Le Canada-français /, 1 avril 1943, Les livres
Les livres L’abbé Georges-Édouard Demers.Mgr de Laval.Brochure de 48 pages, illustrée, de la collection « Nos Fondateurs ».Prix: $0.10 l’unité, $1.00 la douzaine, $7.50 le cent, port en plus.Au Messager Canadien, 1961, rue Rachel-Est, Montréal.Une croisade vient d’être entreprise, sous la haute direction de l’Épiscopat canadien, pour hâter les causes de béatification des quatre principaux fondateurs de l’Église du Canada: Mgr de Laval, Marie de l’Incarnation, Marguerite Bourgeoys, Catherine de Saint-Augustin.Pour obtenir du ciel les miracles qui sont requis, pour orienter la piété et la confiance des fidèles vers l’intercession de ces illustres serviteurs de Dieu, on a jugé qu’il fallait populariser leur vie, faire connaître davantage les traits caractéristiques de leur vertueuse existence.M.l’abbé Demers, un membre du bureau institué pour diriger la croisade de propagande, a été chargé de préparer une notice sur Mgr de Laval.Il ne s’agit pas d’une biographie scientifiquement élaborée.C’est un récit simple et facile, que tout le monde pourra lire, qui retrace en un tableau saisissant la physionomie du grand évêque, plusieurs petits chapitres aux titres lapidaires qui nous le montrent dans son âme et son action, aux grands moments de son existence.L’abbé Demers était tout désigné pour ce travail, étant prêtre du Séminaire de Québec, par conséquent fils spirituel de Mgr de Laval, ayant surtout consacré déjà plusieurs années de sa carrière, à Québec et à Rome, pour faire avancer la cause du vénéré fondateur.C’est dire assez avec quel cœur et quelle délicatesse il a modelé le portrait de son héros.H.Provost, ptre.Louis-C.de Léry, S.J.L’Église et les procès de mariage.Plaquette de 60 pages, publiée aux Éditions de l’Arbre, 60, rue St-Jacques, Montréal.Les lecteurs des Relations connaissent les écrits apologétiques du R.P.de Léry; ils en admirent la clarté, la profondeur, le calme et l’aspect pratique.Le Révérend Père avait déjà fait paraître des articles de journaux sur cette question: l’Église et les procès de mariage.La brochure qui vient de paraître les contient réunis amplifiés et mis à la page.Elle contient en même temps un exposé bref et très clair de la vraie doctrine de l’Église et une réponse aux objections toujours courantes sur la matière.Cette brochure devrait être distribuée partout: elle éclairera et elle armera.J.-A.B., ptre.Le Canada Français, Québec, LES LIVRES 637 Robert de Roquebrune.Contes du soir et de la nuit.Un vol.de 150 pages.Éditions BernardValiquette, 1564, rue St-Denis, Montréal.Monsieur Robert de Roquebrune a débuté par le roman historique: Les Habits Rouges faisaient revivre la tumultueuse insurrection de 1837-1838; D’un Océan à VAutre nous rappelait les revendications et les révoltes des Métis de l’Ouest, et l’exécution de Riel qui provoqua une explosion de rage patriotique dans la province de Québec.Ensuite l’auteur publia toujours en France, où il vécut de longues années, un roman psychologique, Les Dames Le Marchand.Les contes du soir et de la nuit font un recueil de huit romans miniatures, déjà publiés tant en France qu’au Canada.L’auteur dans sa préface nous prévient que son livre est peu homogène.En effet, il y a de tout: du roman policier dans le Meurtre à l’hôtel; de l’histoire dans La Défense du Rail qui fait revivre le R.P.Lacombe, l’une des plus grandes figures missionnaires de l’Ouest; de l’histoire doublée d’un récit de Noël dans La Nuit de Noël du capitaine Allan; etc.Les contes de M.Robert de Roquebrune (quel beau nom français !) nous font passer d’agréables moments et nous réconcilient avec ce genre littéraire, assez mal exploité chez nous.M.R.de Roquebrune est un styliste impeccable, un observateur amusé des moeurs et des gestes humains.Mais rien sous sa plume qui sente l’huile; au contraire son récit conserve une allure débonnaire que nous aimons trouver dans les contes.A.J.Hervé Blais, O.F.M., docteur en théologie.Les tendances eugéniques au Canada.Éditions de l’Institut Familial, 2080 ouest, rue Dorchester, Montréal, 1942.Voici un livre qui mériterait plus qu’une récension hâtive.Il renferme les fruits d’un travail considérable et consciencieux; il présente une doctrine sûre et des renseignements indispensables à tous ceux qui s’intéressent à l’eugénisme en notre pays.L’ouvrage est divisé en trois parties, dont la première expose la nature, les fondements et le programme général de l’eugénique; la deuxième, étudie les lois canadiennes d’eugénique au sujet de l’examen médical prénuptial, de l’interdiction de mariage par l’État et de la stérilisation eugénique; le troisième, qui est la plus importante, expose la doctrine et la pensée catholique en matière d’eugénique.L’auteur montre bien, par exemple la valeur eugéniste — au bon sens du mot — de la morale catholique, soit en eugénique négative, soit en eugénique positive.Nous félicitons franchement l’auteur, et nous souhaitons à son ouvrage la plus large diffusion.C.G.vol XXX, n° 8, avril 1943 638 LE CANADA FRANÇAIS Philippe Deschamps, C.S.V.La composition française: Comment raconter.Manuel solidement relié, 272 pages.Librairie Saint-Viateur, 6199, rue St-Dominique, Montréal.On peut, sans trop forcer la note, grouper la plupart des exercices littéraires en trois grandes classes: description, narration et dissertation.Des exercices différents sont souvent employés simultanément, mais il n’en reste pas moins distincts et soumis à des lois particulières.Il nous faut apprendre à nos élèves comment croquer sur le vif un paysage, comment faire un récit alerte et vivant, comment amener à quia un contradicteur.Voilà pourquoi, aux différents stages du cours classique, nos élèves doivent étudier la théorie de la composition littéraire.L’ennui, c’est que nous n’avons, bien souvent à distribuer à nos jeunes, que des manuels français, bien faits sans doute, mais qui ne reflètent ni la flore ni la faune, ni l’histoire ni les préoccupations du Québec.Le R.P.Deschamps s’est imposé la rude besogne de combler cette lacune.Après avoir publié Comment décrire, il nous offre aujourd’hui Comment raconter, et il nous promet un troisième volume sur la théorie de la dissertation.Comment raconter apporte, il va sans dire, la technique de la narration, mais les lois abstraites sont illustrées d’exemples des meilleurs écrivains et suivies de sujets de rédaction tirés de la vie quotidienne.Le manuel du P.Deschamps contient des notes précises sur la nature et les lois du paragraphe, de la phrase et de la versification.Il est méthodique, de maniement facile et présenté sous des dehors attrayants pour les jeunes.Ce sont des qualités bien françaises.Que de félicitations ne devons-nous pas à l’auteur pour nous avoir présenté un manuel bien adapté à nos écoliers canadiens-français ! C’était évidemment chez lui une préoccupation.Ne dit-il pas dans sa préface : « L’illustration jettera sur ces pages, nous l’espérons, quelques rayons de joie et de beauté.Elle met sous vos yeux quelques oeuvres d’artistes canadiens dont nous devons reconnaître le talent.Nous avons fait une large part à la photographie considérée aujourd’hui comme une oeuvre d’art.Elle crée une atmosphère de grâce et de grandeur, de force et de douceur.Elle vous apprendra que la nature canadienne ne le cède à nulle autre en charme et en poésie.Nos peintres, sculpteurs, architectes, poètes et écrivains n’ont pas besoin d’aller chercher ailleurs la source de leur inspiration.Il suffit de regarder autour de soi pour découvrir, à la façon de Tavi et des autres artistes, d’incomparables beautés.» A.J.Le Canada Fhançais, Québec, LES LIVRES 639 William Henry Chamberlin, Canada Today and Tomorrow, Boston, Little, Brown and Co., An Atlantic Monthly Press Book, 1942.I vol.i-vi, 328 pages.Aux lecteurs canadiens déjà familiers avec certaines études de Georges Vattier, de J.-C.Bracq, de Gustave Lanctôt, de Wilfrid Bovey, d’André Siegfried, de Charles Holmes, de B.K.Sandwell, de John MacCormac ou de Frank Scott, ce nouveau livre sur le Canada semblera un pot-pourri trop elliptique, seulement inspiré par les circonstances.Ils y trouveront particulièrement, conjuguée avec d’abondants chapitres consacrés à notre effort de guerre, la réédition de quelques-uns des exposés les plus classiques d’André Siegfried et de Frank Scott sur le dualisme ethnique du Canada confédératif ainsi que sur les problèmes caractéristiques du Canada français.Une envolée transcontinentale en quarante-huit heures, pour passagers non prévenus, avec commentaires obligato sur les points les plus révélateurs du relief politique.Mais le réel mérite de ce livre rapide est d’un autre ordre: c’est une étude sympathique écrite par un Américain, pour des Américains,—je veux dire, par un Etatsunien pour des Etatsuniens— et comme tel, il répond d’abord à un besoin urgent, et en second lieu, il représente une belle réussite.Rien de tel, pour être compris d’un public auditeur ou lecteur que d’employer une langue que celui-ci comprend sans effort.Effectivement, l’auteur, étranger impartial, objectif, clairvoyant, généralement excellemment informé, considère l’histoire canadienne ainsi que les problèmes politiques, économiques, ethniques ou culturels du Canada contemporain dans une perspective américaine; il sait surtout en parler en des termes qui sont les plus aptes à être immédiatement compris par nos voisins du Sud.Le vocabulaire, les explications et les exemples employés réfèrent implicitement à des situations ou à des problèmes familiers du passé historique ou de la politique contemporaine des Etats-Unis.Destiné à faire connaître le Canada aux États-Unis à un moment où les deux pays, associés dans une lutte totale et exigeante, se voient plus que jamais puissamment soudés l’un à l’autre par toutes sortes d’intérêts identiques, de liens et d’obligations, ce livre se devait de situer à nouveau, très exactement, le Canada par rapport aux États-Unis, avec ses similitudes et ses dissemblances.L’auteur brosse ce dyptique avec concision et pénétration.Le sol nous unit aux É.-U.; nos économies sont en grande partie fonction l’une de l’autre; par ailleurs le Canada effectif représente un ruban d’à peine 200 milles de large sur une longueur de 4,000 milles, de Halifax à Vancouver; notre pays reste marqué au coin d’un conservatisme économique et social fortement contrastant avec la frénésie américaine; par-dessus tout, notre Confédération constitue une entité politique radicalement différente de la république de l’Oncle Sam.Nous n’avons jamais fait la révolution, la guerre d’indépendance, au Canada; notre unité nationale reste artificielle: nous sommes vol XXX, n ° 8, avril 1943 640 LE CANADA FRANÇAIS (( une maison divisée » où règne l’entente sans cordialité.Dernière différence d’importance durant la guerre présente: nous n’avons pas eu de Pearl Harbour au Canada.Qui potest capere, capiat.Le chapitre IX consacré au Canada français, Old France in the New World, est une excellente dissertation de 25 pages dans laquelle M.Chamberlin, en lecteur, en interlocuteur et en observateur perspicace a su composer l’une des mosaïques les plus pertinentes qui soient avec les principaux thèmes de notre province française, catholique et multiplement réactionnaire dans le contexte nord-américain.Ce chapitre est à lire; même par des lecteurs canajliens-français.Nous nous y voyons observés dans une perspective sympathique.L’auteur n’a pu ignorer les études de M.Minville, de Horace Miner, du professeur E.C.Hughes et, à leur suite, il note l’industrialisation définitive du Québec de même que notre problème social le plus ancien et le plus angoissant: celui de l’émigration automatique et inévitable des populations rurales vers des terres nouvelles, vers l’étranger ou vers les villes.Canada Today and Tomorrow se classe parmi les grands reportages.Un reportage sans prétentions et de lecture facile.Recommandé aux voyageurs, aux lecteurs de Life et à tous ceux qui croient connaître leur pays.J.-C.F.Roger Brien.Chant d'Amour.Éditions Fides, 3425, St-Denis, Montréal.Les Éditions Fides présentent un volume que les amis pourront offrir à leurs amies, les époux à leurs épouses, et que chacun peut se donner à soi-même.Roger Brien, semble-t-il, y a consacré tout son talent.La critique en général lui reconnaît un certain succès indiscutable.Chant d’amour est la glorification du mariage chrétien.Beau sujet dont Brien s’est montré digne.L’inspiration avec des inflexions gracieuses suit les méandres du sentiment amoureux soumis à la grandeur du but auquel on le propose.Le poème, dialogué, est tout d’une haleine.C’est un chant pur et haut, où s’affirme par touches savantes, délicates, une psychologie profonde de l’amour, depuis son efflorescence jusqu’à la nuptialité.On peut tenir ce Chant d’amour pour la meilleure œuvre que Brien ait écrite depuis Faust aux enfers.L.E.Publication de l’Université Laval N.B.— Conformément à la coutume et dans l’intérêt d’une juste liberté, les articles de la Revue sont publiés sous la responsabilité de leurs auteurs.cWJSV*: P** •Celiers de l'Action Catholique, Québec.
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