Le Canada-français /, 1 février 1943, Les livres
Les livres Son Éminence le Cardinal J.-M-R.Villeneuve, O.M.I.Le Saint Baptême: Rites liturgiques.Librairie de l’Action ^Catholique, Québec.Les Rites liturgiques ferment la série d’études consacrées au Saint Baptême.Le premier volume, on s’en souvent, traitait de la Grâce baptismale et le deuxième, des Eléments sacramentels.Les Rites liturgiques comprennent trois instructions: les cérémonies du saint Baptême, les parrains et marraines au saint Baptême et les rites circonstanciels du premier sacrement.Pour mieux faire comprendre et apprécier les cérémonies qui accompagnent aujourd’hui le Baptême, l’illustrissime et révéren-dissime auteur évoque les éléments primitifs du sacrement, ou la liturgie ancienne du Baptême: c’est un voyage admirable dans les siècles primitifs de l’Église, dans les symboles à la fois si gracieux et si instructifs des liturgies anciennes.Les cérémonies d’aujourd’hui rappellent par certaines formules et certains rites le Baptême d’autrefois, mais elles sont bien réduites.Elles gardent cependant une extraordinaire beauté, pour qui les voit des yeux de la foi; et elles sont malheureusement trop peu connues.Son Éminence les décrits toutes dans le détail, sans termes trop déroutants pour le vocabulaire restreint du peuple.La deuxième instruction a trait aux parrains et aux marraines, Elle fait voir la nécessité des parrains et des marraines, les conditions requises chez ceux qu’on admet à cette fonction, et leurs obligations à l’égard de l’enfant qu’ils ont tenu aux fonts baptismaux.Cette instruction que tout le monde devrait apprendre par cœur se termine sur le nom chrétien que le parrain et la marraine ont le devoir de donner à leur filleul.Enfin, les rites circonstanciels du saint Baptême terminent la trilogie.Ces rites concernent le temps du Baptême, le lieu, l’inscription aux registres, les diverses disciplines qui ont cours dans le rite latin et dans les rites orientaux.Son Éminence rappelle, pour terminer, la dévotion des anciens aux Saint Baptême.Cette dévotion ne doit pas disparaître.Le Baptême nous fait enfants de Dieu, héritiers du ciel: quelle dignité ! quelle surélévation ! En revanche quelle ignorance attristante dans les réjouissances mondaines qui entourent la naissance d’un nouveau membre de l’Église de Notre-Seigneur.J.-E.B.Pierre Benoit de l’Académie française.—Le désert de Gobi, roman, 6e mille.Éditions Albin Michel, 22, rue Huygens, Paris, 1941.En 1931, monsieur Benoît avouait qu’il ne pouvait pas travailler à Paris, au point qu’il lui arrivait de s’échapper vers Saint-Céré, Le Canada Français, Québec, LES LIVRES 477 pour quarante-huit heures, afin de retrouver quelque liberté.Trouva-t-il dans ce département du Lot ce qu’il cherchait ?S’il faut l’en croire, il en vint à y résider six mois par année.Cependant toutes les séductions du Lot et de la Dordogne ne semblent pas avoir réussi à le fixer.Nous savons que Pierre Benoît fut un grand voyageur, qu’en 1928, il fit le tour du monde, qu’il se promettait « de retourner bientôt en Chine, c’est le pays, disait-il, qui m’intéresse le plus, parce que c’est celui qui réserve le plus d’imprévu ».Le Désert de Gobi est-il le résultat de ce retour à la Chine ?Cet ouvrage serait-il une preuve que l’auteur n’est pas précisément un sédentaire ?Pas nécessairement.Mais il nous fait entrevoir qu’il n’a pas la liberté nécessaire pour travailler à loisir.C’est un roman étrange,— à plus d’un point de vue—, qui débute à Fouzan, à l’extrémité de la Corée méridionale pour se terminer sur un paquebot, en rade de Macao.L’histoire n’a guère d’autre intérêt que celui d’une chasse aux grands fauves, dans l’espèce, un grand tigre, oh ! plus grand que nature, disons le mot, légendaire.Il faut admettre que monsieur Benoît a bien choisi le lieu où se dérouleront les aventures de son roman, l’immensité désertique de la Mongolie: (( le sombre désert massacreur d’hommes et de troupeaux, morne mer bistre soudain solidifiée par le plus sauvage des cataclysmes, épouvantable enchevêtrement de vagues figées en escarpements et en ravins, fausse plaine taraudée de « catavothres » et de cavernes, dédales fauves où l’on devait, une fois qu’on avait eu le malheur d’y entrer, tourner en rond, tourner toujours, tourner sans fin, sans plus pouvoir réussir à jamais en ressortir ».Tel est l’antre où vit l’animal légendaire que les chasseurs de monsieur Benoît veulent rencontrer.Si l’objet de la chasse présente quelqu’intérêt, les nemrods qui vont à sa poursuite ne méritent pas qu’on s’y attarde longtemps.Ce sont des aventuriers,— il fallait s’y attendre,-— un australien, pourvoyeur des parcs zoologiques de Sydney, parvenu qui jette l’argent à pleines mains; un ancien officier russe en rupture de ban avec l’armée, qui aima mieux sacrifier sa carrière à une folle amourette; un mongolien énigmatique, d’apparence peu sûre, mais somme toute parfaitement inoffensif; des coréens, avides de gagner la forte somme; une femme, belle d’une beauté qu’on ne peut savoir, « cherchant d’un regard souriant son chemin dans l’encombrement des rockings et des tables », et qui entraîne dans son sillage tous les cœurs.Bref, un ramassis hétéroclite de gens perdus, escogriffes, escrocs et estafiers qui sablent le champagne dans des hôtels de renom douteux en rêvant de l’aventure et de l’amour.Cependant, deux personnages partagent l’intérêt du roman; ce sont la femme Alzire, celle qui tourne toutes les têtes et tous les cœurs, malgré les distances et les infidélités, et le tigre Koubilai.A vrai dire, ce dernier tient la vedette pendant les trois quarts du récit.Au fait, il n’est pas sans intérêt de savoir que ce félin mesure plus ?ol.XXX, n° 6, février 1943. 478 LE CANADA FRANÇAIS de vingt pieds de long, « qu’il traîne un yak aussi gros que lui ».On comprend facilement que les préparatifs de la capture de ce gibier doivent être à la mesure d’un pareil mastodonte.Si le fond paraît se rapprocher des produits similaires de Maurice Leblanc ou de Gaston Leroux, la langue dont se sert l’auteur de Notre-Dame de Tortose n’est pas, tant s’en faut, de celles qui peuvent racheter l’indigence du sujet.Il y a trop de négligences de style, la grammaire elle-même, qui l’eut cru, est parfois estropiée, et l’on demeure rêveur après avoir lu un livre signé d’un nom qui pourtant a reçu la plus haute consécration littéraire.L.J.T.Eugène L'Heureux.En pleine actualité nationale.Brochure de 32 pages.L’Action Catholique, Boulevard Charest.Le Rédacteur en chef de l’Action Catholique a mis en brochure la conférence qu’il a faite à la demande de la Société St-Jean-Baptiste le 25 avril 1942.Toute la conférence est d’un suprême intérêt et indique aux distraits des problèmes sur lesquels on ne saurait trop réfléchir.A.M.Herbert F.Quinn.Canadian Unity and the Need or Nationalism.12 pages, 1940, Queen’s Quarterley.On établit dans cette brochure qu’un sain nationalisme est une condition nécessaire pour que le Canada réalise l’unité indispensable à ses progrès.A.M.Extraits du Naturaliste canadien.Trois études scientifiques.Le Sucrose, le glucose et le sirop d’érable (4 pages), le Distillât à la vapeur d’eau des sirops d’érable (8 pages), les deux par MM.Elphège Bois et Louis-Charles Dugal, professeur à l’Université Laval (extraits du Naturaliste Canadien, (1941).Un nouveau liquide physiologique, par MM.J.-L.Tremblay et Wilfrid Corriveault, professeur à l’Université Laval (13 pages), extrait de la Revue Canadienne de Biologie, janvier 1942.A.M.René Benjamin.Le Printemps Tragique.Roman.Éditions Plon, Paris, 1941.Distributeur pour le Canada: Librairie Pony, 554 est, rue Sainte- Catherine, Montréal.C’est dans la Touraine, la plus française des provinces de France, que René Benjamin a écrit son roman Le Printemps Tragique.Le Canada Français, Québec, LES LIVRES 479 Mais ce roman est un véritable drame où fut consommée la défaite de la France, en juin 1940.Sous le couvert de personnages fictifs ou réels, l’auteur analyse, et on sait avec quelle profondeur, les causes qui ont amené cette effroyable défaite.« On sait, fait-il dire à un de ses personnages, que les défaites sont inscrites dans l’esprit des nations avant que les guerres commencent.» Plus loin, « on ne trompe pas les âmes en leur faisant lire tous les soirs, à l’heure attendrissante du crépuscule, des journaux ineptes, qui les abreuvent de mensonges et de feuilletons, en les affadissant, en les abêtissant, les abrutissant par des confidences de coutisanes et d’espions.On ne fait pas des soldats avec des magazines canailles, un cinéma crapuleux, une T.S.F.pour crétins, une école n’enseignant que l’erreur, sous le contrôle de sociétés secrètes qui sont depuis cinquante ans le refuge de tous les couards )).Certes, ce n’est plus le Benjamin enjoué, gamin à certaines heures, des Augures de Genève ou d’Aliborons et démagogues, cette fois, c’est un Benjamin grave, inquiet, angoissé, penché, comme le médecin sur un grand malade, sur la France, qui grièvement blessée, agonise.Si l’on doit faire quelques réserves à cause de certaines pages d’un réalisme trop cru, de quelques descriptions trop lestes, il n’en reste pas moins que Le Printemps Tragique est un des livres les plus vrais, émouvants et beaux parmi tous ceux qui ont paru en France au lendemain de la débâcle.L.-J.T.Henri-Marie Güindon, Montfortain.XJne Ame Mariale, Marie Sainte-Cécile de Rome.Un volume, 109 pages.Les Éditions Montfortaine, Ottawa.Courte et substantielle biographie de Dina Bélanger sous un aspect nouveau.On y voit une âme de chez nous atteindre les sommets de la perfection sous la conduite de Marie, la « Divine ouvrière des grandes merveilles ».L’auteur nous montre en Marie-Sainte-Cécile-de-Rome une fidèle servante de Marie.Elle s’est livrée entièrement à la sainte Vierge par la pratique de la Dévotion parfaite, dite Secret de Marie, selon l’esprit du bienheureux Louis-Marie Grignon de Montfort.Aussi au cours de l’ouvrage, l’auteur nous donne les grandes lignes de la belle doctrine du bienheureux Louis-Marie Grignon de Mont-fort.U y a donc grand profit à lire ce volume; tout en apprenant l’essentiel de la vie de Sœur Marie-Sainte-Cécile-de-Rome, nous apprenons en même temps les idées contenues dans le Traité de la vraie Dévotion à la sainte Vierge.J.-M.T.vol.XXX, n° 6, février 1943. 480 LE CANADA FRANÇAIS Robert Rumilly.Histoire de la Province de Québec, VII, Taillon; VIII, Laurier; IX, Marchand, 3 in-12, 20 x 14 cm., Montréal, Bernard Yaliquette, 1942.M.Rumilly nous offre trois autres volumes de son Histoire de la Province de Québec, dans lesquels il continue le récit des événements politiques et politico-religieux de notre histoire provinciale.Les tomes VII, VIII et IX couvrent la période allant de 1892 àl901.Comme dans les volumes précédents, l’histoire de M.Rumilly se présente sous forme de chronique.On comprend dès lors que l’auteur ne se soit pas attardé à chercher parmi les événements ceux qui, en raison de leur importance, peuvent fixer les limites de division de notre histoire.Il lui suffit de donner comme sous-titre à chacun de ses volumes le nom du personnage qu’il estime le plus célèbre dans l’époque étudiée; puis il présente les faits en tranches historiques déterminées par le début et la fin de chaque année.L’auteur se borne ensuite à raconter les événements tels qu’ils se sont produits dans la réalisation concrète de la vie, voire selon le décousu capricieux des débats parlementaires.C’est ainsi par exemple que les problèmes soulevés en Chambre de 1892 par la question de l’Université Laval sont subitement bousculés de la scène politique par l’affaire des asiles d’aliénés (vol.VII, p.21); et que le départ pour Rome de Mgr Merry del Val en 1897 est suivi, presque sans transition, du projet de prolongement de l’Intercolonial (vol.VIII, pp.195-196).L’ouvrage de M.Rumilly cependant se lit facilement et avec grand intérêt.Les faits historiques sont racontés dans un style nerveux, vivant comme la vie qu’ils expriment.Us sont replacés dans leur scénario propre et se succèdent, nombreux et variés, comme les scènes diverses de nos films documentaires modernes.Nos historiens sauront gré à M.Rumilly d’avoir réuni en un seul ouvrage de consultation facile un grand nombre de renseignements historiques perdus dans nos journaux et dans des monographies.G.-L.D.S.Segal.Poland Fights Books' 1942.L’auteur étudie les courants qui agitent sourdement l’opinion polonaise, en particulier la situation faite aux Juifs dans ce pays.Très intéressant.Publication de l’Uni ver site Laval N.B.— Conformément à la coutume et dans l’intérêt d’une juste liberté, les articles de la Revue sont publiés sous la responsabilité de leurs auteurs.Des atelier* de l’Action Catholique, Québec.
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