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Titre :
Le Canada-français /
Revue de l'Université Laval qui traite de philosophie, de théologie, de questions sociales, de linguistique, d'arts et de littérature.
Éditeur :
  • Québec :Université Laval,1888-1946
Contenu spécifique :
Revue des revues
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
chaque mois
Notice détaillée :
Titre porté avant ou après :
    Prédécesseurs :
  • Parler français ,
  • Nouvelle-France
  • Successeurs :
  • Bulletin du parler français ,
  • Nouvelle-France ,
  • Revue de l'Université Laval
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Le Canada-français /, 1939-12, Collections de BAnQ.

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REVUE DES REVIES L’Actualité Économique mérite d’être mieux connue du public et nous croyons opportun d’en parler, au moment où elle est entrée dans la quinzième année de son existence.Cette revue est publiée à Montréal par les soins de 1 École des Hautes Études Commerciales, dont elle est 1 organe officiel, en même temps que celui de l’Association des Licenciés, de cette École.Nous avons sous les yeux la table des matières pour les numéros publiés depuis avril jusqu’à octobre 1939.Bien que cette table laisse de côté les rubriques moins importantes, comme les « faits et nouvelles », « à travers les revues », « bibliographie », on peut aisément voir l’intérêt qu’offre VActualité Economique dans les articles principaux quelle publie.Il y a là 37 articles, très variés, encore que le domaine à exploiter, l’économique, puisse paraître aux profanes très restreint.Ce serait d’ailleurs une erreur.Comme c’est une très grande erreur, chez nous, que les gens instruits — ceux qui sont tels en qui se croient tels — veuillent, avec une sorte d’obstination, demeurer étrangers aux questions économiques.Quelques articles traitent de pays étrangers ; ainsi, l’Afrique du Sud (C.D.Hérisson), la Belgique (O.Renart), la France (C.Corcelle), etc.Mais la grande majorité des articles traitent du Canada et sont signés de noms canadiens.Les cris d’alarme lancés par M.Victor Barbeau et par d’autres, trouvent leur écho dans Y Actualité Économique.Il y a, pour les Canadiens français, des motifs extrêmement pressants de connaître les questions économiques et de promouvoir, par tous les bons moyens, l’acquisition de la puissance économique.A ces fins il faut éveiller chez les jeunes collégiens la « curiosité économique ».Le professeur d’Histoire, le professeur de Géographie, le professeur de Mathématiques, le professeur d’Anglais, pour ne parler que de ceux-là, ont de multiples occasions d’éveiller cette curiosité 330 LE CANADA FRANÇAIS économique, à propos des auteurs à expliquer, et dans les leçons données, pourvu toutefois que leur esprit, celui des professeurs, soit au préalable ouvert à cette même curiosité.Et quel meilleur moyen, pour y arriver, que de lire VActualité Économique ! * * * Dans la Revue Dominicaine de novembre, le R.P.Reginald Garrigou-Lagrange, dominicain, donne ses impressions sur le Canada, à la suite d’un séjour de quelques mois dans notre pays.Voici, en résumé, ce qu’il dit.Nous avons conservé un robuste bon sens et un grand sens chrétien, deux choses rares dans d’autres pays ; nous nous rattachons à la France d’avant la Révolution ; ce bienfait est dû à la bonne influence du clergé, qui a fait du Canada, selon le mot de Pie XI, « une terre admirablement catholique et un des joyaux de la chrétienté.» Le trésor de nos traditions est menacé par trois contaminations : 1° l’idéologie révolutionnaire, Évangile sans le règne de Dieu, qui produit la déchristianisation de la vie individuelle, familiale, sociale, de la législation, et la dépopulation du pays ; 2° le protestantisme, foi en état de désagrégation ; 3° l’américanisme, qui relègue dans l’ombre le principal de la vie humaine, pour prôner le secondaire, le confort matériel.Se garer contre ces mauvaises influences est nécessaire, mais insuffisant ; il faut, aussi, un effort positif pour garder le trésor.Effort qui se traduit par « une étude approfondie de la doctrine de l’Église, et de ses applications dans les différents domaines ; une action généreuse dans le même sens.Pour cela la connaissance des principes fondamentaux de la pensée de saint Thomas, Doctor communis Ecclesiœ, est indispensable.Il faut, à sa suite, rechercher de nouveau, repenser les définitions capitales sur lésquelles reposent ses démonstrations.On évite ainsi deux écueils : un fixisme livresque ou formalisme trop scolaire, et un transformisme intellectuel ou relativisme, qui finit par briser avec le sens commun, avec les premiers principes de la raison naturelle, et avec l’immutabilité de la foi chrétienne.» (p.178).Le Père Garrigou-Lagrange nous met ensuite en garde contre une équivoque courante, à savoir que l’Église n’est ni à droite ni à gauche.Mais, dit-il, il y a de fausses droites REVUE DES REVUES 331 et il ne faut pas s’y engager ; la vraie droite, c’est celle de Dieu, qui protège la justice et la charité, qui défend contre le divorce les fondements de la famille chrétienne, qui assure l’autorité du père et de la mère sur les enfants ; qui appuie l’école chrétienne, le droit de propriété contre le communisme, etc.Faute de suivre cette « droite », on dérive vers les abus du capitalisme, vers ceux du « nationalisme » sous la forme du racisme.Tous ces dires d’un illustre professeur méritent lecture et méditation.* * * L’Enseignement de l’Histoire.— Une publication de l’Université de Washington, The Catholic Historical Review, publie dans sa livraison d’octobre dernier une étude sur ce sujet (p.327).L’auteur est Sœur Mary Celeste Leger.Elle rappelle, d’abord, que l’Histoire demeure l’un des meilleurs agents de formation, que cette opinion recrute des adhérents de plus en plus nombreux, que l’on proclame maintenant la nécessité d’un bon enseignement de l’Histoire comme préparation à la vie en démocratie.Et aussitôt l’auteur se demande quelle est la définition de la démocratie, car on discute encore sur ce point.Il faudra donc surveiller avec soin les traités et manuels, afin de voir s’ils correspondent à l’idée catholique de la démocratie.Selon l’auteur la réorganisation de l’enseignement de l’Histoire exige une enquête détaillée sur les points suivants : le programme, les sujets à traiter, les méthodes, le professeur et sa formation, la responsabilité de l’Université qui le prépare et celle de l’institution où il donne son enseignement.Ce sont là les pierres de fondation.Et d’abord il faut se demander quel est le but à atteindre, quels objectifs il faut viser ; ces objectifs eux-mêmes sont à déterminer selon leur valeur profonde, selon leur valeur humaine.Ce qui revient à dire qu’on ne peut pas enseigner l’Histoire pour elle-même, qu’il ne suffit pas de présenter les faits, mais qu’il faut expliquer leur valeur morale.C’est aux catholiques à faire valoir ce point de vue.Autrement les socialistes, les communistes, les fascites le feront pour eux et nos jeunes gens seront de bonne heure empoisonnés 332 LE CANADA FRANÇAIS par des idées fausses.Ces idées fausses on les trouve même sous la plume d’écrivains, d’historiens catholiques.L’American Historical Association a fait paraître un Rapport sur les Études sociales, en 16 volumes, entre 1928 et 1934.On y lit des assertions qui auraient dû susciter, de la part des catholiques, nombre de critiques ; cependant un seul catholique a osé élever la voix.Quantité de sociétés, d’associations ont tenté de faire prévaloir leurs vues en ce qui concerne l’enseignement de l’Histoire.Toutes en arrivent à se soumettre à la mode, et la mode veut que l’Histoire soit un simple département de la sociologie ; elle veut que l’Histoire subisse les avatars de la doctrine de l’évolution.Il est facile de constater l’influence de cette mode dans les manuels mis sur le marché : absence du nom même de Dieu, erreurs tendant à discréditer le catholicisme, etc.Et certains de ces livres sont dans les bibliothèques d’institutions catholiques, ils sont même recommandés dans des textes préparés par des catholiques pour des catholiques.Or, les catholiques — qui déjà produisent peu dans le champ de l’Histoire — devraient au moins assurer l’épuration de la production courante.En résumé, nous rêvons trop ; il est temps d’agir.La revue America publie, dans son numéro du 11 novembre, les résultats d’une enquête qu’elle a instituée récemment.Il s’agissait de connaître l’opinion des étudiants catholiques américains sur la participation à la guerre européenne.L’enquête portait sur cinq points : 1.— Etes-vous, personnellement, en faveur de la participation militaire des États-Unis au conflit européen ?2.— Croyez-vous que les États-Unis seront un jour ou l’autre entraînés dans le conflit ?3.— La participation des États-Unis aiderait-elle à l’établissement d’une paix durable ?4.— Un referendum est-il nécessaire pour décider de la participation ?5.— Si les États-Unis décident de participer à la guerre, croyez-vous de votre devoir d’en être soit comme volon- REVUE DES REVUES 333 taire, soit comme conscrit ou bien iriez-vous contre votre gré P On compte aux États-Unis 182 Universités et collèges catholiques.Les neuf-dixièmes ont consenti à participer au « vote » qu’on sollicitait de leurs élèves.Deux institutions seulement ont refusé leur participation ; l’une a déclaré la votation inopportune, peu sage et peut-être dangereuse.Voici les grandes lignes des résultats.Oui Non Douteux Abstention 1ère question.1125 44072 481 2991 2e “ 20262 13239 11636 2873 3e “ 3047 36102 6364 2702 4e “ 34028 9010 2453 2841 5e question : Iraient comme volontaires : 6678 “ “ conscrits : 14418 “ contre leur gré (objectors) 12146 Les quatre premières questions ont été posées aux jeunes filles comme aux garçons.La cinquième se partageait : aux garçons on a demandé s’ils iraient en personne à la guerre la considérant comme un devoir ; aux jeunes filles on a demandé si elles acceptaient la participation à la guerre comme un devoir pour leurs frères, leurs amis, etc.Elles ont répondu : Oui, comme volontaires : 5281 “ “ conscrits : 6674 “ mais par force (objectors) : 6018 La conclusion est facile à tirer : la jeunesse catholique des États-Unis, celle qui fréquente les collèges et les Universités n’est pas en faveur de la participation de la patrie à la guerre européenne.Le numéro suivant (18 novembre) apporte des résultats plus détaillés : d’une part on y corrige un peu les chiffres donnés ci-dessus, en tenant compte des votes reçus dans l’intervalle écoulé entre les deux numéros ; d'autre part on donne les chiffres du vote enregistré, sur les mêmes questions, par les « lecteurs » de la revue America. 334 LE CANADA FRANÇAIS Voici les pourcentages obtenus.Question Collèges oui non dou- teux Lecteurs oui non douteux 1 2% 97% 1% 2.4 94.8 2.8 2 45% 29% 26% 37.8 36.8 25.4 3 7% 79% 14% 4.92.6 3.4 4 75% 20% 5% 83.4 12.8 3.8 Volon- Cons- Objec- Vol.Cons.Obj.taires crits tion 5 23% 41% 36% 11.2 26.4 62.4 Ces chiffres parlent d’eux-mêmes, et tout commentaire serait superflu.Sauf les remarques suivantes : America a déjà publié l’article d’Hilaire Belloc, écrivain catholique anglais, affirmant que la Pologne, état catholique et bastion oriental de la civilisation chrétienne, est écrasée, ce qui menace directement les intérêts catholiques et chrétiens.En outre, America (18 nov.) enregistre les faits que voici : L’Osservatore Romano, organe du Vatican, commentant les déclarations faites par la Russie lors du 22e anniversaire de la révolution bolchévique, écrit : « Les espaces vitaux pour le Bolchévisme sont des zones de mort pour l’Esprit.» (p.153, 2e col.).Et encore : « Dans les derniers mois, 687 monastères et couvents ont été fermés sur le territoire du Reich.» (p.153).« Le Reich a interdit la diffusion en Allemagne de la dernière Encyclique du Pape » (p.153).« A la suite de l’Encyclique du Pape, la persécution nazie contre les Catholiques s’est intensifiée » (p.153).Il est donc bien évident ( ?) que les catholiques des autres pays n’ont rien à faire dans cette galère ! REVUE DES REVUES 335 Le Messager de New-York reproduit, dans son numéro d’octobre 1939, l’article que Elizabeth Armstrong a publié dans le Canada français (sept.1939, p.71), le Canada vu des États-Unis.Dans le même numéro M.Lucien Provencher a rédigé un compte-rendu du Septième Congrès de Langue et de Littérature françaises, qui s’est tenu à New York en septembre dernier ; il signale particulièrement la conférence faite par Mgr Camille Roy sur l’Évolution du Roman canadien.Où vont nos bacheliers ?L’Enseignement secondaire au Canada, publication conjointe des deux Universités, Laval, Montréal, donne, selon la coutume, dans le récent numéro (novembre), le tableau des carrières choisies par les finissants de nos collèges classiques.Ce tableau est toujours instructif.Il le devient davantage si l’on établit une comparaison avec le tableau publié dans l’une des années antérieures.Nous avons tenté cette comparaison, en prenant l’année 1924 par opposition à celle de 1939.Un laps de quinze années nous a paru un recul suffisant pour motiver une opinion.Voici le tableau comparatif.Choix des carrières far les finissants à 15 ans d’intervalle.1939 1924 Rem.Total des finissants.696 410 Nom- % Nom- % bre bre Ecclésiastiques .308 44.2 201 49.baisse Monde 388 55.8 209 51.accr.Droit 41 5.8 51 12.4 baisse Médecine 105 15.0 73 17.8 baisse Art dentaire.5 0.8 13 3.2 baisse Pharmacie 0.8 4 1.0 statio.Sc.vétérinaire Optométrie.Lettres.3 1 2 336 LE CANADA FRANÇAIS Sciences : Polytechnique.Génie civil .Chimie .Sciences pures.Mines.Gén.électrique.Arp.et Gén.for.Agriculture.Pêcheries.Carr.commerciales.Arts.Philosophie et Se.Soc.Enseignement.Journalisme.Ec.technique.Aviation.Marine.Non classés.Ces chiffres font voir : que les vocations sacerdotales et religieuses sont en baisse ; que le Droit, la Médecine, l’Art dentaire, recrutent moins d’adhérents ; que la Pharmacie, les Arts, les Lettres sont stationnaires, en somme ; que les accroissements portent sur l’Enseignement, sur les carrières commerciales (4.4 en 1924 contre 7.3 en 1939), et surtout sur les carrières scientifiques (6.1 en 1924 contre 14.8 en 1939).Ce n’est donc pas en vain que l’on a prêché aux collégiens la préférence pour les Sciences : ils ont bien répondu.Les non-classés ont plus que doublé, ce qui traduit l’hésitation des jeunes en face des difficultés du temps.! 14.8 25 6.1 accr.51 7.3 18 4.4 accr.3 2 station.6 nouv.8 5 accr.5
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