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Titre :
Le Canada-français /
Revue de l'Université Laval qui traite de philosophie, de théologie, de questions sociales, de linguistique, d'arts et de littérature.
Éditeur :
  • Québec :Université Laval,1888-1946
Contenu spécifique :
Hector Berlioz: son "Requiem"
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
chaque mois
Notice détaillée :
Titre porté avant ou après :
    Prédécesseurs :
  • Parler français ,
  • Nouvelle-France
  • Successeurs :
  • Bulletin du parler français ,
  • Nouvelle-France ,
  • Revue de l'Université Laval
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Le Canada-français /, 1944-05, Collections de BAnQ.

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Hector Berlioz: son * Requiem» Il semble bien que tout a été dit et écrit sur le grand musicien que fut Hector Berlioz.Sa musique a été, tour à tour, attaquée, critiquée, justifiée, acclamée selon les pays, les caractères, les cabales ou la mode.Et si nous en croyons les livres nombreux qui nous parlent de lui, y compris ses Mémoires, nous constatons avec tristesse qu’il fut le musicien français le plus méconnu, le plus incompris dans son propre pays.Rappelons brièvement que Hector Berlioz est né en 1803, à la Côte-Saint-André (Isère).Son père, le Dr Louis Berlioz, pensait lui faire suivre la même carrière que lui et, jusqu à 1 âge de dix ans, s’occupa de l’éducation du jeune Hector.Puis, on le fit entrer au Séminaire.Ces quelques années de son enfance passées dans un des plus beaux pays de France, non loin de la Savoie, avec l’Isère à ses pieds et la couronne des montagnes du Dauphiné, qui composaient un panorama vaste et romantique, étaient bien faites pour susciter chez cet enfant précoce un amour passionné pour la lecture, la musique et tous les arts.A douze ans, il chantait à première vue, jouait de trois instruments et commençait à composer.Il étudia l’harmonie seul, avec le Traité de Catel, où il apprit le mystère de la formation et de l’enchaînement des accords.Ce n’était pas un bagage suffisant pour devenir un grand maître, mais, du moins, est-ce une vérité qu’il convient de rétablir pour confondre les biographes qui écrivaient qu’à vingt ans, Berlioz ne connaissait pas les notes.Il ne jouait pas du piano, mais il jouait très bien du flageolet, de la flûte, de la guitare.Cela ne l’a pas empêché de toujours composer sans le service du piano, ce que tant d’autres n’auraient pu faire.Tous les essais de composition de son jeune âge étaient mélancoliques et, sans le vouloir, il revenait constamment à ce mode mineur.La première impression musicale de Berlioz fut la messe de première communion de sa sœur, où il entendit chanter un hymne à l’Eucharistie.Il en fut si pénétré qu’il en devint, ainsi qu’il le dit, un saint, au point Le Canada Français, Québec, HECTOR BERLIOZ.: SON « REQUIEM » 653 d’aller à la messe chaque jour et de communier chaque dimanche, puis d’aller au tribunal de la pénitence, pour avouer à son directeur de conscience: « Mon Pere, je n ai rien fait.» « Eh bien, mon enfant, continuez », répondait ce digne homme.Et Berlioz ajoute, malicieusement; « Je n’ai que trop bien suivi le conseil pendant longtemps.» Sa nature artistique commençait à se révéler ennemie de la contrainte et lorsque son père l’envoya à Paris, pour suivre les cours de la Faculté de Médecine, alors que le jeune Hector ne rêvait que de musique, accablé de chagrin, il s’exprime ainsi: « Etre médecin, étudier l’anatomie, disséquer, assister à d’horribles opérations, au lieu de me livrer corps et âme à la musique, cet art sublime! Quitter l’Empyrée pour les tristes séjours de la terre, les anges immortels de la poesie, de l’amour et leurs chants inspirés .pour de sales infirmiers, d’affreux amphithéâtres, des cadavres hideux.Entendre les cris des patients, les plaintes et les râles de la mort .« Oh! non, tout cela est monstrueux, impossible! C est le renversement absolu de l’ordre naturel de ma vie.» Aussi, une fois installée à Paris, délaisse-t-il rapidement les études médicales pour suivre la voie qu’il aimait par dessus tout.Grande colère paternelle!— Privé de ressources, il s engage comme choriste dans un théâtre et se met à la composition, avec Lesueur et Reicha.On était à cette époque en pleine rénovation intellectuelle.Le monde était divisé en deux camps, le classique, le romantique.Le grand peintre Delacroix bravait les anathèmes de l’école de David et la musique fut entraînée, elle aussi, dans le tourbillon.Berlioz fut bien l’homme de son temps, avec sa révolution musicale, au moment même où les révolutions politique, littéraire et philosophique battaient leur plein.Ses premiers ouvrages ne furent pas goûtés du public.Attaqué avec âpreté, il rendit coup pour coup et, redoublant d’ardeur, il poursuivit son ideal.vol.XXXI, n° 9, mal 1944. 654 LE CANADA FRANÇAIS Pendant la période mouvementée de la Révolution de 1848, Berlioz est en Angleterre et, dans la préface de ses Mémoires aisant allusion à son exil à Londres, sans ressources, il dit: « Qui sait ce que je serai devenu dans quelques mois ?— Employons donc toutes les minutes.— Dussé-je imiter bientôt la stoïque résignation de ces Indiens du Niagara qui, apres d’intrépides efforts pour lutter contre le fleuve, en aperçoivent tout-à-coup l’inutilité et s’abandonnent au courant, regardant d’un œil ferme le court espace qui les sépare de 1 abîme et chantent jusqu’au moment où, saisis par la cataracte, ils tourbillonnent avec le fleuve dans l’infini.» Puis il revient en France, le 16 juillet 1848: « Me voilà de retour.Paris achève d’enterrer ses morts.Les pavés des rues ont repris leur place, d’où ils ressortiront peut-être demain.Au Faubourg St-Antoine, quel affreux spectacle! quels hideux débris! .« Le Génie de la Liberté, qui plane au-dessus de la colonne de la Bastille a, lui-même, le corps traversé d’une balle.Les arbres abattus, mutilés, les rues, les places, les quais sentent la poudre et semblent encore vibrer du fracas homicide! « A quoi penser ?A l’art ?Par ce temps d’orgie et de folie furieuse ?« Au milieu de cette effroyable confusion du juste et de 1 injuste, du bien et du mal, du vrai et du faux .n’y a-t-il pas de quoi devenir fou ?» La pauvre France eut encore, en plus des événements politiques, à supporter le choléra et, à Paris, on compta plus de dix-huit mille morts.Berlioz n aimait pas la politique et il la stigmatisait ainsi : « Cette grande sèche aux yeux louches et au cœur dur me paraît de plus en plus haïssable.Malheureusement, on ne peut faire un pas sans la rencontrer.» La musique de Berlioz est assez connue aujourd’hui pour qu’il soit inutile de la présenter et de l’analyser.D’ailleurs, si la présentation en était facile, il n’en serait pas de même pour 1 analyse, car il faut être soi-même grand pour juger Le Canada Français, Québec, 655 HECTOR BERLIOZ; SON « REQUIEM » un grand, ou, du moins, être un excellent technicien et, souvent même, le technicien doit-il laisser le pas au geme.^ Je me bornerai donc, n’étant ni grande, ni excellente, a apporter au lecteur une sorte de vue panoramique sur 1 œuvre et la forte personnalité du génial compositeur et, en particulier, sur son œuvre magistrale, le Requiem.Berlioz lui-meme estimait cette partition la gloire la plus pure de sa carrière et disait: .« Si j étais menacé de voir brûler mon œuvre entière, je demanderais grâce pour mon Requiem.» .Ce Requiem est donc une œuvre monumentale, qui tait date dans le siècle.Écrite en trois mois, pour cinq orchestres et chœur de cinq cents exécutants, elle fut creee dans une grande excitation nerveuse.Berlioz était à ce point fiévreux qu’il lui fallut inventer des signes sténographiques afin de ne pas laisser fuir les idées qui bouillonnaient dans sa tete.Enivré, exalté par l’immensité de son sujet, il le conçoit non pas à la façon classique, comme une suite de chants pieux traditionnels, sa conception idéale romantique lui commande une évocation tragique de la détresse humaine, des affres de la mort, des épouvantes du Jugement dernier.Tableaux d’apocalypse, d’écroulement des mondes, veritable cataclysme musical, où ce soi-disant « sans-Dieu » trouve le moyen d’exprimer les visions d’un ciel et d’un enfer shakespearien, dantesque, l’homme y apparaissant comme un atome dans l’univers.On a dit que Berlioz n’était pas croyant.Ce n’est pas possible.Il n’aurait pu décrire une telle détresse, une si poignante agonie, une épouvante aussi tragique du jugement final, si, au fond de lui-même, il n’avait pas cru.Il a merveilleusement compris, au contraire, la divine poésie de notre belle religion et ce sentiment religieux, il 1 a éprouvé à un très haut degré, mais d’une chaleur inégale.Il était croyant, cependant il n’en était pas sûr et le niait volontiers, par une singulière faiblesse.On lui a reproché d’avoir modifié à sa façon le texte du Te Deum.Il l’a fait à sa manière de chrétien et c’est une erreur que l’on doit lui pardonner, devant la splendeur et l’élévation de ce chef-d’œuvre, ainsi qu’on peut lui pardonner l’introduction d’un verset du Credo dans la prose des morts vol.XXXI, 11° 9, mai 1944. 656 le canada français de son Requiem.Il ne nous semble pas qu’en ce faisant, il ait desservi la religion.C’est aussi l’œuvre dans laquelle il a utilisé le plus complètement les moyens les plus expressifs de la musique.Il faut comprendre ici toute la valeur que Berlioz savait donner aux instruments qu il introduisait dans ses orchestres, aux chœurs dont la masse, lorsqu’elle est bien éduquée, forme le plus colossal et le plus émouvant des instruments, capable de lancer à toute volee cette intensité d’expression qu’il ne trouvait jamais assez grande, assez puissante pour servir la conception religieuse telle qu’il la sentait au fond de lui-même.A-t-on assez répété qu’il aimait le théâtral, le bruit, etc.Qui 1 aurait empeche de mettre ce théâtre, ce bruit dans ses Symphonies P Son Carnaval romain, sa Symphonie fantastique pouvaient être encore plus fantastiques, sa Damnation de Faust, ses Troyens également.Non, c’est son idéal religieux qu’il portait aux nues.Il voyait ce panorama surhumain, il était dans ce survol à travers l’immensité céleste.Son imagination, vraiment éblouissante, atteignait a la plus haute sérénité, au plus austère dépouillement, à „la candeur primitive, ainsi qu’il l’a montré dans cette œuvre divine de VEnfance du Christ.Ce Requiem se compose de dix morceaux, avec une accumulation colossale de voix et d’instruments.La partition autographe indique: « 80 soprani et alti, 60 ténors, 70 basses, (cette masse pouvant encore etre doublée ou triplée) pour arriver à un chœur immense de 800 voix.(Il y a 35 premiers violons, 35 seconds, 25 altos, 30 violoncelles, 25 contre-basses, les bois et cuivres à 1 avenant .» et, dans le Tuba mirum, il y ajoute « 4 petits orchestres à cuivres, trompettes, trombones, cornets, ophiécléides, placés à distance les uns des autres, aux quatre angles du grand orchestre.» Tout cela, pour reproduire les grandes images de la prose des morts et évoquer le drame annoncé par le texte liturgique.« Requiem et Kyrie » dont le thème principal, chanté par les basses, est ensuite repris par les autres voix, dans une angoissante et noble ampleur chromatique.Puis, vient, en Le Canada Français, Québec HECTOR BERLIOZ: SON « REQUIEM )) 657 éclaircie « Lux perpétua ».Le Kyrie, d’une grande simplicité, contraste avec les sonorités du début.C’est une plainte répétée, un appel par toutes les voix, puis la plainte se brise douloureusement.Le Dies irœ, Tuba mirurn, entièrement d’allure liturgique, la longue phrase des basses, à laquelle s’ajoutent des contre-chants d’une expression de plus en plus grande, est accusée à chaque reprise dans des tons différents et précédée par une montée chromatique qui en appuie fortement la modulation.Cette phrase est reprise trois fois, et, à la troisième montée, c’est le cataclysme du Tuba mirum qui déchaîne les quatre orchestres de cuivres et l’éclatement des chœurs, lançant aux mondes de l’univers la vision lugubre de la civilisation s’écroulant et la formidable fanfares du Jugement dernier.Émotion musicale ou commotion physique ou les deux, le résultat est d’une violence, d’une grandeur inouies.Berlioz disait lui-même que: « C’était d’une terrible grandeur.» Puis tout s’apaise, tout s’éteint dans une sorte de long murmure.Avec Rex tremendæ majestatis, revient une véhémente invocation qui monte, solennelle, pour se transformer peu à peu en une supplication anxieuse et tour à tour déchirante, cependant que les orchestres tonnent, menaçants.Enfin, une douce prière, Querens me, faite de douceur, d’espérance, de contrition.Le plus long morceau est le Lacrymosa, qui présente, lui aussi, un déploiement de riches sonorités, moins fortes, cependant, que celles du Tuba mirum.Ici, l’expression s’égalise et s’élargit.U Offertoire est réalisée dans des teintes plus pâles et comme noyées dans la douleur.Schumann disait que c’était sublime.Ce Chœur des Ames du Purgatoire, ainsi que l’indique Berlioz, est une composition de pure essence religieuse.Cette voix qui gémit uniquement sur deux notes, qui reviennent, lancinantes, au milieu d’un morceau d’orchestre lent et triste d’une désolation profonde, cette plainte d’outre-tombe, attendant la délivrance éternelle! quelle douleur infinie! Le bref Hostia est un bel ensemble harmonique de flûtes et de trombones.La composition instrumentale en est originale, d’une valeur particulière, qu’il faut avoir entendue vol.XXXI, n° 9, mai 1944. 658 IjE canada français pour s'en faire une idée exacte.Puis le Sanctus, avec ses deux versets, alternant et se répétant, unissant la force et la douceur; puis le ténor solo chante d’émouvantes modulations auxquelles répond un chœur de voix de femmes.L’Hosanna est une ample mélodie, largement développée etd’une noble sensibilité.Enfin, Y Agnus Dei termine ce Requiem d’une si parfaite grandeur musicale, d'une poésie si pénétrante, donnant l’impression des béatitudes éternelles.Les chœurs s’apaisent et terminent: Amen, amen, accompagnés par les orchestres, dans un long pianissimo, si lointain, si éthéré que l’on dirait de légères fumées d’encens qui s’évaporent.LTn souffle puissant a traversé ce Requiem.D’aucuns l’ont trouvé plus dramatique que religieux.Je reprends cette thèse, autrement.Il est, c’est exact, d’une admirable composition dramatique, mais l’inspiration en est nettement de sentiment religieux.L’immensité du sujet a soulevé chez Berlioz une telle fièvre, une telle commotion, qu’elles sont restées imprimées toutes vives dans sa musique.De là l’émotion profonde que l’on ressent pendant l’exécution de cette œuvre et qu après on ne peut plus jamais oublier.A cela même, on peut s’apercevoir que ce Requiem n’est pas simplement un drame, ou, si c’en est un, c’est le plus terrible de tous et il est bon de s’en souvenir.Dans cette œuvre, toutes les facultés de Berlioz brillent d’une vive lumière, toutes les sensations, tous les sentiments de cette imagination féconde éclatent et, de ce tempérament, débordent des richesses inouïes.L’inspiration, chez lui, est originale, pleine d’innovations harmoniques.Il sait tirer de ses intruments, de ses orchestres, des effets prodigieux et, sans jamais épuiser les développements qu’il pouvait obtenir des nombreux motifs que son véritable génie expressif avait fait éclore.Pour la première fois, ce fameux Requiem fut joué en l’honneur des morts glorieux et de la victoire de Constantine.La cérémonie eut lieu, au mois de décembre, aux Invalides, avec cinq orchestres et chœurs, 500 exécutants, devant les princes royaux, le corps diplomatiques, la Chambre des Pairs, celle des Députés, les grands corps d’État, le Gou- Le Canada Fr \nçais, Québec, HECTOR BERLIOZ: SON (( REQUIEM » 659 vernement militaire, l’élite de la société parisienne, les artistes, le Tout-Paris enfin.Ce fut une messe d’une magnificence inoubliable, l’impression a été « foudroyante », sur tout le monde, même sur des êtres de sentiments les plus opposés et Berlioz, dans ses Mémoires nous dit: « Le curé des Invalides a pleuré à l’autel et, à la sacristie, m’a embrassé en fondant en larmes .Au moment du Jugement dernier, l’épouvante produite par tous les orchestres accompagnant ce Tuba mirum ne peut se peindre et plusieurs choristes se sont trouvés mal.» J’ai entendu, il y a quelques années, ce Requiem dans l’église Notre-Dame, à Paris.Il fut joué par deux grands orchestres et chanté par des chœurs magnifiquement entraînés.L’église était à ce point remplie que les fidèles débordaient au dehors.Il m’est resté de cette audition des impressions que je n’oublierai jamais et, tout autour de moi, ce n’était que visages en pleurs.Dès lors, on peut se faire une idée de l’émotion ressentie à l’audition de ce même Requiem, avec cinq orchestres et des chœurs triplés.Il est certain que cette œuvre est une frise gigantesque, d une incontestable beauté, car Berlioz a su employer les masses, en les disposant avec autant de goût que de poésie.S’il savait déchaîner des torrents d’éclats, il savait aussi en contenir la puissance et sa science des contrastes, des rythmes, pouvait tout exprimer.De ce fait, sa musique ne perdra pas de sitôt son éloquence.D'ailleurs, jamais Berlioz n’a composé de morceaux vulgaires, ni cherché de succès faciles et encore moins flatté le goût du public.Il a toujours été guidé par une noble inspiration et un idéal artistique très élevé.Son esprit était brillant et profond, mais sa philosophie était plutôt amère et desabusee.Cette phrase de Shakespeare, qu’il a inscrite en tête de ses Mémoires, le prouve surabondamment:
de

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