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Titre :
Le Canada-français /
Revue de l'Université Laval qui traite de philosophie, de théologie, de questions sociales, de linguistique, d'arts et de littérature.
Éditeur :
  • Québec :Université Laval,1888-1946
Contenu spécifique :
Chronique de l'Université
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
chaque mois
Notice détaillée :
Titre porté avant ou après :
    Prédécesseurs :
  • Parler français ,
  • Nouvelle-France
  • Successeurs :
  • Bulletin du parler français ,
  • Nouvelle-France ,
  • Revue de l'Université Laval
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Le Canada-français /, 1943-04, Collections de BAnQ.

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Chronique de l’Université Madame de Sévigné écrivait des Rochers à sa fille, pendant une saison de pluies torrentielles: « Sans la consolation de la lecture, nous mourrions d’ennui.» À Laval, malgré les neiges, la pluie, le froid, le brouillard et Finfluenza, nous sommes plus heureux que la Marquise au grand siècle: nous pouvons échapper à l’ennui avec la lecture, le travail incessant et les conférences.Les conférences surtout sont un véritable tonique; et notre fin d’hiver n’en a pas manqué.C’est la Faculté de Philosophie qui a ouvert le feu, si l’on nous pardonne cette image militaire.Le 6 mars, en effet, elle réunissait un auditoire nombreux, pressé d’entendre célébrer sur divers modes la philosophie de saint Thomas.M.Charles de Koninck, doyen de la Faculté, a commenté des textes de Pic de la Mirandole; le Révérend Père P.-H.Conway a analysé la théorie de l’aliénation de Feuerback, philosophe matérialiste, auteur de l’ouvrage intitulé La naissance du christianisme.Le 7 mars, des étudiants de la Faculté de Théologie MM.les abbés Roland Beaudet et Raymond Auger aidés du R.F.Roland Brault, M.S.C., ont discuté avec l’aisance et l’élégance des Pères de l’Église latine la délicate question que voici: l’imperfection morale est-elle un péché ?Son Éminence le Cardinal Villeneuve, à la fin de la première réunion, a montré la supériorité de la philosophie de l’ordre sur les théories dévastatrices du marxisme et du nazisme qui tendent à faire du monde un chaos.Le 12 mars, en la fête de saint Grégoire le Grand, c’est au tour de l’École de musique à faire salle comble.Le conférencier invité le Révérend Père Jules Martel, O.M.I.de l’LTniversité d’Ottawa, a présenté un travail des plus intéressants sur la polyphonie classique.L’orateur a tout d’abord fait la distinction qui s’impose entre la musique harmonique et la musique polyphonique.Il a montré ensuite qu’en fait de musique religieuse et musique artistique religieuse, il n’existe 612 LE CANADA FRANÇAIS rien de comparable au chant grégorien, à la polyphonie classique et en particulier à la musique palestinienne; comme art religieux, la polyphonie classique n’est surpassée que par le grégorien.Le conférencier a expliqué abondamment la nature de la polyphonie, et exposé les moyens de découvrir le rythme de la musique polyphonique et les notions qu’il faut pour ne pas confondre exécution et interprétation.L’art religieux n’a rien à envier aux arts profanes.L’Acfas a montré durant le mois de mars que son nom n’est pas un camouflage scientifique.Ses fidèles ont pu goûter deux cours du docteur Charles-Philippe Lebond, D.M., D.Sc., professeur d’Anatomie à l’Université McGill.Le docteur a donné son premier cours au grand amphithéâtre de la Faculté des Sciences.Il a traité de l’iode radioactif comme témoin de l’activité thyroïdienne.Dans le second cours, à l’amphithéâtre de médecine, le conférencier a parlé du rôle des glandes endocrines en -psychologie.M.Georges Maheux, directeur de l’Information et des Recherches au ministère de l’Agriculture, a exploité, lui, le sujet que voici: Les conquêtes de l’homme au royaume des bêtes.Sujet singulièrement attachant et présenté de façon à retenir l’attention des plus distraits: le résumé qui suit n'en donne malheureusement qu’une pâle idée.Il y a de cela cent mille ans (peut-être?), les premiers hommes paraissaient sur une terre déjà accaparée par le végétal et l’animal.A peine tolérée par les grands herbivores, la « bête verticale » (selon Rosny) devait forcément se défendre sans répit contre la férocité des carnassiers.Omnivore, l’homme primitif était contraint, au prix des plus grands risques, de prélever sa nourriture quotidienne partie sur les plantes, partie sur les bêtes.A l’époque de la préhistoire, nos très lointains ancêtres n’ont d’autre souci que d’assurer à eux-mêmes et à leurs familles de quoi manger: la première conquête de l’homme au royaume des bêtes n’est autre que celle de la subsistance.Dans une seconde étape, l’homme préhistorique s’ingénie à protéger sa vie contre ses ennemis naturels.Il invente des armes, imagine des pièges, construit des habitations.A l’insécurité, à la faiblesse de l’homme isolé, il substitue peu à peu la formule plus Le Canada Français, Québec, CHRONIQUE DE l’uNIVERSITÉ 613 sure des groupements, défendus tout d’abord par le feu qui terrorise la bête, puis par les palissades, murs de pierre, habitations lacustres.Au cours de cette période l'homme fait la conquête de la sécurité.Pendant les siècles suivants, s’élabore lentement la très importante conquête qui a puissamment contribué à l’ascension d’un humanité simple et fruste vers la civilisation: c’est la conquête de la domination.Par la domestication de quelques espèces animales, l’homme domine maintenant la bête et complète ses conquêtes précédentes, surtout celle de la subsistance, en gardant à sa portée une source stable d’aliments.Bien plus, il dompte la bête et s’en fait un précieux auxiliaire pour le travail et le transport.Plus tard, l’animal apprivoisé devient compagnon de l’homme dans ses guerres et ses jeux; quelques espèces ont déjà trouvé place à son foyer.La domination se fait si complète, avec les siècles, que les rôles ont complètement renversés et c’est au tour de l’animal à se cacher pour survivre.A l’époque contemporaine, la science pénétrant les mystères de la vie détermine la plus retentissante conquête depuis la lointaine domestication: celle de la connaissance.La science élabore rapidement les conquêtes accessoires de l’utilisation plus complète des animaux et des produits animaux, et de la conservation des produits alimentaires.Pendant la dernière étape, toute récente, naît la biologie qui découvre les parasites, les agents pathogènes, et défend victorieusement la vie humaine contre les maladies infectieuses.Suivant la piste des scientistes qui collaborent à la recherche de la vérité, l’humanité s’achemine à un rythme accéléré vers l’asservissement de la bête pour assurer le bien-être de la société.Telles sont, en perspective cavalière, les conquêtes de l’homme au royaume des bêtes.Enfin, M.A.Weinstein, professeur de mathématiques appliquées à l’Université de Toronto, a vivement intéressé les professeurs et les élèves de la Faculté des Sciences, les membres de la Société de Mathématiques de Québec et quelques invités, avec une étude intitulée: Vibrations et stabilité en mécanique.Selon le conférencier la théorie des vibrations des cordes, des membranes, des plaques élastiques, est devenue un puissant instrument de calcul.Elle trouve des applications importantes en particulier dans la construction des avions.Le 19 mars, à l’amphithéâtre de Chimie de l’Université, le doyen de la Faculté des Arts, M.l’abbé Rosaire Benoit, vol XXX, n° 8, avril 1943 614 LE CANADA FRANÇAIS et M.Lionel Gallichan invitaient les amis de l’astronomie à une conférence que voulut bien donner M.Lucien Pouliot, à propos de l’observatoire du mont Palomar.M.Pouliot s’est appliqué à faire ressortir les difficultés techniques rencontrées au cours de la construction des diverses sections de l’observatoire.On imagine sans discussion que le transport et l’agencement d’un matériel d’un poids de 1,000,000 de livres d’ acier et de verre devaient rencontrer des obstacles, et qu’il a fallu la coopération intelligente de tous les intéressés pour conduire le travail à bonne fin.Conférence, projections, présentations du conférencier et remerciements, tout fut de la plus exquise distinction.Et les mardis universitaires ?Ils gardent leurs auditeurs fidèles encore que trop peu nombreux.Le sport, le cinéma, la radio occupent tant de gens ! Les mardis retiennent cependant l’élite, et l’Université grâce à cette chaire d’enseignement public joue son rôle d’école de haut savoir.Le Révérend Père Thomas Delos, O.P., a donné deux cours sur la vocation nationale.Dans son premier cours, le savant professeur a précisé sans trop d’insistance les mots nation et vocation.L’idée de nation est née et a fait son chemin à travers les vicissitudes qui ont agité l’Europe du XIXe siècle.Les premiers théoriciens et propagateurs de la vocation nationale se sont presque tous montrés des penseurs superficiels, peu orthodoxes, même lorsqu’ils ont cherché, comme tel monstre contemporain, à s’autoriser d’une mission divine, et à leur point de vue, rigoureusement providentielle.Le Père Delos a insisté davantage sur le sens exact de vocation nationale: les hommes vivant d’une même vie sur un même sol, finissent par prendre conscience de leur âme commune, des aspirations de cette âme, de leur idéal commun; ils tendent vigoureusement à exprimer cet idéal pour leur propre perfectionnement et pour l’édification du monde.Et l’appel au bonheur commun, la voix des forces, des vertus, des valeurs qui veulent s’épanouir dans le groupement qui Le Canada Français, Québec, CHRONIQUE DE l’üNIVERSITÉ 615 les incarnent, voilà la vocation nationale.Cette vocation ne va pas sans le sens de l’engagement, pour parler comme Péguy, sans la fidélité créatrice, sans l’espérance qui chante même dans le malheur.Un peuple qui démissionné, qui se rétrécit, se recroqueville volontairement, par peur des coups ou par bien-être égoïste n’a pas, ou a perdu sa vocation nationale.Dans son deuxième cours, le Révérend Père Delos a montré dans la Révolution française un effort de la nation pour affirmer sa souveraineté, en la mettant au-dessus de la personne du roi.Les effets de la Révolution ne sont pas terminés.D’autres nations que la française, ont placé dans le groupe, et non plus dans la personne humaine, le fondement du droit historique.Et le professeur a abordé les questions délicates du racisme allemand, du nationalisme fasciste, des droits de l’individu et de la collectivité, avec une maîtrise, une sérénité, une autorité incontestable.La clôture des mardis universitaires a été particulièrement brillante.M.Philippe Cantave, vice-consul de la république d’Haïti à Montréal, a donné la dernière conférence, le 16 mars, sur Georges Goyau écrivain catholique et ami des Canadiens français.Le conférencier a fait le portrait de l’écrivain.Georges Goyau s’est toujours révélé, selon M.Cantave, un esprit supérieur, un catholique autrement qu’en littérature, un écrivain profondément chrétien.Les titres des ouvrages de Goyau sont significatifs: Les origines religieuses du Canada que tous nos écoliers lisent avec délices, Autour du catholicisme social, Le Vatican, les Papes et la civilisation, Histoire religieuse de la France, le Cardinal Mercier devant VAllemagne, Pie XI et Pie XII.M.Cantave a terminé sa conférence avec l’appel vibrant que voici: « Fille aînée de la France en Amérique, la nation canadienne-française a une mission à remplir et cette mission est actuelle, urgente et importante.Nous souhaitons que le Canada français prenne conscience de sa mission civilisatrice.Ce sera tout profit pour les Français du Nouveau-Monde, les Latins d’Amérique et les vol' XXX, n° 8, avril 1943 616 LE CANADA FRANÇAIS hommes de cultures étrangères qui savent tout ce que l’humanité doit à la France.# L’appel de M.Cantave n’est pas tombé en terre stérile.* * * 11 est temps de terminer cette chronique déjà longue.Il convient cependant de rappeler ici deux nominations de professeurs, nominations vivement appréciées dans le monde universitaire de Québec.Le Révérend Père Gonzalve Poulin, O.F.M., a été nommé directeur des études à l’École des Sciences sociales, une filiale de la Faculté de philosophie.Le Révérend Père Poulin n’est pas un inconnu: il est l’auteur de l’ouvrage intitulé: Le peuple est-il éducable ?Il est un des collaborateurs assidus de la revue Culture.Il a fait à Lille des études très poussées en sciences sociales et il a obtenu de l’Institut catholique de Paris un doctorat dans les mêmes sciences.M.Paul Audet vient d’être chargé d’un cours à la chaire d’Assurances, à l’École des Sciences sociales.M.Audet est un ancien du Séminaire de Québec.Il a aussi étudié au Collège Sainte-Marie de Montréal où il a obtenu son baccalauréat ès arts de l’Université de Montréal.Il a complété ses études professionnelles à l’École de Commerce de McGill.Il a été successivement directeur de la Chambre de Commerce des Jeunes de Québec, et des Jeunes du Canada, président de la Fédération des Chambres de Commerce des Jeunes de la province de Québec.Le monde médical et universitaire de Québec est en grand deuil: le docteur Achille Paquet, frère du regretté Mgr L.-A.Paquet est décédé le 27 mars, à l’hôpital du Sacré-Cœur, à Cartierville, à l’âge de 60 ans.Le docteur Paquet était un chirurgien d’un rare mérite, un médecin extraordinairement et justement estimé.Ses œuvres admirables comme la fondation de l’hôpital Saint-Luc, de l’hôpital de Saint-François d’Assise et de l’Enfant-Jésus, disent éloquemment son activité, son dévouement inlassable.Le Canada Français, Québec, CHRONIQUE DE L’UNIVERSITÉ 617 M.l’abbé Georges-Édouard Demers, bibliothécaire à l’Université, vient de publier une charmante plaquette d’une cinquantaine de pages, sur Mgr de Laval, le fondateur illustre du Séminaire de Québec, et le Créateur de l’Église canadienne.Tout le monde voudra lire cet opuscule délicat, destiné à mieux faire connaître et aimer l’homme de tant de mérite et de tant de gloire.M.Luc Lacoursière, professeur de français à la Faculté des Lettres de Laval, vient d’obtenir la bourse Guggenhein qui lui permettra de poursuivre ses études sur le folklore, aux États-Unis et au Canada.Nous lui offrons nos plus cordiales félicitations.Nous avons pu oublier des faits, omettre des noms, nous tromper dans nos simples commentaires.Personne ne nous en voudra: notre chronique est comme les Essais de Montaigne, si parva licet componere magnis, une chronique de « bonne foi ».Laval.vol XXX, n° 8, avril 1943
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