Voir les informations

Détails du document

Informations détaillées

Conditions générales d'utilisation :
Protégé par droit d'auteur

Consulter cette déclaration

Titre :
Le Canada-français /
Revue de l'Université Laval qui traite de philosophie, de théologie, de questions sociales, de linguistique, d'arts et de littérature.
Éditeur :
  • Québec :Université Laval,1888-1946
Contenu spécifique :
Annotations
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
chaque mois
Notice détaillée :
Titre porté avant ou après :
    Prédécesseurs :
  • Parler français ,
  • Nouvelle-France
  • Successeurs :
  • Bulletin du parler français ,
  • Nouvelle-France ,
  • Revue de l'Université Laval
Lien :

Calendrier

Sélectionnez une date pour naviguer d'un numéro à l'autre.

Fichiers (18)

Références

Le Canada-français /, 1941-04, Collections de BAnQ.

RIS ou Zotero

Enregistrer
ANNOTATIONS Une revue patriotique de chez nous poursuit depuis quelques mois une enquête sur la culture canadienne-française.Un des « enquêtés » a daigné consacrer quelques lignes de son papier à l’éducation.Ce passage, en dépit de sa brièveté, révèle chez l’auteur un vif souci de 1 observation méthodique, scrupuleuse même des faits, un ardent désir de loyale collaboration à la tâche difficile qu’est celle des éducateurs.Qu’on en juge plutôt par cet extrait : « Quand notre régime d’éducation (institution unique sur la terre, et qui, à elle seule, suffit à nous donner une apparence très particulière : celle de l’avorton en regard de 1 homme normal) quand notre régime d’éducation, dis-je, voudra remplacer son vain bazar d’enseignements, d’auto-apologies, d’affirmations gratuites et de discours patriotards par de l’éducation véritable, je veux dire par la culture et la mise en valeur des aptitudes humaines qui lui sont confiées ., il est probable que dans toutes les professions et dans tous les métiers, à la place d’anonymes fournées de bacheliers, de séries de commis-robots, nous aurons un certain nombre de personnes cultivées, entraînées à observer, réfléchir et travailler .» Cette citation est un peu longue, bien qu’elle ne recèle qu’une portion de la phrase et du génie de son père spirituel.Mais quel profit vont en retirer les lecteurs du Canada français ! Tout y est, même la recette précise, claire, nette, facile de la véritable éducation.Dire que certains pédagogues sont encore assez naïfs pour chercher de nouvelles méthodes d’édücation quand la solution est en cette quasi lapalissade : « l’éducation est la culture des aptitudes humaines qui lui sont confiées ».Que peut valoir, en regard de cette condensation pédagogique, le volume que vient de publier monsieur l’abbé Arthur Maheux, professeur à l’Université Laval : Propos sur l’Éducation ?L’auteur est dans la carrière de l’enseignement depuis un quart de siècle.Il a beaucoup lu, observé, voya- Le Canada Français, Québec, Vol.XXVIII, No 8, avril 1941 850 LE CANADA FRANÇAIS gé, note, compare.Autapt de titres qui doivent infirmer singulièrement la valeur de son livre aux yeux de certains folliculaires omniscients, pour ne pas dire omnisciant.Par un reste de probité intellectuelle qui doit confiner à la candeur, j ai lu le bouquin de 259 pages de monsieur 1 abbé Maheux.J ai inscrit quelques annotations en marge des chapitres.Ces annotations, je les livre au lecteur en toute simplicité et sincérité.L’ouvrage de monsieur l’abbé Maheux n’est pas un manuel sur l’éducation.On n’y trouve même pas — horresco referens une définition de cet art.C’est qu’il s’agit ici — le titre l’indique clairement — de propos sur le sujet, par conséquent de considérations affranchies des exigences que comporte la rédaction d’un traité en bonne et due forme.Libre à l’auteur de nous donner ce qu’il veut, du moment qu’il ne promet pas plus qu’il ne donne.On pourrait lui faire grief de ce que les articles assez divers qui constituent ce volume ne sont pas strictement inédits.Us ont paru — l’auteur nous en avertit loyalement en avant-propos — dans quelques revues d’éducation ou d’intérêt général.A la vérité, cela ne peut guère infirmer la valeur de l’ouvrage.Si les idées exprimées valent pour elles-mêmes, il y a tout profit à les retrouver, non aux pages éparses des revues, mais dans un bouquin de consultation facile, sous un titre flamboyant qui sollicite l’attention.Quelle est la valeur de ces articles ?Quelques-uns, est-il nécessaire de le signaler, ont une portée assez restreinte : telles ces deux allocutions de distributions de prix qu’on peut lire à la fin du volume.L’auteur s’y révèle fin lettré.S’il s’agit du style, ces deux pièces sont peut-être les meilleures du recueil.Notons-y en passant certaines considérations sur le sort heureux en somme qui a été celui de notre peuple en ses trois siècles d’existence.Nous sommes peut-être un peu enclins à poser à la race martyre.Ce qui ne veut pas dire que nous n’ayons pas nos misères.Mais ces misères sont assez petites si on les compare à celles du peuple polonais, par exemple.Le Canada Fbançais, Québec, Vol.XXVIII, No 8, avril 1941 ANNOTATIONS 851 De même les portraits d’éducateurs que trace monsieur l’abbé Maheux, ainsi que les pages qu’il consacre au Séminaire de Québec, sont d’un intérêt plutôt particulier.Plusieurs de ces portraits ont été esquissés sur le vif des circonstances.Ce sont des ébauches, non des tableaux achevés.Cependant, amis et ennemis de nos collèges classiques pourraient lire avec profit les précisions historiques de l’auteur sur les « millions » du Séminaire de Québec.L’imagerie populaire a tellement brodé là-dessus qu’il peut être bon de se remettre en présence d’une copie fidèle de la realite.Il n est rien de plus efficace que le mirage des richesses matérielles pour détraquer les meilleurs cerveaux et fausser les plus solides jugements.Un chapitre est consacré à nos frères les Acadiens.Monsieur l’abbé Maheux a été longtemps peut-être 1 est-il encore — aumônier d’un groupement acadien dans la ville de Québec.Il a visité la patrie d’Évangéline.Il a causé avec les chefs de la survivance française dans les Provinces Maritimes.Aussi les pages qu’il consacre au peuple acadien sont-elles documentées, suggestives, empreintes d’une discrète émotion.Elles sont à leur place en ce livre parce qu’il est une éducation du national comme du religieux ou du civique.Aussi parce que les maisons d’éducation, celles d’Acadie comme celles de Québec, jouent un rôle de premier plan dans la renaissance acadienne dont nous voyons en ce moment l’épanouissement à Moncton, cœur de l’Acadie contemporaine.Monsieur l’abbé Maheux n’a pas voyagé qu’en Acadie.Il a fait aux États-Unis de nombreux et profitables séjours.Il lui a été donné, au cours de ces pérégrinations, de visiter nombre de musées.Il a été frappé par la valeur formatrice de ces visites.Cette idée, il l’a concrétisée en une quarantaine de pages qui ont pour titre : l’éducation par les musées.Ces pages ont une certaine allure de catalogue.On y voit défiler, comme en un kaléidoscope, les richesses que renferment les jardins botaniques et zoologiques, les aquariums, les collections d’art, d’objets historiques de la République voisine.Puissent-elle atteindre leur but qui est de communiquer aux professeurs de nos collèges la « démangeaison » Le Canada Français, Québec, Vol.XXVIII, No 8, avril 1941 852 LE CANADA FRANÇAIS des voyages scientifiques ou artistiques en direction de Boston, New-York ou Harvard.Au cours de ces voyages, il leur sera loisible de faire ce que 1 on appelle en jargon contemporain de l’éducation comparée.Dans un chapitre spécial, l’auteur montre le profit que l’on peut retirer de ces comparaisons entre les systèmes d’éducation en honneur dans divers pays.II a été particulièrement frappé de l’importance que les éducateurs américains accordent à la culture physique ainsi que de leur souci, souci partagé par l’épiscopat catholique américain, de faire donner dans les écoles un solide enseignement sur la démocratie, ses avantages, ses défauts, son histoire.Il signale en passant l’importance de la publicité dans le monde contemporain et la nécessité d’éduquer le public afin qu’il n’en soit pas la victime.Il affirme encore — et nous n’avons aucune peine à le croire —qu’en regard des Anglais, des Français et même des Américains, nos étudiants, à la suite de leurs parents, gaspillent énormément de temps en visites, en soirées, en lectures frivoles, en conversations inutiles.Dans cet ordre d’idées, il note, au chapitre qu’il consacre aux bibliothèques, que ces institutions sont beaucoup plus fréquentées en Angleterre et aux États-Unis que chez nous.On dira que nous n’avons pas de bibliothèques.Ce n’est qu’à moitié vrai.Et si nous n’en avons guère, c’est que le public ne s’y intéresse pas.Nous avons en abondance des tavernes et des cinémas.L’entretien de ces lieux de plaisir obère le budget de la nation dans des proportions beaucoup plus considérables que ne le ferait celui de quelques centaines de bibliothèques.L’auteur signale au passage que nous sommes en train de nous laisser dépasser dans la production intellectuelle canadienne par les immigrants venus d’Europe centrale au début de ce siècle.Rien détonnant à cela : un peuple qui ne lit pas n’a pas le goût de l’écriture.Les chapitres les plus personnels, les plus chargés d’idées sont, sans conteste, ceux que l’auteur consacre à la collaboration entre les parents et les maîtres dans l’œuvre de l’éducation, et au cours secondaire.Le premier de ces chapitres contient le texte d’un cours professé à la Semaine sociale de Québec, le 20 août 1927.Monsieur l’abbé Maheux Le Canada Français, Québec, Vol.XXVIII, No 8, avril 1941 ANNOTATIONS 853 a longuement médité le sujet de ce cours.Il rappelle en commençant les devoirs des parents a 1 égard des enfants, la nécessité de la collaboration avec les maîtres en ce qui a trait à la formation physique, morale, intellectuelle de la jeunesse.Après cet exposé de principes, il passe aux considérations d’ordre pratique.Il indique les conditions d une fructueuse collaboration des parents, des maîtres et des enfants en matière d’éducation, suggère divers moyens de collaborer: rencontres entre parents et éducateurs, envoi de bulletins détaillés, utilisation des longues périodes des vacances.Ce ne sont là que des sommets.Il faut lire ce cours pour en apprécier la valeur d’observation et de suggestion.Le chapitre consacré à l’enseignement secondaire a paru ici-même en deux ou trois articles.Certaines campagnes menées, il y a près de cent ans, au pays d’Hurluberlu contre le cours classique lui confèrent une piquante actualité.Insister sur les idées de l’auteur serait prendre figure de partisan dans cette version retapée de la « Querelle des Anciens et des Modernes ».Pourtant, comment ne pas signaler les pages où il démontre que nos bacheliers n’ont pas l’air si sots en regard de leurs condisciples de France, celles où il rappelle que le but du cours classique est de donner au bachelier une formation générale, de l’ouvrir à la « spécialisation », non de le spécialiser ab ovo.Monsieur l’abbé Maheux, qui n’en est pas à ses premières imprudences de langage, soit dit sans malice, prétend que plusieurs facteurs entrent en jeu dans le problème du cours secondaire : les programmes, les moyens de formation, les maîtres, l’élève.Il ajouterait sans doute avec nous : les parents.Il risque ce petit paragraphe sur le premier facteur :
de

Ce document ne peut être affiché par le visualiseur. Vous devez le télécharger pour le voir.

Lien de téléchargement:

Document disponible pour consultation sur les postes informatiques sécurisés dans les édifices de BAnQ. À la Grande Bibliothèque, présentez-vous dans l'espace de la Bibliothèque nationale, au niveau 1.