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Titre :
Le Canada-français /
Revue de l'Université Laval qui traite de philosophie, de théologie, de questions sociales, de linguistique, d'arts et de littérature.
Éditeur :
  • Québec :Université Laval,1888-1946
Contenu spécifique :
Chronique de l'Université. Bénédiction de l'immeuble: Allocutions de son Éminence, du Premier Ministre, de M. M. Duplessis
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
chaque mois
Notice détaillée :
Titre porté avant ou après :
    Prédécesseurs :
  • Parler français ,
  • Nouvelle-France
  • Successeurs :
  • Bulletin du parler français ,
  • Nouvelle-France ,
  • Revue de l'Université Laval
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Le Canada-français /, 1941-05, Collections de BAnQ.

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CHRONIQUE DE L’UNIVERSITE 925 9 heures.—Séance académique (Salle des Promotions, rue de l’Université).Allocutions: Monseigneur Camille Roy, P.A., V.G., recteur de l’Université Laval; Monsieur Adrien Pouliot, doyen de la Faculté des Sciences.Remise de diplômes d’honneur: doctorat ès sciences honoris causa à Son Excellence Monseigneur Alexandre Vachon, archevêque d’Ottawa; doctorat en droit honoris causa à l’honorable Edgar Rochette, ministre des Mines de la province de Québec; à l’honorable Robert Laurier, ministre des Mines de l’Ontario; à Monsieur James Y.Murdoch, président de la Noranda Mines Ltd; à l’honorable Hector Authier, ancien ministre des Mines, député de Pontiac.Remerciements des récipiendaires.Discours de Son Éminence à l’occasion de la bénédiction et de l’inauguration solennelle de l’Ecole des Mines de l’Université Laval à Québec, le mercredi, 30 avril 1941.Excellences et Honorables Messieurs, L’inauguration officielle de l’École des Mines de notre Université, aujourd’hui, est à la fois pour nous un événement universitaire, national et catholique.C’est sur ce dernier point que je voudrais retenir un moment votre attention, car il expliquera parfaitement la présence de l’Église en cette circonstance qui pourrait paraître profane de sa nature, et il justifiera les prières et les bénédictions qu’Elle vient de répandre sur ce nouveau pavillon de nos immeubles universitaires à Québec.Le Canada Français, Québec, Vol.XXVI, No 9, mai 1941 926 LE CANADA FRANÇAIS Dans sa Constitution Deus scientiarum Dominus, sur les Universités et Facultés d’études ecclésiastiques, le Pape Pie XI, d’impérissable mémoire, rappelait que «Dieu, Seigneur des sciences, en confiant à son Eglise le mandat divin d’enseigner toutes les nations, l’a établie sans nul doute maîtresse infaillible de la vérité divine, mais par là même aussi protectrice principale et inspiratrice de tout savoir humain».«C’est, en effet, d’abord le propre de l’Église de transmettre à tous les hommes les enseignements sacrés qu’Elle-même a reçus et tirés de la révélation divine.Mais d’autre part, parce que la foi et la raison humaine non seulement ne peuvent jamais se contredire, mais qu’au contraire, étant donnée leur harmonie parfaite, elles se prêtent un mutuel appui, l’Église du Christ a toujours considéré comme son devoir d’aider et de promouvoir la culture des arts et des sciences, ainsi que l’attestent de nombreux et irrécusables témoignages historiques.» L’auguste Pontife marque ensuite comment dans les premiers siècles de son histoire l’Église a produit des Pères et des écrivains ecclésiastiques, des Docteurs et des savants, considérés justement par l’opinion publique de leur temps comme l’élite du savoir.Et il en mentionne plusieurs parmi les plus illustres de ceux dont les noms nous sont parvenus.Puis, il souligne entre autres traits que dès les débuts de ce moyen âge qu’on a coutume d’appeler l’époque des ténèbres, ces dark ages tant reprochés par certains historiens à l’Église de Rome, des Conciles romains en 826 et 853 prescrivaient que dans tous les évêchés et dans leurs domaines, on établît en toute diligence des maîtres et des docteurs qui enseignassent régulièrement les lettres et les arts libéraux.Sans l’Église romaine, qui, à cette époque troublée, sauvegarda les anciens monuments de la civilisation, le genre humain eût perdu à jamais les trésors littéraires les plus précieux.Au surplus, «VUniversité des études, cette institution glorieuse du moyen âge, a-t-elle dès son origine pour mère et patronne très libérale, l'Église.En effet, si toutes les Universités ne furent point alors créées par l'Église, il n’en est pas moins vrai que la plupart des Athénées eurent pour fondateurs ou du moins pour patrons et pour guides les Pontifes romains».Le Canada Français, Québec, Vol.XXVI, No 9, mai 1941 CHRONIQUE DE L’UNIVERSITÉ 927 Des cinquante-deux Universités fondées par lettres patentes avant l’an 1400, au moins vingt-neuf ont été créées par les Papes seuls, et dix autres par une bulle pontificale en même temps que par un décret de quelque souverain.Pie XI fait ensuite la liste des plus remarquables de ces illustres sièges du savoir.Chacun constitue à lui seul un chapitre admirable de l’histoire de l’esprit humain: Bologne, Paris, Oxford, Salamanque, Toulouse, Rome, Padoue, Cambridge, Dublin, Pise, Pérouse, Florence, Pavie, Lisbonne, Sienne, Grenoble, Prague, Vienne, Cologne, Heidelberg, Leipzig, Montpellier, Ferrare, Louvain, Bâle, Cracovie, Vilna, Gratz, Valladolid, Mexico, Alacala, Manille, Santa-Fé, Quito, Lima, Guatemala, Cagliari, Leopolis, Varsovie, doivent à l’Église de Rome leur origine ou tout au moins leur développement.Plus tard, il est vrai, de nombreuses Universités et Écoles furent par les gouvernements soustraites à la tutelle féconde de l’Église.Privée de liberté et de ressources, obéissant à un penchant naturel, (j’aime à répéter cette significative formule), obéissant à un penchant naturel, l’Église n’a pourtant jamais cessé de créer et de favoriser ces sortes de cénacles du savoir et ces chaires d’enseignement.Même au sein des régions barbares, les hérauts de la religion catholique s’efforcent par tous les moyens d’ouvrir des écoles à côté des chapelles, et non seulement ils consacrent toutes leurs forces à l’enseignement des sciences sacrées, mais encore à celui des sciences profanes, transportant avec eux les instruments de la science et de la civilisation.Au reste, de nos jours, malgré la laïcisation sociale, l’Église seconde partout la civilisation humaine et le progrès scientifique.Et,—le Pape continue avec cette formule qui trahit le savant lui-même blessé douloureusement,—l'Église favorise le savoir parfois plus intensément encore chez ces nations mêmes qui l’ont dépouillée, et plus d’une fois, de son héritage de bienfaisance.Puis la Constitution pontificale mentionne les Universités catholiques ouvertes de nos jours.On y peut lire des noms chers à nos coeurs canadiens et qui sont ainsi auréolés de l’honneur d’une louange pontificale: Milan en Italie, Paris, Lille, Angers, Lyon, Toulouse, en France; Nimègue, en Hollande; Lublin, en Pologne; BeyLe Canada Français, Québec, Vol.XXVI, No 9, mai 1941 928 LE CANADA FRANÇAIS routh, en Syrie; Washington, aux États-Unis d’Amérique; Québec, Montréal et Ottawa, au Canada; Santiago, au Chili; Shanghaï et Pékin en Chine; Tokio, au Japon et d’autres.Le Pape Pie XI s’emploie ensuite à jeter un regard attendri, oserai-je dire, sur les bibliothèques fondées et protégées par l’Église depuis celle de Césarée jusqu’à l’Ambrosienne et la Vaticane.Et il souligne comment de tout temps dans l’histoire chrétienne, on a porté aux heures du danger une même sollicitude pour sauvegarder les vases sacrés et les livres de science.Peut-être, Excellences et Messieurs, serions-nous portés à croire que l’Église, pour brillant qu’ait été son rôle, se soit d’autre part toujours tenue, hormis ses études ecclésiastiques, dans le seul champ de la spéculation philosophique et des études historico-littéraires.Ce serait bien mal connaître son histoire.Il faudrait ici plus de loisir pour faire l’inventaire, par exemple, des découvertes scientifiques, dont quelques-unes des plus précieuses à l’humanité, dues à des clercs ou à des moines.Ce serait aussi une analyse des plus suggestives que de reprendre, dans la biographie des innombrables savants chrétiens, non seulement la compatibilité de leur sens religieux et de leur science, mais l’influence de leur foi sur l’épanouissement scientifique de leur génie.Quelques noms suffiront encore à illustrer la pensée ecclésiastique par rapport à la science et la fécondité du catholicisme au point de vue du développement des sciences humaines.Je veux d’abord évoquer le nom d’un saint dont l’Église reconnaissait il y a peu d’années le culte immémorial et qu’elle proclamait Docteur, à savoir le dominicain saint Albert le Grand.Oublions pour un instant en lui le théologien illustre et le maître philosophe qui forma saint Thomas d’Aquin.Arrêtons-nous seulement à considérer le commentateur du traité De motibus progressais animalium d’Aristote, qu’on pourrait traduire: Du développement progressif des vivants.Il fut l’auteur d’ouvrages ou de traités que des éditions de vingt ou trente gros volumes n’ont pas pu con- Le Canada Français, Québec, Vol.XXVI, No 9, mai 1941 CHRONIQUE DE l’üNIVERSITÉ 929 tenir tous, et dont une large part au moins a trait à des questions de science physique et d’histoire naturelle.Il fut de son temps une autorité en physique, en géographie, en astronomie, en minéralogie avant la lettre,—c’est à souligner !—en chimie, en zoologie, en physiologie et même en phrénologie.En ces diverses matières, son savoir fut étendu, son observation avisée, ses analyses très personnelles, au point que de ses ennemis ou des esprits naïfs tentèrent de l’accuser de pratiquer les sortilèges et la magie.Son contemporain, le franciscain Bacon, lui-même physicien, naturaliste, et inventeur renommé, le tenait en la plus haute considération.De siècle en siècle jusqu’à nos jours, notre démonstration pourrait se continuer d’une façon aussi péremptoire.Quelques traits relatifs au temps moderne ou contemporain au moins nous seront permis.Une enquête faite par le Père Eymieux 1 révélait que des 150 initiateurs scientifiques du dix-neuvième siècle 125 étaient des croyants, et dont la foi, chez un grand nombre, avait éclairé et stimulé les travaux scientifiques.Parmi eux, il faut proclamer surtout les catholiques: Ampère, le fondateur de l’électrodynamique ; Claude Bernard, «la physiologie elle-même» comme on disait de lui; le roi des mathématiciens de son siècle, Cauchy; le premier des chimistes parmi ses contemporains, Chevreul; un des plus grands maîtres de l’embryologie, Coste; Jean-Baptiste Dumas, initiateur de la chimie organique; l’entomologiste vulgarisateur si connu, Fabre; Fresnal, physicien-maître de l’optique; Geoffroy Saint-Hilaire, naturaliste émule de Cuvier; l’abbé Haüy, créateur de la cristallographie; le botaniste Jussieu; Laënnec, auteur de l’anatomo-pathologie; le géologue Lapparent, maître en minéralogie ; l’abbé La-treille, prince de l’entomologie française; Le Verrier, géant de l’astronomie; le moine Augustin Mendel, dont on connaît les fameux travaux sur l’hérédité biologique; Muller, l’un des plus brillants créateurs de l’anatomie comparée; Pasteur, l’auteur de la théorie microbienne et l’inspirateur de l’antisepsie; Récamier, le fondateur de la gynécologie; Sainte- 1.La part des croyants dans le progrès de la science.Voir Documentation catholique, XI, 1927, pp.119-127, 171-191.Le Canada Français, Québec, Vol.XXVI, No 9, mai 1941 930 LE CANADA FRANÇAIS Claire Deville, créateur de la chimie physique ; l’abbé Stofïani, illustre géologue italien; le baron Thénard, chimiste qui compta 40,000 élèves; l’italien Volta, inventeur de la pile électrique; le très grand mathématicien berlinois Weierstrass; l’allemand Werner, créateur de la minéralogie, qu’il sépara de la géologie.Sans pousser l’enquête au vingtième siècle, on découvrirait de prime abord Pierre Termier, le plus grand nom de la géologie française contemporaine.Quand on parle de conflit entre le christianisme et la science, c’est donc ou bien que l’on présente comme doctrine religieuse ce qui lui est étranger ou n’est qu’opinion humaine, ou bien que l’on met au compte de la vraie science ce qui n’en est que le mirage ou quelque hypothèse personnelle.En 1926, sous le titre pittoresque de Science en soutane *, une étude mentionnait encore des noms comme ceux de l’abbé Rousselot en 1925, créateur de la phonétique expérimentale; le physicien hors ligne abbé Tauleigne, distingué par ses travaux en radiotélégraphie et radioscopie, «génie de l’optique» comme on a pu dire de lui, mort de la nécrose en 1926, contractée en manipulant les terribles rayons X; le chanoine Le Dantec, en 1924, qui prévit et commença à réaliser l’aviation par sa création de l’oiseau mécanique.«L’avenir appartient au plus lourd que l’air)), prononçait-il.«Vous les jeunes, prédisait-il à ses élèves, vous verrez les hommes voler comme l’oiseau d’après mon principe.» Le chanoine Senderens, spécialiste de la catalyse; l’abbé Breuil, la plus haute autorité contemporaine en matière d’archéologie de l’âge de pierre; le Père Teilhard de Chardin, jésuite, le découvreur de cinq foyers paléolithiques ou quaternaire en Mongolie; l’abbé Hermet, découvreur de tout un trésor de céramique antique; l’abbé Kiefîer, entomologiste remarquable; l’abbé Moreux, l’astronome de Bourges; l’abbé Gabriel, météorologue de première force; le Père Froc, jésuite, directeur de l’observatoire de Nankin; le Père Collin, autre jésuite cartographe, auteur de recherches originales sur le magnétisme et les cyclones terrestres; sans compter des archéologues comme le Père Delattre, des Pères Blancs 2.Voir L’Ami du Clergé, 26 mai 1927, p.321 et suivantes.Le Canada Français, Québec, Vol.XXVI, No 9, mai 1941 CHRONIQUE DE L’UNIVERSITÉ 931 d’Afrique, les égyptologues, comme l’abbé Drioton; les assyriologues comme le Père Vincent, dominicain, etc., etc.Ne pourrait-on pas faire un dictionnaire analogue pour notre pays, qui établirait, si parva licet componere magnis, comment l’Église et le clergé ont été dans la Province, selon leurs moyens, hélas ! si réduits, les conservateurs et les modestes irradiateurs des sciences naturelles.Des figures comme celles de l’abbé Provancher et de Monseigneur Laflamme, dans la région même de Québec, y auraient leur signification.Il y faudrait ajouter, parmi les vivants, le nom du chimiste qui est aujourd’hui l’Archevêque d’Ottawa, après avoir été Président de l’Association des Chimistes du Canada et membres de plusieurs autres sociétés savantes, et qui fut l’organisateur de la Station biologique de Trois-Pistoles, puis l’inspirateur et le fondateur ecclésiastique de cette École des Mines dont on consacre aujourd’hui les murs.Mais je laisse à d’autres de vous parler de Son Excellence plus pertinemment.Ne nous étonnons pas au reste que l’Église et les Universités catholiques proclament et louent les hommes de science et qu’elles les honorent.On en a eu il y a quelques années un bien haut exemple, lorsque Pie XI constituait l’Académie Pontificale des Sciences, chargée d’étudier des problèmes relatifs aux sciences physiques, mathématiques, et naturelles, et où il appelait à en faire partie 70 académiciens, choisis parmi les plus nobles représentants des sciences et des arts, tels les Branly, les Carel, les Marconi, et puisque ce nom illustre aujourd’hui nos facultés elles-mêmes de Laval, les Rasetti.* * * Or, Messieurs, ce qui caractérise la pensée du Pontife à cet égard, c’est qu’il entend non seulement glorifier la science acquise mais encore ouvrir à la jeunesse catholique et surtout aux clercs les fontaines abondantes du savoir scientifique.Dans la constitution Deus scientiarum Dominus que je citais au début de ce discours, après l’exposé général que j’ai résumé, Pie XI entrait dans le détail des Règles qui devraient désormais régir les Universités catholiques, et des conditions Le Canada Français, Québec, Vol.XXVI, No 9, mai 1941 932 LE CANADA FRANÇAIS selon lesquelles en seraient conférés les grades académiques.On pourrait y relever le souci que le Saint-Siège y manifeste de ne pas simplement présenter une science inerte à retenir de mémoire, mais de former les esprits à la connaissance des sources et à la pratique des recherches et des travaux scientifiques, et de leur apprendre à contribuer le plus possible au développement des sciences elles-mêmes.Il faudrait aussi voir comment par le nombre des professeurs, les exigences de leur choix, la fréquence de leur cours, la longueur des années d’études, ces règles ne visent à rien moins qu’à former à la vérité des esprits supérieurs.Aucun doctorat n’est plus conféré dans les Facultés ecclésiastiques que le candidat n’ait présenté, en plus de nombreux examens préparatoires, une thèse qui puisse démontrer que, dans sa spécialité, il est apte aux recherches scientifiques, et qui serve à l’avancement des sciences.Et cette thèse doit être, au moins en partie, imprimée et livrée au public savant.Des Règlements de la Sacrée Congrégation romaine des Séminaires et Universités, attachés à la susdite Constitution pontificale, en prolongent les directives d’une façon plus concrète.J’en cite quelques points, à titre d’exemple.On ne confiera pas au même professeur l’enseignement de matières disparates; on ne le chargera point tellement de cours qu’il soit empêché de s’adonner aux travaux scientifiques.Avant d’être admis aux Facultés ecclésiastiques, il faudra avoir parcouru avec succès le cycle moyen des études classiques qui doit comprendre outre l’instruction religieuse, et les langues et littératures latines, grecques et maternelles, qui en sont les matières principales, l’Histoire naturelle, les Mathématiques, la Physique, la Chimie, la Géographie, l’Histoire profane.Les règlements veulent que les élèves non seulement reçoivent un enseignement qui convienne à la dignité de la matière enseignée elle-même, mais qu’ils soient habitués à utiliser avec profit les procédés et auxiliaires du travail scientifique.Il est à observer comment, par exemple, en théologie aux matières proprement théologiques, s’annexe l’étude des langues hébraïques et greco-bibliques, des institutions de liturgie Le Canada Fbançais, Québec, Vol.XXVI, No 9, mai 1941 CHRONIQUE DE l’üNIVERSITÉ 933 systématico-historique, des questions touchant les Orientaux, des questions d’art et d’archéologie sacrée, etc., etc.En Philosophie, aux programmes traditionnels, il faut adjoindre la psychologie expérimentale, des questions de biologie, d’anthropologie, de mathématiques, de physique et de chimie, outre des questions d’esthétique, du droit des gens, de pédagogie, de philosophie des sciences, de méthodologie historique.J’aime me souvenir ici que dans l’Athénée du Latran établi il y a quelques années par Pie XI en de splendides immeubles, j’ai vu un laboratoire de physique, de chimie et surtout de biologie des mieux organisés, où, selon les méthodes les plus à point, sous la direction d’un docte professeur comme l’abbé Reverberi, que se disputaient les Universités d’État, des étudiants en soutane qui manipulaient les instruments d’analyse et se livraient à des expériences le plus propres à éveiller le génie de la science, et à pouvoir confirmer et défendre ensuite par les faits les plus irrécusables les postulats de leurs thèses philosophiques.Je ne saurais entrer en d’autres détails qui pourtant auraient leur valeur.Mais ce que nous avons vu pourra suffire à démontrer que l’Église non seulement ne boude point les sciences, mais qu’elle les aime, qu’elle les cultive, les développe et les protège, qu’elle les considère comme des diamants qui reflètent ou irradient au moins quelques rayons de la beauté inexprimable de l’Auteur suprême de toutes choses.C’est pour cela qu’Elle bénit de ses aspersions et de ses prières, comme nous venons de le faire, les foyers et les temples de la science divine et humaine.J’ajoute, Messieurs, que quand l’Église voit l’État, ainsi qu’il est de son très noble devoir, venir à son secours et l’aider de ses riches subsides, afin que par cette puissante union, l’État puisse assurer à la jeunesse la science qui enrichit les peuples, et l’Église l’imprégner des croyances qui sauvegardent les moeurs humaines et permettent aux savants et aux docteurs d’acquérir en outre, selon leur fin, la divine félicité, l’Église alors entonne ses Te Deum et ses Magnificat, et c’est ce que je fais à pleine voix et de tout coeur en ce moment, Excellences et Messieurs.Car, pour reprendre une parole récente de Pie XII à des Universitaires italiens, «la science est un vin exquis qui Le Canada Français, Québec, Vol.XXVI, No 9, mai 1941 934 LE CANADA FRANÇAIS parfois monte facilement à la tête» comme le démontre trop l’orgueilleuse ivresse de la science moderne, en train de détruire scientifiquement l’humanité.Aussi bien la culture religieuse est-elle nécessaire pour équilibrer et retenir dans la voie de l’ordre la culture universitaire.Car si le monde a besoin de savoir, il a encore besoin de charité et d’amour.L’Église et l’État d’accord sèmeront le savoir qui fécondera la divine charité.Voilà pourquoi j’éprouve en ce moment un singulier orgueil, à titre de Chancelier apostolique et de Visiteur royal de cette Université de Québec, dont le nom même évoque le très vertueux Fondateur de l’Église canadienne, patron de tant d’oeuvres d’éducation et de science qui s’y épanouissent pleinement aujourd’hui.Après Son Éminence, l’honorable Adélard Godbout prit la parole ainsi que M.Duplessis.Tous deux improvisèrent en s’inspirant des circonstances.Le Premier Ministre félicita l’Église de s’intéresser à l’activité, même de l’ordre profane, de ses fidèles.Rappelant la bénédiction que le Cardinal venait de donner à l’édifice il commenta brièvement le texte des psaumes : Nisi Dominus aedificaverit domum, in vanum laboraverunt qui aedificant eam, c’est-à-dire, «Si le Seigneur ne bâtit pas lui-même la maison, le travail est vain de ceux qui la construisent».Il ajouta que la vie matérielle exige elle aussi des soins, à côté de la vie de l’esprit.Il montre que les universités catholiques se sont toujours intéressées aux sciences profanes et que l’Université Laval reste bien dans la tradition de ses devancières, en diffusant le savoir humain.Il assure le Chancelier et le Recteur des dispositions bienveillantes qu’a le gouvernement envers l’oeuvre de Laval.Il invite la jeunesse à se prévaloir des nombreux avantages qui lui sont maintenant assurés dans le domaine des sciences.M.Duplessis, à son tour, développe le thème de la collaboration de l’Église et dte l’État pour assurer les progrès de notre Province.Se souvenant que l’École des Mines a été créée grâce à la collaboration de son gouvernement, il montre Le Canada Français, Québec, Vol.XXVI, No 9, mai 1941 CHRONIQUE DE L’UNIVERSITÉ 935 dans le premier ministre actuel le «père adoptif» de l’École.Il propose aux étudiants en Génie minier une devise : Connaître mieux pour mieux servir.La bénédiction et la visite de l’immeuble, les allocutions furent suivies d’un vin d’honneur.Après quoi les invités et les officiels se rendirent au Séminaire; ils se réunirent dans la Salle des Exercices et causèrent en attendant l’heure du dîner.Au dîner Le dîner a été servi dans le grand réfectoire du pavillon de la Faculté de Théologie.Y prirent la parole Mgr C.Roy, recteur; Son Excellence Mgr le Délégué apostolique; l’honorable Onésime Gagnon, député; M.F.Cyril James, principal de McGill.Voici le texte de leurs allocutions.Allocution du Recteur C’est mon devoir très agréable de dire à nos convives tout l’honneur et toute la joie que nous cause leur présence autour de ces tables.Au programme de la cérémonie d’inauguration de notre École des Mines, nous avons voulu inscrire cette réunion plus intime, un dîner familial où des âmes que préoccupent les mêmes pensées, les mêmes problèmes du haut enseignement, pourraient se rencontrer sous le signe de l’hospitalité, et échanger plus facilement les sentiments et les propos de l’amitié.Je remercie tous ceux-là qui ont bien voulu accepter notre invitation, et en particulier Son Éminence le Cardinal, Grand Chancelier de l’Université, qui veut bien présider ce repas.Qu’on me permette un mot spécial de bienvenue à Monsieur Charles Camsell, sous-ministre des Mines à Ottawa Le Canada Français, Québec, Vol.XXVI, No 9, mai 1941
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