et rythmées pour aider l’enfant à offrir au Petit Jésus chacune de ses actions de la journée.L’Histoire du vaillant David.Le Petit Jésus et ses camarades dit les jeux et les joies de l’Enfant-Dieu avec ses amis et St Jean-Baptiste.Plaquettes de 32 pages à 2 fr.Sainte Geneviève, histoire de la patronne de Paris.Michel et Janot, conte de Pâques : souriant récit de la vocation sacerdotale d’un enfant.Messe des petits, un texte liturgique dans un langage accessible aux enfants.S.P. 898 LE CANADA FRANÇAIS A.Auffray.Le Christ en moi.128 pages.E.Vitte, Lyon et Paris, 1938.Brochure pleine de vie, débordante de la sève spirituelle dont les jeunes apôtres ont un pressant besoin.U.Pontneau, S.J.Octave de prières pour l’Unité de l'Église.(96 pages, chez Vitte, 1938.Rien de plus urgent, pour le bien commun de l’humanité, que de provoquer, déterminer et assurer l’Unité des hommes dans la vérité et la charité.Ce petit livre vous assigne une tâche facile, mais nécessaire, dans cette œuvre.A.M.Jean Champornier.Esquisse pour un portrait de Sidoine Apollinaire.René Debresse, éditeur, 88, rue de l’Université, Paris.Sidoine Apollinaire a vécu au Ve siècle.Les devoirs de son sacerdoce lui ont laissé le temps de se livrer aux sports, à la poésie, à toute question artistique.Il est particulièrement mordu de littérature.Sa gloire qu’il estime et qu’il soigne, lui vaut des ennemis.Il les combat un peu à la manière des maîtres, par une œuvre nouvelle et plus belle, selon sa formule poétique assez simple : chanter les jours heureux, pleurer les jours tristes.Il cultive l’amitié comme une vertu élevante, exaltante ; il cultive aussi les âmes qui sont ici-bas parmi les plus belles manifestations de la bonté de Dieu.Ainsi fait, ainsi doué, il ne pouvait que souffrir beaucoup à travers des joies fugaces et chèrement payées.Le petit ouvrage de Champornier est une réussite de fine psychologie.J.-E.B.Lucien Bézüiller, C.S.R.Alfred Soussia (instituteur).Aux maîtres chrétiens.Librairie Téqui, 82, Bonaparte, Paris.Les instituteurs peuvent trouver un idéal humain parmi leurs pairs, Alfred Soussia, à la fois instituteur et chef de famille, chrétien devenu selon la vraie recette évangélique une victime au service du prochain.Le Père Bézüiller a su faire revivre son héros dans les décors du Creusot loin du monde et du bruit mais dans la merveille de l’immolation quotidienne.J.-E.B.Françoise Oerkenne.Pauline Kergomard.Les sciences et l’éducation.Éditions du Cerf, Paris.On donne ici une notice biographique de Pauline Kergomard et une étude très fouillée des méthodes pédagogiques de cette LES LIVRES 899 femme de bien.La pédagogie Kergomard ne s’inspire pas de nos principes catholiques : elle reste assez humaine et chrétienne pour faire honte à toutes les paresses.J.-E.B Mgr Sylvio Corbeil.Pédagogie du jeune humaniste canadien.Un volume in-12 de 222 pages.Éditions Beauchemin, Montréal.1938.La pédagogie est à la mode.Tout le monde en parle, même ceux qui n’y connaissent rien.L’auteur veut fournir au jeune humaniste canadien un manuel « à dessein de lui venir en aide », comme il l’écrit lui-même.Il paraît s’adresser tout autant aux jeunes, qui sans avoir eu l’avantage de faire leurs humanités, veulent acquérir au moins les connaissances les plus indispensables à la formation littéraire.En tous cas, il semble qu’un professeur pourrait utiliser ce manuel avec profit pour illustrer ses leçons de préceptes littéraires ou de rhétorique.Les pages consacrées à la description et à la narration sont particulièrement bien inspirées.Mgr Corbeil donne également de judicieux aperçus sur la psychologie du talent littéraire et de l’âme du jeune humaniste canadien.Quelques observations s’imposent pourtant.La préface et le chapitre premier se lisent assez mal.La ponctuation est défectueuse en tant d’endroits qu’on se demande si le typo est bien le seul à blâmer.Les idées exprimées au sujet du vocabulaire canadien paraissent un peu rigides.A la suite de l’auteur de Menaud, on ne voit pas bien pourquoi les Canadiens ne pourraient pas créer des mots nouveaux pour exprimer des choses proprement canadiennes ; ils n’auraient qu’à le faire conformément à l’esprit français.Ces petits défauts mis à part, ce manuel de pédagogie rendra service à nombre de jeunes humanistes canadiens.A.M.U.M.C.Actes du ie Congrès National de VU.M.C.Sujet : Les Missions et l’âme indigène.Bibliothèque de l’Union Missionnaire du Clergé de France, 5, rue Monsieur, Paris-Vile ; un volume in-12 de 128 pages.Prix : 12 frs.L’étude des missions, la missionologie, fait de rapides progrès dans certains pays, et la France, grande missionnaire de tous les temps, n’est pas en dernière place dans cette marche en avant.Des savants, des théologiens, des artistes, comme S.Exc.Mgr Lamy, Mgr Boucher, Mgr Beaupin, Mgr Chappoulie, le R.P.Bernard, S.J., l’abbé Boisard, S.S., M.Louis Gillet, étaient évidemment en mesure de traiter le sujet du Congrès : les Missions et l’âme indigène.On s’en convaincra en lisant ce petit livre, 900 LE CANADA FRANÇAIS dont le ton sérieux et la profonde doctrine ne devraient pas être faits pour décourager les esprits plus spécialement intéressés à l’étude des grands problèmes de l’Église.H.P.Georges Goyau, de l’Académie française.Le Christ chez les Papous Édité (1938) chez Beauchesne et Fils, 117, rue de Rennes, Paris.Un volume in-8 écu de 152 pages, sous couverture artistique.Monsieur Georges Goyau, on le sait, — nous le savons, nous du Canada — consacre sa carrière et son brillant talent de plume à l’histoire religieuse, spécialement celle des missions.L’auteur des « Origines religieuses du Canada » continue son rôle pratique de défenseur de l’Église en produisant fréquemment des œuvres de solide documentation, d’inspiration non seulement chrétienne, mais véritablement apostolique ; M.Goyau est un missionnaire de la plume.Cette fois-ci, il nous transporte tout bonnement en Papouasie (Nouvelle-Guinée), et nous fait voir, dans un récit vivant comme un film de cinéma, la naissance aventureuse, les débuts précaires et les développements tout de même surprenants de l’œuvre missionnaire en cette terre lointaine.Naguère refuge incontesté du cannibalisme et de la plus affreuse barbarie, qui d’ailleurs n’en sont pas encore tout-à-fait disparus, la Papouasie, après cinq ou six décades tout au plus, s’ouvre déjà très large aux horizons chrétiens, dont les bienfaisants rayons dissipent les ténèbres de l’erreur, en les poursuivant jusque dans leurs repaires les plus reculés.Comme résultats concrets : au moins 20,000 convertis, une congrégation de religieuses indigènes éclose en 1918, un prêtre papou, le premier, ordonné en 1937.— C’est peu Non ; c’est beaucoup ! C’est l’un des cent mille triomphes de l’Église catholique romaine.H.P Publication de l’Université Laval De« ateliers 4e L’Aetlee Cetheliqae, Québec.N.B.— Conformément à la coutume et dans l’intérêt d’une juste liberté, les articles de la Revue sont publiés sous 1a responsabilité de leurs auteurs.
Ce document ne peut être affiché par le visualiseur. Vous devez le télécharger pour le voir.
Document disponible pour consultation sur les postes informatiques sécurisés dans les édifices de BAnQ. À la Grande Bibliothèque, présentez-vous dans l'espace de la Bibliothèque nationale, au niveau 1.